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 La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.

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Lionel Roque-Lartigue
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MessageSujet: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Mer 21 Nov - 11:33


La-haut sur la

montagne...

y'avait des déchets.
Avec Roxanne Nowak
Ah ! J’ai promis à Sirius que je serais plus efficace et présent sur le terrain, alors, aujourd’hui je vais m’en donner à cœur joie pour faire mon devoir !

Et il voudra certainement qu’on l’applaudisse pour avoir rempli des sacs poubelle. Lionel admira le panorama de la vallée de Baguin qui s’étendait à ses pieds, perché sur une crête, en haut d’un chemin montagneux. Il soupira tel un poète romantique et se retourna, ajustant son uniforme bleu qu’il avait bien repassé pour l’occasion de cette sortie. La nature de la mission ne l’inquiétait pas du moins du monde, même s’il parait que certains membres de la milice ne sont pas spécialement enclins à collaborer avec les Ranger et Elixir sur le terrain. Si on avait proposé à Lionel cette sortie sur le terrain, c’est car il ne risque pas de compromettre les relations d’Elixir et de la Compétition, tant il est décidé à être pote avec tout le monde et pour le coup on ne peut lui reprocher d’être franchement mauvais question diplomatie. Lionel n’est pas le genre à dire n’importe quoi (dans le sens où il ne lui viendrait pas à l’esprit de dire tout  ce qu’il pense au risque de froisser les gens ce qu’il ne veut pas dire qu’il ne dit jamais de grosses conneries), donc, le mettre avec les Rangers aujourd’hui ne devrait pas causer d’incident majeur. Par ailleurs, ça épargnait à l’administrations et aux collègues miliciens de supporter Zingaro qui les ennuie avec ses « ouiii je vais aller sur le terrain souhaitez moi bonne chance les amis » depuis une semaine. Bien entendu, les quelques milicien.ne.s et rangers présent.e.s devront se coltiner le maître coordinateur empoté qui préfère bavarder plutôt que nettoyer le coin des déchets qui trainent, parce que c’est là leur mission. Oh, il suffit de convaincre Lionel qu’il fait un geste héroïque pour la planète et le voila qui va ramasser autant de déchets que vous voudrez (non sans se plaindre et vous tenir la jambe tout du long, cependant).

Maintenant qu’il venait de passer environ 10 minutes à admirer la vue en guise de pause et prendre quelques photos du panorama pour les poster sur internet plus tard (car, ouin, il n’y a pas de réseau ici), Lionel s’en retourna à la recherche de déchets dans sa pimpante tenue traditionnelle de Milicien (qui est tout à fait sobre et fonctionnelle, car même si ça aurait beaucoup plus à Lionel, l’inverse n’aurait pas franchement été utile). Comme il venait de trouver une canette en alu et que c’était la première canette qui lui tombait sous la main, il n’était plus exactement certain dans quel sac (le bleu ou le rouge) il devait la jeter. Après un très (trop) long « hmmmmm » pensif en tentant de se remémorer les consignes du matin (qui lui avait un peu traversé un conduit auditif pour ressortir par l’autre car il était en train de fixer un arbre qui avait pour reprendre sa pensée "la forme d'une cupcake à l'orange et c'est bon les cupcakes à l'orange"), Lionel se ravisa et se dit qu’il valait peut-être mieux demander son avis à un.e profesionnel.le, plus exactement un.e Ranger, car après tout, c’est eux les connaisseurs de l'environnement. De plus, il s’ennuyait de n’avoir pas causé dans le vide depuis plus d’un quart d’heure alors qu’il y a des gens présents, et qu’i pourrait sauter sur l’occasion pour se faire des amis chez les Rangers, ce qui ne nuirait pas aux affaires de la compétition (en vrai, ils s’en fichent bien d’avec qui Lionel est copain, Ranger ou non).

« Madame, madaaaame ! »


S’exclama-t-il en direction de la Ranger qui semblait la plus gradée, s’il se fit au fait qu’elle avait briefé ses collègues et qu’elle les avait répartis par la suite avant que leur mission ne commence. Lionel l’avait d’ailleurs imitée à la lettre avec les miliciens pour être sûr de ne pas trop se tuer à l’ouvrage (pauvre petit). Une fois qu’il se dit qu’il avait l’attention de la dame aux cheveux violets, Lionel se tint droit avec un grand sourire candide (mais franchement irritant), sa canette dans la main.

« Navré de vous importuner au milieu de votre travail, mais j’ai besoin de l’avis d’une professionnelle ! Et comme vous êtes Chef ranger, je me disais que vous seriez vraiment la mieux placée pour m’aider ! »

Avec une telle entrée en matière à base de cirage de pompe gênant, on pourrait croire que Lionel a quelque chose de très important à demander, mais en fait, pas du tout.

« Dites-moi, la canettes, c’est dans le sac rouge ou le sac bleu, déjà… ? Grand nigaud que je suis, j’ai déjà oubli… euh, je veux dire que je ne suis plus complètement sûr, hahaha ! »

Et il compléta son discours irritant par un rire mondain (censé faire oublier le fait qu'il n'avait pas été bien attentif au briefing) totalement inapproprié lorsqu’il a des sacs poubelle et une canette de soda vide probablement infestée de fourmis en train de déguster un bon apéro. Tandis qu’il baillait aux corneilles, Aegis, sa Ekaizer, et Valgrin, son Ossatueur, le rejoinrent, les bras chargés de quelques déchets qu’ils s’empressèrent de trier. Comme quoi, n’importe qui aurait bien compris la consigne.

« Oh, merci, bravo Gigis et Val ! »


Il tapota affectueusement la tête de sa dragonne et de son bipède noir qui mettaient du cœur à l’ouvrage (pas que lui n’en mettait pas mais il était bien trop distrait par le moindre joli caillou sur la route pour être efficace), puis se tourna vers la Ranger de grande taille, toujours tout sourire.

« Alors, vous êtes la Chef Ranger de cette région, c’est bien ça ? C’est une bonne position, chef Ranger… ? »
Pas la peine d’en douter Lionel, mêles toi de tes fesses car c’est pas franchement décent. « Je crois pas qu’on se soit présentés en bonne et dûe forme, je suis Zingaro, le maître coordinateur et co-chef de la milice, mais vous pouvez juste m’apeller Lionel, tout le monde m’apelle Lionel ! »

Il lui tendit une main pour échanger quelques saluts formels, sans quitter son air de gamin bienheureux qui n’a pas vraiment l’air de se figurer où il se trouve.

Mais enfin, ça va, on est pas sur un champ de bataille, alors, on peut être bons amis, non ?
Montagnes du nord - Novembre 2023

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Roxanne Novak
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MessageSujet: Re: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Sam 8 Déc - 3:11

PostRPRoro

Là haut sur la montagne, y'avait des déchets

Novembre 2023
Roxanne n'est pas vraiment fan de l'idée de collaborer avec la Compétition, même pour les choses les plus sommaires.
Elle l'est encore moins pour nettoyer les montagnes. De base, ce n'est pas vraiment une mission inhabituelle, mais pour une raison qu'elle ignorait, ses supérieurs avaient visiblement décidé que ce serait l'occasion de « souder les deux groupes », ou disons plutôt, un moyen de panser des plaies médiatiques et faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Typiquement le genre de scénario, donc, qui ne peut qu'agacer Roxanne.
Elle avait pourtant obéi bien docilement, dans les faits. Ce n'était pas son genre d'aller contre les prérogatives d'en haut, après tout ; toutefois, elle se gênerait pas pour noter quelques petites remarques passives-agressives durant son rapport, c'était promis ! Il fallait toutefois qu'elle y mette toute la bonne volonté du monde, en retenant si possible ses grognements. Une tâche qui risquait toutefois de s'avérer compliqué, surtout lorsqu'elle avait appris qu'elle allait devoir collaborer avec pignouf n°1 à ex-æquo avec l'autre pignouf n°2 à la tête de la Ligue. Non, vraiment, déjà, Roxanne ne comprend pas pourquoi diable ils lui ont collé une pale copie de l'adjudant Gerber sur le dos. Il n'avait pas autre chose à faire, tiens, comme manquer de charisme et briller par son inutilité ?

Oui, autant dire qu'elle n'est pas d'excellente humeur, et, qu'occasionnellement, il arrive à ses mains de se contracter autour des objets qui lui passent par la main lorsque la voix de son compagnon d'infortune du jour lui arrive aux yeux. Elle avait bien pris soin, pourtant, de se concentrer avant tout sur les membres d'Elixir et ses subordonnés, dans l'espoir qu'il comprenne le message et concède que tout le monde serait tout de même bien mieux de son côté (et encore mieux si Elixir disposait des deux tout seul, d'ailleurs). Mais non, rien à faire. Olbéric, franchement peu embêté par les petits dérangements de sa dresseuse, émit un ricanement rauque lorsqu'il remarqua les traits de cette dernière se crisper à l'entente des paroles de son interlocuteur. Oui, c'était plutôt drôle pour lui de la voir enfin importunée quand elle avait passé son temps à pester sur tout le chemin de l'aller ; oubliant même, pour une fois, de s'extasier sur le petit Nidoran, Léon, qu'elle avait ramené avec elle.

Elle s'immobilisa dans ses actions, se relevant et tournant tout juste la tête (juste assez pour que ce soit juste pas assez insultant pour pouvoir être relevé oralement), considérant son interlocuteur d'un air vastement indifférent. Vastement indifférent, et peut-être un tout petit peu curieuse, puisqu'elle ne savait pas ce qu'il voulait d'elle, à l'heure actuelle.
… Eh bien, ils passent leur temps à se rappeler le grade ainsi, à la Compétition... ? Ça ne me surprendrait pas, tiens.
Peut-être qu'elle cherchait toutes les occasions pour être désagréable et pénible, aussi, mais c'était probablement juste une vilaine invention, n'est-ce pas ?

Enfin. Le souci était assez quelconque, voir même plus ou moins anecdotique. Pendant que Léon ramassait ce qu'il pouvait en accumulant les déchets de plastique sur sa corne et qu'Olbéric se chargeait de jeter à grandes poignées les différentes choses qu'il pouvait trouver, Roxanne considérait avec une certaine déconnexion les propos de son interlocuteur.
Il parle trop vite. Pourquoi est-ce qu'il parle trop... ?
Elle avait du mal à suivre, probablement autant par manque de bonne volonté que par nature.Désintéressée et la tête en l'air, elle manqua d'oublier la conversation alors qu'elle n'avait pas bougé d'un pouce. Son regard, pendant plusieurs secondes, s'était détourné sur l'Ossatueur et l'Ekaizer, autrement plus intéressants à ses yeux. Ce fut toutefois le rire particulièrement irritant du Maître Coordinateur (elle n'avait pas pu se retenir de grincer des dents) qui la ramena plus ou moins à la réalité.

Au moins, les pokémon savaient plus ou moins ce qu'ils faisaient, de leur côté. Quelque peu blasée, Roxanne retint de peu une oeillade mesquine, forçant un sourire avenant alors que l'envie de critiquer pour le simple principe de critiquer était décidemment très tentante. Se faisant violence, elle prit la parole d'une voix particulièrement doucereuse et faussement avenante.

« Oh, mais pas la peine de s'inquiéter, il y a des panneaux tout autour de nous, vous pouvez les lire ! »

Ce qui équivalait plus ou moins à le traiter comme un enfant et ce qui était aussi assez méprisant, oui. Pour Roxanne, c'était une maigre compensation quant au « fait d'avoir à supporter un pareil emporté ». Là encore, toutes les excuses auraient été bonnes.
Voilà pourtant qu'arrivait tout le cinéma de présentation, en bonus avec le classique « mettons nos métiers sur la table pour avoir une idée du rang de l'autre dans la société ». La ranger ne put s'empêcher de se crisper face à sa question, toujours profondément mal à l'aise avec les gens qui portaient intérêt à ces sujets ; pour des raisons plus ou moins évidentes, il y avait quelque chose qui la gênait avec l'idée de rapporter en permanence quelqu'un à son métier. Mais c'était bien, aussi, quelque part, se disait-elle en pesant le pour et le contre, si elle pouvait garder ça la plus impersonnel possible. Autant rentrer dans son jeu, donc, même si cela la démangeait fortement. Toutefois, de là à lui serrer la main...

Dévisageant la main qui lui était tendue, elle se dit au départ qu'elle n'allait pas la serrer, car, se comportant comme une gamine de treize ans en crise, elle imaginait probablement que ce serait une sorte de défiance à peu près acceptable et wah, trop extrême tout ça, sauf que non. Une espèce de honte naturelle, comme un instinct de défense face à un comportement qui aurait été très ridicule, lui fit obtempérer. Ou du moins, à sa façon, puisque lorsque sa main gantée vint à la rencontre de celle de Zingaro, ce ne fut pas sans force ; oui, oui, elle était véritablement en train de contracter sa main fortement, juste assez pour que ce soit désagréable, mais pas assez pour qu'il soit socialement acceptable de s'éloigner brusquement. Rien de bien malin ou bienveillant, en tous cas.

« Oh, mais enchantée. Roxanne Novak, Chef Ranger du Nord, heureuse de voir que la Milice peut enfin collaborer avec nous. »

Elle sourit, l'expression douce. Qu'il voit la pique ou pas, ou qu'il la relève, cela lui importe peu : c'est avant tout une satisfaction égoïste, même si elle le nie. En éloignant sa main, elle jeta un coup d'oeil aux alentours, et à leurs subordonnés qui paraissaient franchement perdus voir un peu inquiets. Ne voyant absolument pas comment les choses pourraient mal tourner tant qu'elle était là (qu'est-ce que l'ego aidait, hein ?), elle redressa donc ses épaules, décidée à prendre la parole. Toutefois, un petit détail se rappela douloureusement à elle.
... Ah, oui, je dois le prendre en compte.
Roxanne n'aime pas vraiment cette idée, mais elle y est obligée, dans les faits. En gardant cette même expression avenante, elle reprit donc la parole en prenant bien soin de montrer qu'elle n'était pas en train d'ignorer le Maître Coordinateur, bien que l'envie soit là. Et plus loin, Olbéric pouffe mesquinement, très appréciateur de ce moment.

« Nous allons nous diriger vers le chemin de promenade traditionnel, puis nous allons passer par la rivière. Avec un filtre, normalement, il sera possible d'en sortir le plastique qui s'y trouve. »

Un classique. Rien de bien compliqué, donc ; tellement peu compliqué que plusieurs rangers s'étaient déjà mis à marcher en cette direction. Elle n'attendit pas la réponse, manquant clairement de politesse autant que de décence. Le ruisseau n'était pas loin, de toute façon, alors même si elle était un peu en train de snober son « collègue » par ses pas, ce ne serait pas pour longtemps. Déjà, des rangers moins gradés étaient, un peu plus loin, en train de disposer des filets qu'ils tenaient de part en part, prenant bien le temps de les remonter pour faire venir à la surface jusqu'aux plus petits objets. Et, évidemment, relâcher les quelques menus fretins qui s'y perdaient et gigotaient d'un air paniqué lorsqu'ils arrivaient à l'air libre.
Roxanne, peu gênée par le fait de se salir les mains, esquissa un sourire en tendant l'une part du filet qu'elle tiendrait d'un côté. Après tout, si il était de si bonne volonté, Monsieur ne viendrait pas se plaindre de mette ses pieds dans la boue, n'est-ce pas ? Mielleuse, elle se permet même une mine innocente.

« … Vous y arriverez seuls ? Je peux comprendre que ce soit dur ! »

Et elle en a probablement beaucoup d'autres comme celles-ci, malheureusement.

ft. Lionel Roque-Lartigue

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MessageSujet: Re: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Sam 15 Déc - 1:57


La-haut sur la

montagne...

y'avait des déchets.
Avec Roxanne Nowak
Lionel regarda autour de lui comme lui avait proposé la cheffe Ranger. Effectivement, les panneaux étaient assez clairs quant à cette histoire de sacs bleus et de sacs rouges et pour le coup il se sentait véritablement comme un gros nigaud (mais s’il avait mieux écouté quelques heures avant, on n’en serait pas là). Avec un sourire candide et un autre de ses rires très peu naturels (non parce que Lionel ne ricane pas comme ça au naturel, hein.. au naturel, son rire ressemble à un cri de dindon qui fait des vocalises et qui manque d’air), le coordinateur hocha la tête et décida de ne pas en rajouter. Dieu merci, on a évité d’entendre la scène de « oh oui je sais, vous savez, je fais aussi le tri chez moi, c’était juste pour être sûr ! » car môssieur aurait voulu avoir l’air un peu malin.  

Pour ce qui suivit, en revanche, Lionel ne put pas vraiment se cacher derrière son raisonnement habituel de « oh mais non je suis tellement sympa et sociable et drôle avec les gens qu’il n’y a pas de raison qu’on ne m’aime pas » et se dire que son comportement lisse et faux passait dans toutes les situations. Enfin, c’est quelque chose qu’il avait déjà pu remarquer, mais à chaque fois, il renvoyait ces situations gênantes et frustrantes (pour lui, parce que clairement, on va pas le plaindre de se comporter comme une grande pintade imbue d’elle-même et d’en récolter parfois du mépris) au fin fond de son esprit… Ce qui fait qu’il n’apprenait jamais de ce genre de situations et n’essayait pas de s’arranger. Enfin, s’il n’avait pas remarqué le côté mesquin et faux du sourire de sa vis-à-vis, il lui fallu conserver un sourire fixe (et un peuplus crispé) quand il sentit la main de la jeune femme serrer la sienne un peu trop fort pour que cela ne soit pas un avertissement de type « je ne suis pas franchement ravie de vous voir ni de subir votre présence mais il le faut bien »… Inutile de dire que cela brisa un petit peu les rêves de frienship is magic de Lionel, réalisant, de par sa connaissance de ce genre de « codes » sociaux qu’il n’était pas spécialement… apprécié par la Ranger.

Oh, non, elle me déteste !


Comprit-il et le pauvre petit chouchou bijou Grodoudou en eut le cœur brisé (cliques sur « j’aime » si tu es triste, un clic = une prière)… Enfin, pas vraiment, il était juste un peu froissé, enfin, autant que peut l’être un gamin qui vient de s’entendre dire : « j’ai pas envie d’être ton amie, na ! ». En revanche, Lionel ne saisit pas du tout l’ironie dans les paroles de la Nowak et se dit que, tout de même si elle disait qu’elle était contente que lui et ses Miliciens sont là… Alors qu’elle ne doit pas le détester tant que ça !

« Oh, bien sûr, on est très contents d’être ici avec les Rangers aussi ! C’est bien normal, vous savez, moi, je pense vraiment qu’on ne devrait pas se battre entre nous… Enfin, vous voyez, il suffit de se parler pour voir qu’Elixir et le Compétition peuvent paisiblement se rassembler ! »

Oh bah ça, c’est profond comme discours. Bientôt le Milicien dira que la paix c’est mieux que la guerre et que c’est pas gentil d’être méchant. On est sur un niveau de discussion extrêmement politisé, là. C’est qu’il croyait vraiment ce qu’il disait, en plus, c’est tellement creux et niais qu’il serait légitime pour Roxane de croire qu’il se moquait d’elle. La pauvre cheffe Ranger n’arriverait pas à se débarrasser du Maitre coordinateur en essayant de le froisser avec des sarcasmes, malheureusement. Cela risquait même de provoquer l’effet inverse avec Lionel. Selon les dires de la Ranger, ils allaient bientôt atteindre une rivière dans laquelle il faudrait récupérer des déchets. Comme, bien entendu, cette andouille de gosse de riche n’avait jamais fait ça, il esquissa un rictus curieux et joueur et se mit à trottiner.

« Ça a l’air très amusant ! »

Le Roque-Lartigue ne fit pas attention car son regard fut attiré par ses Pokémon, encore occupés à ramasser des déchets qu’il avait pu rater sur sa route, pendant qu’il jacassait. Le coordinateur leur tendit ses sacs et vit que ces derniers commençaient à bien se remplir… Le pire, c’est qu’il en était très fier, et il fallait absolument qu’il en fasse part à quelqu’un. Parce qu’apparemment, il faut l’applaudir parce qu’il a fait son travail (et encore, ses alliés sont bien plus efficaces). Fort heureusement, d’autres consignes furent données et il en oublia sa séquence « regardez je suis super hein, hein, je fais mon travail aimez-moi et dites-moi que je suis un être tellement généreux » (sinon, Lionel dira n’avoir aucun problème de reconnaissance ni de complexes de supériorité, tout va bien, c’est évident). Il fit passer les consignes aux Milicien avec un discours creux digne de Dora l’Exploratrice type « let’s go les amis ».

Lionel récupéra les filtres dont avait parlé Roxane et commença à s’activer avec ses Pokémon, tout d’abord observateurs et calmes, n’étant pas disposés à mettre le moindre désordre dans les Rangers et les Miliciens occupés à s’activer. C’est en le regardant faire que la cheffe Ranger s’adressa de nouveau à Lionel. Il devenait assez évident qu’elle était ironique et se moquait bien (et avec raison) du coordinateur en train de galérer avec son filtre, comme il évitait dans un premier temps de s’enfoncer dans la boue et était donc penché vers l’avant avec les fesses en arrière… ça allait encore faire des jolis montages sur internet si un petit malin prenait des photos (et ça ferait dire des « oh mais oh mais qu’est-ce que c’est mais roooh VRAIMENT MAIS OHLALA BAH SUPER » à Lionel sur le coup). Une fois de plus, le Milicien ne répondit que par un sourire candide sans que la pique sarcastique ne l’atteigne. Pire, il pensait qu’on se préoccupait sincèrement de son sort.

« C’est très gentil de vous inquiéter pour nous, mais on s’en sortira ! Regardez tout ce qu’on a déjà récupéré. »

Il montra les trois pauvres bouts de bouteille en plastique qu’il avait déjà trouvé (waaaah) puis continua son travail avec une certain application, d’assez bonne volonté pour le moment… car il n’est pas encore lassé (et ça ne saurait tarder, comme plus tôt avec les canettes et autres déchets à trier, au bout de 30 minutes, il s’était mis à buller en regardant le paysage). En s’activant, il se rapprocha par la même occasion de la cheffe Ranger, qu’il croyait tout d’un coup plus amicale avec lui.

« Vous savez ça me rappelle la pêche au filet ! Enfin, avec plus de boue, haha ! Vous avez déjà fait ça, vous ? Avec la colonie de vacances, quand j’étais petit, avait pris un gros bateau de pêcheur et on avait jeté les filets et j’avais même remonté un très joli Ecayon ! Bon, je ne crois pas qu’il y ait des Ecayon dans cette rivière mais ce serait drôle que des Barloche nous viennent en aide… »

Faut arrêter de regarder Ponyo, Lionel, même si tu es tous les matins en train de barboter et nager dans la mer, tu n’es pas une princesse sirène, tu es plutôt un thon assez ridicule mais, ça, c’est un autre débat.

« Vous avez déjà pêché au filet, vous ? Enfin j’y pensais parce que ça arrive de remonter des déchets aussi… Vous vous rendez compte, quand même, ce que les gens jettent dans la mer ?! »


Oui, c’est bien pour ça qu’ils sont en train de ramasser des ordures en ce moment-même, et c’était aussi un point du briefing mais… bref, on ne va pas revenir à ça, ça devient répétitif. A force de baratiner des histoires tout à fait dénuées d’un réel intérêt, Lionel en venait à tout de même s’intéresser à la cheffe Ranger, mais, en se concentrant sur ses mots, il était moins concentré sur ses pieds. Puis, soudain, il manqua de dégringoler en avant mais se réceptionna d’un pas en avant, marchant enfin dans la boue et le courant du ruisseau. C’est à cet instant que la grosse tête d’un gros Barbicha sortit de l’eau boueuse, visiblement de mauvaise humeur, happa le pied du coordinateur qui n’eut même pas le temps de dire « bonjour ! » dans sa grande bouche et lui tira dessus en replongeant dans l’eau, l’emportant au passage vers le lit de la rivière… Vers les endroits où l’eau transparente était un peu plus profonde. Avec des « Oh, ah… aaaaaaaaaah ! » plus naturels que tout ce qu’il avait pu dire jusqu’à maintenant, Lionel fut entrainé sur quelques mètres, jusqu’au bord d’un rocher, sur lequel, en essayant de se redresser, il glissa, et valsa la tête la première dans l’eau, émettant un magnifique « plaf » digne des meilleurs moments du Maxi Best-Of de Vidéo Gag. Pour ce qui est de son filet, il était heureusement resté sur la berge, entre les mains de ses Pokémon, qui regardaient l’eau avec un air soucieux (enfin, Valgrin restait de marbre et l’air confiant, mais se retenait quand même un peu d’exploser de rire, car il ne voulait pas faire mauvaise impression auprès d’Aegis).

Après quelques secondes, Lionel sorti la tête de l’eau et rejoignit la berge, bénissant au passage sa présence d’esprit d’avoir gardé son casque, sinon, sa perruque aurait certainement valsé avec le courant.

Mais il faudra vraiment que je trouve un endroit calme pour la remettre bien sans que personne ne me voie… Oh non…

Pensa-t-il, tout en souriant de nouveau comme un idiot, vidant l’eau qui avait rempli ses bottes et en s’efforçant de ne pas être franchement angoissé par la tête que pouvait lui donner sa perruque un peu décalée par son « plongeon ». Son Ossatueur avait de plus en plus de mal à se retenir d’éclater de rire.

« Eh ben, j’ai fait un sacré vol plané ! »
On espère que ça a été filmé pour que le net en profite, oui. « Tout va bien, vous avez devant vous un de plus grands barbotteurs d’Enola, hahaha ! En tout cas, l’eau est un peu fraiche mais vraiment bonne ! »

Au moins il ne perdait pas le nord, mais il rouspéta quand même sur le fait qu’il était totalement trempé en retirant sa veste.

« Oh, euh, dites-moi, Roxanne, vous auriez une serviette ou quelque chose comme ça ? Je vous avoue que le fond de l’air est frais… »

Frileux qu’il est et avec l’air un peu raffraichi des montagnes en fin d’automne, Lionel ne tarderait pas à avoir un peu froid… Mais enfin, il ne devrait pas s’attendre à ce qu’on lui fasse un feu pour qu’il se réchauffe comme mémé à côté du poêle. Même si au fond, il serait quand même un peu content qu’on s’occupe de lui, cet abruti.
Montagnes du nord - Novembre 2023

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Roxanne Novak
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MessageSujet: Re: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Dim 6 Jan - 21:56

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Là haut sur la montagne, y'avait des déchets

Novembre 2023
On s'amuse comme on peut, et en l'occurence, dans le cas de Roxanne en ce moment présent, on ne s'amuse pas vraiment des masses. On compense juste, et c'est un peu triste, quand on y pense plus de cinq minutes top chrono. Roxanne n'ayant évidemment pas assez de recul pour arriver à un constat aussi banal que tristement simple, nous n'aurons toutefois pas à nous embêter de savoir si oui ou non elle a conscience, pour à la place remarquer que en se moquant ainsi du milicien, elle espérait peut-être tirer un plaisir quelconque du fait de le voir se décomposer. Il n'en serait rien, malheureusement pour elle et son ego. En premier lieu, d'abord, car ce dernier ne semblait absolument pas comprendre les piques de la cheffe ranger, et qu'en plus, il paraissait les prendre pour des compliments. Si elle avait été plus mesquine, Roxanne aurait pu trouver une espèce de plaisir malsain à continuer de se moquer, mais non, rien à faire. L'envie n'était pas là, et elle se contenta donc d'afficher l'expression la plus morne et la plus plate du monde face aux remerciements de son interlocuteur. Tout au plus prit-elle la parole avec la même conviction qu'un macchabée lorsque ce dernier se mit à exhiber fièrement ses trophées, l'expression entièrement neutre.

« Ah, c'est bien, ça... Trois morceaux... »

Elle n'avait pas la foi d'en rajouter, estimant que ses propos étaient assez explicites comme ça. Toutefois, elle n'avait visiblement pas compris que ce n'était absolument pas le cas, puisque le milicien se rapprocha, l'air tout particulièrement fier de lui et décidé à lui faire l'exhibition de toute sa vie. Perplexe, Roxanne cligna bêtement des yeux, l'expression d'un poisson lent à la réaction sur son visage. Se contentant d'entendre ce qui était dit sans vraiment bouger car cela aurait demandé d'analyser la situation et cela lui était franchement difficille, elle hocha de la tête de temps en temps, se disant que cela suffirait sûrement. Non, mais elle faisait la même chose avec sa mère, avec ses amis, parfois, avec son ex fut un temps, et... Et avec n'importe quelle situation qu'elle ne sait pas gérer et qu'elle voit comme potentiellement embêtante. Parce que ça marche toujours, l'évitement. Et puisque ça marche, pas le moindre besoin changer de moyen de gestion.

… Sauf qu'il fallait répondre, au bout d'un moment. Et répondre, cela voudrait dire « avoir compris ce que la personne en face a dit », ce qui n'est pas forcément toujours le cas, et pas spécialement maintenant. Un peu perdue, Roxanne s'essaya à un faux sourire assuré, souhaitant faire comme si de rien n'était.

« Euh, eh bien oui, j'ai déjà mangé du filet, mais jamais en mer. »

… Ou quelque chose du genre. Il avait parlé de ça, non ? Probablement, parce que sinon, cela voudrait dire qu'elle avait parlé dans le vide et illustré avec beauté sa totale absence d'attention, ce qui ne serait pas foncièrement pratique pour la suite des événements.
Enfin, de toute façon, ce ne serait pas important, puisque, par une chance assez étonnante, ou alors par le simple fait de la maladresse démesurée du plus âgé, ce dernier se retrouva visé par le courroux d'un Barbicha, qui, aussi mignon qu'il était, ne semblait pas particulièrement appréciateur de leur présence en ces lieux. Dans une série d'évenements qui se produisirent sans que Roxanne ne puisse agir ou ait envie de le faire, pour être parfaitement sincère, le Maître coordinateur tomba à l'eau, dérivant assez rapidement dans l'eau peu profonde, se retrouvant donc complètement trempé et... Et parfaitement ridicule, oui, tirant un rictus amusé et quelques gloussements de la bouche de la cheffe ranger.

Rictus amusé qui disparut lorsqu'elle vit que l'autre s'était encore retrouvé à lui parler de ses talents et de lui, avec une touche de soi-même, et un peu de son ego, aussi. Et l'eau. Ou en tous cas, c'était ce que Roxanne en entendait, et ce qu'elle voulait bien en comprendre. D'un ton plat et morgne, elle reprit la parole avec une certaine lenteur, ne voyant même plus l'usage d'y mettre du sarcasme.

« Oh, vous me rassurez, je le saurais pour l'occasion où je voudrais aller me baigner dans une rivière pareille. »

Sauf que bon, il allait falloir sécher le Barbicha, ce qui n'était pas franchement au programme ni dans son contrat, de souvenir. Franchement blasée, elle réussit malgré tout à garder son air amical sur le visage. Ce ne fut pas sans peine, d'ailleurs, car dans son coin, Olbéric ne pouvait retenir des gloussements moqueurs, une patte sur son visage pour masquer ses pouffement mesquins. Sachant qu'il n'allait certainement pas recevoir de commentaires agacés de sa dresseuse, d'ailleurs, il s'en donnait à cœur joie.
Bientôt, je vais devoir faire sa manucure. Et même si je suis très douée pour les faire, là n'est pas le sujet, non mais !
Toutefois, elle avait la petite impression qu'elle n'aurait pas la paix tant que monsieur n'aurait pas ce qu'il voulait. S'évertuant de penser à toute sa passion pour son métier qui la motivait à se réveiller tous les jours et à dédier son énergie pour Elixir, Roxanne grimaça, cherchant malgré tout à avoir l'air polie, car c'était tout de même l'image de son entreprise qu'elle engageait avec sa propre personne.

« Eh bien, non, mais je suppose que l'on peut trouver une... Oh, Olbéric... ? »

Cela eut le don de faire taire les piaffements mesquins du Félinferno, au moins, puisque ce dernier parut se décomposer en comprenant ce qu'il allait devoir faire. Une grimace dégoûtée s'étirant sur son visage, il poussa un léger grognement de déplaisir, avant de soupirer et de s'approcher du coordinateur, ouvrant ses bras avec un air embêté sur le visage. Roxanne, quant à elle, avait un peu de mal à s'empêcher de glousser, un rictus au coin des lèvres.

« Il vous séchera très vite. »

Elle le savait bien pour l'avoir testé à plusieurs reprises, après tout. Et puis, ce n'était pas vraiment sa priorité, en vérité, et c'est bien pour cela qu'elle s'empressa de chercher autre chose à faire, qui soit de préférence tout autre que leur activité actuelle. Le bruit de feuilles écrasées la tira toutefois de sa contemplation silencieuse des environs, bien qu'elle ne bougea pas non plus énormément ; il était tout à fait possible que ce ne soit rien d'autre qu'un pokémon des environs, après tout. Ils étaient bien dans leur domaine, actuellement.
Toutefois, ce n'était nullement le cas. En plissant les sourcils, elle finit par arriver à mettre des mots sur ce qu'elle apercevait au loin, et qui ne les avait pas encore repéré. Si le début d'une expression de mépris se dessine sur son visage, un rictus désabusé vient arquer le bout de ses lèvres en une expression fort peu aimable, mais qui s'empêchait tout de même d'apparaître trop belligérante. Roxanne ne se retint néanmoins pas de laisser une trace de venin parcourir sa voix.

« Oh, regardez qui voilà... »

Elle en avait vu d'autres, alors à force, il lui suffisait d'un coup d'oeil pour les voir, d'autant plus qu'au vu des instruments qu'il trimbalait, il n'y avait pas trop de doutes à avoir sur leurs activités. Activités dont, clairement, elle n'était pas une grande adoratrice, et qui lui tirait toujours une humeur plus mauvaise qu'elle n'aurait aimé. En dépit de cela, peut-être que son interlocuteur ne saurait pas de quoi elle parlait, alors elle crut bon de se retourner très légèrement vers le coordinateur pour lui expliquer la situation.

« Des chasseurs, visiblement. En cette saison et dans ce périmètre, la chasse n'est autorisée que sous de très rares pratiques et avec des permis, et je crois que ces messieurs ne sont pas en règle. »

Elle jeta un coup d’œil vers l'un des pièges que tenait l'un des deux types, l'ayant déjà vu assez souvent pour en connaître l'extrême efficacité, et donc la dangerosité de ce dernier pour l'écosystème fragile des forêts. Sentant une pique chaude lui passer dans la poitrine sous le coup de l'énervement, la ranger claqua de la langue, le regard plus dur. Son expression resta toutefois assez neutre quand elle s'exprima envers son partenaire du jour.

« Je les contrôlerais et les verbaliserais bien moi-même, mais la procédure veut que ce soit l'officier le plus gradé, alors... »

D'ordinaire, c'était un de ses petits plaisirs, de mettre à l'amende ce genre de personnes. Toutefois, et ce n'est pas pour se moquer de lui qu'elle le fait, mais elle est tenue de suivre les règles, même si elle est curieuse de voir ce qui en résultera.

ft. Lionel Roque-Lartigue

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MessageSujet: Re: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Lun 14 Jan - 0:32


La-haut sur la

montagne...

y'avait des déchets.
Avec Roxanne Nowak
Même s’il se forçait à avoir l’air tout à fait à l’aise et détendu, le coordinateur se sentait un peu ridicule d’être tombé dans la première rivière qu’il croise. C’est à croire que c’est plus fort que lui : quand il y a une source d’eau quelque part, il faut qu’il aille y barbotter, de gré ou de force. Enfin, même si tout le monde était absolument raaaaavi d’apprendre que l’eau n’était pas glaciale ou sale (le quarantenaire dit d’ailleurs à Roxane que « de rien, c’est tout naturel de partager les bons coins de baignade avec les collègues », quoique ça veuille dire), Lionel ne tenait pas plus que ça à rester mouillé toute la journée et se retrouver le lendemain avec un rhume carabiné (même lui qui a une santé de fer n’y échappera probablement pas s’il reste ainsi trempé jusqu’au caleçon). Heureusement, Roxanne, ou Roro les bons tuyaux, avait la solution à tous vos petits inconforts du quotidien, grâce à son super séchoir, le Olbéric 2000. Ou quelque chose du genre. Quand Lionel vit le gros chaton s’approcher avec un air blasé, il déglutit difficilement, un peu soucieux de ce que le Pokémon feu pourrait lui faire. Il pinça les lèvres d’un air un peu perplexe et fit un pas sur le côté, attirant l’attention de la Ranger en designant discrètement Olbéric, comme si celui-ci allait prendre la mouche en voyant qu’on le montrait du doigt en scredd.

« Euhm, Roxane, je ne suis pas tout à fait sûr… »

Mais apparemment, utiliser son Félinferno en mode couteau-suisse pour qu’il serve de séchoir ne posait aucun problème à la cheffe Ranger. Pour ce qui est des alliés du Milicien, il n’avaient pas l’air réticents et Aegis haussa les épaules, signifiant à son maître qu’elle ne sentait aucune bélligérance dans l’attitude d’Olbéric. Ainsi, malgré les quelques réticences de Lionel, le félidé se mit à l’ouvrage et commença à dégager une forte chaleur de son corps, qui rappela au coordinateur ses meilleurs noëls devant le feu crépitant de la cheminée (et la fois où, à 5 ans, il avait manqué de se brûler très fort en voulait mettre la main dans les flammes). Et, effectivement, même si maintenant, le coordinateur crevait un peu de chaud, eh bien, il avait bien séché et pourrait même remettre sa veste assez prochainement et avait même pu remettre ses cheveux (enfin, ses faux cheveux) en place.

« Merci Olbéric, très efficace ! »

Remercia le quarantenaire avec un grand sourire un peu débile, mais admiratif quand même. Du coup, Lionel était ravi et de nouveau d’un peu trop bonne humeur en continuant sa pèche aux déchets (pour le coup, son enthousiasme le rendait efficace et plus appliqué, alors, on allait pas trop se plaindre). Tout en blablatant pour lui-même, à ses alliés, et adressant parfois quelques mots à Roxane pour lui dire « je crois que j’ai vu des poissons quand j’ai plongé, au moins, ça veut dire que cette rivière est plutôt propre et limpide et que le nettoyage fait vraiment son office, c’est formidable votre travail, hahaha ! » et d’autres choses pas forcèment utiles et loin d’être inoubliables. Pendant qu’il causait sans avoir l’air de savoir se taire, le coordinateur ne vit pas tout de suite le changement dans l’attitude de sa collègue du jour. Aux aguets, la dame au cheveux mauves observait les environs et avait aperçu un groupe de messieurs qui passaient dans le coin. Lionel aurait aussi eu du mal à les rater, comme ces types n’étaient pas franchement discrets. Roxane l’informa de ce qui générait chez elle certaines réticences et le coordinateur l’écouta avec son « air sérieux » (c’est-à-dire, les sourcils un peu froncés et les commissures de ses lèvres forcées vers le bas tandis qu’il hochait la tête avec des « hm-hm ! » captivés). Ces gens étaient apparemment des chasseurs, enfin, des mauvais chasseurs, et d’ailleurs, Lionel n’aime pas vraiment les chasseurs, il trouve ça vraiment pas gentil de tuer des animaux avec des fusils et il n’aime pas les fusils non plus, enfin, bref, quand l’autre termina son explication, il retint son souffle, une expression en « O » outrée sur son visage.

« Oh, mais c’est très embêtant, ça Roxanne ! »


Déclara-t-il, réellement ennuyé par la situation. Il ne comprit pas tout de suite où la Ranger voulut en venir par la suite. Apparemment, le plus gradé devait aller les verbaliser parce qu’ils n’étaient pas en règle et Lionel était tout à fait d’accord, donc, il hocha la tête frénétiquement.

« Tout à fait d’accord avec vous ! »


Dit-il, fronçant les sourcils, véritablement sérieux cette fois-ci. Puis, un ange passa. Comme le silence devenait un peu embarrassant, le neurone du milicien se mit à turbiner et alors, il percuta ce que sa collègue avait voulu dire : que c’était à lui d’aller remonter les bretelles aux mauvais chasseurs.

« Ah, oui, bien sûr, je vais y aller, alors, je savais bien que vous parliez de moi, hahaha ! »

Ton nez s’allonge, Lionel. Il s’efforça d’avoir l’air sûr de lui en partant avec ses Pokémon vers les chasseurs qui allaient bientôt disparaître au bout du sentier, mais revint quand même vite fait vers le Ranger car il réalisa que son carnet pour mettre des PV était complètement détrempé par sa « baignade ». Cela fait, il rattrapa les chasseurs.

« Hep, vous là-bas ! »


Hohoho, j’ai toujours rêvé de faire ça.

C’est ça, merci officier Longtarin. Les deux confrères se retournèrent et observèrent le milicien d’un air perplexe. Ce n’est pas que le grand sourire niais de Lionel et son ton jovial n’aidaient pas, mais en fait, si, c’était absolument ça. Un peu difficile de ne pas penser qu’un est un clown déguisé en milicien dans de telles conditions.

« Bonjour Messieurs ! Alors, puis-je avoir quelques minutes de votre temps ? »


On dirait qu’il va leur demander de remplir un questionnaire sur leurs habitudes de consommations de fromage durant l’hiver. Les deux chasseurs échangèrent un regard perplexe, se mordant l’intérieur des joues pour ne pas se moquer du type en face d’eux qui était (peut-être) un milicien.

« Oui, donc, hem. Messieurs, vous n’êtes pas en règle, là, c’est pas bien ! Je vais être forcé de vous mettre un procès-verbal, car la chasse en cette saison n’est pas permise dans cet endroit. »

Huhu, les doigts dans le nez !

Il en profita pour se retourner et regarder en scredd Roxanne, levant le pouce en hochant la tête d’un air victorieux comme pour dire « tout va bien regardez, je me débrouille comme un chef ! » (il avait aussi hâte de tout raconter de son in-cro-ya-ble journée à Sirius quand il rentrera à Nuva-Eja pour son comment rapport). Du moins c’est ce qu’il croyait, car dans son dos, les chasseurs chuchotaient et ricanaient un peu, car, impossible de le prendre au sérieux. Quand le coordinateur dégaina le carnet et commença à remplir le PV, l’un des chasseurs s’approcha avec la bouche en cœur. Visiblement, il avait quelque chose à lui demander.

« Hem… Monsieur le milicien, nous comprenons bien que nous sommes en effraction mais… Voyez-vous, les panneau indiquant les périodes de chasse interdite ont été complètement vandalisés, récemment et l’office des forêts était fermé, alors nous ne savions pas que nous n’étions pas en règle… »

Lionel releva le nez du carnet et observa le chasseur en train de le baratiner (et penser que vu que le milicien n’a pas l’air malin, il s’en sortirait sans soucis… ce qui est assez vrai, en fait).

« Mais dans ce cas là… c’est différent ! Je ne savais pas que vous ne saviez pas être en effraction ! »


Le sourire victorieux du malandrin ne mit pas la puce à l’oreille de Lionel. Cela devenait évident que le milicien ne savait pas ce qu’il faisait et les deux chasseurs ne manqueraient pas de profiter de l‘occasion pour s’en sortir. Pourtant, d’un coup, les sourires sur les visages des deux compères disparurent et la peur envahit leur visages. Comme il ne voyait pas sa Ekaiser qui se présentait dans son dos pour intimider les deux chasseurs en train de se jouer de son dresseur, Lionel  pensa naturellement que c’était son charisme naturel qui intimidait ses interlocuteurs.

« Euhm… Non, non, vous avez raison, on va… On va prendre notre amende et rentrer, hein, Jean-Marc... ? »


Ravi de son effet (enfin l’effet de sa Ekaizer), Lionel se sentit soudain très fort et omnipotent et termina de verbaliser les deux coupables puis les regarda partir, fier comme un paon. Derrière lui, Aegis soupira et leva les yeux au ciel, échangeant un regard avec Valgrin qui n’avait rien loupé de la scène et aussi au Félinferno de la ranger. Le milicien revint vers Roxanne avec un sourire satisfait et victorieux sur les lèvres. C’est bon, il allait en parler pendant 3 semaines, de son « exploit » que constitue le fait d’avoir juste fait son travail. D’un geste vif et cérémonieux, il rendit son carnet à sa collègue, reprenant ses airs de divas.

« Et voilà le travail ! Vous avez vu ça ? »


Oui, parce qu’il a besoin d’un feedback, en plus, maintenant et pourquoi pas des fleurs et des applaudissements, aussi.  Au moins, cette expérience ne le démotivait pas et il était reparti ramasser ses trucs.

« Bon, eh bien, retournons au travail alors ! Roxanne, n’est-il pas bientôt l’heure de la pause déjeuner ? »

On voit comment fonctionne le sens des priorités chez môssieur le milicien et responsable de la sécurité, hein. Bah, oui, parce que ça creuse un peu, quand même, toutes ces expériences, surtout après une baignade et une distribution de procès verbaux. Quelle journée bien remplie pour Lionel
Montagnes du nord - Novembre 2023

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MessageSujet: Re: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Dim 27 Jan - 0:11

PostRPRoro

Là haut sur la montagne, y'avait des déchets

Novembre 2023
... Mais... Mais non, il n'est pas en train de... Si ? Quand même, il a eu un minimum de formation... ? Mais pincez-moi, je rêve ?!
Une douleur soudaine vient lui piquer le bras. Roxanne sursauta brutalement, piaillant un « aïe » bien vocal, avant de fusiller son Félinferno du regard.

« Je n'ai rien dit ! »

Le félin leva les yeux au ciel, lui offrant l'équivalent d'un « bah à force que tu hurles intérieurement ça s'entendait plus ou moins » par le biais de son expression lassée et franchement moqueuse sur les bords. Dans un grognement, la ranger esquissa un mouvement sur le côté, tournant volontairement de la tête avec tout le dramatisme d'une adolescente vexée. Difficile pour elle, d'ailleurs, de retenir son expression qui se fait de plus en plus constipée, et d'empêcher son regard de se faire plus agacé et impatient au fur et à mesure que les secondes passent. D'autant plus que son interlocuteur revint avec un air parfaitement satisfait, et des mimiques tellement joviales que la ranger eut l'impression qu'il se fichait promptement d'elle. Le mieux, d'ailleurs, fut qu'il s'empressa de parler de la pause déjeuner, visiblement plus intéressé par son estomac que par son travail aux yeux de Roxanne.
Sentant ses nerfs être tant mis à mal qu'il était probable que ces derniers finissent bientôt par lâcher, la femme aux cheveux violets serra si fort les dents que cela lui aurait presque rappelé l'époque où elle portait un appareil dentaire. Malgré tout, la ranger force son sourire le plus crispé et le plus forcé, ayant de plus en plus de mal à garder l'expression la plus avenante possible alors que tout son être lui hurlait de sauter à la gorge de son interlocuteur. Mais ce n'était pas très pacifiste, alors il valait mieux y aller en douceur.

« … Zingaro, vous savez que l'on ne peut pas diminuer la peine de quelqu'un qui prétend ne pas savoir, d'autant plus que les informations quant aux périodes sont disponibles sur n'importe quel site internet, de notre jour ? Et que c'est un principe juridique de base, que nul ne peut ignorer la loi ? »

… Enfin, en douceur comme Roxanne peut être douce, en réalité. C'est que c'est assez difficile pour le moment, dans la mesure où les coupables sont probablement en train de ricaner bien grassement de leur réussite et que le danger n'a pas été réduit pour les pauvres petites bêtes qui habitent ces montagnes ; un élément qui tend user très rapidement sa patience, tout à coup.
Roxanne sent bien, toutefois, que hormis se défouler (et Arceus que c'était tentant), laisser ses nerfs partir en vrille n'allait pas apporter grand chose, d'autant plus que sa capacité de... coopération, disons, avec l'un des co-chefs de la Milice serait évaluée aujourd'hui, et qu'il en allait de l'image d'Elixir, d'une certaine façon. Une image que la ranger ne se serait jamais permise de ternir, même si actuellement, cela aurait sans doute contribué à diminuer ses problèmes de tension. Ce fut sans doute pour cela qu'elle choisit de concéder à regret, après avoir esquissé une expression plus neutre.

« Mais oui, je crois que l'heure de la pause approche. »

Pas comme si elle avait très faim, mais bon, l'appétit venait en mangeant, ou quelque chose du genre. Enfin, ça c'était dans l'idée.
Parce que dans les faits, une fois qu'elle se retrouvait à fixer son déjeuner avec une expression des plus neutres et vides sur son visage, ne sachant plus vraiment où elle en était dans ses pensées, il n'y avait pas grand chose à dire. Enfin, dans les faits, c'était juste qu'elle touillait dans son tupperware de nouilles au gingembre froides, les pensées emmêlées quant à ce qui s'était passé. Elle avait pourtant bien pris la peine de se mettre à l'écart, désireuse de penser à autre chose et de ne pas traîner trop près de Zingaro, mais rien à faire, tout cela ne sortait pas de sa tête.
Mais je ne vais tout de même pas... Oh, et puis zut, hein !
Dans un soupir exaspéré, elle finit par se lever alors que, devant elle, Olbéric et Léon la fixait d'un air curieux. Puis, finalement, son plat toujours dans la main, Roxanne finit par se diriger vers le milicien, l'expression neutre et quelque peu lasse ; non, elle n'avait pas trop la foi de gâcher son agacement, à vrai dire, et même sa voix n'est pas aussi douce qu'elle l'aimerait. Elle le dévisage, curieuse malgré tout ce qu'elle peut dire.

« … Vous n'avez pas de formation, à la milice ? Juridique, je parle.  »

Ce ne serait pas étonnant, en un sens. Au fond, ils n'étaient pas fait pour ça, à la base.
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MessageSujet: Re: La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.    Sam 9 Fév - 15:04


La-haut sur la

montagne...

y'avait des déchets.
Avec Roxanne Nowak
Lionel n’eut pas l’ovation qu’il espérait. A l’inverse, il se fit royalement snobber par la cheffe Ranger qui avait l’air d’en avoir franchement ras-le-bol de toutes ces conneries. Si Lionel n’était pas une flèche, là, tout de même, il fallait admettre que l’expression de Roxane et les regards qu’elle lui lançait ne respiraient pas la bonne humeur. Entre ça et le silence consterné qui suivit, il n’en fallu pas plus au Milicien pour comprendre que sa manière de régler le soucis des braconniers n’avait pas vraiment plu à tout le monde. Ce qui le rendit immédiatement anxieux, sachant qu’il était notamment là pour tenter de ne pas mettre à mal les relations entre la Compétition et Elixir, voir de peut-être les améliorer. Ce qui est mal parti pour le moment.  Et franchement, l’idée d’être un peu responsable d’une hypothétique dégradation des relations entre leurs deux institutions, c’était un peu trop vertigineux pour Lionel (mais se prendre ce genre de douche froide ne pouvait pas vraiment lui faire de mal).

Pendant les quelques instants de latence qui suivirent sa dernière intervention, le Roque-Lartigue eut la sensation que des sueurs froides parcouraient son échine. Puis il en eut la confirmation lorsque la Ranger reprit la parole.

Oh non… La jurisprudence. Je ne suis clairement pas assez intelligent pour le droit, c'est Maman et hanson qui l'ont dit.


En faisant quelques efforts et en se concentrant autant qu’il le pouvait en écoutant les mots de son interlocutrice, le coordinateur esquivait les regards autant qu’il le pouvait. Ses esquives en devenaient ridicules et excessives mais, là, il avait vraiment trop honte pour regarder Roxane dans les yeux, vu ce qu’on lui reprochait.

« Je le sais oui… Je ne voulais pas vraiment… Enfin, je n’étais pas sérieux, bien entendu… »


Et c'est bien le problème, Duconno De La Balayette.

Le coordinateur ne sut pas si ses excuses molles et totalement fallacieuses attinrent la Ranger. Celle-ci annonça qu’ils prendraient la pause déjeuner sans trop tarder et vu ce qui venait de se passer, Lionel n’alla même pas essayer de s’asseoir dans le même coin que Roxane car il avait bien compris qu’il ne serait pas le bienvenu. D’ailleurs, il se contenta de retirer son casque bleu moche et de manger son sandwich un peu à l’écart en compagnie de ses Pokémon qui prirent aussi quelques trucs à grignoter pour leur déjeuner. Pendant ce temps, Valgrin et Aegis semblaient un peu perplexes quant à l’état du coordinateur. Même s’ils avaient entendu l’essentiel de l’échange avec la cheffe ranger, le langage du droit et ce genre de choses, ça ne leur disait pas grand-chose et en réalité, ils s’en fichaient pas mal comme de la couleur extérieure de leur Pokéball. Sans bien saisir le problème, Aegis n’aimait pas voir Lionel contrarié et posa une de ses pattes sur l’épaule du quarantenaire pour lui donner un peu de réconfort. C’est à ce moment-là que le coordinateur aperçut Roxane revenir vers lui. Une fois de plus, il se mit à fixer ses pieds et le reste du paysage forestier, bref, tout ce qui passe sous son nez tant que ce n’est pas Roxane et ses pupilles violettes.

Pourquoi me parle-t-elle de formation juridique ? Je ne peux pas parler de droit… est-ce que j’ai une tête à être assez intelligent pour réussir à comprendre quelque chose à la jurisprudence ?!

Tu as surtout une tronche de gosse de gros riche qui n’a jamais eu besoin de s’intéresser à tout ça pour s’en sortir, Lionel. Ce n’est pas qu’il n’est « pas assez intelligent » pour les textes de lois, c’est simplement que vu la classe sociale dont il est issu, il est bien plus facile de passer entre les filets de la loi. Et ça, il le sait pertinemment, parce que les Roque-Lartigue s’en étaient très bien sortis après les années de collaboration avec le Régime, juste en allant graisser la patte de la Compétition, alors que d’autres furent emprisonnés pour moins que ça. De plus, pourquoi Lionel aurait-il fait le moindre effort pour se renseigner quand on lui répète depuis qu’il est en âge de comprendre : « si tu as un problème avec la loi, on s’occupe de tout, mais, tout de même, évites d’en avoir car ce pourrait être honteux pour nous aussi »… Autant dire que c’est juste un autre moyen de contrôler la famille entière pour s’accrocher à leur fric tant qu’ils peuvent, car leur personnalité se résume visiblement à l’argent.

A force de rester muet et esquivant tous les regards, Lionel se figura qu’il devrait peut-être répondre, mais, là, il avait beau chercher dans ses réserves de pirouettes verbales foireuses habituelles, il n’arrivait pas à trouver et comprenait donc qu’il allait falloir répondre avec une certaine honnêteté. Ce n’est pas qu’être honnête lui posait vraiment problème (s’il n’est pas spontané pour lui d’être naturel, il essaie quand même d’être honnête avec les gens -car avec lui-même, c’est une autre histoire-… « essaie » étant ici le maitre mot), mais juste de se faire mal à l’égo (ouin) en admettant qu’il est une énorme brèle sur tout ce qui concerne le droit. En s’éclaircissant la gorge, Lionel essaya donc de meubler en attenant de trouver une réponse (au moins, il ne fallait pas être un expert en lecture des visages pour comprendre qu’il avait pigé avoir failli faire une grosse connerie de manière tout à fait insouciante).

« Arhem, eh ben, cela dépend ce que vous appelez « pas de formation »… »


Il commença à poker ses index l’un contre l’autre en faisant la moue, plutôt navré et extrêmement embarrassé. Pourtant, il essaya encore de sauver les apparences en s’efforçant de prendre une voix assurée (tentative ratée, comme il chevrotait légèrement sur certains mots).

« Si vous faites allusions à des cours ou ce genre de choses, euhm, non. M-mais, depuis la création de la Milice, eh bien, la charte a forcément un peu changé et on a eu un tas de paperasse à lire avec tout un jargon juridique. »


Lionel a lu tous ces papiers, bien évidemment. Il n’est pas paresseux à ce point et avait bien compris que c’était d’une importance capitale. Mais toutes ces notions juridiques, eh bien, disons qu’il n’avait pas tout pigé et… d’une part, il était parti vaincu en se disant « de toute façon je suis trop bête pour comprendre » et aussi trop fier de son nouveau travail de Maître et de Milicien pour oser demander de l’aide a des gens qualifiés. Autrement dit, même si les mots étaient plus ou moins dans sa tête, il y a des choses qu’il avait peu ou très mal retenu car tout ça avait eu du mal à faire sens dans sn esprit. Dans tous les cas, c’était totalement sa faute, mais, dans ses explications orales, il allait bien entendu le minimiser.

« C’est que… ça fait beaucoup à lire d’un coup, vous voyez, alors parfois, j’oublie et confond un eu des trucs, enfin, je suis humain, quoi… »


A cela on peut objecter que le coordinateur a étrangement beaucoup moins de mal à comprendre ce « jargon » quand il s’agit de la ramener en ce qui concerne la jurisprudence régissant le milieu du show-biz. Certes, on pourrait dire que le droit est absent de ce domaine vu les sales histoires et magouilles qui s’y fomentent, mais au moins Lionel, lui, ne ferait pas de sales magouilles, sachant vers quoi cela pourrait le mener (et le poids qu’il aurait sur la conscience, surtout). Bref, ses excuses sont pourries et hypocrites car monsieur est trop orgueilleux pour admettre qu’il s’est chié dessus en, plein exercice de ses fonctions.

« Ahah, vous pensez certainement que je ne suis pas très malin, hein ! »

Plaisanta-t-il sans sarcasme ou ironie, en s’efforçant de redevenir jovial et en renouant le contact visuel avec Roxanne. Pas qu’il avait spécialement envie de regarder les gens dans les yeux de nouveau, mais bon, il le fallait bien, sinon, il allait vraiment perdre la face (ce serait dommage, hein). S’il riait de lui, au moins, on aurait au pire pitié de lui, au mieux, on le dorlottera pour lui dire que « mais non, roh ». C’est pratique. Ce serait toujours mieux de lui renvoyer un « c’est pas parce que t’es con que tu  peux pas comprendre le jargon juridique, y’a qu’à voir les hommes politiques donc maintenant tais-toi et retournes travailler ».

« Vous avez ce genre de formation, chez Elixir ? »

Se rattrapa-t-il en s’intéressant à son interlocutrice. Il ne fallait y voir aucune malice, il se demandait juste si ce n’était pas plutôt un pré-requis implicite en fait.

« Enfin, comme vous le dites, j’imagine que c’est implicitement demandé dans tous les cas d’être un minimum informé pour éviter certaines… déconvenues. Pas la peine d’être un expert, n’est-ce pas, haha ! »

Il parlait avec un ton plus léger, évidemment, c’est à ses propres actes qu’il faisait allusion, mais il ne comptait visiblement pas l’assumer en direct. Au contraire, il continuait de se trouver des circonstances atténuantes. Alors que ce serait quand même plus confortable pour tout le monde et ça lui donnerait peut-être quelques minuscules points d’estime. En se recoiffant d’une main, il rangea les restes de son repas et sourit en coin, coupable mais de bonne volonté quand même.

« Il me semble que nous allons changer de secteur, après la pause, n’est-ce pas ? »

Il le savait, comme il avait revu son planning en mangeant mais c’était surtout par envie de bien faire et de conserver une bonne entente. Pour cela, il faudra un jour lui expliquer sur les sourires fixes en boucle et les politesses systématiques ne plaisaient pas à tout le monde. En regardant sa carte et en se remémorant certaines nouvelles qu’il avait lu dans des mails et autres informations, il lui sembla que le nom du secteur en question lui disait quelque chose.

« …Ce n’est pas un endroit où avaient été aperçus bon nombre de Pokémon échappés dangereux récemment, d’ailleurs ? »

Appréhendant un peu bien qu’il n’allait pas se mettre à s’effondrer de peur, le coordinateur se sentait tout de même plus rassuré que s’il fallait verbaliser d’autres braconniers. Sans déborder d’arrogance, il se permit une nouvelle pique d’humour.

« Enfin, cela devait aller, je me débrouille mieux avec les Pokémon sauvages dangereux que les braconniers, hahaha ! »

Et puis, si je me débrouille bien, ils oublieront peut-être ma grosse bêtise de tout à l’heure, non ? Héhé.
Montagnes du nord - Novembre 2023

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La-haut sur la montagne, y'avait des déchets.

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