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 Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Dim 11 Nov - 3:23


Churros à l'eau de mer

Sortie de troupeau
Alors... Alors, vous savez, j'y connais pas grand chose, en rencards. Je veux dire, malgré nos quoi, neuf années de relation, un truc du genre, j'ai jamais réussi à comprendre toutes les règles tacites qui préfigurent ce genre de rencontres. Enfin, à mes yeux, je ne m'y suis jamais tenu, et je ne crois pas que j'appelerais 'rencard' le simple fait de faire une sortie. Mais je suis persuadé que dans ce fatras de règles invraisemblables et profondément casse-pieds, si il y en a une qui fait un peu de sens à mes yeux, c'est celle qui dit que l'on est moyennement supposé ramener ses grands-parents et son filleul durant ladite sortie.
Et c'est précisément ce que je suis en train de faire.
Pour mon excuse, je n'avais pas du tout prévu ça à la base. Non, je planifiais de me contenter de notre idée de base, qui consistait à passer rapidement au parc d'attractions avant d'aller faire un tour en pleine mer sur un bâteau pour la nuit. Samaël avait proposé de passer par le parc pour une raison qui m'échappe, mais en soi, vu que je n'en garde pas vraiment de mauvais souvenirs, je n'avais pas vu de raisons de dire non ; d'autant plus que cela faisait un moment que nous n'étions pas sortis de hors. Le bateau, c'était en plus, on va dire, mais j'avais lancé l'idée il y a quelques mois maintenant et jusqu'à maintenant, nous n'avions jamais trouvé de temps pour le faire, alors... Alors, bah, voilà.

Depuis qu'il a quitté l'hôpital et qu'il se soigne de son burn-out, tant physiquement que psychologiquement, les choses vont mieux. Bon, je ne lui ai toujours pas répondu pour la question fatidique, mais, euh... Un autre jour, vous voudrez bien ? Dans les faits, je remarque toutefois que je suis plus avare de sa présence. Je me montre moins complaisant, et il m'arrive bien plus souvent d'aller le tirer de son bureau par les oreilles, quitte à râler davantage. D'ailleurs, sans trop de surprises, j'ai moins honte de le réclamer alors que je faisais encore des manières avant sa chute. Le week-end que nous avions prévu se tenait donc dans cette lignée de comportement, en toute logique. Je ne suis pas toujours prompt à faire de longues sorties ou même à trop sortir de ma zone de confort, mais de temps à autre, j'ai des envies. Des envies d'avoir mon copain pour moi seul, pendant quelques jours, dans le simple but de nous détendre et de profiter d'une solitude qui tend à être rare, depuis quelques années. Je ne réalisais pas ma chance, il y a quelques années, sincèrement. Maintenant, c'est limite si je n'avais pas poussé un soupir de satisfaction lorsque j'avais déposé Axel chez mes grands-parents en pensant au fait que nous n'allons pas être réveillé par un gamin surexcité au matin.

Sauf que quand je l'ai déposé, j'ai fait l'erreur d'expliquer à Tsuzume et Ryûchi ce que je comptais faire de la fin de mon après-midi. Et bah, euh, j'ai pas l'habitude de gérer les grands-parents impatients, vraiment pas. Mon truc, c'est les pokémon, pas les membres de la famille intéressés par votre vie et votre personne. Du coup, quand ils (surtout Tsuzume en fait) se sont montrés enthousiaste, puisque ma grand-mère m'a demandé si ils pouvaient venir, secondés par Axel que j'avais veillé à garder dans le secret pour éviter une crise de jalousie, j'ai eu un peu de mal à dire non. Pour ne pas dire que j'ai dit oui sans réfléchir et que j'ai donc transformé ce qui devait être un rencard tranquille en une espèce de sortie collective sans en avertir mon copain au préalable. Héhéhé. Euh. Ahahaha.
D'ordinaire, je me contente d'un message court avec un petit point à la fin pour clarifier les choses. Parce que, eh bien, la clarté, c'est ce qui est le plus important, non ? Enfin, on m'a déjà dit que c'était flippant, mais je m'en fiche. Toujours est-il que d'ordinaire, je n'envoie pas cinq messages à la suite, sans véritable syntaxe, avec panique, pour m'excuser et vaguement expliquer que je n'ai pas fait exprès et que vraiment, je suis désolé.
Sauf que là, ça ne suffisait pas, car même en m'approchant du point de rendez-vous, crispé comme une branche, j'ai toujours autant envie de disparaître sous terre.

J'offre à Samaël un sourire quelque peu forcé qui traduit ma millième excuse de la journée, du moins, j'espère qu'il le comprendra. Je lui avais parlé de leur venue sur Enola, évidemment, même si j'avais gardé sous silence la partie concernant la discussion que j'ai eu avec eux récemment. J'avais également mentionné le fait qu'ils voulaient le rencontrer, mais je n'avais jusque là fait que repousser l'échéance avec une telle détermination que c'en serait presque admirable. Mais clairement, je n'avais pas prévu que ce soit aussi vite, et surtout, pas comme ça.

« Ohlala, désolé du retard ! »

Si l'accent de Tsuzume est relativement discret, il transparaît par le fait de son enthousiasme débordant. Son immense sourire est relativement honnête, d'ailleurs, quant à l'amusement qu'elle prend à venir ici. De mon côté, je ne peux m'empêcher de jeter des regards nerveux entre son visage éclairé, et celui, plus fermé, de Ryûchi, maintenant qu'ils se trouvent en face de mon copain. Si Axel est occupé à éviter les lignes dallées au sol, mes grands-parents sont très clairement en train de dévisager Samaël avec tant d'insistance que j'en deviens gêné pour lui. Et, pour la petite histoire, je n'avais pas précisé que lorsque j'avais dit que je vivais avec quelqu'un, je n'avais pas précisé que ce n'était pas avec « une copine ». Ceci expliquant sans doute l'air circonspect de Ryûchi et la vague surprise qui était passée dans les yeux de Tsuzume en appercevant l'Enodril.

« … Bonjour. »

… Et son ton neutre. Oui, on va dire que c'est de la surprise, et que c'est sa tête habituelle, absolument rien d'autre. Ce sera bien pour ma santé mentale, je crois, que de me dire ça.
Je gigote sur place, mal à l'aise. Je n'arrête pas de remettre ma chemise blanche déjà bien mise depuis tout à l'heure, baissant les manches alors qu'elles sont déjà entièrement descendues. Aujourd'hui était supposé être assez relaxant pourtant, mais je suis complètement tendu, n'étant pas préparé à ça ; et j'ai horreur des imprévus, ça me provoque des crises si aisément que c'en est ridicule.
La dernière fois que nous étions allés au parc d'attractions datait, en outre. Datait de... De ce très, très gênant souvenir d'août 2014, ou un truc du genre, je crois. Oui, oui, je parle de la fois où Faust s'est mêlé de notre vie privée et nous a lâché dans le parc car « il en avait marre de nous voir nous tourner autour et nous regarder comme des merlans frits », d'après ce qu'il m'a dit. Bref, de l'époque où je me mettais à rougir comme une tomate dès lors que l'autre ne faisait que me regarder et où l'on aurait cru que de la fumée allait finir par sortir de mes oreilles tant je cuisais sur place lorsque j'essayais de lui parler. Rien de bien glorieux, et si je garde un assez bon souvenir de la soirée qui a suivi, je crois que je serais toujours secrètement gêné d'avoir été aussi pathétique. Mais au delà, je peux saisir pourquoi il tenait à y faire un tour, et j'ai un léger doute sur le fait que c'est ce souvenir qui lui a donné cette envie. M'enfin, je pourrais me tromper, hein, mais du coup, ça m'ennuie quelque peu de tout casser, comme à chaque fois. Je suppose que je pourrais toujours me rattraper plus tard, au pire.

« On espère ne pas trop s'imposer ! Mais l'on s'est dit que ce serait tout de même mieux que de s'ennuyer au cours d'un dîner, n'est-ce pas ? Ne vous inquiètez pas, on s'occupe d'Axel ! »

Elle nous offre un sourire encourageant, visiblement très, très contente de cette situation. Pour ma part, j'évite de regarder Axel qui est en train de se décrotter le nez d'une manière tout à fait dégoûtante, d'ailleurs, car ça me rendrait encore plus nerveux (et mince, je l'ai vu s'essuyer sur le pantalon de Ryûchi). J'ai définitivement besoin de me divertir l'esprit : cette diversion pourrait bien passer par tout ce qui nous entoure, et ce pour quoi nous sommes venus me semble un bon point. Je m'adresse donc à Samaël, un air toujours gêné sur mon visage.

« Tu, ehm, tu veux aller quelque part, d'abord ? »

Je balbutie avec embarras, retenant au possible mon expression embêtée. Mais le boulet, bordel, le boulet ! J'ose déjà à peine imaginer toutes les questions qui vont tomber, et le silence gênant qui risque très fortement de nous suivre.


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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Jeu 15 Nov - 22:08


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« Aucun problème. Je m'appelle Sam-... euh... Enchanté, je m'appelle Samaël Enodril. »

Inutile de mentir. J'étais très impatient quant à cette sortie. Cela faisait quelques jours que nous l'avions planifié et j'avais tout prévu pour que ça soit parfait (enfin presque). J'ai commencé la journée d'excellente humeur et j'ai même dit bonjour à tout le monde à la tour. Ça doit faire bizarre quand je souris comme ça aussi naturellement alors que j'oublie parfois de le faire lorsque je tente d'être sérieux sur mon lieu de travail. Mais je ne pouvais pas tirer la tronche alors que j'étais de bonne humeur. J'ai même terminé un peu de dossiers en avance tellement j'étais motivé. Guilleret, j'imagine qu'il était plus plaisant de me voir dans cet état que lorsque j'étais en mode zombie. Camille bien sûr a deviné que quelque chose de spécial était arrivé ou allait arriver et je n'ai pas pu m'empêcher de glousser comme un adolescent transi avec l'incapacité de tenir en place sur ma chaise en faisant des 'hihi j'ai un rencard'. Et j'aime bien dire que j'ai un rencard même si ça fait plusieurs années quand même qu'on est ensemble maintenant avec mon petit-ami, mais ça me donne parfois l'impression de retourner aux sources. En parlant de ça, d'ailleurs, si j'ai choisi le parc d'attraction ce n'est évidemment pas une coïncidence : il s'agit là après tout du lieu de notre tout premier rendez-vous, même si nous pensions chacun qu'il n'avait s'agit que d'une mauvaise blague de Faust pour nous rapprocher et qu'on se bouge enfin un peu (bon, ça a marché, mais c'est encore dur d'admettre que cet idiot nous a réellement quand même donné un coup de pouce). Cela me faisait donc plaisir de pouvoir retourner au parc avec Natsume, pas seulement pour les souvenirs que cet endroit fait toujours remonter mais parce que ça fait un bon moyen de passer du temps ensemble tout en s'amusant (pas que j'ai peur qu'il s'ennuie, hein... allez pas croire...).

C'est donc en faisant des petits pas de danse que je suis sorti de mon bureau pour aller me changer afin d'être prêt pour notre... rencard (hihi). T-shirt et pantacourt sur moi, ensemble sobre mais qui convient également à merveille pour la sortie bateau que nous avons également prévu pour plus tard, je suis sorti un peu plus tôt que d'habitude de mon bureau pour être sûr d'être à l'heure au point de rendez-vous (et même un peu avant). Au final, je suis arrivé avec une petite demie-heure en avance, mais ça ne m'a pas trop dérangé d'attendre. Je tenais déjà si difficilement en place que j'avais l'air bien plus excité que certains enfants présents. Fredonnant quelques airs pour faire passer le temps en rêvant aux attractions que je pourrais faire avec l'éleveur de mes pensées, je fus tiré toutefois de ma petite bulle à plusieurs reprises par des messages de mon copain qui semblait étrangement préoccupé. Sans vraiment me dire ce qui se passait, il m'a envoyé pas mal de textos en s'excusant comme s'il était paniqué pour une raison ou pour une autre. Inquiet, il n'avait pas de ton grave dans ses SMS mais je voulais au moins m'assurer que tout allait bien. Et à partir du moment où il m'affirmait pouvoir quand même toujours venir, je ne voyais pas de raisons de m'inquiéter.

Cependant, j'ai un peu mieux compris pourquoi il se flagellait tout à l'heure en apercevant la silhouette de deux personnages âgés que je n'ai jamais eu le loisir de rencontrer et une plus petite appartenant à un enfant que je connais au contraire trop bien, ou du moins que je côtoie plus régulièrement. Vu que ça fait quelques jours qu'il me parle de l'arrivée de ses grands-parents maternels à Enola, je conclus bien vite qu'il doit s'agir d'eux. Nous ne nous sommes encore jamais croisé mais je sais seulement que ce sont eux qui ont accueilli Natsume quand il est parti un mois au Japon l'an dernier et qu'ils ont l'air plutôt gentils. Rien à voir j'imagine avec la mamie du côté Shimomura qui met si mal à l'aise mon copain et que je ne peux pas voir en peinture même si je ne l'ai jamais vu et que je ne connais d'elle que son nom. En sachant qu'elle est la mère de Kazuo, ça me suffit toutefois à conclure que ça ne doit pas être quelqu'un que je voudrais avoir en face de moi.
Pour ce qui est de ces deux-là du côté Miyano, néanmoins, c'est une autre histoire. S'il y a quelques membres de la famille de mon copain qui ne sont pas désagréables et qui en plus traitent bien mon petit-ami, alors il n'y a pas de raison que ça se passe mal. J'ignore toutefois ce que l'Hôte leur a dit à mon sujet. Mais s'il ne m'a rien spécifié de particulier, alors j'imagine que je ne suis pas obligé de faire comme si nous n'étions que des amis ?.. De toute façon, avec Axel dans les parages, il y a des chances que notre situation soit découverte, puisque le petit sait dans tous les cas que nous sommes loin d'être de simples 'potes'. Il me semble que l'un des deux parle français mais comme je ne suis pas sûr non plus, j'essaye d'entraîner mon japonais qui est assez rouillé depuis le temps. Enfin, le vocabulaire de base ça va encore, et au pire mon copain traduira si jamais je dis une phrase incorrecte, mais j'imagine que je dois déjà avoir un accent très médiocre. J'espère seulement que je ne vais pas gaffer devant eux et me faire mal voir parce que Natsume a l'air de les apprécier et je ne voudrais pas tout gâcher.

« Natsume me parle beaucoup de vous. »

Bon, je prie juste pour pas dire inconsciemment 'j'aime les concombres au nutella et les pélicans morts' ou un truc du genre. Au pire si mon copain fait une crise cardiaque je saurais que j'ai dit quelque chose qu'il aurait fallu éviter. Enfin... Je ne vais pas le nier, je suis peut-être un peu déçu. J'avoue avec un peu d'amertume que j'aurais préféré que nous ne soyons que tous les deux aujourd'hui. Je n'ai absolument rien contre les grands-parents de Natsu ou même Axel, en soit, mais j'avais prévu d'être tranquille avec le Miyano pour la journée afin de profiter de lui sans la présence d'un enfant à côté. Mais je suppose que je ne vais pas non plus me laisser démonter pour si peu. Je dois être là pour soutenir aussi le châtain à pics qui doit peut-être culpabiliser et pour qui ça ne doit pas être si simple non plus. Heureusement, je ne suis pas du genre rancunier pour ça, surtout pas avec le biologiste. Si mon impatience et mon excitation sont tout de suite descendues en voyant que le scientifique n'était pas venu seul, l'important, c'est que je sois quand même avec lui, et je suis content que nous ayons pu chacun nous libérer pour cette sortie ; peu importe si je n'avais pas du tout envisagé ça de base. C'est donc avec un sourire doux et compatissant que nous entrons dans le parc avec quelques billets en plus et que Natsume me demande d'office ce que je voudrais tenter en premier. D'un air taquin, je me rapproche un peu de lui pour que les autres ne m'entendent pas.

« Eh bien... Tant que nous n'avons pas encore mangé, je pensais aller faire quelques montagnes russes, mais je ne voudrais pas que tes grands-parents nous fassent un arrêt cardiaque au milieu du Turbo Deoxys 3000. »

Je glousse légèrement, essayant de détendre l'atmosphère. Bon, d'accord, c'est un peu embêtant que ça soit pas un vrai rencard, mais je vais quand même pas y penser toute la journée et faire la tête à cause d'un petit imprévu. Je souhaite plutôt profiter du moment tant que je le peux. Au pire, je me rattraperai une prochaine fois.

« Pour un rencard, j'avoue toutefois que c'est assez original. C'est comme ça que ça se passe, au Japon ? »

Je lui lance une œillade affectueuse et joueuse pour lui signifie que je plaisante. Je ne veux pas qu'il le prenne mal, je veux juste savoir au fond si de base il a bien compris mes attentions derrière l'idée d'origine.

« Je t'avoue que... pour ma part, je préfère les rendez-vous plus... traditionnels. »

Je sais que Natsume n'est pas du genre très romantique non plus et que certains concepts peuvent lui échapper ou l'ennuyer, alors il aurait pu réellement penser qu'amener sa famille ne serait pas un problème. Enfin pas que ça en soit réellement un, mais... Enfin vous comprenez que j'avais envie d'être un peu seul avec lui, quoi, pour cette journée spéciale qui devait nous donnez du repos et de la paix.

« Tu n'as pas eu le choix, c'est ça ? »

Doucement, si je mets du temps à oser le faire, je finis par lui prendre la main en lui offrant une expression douce et désolée pour lui. Ce n'est pas la peine de mentir à... euh... Tsuzuchi et Ryume. Euh. Ouais. Non. Mince je suis plus sûr de leurs noms, c'est sûrement pas ça en plus. Mais je veux dire que concernant notre condition... Je ne pense pas que l'éleveur voudrait leur cacher certaines choses. Ils finiraient par le découvrir d'eux-mêmes tôt ou tard de toute façon.

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Re: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Dim 18 Nov - 0:28


Churros à l'eau de mer

Sortie de troupeau
Je sais que si il boude, ce ne sera pas pour longtemps. Je peux faire tous les reproches du monde à mon copain (en vrai non, des fois je me dis que c'est un don du ciel question patience et côté attentionné), mais je ne peux pas dire qu'il soit du genre à me faire une crise sur ça, là, tout de suite. Je sais bien qu'il me pardonnera, mais je sais aussi qu'il doit être franchement déçu. Et, pour être honnête, moi aussi. Je ne mentais pas, quand je disais désirer du temps seul avec lui. J'étais vraiment sincère dans mon envie de profiter de ce qui nous manque depuis quelque temps. Donc oui, du coup, devoir faire une sortie avec mes grands-parents et Axel en plus, ça m'enchante moyennement. Je ne crois pas que c'est particulièrement égocentrique de le penser ; je n'aurais donc pas de raison particulière de le reprocher à mon copain.
Toutefois, si c'est le cas, il le cache plutôt bien, et c'est que je lui établirais presque un autel, au vu de sa mansuétude et de sa capacité à improviser face à une situation clairement imprévue. Quelque chose dont je suis bien incapable, et qui tend à me rassurer dans ces cas de figure. Enfin, au moins, sa politesse a l'air de ravir Tsuzume (seigneur son sourire est creepy), même si Ryûchi semble davantage indifférent. Je ne devrais pas jeter de tels coups d’œil nerveux entre Samaël et mes grands-parents de cette façon car mon inquiétude que tout se passe bien va commencer à se voir, mais c'est bien plus fort que moi. J'ai... j'ai envie que ça se passe bien, je crois. Et c'est une impression étrange pour moi qui a toujours été relativement indifférent à ces choses, me disant que quand le courant ne passait pas, bah, y'avait rien à faire. Là, sans attendre quoi que ce soit de grandiose (les relations à base de 'tu es pote avec machin donc je te traite correctement' c'est rarement sincère), je suis tout de même bizarrement angoissé. M'enfin, dans les faits, je suis angoissé tellement souvent qu'on pourrait objecter que ça n'a rien d'anormal.

Je ne suis plus très habitué à l'entendre parler dans ma langue natale, toutefois. J'y suis relativement indifférent, mais j'avoue que j'ai haussé les sourcils, appréciateur de son effort puisqu'il sait que mes grands-parents pourraient être plus à l'aise. Enfin, surtout Ryûchi, dans les faits. Tsuzume se débrouille plutôt bien, ce qui est normal pour une ancienne chercheuse en littérature française, mais son compagnon, c'est autre chose : je crois qu'il arrive à peine à écorcher les formules de politesse. Et du coup, c'est lui qui parut le plus surpris, fronçant les sourcils ; un signe bien plus expressif pour lui que l'expression presque grotesque de surprise exagérée de Tsuzume. Non mais, j'l'aime bien, hein, mais elle en fait des tonnes des fois et c'est un peu lourd. D'ailleurs, en parlant de ça, voilà qu'elle reprend la parole avec une jovialité sans pareille, souriant si largement que j'en viens à cesser de me demander d'où maman tirait ses risettes joyeuses.

« Oh, vous n'avez quasiment pas d'accent, en plus, votre japonais est parfait ! »

… Ce qui, au Japon, est ce qu'on dit à n'importe quel péquenaud qui aurait du mal à prononcer la moindre syllabe. Parce que voyez-vous, c'est quand on commence à vous demander si vous êtes « né ici » que vous n'avez vraiment plus aucune trace d'accent ; le reste, c'est de la politesse plus ou moins factice. Je me garde toutefois d'un quelconque commentaire, me contentant d'un sourire quelque peu forcé. Arceus, c'est awkward.

Je ne m'éloigne pas lorsqu'il se rapproche, une moue désolée se dessinant sur mon visage. Son trait d'humour ne parvient pas à me tirer même l'esquisse d'un sourire, toutefois. J'aimerais bien forcer un gloussement pour lui faire signe que j'apprécie sa tentative de désamorcer la situation, mais je crois que j'ai encore trop de gêne pour y parvenir, d'autant plus que je me doute que ce pourrait être vexant. Je me retiens toutefois de faire le moindre commentaire quant au fait qu'il pourrait bien être surpris par la résilience de Tsuzume quant à tout ce qui est un peu extrême ; il ne l'a jamais vu conduire, et Arceus, il y a pourtant bien peu de monde qui conduit aussi mal que lui.
Je grimace un peu quand il me demande avec humour si c'est habituel, au Japon, de trimbaler la famille durant un rencard. Il n'a pas besoin que je réponde sur ça, je crois, puisque cela semble être davantage un trait d'humour d'affectueux plus qu'un véritable reproche. Au moins, par ses mots, je sais qu'il est un peu embêté, ce dont je me doutais. Je préfère toutefois qu'il soit honnête sur ce point, et je marmonne quelques excuses piteusement.

« Je sais, désolé. »

Je me rassure en me disant qu'au moins, nous ne serons accompagnés que durant le temps de passage au parc. Il n'y aura pas de vieux sur la bateau, au moins, ce qui aurait été le comble de la gênance. Je grimace devant sa question, lui offrant un regard entendu ; je crois qu'il n'a pas besoin que j'en dise plus, à vrai dire, puisqu'il devrait normalement pouvoir me comprendre ainsi. J'avoue toutefois que je n'ai pas vu sa main venir saisir la mienne. Lorsque nos doigts s'entrelacent, toutefois, j'écarquille très légèrement les yeux, lui jetant un regard nerveux et incertain, conscient d'un coup de ce que cela signifie. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir que les yeux de Ryûchi et Tsuzume sont d'un seul coup sur nous. Pire, j'entends même un « ooooooh » venant de ma grand-mère qui me donne envie de mourir sur place; « oooooh » qui est coupé par la main de Ryûchi sur sa bouche, probablement pour qu'elle évite d'avaler une mouche. Tendu comme un bâton, si je n'en veux pas à mon copain d'avoir mis fin à ce qui aurait été inévitable de toute façon, je dois avouer que je me sens bien ridicule, d'un coup. Parce que... Parce que, on va dire que c'est suffisant pour le moment.
Dans tous les cas, personne ne rajoute quoi que ce soit alors que nous commençons à nous avancer dans le parc. Après quelques longues secondes embarrassantes, je finis par esquisser une expression désolée.

« Promis, je compenserai tout à l'heure. Tu auras ton temps. »

J'espère que c'est au moins un peu réconfortant, puisque c'est un point qui me détend moi-même quand j'y pense. Je ne peux malheureusement pas lui offrir plus que cela pour le moment, je crois. Enfin, ça devrait passer vite, non... ?

… Moins vite que ce que j'aurais pensé, toutefois, vu que Tsuzume s'empresse de venir poser une multitude de questions gênantes avec un tel enthousiasme que c'est à se demander si elle est en train de parler à mon copain ou à un animal très intéressant dans un zoo. Personnellement, je vous avoue que je pense que c'est plutôt le deux. Impuissant (enfin surtout lâche), je ne fais rien contre ça.

« Aloooors, cela fait combien de temps maintenant que vous accompagnez ce petit filou ? C'est qu'il ne nous avait rien dit en nous visitant, en plus, le cachottier ! Puis, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? »

Bientôt elle va finir par lui demander son groupe sanguin, si ça continue. Désabusé, comme Ryûchi je le crois au vu de sa tête blasée, je ne peux m'empêcher de pouffer alors qu'un sourire amusé se dessine au coin de mes lèvres. Mouais, bon. Je ne comprends pas trop la nécessité de tout ça, en vrai. Mais ça a quelque chose de touchant, je crois, de la voir être aussi, euh... Contente, on va dire.   Contente pour pas grand chose, en vrai, sans vouloir diminuer mon copain. Je ne vais toutefois pas me plaindre : je préfère ça plutôt qu'un silence pesant et malaisant.

« Mamiiiie, on va faire un tour dans le manège... ? »

La petite voix d'Axel vient de résonner à nos oreilles. Je crois qu'il s'emmerde un peu, vu la manière qu'il a de trépigner sur place en gigotant nerveusement, en ayant probablement ras les fesses, ce que je peux comprendre. Il n'est pas venu là pour discuter, lui, enfin, il n'était pas supposé être là à la base, mais... Mais on fera sans.
Heureusement pour moi, Tsuzume semble toujours aussi à l'aise avec le petit. Elle n'est pas prise de surprise (en même temps avoir élevé trois gamins doit avoir aidé) par sa demande et lui offre un sourire plus léger, détendue au possible.

« Mais oui, c'est promis. Celui-là, il vous irait, les grands ? »

Elle pointe du doigt quelque chose qui ressemble à un... Un set de tasses qui tournent, tenues par une espèce d'octopus. L'octopus tient plusieurs plateaux, sur lesquels trois sets de tasses (en réalité des sièges de deux places chacun) sont à chaque fois disposés. Je crois que c'est plutôt adapté aux enfants, puisque même lorsque l'invertébré soulève légèrement le manège, ça ne va pas très loin, et ça ne bouge pas trop, enfin, pas assez pour secouer le ventre d'un adulte, quoi. Mais suffisamment pour occuper les gamins et ne pas être trop-trop chiant. Pas franchement convaincu mais pas non plus réticent car nous n'avons rien de plus à payer, je hausse les épaules et fait un signe de la tête, donnant mon accord. Tant que l'autre neuneu qui m'accompagne est d'accord... D'un mouvement de la main, j'indique la direction de la file d'attente. Hé, pour une fois, je n'aurai pas à distraire Axel, alors ça me plait pas mal.


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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Jeu 13 Déc - 1:01


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feat Natsu et sa smala
"ou comment avoir l'air con devant sa belle-famille"

Je secoue doucement de la tête pour lui faire comprendre que je ne lui en veux pas le moins du monde. Oui, je suis déçu, mais... Bon, les imprévus ça arrive, quoi, et je sais que ce n'est pas de sa faute. Il voulait que nous soyons en tête-à-tête lui aussi, je le sais. Mais puisque nous en sommes arrivés là, il est inutile de regretter. Autant quand même profiter de ce moment tant que je peux être avec mon copain. Et ses grands-parents maternels. Je n'ai en vérité pas vraiment eu d'occasions pour les rencontrer, alors ça sera déjà ça, je présume. Je n'ai toutefois pas pu m'empêcher d'être mi-gêné, mi-amusé par l'expression stupéfaite que nous a offert Tsuzume en nous observant. Je crois qu'elle vient de comprendre. Natsume ne leur a vraiment rien dit, alors ?.. Il ne voulait peut-être pas les brusquer ou se prendre de mauvaises réactions. Si c'est la seule famille potable qu'il lui reste... Je n'aurais pas voulu gâcher ça par mon comportement. Néanmoins, il n'était pas possible que nous gardions notre lien caché éternellement, même à eux. Si vraiment il s'agit de personnes dignes de confiance, alors ils comprendront ; et s'ils ne sont pas ceux qu'on aurait pu espérer, alors vaut mieux dans ce cas qu'ils s'éloignent de mon copain. Je crois toutefois percevoir chez le vieux couple que ce n'est pas de l'hostilité qui nous est réservée. Au contraire, la femme âgée semble plus curieuse qu'autre chose. Elle se met déjà me poser quelques questions qui me prennent par surprise. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle éprouve de l'intérêt pour moi, à vrai dire, mais après tout, si elle veille sur Natsume, il est normal qu'elle veuille savoir avec qui il traîne ; surtout si Natsume n'a jamais parlé de moi à ses grands-parents, du coup. Axel me devance toutefois avant même que je n'ai pu trouver réponse à l'interrogation de notre aînée. Je ne peux que lâcher malgré moi un petit rire amusé et attendri (wait what). Bien sûr, maintenant que nous sommes enfin dans le parc, tout ce qui l'intéresse sont les attractions qui nous entourent et dans lesquels des tas de gamins se précipitent déjà ; ça doit lui donner envie. Je peux le comprendre, en un sens. Alors je ne chigne pas quand nous devons nous diriger vers un des manèges où y'a un gros poulpe violet géant qui nous attend. Le sourire de ce dernier n'est pas si rassurant que ça, d'ailleurs, mais Axel a l'air content. La longueur de la file n'est pas horrible en soit mais elle permet au moins à mon cerveau de se remettre en place et de me rappeler des questions de mamie. Après m'être raclé la gorge, je glisse un sourire en coin à Natsume avant de lui ébouriffer doucement les cheveux pour le taquiner.

« Alors comme ça on fait des cachotteries à ses grands-parents ?.. »

Tout pour se moquer (gentiment) de lui, je sais. Au fond, évidemment, je m'en fiche. Enfin... Il fait ce qu'il veut, quoi. Je ne vais pas le disputer parce qu'il a omis de parler de moi à des membres de sa famille. Ou du moins, il n'a apparemment pas dit tout ce qu'il y avait à savoir, vu l'étonnement déjà que j'ai pu sentir quand ils ont compris qu'on était pas juste des amis. Quand il était au Japon, il avait d'ailleurs sûrement autre chose à penser et surtout ils devaient avoir des sujets de conversations plus intéressantes que sa vie sentimentale. J'espère au moins qu'il a pu rattraper quelques années auprès d'eux et que la présence de sa mère n'a pas été trop étouffante. En tout cas, il ne m'en a jamais parlé durant nos convo Skype, alors j'imagine que malgré la distance qui nous séparait, il avait dû finir par se sentir plus ou moins à l'aise là-bas. Cela me rassure quand même quelque part de savoir que notre prochain voyage à l'étranger, en théorie, devrait se faire à deux. J'ai bien insisté pour l'accompagner, si jamais il organise d'autres vacances au Japon. Enfin 'vacances'... Je sais que la dernière fois ce n'était pas de tout repos tous les jours puisqu'il est allé là-bas pour des raisons particulières mais je tiens à ce qu'il puisse se détendre à l'avenir si nous partons ensemble un de ces jours.

« Hm... Natsume et moi, on se connaît depuis... euh... bientôt dix ans, en fait. »

S'il est aisé de le dire, il l'est un peu moins à réaliser quand je me mets à peser mes mots après les avoir prononcé. Chaque fois c'est pareil. Dix ans, déjà... Et pourtant c'est vrai, j'ai rencontré Natsume lorsque je n'avais que seize ans, presque dix-sept. J'étais quelqu'un de bien différent, à ce moment-là, mais lui encore plus. Quand je vois ce qu'il est devenu, toutefois, je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine fierté. Je n'y suis pas pour grand chose, mais le chemin que nous avons parcouru ensemble a été tout sauf vain. Pour le coup, je ne suis pas mécontent de la personne que je suis actuellement, même si je pourrais mieux faire. Je n'aurais pourtant pas pu rêver mieux pour ma situation actuelle. Un job parfait, un salaire exorbitant mais qui me permet largement de me faire plaisir et de ne manquer de rien, un compagnon de vie qui dépasse l'entendement, une maison que nous avons construite un peu éloignée de tout... Je ne le réalise pas forcément sur le coup, mais il est vrai que nous jouissons d'une tranquillité qui est assez agréable. Je ne regrette pas du tout Amanil et Vanawi, si j'y passe de plus en plus souvent, n'est pas vraiment ce que j'aurais imaginé pour notre futur. Ne manquerait à ce tableau qu'une réponse claire de mon copain à ma demande un peu particulière, mais je sais que je ne dois pas baser d'illusions là-dessus. J'hésite d'ailleurs comment aborder mon travail, mais je crois qu'il est inutile de mentir et que, après tout, je ne devrais pas en faire tout un plat pour ça.

« Je... Je suis l'un des Maîtres de la Ligue. Je travaille pour la Compétition et la Milice. Enfin... Surtout pour la Compétition. »

Je ne déteste pas travailler pour la Milice en soit malgré l'opinion de mon petit-ami sur cette dernière. Mais je préférerais toujours insister sur le côté Compétition plutôt que sur l'autre partie de mon métier. Après tout, c'est bien ça, qui me plaît le plus dans mon travail : faire des combats et affronter des challengers sur le terrain en espérant leur apprendre quelque chose. Assurer la protection de l'île, c'est super et ça rend bien sur le CV, mais ça peut être dangereux et il faut savoir affronter le regard des autres pointés sur nous. Je ne suis pas dupe au point de croire que les Miliciens sont très en vogue en ce moment. Nous faisons pâle figure depuis que Elixir prend de plus en plus d'ampleur, déjà. Je préfère, auprès de Tsuzume, me concentrer sur autre chose. Quelque chose de plus important.

« Rien de bien extraordinaire, en somme, comparé à l'Elevage du... 'petit filou'. Il a dû vous le montrer d'ailleurs. C'est impressionnant, non ? »

Je lance une œillade affectueuse au concerné dont je n'hésite pas à vanter les mérites quand j'en ai l'occasion. Lui aussi s'est démené pendant des années pour construire cette Pension qui lui tient tant à cœur. Et ça valait vraiment le coup, d'ailleurs. Tous ces Pokémon autour de la maison... En pleine forêt, on a vraiment de la chance de pouvoir en admirer autant. C'est toujours une belle surprise parfois le matin d'apercevoir des bébés Germignon courir dans le jardin en jouant. Un cadre paisible dont je me lasse pas et auquel je me suis rapidement habitué. Pour mes propres compagnons c'est également l'idéal, alors je ne vais pas me plaindre. Puis je vois bien comment Natsume bosse dur pour pouvoir gérer tout ça.

Heureusement la file d'attente est longue mais avance vite. Faut dire qu'il y a de la place, dans les wagons. Enfin... Jusqu'à ce que nous arrivions sur la plateforme métallique. Le set de tasse sur lequel se sont déjà installé mon copain, sa grand-mère et son filleul sont déjà complet. Ou presque, puisqu'une place à côté du premier protagoniste est disponible. Poliment, néanmoins, puisque Tsuzume est avec Axel, je propose à Ryuchi de se mettre à côté de son petit-fils. Après tout, il ne les voit pas souvent, son papy et sa mamie. Puisqu'ils se sont incrusté à la dernière minute, autant qu'ils profitent du temps qu'ils ont ensemble. Moi je sais que j'aurais le mien qui me sera accordé quand ça sera venu. En outre, je suis assuré que sur le bateau, ça sera déjà plus tranquille. Juste tous les deux, au milieu de nulle part... Je crois que j'en rêve déjà un peu, de ce calme tant mérité. Nous étions censés l'avoir aujourd'hui, mais... Mais bon les imprévus ça arrive aussi, après tout. Par contre, en pleine mer, si je vois un seul nageur qui s'approche de nous, va falloir me retenir de le noyer. Je suis avare de mon copain depuis toujours mais ma patience atteint des limites depuis quelques mois.

Je me place alors moi-même dans une tasse pas très loin de la petite famille et sourit doucement en les voyant rassemblés ensemble. Malgré qu'ils n'étaient pas prévus au programme, je suis vraiment heureux pour Natsu s'il a trouvé des proches avec qui s'entendre ; parce que je sais que c'était pourtant très mal parti, à la base. Je ne remarque même pas tout de suite que le manège démarre mais me laisse entraîner malgré tout dans l'attraction quand celle-ci se met à accélérer. Ce n'est pas très folichon au début mais bon heureusement que ça devient plus rigolo par la suite. Il m'en faut un peu plus évidemment pour me donner des sensations fortes, depuis le temps, mais ça reste quand même amusant quand les bras du poulpe font des mouvements de bas en haut. C'est même un peu plus fort que ce que je pensais, d'ailleurs... Je me mets à être un peu inquiet pour les doyens de notre troupe, mais on dirait que je les ai sous-estimé un peu. Axel aussi semble beaucoup rire, on dirait que ça lui plaît. En le voyant sourire de la sorte, celui sur mon visage s'agrandit automatiquement. Au milieu du manège, toutefois, je me mets à me demander tout à coup si, au final, je ne suis pas l'intrus ici. Cette pensée brusque arrive à me donner légèrement le tournis pour une raison que j'ignore, avec en plus un étrange sentiment au creux de mon estomac. Je n'ai même pas vu que l'attraction se mettait déjà à changer de vitesse pour aller plus lentement, jusqu'à s'arrêter tout à fait pour faire signe que c'était fini. Il faut que je sente une présence s'approcher de moi pour que je revienne sur terre. Sans même relever la tête vers lui, toutefois, je sais qu'il s'agit de Natsume. J'esquisse alors une expression douce et sereine, profitant que nous soyons un peu éloigné des autres.

« Je comprends pourquoi tu as préféré ne rien dire à mon sujet, tu sais. Je me suis juste dit qu'il valait mieux briser la glace pour aujourd'hui. »

Il est vrai que j'aurais sûrement dû lui demander. En temps normal, je l'aurais même fait. J'ai décidé cette fois-ci pourtant d'agir par instinct, en me demandant à quoi cela aurait servi que ses grands-parents sachent la vérité maintenant ou plus tard. S'ils veulent en savoir plus sur moi, c'est réciproque. Je veux savoir leur façon de penser. Il faut dire, plus sincèrement, que je n'aime pas non plus me cacher quant à la relation que j'entretiens avec Natsume. Quand c'est vraiment nécessaire, je suis prêt à faire des efforts. Mais j'estime que lorsque ça concerne la famille, ce genre d'attention n'ont pas forcément toujours lieu d'être. Du moins, ce n'est pas comme ça que je vois les choses. Mais je crois pour le coup que nous n'avons pas réellement à  nous inquiéter de ce genre de questions. Lorsque Tsuzume me pose des questions, je veux être convaincu de l'honnêteté dont elle fait preuve. Ryuchi est bien sûr plus difficile à cerner en apparence. Son calme et son air stoïque me déstabilisent. Je préfère quand je peux deviner à quoi m'attendre de la part des autres, mais j'imagine que je vais devoir apprendre à faire avec et à me fier à Natsume et Tsuzume qui le connaissent bien mieux que moi. Cela ne m'empêchera pas bien sûr d'essayer de faire la conversation avec lui, mais il donne l'impression d'être ennuyé par tout, alors peut-être que je ne l'intéresse pas ou qu'il me trouve déjà inutile.

« Cela n'aurait pas servi à grand chose de leur mentir. De toute manière, je suis trop peu discret. »

Je me lève finalement de mon siège pour me mettre à sa hauteur et sortir du wagonnet. Non, c'est faux : en vérité, quand je le veux vraiment, je peux faire semblant. Mais déjà c'est quand même difficile, et en plus, comme je l'ai dit, ce n'est pas quelque chose qui me tente particulièrement, de devoir dissimuler mes sentiments pour mon petit-ami.

« Ça aurait été un comble que je ne puisse pas te tenir la main pour un rencard, tu ne crois pas ? »

Je lui lance un regard tendre et taquin, sans toutefois vouloir l'embêter. Je ne fais que lui lancer quelques vannes encore sur le fait que nous devions être que tous les deux dans le parc, mais ce n'est plus très important à présent. Qu'il compte sur moi par contre pour avoir ma revanche, un de ces jours. Peut-être pour fêter nos dix ans de relation, tiens.

« Ils ont l'air gentils, sinon, tes grands-parents. »

Je regrette un peu de ne pas savoir parler très bien le japonais, mais si c'est pour sortir un accent à couper au couteau, de toute façon... S'il y a vraiment des phrases qu'ils ne comprennent pas, ça vaudra toujours mieux que Natsu fasse le traducteur. Même s'ils ont plutôt l'air d'être familiers avec la langue, et j'ai cru comprendre que ce n'était pas anodin pour Tsuzume, dans son cas. En tout cas je ne mens pas quand je dis qu'ils ont l'air sympathiques. Le visage doux de sa mamie donne envie de lui faire confiance, faut dire. On dirait qu'elle est prête à nous sortir un gâteau d'ici une minute à l'autre avec un glaçage adorable.
D'ailleurs, puisque nous les faisons attendre pour passer à la suite, je crois qu'il est temps de les rejoindre. En passant affectueusement une main dans le dos de mon copain pour la poser sur sa taille, je nous fais avancer jusqu'aux trois personnages qui nous accompagnent tente de chasser certaines pensées stupides qui veulent me faire croire que je dérange.

« Alors, qu'est-ce qui vous tenterait ?.. Pas très loin, on a un carrousel, le train fantôme, le grand huit... Ou sinon les chaises volantes. Enfin, si seulement vous n'avez pas le vertige. »

Je ne vais pas cette fois-ci croiser le regard de l'éleveur, mais je me doute bien qu'il ne doit déjà pas être très rassuré de m'entendre parler de trucs qui décollent un peu au-dessus du sol. Toutefois, imaginer l'engouement d'Axel pour un de ces manèges en hauteur contrastant avec la mine déconfite de son parrain me fait intérieurement rire, sans toutefois me moquer. Evidemment, si vraiment ça ne le tente pas, je ne le forcerais pas.

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Re: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Dim 16 Déc - 20:43


Churros à l'eau de mer

Sortie de troupeau
J'aime bien les films d'horreur et les manèges à sensations. Non, mais vraiment. Je ne dis pas ça pour faire le kéké comme quand j'étais jeune et que je préférais cacher le fait que si un manège n'était pas bien fermé, je me mettais à pleurnicher comme un môme. Je dis juste que tant que c'est bien tenu et que l'on a pas l'impression d'être sur le point de tomber d'une seconde ou l'autre, bah, je m'amuse. Et je me doute que vous vous en foutez comme de votre dernière paire de chaussettes, mais je dis juste ça pour que vous compreniez bien que ce n'est pas vraiment par mauvaise volonté que je suis moyennement chaud à l'idée de monter dans ce manège. Pas que ça m'ennuie, hein, mais, euh... Bah si, l'idée d'aller faire des attractions avec papy-mamie, ça m'ennuie, désolé d'être un peu edgelord pour le coup. Je crois que c'est le fait d'être dans un groupe de manière imprévue, en fait. Je suis nerveux, et par conséquent, j'ai du mal à prendre du plaisir. Je suppose que cela passera, toutefois, alors je m'arme de toute ma bonne volonté pour que cette journée se déroule bien.
J'esquisse un rictus embarrassé lorsqu'il m’ébouriffe les cheveux, tentant visiblement de plaisanter pour s'amuser quant à mes tendances à parler de tout au dernier moment. Si je le laisse faire parce que bah, voilà (oui c'est ma seule réponse), je ne peux pas m'empêcher de détourner très légèrement le regard, gêné. J'avoue que c'était peut-être moyennement classe que de ne rien dire à son propos, maintenant que j'y pense. Après avoir passé dix ans avec moi, je comprendrais qu'il trouve cela vexant que je garde un silence radio à son sujet envers mes grands-parents. Ce n'est pas le cas, toutefois, alors je m'estime chanceux et gigote maladroitement sur place, espérant que le sujet passe le plus vite possible sur autre chose.

… Et dans les faits, bizarrement, je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce qu'il nomme directement la durée. Non mais, c'est normal, hein, d'accord, mais je dois avouer que j'ai... Bugué, disons, en entendant ça. Comme si je réalisais seulement, maintenant qu'il le dit à haute voix et qu'il en parle à d'autres personnes, que cela fait tout de même un sacré bout de temps que je partage mon existence avec lui. Ce n'est pas pour m'en plaindre, loin de là, juste... Juste que je crois que j'ai du mal à pleinement réaliser les choses, dans les faits. J'étais quelqu'un de tellement différent lorsque je l'ai rencontré que je suis toujours un peu gêné, quelque part, quand je me rappelle qu'il m'a connu alors que je n'étais pas vraiment quelqu'un de très... Très bien dans sa tête, disons. Je ne vais pas prétendre que c'est la fiesta dans mon cerveau tous les jours maintenant, mais les faits sont là. En même temps, je ne peux que voir le chemin qui a été parcouru, et je dois avouer que j'en ai le tournis. De manière agréable, hein. Je sais que j'exprime ça sans grand enthousiasme apparent, mais je suis sérieux, quand je dis que je suis plutôt fier de tout ce qui a été fait pendant presque dix ans et que, sans devenir trop cucul la praline, j'ai passé et je passe beaucoup de très bons moments avec lui. C'est juste un peu déconcertant de réaliser ces choses-là, voilà tout.
Je le laisse se charger des présentations, pas tellement intéressé par toutes ces formalités sociales, me chargeant plutôt de garder un œil sur Axel qui semble plutôt intéressé par les manèges, de son côté. Mes oreilles restent toutefois attentives, et je vois bien aux sourires polis de Tsuzume et Ryûchi quand Samaël parle de son travail, qu'ils ne comprennent pas grand chose à ce que cela veut dire, être maître de la ligue, actuellement. Tant mieux, voyez-vous, ils doivent se dire que c'est comme travailler dans le théâtre ou un truc du genre. J'aimerais mieux éviter l'explication quant au côté politique de la chose qui me met assez mal à l'aise comme ça pour que ça n'empire pas en m'e mettant dans une situation où je dois en discuter avec mes grands-parents et mon copain en même temps. Je crois, toutefois, que j'ai vu Tsuzume plisser un peu les yeux à un moment, mais je dois sans doute imaginer des choses. Ryûchi semble plus intrigué, vu la façon qu'il a de lever un sourcil ; je ne sais pas pourquoi, et pour être totalement honnête, je m'en fiche magistralement.

… Malheureusement, la conversation revient sur moi, et je me sens rougir d'embarras lorsque Samaël mentionne mon élevage. Je lui offre un regard mauvais-qui-n'en-est-pas-vraiment-un-mais-c'est-pour-la-forme, puisque j'aurais préféré ne pas redevenir le centre de l'attention pour le moment, merci bien. J'ai bien du mal à lui en vouloir, toutefois, quand je croise son œillade affectueuse et la fierté que je crois entendre dans sa voix. Malgré moi, une petite boule de chaleur vient de se loger dans mon ventre et je hausse les épaules pour sauver la face, le regard porté vers un manège quelconque pour préserver les apparences.
Je ne suis pas peu fier de ma pension, pourtant, c'est vrai. J'ai mis du temps à l'obtenir, bien plus de temps que certains hôtes qui se lancent très vite (parfois trop vite, à mon goût) dans l'aventure, mais en même temps, je n'avais pas d'autre choix. Tant au niveau financier qu'au niveau psychologique, je n'étais pas prêt, et même maintenant, il m'arrive d'être complètement dépassé par beaucoup de choses ; une naissance dangereuse, des batailles entre clans, des difficultés bêtement monétaires (bah oui désolé hein je ne suis pas rentier ou héritier)... Donc quand les choses fonctionnent bien, je suis content, et j'en prends grand soin, de cette pension. Je ne me suis pas endetté à vie pour rien, héhé, haha. Erhm. Ce n'est pas drôle, en fait, mais on va faire comme si.

« Oooh mais oui ! Elles sont adorables, ces petites bêtes ! L'autre jour, Ryûchi a passé une bonne heure avec les  Mystherbes ! »

Tsuzume m'a surpris en reprenant la parole, et je hausse les sourcils face à son commentaire. Je m'étonne de ce comportement en provenance de sa part, mais quand j'examine le visage de mon grand-père, je me rends compte que c'est très probablement vrai, vu la manière qu'il a de toussoter nerveusement. Cela m'étonne, mais, bah... Bon, on va dire que c'est seulement à moitié, disons. Cela fait un bout de temps que j'ai remarqué qu'au fond, Ryûchi était peut-être bien le plus mièvre des deux dans le couple qu'il forme avec Tsuzume.
Nous montons bientôt dans les différentes tasses après ces quelques minutes d'attente qui n'étaient pas franchement les plus passionnantes de ma vie, mais eh, voilà. Axel se colle davantage auprès de Tsuzume, trépignant sur place.

« Je monte avec mamie ! »

Il crie presque, et je hoche vaguement de la tête, blasé par son enthousiasme débordant, mais tout de même attendri. La vieille femme, quant à elle, glousse avec amusement, flattée. Il me faut toutefois quelques secondes pour remarquer que le petit garçon semble véritablement attaché à cette appellation, et je ne sais pas vraiment ce que j'en pense. C'est... Plaisant, de le voir  content. Je suis juste surpris, et déconcerté. Cela sonne tellement naturel à ses yeux que je me demande, avec une certaine surprise, si je ne suis pas encore celui qui est toujours à la traîne quand il s'agit de m'habituer à ces choses. Je ne devrais même pas réagir, d'ailleurs, et m'arrêter comme je l'ai fait, oubliant qu'il était temps de m'installer dans l'un des sièges. Il faut que Ryûchi me tapote sur les épaules pour que je sursaute très légèrement, et, sous son regard perplexe, comprenne qu'il n'attend que moi pour monter dans l'attraction. Ah, euh, je monte avec lui... ?
Je jette un regard étonné à Samaël, m'étant attendu à, bah, ce qu'il vienne avec moi, quoi, comme d'habitude. Je me demande durant un instant si il s'est senti obligé de le faire, à tout hasard. Est-ce qu'il souhaitait « ne pas déranger »... ? Je dois avouer que j'aurais bien aimé rester avec lui, parce que, bah, pour être tout à fait honnête, j'ai encore du mal à être parfaitement à l'aise avec l'idée d'être assis à côté de mon grand-père dans un silence gênant pendant quelques minutes. Et oui, je sais, je suis névrosé, merci, on le saura. Mais ce serait peut-être l'occasion d'arrondir un peu les angles, alors je vais arrêter de faire le bébé qui se cache auprès de son copain cinq minutes.

Nous montons donc finalement dans les tasses, et le silence s'installe un temps. Ryûchi ne semble pas déterminé à lancer une conversation quelconque, et si l'idée me vient en tête pendant quelques secondes, j'abandonne en me rappelant qu'il m'a déjà dit que je n'avais pas besoin de me forcer. Passé l'hésitation du début, je réalise finalement que, bah... C'est pas si mal, en fait, et que oui, je n'ai pas besoin d'en faire des caisses non plus, tiens. C'est même agréable, ce silence tranquille.
Enfin, silence tranquille jusqu'au moment où ils se mettent à faire passer une musique criarde et excessivement forte pour « accompagner » le début du tour, mais je suppose qu'on ne peut pas avoir tout dans la vie. Si je grimace, n'appréciant pas trop ce genre de choses pour des raisons de sensibilité au son, mon expression se radoucit toutefois quand je remarque celle d'Axel. Le tour a à peine commencé, mais voilà qu'il glousse déjà, le visage lumineux. L'esquisse d'un sourire doux se forme sur mon visage, et j'en oublierais presque que, eh bien, ça commence à bouger, quoi.

Je ne suis pas trop secoué au début, pour une fois. J'avoue, néanmoins, que lorsque les bras commencent à nous bouger de haut en bas, je me suis mis à gesticuler nerveusement sur mon siège, rendu peu à l'aise. La vitesse, je peux gérer. Les descentes et les montées, par contre... Sans surprise, ma main s'est crispée sur mon siège alors que, blanc comme un linge, j'attends que cela passe. En croisant le regard curieux de Ryûchi, toutefois, je suis pris de court.

« Natsume... ? »

… Je ne suis pas en train de griffer intensément les bordures de notre tasse, non, c'est faux. Totalement faux. Bloqué et raide comme un bâton, je me force à esquisser un sourire tellement peu naturel et si factice que je ne me rends pas compte qu'il en est même inquiétant sur les bords.

« Ah, euh, c'est amusant ! »

J'aurais pu faire mieux, question voix joviale, je m'en rends bien compte. Tellement mieux, d'ailleurs, que Ryûchi n'est pas trompé par mon jeu d'acteur médiocre et glousse, amusé par mon mensonge. Gêné, je ne réagis que lorsqu'il tapote affectueusement mon épaule, affichant une mine surprise. C'est, euh... C'est sympa. J'ai l'impression qu'il passe un bon moment, et qu'il est content de le passer avec moi, ce qui, sans surprises, me rend perplexe, mais satisfait en même temps.
Je passe le reste de l'attraction, toutefois, à serrer la barre de protection comme pour sauver ma vie. Certaines choses ne changent pas.

Lorsque nous finissons enfin par descendre, je tangue un peu, alors qu'Axel et Tsuzume affichent des mines parfaitement satisfaites. En étudiant les visages du regard, je remarque que Ryûchi sourit au coin, et m'offre un coup d’œil complice.

« Bah, c'était bien. »

… Ah. Bah, tant mieux je suppose, h-hein. Moi, je vais marcher un peu, et reprendre mes esprits, ça sera bien.
J'esquisse donc quelques pas maladroits, avant de chercher Samaël du regard ; une fois que je l'ai trouvé, je n'attends pas longtemps avant de me rapprocher, étrangement rapide. Rassuré lorsqu'il se retourne, un air nerveux se dessine sur mon visage face à son commentaire. Je me doutais qu'il comprendrait la raison de mon silence, mais bon, ça ne m'empêche pas d'être mal à l'aise. Je n'ai pas envie qu'il croit que j'avais honte, ou quoi que ce soit du genre. Ne préférant pas dire d'anneries, je hoche timidement de la tête quant à ce qu'il dit, ne voyant pas l'intérêt d'être redondant en lui confirmant qu'il avait absolument raison de faire ce qu'il a fait.
Malgré moi, je me retrouve attendri par le coup d’œil tendre qu'il me lance, et, si je n'esquisse qu'un rictus amusé pour ne pas lui donner la satisfaction d'un rire mièvre, je dois avouer qu'il a raison. Adolescent, je trouvais tout cela bien ridicule, et je ne me retenais pas de lever les yeux avec dramatisme lorsque je voyais un couple se prendre la main en public, pour diverses raisons assez honteuses. Maintenant, je ne peux plus nier que, dans le fond, je suis bien trop satisfait de venir chercher les doigts de mon copain pour les entrelacer avec les miens, comme je le fais maintenant. Meh, faut qu'il arrête de me faire fondre comme ça, vraiment, je vais finir par ne plus pouvoir cacher mon gagatisme et mes grands-parents vont finir par découvrir que je ne suis qu'une immonde guimauve.  Son commentaire, toutefois, me prend par surprise et je cligne bêtement des yeux, avant de jeter un coup regard vers les concernés. Axel est actuellement posté sur les épaules de Tsuzume (eh beh, il lui reste de la force), blablatant à un tel débit de quelque chose que je n'arrive pas à entendre. Il a l'air content, et... Et eux aussi, je crois, vu la lueur amusée dans les yeux de Ryûchi et le grand sourire de Tsuzume. Cette vision me tire, malgré tous mes efforts, l'esquisse d'un sourire attendri.

« … Ouais, ils le sont. »

Je ne crois pas que dire grand chose de plus serait forcément constructif, alors j'en reste là. Je sens sa main passer de mon dos à ma taille et je le laisse nous guider vers les autres, jamais vraiment contre le fait qu'il garde le contact, même si c'est parfaitement cucul la praline.

« L'est tout blanc papa ! »

… Et bien sûr, Axel a toujours le talent de me mettre la honte quand j'y pensais le moins. Si Tsuzume glousse, je vois bien que rictus de Ryûchi que ma petite panique n'est pas passée inaperçue. Seulement à moitié blasé, je laisse l'enfant rire joyeusement ; sans doute se dit-il que cela veut dire qu'il est lui-même assez courageux, et, bah, je ne suis pas assez égocentrique pour ne pas laisser les gamins être des gamins. J'aime bien l'entendre rire, de toute f-... Je veux dire que euh, c'est cool qu'il s'amuse.
Samaël reprend alors la parole, nous demandant ce que nous voudrions tester. Sur le coup, je dois avouer que je manque d'idées. Si j'esquisse une grimace en imaginant des attractions à hauteur et à vitesse, car je sais que mon rythme cardiaque aurait du mal à tenir le coup, je les laisse choisir ce qu'ils veulent. Je ne vais pas être casse-pieds non plus, hein. Je crois toutefois qu'ils n'ont pas vraiment de grandes idées, et ça se voit à leurs têtes. Axel, toutefois, s'est mis à remuer, et je grimace en voyant la tête que fait Tsuzume maintenant que le petit s'agite sur ses épaules.

« Oh, oh ! Le train, le train ! »

Si c'est le chef qui le dit, je suppose que nous n'avons pas grand choix. Je hausse les épaules et hoche distraitement de la tête, donnant mon accord. Plutôt paresseux, je ne presse pas le pas et me surprend à laisser mon regard se perdre sur les diverses attractions que nous côtoyons. Sur le chemin, j'en remarque une en particulier, et esquisse un sourire nostalgique, même si je n'ose prendre la parole devant tout le monde, et choisit de rester silencieux. Je dois avouer que c'est plaisant de ne pas avoir à surveiller Axel, même si c'était ce qui était prévu à la base, normalement. Je sais toutefois me satisfaire de cette chance, et, de temps à autre, laisse mon pouce se perdre dans le creux de la paume de mon copain que je caresse distraitement, quelque peu collant aujourd'hui. C'est plutôt sympa, en vrai, je ne vais pas faire le grumpy cat éternellement non plus. Je ne viens pas forcément pour les attractions, de base, alors...  

« Ah, euh, par contre, je crois que c'est juste pour les enfants... »

Tsuzume me tire de mes pensées. Je remarque seulement maintenant que nous sommes arrivés à notre destination, et vu son sourire gêné, il semble que ce train-là soit réservé aux petits. Cela ne semble toutefois pas déranger Axel, qui paraît déjà surexcité à la simple vue des petites voitures peinturlurées de noir, de toiles d'araignées et d'autres machins censés évoquer Halloween. Je ne suis pas vraiment embêté par le fait que nous ne pourrons pas faire de tour cette fois-ci, à vrai dire. Bien au contraire. J'affiche donc un sourire tranquille, décidé à rassurer la vieille femme qui semble gêné à l'idée de nous demander d'attendre pour rien.

« Pas de soucis. Passez avec lui, l'on revient tout de suite. »

« On », oui. Je ne demande pas l'avis de mon copain pour le coup, mais je me dis qu'il sera peut-être content, alors bon. Je lui jette tout de même un regard au coin pour lui demander son avis alors que je tire très légèrement sa main sur le côté pour lui indiquer de me suivre. Je n'ai pas envie qu'il regrette, mais bon. Pas sûr que rester là à attendre devant une attraction dans laquelle on ne rentrera même pas soit forcément plus intéressant.
De toute façon, je ne nous emmène pas loin. Vraiiiment pas loin. Il faut à peine une petite minute pour que nous nous retrouvions devant des montagnes russes bien familières, même si je ne serais pas étonné qu'il ait oublié, depuis le temps. C'était mon cas, personnellement, jusqu'à ce que je l’aperçoive tout à l'heure, et, bizarrement, j'avais envie de le traîner ici. Je sais que ça n'a aucune importance, ni aucune utilité de revenir là, mais... Mais je ne sais pas, j'en avais envie, quelque part. En esquissant le début d'un sourire doux, je viens chercher son regard, le visage teinté d'une expression tendre.

« … On était venus ici, tu te souviens ? Enfin, tu m'avais rassuré, quand j'avais pris peur. J'ai l'impression que même la couleur des wagons n'a pas changé. »

Rien de bien glorieux pour ma part, maintenant que j'y pense. Je faisais le malin au début, et lorsque le wagon s'était avancé vers un pic, j'avais perdu toutes mes couleurs. Je me souviens bien, pourtant, même si l'image est très floue dans ma tête et que je ne saurais pas remettre la scène en ordre de ma tête, de la voix douce qu'il avait emprunté et qui, déjà à l'époque, m'avait fait rater un battement cardiaque tant j'étais flatté par l'attention qu'il me portait. J'étais tellement apeuré par tout ça à l'époque que je n'y avais pas vraiment réfléchi, mais maintenant que je m'en rappelle, j'en suis assez amusé. C'était franchement ridicule, quand j'y pense, et je pouffe sans pouvoir m'en empêcher, passant une main sur mon visage dans mes cheveux pour gratter mon crâne sous le coup de l'embarras.

« Je voulais tellement t'impressionner que je ne t'avais même pas dit que j'avais le vertige, comme le dernier des crétins. C'est moi qui t'avait trouvé cool, au final. »

Je ne lui dirais pas ce genre de choses souvent, en soi, mais je suis sincère, et me remémore avec une certaine nostalgie mon idiotie d'il y a dix ans. J'étais très mortifié et gêné, perturbé par ce qui était encore parfaitement nouveau pour moi et obligatoirement à sens unique (bah oui, qui aurait pu s'intéresser à ma pomme, hein) mais maintenant, tout ça m'amuse beaucoup. Je ricane davantage en repensant au déroulement de cette journée, esquissant un rictus mi amusé, mi-attendri.

« Je me demande vraiment pourquoi tu n'avais pas pris la fuite à partir du moment où j'avais cassé le nez d'un pauvre employé du labyrinthe fantôme, en fait. »

Je fais le malin, là, mais quand, pris de panique et après m'être lamentablement caché derrière Samaël durant la moitié de la durée de l'attraction (oui ça franchement c'était le comble de la honte), j'avais mis une droite à quelqu'un, j'étais aussi épouvanté que désolé. Et franchement, j'ai bien de la chance qu'on ne m'ait pas collé un procès. Non, je ne lui ai pas vraiment cassé le nez, hein, mais mon interlocuteur a bien compris ce que je voulais dire. Tout ça est quelque peu mièvre, j'en ai bien conscience, mais, bah... Je suspecte aussi que Samaël désirait venir ici par nostalgie, donc je me dis que ça ne doit pas tant le déranger que ça, d'évoquer de trucs anciens comme un papy devant un album photo qui parle du « bon vieux temps ».

« … Je suis content que tu ne l'aies pas fait, malgré tout. »

La phrase m'échappe sans que je n'y réfléchisse, pendant que mon regard se perdait à détailler les contours des montagnes russes pour me rappeler des sensations que j'avais ressenti dans l'attraction. Oh, j'étais à moitié terrorisé, évidemment, mais... Mais, bah, c'était amusant, malgré ma crétinerie exacerbé. Pour cette raison, je lui jette un coup d'oeil interrogatif.

« C'est un peu pour ça que tu voulais venir ici, à la base, non ? Enfin, car tu en gardais un bon souvenir ? »

Cela importe peu au final, mais j'étais curieux, voilà tout. Je suis presque sûr que le petit tour d'Axel prendra bientôt fin et qu'il faudra y retourner, mais... Pour l'instant, je profite égoïstement du temps que j'ai avec lui.


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MessageSujet: Re: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Mer 26 Déc - 3:52


&&&



Churros à l'eau de mer
feat Natsu et sa smala
"ou comment avoir l'air con devant sa belle-famille"

Pas que je sois 'content' de nous éloigner un peu des grands-parents et du filleul de Natsume quand ce dernier me tire un peu le bras pour m'inciter à le suivre, mais en voyant l'expression qu'il m'adresse brièvement, je devine avec aisance qu'il veut profiter de cette occasion pour que nous nous éclipsions un petit moment et... Je ne vais certainement pas me plaindre, quoi. Oui, c'est bête que nous ne puissions pas faire une attraction tous ensemble, mais... Bon, voilà, ce sont des choses qui arrivent et puis le petit il va pourra avoir Tsuzume et Ryûchi pour lui tout seul, dans ce cas, n'est-ce pas génial ? Aheum. Tandis que nous disparaissons aux yeux des plus âgés, je leur fais un dernier signe de la main avant de suivre mon copain à travers la foule. Heureusement, nous avons quand même assez d'espace pour circuler : rien de comparable aux places bondées de Vanawi, par exemple, et à cette période de l'année, ce n'est pas là non plus où il a le plus de monde. Mais quand même, le parc est très prisé, évidemment, surtout que nous sommes en début de week-end. Par peur de le perdre (et parce que j'en ai envie), je serre un peu plus sa main sans trop forcer et me laisse guider par l'éleveur, un sourire aux lèvres. Pour dire vrai, je ne suis pas mécontent qu'il ait pensé à la même chose que moi. Ses grands-parents sont gentils et tout ça, mais à la base, c'était quand même censé être un rencard ! Enfin... J'imagine que nous en aurons d'autres, mais... C'était spécial.

Il me faut un petit instant toutefois avant de me rappeler de l'attraction devant laquelle il nous a arrêté. J'ai effectivement un sentiment de déjà-vu, mais il est aisé pour moi par la suite de retrouver ce grand-huit dans mes pensées. Le souvenir de notre premier vrai rendez-vous est resté bien gravé dans mon cerveau, il faut dire, malgré tout ce qui s'est passé ce jour-là et la tension qui nous avait parcouru sans qu'aucun n'ose se l'avouer. Plus je me rappelle, plus il y avait définitivement quelque chose qui clochait durant cette promenade, et sans doute que si j'avais fait un peu plus attention, j'aurais deviné ce qui tracassait tant le scientifique alors. Quoiqu'il aurait fallu aussi que je puisse me dire qu'il pouvait avoir des sentiments à mon égard, et ça, c'était un poil plus compliqué. C'est néanmoins en sentant tous les jours la main de mon petit-ami contre la mienne que je suis convaincu que tout ceci en valait la peine. Sa chaleur, qui m'est désormais si familière, je ne l'invente pas, et Arceus sait pourtant comme je peux avoir de puissants fantasmes. Alors revenir devant ce roller coaster, qui semble ne pas avoir énormément changé malgré quelques rénovations, me rend nostalgique et en même temps heureux. Et je crois que c'est pareil pour Natsume. Celui-ci me lance un regard empli de tendresse qui me fait aussitôt fondre, mais que je m'empresse de lui rendre. Il me donne envie de lui faire plein de câlins, mais je dois me retenir dans un lieu publique. Bien que j'ai parfois peu de retenu, je préfère moi-même le cajoler quand nous avons un peu plus d'intimité, mais nous devons faire avec pour le moment. Je considère que lui tenir la main est déjà énorme quand l'adolescent que j'étais autrefois ne se serait jamais permis d'être aussi optimiste au point de croire qu'il pourrait séduire (à sa manière) le hérisson rebelle et réservé que le Miyano était. Et c'est quand je me rends compte qu'il est bien là, à mes côtés, pour avoir conscience un peu plus à chaque fois de la chance que j'ai.

Je ne lui aurais jamais demandé de se souvenir en détails de notre tout premier rencard (comme j'ai dit, ça fait dix ans, alors ça remonte) mais je suis quand même flatté qu'il se souvienne comme moi de certaines choses, en l'occurrence, la couleur des wagons, comme il me le dit. J'avais un doute, mais c'est vrai que je l'ai rassuré quand je voyais qu'il n'était pas très à l'aise. J'avais regretté de l'avoir emmener dans ce circuit, mais puisqu'on était dedans, je devais faire de mon mieux afin qu'il soit plus confortable. Je ne sais pas si ça a marché, mais je crois qu'il est parvenu à penser à autre chose le bref instant où nous étions en hauteur. Ce n'est que plus tard que j'appris qu'il aimait ça, en réalité, les manèges à grande vitesse. Je ne pensais pourtant pas qu'on pouvait allier ça à du vertige, mais... Tant mieux, je suppose. Je peux faire plus d'attractions avec lui ! D'ailleurs, en parlant de vertige, la surprise et le rouge me montent au visage tandis qu'il m'avoue... M'avoir trouvé 'cool'. Embarrassé, je le fixe, stupéfait, conscient que je n'ai pas rêvé ses mots. Flatté, les yeux brillants, je baisse un peu le regard mais ne cache pas mon sourire transi et honoré. Je n'avais aucune idée de ce qu'il pensait de moi à ce moment-là... Mais ça me touche. Non seulement d'avoir cette information, mais en plus qu'il ose m'en parler, même si c'est des années après. En me revoyant, je ne saisis vraiment pas comment on peut me trouver cool, mais... J'imagine que ce serait pareil pour lui si je lui disais que c'était moi qui l'avais trouvé cool. J'avais tellement eu peur aussi qu'il me trouve ennuyant ou... stupide. Je me demandais comment un nerd pourrait s'intéresser à quelqu'un de mon genre. La preuve, comme quoi, que c'est possible, après tout. Mais faut dire que je suis naïf, aussi, et que j'ai toujours pensé que Natsume avait sacrément bien caché son jeu, ce jour-là. Sans doute que pour d'autres c'était évident. Au final, si j'ai réussi par le faire tomber dans mes bras, c'est que celui que j'étais alors n'était peut-être pas si gênant que ça, et que j'en garde une image, comparée à maintenant, qui me paraît bien ridicule.

Pourtant je reste bien naïf encore à présent, puisque j'ai cru qu'il en aurait fini de me faire des compliments. Je ne suis toutefois pas au bout de mes peines, quand il en rajoute une couche juste après. Faut dire que j'avais un peu oublié, pour le coup, cette histoire de coup de poing. Mais maintenant qu'il me le redit, ça me revient brusquement. En effet, de peur, dans le labyrinthe qu'ils avaient pré-installé pour halloween, il avait frappé un des employés sans le faire exprès. Je me mets à glousser, les images me revenant en tête. Son expression mortifiée était drôle à voir, mais je me permets d'en rire aussi parce que le costumier derrière l'apparence de monstre nous a volontiers excusé pour cette incident. N'empêche que nous sommes sortis de cette attraction avec un empressement soudain et que nous n'avons plus trop oser y remettre les pieds. Je croyais en vérité que Natsu était assez peu impressionnable, ou du moins qu'il était difficile de lui faire peur. Par la suite, j'ai finalement compris que j'avais été faussé par les apparences qu'il se donnait, mais peut-être aussi que le fait que je sois là était une distraction suffisante pour que sa méfiance soit baissée, qui sait...
Et s'il est inutile de lui confirmer la réciproque, je me rapproche un peu pour frotter ma tête à son épaule et pour pouvoir mieux m'agripper à lui, voulant lui faire savoir que ses paroles me vont droit au cœur. Sans mentir, cependant, la fuite, je l'aurais bien considéré. Pas après le coup de poing, mais à cause de mon énorme maladresse et des battements effrayants que faisaient mon cœur dans ma poitrine. Je me sentais stressé, rouge d'embarras, et il y avait autour cette peur constante de bégayer, d'être confus dans la conversation, de me rendre ridicule, ou même d'avoir les mains moites et qu'il le remarque. Apparemment, ça ne l'a pas fait disparaître non plus, ceci dit. Parce qu'il aurait beaucoup de raisons de fuir rien qu'en passant un peu de temps avec moi et mes sentiments chaotiques. Mais pour rien au monde je ne voudrais échanger les instants gênants qu'on a eu mais qui nous ont permis aussi de grandir et de développer une relation basée sur la confiance et le respect. Je n'ai pas toujours été le petit-ami idéal qu'il méritait, mais j'ai fini par apprendre de mes erreurs, et je n'ai jamais cessé de faire de mon mieux pour qu'il trouve le bonheur. J'espère seulement qu'il se sent bien, avec moi, même si rien ne m'indique le contraire.

« Cet endroit me rappelle de bonnes choses. »

Il a visé juste, sans surprise. Probablement que c'était devenu évident, quoiqu'il n'y a pas une centaine de parc d'attractions non plus sur Enola et que je pouvais juste avoir envie de m'amuser tout en étant avec lui, mais en l'occurrence... Oui, ça me rappelait de bons souvenirs. De très bons souvenirs. Et j'étais persuadé même à ce moment-là (ou peu de temps après) que nous finirions par en rigoler, un jour. Ce n'était pas facile pour Natsume non plus, de me révéler ses sentiments. Mais il a fait ce que je considérais comme l'impossible, sûrement pour se libérer d'un poids qui lui pesait. Un poids qui devait lui faire mal autant qu'à moi. Et dire que je n'aurais jamais cru que nous puissions être dans la même galère... Une panique que nous partagions, et au final, c'était peut-être... Je ne dirais pas 'bête', mais ce n'est pas impossible que, dans mon cas, j'ai beaucoup exagéré le truc. J'étais tellement paniqué... Je m'en suis voulu d'avoir été si lâche au point de lui avoir laissé la tâche de se dévoiler en premier, mais j'étais tellement soulagé lorsqu'il m'a finalement révéler ce qu'il ressentait...

« Je crois que ça me manquait de ne plus avoir de rencards avec toi. J'ai fini par revenir à une base que je connaissais déjà et dont il était agréable de se souvenir. »

Finalement, des rencards, on n'en a plus eu énormément par la suite, mais ça a commencé à me manquer. Je pouvais abuser de ce genre de choses simples à partir du moment où nous sommes sortis ensemble, mais je ne me permettais pas de trop lui en demander. Il y a eu pas mal de moments où j'ai agi comme un idiot et dont je ne suis pas fier. Je ne sais pas si la personne que je suis devenue est si bonne, mais... Je ne déteste pas ce que je suis maintenant.
Mon regard se porte plus généralement vers les attractions, tout en s'attardant sur celle où il nous a conduit.

« Avant, je ne venais ici que pour m'amuser. Aujourd'hui c'est pareil, mais... Je me suis rendu compte que j'aimais surtout passer du temps avec toi et que ça me suffisait aussi largement, au fond.»

Mes prunelles dorées se reposent sur lui, accompagnant un sourire amoureux et familier depuis dix ans. Mon point de vue a changé dans beaucoup d'endroits depuis qu'il est avec moi. Sa présence me donne naturellement des sensations de bien-être et de confiance. Je me sens plus fort quand je le sais à mes côtés, tout simplement. Il me donne du courage et de la force pour affronter mes journées même les plus dures. Ce n'est pas pour rien que j'ai imité certains de mes collègues au travail et que je me suis autorisé à mettre quelques photos personnelles dans mon bureau. J'aimerais bien un jour... pouvoir le motiver autant qu'il arrive à le faire pour moi. Le rassurer dans un looping était déjà un bon début, mais j'aspire à plus, bien plus.

« Ahem... C'est-C'est vrai que tu me trouvais coo-cool ? »

Parler de looping m'a rappelé la façon dont il me voyait, et je dois dire que ça a de quoi me faire enfler les chevilles. En plus, il a moins tendance à nier qu'avant. Cela lui arrive toujours souvent, mais heureusement, quand nous sommes seuls, il tend à montrer davantage son côté affectueux. Normal, me dira-t-on. Mais j'aurais peut-être voulu qu'il me parle un peu plus de ce qu'il trouvait 'cool' chez moi et s'il a d'autres mots doux à me partager.
Une expression encore un peu gênée sur le visage alors que je lui en demande un peu trop, j'aperçois toutefois un bruit sourd qui attire mon attention. Le manège que nous regardions est en train de s'arrêter, et les wagons reviennent déjà leur point de départ. Ce que je vois surtout également, c'est que la queue n'est vraiment pas très longue et que nous pourrions être les prochains si nous nous dépêchons.

« Oh-oh.... On a le temps de l'essayer, tu crois ? »

Sans attendre, je lui désigne le premier manège que nous avons vraisemblablement fait ensemble, les yeux pétillants d'impatience et d'excitation. Comme un enfant, je sautille presque sur place, tirant un peu sur son bras. Au final, alors qu'un nouveau son annonçant l'ouverture des portes du wagons se fait entendre, je le traîne jusqu'à ces derniers pour le hisser à la dernière place afin de nous réserver des chaises en duo disponibles. Avec chance, nous arrivons à les occuper, le reste étant plein. Bon, j'imagine que j'aurais dû lui demander avant, mais je n'ai presque plus fait gaffe à l'heure et je me disais que si ça se trouve il aurait voulu que nous revenions tout de suite vers ses grands-parents car leur propre attraction en compagnie du petit doit être terminée, ou du moins bientôt. Nous aurions perdu une occasion de faire quelque chose seulement tous les deux et j'aurais trouvé ça dommage ; surtout que je n'ai aucune race et que je considère qu'il me doit bien ça après avoir ramené des squatteurs à notre rendez-vous même si ce n'était pas tellement de sa faute.
Je le remarque d'ailleurs à peine, mais mon cœur bat la chamade et je commence à avoir un peu chaud. Une autre envie subite me prend, mais elle fait écho à tout ce qu'il m'a dit avant. Il faut croire que j'aime un peu trop quand il me fait des compliments et que ça a le don de me rendre tout chose. Alors avant que le contrôleur passe pour vérifier que nous sommes bien installés avec les sécurités autour, je pousse une profonde inspiration. Je me suis promis de tenir en place, mais ça me démange très sérieusement.
Roh, et puis zut ! C'est maintenant ou jamais !
Finalement, j'envoie balader pour cette fois-ci me résolutions. Me tournant vers Natsume, pendant que les appuis-têtes prennent du temps avant de s'abattre sur nous, je place mes mains autour de sa taille et me jette sur lui pour poser mes lèvres sur les siennes. Un baiser que je ne peux pas faire durer très longtemps mais dans lequel je mets un peu de fougue. Je ne m'y attendais pas, mais il est parvenu à me rendre passionné, voire à m'enflammer presque complètement. Si nous n'avions pas des gens qui nous attendaient, je nous aurais ramené à la maison pour le câliner davantage (car même l'embrasser devant tout le monde ça reste pas l'idéal pour moi), mais je crois que ça devra être reporté à une autre fois. Je me détache à regret mais ça devient nécessaire. Reprenant convenablement ma place, je ne me rends compte qu'après que j'ai les joues qui chauffent et que j'aurais peut-être dû également lui demander son consentement pour ça.

« D-Désolé. Je ne fais pas ça d'habitude... Mais tu... »

J'ai l'air essoufflé sans même avoir couru, mais ma cage thoracique, elle, menace toujours d'exploser. Un peu embarrassé, je détourne le regard, mais je mentirais si je disais que j'ai détesté ce bref échange. Une vérité sort de ma bouche, toutefois, différente de mon désir de la remettre sur la sienne.

« Tu es vraiment adorable. »

Bien sûr qu'il n'est pas fan du terme en soit, mais... Avec moi, il est habitué. J'ai la présomption de penser que j'ai droit à quelques privilèges autres que de m'approcher aussi intimement de lui (ce qui est déjà pas mal, parce que c'est un vrai chat, des fois). Mais ce n'est pas ma faute s'il fait fondre et même brûler mon cœur de guimauve qui ne se lasse jamais de lui.

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MessageSujet: Re: Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam   Mer 2 Jan - 0:29


Churros à l'eau de mer

Sortie de troupeau
Je ne prends pas trop de risques en posant une pareille question, j'en ai bien conscience. Peut-être que je le fais en partie pour me gonfler l'ego, en réalité, car j'ai peu de doutes sur la vérité de ma supputation. Cet endroit me ramène à moi aussi de bons souvenirs, même si j'ai toujours un reste de honte en me rappelant de mon comportement d'idiot complet. Dans le fond, malgré ma gêne et mes innombrables gaffes, les agréables sensations que j'avais ressenti, et la manière qu'avait eu ma poitrine de rester chaude tout le long, avaient largement compensé toute forme de léger dérangement.
Je crois que je l'ai cassé, par contre, ou qu'il ne s'y attendait pas. Enfin, je ne pensais pas que quelques petits mots suffiraient à le rendre aussi mou, mais tout compte fait, j'aurais dû m'en douter. Je ne dis pas ça pour lui faire plaisir, pourtant. Je voulais juste... Je ne sais pas, être sincère, je suppose ? « Partager quelque chose », pour reprendre les mots de mes grands-parents il y a peu quant à leur désir de se rapprocher de moi. Cela passe donc par le fait de lui dire ce que tout cela fait remonter chez moi, même si c'est un peu ridicule et qu'à vue de nez, ce n'est rien de très surprenant. C'est assez plaisant, d'être sincère sur ces choses et d'en parler ; pas que je ne le sache pas, hein, je suis juste toujours plus ou moins surpris par l'intensité de l'affection qui me traverse à son propos. Toutefois, si mes mots lui ont plu, je ne vais pas dire que j'en suis mécontent : j'aime bien avoir l'impression d'être capable de le surprendre, des fois, même si c'est majoritairement mon ego qui parle.

J'esquisse un discret sourire attendri en le voyant frotter sa tête contre mon épaule, laissant une de mes mains passer dans ses cheveux dans un réflexe tout naturel. Aussi niais que ce soit, ça comme tout un tas d'autres choses, c'est devenu une partie bien habituelle de ma routine et de mes habitudes. Des bonnes, hein, pas celles que je me force à suivre pour avoir l'impression de vivre une vie à peu bien maîtrisée et aucunement menaçante pour l'équilibre que je m'efforce de construire. En ce sens, Samaël est une partie plus ou moins indispensable de ma vie, à laquelle je me suis habitué sans trop de mal. C'est plaisant, de lui permettre de se sentir bien, et de le laisser faire de même pour ma personne. Comme, bah... Aujourd'hui, pour le coup, bien que notre rencard soit devenu quelque peu bizarre avec la présence de mes grands-parents maternels.
En parlant de ça, voilà qu'il me parle de la raison qui l'a poussé à nous amener ici aujourd'hui. Je ne suis pas si étonné que ça par ce que j'entends, mais cela me touche malgré tout. Oui, d'accord, c'est mièvre, mais, bah... Bizarrement, je m'en fiche un peu, quand ça vient de sa tronche. C'est même ce qui créé cette chaleur intense et douce à la fois dans ma poitrine, me faisant l'observer avec des yeux attentifs mais amourachés en même temps. Je ne me rends même pas compte que je souris très légèrement, répondant au sien qui réveille dans ma poitrine des crépitements et autres fourmillements chaleureux.

… Toutefois, il n'en perd pas pour autant le sens des priorités. Je hausse des sourcils et esquisse une moue blasée devant sa question, retenant à peine un rictus moqueur. Je sais que je ne dis pas souvent de choses du genre, en partie car j'ai un reste de pudeur pénible et parce que... Parce que c'est tout, que voulez-vous que je vous dise, je suis bête. Toujours est-il que je sais bien l'effet que peuvent avoir ce genre de propos sur lui, mais je ne peux pas ne pas être étonné à chaque fois lorsque je le remarque. C'est plutôt drôle, et flatteur pour mon ego, de voir  l'effet que quelques uns de mes mots peuvent lui faire. Assez pour me gonfler d'arrogance et me faire garder ce même air bêtement satisfait, d'ailleurs, mais ça c'est plus ou moins prévisible.

« 'Trouvais', oui. »

Mais bon, je ne vais tout de même pas être trop gentil non plus, il pourrait s'y habituer et après, j'aurais du mal à suivre le rythme. Je me cache toutefois de lui dire que l'admiration naïve que j'avais pour lui il y a de cela presque dix ans a changé, se transformant en une affection moins idéalisée, et plus appréciatrice des petites choses. En vrai, repenser à la manière que j'avais de l'observer du coin de l’œil sans jamais me l'avouer me fait me dire que j'étais vraiment un imbécile complet de ne pas me douter de ce que je ressentais à son égard. Je ne suis plus aussi dense du cerveau, mais des fois, je me surprends moi-même d'avoir conservé des formes semblables de naïveté quant à ce que ma niaiserie peut me faire faire.
… Comme par exemple avancer un peu plus vite que prévu pour aller faire le tour de manège qu'il me propose. Je suis perplexe au début, mais me dis que ça ne me déplaira pas, donc... Je suis juste embêté à l'idée de faire mijoter trop longtemps mes grands-parents, mais en même temps, je me dis que je dois bien ça à mon copain, ne serait-ce que pour quelques instants, vu sa déception d'aujourd'hui. Je le laisse me prendre par la main, ne pouvant retenir un air attendri alors que j'essaie de tenir la cadence qu'il nous donne pour arriver à notre destination. Il est d'ailleurs peut-être un peu trop rapide pour moi, tiens, et je ne me retiens pas de faire un commentaire à ce propos. On peut prendre notre temps, aussi, hein, quitte à faire attendre, je veux dire, enfin...

« Hé, au pire, on prend le prochain, pas la peine de... ! »

Mes mots meurent dans ma gorge quand nous arrivons devant les différents wagons. Visiblement, nous sommes parvenus à notre destination à temps, et si je lui jette un léger regard blasé, je m'installe toutefois bien gentiment à ma place au final. Je ne vais pas me plaindre de pouvoir faire un tour de manège, donc j'attends patiemment, même si, comme d'habitude, mon pied tapote le sol du temps que le circuit démarre.
Je suis toutefois curieux de la manière qu'a mon copain d'avoir l'air perturbé par quelque chose, et le fixe du coin de l’œil, perplexe. Je manque de lui demander ce qui le travaille, mais je n'en ai pas vraiment le temps. Je ne pouvais pas vraiment m'attendre à ce qu'il allait faire, puisque ce n'est pas son genre d'ordinaire, donc j'ouvre des yeux étonnés lorsque ses mains se posent autour de ma taille et qu'il m'embrasse avec une fougue à laquelle je ne m'attendais pas. Si mes réflexes provoquent un temps de réponse plutôt lent et que j'hésite au départ à participer au vu de notre situation qui n'est pas très intimiste, je dois toutefois avouer qu'après plusieurs secondes, je sens quelques frissons plaisants et familiers me traverser, ainsi qu'une chaleur aussi agréable que frustrante bourgeonner dans ma poitrine. Je ne sais pas vraiment ce qui lui prend, mais ça ne me déplaît pas, en oubliant même temporairement le fait que nous ne sommes pas seuls, et que d'ordinaire, j'ai tendance à faire le pudique lorsque nous sommes en public. Par réflexe, l'une de mes mains part se perdre dans ses cheveux, ne serait-ce que pour le rapprocher davantage. Toutefois, cela n'aura aucune incidence, puisqu'il choisit ce moment pour se détacher, me rappelant à la réalité par l'éloignement soudain de sa chaleur.
Un peu trop perturbé pour mon bien, je reste bêtement silencieux, attendant ses explications alors que, par réflexe, mes yeux se perdent quelques secondes de trop à observer ses lèvres que je me permettrais presque de venir saisir à mon tour si il ne me rappelait pas que nous ne sommes pas seuls. Ses excuses me surprennent au début mais je me rappelle vite de pourquoi, et me reprend d'un seul coup, les joues rougissant légèrement lorsque je remarque enfin l'état dans lequel ce très bref et assez superficiel contact l'a mis. Amusé, je retrouve par ce fait plutôt vite mes esprits et esquisse un rictus relativement prétentieux.

Rictus qui disparaît bien vite après son... On va dire « commentaire », car dire « compliment » signifierait que j'apprécie peut-être davantage ses propos que ce que j'aimerais faire croire. J'ai toutefois, bizarrement, bien du mal à répondre, et met quelques secondes à baffouiller une pauvre petite réplique.

« … O-ouais, euh, enfin non. »

Ou quelque chose du genre. Honnêtement, j'aurais pu faire mieux, mais je crois qu'il ne faut pas trop en demander à mon cerveau embrumé non plus, même si c'est la honte.
De toute façon, le manège ne va pas tarder à démarrer, et un raclement de gorge me fait relever la tête, réalisant que le contrôleur n'attendait que nos pommes pour abaisser les barrières et que, bah, l'on a un peu tout retardé. Je ne suis pas vraiment dérangé, et hausse les épaules, peu désolé, avant de m'installer confortablement. Toutefois, je sens bien que quelque chose m'enquiquine toujours, et si j'hésite un peu, car je sens que les wagons commencent très lentement à bouger, mon envie d'être un petit con provocateur prend le dessus. Je laisse mes lèvres venir frôler les siennes, mais toutefois, je n'amorce rien de plus ; et je vous promets que cela me demande un grand self-control que de me tenir, actuellement. Une moue arrogante sur le visage et un rictus taquin au coin du visage, je me permets de pencher vers son oreille, la voix joueuse.

« Je te le rendrai plus tard. »

… Et deux secondes plus tard, voilà que les wagons ont fini de gravir la longue pente qui les mène vers une descente aussi brusque que rapide. Je suis un peu pris par surprise, et même si mes mains s'accrochent avec une telle fermeté à la barre de protection que je crois bien que mes ongles ont arraché un peu de mousse, je me laisse finalement emporter non sans mal dans le flux d'adrénaline qui me saute aux veines. Malgré moi, toutefois, ma main n'a pas pu s'empêcher d'aller chercher la sienne ; et ce n'est pas vraiment par besoin de réconfort.
Une grande exhalation m'échappe alors que nous passons par un looping qui me met la tête en arrière durant quelques instants, et me tire un rire tout aussi nerveux que vraiment amusé. Non, rien à faire, même si une partie de moi est toujours terrifiée par les hauteurs, l'autre partie n'est décidément pas du tout contre le fait d'avoir la tête à l'envers (ce qui me permet de ne pas pleurer par terre étant l'assurance que j'ai de ne pas pouvoir tomber). Pour le reste, je ne crois pas qu'il y ait grand chose à dire hormis que quelques frissons non déplaisants me parcourent lorsque nous amorçons quelques virages plutôt secs et brusques, ou que nous suivons une descente. C'est plus rapide que dans mon souvenir, et j'en viens à me demander si je n'avais pas quelque peu romancé les images que j'en avais gardé dans ma tête. Ou du moins, c'est ce que je me demande une fois que nous arrivons à la fin, et que j'affiche une mine quelque peu étonnée.
Bah, c'est tout ?

Enfin, c'est déjà assez bien comme ça, je suppose. Je sors donc de ma place, et offre ma main à mon copain pour l'aider à faire de même. Je jette un coup d’œil aux alentours, plutôt curieux, et remarque, de loin, que mes grands-parents ainsi qu'Axel ont terminé. Même si je me sens un peu pressé, gêné à l'idée de les retarder, je prends malgré tout le temps de venir jouer avec les doigts de Samaël, un sourire joueur au visage.

« Ce n'était pas aussi bien qu'à mon souvenir, mais l'accompagnant est toujours aussi agréable. »

… Oui, bon, d'accord, je suis peut-être d'une humeur particulièrement cucul la praline et malicieuse, aujourd'hui, mais je crois que c'est mon entrain qui est responsable de cela. Je n'en perds toutefois pas le nord, et incite le plus âgé à me suivre pour que nous retournions à notre point de départ.
Ce n'est pas loin, de toute façon. Vraiment pas loin. Si peu loin, d'ailleurs, que nous nous retrouvons vite devant Tsuzume et Ryûchi. J'ouvre toutefois de grands yeux en remarquant qu'Axel porte dans ses bras une grosse peluche de Ptyranidur, un sourire fier s'étirant jusqu'à ses oreilles. Vu qu'ils se sont mis devant une grosse machine à pinces avec des petites choses semblables, je comprends vite d'où vient l'objet.

« T'as vu ç'que j'ai attrapé ? »

Je hoche distraitement de la tête, me demandant pourquoi diable mes grands-parents ont cru qu'ils étaient obligés de le faire, mais je crois qu'ils ont juste craqué, ce que je ne peux pas ne pas comprendre.

« Ah, euh, c'est bien, Axel. »

J'aurais clairement pu faire mieux, mais ça a l'air de lui suffire, bizarrement. Je ne sais pas trop pourquoi ma poitrine s'échauffe ainsi lorsque je le vois sourire d'un air satisfait, incroyablement heureux de ce bref commentaire de ma part alors que, bah... Ce n'est pas grand chose, quoi. Malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de me retrouver à sourire bêtement au coin, sans forcément penser à la raison de ce sentiment de quasi-fierté. Je n'ai pas l'air de lui avoir manqué des masses, mais je crois que c'est normal, puisqu'il a un peu l'impression d'être le roi du monde maintenant qu'il est au centre des attentions de Ryûchi et de Tsuzume. La voix de cette dernière, par ailleurs, me sort de mes pensées.

« Il a été adorable ! Vous vous êtes bien amusé, au moins ? »

Je hoche presque timidement de la tête, toujours gêné à l'idée de les avoir potentiellement dérangé par notre retard, mais vu l'amusement que j'ai tiré de cette sortie, j'ai du mal à me sentir vraiment coupable. Et de toute façon, personne n'a l'air de nous en tenir rigueur, pas même Axel, dont l'attention s'est déjà portée ailleurs. Je ne remarque ce qu'il fixe qu'au moment où il reprend vivement la parole, surexcité, tendant son doigt vers l'objet de ses désirs.

« Moi j'veux faire la roue ! »

… Oh non.
J'aime les manèges à sensation, certes, mais certainement pas les roues, qui sont trop longues et qui, bah, me donnent largement le temps de me rappeler que j'ai le vertige et que tout de même, ce ne serait pas rigolo des masses que de tomber de cette hauteur. Par réflexe, la main que j'utilise pour tenir celle de mon copain se tend un peu, et je force une expression assurée sur mon visage pour faire comme si tout cela ne me dérangeait aucunement.

« … Pourquoi pas, oui. »

Je vais éviter de montrer que cette idée me met autant en joie que l'idée d'une épilation intégrale du nez à la cire. J'ai envie que tout le monde aille bien, alors je me retiens de poser une objection, et notre chemin nous mène donc sur la roue. La queue n'est pas très longue, heureusement pour nous, et nous pouvons bien vite grimper dans une seule et même voiture. Décidément, j'ai du mal à comprendre pourquoi tout le monde aime ça ; ça ne va même pas vite, en plus... !
Enfin, ce ne sera pas long. Je sens que la machine démarre, et notre petite cabine s'élève lentement vers les hauteurs, à un rythme si long que je me retrouve, accoudé tout au bout d'une petite banquette, à attendre impatiemment que tout cela se finisse. Mal à l'aise, j'ai toutefois bien du mal à ne pas me crisper, ravalant nerveusement ma salive alors que je sens que nous nous éloignons peu à peu de la surface. Axel, pourtant, bouge dans tous le sens, les yeux pleins d'étoiles, et je dois avouer que la vision arrive à me détendre au moins un peu. Ou du moins, que j'arrête de me caler le plus possible contre Samaël en espérant qu'il ne le remarque pas (ou ne dise rien, au choix, ça m'irait très bien aussi).

« Ooooh, on voit tout ! Ils sont tous petits, les gens ! »

C'est bien le problème, oui. Je me retiens toutefois de faire le moindre commentaire, espérant simplement, maintenant que nous devons avoir atteint le milieu de notre second tour, que ce sera bientôt terminé. Je n'aime pas trop être au sommet, alors...
Mais évidemment, c'est à ce moment que la machinerie esquisse un soudain stop. Notre cabine s'arrête soudainement, et nous voilà d'un seul coup bloqué au sommet de la roue, tandis que la musique bien trop répétitive et cucul la praline qui nous accompagnait s'arrête au même moment. Une sensation désagréable me parcoure la poitrine alors que je me rends compte que nous sommes bel et bien coincés en haut du temps que ce petit souci technique soit réparé. Pour le coup, une voix sort même d'un haut-parleur pour nous en prévenir, et je ne peux retenir un geignement exaspéré.

« … Mais c'est pas vrai. »

Je grogne, très agacé. Et moi qui n'aime pas les hauteurs... Je me retrouve malgré moi à observer le sol qui se trouve sous nous, et me tend très vite. Je sens un nœud se former dans ma gorge tandis que mes muscles se crispent, et qu'un sentiment grandissant de nausée me remonte la poitrine. Rien à faire, je n'aime vraiment pas notre situation, et regrette presque d'avoir cédé au vœu d'Axel. Gamin qui, au passage, ne semble pas très dérangé par tout cela, comme mes grands-parents.

« Eh bien, l'on verra mieux le paysage, comme ça ! »

Tsuzume n'a pas l'air choquée pour le moins du monde, et s'installe même plus confortablement, un grand sourire sur son visage alors que Ryûchi lui offre son plus beau visage blasé. Axel semble pourtant partager son enthousiasme, car le voilà qui reprend la parole d'un air curieux, gardant des yeux grands ouverts vers l'extérieur, quasi émerveillé.

« Hé, papa, elle va pas tomber la roue, hein ? »

Non, non, Axel. C'est juste très pénible, et potentiellement très chiant. Je hoche négativement de la tête, offrant une mine désolée à mes accompagnateurs. B-bon, bah... Au pire, ça fera de la discussion, on va dire.


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ft. La smala

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Churros à l'eau de mer {PV Sam-Sam

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