Quoi de neuf sur l'île d'Enola ?

Période en cours
Printemps 2024

~20° - 25°C / Temps ensoleillé, venteux par moments

Intrigues et Events
Intrigue n°2 : « Passions »
Des conflits s'engagent entre les Monarchistes et les Anarchistes.
Event n°2 : Le festival de Cayagane
Le festival de Cayagane est victime d'un incendie criminel.
Mini event n°1 : Panique à Vanawi !
Un blocus Anarchiste est en cours à Vanawi, sous surveillance des forces de l'ordre.

Missions et Défis
Un guide dans les ruines (mission)
Faites découvrir les ruines du Titak !
La comète (défi)
Découvrez un mystérieux astéroïde.

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« It is true that nobody is above the law, but power can make somebody invisible. » | Savage Zzz5


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« It is true that nobody is above the law, but power can make somebody invisible. » | Savage
LÉANDRE SAVAGE
Informations générales

Nom : Savage
Prénom : Léandre
Surnom : Avec cette couleur de cheveux, il n’a pas pu passer à côté des fameux "Le roux", "Rouquin" et autres variantes. Parfois "Le sauvage" à cause de son nom de famille. Ses camarades d’école les plus téméraires l’appelaient "Le roux sauvage". Enfin, depuis la perte de son œil, il entend parfois "Cyclope", "Pirate" et autres conneries du genre. Dans tous les cas, il s’en fiche un peu.
Âge : 44 ans
Date de naissance : 1 mars 1980, pendant cette période particulière entre l’hiver et le printemps.
Genre : Né homme et très satisfait ainsi.
Origine(s) : Père d’Enola et mère de France.
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : Il y est né.
Métier/Occupation/Études : En 2001, il est sorti diplômé de l’école de police, plein d’espoir. Vers la fin du régime, il participa à plusieurs activités criminelles avec sa femme. Il prit ensuite une année sabbatique en 2018 avant de s’engager comme ouvrier pour aider à la reconstruction d’Amanil. Il décrocha le rôle de Champion en 2021 et reprit dans l’ombre ses activités illicites quelques mois plus tard.
Lieu de résidence : Amanil
Groupe : Compétition
Sous-Groupe : Élites
Rôle : Champion Dresseur – Criminel
Pseudonyme : - « Le Revenant » est son titre de Champion. Cela fait référence à son type de prédilection, spectre, ainsi qu’à son retour dans les forces de l’ordre après plusieurs années d’absence.
- « Posipi » est son pseudonyme dans l’organisation criminelle. Sa femme était « Négapi », alors les autres ont trouvé amusant de l’appeler ainsi.

Fiche dresseur
Informations
Rôle : Champion Dresseur
Ville de l'Arène/Amphithéâtre : Amanil
Type de prédilection : Spectre
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Non

Équipe Aventure
- - Trousselin ♂ - Porte-clés - Farceur - Jovial
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Cadeau de sa fille peu après qu’il soit devenu Champion parce que Monsieur a trop de Pokémon "glauques" à son goût. Afin que cette petite créature se rende utile, Léandre lui confia les clés de sa maison, de sa voiture, de l’arène et du sous-sol de celle-ci … Décision qu’il regretta très vite en constatant que ce foutu Trousselin était trop sociable et qu’il n’aimait pas être dans sa Pokéball.

Équipe Élite
- - Funécire ♂ - Roméo - Corps Ardent - Doux
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Grand séducteur, ce petit Funécire s’était incrusté dans un repas entre Léandre et sa femme afin de transformer le moment en dîner romantique à la chandelle. Nicole a supplié à son mari de le capturer parce qu’il était trop mignon. Roméo vivait une vie relaxe à la maison jusqu’à ce que son maître décide de l’utiliser pour son arène.
- - Baudrive ♀ - Boom Final - Bizarre
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Connaissant la réputation sinistre de ce Pokémon, il n’a pas hésité à la capturer lorsqu’il l’a vue errer en ville afin d’éviter un malheureux accident. Il l’a depuis presque le début de sa carrière de policier, mais l’humain et le Pokémon n’ont pas vraiment créé de lien. Elle est juste .
- - Banshitrouye ♀ (Taille Ultra) - Milady - Fouille - Malin
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Son premier Pokémon, capturée par lui-même à ses dix ans avec l’aide de son père. Son talent se révéla pratique pour un policier. Milady – ou M’lady – a toujours aimé faire peur aux autres, sauf à Léandre qu’elle préfère câliner. Elle a évolué pour protéger son dresseur durant la chute du Régime. Maintenant, il n’est pas rare de la voir collée contre le Champion quand il est assis à son bureau, se délectant en cachette de toutes ses émotions négatives …


PHYSIQUE
Couleur de peau : Le policier a souvent vu le soleil dans sa vie et les rayons lui ont donné une peau légèrement dorée. Rien de très remarquable, juste assez pour dire qu’il n’est pas blanc comme un cul. Elle devient néanmoins bien plus foncée lorsqu’il passe une journée entière dehors.

Description des cheveux : Lorsqu’on est un gars et qu’on a les cheveux roux, la vie devient très vite plus compliquée, ou du moins durant la jeunesse. Combien de fois s’est-il fait appeler "Le roux" dans son adolescence ? Au point où il se demandait si son nom de famille n’était pas Leroux … Bref, vous l’aurez compris, Léandre a les cheveux roux qui tirent plus vers l’orange que le rouge. Il ne s’est jamais vraiment préoccupé de les coiffer, alors sa fille Désirée a pris les choses en main et lui a fait un undercut. Bon, je vous vois venir : ce n’est pas vraiment une coiffure pour un homme dans la quarantaine, mais au moins ça le rajeunit.

Description des yeux : « Des yeux » ? De son œil vous voulez dire. Il ne lui reste que le gauche; il a perdu le droit à cause d’un Pokémon enragé. Un large cache-œil couvre la partie de son visage défigurée, passant de sa joue droite jusqu’en haut de son sourcil gauche. Certes, la cicatrice n’est plus aussi horrible qu’avant, même qu’elle a presque disparu. Mais il s’est attaché à son cache-œil, que voulez-vous ? C’est une partie de son personnage maintenant.

Bref, de retour au sujet qui nous intéresse. Son iris se trouve à mi-chemin entre le brun et le gris. On dit de Savage que son regard est sombre, mais n’allez pas croire que c’est à cause de la couleur. Perçant quand un subordonné fait une connerie, désintéressé quand quelqu’un lui parle, lointain le cas échéant; le Champion donne l’impression d’avoir vécu des atrocités qui l’empêchent de regarder le monde avec un regard brillant. Ce n’est pas qu’une impression.

Taille : Il te toise du haut de ses 1m85.
Poids : 90 kg de muscles. Et un peu de pizza aussi.
Description de la silhouette : Grand et musclé. Sérieusement, il a un corps d’athlète grâce à la musculation, à l’activité policière et celle ouvrière. Ses abdominaux sont définis comme une tablette de chocolat, pareil pour son torse qu’il montre souvent avec des chandails au collet en V (sa femme disait que c’était du gaspillage de cacher son corps). Ses bras ne sont pas à la ramasse et Léandre peut soulever de lourdes charges avec (ou soulever des racailles qui font les petits cons dans la rue). Enfin, ses jambes sont elles aussi musclées pour soutenir le reste. Un beau morceau de viande.

Quant à sa posture, il se tenait droit comme un piquet dans son jeune temps. Aujourd’hui, il est beaucoup moins crispé. Certains pourraient même le trouver un peu trop décontracté. On le retrouve souvent les bras croisés, penchant un peu plus vers la gauche, son sens de l’équilibre ayant changé depuis la perte de son œil. Il ne s’assoit pas très élégamment non plus, mais il prend une position acceptable quand la situation le demande.

Problèmes de santé physique : On le répétera jamais assez : Le Revenant n’a qu’un œil. Si au début il n’était même plus capable de verser de l’eau dans un verre sans faire un dégât, aujourd’hui, sa perte de vision ne l’incommode plus. Il n’a pas la même perception de profondeur que les personnes avec deux yeux, alors il utilise d’autres indices pour calculer la distance des objets (superposition, taille, ombres …). S’il se fait lancer quelque chose par surprise cependant, il y a de fortes chances qu’il soit incapable de l’attraper. De même, il a un angle mort à droite de lui. À part cela, Léandre est en bonne condition physique bien que sa vision ait baissé légèrement ces dernières années. Il doit éloigner de plus en plus les papiers de son visage pour pouvoir lire. Ça le fait chier.

Particularités autres : Il est devenu ambidextre par la force des choses. Il a aussi quelques cicatrices un peu partout sur son corps, mais rien de catastrophique. Sinon, il a presque toujours la même expression neutre. Et si une émotion passe sur son visage, ce n’est jamais très intense (un froncement de sourcils s’il est fâché, un rictus s’il est heureux …). Les sourires sarcastiques, par contre, ça le connaît.

CARACTÈRE
Personnalité : Depuis le Régime, il ne ressent pas les émotions aussi intensément que la moyenne et il éprouve de la difficulté à les exprimer physiquement – Il est donc très peu expressif – Présence de beaucoup de gros mots dans son vocabulaire (sa psychologue est heureuse qu’il soit capable d’exprimer verbalement ses sentiments, mais honnêtement, elle aurait préféré qu’il se pratique à sourire ou à donner des câlins avant d’insulter …) – Agit parfois de manière robotique au point où certains se demandent s’il n’est pas un androïde ou autre connerie du genre – Charismatique – Influençable – Plus meneur que suiveur (mais il apprend) – À la fois manipulé et manipulateur – Désabusé – Pessimiste – Froid et détaché, ce qui lui permet d’être objectif – Facilement ennuyé – A un sens de l’humour douteux – Exigeant envers les autres et lui-même – Corrompu – Distant – Secret – Il est plus un homme de terrain que de bureau – Responsable – Hypocrite – Semble être un héros juste et droit aux yeux des autres – Est un sale criminel menteur en vrai – A la fâcheuse tendance de paterner les petits nouveaux (c’est ce qui arrive quand t’as l’âge d’être leur père) – Sans s’en rendre compte, il considère de plus en plus les Pokémon comme des objets – Attentif – Ordonné – Opportuniste – Calculateur – Terre-à-terre – Ne mettra jamais ses hommes en danger si ce n’est pas nécessaire (pas envie de signer une tonne de papiers si un problème survient) – Soigne son image publique (ou du moins il essaye de ne pas paraître trop suspect) – Moqueur – Sarcastique – Sait improviser si nécessaire, mais préfère quand tout se passe comme prévu – Travailleur – Persévérant – Les gestes valent plus que les mots – Alors il mène par l’exemple – Beaucoup de frustration refoulée – Préfère éviter d’être sous le feu des projecteurs – Modeste – Réservé – Self-control à tout épreuve – A beaucoup d’expérience grâce à l’âge – De plus en plus hardi dans ses crimes puisque ceux mineurs ne l’excitent plus vraiment – Pince-sans-rire – Autoritaire – L’influence négative de sa femme est encore présente aujourd’hui

Goûts/Dégoûts : Le Revenant aime… Les trois femmes de sa vie : Nicole, Désirée et Milady – La pizza – Le café – Regarder le sport (surtout le baseball Pokémon) – Passer du temps avec sa fille – Observer les différentes réactions des dresseurs qui le défient – Impressionner les enfants – Intimider les adultes – Faire peur aux petits nouveaux avec ses fantômes (rien de bien méchant) – Les Pokémon spectre – Qu’on suive ses ordres – Les missions qui se passent sans encombres – Les vieux jeux vidéo de son époque (il a arrêté de suivre après la Nintendo 64) – Croiser des gens aussi désillusionnés que lui (il se sent moins seul) – Ses propres blagues de daron (surtout à cause des réactions de sa fille) – L’argent – Jouer aux cartes (avec une poker face pareille, il gagne souvent) – Être sur le terrain – La viande – Faire de la musculation – Voir sa fille devenir de plus en plus indépendante – Les sensations fortes – Le  crime, il en est accro; il est incapable de trouver ailleurs l’adrénaline que l’illégalité lui procure, c’est la seule chose qui le fait sentir vraiment vivant – Quand il rentre au bureau le lendemain d’un crime et que tout le monde le salue normalement, inconscients de tout de ce qu’il a fait le soir d’avant

Le flic corrompu n’aime pas… Savoir qu’il est un mauvais père – Quand sa fille est triste ou a un problème – Les films en 3D (juste parce qu’il ne peut pas les voir) – Les coordinateurs (« Tous une bande d’artistes précieux qui ont peur de se faire mal dans un vrai combat ») – Conduire sur une rue qu’il ne connaît pas – Qu’on le prenne par surprise – Les élites corrompues (lui-même y compris) – Qu’on essaye de lui faire oublier sa femme – Les gens qui mettent leur nez là où il ne faut pas – Parler de sa vie privée – Les incompétents et ceux qui ne font pas d’effort – Les gens qui pensent qu’il est tout le temps de mauvaise humeur à cause de son inexpressivité – Devoir participer à des soirées mondaines hypocrites – Les gosses de riches et ceux nés riches en général – La nourriture gastronomique qui ne ressemble plus à rien – Remarquer une contradiction dans sa façon de penser (il trouve une excuse pour se rassurer après) – Les moralisateurs – Les personnes qui ne savent pas contrôler leurs émotions – Les potentiels amoureux qui tournent autour de sa fille – L’alcool, le tabac et autres drogues – Les Anarchistes qui se croient mieux que le gouvernement alors que les deux sont merdiques – Se sentir inutile – Attirer l’attention – Les gens convaincus qu’il est un héros – Les gens convaincus qu’il existe des héros en fait (gamin, on est dans la vraie vie, pas dans un jeu vidéo)

Objectifs et aspirations : À 40 ans dépassé, la moitié de sa vie s’est déjà écoulée. Il est devenu Champion Dresseur d’Amanil. Et le bras droit d’un trafic de Pokémon. Bref, Léandre est devenu exactement ce qu’il détestait : un haut placé corrompu et profiteur. Il sait qu’il a manqué sa chance de se séparer du monde criminel et qu’il est maintenant trop profondément ancré dedans pour s’en sortir. Et vous savez quoi ? Il s’en fout. Il va continuer ses crimes juste par pur dépit. Toutes les élites d’Enola sont corrompues de toute façon, alors pourquoi se priverait-il de faire comme les autres ?

Savage espère que sa fille va quitter le pays lorsqu’elle sera adulte et la pousse discrètement dans cette direction. Il est convaincu qu’Enola va connaître une autre guerre civile tôt ou tard (à cause de la nature humaine mauvaise) et si honnêtement il n’en a plus rien à foutre au point où il en est, il ne veut pas que Désirée revive ce genre d’horreurs. C’est aussi pour qu’elle ne soit pas là si son père se fait ultimement rattraper par la justice.

Enfin, le Champion veut pouvoir ressentir des émotions comme n’importe qui. Il y travaille avec l’aide de sa psychologue et de sa fille, mais ces derniers temps, il a l’impression de faire du sur place.

Peur(s) : Il a peur de devenir complètement aveugle. Il a peur de se faire arrêter pour tous les délits qu’il a commis. Il a peur que sa fille apprenne ses crimes et le déteste. Maintenant qu’il a du pouvoir, il a peur de le perdre. Il a peur de redevenir une coquille vide comme pendant l’époque du Régime.

ALIGNEMENT
Votre personnage a-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-il de cette époque ? : Évidemment que Léandre a connu cette période de merde ! Il était affilié à la brigade criminelle d’Amanil à l’époque… et aussi petit brigand ridicule vers la fin. Comme pour presque tout le monde, cette époque l’a marqué autant physiquement que mentalement. C’est surtout sous le Régime que le policier a appris à faire taire ses émotions afin de ne pas être dérangé par les soldats en blanc ainsi que les rebelles. Le Champion regrette que sa fille ait grandi dans cette atmosphère. Et il déteste toujours autant le Régime et la Résistance pour avoir tué sa femme.
Que pense-t-il/elle de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : Les gens ont l’impression d’être libres maintenant que le Régime est tombé, mais Savage n’est pas dupe. Les types qui forment le fameux « Conseil des Régions » sont sûrement tous des bâtards qui arrondissent leurs fins de mois au noir. Il faut être inconscient pour ne pas s’en rendre compte, ou stupide.
Que pense-t-il/elle de la légende de Regigigas ? : Dictature, démocratie, monarchie, ça ne change rien : il y aura toujours des personnes sans scrupules pour profiter du système. (Traduction : le Champion s’en moque si c’est vrai ou non puisque dans tous les cas, cela n’affecterait pas ses activités.)

Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : Des bienfaiteurs sortis de nulle part avec un remède contre l’Emergendémie ? Qui utilisent cela comme excuse pour devenir important sur l’île ? Qui continuent leurs recherches sur l’Emergya malgré la catastrophe d’il y a quelques années ? Suspect. Très suspect. Elixir a sûrement un agenda caché, mais honnêtement, c’est le cas pour tout le monde.
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : Des sales opportunistes qui ont profité de l’état précaire du pays pour en prendre le contrôle de la façon la plus naturelle possible. Le Revenant surprend souvent des miliciens se plaindre que selon eux, la police devrait être indépendante, ou quelque chose du genre. Ils ont sûrement raison, mais en tant qu’Élite de la Compétition, vous ne verrez pas Léandre se plaindre des pouvoirs qu’il possède. Hypocrite, je sais.
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Le roux ne les porte pas du tout dans son cœur. À ses yeux, ils ne sont qu’une bande de fouteurs de trouble qui se croient au-dessus des lois parce qu’ils portent de nobles idéaux. Léandre ne croit pas que donner le pouvoir au peuple serait mieux. En fait, si cela arrivait, des piliers du mouvement se démarqueraient des autres et formeraient le nouveau gouvernement. Quelle différence avec maintenant ? Au lieu de se plaindre du système, ces imbéciles devraient apprendre à l’utiliser à leurs fins personnelles, comme le fait le policier.

Alignement/Allégeance ? : Officiellement, il prête allégeance à la Compétition puisqu’il travaille pour eux et fait semblant (souvent sans grande conviction) d’adhérer à leurs idées. Personnellement néanmoins, il ne fait confiance à aucun des groupes.
Et vous ?
PUF/Surnom : C’est quoi cette mode d’avoir un pseudo de RPiste ? C’est apparu quand ? *pas du tout en retard, non non*
Âge : Deux décennies.
Disponibilité : On vise : une connexion sur le forum par jour et une réponse RP par semaine (ou deux semaines, on sait pas, la vie est capricieuse).
Comment avez-vous connu le forum ? : Top-site
Suggestions ? : Je sais pas, faire plus de publicité ? Les gens doivent connaître ce beau forum.
Personnage sur l'avatar : Saber [Fire Emblem Echoes: Shadows of Valentia]
Code : Mangééé !
Autre : Vous ne pouvez pas savoir à quel point ma joie est grande d’avoir enfin trouvé un forum RP Pokémon avec un système simple.
Léandre Savage
Elite
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Mer 24 Avr - 19:43
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HISTOIRE – PART 1
/!\ Manipulation, violence, morts, descriptions sordides, crimes, langage ordurier, maltraitance, comportement dépressif, etc – Disons que c’est pour les deux parties de l’histoire /!\

Citation :
“What if — is more complicated than that? What if maybe opposite is true as well? Because, if bad can sometimes come from good actions—? where does it ever say, anywhere, that only bad can come from bad actions? Maybe sometimes — the wrong way is the right way? You can take the wrong path and it still comes out where you want to be? Or, spin it another way, sometimes you can do everything wrong and it still turns out to be right?”

L'histoire d’un enfant commence par celle de ses parents. Un homme énolien modeste qui tombe amoureux d’une Française elle aussi modeste et qui décide de le suivre à Enola pour fonder une famille. Rien d’exceptionnel.

1980 ~ 1997

Le 1 mars 1980 marque la naissance de leur premier et seul enfant : Léandre, soit « homme lion ». Ils n’avaient pas hésité longtemps à l’appeler ainsi au vu de ses petits cheveux roux. Bébé, il avait déjà beaucoup d’énergie à revendre et demandait constamment l’attention de ses parents. Un vrai petit trésor dans leur petite maison d’Anula. Au fil des années, la fougue du gamin ne semblait pas s’épuiser. À 8 ans, il rentra chez lui après l’école, la joue irritée à cause du petit poing de l’un de ses camarades de classe. Il se plaignit que ce n’était pas sa faute, qu’il avait juste voulu défendre Loïc contre Michel qui l’intimidait injustement. Sa mère soupira et prit doucement son fils par les épaules, contrastant avec sa voix autoritaire :

- Léandre, ce n’est pas à toi de régler ces affaires. Tu dois aller voir la surveillante.
- Mais-
- Je sais, tu n’aimes pas voir tes petits copains tristes. Mais tu ne dois pas te mettre en colère à chaque fois que ça arrive ! Va voir la surveillante comme je te le dis.

Le rouquin hocha piteusement la tête. Ne pas se fâcher. Comment ne pas se fâcher en voyant ça ? Enfin, sa maman devait savoir des choses qu’il ne savait pas encore. Ne pas se fâcher.

Deux ans plus tard, le petit Loïc se faisait encore intimider parce qu’il portait de grosses lunettes rondes. Ces moments-là, Léandre retenait sa colère et se contentait de prévenir le professeur. Il avait acquis une réputation de porte-panier à force de tout rapporter aux surveillants. Cependant, cela en valait la peine : il savait qu’il faisait quelque chose de bien lorsqu’il voyait le regard reconnaissant de son camarade à chaque fois que le jeune Savage revenait avec un adulte.

- Papa ? Les policiers, ils peuvent intervenir quand il y a des problèmes, non ?
- Évidemment, c’est leur travail, lui répondit son paternel tout en lisant le journal, amusé par la question.
- Je veux devenir policier alors ! Comme ça, je vais pouvoir agir moi-même au lieu de demander l’aide d’un adulte ! Parce que ce sera moi l’adulte responsable !

Le début de l’adolescence ne fut pas de tout repos ni pour les parents ni pour leur enfant. Un soir d’automne, ils attendaient de pied ferme Léandre après l’école : le directeur les avait appelés afin de leur informer que leur fils s’était battu. L’adolescent rentra malgré tout la tête haute, encore rouge de colère.

- Ils n’arrêtent pas de m’appeler "Le roux" et de se moquer de moi ! J’ai un nom comme tout le monde, merde !
- Léandre, soupira sa mère, tu ne fais que les encourager davantage quand tu réagis à leurs moqueries. Ignore-les.
- Mais-
- Écoute ta mère, Léandre, et laisse-les faire. Tu vas voir, ils vont laisser tomber.

Le jeune homme ravala son indignation et hocha faiblement la tête. Les ignorer. Ne pas se mettre en colère. Garder un air indifférent. Comme ça, ils vont le lâcher.

-

17 ans. Il ne restait plus énormément d’adolescents qui l’appelaient par des sobriquets et lorsque cela arrivait, le rouquin ignorait ou répliquait par l’humour les journées où il se sentait téméraire. Plus personne n’osait l’intimider lui ou ses amis depuis que Savage avait commencé la musculation et qu’il faisait partie des plus grands de l’école. Les pions l’aimaient bien puisqu’il faisait parfois leur travail à leur place (bande de fainéants).

Un beau jour, il était chez Loïc avec deux autres de ses amis. Les jeunes hommes jouaient à un jeu vidéo sorti récemment, Super Mario 64, et se passaient la manette à tour de rôle. Beaucoup de blagues, de grognements concentrés et de sacs de croustilles sur le sol. La mère de Loïc ne sera sûrement pas contente, mais honnêtement, ils s’en foutaient un peu présentement.

- Dites les gars, vous voulez faire quoi plus tard ?
- Je sais pas encore …
- J’aimerais bien être docteur. Ça paye bien.
- Tu penses juste à l’argent, toi !

C’était au tour de Léandre d’essayer de passer le niveau. D’un mouvement sec de la tête, il dégagea ses poils carotte de ses yeux afin de mieux voir l’écran.

- Et toi Léandre, tu veux faire quoi ?
- Policier.
- Ah ouais, tu vas faire un super policier, c’est sûr.

2001 ~ 2008

C’était sûrement le meilleur jour de sa vie. Après plusieurs années d’étude, il avait réalisé son rêve. Il était enfin policier ! Ses parents étaient fiers de lui et pas surpris une seule seconde de sa réussite. Après tout, leur fils avait toujours été assidu à l’école et en excellente forme physique. En tout cas, il avait fière allure dans son uniforme bleue. Sa formation avait été suivie à Amanil et c’était dans cette ville qu’il allait remplir ses fonctions. Le jeune Savage était indépendant maintenant, vivant dans un petit appartement loin de ses parents. Cette distance ne l’indisposait pas, car il se sentait à sa place avec les autres gardiens de la paix.

Ses collègues l’adoptèrent bien vite d’ailleurs, son enthousiasme étant contagieux. Son supérieur lui rappelait souvent de se calmer toutefois : « Un policier se doit de rester calme en toute circonstance » répétait-il. Alors le bleu contenait ses explosions de joie et prenait un air neutre. Il devait être calme. C’était logique.

Un jour quelconque alors qu’il avait 22 ans, le roux était en patrouille avec son officier supérieur. Et quand je dis en patrouille, je dis assis sur le siège passager d’une voiture de police cachée derrière des buissons, guettant les types qui ne respectaient pas les limites de vitesse. Son collègue mâchouillait bruyamment son beignet fourré à la fraise. Comme quoi, les clichés sont souvent le reflet de la réalité …

- C’quoi cette tête, gamin ? lui demanda-t-il entre deux bouchées. C’est ta Pitrouille qui sape ta bonne humeur ?

Parce qu’en plus, le gros et vieux policier n’aimait pas trop les fantômes. Il regardait d’un air suspicieux la citrouille qui flottait au-dessus des sièges arrière. Le jeune homme soupira. Il les aimait bien, les spectres, lui ! Il les trouvait mignons et puis, ils n’étaient pas vraiment méchants… enfin, pas tous. Les paris étaient encore ouverts pour la Baudrive.

- Non non …
- Quoi alors ?

Pour être tout à fait honnête, Léandre s’ennuyait un peu. Bien sûr, aider les citoyens d’Enola le rendait heureux et voir leur sourire valait plus que tout l’argent du monde. Mais… il lui manquait quelque chose. Il manquait de sensations fortes. Quand le vingtenaire s’imaginait le métier de policier, il voyait des hommes enchaînant les clés de bras pour arrêter des criminels, des types défonçant des portes pour arrêter un trafic de drogue. Pas… ça. Il en fit part à son chef.

- Pourquoi t’essayerais pas de rentrer dans la brigade criminelle alors ?

-

26 ans. Savage avait suivi le sage conseil du vieil officier et après plusieurs années de service et un examen éprouvant, il était enfin dans une branche lui plaisant davantage. Le pauvre jeune homme avait eu peur de ne pas réussir l’épreuve de tir en situation, lui qui n’avait jamais eu à utiliser son arme auparavant … Quel soulagement lorsqu’il apprit sa réussite !

Lui et deux autres nouveaux furent appelés par le Commandant Lebel peu de temps après. Ce dernier les amena devant un appartement où avait eu lieu un crime… quelque peu horrible. On aurait presque dit que le Commandant ricanait dans sa barbe lorsqu’il posa la main sur la poignée, se délectant en avance de la réaction de ses nouveaux sous-fifres. Cruel ? Sûrement.

- Vous avez passé l’examen. Toutes mes félicitations, commença-t-il d’un ton mielleux. Il est temps de passer de la théorie à la pratique.

Il ouvrit la porte et laissa les trois agents entrer timidement. Ils s’arrêtèrent net. Au début, Léandre n’avait vu que les autres policiers, peu nombreux, qui s’affairaient autour de la scène de crime. Et puis ses yeux dévièrent sur ladite scène de crime. Une femme était étendue sur le sol de son salon et baignait dans son sang. Le jeune homme ne pouvait dire quel âge elle avait. Une balle avait éclaté sa tête. Malgré ses cinq ans dans la police, c’était la première fois qu’il voyait un cadavre autrement que par des photos.

Une grimace défigura son visage tandis qu’il entendit un collègue vomir, suivi des reproches de son supérieur qui ne voulait pas contaminer la scène de crime. Il aurait bien aimé l’imiter et vider son déjeuner aussi, mais le grand musclé se rappela quelque chose. Un agent de la paix devait être calme. Alors il resta calme. Cela exigea une force surhumaine pour finalement détendre ses traits et le Commandant Lebel le remarqua.

- Ah, ça c’est bien ! Prenez exemple sur l’Agent Savage ! Quel sang froid !

-

Une année passa et il ne ne regrettait pas son choix de carrière. Il était enfin dans le feu de l’action et même s’il était témoin de scènes horribles quelquefois, l’adrénaline qu’il ressentait à ces moments-là était incroyable. C’était cette sensation qu’il recherchait et il l’avait enfin trouvée. Quand ses coéquipiers le surprenaient à sourire pendant le service, ils lui demandaient à la blague s’il était psychopathe. Non, bien sûr que non ! Ce n’était pas la violence qui l’excitait … Alors, au bout d’un moment, Léandre arrêta de sourire bêtement au travail, comprenant que ce n’était pas approprié.

Ce fut le 9 mai 2007 qu’il rencontra l’amour de sa vie. Nicole Fontaine. Il se souviendra toujours de ce jour et de la façon qu’ils sont tombés amoureux (sa fille commentera bien plus tard que c’est "digne d’un mauvais film d’amour"). C’était le soir et le vingtenaire proche de la trentaine avait terminé son service. Sur un coup de tête, il avait décidé de prendre un raccourci dans une ruelle sombre. Une agression avait justement lieu dans cette ruelle : une jeune femme faisait face à un homme visiblement ivre. Celui-ci tentait de la toucher, mais la demoiselle esquivait ses mains tremblantes. Savage arriva pile au moment où elle perdit patience et frappa l’ivrogne avec sa sacoche. « Quelle force pour une si petite femme », ne put-il s’empêcher de penser, mais son sérieux revint vite : le saoulard avait sorti un couteau et cela n’avait pas échappé au regard vif du policier.

Cela ne prit que quelques secondes pour qu’il les rejoigne, qu’il désarme l’homme et qu’il le plaque à terre.

- Peut-on m’expliquer ce qui se passe ici ? demanda-t-il, sa main maintenant fermement la face de l’ivrogne contre le sol.
- J’ai voulu prendre un raccourci et cet homme est apparu pour me demander de l’argent, répondit la femme tout en replaçant ses cheveux. J’ai refusé et… voilà.
- Vous n’avez rien j’espère ?
- Non… et c’est grâce à vous.

Elle lui offrit un merveilleux sourire et notre pauvre protagoniste eut l’impression de s’être fait frapper par Fatal-Foudre. Puisqu’il ne disait rien, la femme prit les choses en mains :

- Hm … Vous allez faire quoi avec lui ?
- Oh, uh, euh… L’amener au poste. Debout !

Aucune réponse. Léandre l’avait assommé sans faire exprès. Les deux jeunes gens se mirent à rigoler bêtement de la situation et la demoiselle le convainquit de laisser le type là (« Il est ivre, il va se souvenir de rien au réveil de toute façon »). À la place, il la ramena chez elle et lui donna maladroitement son numéro de téléphone. Elle l’appela le lendemain même. Une semaine plus tard, ils sortaient ensemble.

-

28 ans. Léandre et Nicole étaient mariés et heureux parents d’une fille nommée Désirée. Ce bébé avait un père et une mère bien différents : l’un travaillait dans la brigade criminelle d’Amanil et l’autre dans un lieu de repos pour Pokémon à Anula. Mais ils s’aimaient tendrement.

Le 10 juillet 2008 fut un choc terrible pour tous les habitants de l’île. Le gouvernement, renversé ? C’était le genre d’évènement qui se produisait dans les autres pays, jamais chez nous … Les deux amoureux étaient choqués et inquiets. Qu’allait-il se passer maintenant ?

2009 ~ 2017

Les années qui suivirent furent une descente en enfer pour Léandre Savage.

Le Régime avait pris le contrôle de la sécurité et donc de la police. Cela signifiait que le jeune père de famille travaillait indirectement pour ces foutus hommes en blanc qu’il voyait de plus en plus souvent et cela l’enrageait. La plupart des affaires leur étaient retirées. « Sûrement parce que ce sont des meurtres commis par le Régime ou des rebelles » hypothétisait sa femme.

Nicole avait changé depuis quelques temps. Malgré leur enfant en bas âge, ses heures de travail avaient presque doublées. Son Leveinard s’occupait de Désirée quand les parents s’absentaient (c’est-à-dire souvent), mais la mère semblait aussi stressée que si elle devait s’occuper de cinq enfants en même temps.

- Veux-tu en parler ? osa demander son mari pendant un dîner. Tu es plutôt agitée ces derniers temps …
- Chéri, j’ai toutes les raisons du monde d’être agitée ces derniers temps ! s’énerva-t-elle. Notre gouvernement est corrompu ! Enfin, le dernier aussi l’était, mais celui-là encore plus !
- Euh …
- Tous les hauts placés de tous les domaines mangent dans la main du Régime. Des traîtres, tous autant qu’ils sont !
- C’est faux, tenta-t-il de la rassurer maladroitement. Personne dans la police est satisfait de ce qui se pass-

La femme ricana. Un rire lugubre qui fit frissonner son âme-sœur et roucouler son enfant. Même les trois Pokémon spectre présents se retournèrent, surpris.

- C’est le temps d’ouvrir les yeux, chéri. Garde cela en tête demain à ton boulot.

C’est ce qu’il fit. Le lendemain, Savage buvait tranquillement son café à son bureau et zieutait ses collègues qui allaient et venaient. Jusqu’à maintenant, personne n’avait l’air suspect… jusqu’à ce que le Commandant Lebel débarque en s’éclaircissant la gorge, étrangement agité en cette heure matinale.

- Ok les boys, on ferme le dossier, annonça-t-il sans plus de cérémonie.
- Pardon ? s’enquit un policier.
- J’ai dit : on ferme le dossier.
- Mais pourquoi ? s’enquit à son tour le roux en se levant un peu plus brusquement que voulu.
- Pas assez de preuves. Maintenant, rangez v-
- « Pas assez de preuves » ? Selon qui ? Les soldats blancs ?!

Un silence de mort empli la pièce. Ses camarades le dévisagèrent tout en épongeant leur sueur, effrayés par son audace en ces temps sombres. Lebel plissa les yeux. Son subalterne ne baissa pas le regard. Le Commandant s’approcha du grand rebelle.

- Que sous-entends-tu là, mon garçon ? demanda-t-il calmement.
- Que vous êtes vendu, sir.

Le poing de son supérieur s’enfonça dans son visage. Le trentenaire tomba à la renverse, surpris par le coup. Il porta sa main à sa mâchoire douloureuse et leva les yeux vers ceux furieux de Lebel.

- Tu veux perdre ton badge, Agent Savage ? Tu veux te retrouver à la rue avec ton mioche et ta petite femme ?!
- N-Non …
- Alors ne remets plus jamais en question mes ordres et ceux du Régime ! Cela vaut pour tout le monde ici ! conclut-il d’une voix forte avant de tourner les talons et s’enfermer dans son bureau vitré.

La réalité frappa Léandre plus fortement que le coup de poing de son patron. Sa femme avait raison. Des flics qu’il connaissait personnellement étaient corrompus. Et il ne pouvait rien faire sous peine de ne plus pouvoir nourrir sa famille… ou pire.

- Tu dois jouer intelligemment, le prévint Nicole en apprenant ce qu’il s’était passé. Fais-toi oublier et obéis aux ordres sans rechigner.

C’est vrai. Ne sois pas en colère. Reste calme. Garde un air neutre. Et subis sans rien dire.

-

Après le 1er janvier 2014, la tension entre le Régime et la Résistance était palpable. Les citoyens avaient peur dans la rue. Nicole était stressée et fixait souvent la porte d’entrée comme si quelqu’un pouvait la défoncer à tout moment.

Léandre, lui, était stoïque.

Un après-midi alors qu’il était en uniforme avec un camarade plus jeune dans la rue, deux passants les insultèrent de "vendus" et autres synonymes. Son collègue fit un mouvement pour rétorquer, mais il le retint en attrapant fermement son bras.

- Ignore-les. Il faut les comprendre, tout le monde est tendu.
- Bon sang Savage, le dévisagea l’autre, comment vous faîtes pour être aussi inébranlable ?
- L’expérience.

Le soir, la petite famille se retrouvait autour de leur table modeste. Nicole fixait toujours la porte. Léandre fixait son plat. Désirée balançait ses petites jambes qui ne touchaient pas le sol. La gamine de presque six ans demandait souvent : « Maman, papa, pourquoi vous êtes toujours fatigués ? » ou encore « Maman, papa, pourquoi vous n’êtes pas souvent là ? » Les yeux des parents se croisaient. Silencieux et coupables. Ils auraient voulu une meilleure vie pour leur fille.

-

11 juillet 2015. Le Régime avait besoin d’hommes et de femmes supplémentaires afin de récupérer tous les cadavres du massacre. La journée d’avant, une marche pacifique s’était terminée en bain de sang. Le groupe de Léandre ainsi que bien d’autres avaient été désignés volontaires à la tâche.

Il profita d’une courte pause pour observer les vivants. Le visage de ses compagnons, surtout. Les plus jeunes policiers ne pouvaient camoufler les larmes qui coulaient silencieusement sur leurs joues rougies par l’effort et la chaleur. Quant aux plus vieux, leur regard était dur, mais leurs traits crispés trahissaient ce qu’ils ressentaient vraiment. Et puis, il y avait bien sûr les soldats du régime. Leurs habits blancs contrastaient avec le rouge du sang et leurs masques cachaient leur humanité… s’ils en avaient une. Avec leurs gestes machinaux, ils ressemblaient à des robots. Le grand roux se tourna vers la vitrine à sa droite et fut accueilli par son reflet.

Son visage. Complètement inexpressif. Des yeux sombres et morts comme ceux des cadavres qu’il trouvait.

Savage voulait être triste pour les familles des défunts. Il voulait être révolté par la violence du Régime. Mais il en était incapable. Il n’en était plus capable. À force de jouer l’insensible, il l’était devenu. Au final, était-il vraiment mieux que les robots blancs ?...

-

Le début de l’année 2016 marqua un tournant majeur dans sa morne vie.

Une nuit de janvier, l’agent retrouva sa femme en train de faire les cent pas dans l’appartement. Elle tenait une valise noire avec ses deux mains et semblait plongée dans un profond dilemme. Ses yeux s’illuminèrent en voyant son mari enfin rentrer du boulot.

- Chéri, tu dois faire quelque chose pour moi, ordonna-t-elle en lui fourrant la valise dans ses bras musclés. Apporte-la à cette adresse.
- Pourquoi ?
- Tu es un policier, ils ne risquent pas de te fouiller. Dis-leur que c’est Négapi qui t’envoi.

Policier ? Fouiller ? Négapi ? Le pauvre mari n’eut pas le temps de poser une question de plus que Nicole le jeta dehors en insistant sur le fait que c’était une livraison urgente. Une livraison ? Ah, qu’importe … Blasé, le flic déambula sans se faire interrompre dans les rues sombres de la ville jusqu’à sa destination : une porte louche dans une ruelle tout aussi louche. Il cogna et quand une voix d’homme lui demanda qui était là, il répondit que c’était Négapi qui l’envoyait. La porte s’ouvrit et le type toisa suspicieusement le rouquin qui avait encore sa tenue de travail. Il lui arracha malgré tout la valise des mains et vérifia son contenu afin de s’assurer que rien ne manquait. C’est là que Léandre vit ce qu’il avait transporté pendant de longues minutes : des Pokéballs… et sûrement pas vides. Le criminel lui donna une enveloppe remplie d’argent et ferma sèchement la porte.

Sur le chemin du retour, le père de famille n’était pas aussi tranquille qu’à l’aller. Venait-il de faire ce qu’il pensait qu’il venait de faire ? Venait-il de participer à un trafic de Pokémon ? Qu’arriverait-il si cela se savait ? Allait-il finir en prison ? Allait-il se faire tuer ? Pour la première fois depuis longtemps, Savage était nerveux et lançait des regards paniqués autour de lui comme un enfant qui venait de commettre une grosse bêtise. Ce fut autant soulagé qu’indigné qu’il traversa la porte de sa demeure pour retrouver Nicole qui l’avait visiblement attendu pendant tout ce temps.

- Qui était ce type ? Pourquoi devais-tu lui livrer des Pokémon pour… pour de l’argent ?!
- Chut, Désirée dort …

Elle se leva du fauteuil et s’approcha de son amoureux. Elle avait toujours eu des mouvements félins et envoûteurs. Cela n’avait pas changé avec le temps. Malgré tout, lorsqu’elle leva une main pour toucher la joue mal rasée de son mari, ce dernier recula.

- Depuis combien de temps fais-tu ça ?
- Tu sais, la compagnie pour laquelle je travaille ? Les Sources Maurice ?
-
- Le grand patron a vu une opportunité avec la Résistance … Il s’est dit que ses membres allaient avoir besoin de Pokémon puissants pour rivaliser avec le Régime, alors… il a commencé à leur vendre les Pokémon que les dresseurs avaient abandonnés dans notre lieu de repos. Et c’est devenu plus gros avec le temps.

Léandre se pinça la racine du nez, se sentant soudainement très fatigué. Sa femme était une criminelle depuis presque dix ans. Le comble pour un policier.

- Je ne fais que les livrer pour un peu d’argent supplémentaire. Celui qui s’enrichie vraiment avec tout ça, c’est le patron, ajouta-t-elle en maugréant.
- Ce sont des aveux. Je devrais t’arrêter pour ça.
- Tu arrêterais ta propre femme ?

Il ne répondit pas. Elle porta de nouveau une main à sa joue et il la laissa faire cette fois.

- On ne nage pas dans l’argent, chéri. Notre fille a presque 8 ans. Il faut bien couvrir nos dépenses.
- Mais … Les lois …
- On s’en fout des lois ! se fâcha Nicole. Le gouvernement, les compagnies, les élites, le riches et autres salopards de la même espèce ne les suivent pas, alors pourquoi devrions-nous ?! Mais enfin, ouvre les yeux, Léandre ! Le monde est corrompu et pour survivre, il faut jouer selon leurs règles personnelles et non celles qu’ils essayent de nous imposer !

Le gardien de la paix resta bouche-bée devant cette explosion de rancœur et de passion. Nicole encadra son visage étonné avec ses deux mains douces.

- Aide-moi, chéri. Fais-le pour moi. Fais-le pour notre fille.

-

Le lendemain, Léandre alla s’asseoir à son bureau, terriblement nerveux. Il avait l’impression que le monde entier était au courant du crime qu’il avait commis la nuit dernière. Il était convaincu que ses collègues allaient lui passer les menottes. À la place, le Commandant Lebel passa à côté de lui et s’arrêta, surpris.

- Wow Savage, t’as l’air nerveux aujourd’hui.
- Oh, euh …
- Problème de femme ? Haha !

Son supérieur lui tapa le dos un peu trop fort.

- Ça fait du bien de voir de la vie dans ta face ! C’est vrai quoi, t’as toujours une tête d’enterrement.

Se trouvant drôle, Lebel alla vaquer à ses occupations en rigolant. Léandre resta interdit. Le gros barbu avait raison. C’était la première fois depuis longtemps qu’il ressentait quelque chose.

-

- Vite, vite ! s’affola Nicole dans un murmure essoufflé.

Une nuit quelconque. Les deux amoureux avaient été surpris par un soldat blanc pendant une de leur livraison. Heureusement, il n’avait pas vu leurs visages à cause de la noirceur, mais ils devaient quand même le semer. Posipi et Négapi prirent un tournant et s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle, attentifs aux bruits de pas de leur poursuivant. Ceux-ci s’éloignaient; il avait dû perdre leur trace. La femme se laissa glisser contre le mur.

- J’ai eu si peur …
- Moi aussi.

Le mari et la femme se regardèrent. Un sourire se forma sur leurs lèvres et un rire idiot leur échappa, fiers de leur coup. Le rouquin entendait son cœur battre dans ses oreilles et avait l’impression d’être hyper éveillé à cause de cette poussée d’adrénaline. Il s’approchait de la quarantaine, mais il se sentait comme un adolescent. Il était vivant et heureux de l’être.

-

Nicole disait : « Si ce n’est pas nous qui faisons les livraisons, quelqu’un d’autre les fera à notre place de toute façon. Alors tant qu’à faire, pourquoi ne pas avoir cet argent ? » « On n’est que des pions pour ces hauts placés avares, mais ça ne veut pas dire qu’on doit s’en contenter. » « Ce ne sont que de petits crimes. Les vrais criminels, ce sont les rebelles qui utilisent les Pokémon après pour tuer des régimeux. Est-ce que tu blâmes le fabriquant de couteaux si une personne en utilise un pour tuer quelqu’un ? » « Crois-moi chéri, personne ne suit les lois aujourd’hui. Je suis sûr que tes copains policiers travaillent au noir eux aussi. » « La Résistance ? Ils sont peut-être des héros aux yeux du peuple, mais ne sois pas dupe, mon chéri : ils ne sont pas mieux que le Régime. Rappelle-toi de leurs attentats … » Et bien d’autres choses.

Et Léandre la croyait. C’était plus facile de se voir comme une victime du système corrompu plutôt que comme une personne participant à sa corruption.

-

À chaque jour, il s’attendait à se faire arrêter en arrivant au boulot. Cela n’arrivait jamais.

Afin de ne pas attirer l’attention, il reprit vite son air neutre habituel. Personne ne devait être au courant de ses activités nocturnes. Et puis, il y avait encore toutes ces histoires de patrons corrompus, de Régime qui balance des affaires criminelles à la trappe, d’insultes dans la rue et de cadavres qu’il devait ignorer afin d’être un bon petit policier calme en tout temps. De toute façon, même s’il avait essayé, le grand roux n’aurait pas retrouvé la satisfaction qu’il éprouvait avant en faisant son travail. Les sensations fortes qu’il recherchait étant jeune, il ne les trouvait que dans l’illégalité maintenant.

Août 2017. La situation semblait se dégrader de plus en plus à Amanil. Nicole et Léandre envoyèrent Désirée (accompagnée de Roméo) chez ses grands-parents Savage à Anula. Si ça devait éclater, ce serait sans leur fille … Et pour éclater, ça éclata.
Léandre Savage
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Mer 24 Avr - 19:43
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HISTOIRE – PART 2

Citation :
“No evil dooms us hopelessly except the evil we love, and desire to continue in, and make no effort to escape from. ”

2017 ~ 2018


Cela arriva si vite. L’explosion. La Résistance en profitant comme des sales hyènes. Les citoyens devenus fous. Le Régime en panique. Malgré le chaos, les policiers n’eurent pas à se parler pour se mettre d’accord sur une seule et unique chose : ce n’était pas leur combat. Ils étaient des gardiens de la paix et maintenant était le moment idéal pour reprendre leur rôle initial. Alors les agents en bleu laissèrent les rebelles et les soldats blancs s’entretuer pendant qu’ils s’occupaient de mettre les civils innocents en sécurité. Léandre faisait partie de ces braves gens. Impassible au milieu de la foule paniquée, il ne comprenait pas pourquoi ses collègues semblaient tout aussi traumatisés que les citoyens. Un policier se devait d’être calme après tout, alors pourquoi ne l’étaient-ils pas ?

Son sang-froid calma quelques personnes, rassurées de voir une figure d’autorité qui semblait savoir quoi faire au milieu du carnage. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était déjà ça de gagner. Savage ignorait combien de personnes il avait guidées vers les zones d’évacuation, combien de personnes il avait relevées, combien d’enfants en pleurs il avait dû transporter dans ses bras, combien de Pokémon il avait vus gémir dans leurs coins. Il n’avait pas compté. Il n’avait pas non plus compté les minutes. Combien d’heures ce chaos avait-il duré ? L’homme avait l’impression que le temps s’était figé. C’était irréel.

Quand on pensait que la situation ne pouvait être pire, Amanil se retrouva inondée. Les policiers durent évacuer avec le reste de la population; ce n’était pas au milieu de la catastrophe qu’ils pouvaient sauver qui que ce soit. Ils allaient devoir attendre avant de pouvoir y retourner et récupérer les survivants… s’il y en avait.

Savage s’était retrouvé avec d’autres flics et civils dans un quartier épargné par la tragédie, ou du moins qui n’était pas en aussi piteux état que les autres. Un officier avait récupéré des bouteilles d’eau dans un magasin et les faisait circuler. Les gens buvaient en même temps que des larmes coulaient sur leurs joues. Ce désespoir ne touchait pas le rouquin qui était aussi insensible que d’habitude. Après tout, cela ne servait à rien de paniquer. Un policier devait être calme. Même au niveau personnel il n’avait pas à s’en faire : sa fille était à Anula et sa femme…

La bouteille d’eau lui glissa des mains. Pour une rare fois depuis longtemps, ses yeux s’écarquillèrent.

Nicole n’était pas à Anula aujourd’hui. Elle était à Amanil.

-

- Savage, ça fait des heures … Tu devrais prendre une pause …

Le concerné ne répondit pas. Ce n’était pas la première fois qu’on lui demandait de se reposer, mais il n’en avait pas le temps.

Lui, des policiers et autres volontaires soulevaient des débris dans l’espoir de retrouver des survivants… ou au moins des cadavres. Ses deux Pokémon spectre l’aidaient en inspectant les environs, le prévenant s’ils repéraient quelque chose. C’était donc inlassablement que le grand musclé utilisait ses muscles pour dégager des briques, des roches, des membres déchiquetés, des cadavres plus ou moins en entier et quelques fois des personnes qui avaient miraculeusement survécu.

« Quel homme, ce Savage ! Il se donne à fond pour secourir le plus de monde possible ! » qu’il entendait souvent dans son dos.

Ces imbéciles ne comprenaient rien. Il ne faisait pas ça pour eux; c’était sa femme qu’il cherchait. Il espérait qu’elle soit toujours en vie, mais paradoxalement, à chaque fois qu’il trouvait un corps, il espérait y voir son visage. Peut-être qu’en ces jours de confusion, il voulait juste savoir ce qui lui était arrivée.

-

Ils ne retrouveront pas les corps de tout le monde. C’était une évidence.

Léandre s’était séparé du groupe principal. Il ne savait plus quoi penser, ni ressentir. Ressentait-il quoi que ce soit en fait ? Il avait composé le numéro du téléphone portable de Nicole un nombre incalculable de fois, toujours en vain. Peut-être l’avait-elle perdu. Peut-être était-elle blessée et ne pouvait pas répondre. Peut-être était-elle juste morte. Merde, sa femme était sûrement morte, mais les larmes ne venaient pas. Assis sur une poutre tombée, il cacha son visage sali par la poussière dans ses mains. Qu’est-ce qui n’allait pas chez lui ?!

Un grognement soudain le fit relever la tête. Un Lougaroc de forme Diurne se trouvait à quelques pas de lui. Blessée au flanc, la bête était clairement enragée; sûrement avait-elle perdu son dresseur dans l’explosion. Malheureusement pour le loup, Savage n’en avait rien à foutre. Ce dernier se releva lentement et voulu partir en silence, mais le Pokémon se mit à grogner davantage. Le Lougaroc avait soif de sang et de vengeance et puisque le rouquin était le seul humain présent dans les parages, c’était contre lui qu’il allait se défouler. Léandre lança de rapides coups d’œil vers sa droite et sa gauche : aucun signe de ses propres Pokémon.

Le loup bondit. Le policier eut le réflexe d’esquiver, mais il n’était pas assez rapide. Les griffes du Pokémon lacérèrent la partie droite de son visage et Léandre tomba sur le dos dans un cri de douleur. Il porta une main sur son œil blessé, incapable de l’ouvrir. Il voulu ramper hors de portée de la bête, mais celle-ci posa ses pattes sur ses épaules, décidée à finir le travail. Le père de famille était convaincu que c’en était fini de lui jusqu’à ce qu’une ombre apparaisse derrière son agresseur.

Malgré son seul œil valide, il reconnu sa citrouille fantôme qui se mit à briller et à grandir. De longues mèches de cheveux entourèrent le Lougaroc et le soulevèrent. Le loup ne couina pas longtemps. La Banshitrouye l’étrangla jusqu’à la mort. Elle lâcha son corps sans vie comme si ce n’était qu’un déchet et se dirigea plutôt vers son dresseur, inquiète et fâchée de le voir blessé. Milady utilisa ses cheveux pour le redresser, délicatement cette fois.

- Ce n’est rien, j-je dois continuer à chercher …

-

Il se réveilla quelques jours plus tard. Paraît-il que malgré sa blessure fraîche, il avait continué à retourner des pierres pendant de longues minutes et qu’il aurait sûrement continué s’il n’avait pas été repéré par des policiers. Léandre s’était évanoui et on l’avait transporté d’urgence à un hôpital d’Anula. Honnêtement, après l’attaque du Lougaroc, tout était flou dans son esprit.

Quand il ouvrit les yeux (ou plutôt l’œil), la première chose qu’il vit fut le visage inquiet de Milady. Puis ce fut la Baudrive qui se pencha au-dessus de lui, curieuse. Les ignorant toutes les deux, Léandre se redressa péniblement, encore un peu dans les vapes. Il était couché sur une civière dans un couloir d’hôpital rempli d’autres blessés, certains à même le sol. Plusieurs personnes circulaient entre les patients et une infirmière s’approcha de lui.

- Vous êtes enfin réveillé, monsieur le héros !
- … Le quoi ?
- Oh, hm, c’est ainsi que vos amis vous ont appelé, expliqua-t-elle d’une petite voix timide. Des policiers vous transportant sont arrivés en trombe et ont demandé une civière pour "le grand héros du jour" …

Ils étaient en admiration parce qu’il avait travaillé sans relâche pour trouver des survivants et ce, même gravement blessé. Le roux fixa le mur. Ces imbéciles n’avaient, en effet, absolument rien compris. Il porta une main à son visage et ce ne fut que là qu’il remarqua le bandage qui couvrait la moitié droite de sa figure. Quelque chose clochait. Si son œil droit était couvert, il aurait dû le remarquer tout de suite, non ? Il aurait dû y avoir du noir dans sa vision, comme lorsque l’on ferme qu’un seul œil. Alors pourquoi … L’infirmière eut l’air soudainement très embarrassée.

- Votre œil a été gravement touché, monsieur, et euh …

Elle n’avait pas besoin de finir sa phrase, le flic avait compris. Malgré tout, sur le coup, il ne savait pas quoi en penser. Quelle semaine de folie …

- Il est là ! s’exclama une voix de fillette à l’autre bout du corridor. Papa !

Il se retourna. Ses parents étaient là et même s’ils étaient d’un âge avancé maintenant, l’inquiétude n’avait pas aidé à les rajeunir. Une petite fille se faufilait entre les civières en courant. Sa fille.

- Papa ! s’exclama de nouveau Désirée lorsqu’elle rejoignit son paternel. Tu as bobo papa ?

Léandre voulut répondre, mais resta bouche-bée. Une sensation nouvelle l’empêchait de parler, comme s’il y avait un nœud dans sa gorge. Ce ne fut qu’à ce moment qu’il se rendit compte de son erreur. Depuis l’explosion, il n’avait pas pensé une seule fois à appeler sa fille ou ses parents pour leur dire qu’il était sain et sauf. Ils les avaient laissés plusieurs jours sans nouvelles. Il ne pouvait imaginer à quel point ils avaient dû être inquiets … Quel fils de merde il était. Et il était un père pire encore. La gamine de neuf ans sembla chercher quelque chose du regard.

- Papa ? Je ne vois pas maman. Où est maman ?

C’en était trop. Pour la première fois depuis longtemps, ou peut-être même de sa vie, le policier craqua. Le nœud dans sa gorge se transforma en sanglots et spontanément, il serra son enfant dans ses bras. Surprise, Désirée entoura le cou de son papa avec ses petits bras. Elle n’avait jamais vu son père pleurer. Elle n’avait jamais vu son père lui donner un câlin non plus.

-

Les dieux eurent sûrement pitié de cette famille dysfonctionnelle, car l’Emergendémie ne les toucha pas. Les grands-parents Savage, qui n’avaient pas hésité à loger leurs fils et petite-fille chez eux, disaient que c’était un miracle. Ce qui était moins miraculeux cependant, c’était l’état de Léandre. Physiquement, ça allait; il n’était pas resté à l’hôpital longtemps. C’était mentalement le problème.

Les jours et les semaines passèrent lentement sans que son moral ne s’améliore. Il restait couché sur son lit presque toute la journée et fixait le plafond. Il ne parlait pas beaucoup, mais son désespoir se ressentait dans toute la maison. Désirée essayait parfois, en vain, de lui redonner le sourire avec l’aide de Roméo (la Baudrive s’en fichait et Milady était juste heureuse de pouvoir passer la journée proche de lui).

L’homme se sentait pathétique. Il était un mari pathétique : il n’avait pas pu sauver sa femme. Il était un fils pathétique : ses contacts avec ses parents étaient presque inexistants jusqu’à récemment. Il était un père pathétique : il n’était jamais là pour sa fille. Il était un policier pathétique : il ne pouvait plus remplir ses fonctions. Oh, l’agent avait essayé de retourner sur le terrain, mais il n’était même pas capable de marcher dans la maison sans se cogner partout. Jamais il n’avait imaginé que perdre un œil était aussi pénible. Alors il restait dans son lit, contemplant dans le noir ô combien il était inutile.

Comprenant que son état n’allait jamais s’améliorer ainsi, ses parents prirent rendez-vous avec une psychologue et poussèrent leur fils de presque quarante ans à y aller. Les premières rencontres s’avérèrent peu fructueuses; le roux ne répondait pas à beaucoup de questions. Cela ne découragea toutefois pas la thérapeute qui utilisa le peu d’informations qu’elle avait pour tenter d’attiser son attention.

Son patient semblait intéressé lorsqu’elle raconta que la perte d’un œil n’était pas une fin en soi et qu’avec une bonne réhabilitation, il pourrait même poursuivre sa carrière de policier. Cependant, ce fut lorsqu’elle mentionna qu’il pourrait profiter de ce congé forcé pour passer du temps avec sa fille qu’il sortit enfin de sa torpeur. Cette psy avait raison; il y avait peut-être du positif dans sa situation finalement …

-

Ce ne fut qu’en septembre 2018, soit un an plus tard, que Léandre fut pleinement satisfait de ses nouvelles performances physiques.

Au début, il dû réapprendre à coordonner ses gestes avec son œil. Quand les docteurs lui demandèrent de verser de l’eau dans un verre, il crut qu’ils se foutaient de sa gueule. Quand le liquide se retrouva sur la table et non dans le gobelet cependant, cela le déprima plus qu’autre chose. Il était heureusement bien encadré et ne lâcha pas l’affaire. Saisir des objets se révéla aussi être un défi, mais avec plusieurs heures de pratique, le rouquin développa des trucs pour ne plus causer trop de dégâts.

Ensuite, Savage dû apprendre à se déplacer sans heurter les gens ou les obstacles. Le docteur spécialiste en mobilité lui expliqua que bouger la tête de gauche à droite comme lorsque l’on veut traverser une rue aidait énormément pour y parvenir. Il avait bien raison.

Le plus dur fut de réapprendre à conduire sans causer un accident. Regarder un peu plus à droite, rouler plus lentement afin de prendre le temps d’analyser l’environnement, juger les distances différemment … Un vrai cauchemar pour un ex-flic habitué à conduire vite sur les routes, sirènes à fond.

Il avait fait de grands progrès, or le grand musclé continua dans son élan et se pratiqua à tirer avec sa main gauche. Il n’avait jamais été extraordinaire avec une arme à feu, mais cela ne l’empêcha pas d’aller au stand de tir jusqu’à ce qu’il soit satisfait de son score sur les cibles. Ce furent ces longs mois de travail acharné qui permirent au roux de reprendre confiance en lui et de se sentir moins inutile maintenant qu’il n’était plus aussi handicapé.

-

Niveau relationnel avec sa fille, par contre, les derniers mois n’avaient pas été aussi concluants …

Passer du temps avec Désirée : cela ne doit pas être compliqué, non ? Eh bien oui, ça l’est. Le pauvre père de famille ne comprenait pas ce qu’il faisait incorrectement. Plusieurs heures par jour étaient consacrées à sa fille et pourtant, il ne voyait pas d’amélioration dans leurs interactions. Bien sûr, Léandre aimait tendrement son enfant et ne voulait que son bonheur. Mais il était incapable de savoir si Désirée l’aimait en retour, ou du moins plus que juste "je l’aime parce que c’est mon papa".

- Peut-être a-t-elle l’impression que vous n’aimez pas être avec elle, proposa sa psychologue.
- Qu’est-ce qui pourrait lui faire penser ça ?
- Nous en avons déjà discuté, M. Savage. Vous ne savez pas extérioriser vos émotions. Pour un enfant, des paroles ne sont pas suffisantes : les gestes doivent suivre …

Elle avait raison, ils en avaient déjà parlé souvent de son problème. « C’est normal de ressentir des émotions et vous avez le droit de les vivre » répétait-elle souvent. C’était difficile à accepter; toute sa vie on lui avait demandé de rester calme en toutes circonstances. Là, on lui demandait de s’exprimer. Les gens ne savent pas ce qu’ils veulent, merde …

- Souriez-vous à votre fille ? Lui donnez-vous des câlins ?
- Euh … Non.

Le soir même, Savage alla chercher sa gamine de dix ans après l’école (cela avait été difficile d’en trouver une ouverte, mais il était hors de question que sa fille perde un an de scolarité à cause de ces conneries). Il prit une profonde respiration comme s’il se préparait à un grand effort physique et il ouvrit les bras en voyant Désirée. Elle s’arrêta devant lui, surprise et confuse, avant de gonfler les joues et de poser ses petits poings sur ses hanches.

- Papa ! Quand on fait un câlin, il faut sourire aussi !
- O-Oh …

Il étira les lèvres et eut l’impression que son visage se craquelait. Il devait avoir l’air ridicule et cette impression fut confirmée lorsque sa fille éclata de rire et se jeta dans ses bras.


-

Il y avait deux listes que Léandre regardait chaque jour : la liste des personnes disparues et la liste des personnes décédées. Parfois, un nom disparaissait de la première liste parce que la personne avait été retrouvée saine et sauve, mais plus souvent qu’autrement, le nom était transféré dans la deuxième liste. "Nicole Fontaine" ne bougeait jamais de la première, mais au fond de lui, il savait que sa place était dans la deuxième.

- Vous devriez faire des funérailles pour votre femme, suggéra sa psychologue, afin de vous aider à tourner la p-
- Non.

2019 ~ 2024


Il pourrait retourner dans la police. La perte de son œil ne l’incommodait plus et il savait que ses anciens camarades l’accueilleraient à bras ouverts… du moins, ceux encore vivants et qui n’avaient été trop dégoûtés de leur métier. Sauf que justement, Savage était un peu dégoûté lui aussi. Il n’était pas certain s’il voulait porter l’uniforme de nouveau.

- Dans ce cas, pourquoi n’essayerez-vous pas d’être ouvrier ? Amanil cherche de la main-d’œuvre pour reconstruire la ville.
- Hm …
- Vous avez les muscles pour et puis, voyez cela comme une opportunité de vous reconstruire en même temps que la ville. Je suis certaine que ce sera thérapeutique.

C’était surtout poétique. Presque. Enfin, la psychologue avait raison. Le rouquin avait abusé de l’hospitalité de ses parents trop longtemps et il était temps de redevenir autonome. Alors il alla faire la file pour s’engager.

-

- Eh mais je vous reconnais, vous !
- Pardon ?

Un travailleur déposa ce qu’il transportait pour s’approcher de l’ancien policier. Il y avait beaucoup de bruit sur le chantier, comme chaque jour, mais ce n’était clairement pas pour ça qu’il avait répondu "Pardon ?".

- Vous m’avez sorti des décombres cette… cette journée-là, vous vous rappelez ? J’avais la jambe brisée et je pensais mourir, mais vous m’avez trainé comme si j’étais aussi léger qu’un Flabébé !

Léandre ne se souvenait pas d’avoir déjà vu ce type. Honnêtement, il ne se souvenait pas du visage de ceux qu’il avait aidés tout court. Il n’avait fait que son travail, ce n’était pas comme s’il avait voulu le sauver lui en particulier … Son admirateur lui serra la main, les yeux brillants.

- Vous êtes un héros ! C’est un honneur de travailler sur le même chantier que vous !

Quand l’homme le laissa finalement seul, le plus grand des deux ressentit un léger serrement dans sa poitrine. Un sentiment de honte. Il n’était pas un héros : ses intentions étaient égoïstes et non nobles …


-

Mars 2019. Maintenant que leur fils avait retrouvé une situation stable, les grands-parents Savage décidèrent de déménager en France et d’y passer le reste de leurs jours. L’époque du Régime avait été éprouvante pour ces vieilles personnes et même si le mal était derrière eux, le pays était toujours ébranlé après tant d’années de dictature. Ils voulaient vivre leurs vieux jours en paix, pas dans une contrée bruyante en reconstruction … Ils laissèrent donc la maison familiale à Léandre et partirent en promettant à Désirée qu’ils allaient lui écrire souvent.

La demeure semblait très vide tout d’un coup. Si Nicole avait été là …

- Papa, est-ce que je peux prendre la plus grande chambre maintenant ?
- La plus grande chambre pour la plus petite personne ici ? Tu n’as pas peur de te perdre dedans ?
- Eeeh ! Eh bien moi au moins je peux entrée dedans, toi tes muscles t’empêchent de passer la porte !

-

Ce fut une journée comme les autres sur le chantier. Le soleil qui avait fait suer tant d’hommes et de femmes descendait enfin dans le ciel. L’ouvrier flânait entre les tas de planches, s’essuyant le visage avec une serviette usée, quand deux ombres dans un coin attirèrent son attention. Il reconnu l’un des contre-maîtres et celui-ci semblait faire un marché avec un autre homme. Ce dernier lui tendit alors une grosse liasse de billets avant de partir discrètement.

Le contre-maître partit de son côté, comptant l’argent qu’il venait de se faire avant de lever la tête et de repérer le rouquin. Il s’approcha de lui, prit un billet d’argent de son butin et le lui fourra dans la main.

- Tu n’as rien vu.

Léandre regarda l’autre continuer sa route comme si rien n’était. C’est vrai, il avait presque oublié : tous les hauts placés sont corrompus, Régime ou non. Il balança le billet vert derrière lui et s’éloigna, légèrement dégoûté que son supérieur hiérarchique pensait pouvoir l’acheter ainsi.

Il revint sur ses pas quelques secondes plus tard et ramassa l’argent. À bien y penser, ce serait du gaspillage de laisser ça là …

-

L’année 2020 se passa comme l’année 2019. Rien de remarquable se produisit à part qu’il avait atteint l’âge respectable de quarante ans. Il ne se sentait pas plus vieux malgré les blagues de sa fille.

La reconstruction d’Amanil avançait bien et les choses semblèrent se calmer avec la mise en place du nouveau gouvernement. Sûrement tous des types qui avaient payé leur siège, mais en tout cas … Ces hypocrites pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient; en autant que Savage avait suffisamment d’argent pour faire vivre sa fille dans le confort. D’ailleurs, sa relation avec Désirée s’était grandement améliorée ces dernières années. Les conseils de la psychologue avaient aidé. Oh, il n’était toujours pas très expressif : c’était comme si son visage ne voulait pas suivre ce que sa tête lui disait. Il compensait avec un langage plus coloré et des blagues à la con pour montrer à sa fille que ce n’était pas parce qu’il avait une tête d’enterrement qu’il s’ennuyait avec elle. Cela n’empêchait pas cette dernière de lui faire plein de câlins pour compenser ceux qu’il ne faisait pas lui-même (et aussi parce qu’elle était en compétition avec Milady pour savoir laquelle des deux pouvaient lui donner le plus d’affection en dix minutes).

À défaut d’être fou de joie, Léandre était serein.

-

2021. Il était encore satisfait de sa vie en général, mais il commençait à s’ennuyer. Amanil n’avait plus besoin d’autant d’ouvriers qu’avant et les bureaucrates commençaient à faire du ménage dans les employés. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’on lui donne un chèque ridicule et qu’on lui montre la porte.

- Amanil cherche un nouveau Champion Dresseur. Pourquoi ne tenteriez-vous pas votre chance ? La ville a besoin d’une personne d’expérience comme vous, tentait de le convaincre sa psychologue.
- Papa, papa, tu as vu sur Internet ? La Compétition a posté une annonce parce qu’elle cherche un Champion pour Amanil. Ce serait trop cool si tu le devenais ! le suppliait carrément Désirée.
- Bon bon, j’ai compris, bordel, grommela-t-il avec toute la mauvaise foi du monde.

Peut-être était-il temps de faire face à son passé en entrant de nouveau dans la police… ou plutôt la milice. C’était le nouveau nom. Le père monoparental roula des yeux (m’fin de l’œil) : soumis au Régime ou soumis à la Compétition, quelle différence ?

-

Il décrocha le titre avec une facilité déconcertante. Sa forme physique n’était plus à prouver et sa psychologue avait signé comme quoi il était mentalement apte à assumer ses fonctions. Et que dire des combats Pokémon ? Les jeunes compétiteurs n’avaient pas fait le poids contre ses fantômes en soif d’âmes à dévorer. Ces p’tits cons manquaient d’expérience et avaient encore des croûtes à bouffer on dirait.

- Nous savons tous ce que vous avez fait pour Amanil, déclara le haut fonctionnaire responsable de l’examen en lui serrant la main. C’est un honneur d’avoir un héros comme vous en tant que Champion Dresseur et Chef de la milice de notre ville.

"Héros". Encore ce terme vide de sens. Léandre n’avait pas postulé pour faire plaisir aux citoyens, il avait postulé pour faire plaisir à sa fille.

-

Le pauvre rouquin eut du mal à s’adapter à sa nouvelle position. La petite famille Savage avait dû déménager à Amanil, mais là n’était pas le problème. Il n’avait jamais eu à commander qui que ce soit de toute sa vie et puis pouf ! Du jour au lendemain, le voilà le deuxième homme le plus important de la ville après le maire. Une Élite. Bordel qu’il regrettait sa décision les premiers mois. Heureusement, la plupart des miliciens étaient trop intimidés par sa grandeur, ses muscles et son cache-œil pour lui tenir tête. Cela ne les empêchait pas de regarder bizarrement leur supérieur quand il leur ordonnait quelque chose de stupide.

Au bout du quatrième mois, ça allait un peu mieux. Il regrettait quand même sa décision. Quelle idée de merde. Savage s’emmerdait dans son bureau vitré à juste diriger les autres. Les seuls moments un peu amusants de son travail étaient lorsque des dresseurs le défiaient à l’arène, mais ce n’était pas assez courant pour que le jeu en vaille la chandelle. Il s’emmerdait. Il s’ennuyait. Il s’ennuyait terriblement. Maintenant qu’il avait le temps d’y penser, Léandre constata que cela faisait des années qu’il s’ennuyait. Quelle vie ennuyante.

Puis, à la fin du cinquième mois, quelqu’un cogna à la porte de sa demeure.

-

Ça ne pouvait pas être Désirée, elle dormait chez une amie ce soir-là. Quant à lui, il n’avait aucun ami. C’était peut-être juste le facteur. Dans tous les cas, le Revenant ouvrit la porte sans cérémonie. Un homme dans la cinquantaine se trouvait devant lui. Son costume parfaitement taillé et son sourire mielleux trahissait toute la richesse qu’il devait posséder.

- Léandre Savage ?
- C’est moi.

Le riche entra sans se faire inviter. Non mais, ça se croit tout permis ces c-

- Cela fait longtemps, "Posipi".

Léandre ferma aussitôt la porte. Il n’était pas amusé du tout.

- Qui êtes-vous ?
- Vous m’offensez ! Je suis pourtant un homme d’affaires important sur l’île.

L’homme lança nonchalamment sa carte d’affaire sur la table. Le Champion le dévisagea froidement un moment avant de prendre la carte et de la lire. Eugène Maurice des Sources Maurice. La compagnie pour laquelle Nicole travaillait. La compagnie pour laquelle lui-même avait travaillé, en quelque sorte.

- Lorsque j’ai lu dans le journal qu’Amanil avait un nouveau Champion, j’ai fait des recherches. C’est là que j’ai découvert que vous êtes le veuf de Nicole Fontaine.

Les lèvres de Maurice s’étirèrent alors en un faux sourire peiné.

- Toutes mes condoléances. Nicole a été une terrible perte pour la compagnie.
- Rien à foutre de vos condoléances, répliqua-t-il sèchement.

L’invité se tira une chaise et son sourire prit une forme mesquine. Une lueur dangereuse se promenait dans son regard.

- Comme vous le savez sûrement déjà, les Sources Maurice sont un lieu de détente pour Pokémon. Ah, je me suis fait beaucoup d’argent après le Régime ! Toutes ces pauvres petites créatures stressées sont venues décompresser chez moi.
- Je sais surtout que vous cachez un trafic de Pokémon.
- Haha, en effet ! avoua le richard sans aucune honte. Récemment, on a même fait venir des Pokémon de d’autres pays afin de les revendre ici. Les affaires marchent bien.
- Vous pensez pouvoir débarquer à l’improviste chez le Chef de la milice, déballez votre sac et sortir sans menottes dans le dos ?
- Oui.

Moment de silence.

- Comme je disais, les affaires marchent bien, mais elles pourraient marcher mieux encore. Votre ville est pleine de criminels, Champion, et donc pleine d’acheteurs potentiels.

Son rictus s’agrandit. Eugène croisa les jambes, sûr de lui.

- Évidemment, ce serait fâcheux si des policiers mettaient des bâtons dans les roues de mon commerce …
- Vous voulez m’acheter.
- Exactement ! s’exclama l’autre en tapant une fois dans ses mains. Vous serez grassement payé.
- … Pourquoi moi ?
- Est-ce une plaisanterie ? Mon cher, vous l’avez dit vous-même : vous êtes le Chef de la milice. Vous êtes le mieux placé pour camoufler des activités criminelles.

Bon sang, ce sale riche avait raison. Cela faisait des mois que Savage jouait les patrons, mais ce ne fut qu’à ce moment précis qu’il saisit l’étendue de ses pouvoirs. Il contrôlait la justice. Il pouvait jeter des dossiers sans qu’on le fasse chier. Il était au courant des tous les mouvements policiers de la ville. Il pouvait même foutre des gens à la rue. Il était un haut placé.

Et là, on lui proposait de l’argent contre ses services. Parce qu’il était une personne importante. Était-ce le cas pour tous les autres Champions ? Pour toutes les autres Élites ? Est-ce que des types mal intentionnés les approchaient pour les mêmes raisons ? Que faisaient-ils ? Est-ce qu’ils les mettaient en prison ? Devrait-il le mettre en prison ?

Puis, une voix sonna dans sa tête, aussi clairement que si sa femme était dans la pièce :

« On s’en fout des lois ! Le gouvernement, les compagnies, les élites, le riches et autres salopards de la même espèce ne les suivent pas, alors pourquoi devrions-nous ?! Le monde est corrompu et pour survivre, il faut jouer selon leurs règles personnelles et non celles qu’ils essayent de nous imposer ! »

C’est vrai. Tout le monde faisait ça.

Et puis, il s’ennuyait vraiment ces temps-ci. Il s’ennuyait depuis toujours.

C’est vrai. Les souvenirs remontèrent. Il était heureux quand il courait dans les rues, des Pokéballs volées sous le bras. Son cœur battait. Souriait-il à ce moment-là ? Il était sûr qu’il souriait.

C’était un monde de merde et corrompu. Quelle différence cela ferait-il s’il arrêtait Eugène Maurice ? Absolument rien. Des salopards de son espèce, il y en avait des milliers d’autres.

Pourquoi se priverait-il d’un peu plus d’argent ? Pourquoi se priverait-il d’un peu plus de plaisir ?

- Mon numéro personnel est derrière la carte, fit soudainement le trafiquant en constatant que son interlocuteur était pensif. Vous pouvez toujours m’appeler plus tard pour accepter mon of-
- Ce ne sera pas nécessaire, trancha-t-il avec une énergie nouvelle. J’accepte.

-

Aujourd’hui. En pleine nuit, devant un entrepôt abandonné. Le Revenant ainsi que plusieurs autres miliciens étaient collés contre les murs extérieurs, armes sorties. Selon les sources d’un officier, des Pokéballs contenant des Pokémon volés seraient entreposées ici par un groupe de bandits. Ces derniers seraient peut-être également là avec un peu de chance.

Le plus jeune de la troupe observait le Champion avec admiration. Au lieu de rester derrière son bureau, il participait lui-même aux opérations. Quel homme ! Quel héros !

Le héros en question se retenait pour ne pas sourire et Dieu seul sait ô combien c’était rare que cela arrive. Il savait que lorsqu’ils allaient défoncer la porte, l’entrepôt serait vide. Il le savait parce qu’en apprenant que cette planque avait été découverte, il avait déplacé la marchandise dans le sous-sol de sa propre arène. Personne n’allait fouiller là. Personne ne se doutait de rien. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait ça.

D’un mouvement de la main, Léandre donna le signal. Deux miliciens donnèrent un coup de pied pour ouvrir la grande porte et les autres entrèrent, prêts à tirer.

- Les mains en l’air !

Personne. Il n’y avait rien ni personne. Les agents baissèrent leurs armes au bout de quelques secondes, hébétés. Savage fit même le tour de la grande pièce, mains dans les poches, avant de s’arrêter devant l’officier qui avait les sources. Ce dernier était plus qu’embarrassé.

- Pardonnez-moi, sir, bafouilla-t-il. Mes sources étaient pourtant claires là-dessus que…
- Pas aussi claires que tu le pensais. Ton indic t’a fourré, Agent Martin. Trouve-toi en un meilleur.

Le roux planta l’autre là et déclara que c’était inutile de rester ici une minute de plus. Cette nuit-là, les miliciens rentrèrent chez eux bredouilles. Cette nuit-là, Léandre Savage rentra chez lui heureux.

Léandre Savage
Elite
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Mer 24 Avr - 19:44
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Coucou Léandre et encore bienvenue sur Enola !

Bon, eh bien c'est une sacré fiche et un sacré persoonnage que tu nous as concocté ! J'ai beaucoup apprécié la lecture, découvrir ce qui a conduit Léandre aux extrèmes où il est rendu actuellement. Le tout est cohérent et on sent que tu as passé du temps à réfléchir à ton personnage, ça fait vraiment plaisir de voir un perso avec une vision du monde aussi "tordue" joué de cette manière et j'ai hâte de voir où tu vas le mener °W° Par contre je confirme que Léandre est vraiment pas un bon père, pauvre Désirée :hm:

Au niveau de l'imbrication dans le contexte je n'ai pas relevé de contradictions durant mes lectures (et j'invite mes collègues à les signaler si elles en trouvent, car je sèche pour ma part) ! Bref là aussi, c'est bien fait et ton attention aux détails de la chrono fait plaisir à lire ^^

Enfin, fini de baratiner, je te valide tout de suite et m'en vais faire ton sac dans la soirée et t'ajouter aux listes ! Tu commences l'aventure avec 3 Pokéball et 2 Potions et peux dès maintenant faire tes demandes diverses dans la section dédiée ^^

Bon jeu sur Enola !
Cobaltium
Staff
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Lun 29 Avr - 21:01
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