Quoi de neuf sur l'île d'Enola ?

Période en cours
Eté 2024

~25° - 37°C / Fortes chaleurs dans les terres, venteux sur les côtes, orages occasionnels.

Intrigues et Events
Intrigue n°2 : « Passions »
Des conflits s'engagent entre les Monarchistes et les Anarchistes.
Event n°2 : Le festival de Cayagane
Le festival de Cayagane est victime d'un incendie criminel.
Mini event n°1 : Panique à Vanawi !
Un blocus Anarchiste est en cours à Vanawi, sous surveillance des forces de l'ordre.

Missions et Défis
Un guide dans les ruines (mission)
Faites découvrir les ruines du Titak !
La comète (défi)
Découvrez un mystérieux astéroïde.

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Chimères (Partie 2) (OS)

Chimères (partie 2)
Flash-back
/!/ TW : OS violent/dur à pas mal d’égards : abus parentaux, relations toxiques, psychophobie etc. /!/

2009
Je dois avoir l’air ridicule, pourquoi tout le monde ne me regarde pas encore avec mépris et moquerie, dans cet accoutrement ? Ce n’est pas avec ça que je réussirais finalement à me démarquer…

En attendant son tour dans la loge des challengers, le jeune coordinateur devenait quelque peu paranoïaque. Du fait de son accoutrement sombre, le genre qu’il n’avait jamais porté dans ses performances passées où il arborait une dégaine bien plus colorée, il attendait qu’on lui lance une raillerie à tout instant. En même temps, il se résigne à se dire qu’il l’aura peut-être cherché. C’est ce qui arrive quand on essaie d’être un peu trop « différent », quand on essaie de trouver des moyens d’attirer l’attention… Du moins, c’est ce que Lionel a appris à ses dépens, ce dont on lui bourre le crâne depuis des décennies au point qu’il est persuadé qu’il s’agit de la vérité.

1997
En se regardant dans la glace, l’adolescent est fier comme un paon. Il n’aurait pas cru que le noir pouvait aussi bien lui aller. Cette veste en cuir et ce T-shirt à l’effigie de Devilman lui semblent faits pour lui aller, bien mieux que les looks BCBG qu’on préfère le voir porter depuis qu’il est petit. Lionel aime faire plaisir à sa famille, il fait d’ailleurs tout pour, au point que c’était déjà devenu, à l’époque de ses 14 ans, ce qui donnait sens à sa vie. Il transposait ce désir de plaire à toutes ses relations, connaissances, ami.e.s, vraiment, s’il y a une chose qui l’obsédait déjà, c’était bien ça, aussi triste que cela puisse paraitre. De manière assez logique, Lionel finissait parfois par sentir qu’il contentait les autres avec ce qu’il montrait, avec sa manière de s’adapter à ce qu’on attend de lui, de répondre aux standards, aux modes de ce qui plaît. Arrivé à ce stade, il lui arrive de prendre la confiance, de se dire qu’il est apprécié pour ce qu’il pense être même s’il n’a jamais osé se montrer naturel. Alors, se produisent des scènes comme celles qu’il joue devant son miroir en ce moment, où il se dit : « allez, tentons des choses, tentons d’être « vrai », aujourd’hui, je suis sûr que tout le monde va trouver ça génial » ! Il s’agissait bien de se démarquer et de se sentir particulier, même s’il ne voulait pas le formuler ainsi et préférait se dire qu’il le faisait « parce que ça va forcément plaire ». Bien entendu qu’il veut attirer l’attention, qu’il a besoin de reconnaissance, surtout quand il ose faire passer ses envies avant de s’adapter à celles des autres comme il le fait habituellement.

Une fois prêt, le jeune Roque-Lartigue, qui avait déjà mangé, termina de faire son sac et se prépara à descendre pour sortir et se faire conduire jusqu’au collège.

« Dis-moi que je rêve, tu ne vas tout de même pas sortir comme ça… ? »

L’interrogative et le ton lassé, condescendant de sa mère le frappa tel un éclair et le fit se figer dans le hall de la grande demeure familiale.

Pourquoi ? Je n’ai rien fait, pour une fois…

Son corps entier s’était crispé en cherchant une réponse à sa question, tout en voyant sa mère descendre les escaliers sans le quitter des yeux. C’est comme s’il pouvait sentir son regard inquisiteur, en train de le détailler pour trouver la moindre imperfection, le moindre détail sur lequel elle pourra s’arrêter afin d’envoyer un nouveau commentaire faisant regretter à Lionel le moindre de ses choix. L’adolescent baissa les yeux vers le carrelage bicolore tapissant l’entrée.

« Hé bien, réponds. »

Qu’est-ce que je dois répondre, hein ?

Il savait déjà que rien de ce qu’il dirait ne trouverait satisfaction aux yeux de Sixtine. Aussi, il se contenta de rester tête courbée vers le sol, dans un signe d’excuse ou de soumission devenu instinctif, un réflexe qui faisait depuis longtemps office de tactique de survie et qui lui semble malheureusement tout à fait normal.

« Ne me forces pas à déranger ton père pour une telle futilité, Lionel… »

Maugréa-t-elle après un long soupir agacé. En entendant ces mots, le bleu se mit à secouer frénétiquement la tête afin de répondre par la négative. Après un nouveau roulement d’eux et une inspiration lassée, Sixtine indiqua les escaliers à son fils cadet.

« Alors, qu’est-ce que tu attends ? Vas te changer. »

Il ne se fit pas prier deux fois et ignora les commentaires exaspérés que sa mère émit à voix basse, mais dont elle savait très bien qu’ils résonneraient dans le hall. Une fois dans sa chambre, le jeune Roque-Lartigue se débarrassa de son sac et de sa veste en les jetant sur la sol d’un geste rageur.

Ce ne sont que des vêtements… juste des vêtements, Lio, alors arrêtes de te mettre dans un état pareil !


Se répétait-il pour calmer son envie de hurler dans un oreiller, essayant d’alléger l’effet de la violence de l’attitude de sa mère vis-à-vis du fait qu’il s’était autorisé une rare liberté. Ce n’est pas comme si c’était la première fois. Petit, déjà, il a le souvenir qu’il se faisait crier dessus parce qu’il ne voulait pas qu’on choisisse ses vêtements. Puis, les cris, parfois (bien trop souvent) une claque venait mettre fin à son caprice.

Je ne suis pas un enfant facile, en même temps… Ce sont des adultes, ce sont mes parents… Ils sont pénibles mais ils savent ce qui est bon pour moi, ce qu’il faut faire pour plaire, dans la vie. C’est pour mon bien.


Résigné, il avait attrapé une chemise et un blazer dans son placard. Tout ça lui semblait trop serré, ça le grattait, lui donnait la sensation d’étouffer, c’est bien pour cela qu’il ne boutonnait jamais rien jusqu’en haut. Cela fait et après qu’il lui sembla être revenu au calme, Lionel ressortit enfin de sa chambre et redescendit dans la hall.

« Hé bien, tu en as mis du temps. »

Il n’avait plus envie de répondre. Sa mère soupira à nouveau et lui indiqua la porte. En la voyant franchir les quelques mètre les séparant et en sentant le contact indésiré de la main de sa génitrice contre son bras, le garçon se sentit plus tendu que jamais. Le contact n’avait rien de brusque, pourtant, il lui trouvait quelque chose de dégoutant, d’agaçant, qui lui faisait presque mal.

« Tu n’embrasses plus tes parents, Lionel ? »

La voix plus grave qui lui parvint ne fit que renforcer son malaise. Son père était apparu dans les escaliers et Lionel leva doucement les yeux, juste assez pour apercevoir son sourire en coin dissimulateur. Il ne se rappelle plus depuis quand il avait cessé de croiser le regard d’Agamemnon.

« Ça devient une manie de mettre des heures à te préparer, ces temps-ci, pourvu que ça ne cache pas quelque chose… »

Commenta-t-il tandis que Sixtine remettrait les boutons du col de la chemise de son fils à leur place Lionel ne dit rien mais avait la sensation qu’il allait s’étrangler. Agamemnon et Sixtine échangèrent quelques rires complices et laissèrent leur fils les embrasser et s’en aller des sourires qu’il réussit à faire paraître presque naturel.

« Papa, Maman, je vous aime ! à ce soir ! »


2009
Dans la loge, les minutes passaient lentement et Lionel regardait encore le sol, attendant les moqueries, les commentaires condescendants. Pourtant, quand il osa enfin regarder autour de lui, il remarqua que chacun était concentré dans ses propres affaires et probablement aussi noyé dans le trac qu’il l’était. Un soupir lui échappa. Il se sentit un peu soulagé, mais confus. Tout cela reste étrange pour lui, qui se vantait de n’avoir jamais le trac avant un concours, avant ça. Du moins jamais de manière aussi excessive au point que ses jambes tremblaient et que son corps semblait paralysé. Est-ce cela que Shérylle ou même Mystéria et les autres coordinateurices auréolés de succès ressentaient avant chacune de leurs performances ? Dans ce domaine, les meilleurs sont probablement celleux qui se donnent corps et âme à leur art, qui donnent de leur propre personne sur le terrain… Il est possible de gagner, d’avoir un petit succès en ressortant de manière très peaufinée tout ce qu’on a appris, recopier ce que d’autres ont fait. Mais, Lionel a pour sa part trop de choses à prouver, à lui-même, à sa famille, à Shérylle même, de qui il veut se montrer « digne » pour continuer à se contenter d’un succès médiocre. Tout cela est un peu pathétique et il faudra qu’un jour, il cesse de vouloir utiliser son art uniquement pour le regard des autres et leur prouver quelque chose. Mais pour le moment, l’idée de plaire aux yeux de sa famille (qui ne regardera probablement pas sa performance, comme d’habitude) et de rendre sa petite amie fière d’être avec lui… Shérylle, à elle, au moins, il pouvait essayer de montrer qui il était réellement derrière ses apparences superficielles. Il pourrait se contenter de sn enthousiasme, des félicitations et de ses retours francs à défaut de ne recevoir que du mépris dissimulé derrière les sourires désabusés de Sixtine, Agamemnon et Hanson.

Et… si je persévère ainsi, que Shérylle progresse, que nous devenons le meilleur couple de coordinateurs du monde, peut-être que là… peut-être qu’ils me féliciterons finalement et qu’ils m’aimeront à nouveau malgré que je ne sois pas comme ils le voulaient.


2010
« Et vous Shérylle, vous comptez faire ça toute votre vie ? »

Lâcha la grande femme aux cheveux mauves dans la voiture, imitant le ton maniéré et le timbre mondain de la voix de Sixtine Roque-Lartigue. Comme ils s’y étaient attendus en allant manger chez les parents Roque-Lartigue, afin que Shérylle se présente à la famille de son ami, Sixtine avait bombardé de questions la coordinatrice. Des questions plus ou moins appropriées, d’ailleurs, mais, la matriarche est connue pour se permettre de nombreuses demandes déplacées sans sourciller. Evidemment, Lionel n’avait pas dormi les deux nuits précédant cette entrevue, bien trop anxieux et sachant très bien ce qui les attendait en allant simplement prendre le déjeuner chez ses parents. Le coordinateur en avait parlé avec la mauve sans parvenir à dissimuler ses angoisses aussi bien qu’il e voulait. Il s’était retenu de tout dire, bien sûr, ne voulant surtout pas influencer ou monter Shérylle contre ses géniteurs… car ce n’est pas ce qu’il voulait, animer d’avance une sorte de rancœur de son amante vis-à-vis de ses hôtes du jour. Lionel s’était bien gardé de dire à quel point c’était difficile pour lui de faire face à ses parents abusifs et qu’il devait modérer son envie de vomir à chaque bouchée du repas qu’il prenait. Quoique même dans sa tête, il était encore loin d’oser nommer le comportement de ses parents comme de l’abus : il refoulait déjà totalement cet aspect et se refusait à les considérer de la sorte. Encore aujourd’hui, il a tendance à se dire qu’il leur doit bien d’avoir été « un peu durs », car, sans ça, il n’aurait rien fait dans sa vie, il ne se serait jamais poussé à faire toujours « mieux » pour trouver grâce à leurs yeux. Et puis… Shérylle ne le croirait probablement pas. Personne ne l’avait jamais cru. Même s’il l‘aimait, qu’elle l’aimait probablement en retour, il était persuadé qu’à l’instant même où il évoquerait ce qu’il a vécu face à Sixtine et Agamemnon, la Jaskoviak s’éloignerait parce que… qui peut avoir envie de côtoyer quelqu’un avec un vécu aussi pathétique et qui se plaint sans arrêts pour rien, quelqu’un qui est incapable de grandir au-delà du fait que ses parents n’ont pas été gentils avec lui ? Qui peut aimer ce genre de vérité dégoutante et donc, ce genre de personne ? C’était mieux qu’il mente, qu’il soit le Lionel un peu débile et toujours joyeux qui ne s’appesantit pas sur ses problèmes. Ainsi, il pourrait protéger Shérylle de la vérité trop dure.

Mais au fond… qui protégeait-il vraiment, entre elle et ses propres parents ?

« Héhé ! »

Shérylle, qui avait un peu trop bu de vin au repas, se mit à rire à ses imitations de la matriarche Roque-Lartigue qu’elle enchainait depuis cinq minutes. Le bleu ne voulait pas le dire, mais ça lui tapait considérablement sur le système. Il n’arrivait pas à en rire. Il voulait juste oublier ce déjeuner et passer à autre chose. Revenir à leur petits délires, à leur petite vie, juste à eux deux… Car c’était mille fois mieux que la réalité douloureuse que le simple vécu de ce repas en famille faisait remonter. Dans ces moments, Lionel se sentait mal. Il ne voulait pas se servir de Shérylle pour se mentir à lui-même, pour esquiver certaines occasions de se confronter aux vérités de son existances, mais, pourtant… n’est-ce pas un peu ce qu’il faisait, en se cachant derrière le « bonheur » idéal de cette relation, qu’il entretenait de toutes ses forces pour qu’elle reste « belle » et « sereine » ? Le temps de la sérénité était révolu depuis ce jour et le jeune homme se sentait terrifié. Car il était évident que Shérylle n’avait pas aimé ses parents, cela se voyait à son ton passif-agressif qu’elle réserve aux personnes qui lui inspirent le mépris…

Est-ce qu’elle me trouve aussi ridicule ? Est-ce qu’elle me méprise aussi, maintenant… ?

« …Roh, détends-toi ! »

Ah. Qu’est-ce que je disais. C’est de moi qu’elle va se moquer, maintenant. J’ai l’air ridicule, aussi crispé sur mon volant, incapable de piper un mot depuis qu’on a quitté la maison de Papa et Maman.

Lionel ravala sa nausée pour forcer un sourire en coin et émit un rire désabusé, qui sonnait faux. Mais le principal, c’est qu’il essaye, même s’il ne sera absolument pas convaincant et que prononcer chaque syllabe lui fait presque mal. Le vingtenaire se contenta d’un « ahaha oui c’est marrant » peu convainquant puis se re-concentra sur la route, ses doigts se resserrant au point de blanchir autour du plastique du volant.

Bien avant même qu’ils n’envisagent une relation sérieuse et ne s’installent ensemble et (probablement trop vite), Shérylle se doutait que son compagnon avait un rapport malsain avec ses parents et sa famille biologique en générale. Et ce jour-là, la première fois qu’elle avait mangé avec les Roque-Lartigue père et mère, elle avait été témoin d’un changement d’attitude limite radical chez Lionel. Si Shérylle savait déjà que l’apparente joie permanente de Lionel (qui faisait certes de lui un très bon confident) cachait quelque chose, cette entrevue avec les géniteurs de son ami avaient terminé de lui faire comprendre bien des choses. Si elle avait une famille comme ça, probablement qu’elle aussi préférerait prétendre que tout va bien. Sauf que… clairement, voir Lionel ainsi ne lui faisait pas plaisir. Le silence du bleu n’était pas serein. La coordinatrice aux cheveux mauves n’aimait pas ces silences pendant lesquels Lionel refusait de se livrer, se contentait de tripotter pendant des dizaines de minutes le premier truc qui lui tombait sous la main (en l’occurrence, le volant de la voiture, même s’il tentait de se faire discret, Shérylle l’entendait gratter le plastique avec ses ongles). Elle pensait donc logique, normal, voire nécessaire de le bousculer un peu, de le forcer en quelque sorte à mettre des mots sur ce qui n’allait pas. Après tout, elle faisait ça pour son bien, non, et ça lui rendra service sur le long terme, non… ? Probablement auraient-ils dû voir ces premiers signes comme les prémices du fait que ça ne pourrait pas durer entre eux comme ils le souhaiteraient. Mais, à ce moment-là, ils se voilaient encore la face et ça leur semblait mieux ainsi.

« Ecoutes, on va en parler, quand même, du fait que tes parents sont quand même du genre vachement invasifs ? »

Finit par demander Shérylle alors qu’ils approchaient de la rue de leur appartement. Elle ne voulait pas avoir l’air désagréable mais ne pouvait s’empêcher d’être directe. Visiblement, son amant ne s’attendait pas à cette question, ni vraiment à ce qu’on fasse des reproches à propos de ses parents. Et, c’est vrai. Dans le monde de ce qu’ils appellent la « haute société », enfin, leur monde de gros riches qui parlent d’argent et de réputation, on ne fait jamais de reproches à Sixtine et Agamemnon Roque-Lartigue. Parce que les « grossièretés » n’ont pas leur place dans ces sphères, à ce qu’on dit, et par ailleurs, car les autres riches aiment toujours faire semblant d’être amis avec les banquiers qui peuvent leur faciliter la tâche pour mettre leur très chère oseille en sécurité. Tout ça pour dire, que, oui, Lionel n’a pas l’habitude qu’on dise du mal de ses parents. Probablement pour ça qu’il tombait de si haut, aujourd’hui, après cette entrevue. La question de sa compagne le mettait mal à l’aise et lui faisait repenser à leurs causeries avec ses géniteurs. Il est vrai que… le bleu aurait vraiment préféré que ses géniteurs demandent à son amie des choses à propos d’elle et pas simplement la situation de ses parents à elle, ce qu’elle compte faire de sa vie (sous-entendu « pas que de la coordination, j’espère », avec un regard en coin à leur fils cadet), si elle comptait encore travailler une fois qu’elle aurait des enfants à s’occuper, si à propos des enfants, justement, elle attendait bien le mariage, etc. Lionel se souvenait que Gladys, sa belle sœur, avait eu le droit au même interrogatoire et il avait pensé que c’était normal. Puis, aujourd’hui, il avait perçu le malaise de Shérylle, qu’elle avait efficacement dissimulé derrière des sourires mielleux et son ton toujours assuré. Maintenant, il avait simplement peur de découvrir ce que toutes les manières de sa famille transmises depuis des générations, qu’il a intégrées depuis tout petit sans jamais se poser de questions, cachent quelque chose de terrifiant qu’il préférait ne pas aller voir pour le moment. Mais, au fond, il savait déjà. Il savait, même s’il avait presque réussi à oublier que c’était l’origine de son malaise, de douleurs, de ses cauchemars et de ses angoisses.

« Mais non, ils ne faisaient que s’intéresser à ta carrière. »

Finit-il par répondre après avoir déglutit difficilement, espérant changer de sujet, sans se rendre compte qu’il donnait instinctivement raison au comportement intrusif de sa famille et tort à Shérylle. C’est pour ça que cette dernière réagit de manière bien plus mordante aux prochaines paroles qu’elle prononça.

« C’est ça. En m’écrasant au passage pour se mousser. »

C’est vrai qu’après ça, les chefs de famille avaient passé une heure à parler des exploits de leur « incroyable famille » comme pour en faire la promo à la Jaskoviak. Qui avait d’ailleurs fait d’autres imitations de ces moments pas la suite, découvrant par ce biais que Lionel n’avait visiblement aucun recul sur les comportements oppressants et xénophobes de ses parents.

« Qu’est-ce que tu racontes, ils t’ont adorée ! »

Shérylle avait eu l’impression que son amant tombait complètement des nuées et elle en était franchement choquée. Ou alors, il esquivait volontairement le fond évident des propos de sa compagne et ça n’était pas franchement rassurant… Elle ne l’avait jamais vu faire ce genre de chose avant et n’avait pas non plus eu l’impression qu’il pensait à mal, pendant cette entrevue ou même maintenant. Mais dans tous les cas, la mauve avait vu, clairement, depuis plusieurs jours, les effets du malaise s’afficher très clairement sur les traits et dans la voix hésitante de Lionel. Après avoir vu le comportement du Roque-Lartigue avec ses géniteurs, beaucoup de choses s’était éclairées dans l’esprit de Shérylle au sujet de son ami, ce qui avait projeté beaucoup d’autres zones d’ombre… le genre de zones qui n’ont pas l’air franchement plaisantes à explorer. Cette réalisation les fit sombrer dans un silence pensant, l’espace de quelques minutes.

« … Shérylle ? Tu boudes ? »

Demanda Lionel d’une petite voix piteuse, devenu conscient malgré tout qu’il avait probablement dit ou fait quelque chose qui ne fallait pas. « Bouder » n’est pas vraiment le bon mot pour décrire l’attitude actuelle de la Jaskoviak. A vrai dire, elle n’était même pas en colère, juste franchement choquée et préoccupée. Cela n’a rien à voir avec un moment où elle fait vaguement la tête parce qu’elle s’est pris le chou avec Lionel sur « est-ce qu’on mange des crêpes ou des pancakes ce matin ? ». Mais elle tirait tout de même franchement la tronche.

« A chaque fois qu’on ira chez eux, tu vas les défendre quand ils diront des saloperies ? »

Lâcha-t-elle finalement et l’effet sur Lionel fut immédiat. Il s’était de nouveau crispé et observait les panneaux de signalisation d’un air confus. Il tripotta une de ses mèches de cheveux en redémarrant puis répondit d’une voix qui tremblait presque.

« Mais ce ne sont pas des… ils… ils ne pensaient pas à mal, tu sais… »

Shérylle laissa échapper un soupir lassé puis fit dériver son regard par la fenêtre du véhicule. Le bleu ne croyait pas vraiment lui-même à ce qu’il disait et cela se voyait. Car après tout… il sait ce que ses parents pensent de sa vocation, de sa passion et maintenant de sa compagne. De lui et de sa vie en général. Dans son esprit, ils avaient tous les droits de donner leur avis sur la manière dont il choisissait de faire son chemin. Il avait senti un nœud douloureux se former dans sa gorge et la nausée avait commencé à lui compresser la poitrine, si bien qu’il se reconcentra au maximum sur le chemin du retour.

En arrivant à destination, le couple sortit de leur voiture et s’apprêtèrent à rentrer dans la résidence et reprendre chez eux, au calme, leur routine. Du moins c’est ce que Lionel avait espéré : que leur conversation s’était arrêtée à sa dernière intervention et qu’ils ne reparleraient plus des parents Roque-Lartigue. Pourtant, Shérylle ne voulait pas laisser les choses ainsi. Elle avait eu le temps de s’apaiser et tenta une approche plus en douceur.

« Même sur la coordination… Enfin, tu me disais que tes parents n’étaient jamais venus à une de tes performances. »

Elle avait entendu Lionel soupirer doucement. C’est vrai, il l’avait bien dit. En leur donnant milles excuses dans la minutes suivante : « ce sont des gens très occupés », « je ne suis pas encore assez bon, ça ne les intéresserait pas », « ils avaient plus important à faire », « la coordination ce n’est pas leur domaine », etc. Aussi peu qu’il voulait aborder le sujet, le jeune homme ne voulait pas froisser sa compagne à qui le sujet semblait tenir à cœur. Il ne voulait pas être ce genre de partenaire qui refuse la communication car il se sent inconfortable et… en fait, il voulait encore jouer au petit ami modèle, sans se rendre compte que ce n’est pas pour autant que son attitude n’allait pas également être obstinée et manquer d’ouverture.

« …Où est-ce que tu veux en venir ? »

Répondit-il en appelant l’ascenseur, dissimulant assez mal sa nervosité qui influençait ses gestes, moins souples et plus saccadés qu’à l’accoutumée.

« Tu sais bien… Quand ils t’encensaient sur ce sujet, c’était pour se vanter de leur réussite et nous rabaisser derrière. »

Shérylle avait du mal à rester parfaitement calme elle aussi. Ce n’est pas comme si elle prenait plaisir à parler de ce genre de sujets difficiles avec le Roque-Lartigue quelque peu bouché et qui, accessoirement, n’a vraiment pas l’air bien après ce repas familial. La Jaskoviak ne voulait pas juste lui remonter le moral : s’ils devaient continuer de vivre tous les deux (c’est bien ce qu’elle désirait), elle ne voulait pas que son peut-être futur conjoint se mente ainsi à lui-même et souffre de la sorte. Elle n’était pas irréprochable non plus et ne se rendait pas compte de sa maladresse tout de même franchement contraignante. Avec Lionel de l’autre côté qui cherchait juste à arrondir les angles, ça ne pouvait pas être couronné de succès.

« C’est vrai qu’ils ne connaissent pas notre métier, mais… »

Tandis que l’élévateur les amenait à leur étage, Shérylle émit un claquement de langue.

« Lio, je sais que tu ne préfères pas y penser mais… ils se servent de toi, quand ils font ça. »

Il n’y avait pas vraiment de manière plus subtile de le dire. En voyant son ami grimacer et se tendre encore plus, Shérylle vit qu’elle avait touché quelque chose de sensible. Probablement encore trop sensible. Mais, elle pensait naïvement (et Lionel aussi) que tout cela se règlerait avec une bonne discussion, de la confiance et de l’amour. Sur ce point, même si Shérylle faisait la fière, elle n’était pas toujours plus adroite ou mature que son compagnon. Tous deux pensaient qu’avec de la bonne volonté, le fait qu’aucun ne veuille blesser l’autre et l’envie de passer des bons moments, on pouvait faire tenir n’importe quelle relation. Pourtant, il y a des sujets qui ne peuvent être réglés tant qu’un des partis concerné n’est absolument pas prêt à voir le fond du problème. Et à ce moment-là, Lionel était très loin de se mettre à envisager et admettre les effets néfastes des abus de ses parents sur sa personne sur le long terme. C’est que ce n’est pas vraiment quelque chose dont on peut se vanter, dont on parle et… il a tendance à penser que plus on y pense, plus ça risque d’être douloureux.

« Il encensent ton succès uniquement pour t’encourager à lustrer leur image et à… en l’occurrence… à accepter que tu me voies dans cet état de soumission car c’est… enfin, tu étais là aussi, non ? Et je vais pas évoquer leur sexisme, hein, parce que ton père avec ses « les petites femmes en cuisine », hein, est-ce qu’il faut vraiment que je développe ?! »

La jeune femme s’emballait et avait du mal à rester calme. Plus elle évoquait les évènements, récents, moins elle parvenait à contrôler sa colère. Visiblement, Lionel n’était pas vraiment en reste, au vu de sa mine en train de s’assombrir, mais lui avait probablement plus l’habitude d’intérioriser. Ça en devenait pathétique, de le voir ainsi se forcer à tourner les choses sous une forme plus aimable. Shérylle commençait à en avoir marre.

« Mais tu sais que jamais je ne penserais de telles choses à ton sujet… »

« Pourtant, tu les as laissé parler et tu riais quand ils te le demandaient », avait-elle envie d’ajouter. Car ça l’avait franchement blessée, avec raison. Ils venaient d’entrer dans leur appartement et de refermer la porte. La jeune femme aux cheveux mauves commençait à se lasser et à fulminer intérieurement.

« Et eux… ils ont plus de 50 ans, à leur âge, sortir de leurs standards, c’est… »


…Probablement trop leur demander, oui. Quel intérêt de prendre du recul quand notre position sociale peut tout nous offrir sans jamais bouger de son beau fauteuil et de ses livres de comptes, après tout ? Ça ne serait qu’une perte de temps qui nous empêcherait de profiter de nos trop nombreux privilèges.

« C’est bon, ce n’est pas la peine de gaspiller ta salive. »


Finit-elle par dire, espérant mettre fin à cette conversation et faire un peu réfléchir l’autre à la dimension blessante de ses paroles et de son comportement. Lionel garda ses distances, puis baissa la tête, regardant le sol comme un enfant qui allait se faire corriger après avoir dit une bêtise.

« …je suis désolé, Shérylle… Si tu veux tu… tu n’es pas obligée de venir la prochaine fois… ? »


S’excusa-t-il platement, tandis que son amante ne lui offrit qu’un regard blessé puis se dirigea vers la salle de bain, espérant clore le sujet avec un « je vais prendre une douche ». En restant dans le living-room, s’affaissant sur le canapé, n’osant pas être envahissant en suivant la Jaskoviak, Lionel tenta une fois encore de se justifier, la gorge nouée et culpabilisant d’être la cause de l’agacement de sa compagne.

« J’aimerais juste te rendre les choses plus confortables … »


Lança-t-il à Shérylle, ne sachant pas si elle l’entendrait depuis la douche. Pourtant, la mauve réapparut a l’entrebâillement de la porte. Ils échangèrent un regard navré puis la coordinatrice soupira. Sa voix tremblante trahissait des angoisses semblables à celle de son amant. Evidemment, que ça ne lui faisait pas plaisir… Ces évènements, voir Lionel dans un tel état de détresse face à ses géniteurs et comprendre bien des choses, ça lui donnait aussi envie de pleurer dans son coin. Parce qu’ils tenaient l’un à l’autre et qu’ils détestaient évidemment voir l’autre blessé. En ravalant un bref sanglot, Shérylle finit par dire, d’une voix faible et lasse, avant de finalement s’en aller sous la douche :

« Eh bien… Arrêtes de regarder ailleurs et de te taire quand tes parents ouvrent la bouche et prennent plaisir à me rabaisser, ce serait un début. »




« C’est… juste notre première dispute, tu sais… ça va s’arranger. »


Osa finalement prononcer le coordinateur débutant et franchissant doucement l’entrée de la chambre dans laquelle son amante s’était isolée après sa douche. Ils étaient restés chacun dans leur coin une bonne heure durant, en essayant de s’occuper pour passer à autre chose. Mais les ruminations avaient continué. Finalement, Lionel avait quitté son canapé et avait trouvé Shérylle couchée en travers du lit. Même en la voyant de dos, il avait pu comprendre que sa partenaire avait aussi pleuré de son côté. Cette simple pensée lui provoquait un haut-le-cœur désagréable. Ils voulait qu’ils se consolent, se serrent dans les bras et oublient pour rire de nouveau. Après tout, ce n’est que leur première « vraie » dispute en plus de 2 ans et demi de relation et ce n’est pas comme s’ils en étaient venus à crier ou trop élever le ton… Ils arriveraient forcément à dépasser ça. Lorsqu’il s’assit sur le lit, Shérylle se tourna légèrement, lui intimant de se rapprocher. En venant se coucher aux côtés de son amante et en l’enlaçant, son visage blotti dans ses cheveux, Lionel se sentit se réchauffer et plus en sécurité. C’était une des meilleures sensations qu’il connaissait, qu’il n’avait jamais trouvé plus que vaguement agréable avant de rencontrer Shérylle avec qui ce genre de moments de proximité étaient devenu bien plus signifiants pour lui. En sentant son amie se détendre dans ses bras et prendre sa main dans la sienne, se collant plus à lui au passage, le coordinateur sentit sa poitrine se remettre à palpiter agréablement.

Ça va aller. Tout va s’arranger.  

Après quelques minutes de silence plus serein que tantôt, Shérylle finit par reprendre la parole d’une voix calme, espérant calmer les inquiétudes encore présentes en elle.

« …Ce qui m’inquiète aussi Lionel, c’est… »

Ce n’était pas facile à dire. Ils avaient déjà parlé régulièrement de leur avenir, de ce qu’ils seront dans 3 ou 10 ans, comment ils se projetaient. Ils avaient tendance à finir par en rire et juste dire « on verra » et à tomber d’accord sur « on ne fait pas de planning », probablement car ils ne se sont jamais engagés sérieusement. Ce n’est pas qu’ils n’en ont pas envie, car l’un comme l’autre envisageait de se poser avec quelqu’un, pourquoi pas se marier un jour. Les deux comparses ne pensaient pas, il y a presque 3 ans, que leur relation aurait fini par devenir quelque chose de plus « sérieux », qu’ils s’installeraient ensemble, rencontreraient leurs familles respectives… probablement car ils étaient encore à redouter que tout ça leur échappe, ne se passe pas bien, qu’ils perdent leur complicité, tout ça car, en ce qui concerne leur peur des conflits, eh bien… ils se sont bien trouvés.

« Comment ce sera, si on reste ensemble et qu’on a des enfants ? »

Prononça-t-elle en un chuchotement que seul son compagnon pourrait entendre. Enfin, personne d’autre n’aurait entendu de toute manière, mais, c’était comme si le dire plus doucement leur permettrait de rester dans leur bulle. Ce n’était pas la première fois qu’ils parlaient d’enfants. Ce n’était pas un secret que l’un et l’autre avaient envie d’être parents, si l’occasion se présentait et que leur situation était stable. Mais, Lionel sentit un vertige le saisir. Pas à cause du sujet en lui-même, mais parce que Shérylle allait certainement faire le lien avec l’entrevue avec Sixtine et surtout… avec Agamemnon, dont le moindre geste faisait réagir son fils cadet d’une manière ou d’une autre. Si elle n’avait pas tout de suite constaté cela, c’était devenu flagrant à ses yeux à mesure de l’avancée de la conversation et du repas.

« Si tu ne peux pas oser lui dire quoique ce soit… tu laisseras ton père faire comme il a fait avec toi… ? »

Shérylle savait que son partenaire saurait à quoi elle faisait allusion. Les doigts de Lionel se resserrèrent brusquement sur les siens. Le bleu essaya de contrôler ses tremblements et la nausée qui lui saisit l’estomac, puis il répondit très vite en espérant dissiper les souvenirs des coups par la même occasion.

« Arrêtes, tu ne sais pas de quoi tu parles ! »

Cette fois, il avait réagi plus vivement. S’il n’avait pas crié, sa réponse avait plus ressemblé à un couinement d’animal effrayé. C’est vrai, Shérylle n’avait pas vécu ce genre de choses, mais avec ce dont elle avait témoigné des effets néfastes que toute cette histoire avait sur Lionel, elle en savait bien assez. Elle n’insista pas et se contenta de se retourner vers lui pour continuer de l’enlacer et tenter de le rassurer. Lionel n’avait jamais osé en parler pour des raisons évidentes : il avait honte, se disant qu’il avait « mérité » d’une certaine manière le comportement violent de son père car il était trop « faible » et « bête »… ce qui était vrai, à ses yeux, la preuve était l’état dans lequel il se retrouvait actuellement : presque tétanisé et incapable de se rassurer par lui-même. Et trop lâcher pour oser dire lui-même tout ça, alors que ça n’est « que du passé », que ce sont des choses qu’il aurait dû oublier depuis des années… Shérylle le lui a déjà dit : « pourquoi tu ne dis rien quand ça ne va pas ? Pourquoi tu ne me dis pas juste ce qui te fait du mal ? ». Comme si c’était aussi facile que ça. Mais, Lionel se dit souvent que c’est vrai, qu’il devrait savoir en parler, qu’il devrait savoir nommer ce qui lui fait du mal et se sentit d’un coup terriblement stupide.

« Je… je ne suis pas comme lui… hein… ? »

Il se sentait bête et faible. Il se sentait une telle catastrophe pour leur relation qu’il ne voulait plus regarder Shérylle en face et avait envie de fondre en larmes à nouveau. Sentir son amante passer doucement ses doigts dans ses cheveux le firent se détendre un peu, puis il alla se réfugier contre la poitrine de la mauve tandis que cette dernière tentait de lui transmettre des paroles encourageantes. Après tout, ce que ses parents lui avaient fait subir n’était pas sa faute, contrairement à ce qu’il persistait à croire.

« Non, jamais. Et… tu peux leur prouver, tu sais. Quand tu es sur scène, tu sais que c’est toi qui décides et que tu n’es pas comme… qu’au contraire, c’est la manière dont ils te forcent à te comporter avec eux, qui n’est pas naturelle. Je sais qu’un jour, grâce à ça… »


Même s’il n’était pas certain que c’est ce qu’il voulait entendre, et qu’il ne sait pas s’il parviendra à changer de comportement face à ses parents pour autant, même pour Shérylle. A vrai dire, ça lui semblait toujours aussi infaisable et il espérait encore oublier avant d’essayer de regarder l’abîme en face.


2009
Sur scène, c’était possible d’être lui-même, de se servir de la coordination pour évacuer des émotions qu’il ne peut transmettre autrement. Peut-être. Aujourd’hui, il allait peut-être enfin le découvrir. Peut-être que sa passion lui permettrait de prendre son envol et aussi navrant que cela sonne, lui donner la reconnaissance qu’il cherche. Le jeune coordinateur ajusta une dernière fois son costume tandis que la personne censée passer avant lui sortait de la loge. Son accoutrement devait résonner avec l’apparence de Draupnir, son fidèle Ténéfix : un long manteau noir dont le col et les manches étaient soulignés par des lignes violettes sombres, et orné au niveau de la boutonnière par de fausses pierres précieuses rappelant les gemmes disséminées sur le visage et le corps du Pokémon spectre et ténèbres. Il portait en plus de ça plusieurs bagues et une boucle d’oreille gemmée pour se fondre dans la thématique de leur performance. Parlant de Draupnir, Lionel le fit finalement sortir à ses côtés, histoire de se briefer tous les deux sur ce qui allait venir. Comme son allié serait la star du jour, le fait qu’il soit prêt où non allait être décisif et le coordinateur n’était pas du tout dans l’idée de le forcer.

« Si tu es prêt, mon grand, alors je suis prêt aussi. »

Lui dit-il avec sérieux. Leurs performances n’avaient pas toujours été de franches réussites jusqu’à ce jour, comme ils s’étaient reposés sur leurs acquis. Le Tenefix lui avait été offert comme une commémoration de sa réussite à son école de Kalos, cette même école qui lui avait appris à un peu trop rester dans un style convenu sans évoluer… C’était le moment, avec Draupnir, de montrer ce qu’ils avaient appris de leurs expériences et des défaites de ces dernières années. Si cela ne marchait pas cette fois encore, ils continueraient, avec les autres alliés de Lionel, de persévérer jusqu’à finalement se trouver. Et même s’ils réussissaient, ce ne sera pas une raison pour se reposer à nouveau sur leurs lauriers. Lorsque son allié acquiesça, Lionel se sentit plus apte à aller sur le terrain et montrer ce qu’ils peuvent réaliser ensemble.

Lorsqu’on les appella finalement, Lionel et Draupnir prirent le chemin de l’amphithéâtre et n’eurent même pas le temps de s’angoisser à nouveau pour ce qui allait venir qu’ils avaient déjà commencé leur performance. Guidés par le récit du coordinateur et la voix d’un chant lyriques aux sonorités mystérieuses et épiques, les spectateur découvrirent la première « Chimère » de « Zingaro », un personnae imbu de lui-même qui ne manquait pas de se prendre des revers de la part du « monstre » qu’il tentait de confronter. Avec la salle tout d’abord plongée dans le noir complet, en dehors du coordinateur en train de faire son speech tandis que son allié se préparait, la « Chimère » incarnée par le Tenefix ne paru pas tout de suite. Dans l’obscurité, on commença à entendre des grognements, des tintements tels des rochers qui se brisaient les uns contre les autres. C’est à mesure que la présentation du coordinateur avançait que les bruits s’accentuèrent et que soudainement, une bourrasque de pierres précieuses fut projetée de tous côtés depuis l’obscurité, éparpillant des gemmes de toutes les couleurs sur le terrain, dont quelques-qui furent esquivées par Zingaro avec un « oups » insouciant. Après avoir usé de son Rayon Gemme pour semer les roches translucides sur la scène, Draupnir, toujours tapi dans les tenèbres, commença à se révêler. Cinq lueurs descendirent telles des sentinelles féroces descendirent avec des mouvements saccadés du plafond, délimitant et sculptant dans leurs sillage et par leurs déplacements une ombre massive et vascillante qui s’était installée au fond de la scène. Avec les jeux de lumière apportés par les Ondes Folie du Pokémon ténébreux se reflétant sur les surfaces des gemmes éparpillées, l’Ombre Portée lancée par Draupnir semblait omniprésente, sur le terrain. Nul ne pouvait savoir d’où pouvait surgir la « Chimère de l‘avarice », comme Zingaro la nommait sans méfiance… pour reprendre ses dires il aurait « pu mourir ici, mais le spectacle était un peu trop amusant pour partir maintenant ! ». Ses mots prononcés en tapotant les lueurs-sentinelles qui tournaient avec agressivité autour de lui, le coordinateur fit mine de se brûler sur les petites lumières et d’en avoir l’air outré, tandis que du côté de son allié le spectacle d’ombres continuait. Reflétées et renvoyées de tous côtés dans un ballet sombre, les silhouettes étaient démultipliées par les lueurs et les pierres précieuses de plus en plus nombreuses, chassant petit à petit l’obscurité sur le terrain. Puis, la musique s’emballa et les loupiottes se rassemblèrent toutes en un point en retombant sur une pile de diamants aux pourpres, la faisant briller tel un phare écarlate qui révéla le reste du terrain et la fameuse Chimère de l’Avarice : Draupnir.

Juché en haut d’une montagne de gemmes qu’il avait accumulées dans l’obscurité, le Tenefix était lui-même couvert d’une carapace de lazulis et d’améthystes le faisant paraître deux à trois fois plus grand que sa véritable forme. Il semblait dans un premier temps ignorer l’humain présent en bas de son trône, dont les surfaces gemmées réfléchissaient et illuminaient les lumières, éblouissant parfois le public. Zingaro, toujours aussi visiblement niais, avait joué une surprise volontairement excessive à la vue du maître des lieux, laissant ainsi le temps aux spectateur de découvrir eux aussi la véritable apparence du Ténefix cupide. Après un « ah ! eh bien le voilà ! » peu impressionné, le coordinateur essaya de grimper sur la montagne de gemmes du Pokémon Tenèbres et manqua plusieurs fois de dégringoler lorsque son partenaire lui jetait des gemmes en espérant qu’il perde pied… Ah, oui, répéter cette partie de la performance avait été un véritable calvaire : entre Lionel qui disait à Draupnir « mais, vas-y, n’aies pas peur, je vais esquiver, je vais pas mourir, fais-moi confiance ! » et le spectre qui ne voulait pas blesser son dresseur… ce dernier avait d’ailleurs encore quelques bleus (et il en était fier, en plus, quand Shérylle lui avait demandé « mais qu’est-ce que tu t’es fait, encore ?! »). Dans tous les cas, le Tenefix sembler bouillir depuis l’intérieur de son armure gemmée de voir un étranger s’avancer avec autant d’outrecuidance vers lui, si bien qu’un brouillard sombre commençait à filtrer par les interstices de sa carapace. La puissance de cette attaque Ombre Nocturne contenue depuis l’intérieur de ce carcan fit finalement éclater l’armure de la Chimère et révéla sa véritable forme : un amas d’obscurité massif et monstrueux, dont le visage effrayant orné d’une centaine de dents acérées, les griffes et les membres étaient matérialisés par les pierres précieuses restantes de l’armure. Un « Ah… ! Oh-oh… » échappa à Zingaro depuis le bas de la montagne de gemmes, comme s’il découvrait ne pas être vraiment en sécurité en ce lieu. Tandis qu'arrivait la fin du temps imparti, Draupnir sous son apparence monstrueuse déchaina sa puissance, mettant à bas son trône et faisant voler en tous sens les gemmes avec l’aide de ses sentinelles lumineuses revenant se joindre au chaos. Tout s’entrechoquait en un capharnaüm éblouissant et bruyant, faisant petit à petit disparaître les lueurs et les gemmes qui s’évaporaient après s’être brisées entre elles. Tout ne fut bientôt plus que des poussières luisantes en suspension dans l’obscurité, dont la lumière diminuant de seconde en seconde, n’éclairant plus qu’infimement la scène, où disparurent finalement dans l‘ombre, tel un songe qui s’évapore, Zingaro et Draupnir.


Lionel n’avait probablement jamais vécu quelque chose d’aussi grisant avant ce jour. Peu importe s’ils avaient reussi ou non, Draupnir et lui étaient encore fous de joie d’être parvenus à exécuter la performance jusqu’au bout et d’avoir été récompensés de leur long et fatigant entrainement. Ils avaient dû avoir l’air assez stupides à sauter et hurler de joie dans le couloir une fois revenus dans le couloir comme des enfants en criant « aaaaaaaaaaaah mais aaaah t’as vu mais ohlala mais quand t’as fait ça c’était génial aaaaah ! ». Bref, les mots avaient manqué à Lionel pour dire à Draupnir à quel point il était fier de lui et d’eux pour avoir finalement passé le cap de leur carrière de coordinateur qu’ils essayaient de franchir depuis un long moment. Par la suite, les résultats du jury furent au-delà de leurs espérances et leur permit de se qualifier pour la suite et le bleu pleura bien entendu de joie comme un gros bébé en voyant le résultat. Ragaillardis et encouragés par leurs efforts récompensés, Lionel et son Tenefix s’étaient préparé pour la suite sans pouvoir cacher leur impatience. C’est en mettant de nouveau tous leurs tour et la témérité de leurs personnages, par des combinaisons plus rapides que lors de la performances, qui semblèrent surprendre le champion que Zingaro et Draupnir sortirent vainqueurs de leur deuxième ronde également. Il n’est pas nécessaire de préciser que ce fut de nouveau l’émotion en revenant dans la loge. Shérylle l’y attendait sans réussir à retenir un sourire tout aussi niais et euphorique que celui du coordinateur et de son Tenefix.

« Sheeeeeeeer ! Tu as vu, j’ai un rubaaaaaan ! »


La mauve fit semblant de se la jouer détachée sans y parvenir et leva les yeux au ciel.

« Mais oui, mais oui, c’est bien, il est beau ton ruban doré, hein ? »

La mauve n’arrivait pas vraiment à surjouer comme une tsundere, cette fois-ci, puis marmonna un « oh, et puis merde, hein », avant de sauter au cou de son amant sur les épaules duquel le petit singe ténébreux aux yeux diamantins sautillait encore de joie malgré son état de fatigue. Après l’avoir enlacé et embrassé longuement, Shérylle se détacha de son partenaire qui ne cachait plus vraiment son émotion, surtout pas vu l’expérience qu’il venait de vivre. Cela avait été incroyable, mais surtout crevant et maintenant, il n’avait qu’une envie : rentrer chez lui et s’endormir contre Shérylle en lui réclamant des câlins et des gratouilles dans les cheveux. Mais avant, Lionel prit quelques secondes pour contempler sa compagne toujours en train de lui sourire.

« Tu le sais que tu es vraiment incroyable ? »

Lui dit-il avec le plus grand sérieux dont il était capable à l’heure actuelle et la grande perche mauve ne manqua pas de rougir aux paroles de l’autre.

« Roh, arrêtes, c’est pas moi qui devrais être complimentée ! »

Lionel ne répondit pas mais continua d’exprimer sa reconnaissance dans une nouvelle embrassade. Probablement que sans les encouragements et les critiques franches de son amie, il n’en serait pas là aujourd’hui. Bien entendu, il avait aussi appris par lui-même de ses échecs et des commentaires du jury beaucoup moins flatteurs que ceux d’aujourd’hui. Le bleu regrettait seulement que ses parents n’aient bien sûr, comme d’habitude, pas été là pour voir ses progrès ni cette performance qui lui tenait tant à cœur. Il dissipa sa tristesse passagère pour continuer d’enlacer Shérylle, qui, elle, avait toujours été là depuis leur rencontre.

« Je t’aime tellement. »

Lui murmura-t-elle à voix basse, rendue elle aussi émue par les dernières heures passées dans l’amphithéâtre.

« Moi aussi je t’aime. »


2012
Les couloirs du palais de justice n’avaient pas grand-chose à voir avec ceux, plus animés et chaleureux, des amphithéâtres Enolian que Lionel connaissait bien, désormais. Il avait accumulé les rubans, défié des champions puis après quelques années, le Maître. Sa carrière avait décollé en quelques années et au fur et à mesure que le temps avançait, il était plusieurs fois parti à l’étranger pour défier d’autres coordinateurices, tandis que Shérylle devait s’occuper de ses nouvelles responsabilités de Championne à Zazambes. Maintenant qu’il y pense, cela faisait plusieurs mois que c’était comme s’ils ne vivaient plus vraiment ensemble, qu’ils avaient pris des chemins différents. Selon lui, c’était pour cela qu’ils sortaient à l’instant de la séance qui les avait conduits à signer les papiers de leur divorce mais en réalité, cette excuse avait bon dos pour nier ce qui avait réellement gangréné leur relation.

« Laisses-moi deviner. Je sais ce qu’ils ont dit. Que je suis tout de même gonflée de t’abandonner après m’être servi de ton succès pour faire avancer ma carrière de coordinatrice, que je suis une ingrate de partir sans les remercier de m’avoir traité comme une moins-que-rien pendant 3 ans et que j’ai fait tout ça pour qu’on m’entretienne. »

Finit par dire Shérylle en soupirant, après être sortie de la scéance, ses papiers sous le bras. Si les choses s’étaient bien passées suite à un accord commun, Lionel était arrivé en retard car il devait manger chez ses parents et bien entendu, le sujet du divorce était tombé sur la table. Cela avait dû être pénible pour lui, mais, après des années à devoir gérer le déni total de Lionel vis-à-vis de l’attitude toxique de ses parents envers sa compagne, Shérylle n’avait plus vraiment pitié. Le Roque-Lartigue avait malgré toutes leurs discussions continué de prendre la défense de ses parents, justifiant d’une manière ou d’une autre, même pas son silence, leurs paroles et leurs attitudes rabaissantes. Si la Jaskoviak avait au début tenté de comprendre, car elle savait que les choses étaient « plus complexes que ça », elle se rendit compte que même si il l’aimait, Lionel était incapable d’entendre la vérité sur le comportement de sa famille biologique. Même si Shérylle voulait son bien, elle ne pouvait pas passer sa vie à être la psy et une béquille pour son ex-mari. Cela était devenu invivable bien trop rapidement : elle avait grandi, changé au-delà de leur naïveté, de leur « si nous sommes ensemble tout ira bien »… Contrairement à son ancien amant qui n’avait pas voulu évoluer au-delà. S’il était impliqué à sa manière, était toujours un bon confident et n’était jamais devenu détestable ou violent, Shérylle avait bien réalisé qu’elle en était arrivée à jouer à la soigneuse. A partir de là, les choses s’étaient enlisées, avec leurs occupations respectives et leurs carrières, ils s’étaient éloignés et sans que les deux ne s’en rendent compte, une froideur s’était installée. Après de longs mois de discussions où ils en revenaient toujours au même point et auxquelles Lionel mêlait de plus en plus souvent ses parents… sur le sujet des enfants biologiques qu’ils n’auraient pas mais qu’ils pouvaient quand même adopter : « mais Papa et Maman vont encore faire des commentaires si on adopte » ; sur le sujet de leurs carrières respectives : « mais non, Papa et Maman ne le pensent pas vraiment quand ils disent que tu devrais être plus disponible pour moi au lieu de t’occuper de l’amphithéâtre… ». Bref, les conversations sur leur vie à deux étaient devenues obtuses et quand ils en venaient à parler de leurs sentiments, les deux se disaient qu’ils s’aimaient toujours sans trop y croire. Enfin, oui, ils s’aimaient encore, ils étaient encore amis pour le moment, mais leur relation ressemblait plus à celle de deux colocataires qui se supportent qu’à celle de deux amants. Tout cela réunis, ils en avaient conclu qu’il n’y avait plus vraiment d’intérêt de rester accroché avec l’autre dans ses conditions. De plus, aucun des deux n’avait envie que les choses finissent par s’envenimer.

« Tu n’étais pas obligée de l’énoncer à voix haute. »

Avait rétorqué le bleu, pas vraiment ravi d’entendre parler de cette manière de ses géniteurs alors qu’il avait dû subir leurs reproches il n’y a pas quatre heures avant le procès. Shérylle laissa échapper un rire désabusé face à l’attitude pleurnicharde de son ex-mari qui lui faisait son air de chien battu. Il regarda ailleurs en faisant la moue, mais la mauve ne s’en voulait pas vraiment, étant donné qu’elle en avait soupé, de cette attitude. Et ça, l’autre le savait.

« Pourquoi, c’est un peu trop réel pour toi ? »

Marmonna-t-elle, tout de même rancunière sur certaines choses. Notamment sur l’énergie qu’elle avait gâché à parler à un mur qui ne cessait d’excuser qu’on empêche sa conjointe de s’exprimer, qu’on l’oblige à entendre des conseils non-sollicité sur « comment être une bonne épouse »… Non, ce n’est pas par sadisme, qu’elle se comporte ainsi. A ses yeux, il s’agit d’être franche sur quelque chose que Lionel n’a jamais voulu entendre. D’ailleurs, il ne le voulait toujours pas et ne répondit rien. Le silence s’étendit jusqu’à ce qu’ils sortent du grand bâtiment juridique de Vanawi. Le temps étaient venus qu’ils se séparent et retournent chez eux. Bien entendu, il y aurait encore quelques affaires à déménager de l’ancien appartement, mais ça ne serait pas un problème. Après quelques secondes à rester immobiles l’un à côté de l’autre, en cherchant leurs mots chacun de leurs côtés avant de se dire « au revoir », Shérylle fut la première à se remettre à parler.

« Je ne regrette pas. Je pense qu’on a bien fait. »

A son ton, Lionel la devinait sereine. L’entendre ainsi le soulagea un peu même s’il sentait pour sa part beaucoup de culpabilité au sujet de ce que sa famille avait pu faire vivre à Shérylle. Quelque chose le bloquait, pour sa part. Il ne savait pas vraiment par où commencer, alors qu’ils en étaient au moment où tout doit finir. La rupture n’avait pas été facile même si tous deux faisaient les fiers en ce moment-même et reprendre des habitudes sans l’autre ne serait pas évident non plus.

« …De toute manière, tu mérites mieux. »

Finit-il par dire, sans vraiment savoir ce qu’il entendait par-là. Probablement des excuses, des encouragements… Tout ça pour dire que Shérylle ne méritait pas de se faire traiter comme les Roque-Lartigue l’avaient fait. Mais personne ne le mérite, après tout.

« Oh, ça, c’est bien vrai. »

Soupira-t-elle en réponse aux paroles maladroites du bleu. Elle réajusta son sac sur son épaule et remit ses lunettes de soleil sur le nez. Ce serait un peu bizarre de partir sur ça donc elle ne sut pas trop quoi ajouter d’autre.

« …Mais… je ne suis pas la seule dans ce cas-là. »

Aussi navrant et dramatique que cela puisse paraître, la Jaskoviak était prête à partir sur ça. Pourtant, elle fut retenue quelques secondes supplémentaires.

« Sherylle… ? »


En se retournant, elle put voir le bleu lui sourire, pas avec un de ses sourires superficiels de plus en plus récurrents ces temps-ci, mais avec une expression des plus sincères de reconnaissance. L’espace d’un instant, comme dans un clip show de mauvais film à l’eau de rose, les deux furent assaillis par de vieux souvenirs de leur vie ensemble, puis Lionel brisa le silence à nouveau.

« Merci pour tout. Prends bien soin de toi. »


Comme quoi, il était encore capable de sobriété, même si son succès avait tendance à lui monter à la tête. Shérylle inspira longuement puis ils se dirent un dernier « au revoir » avant de se séparer et de partir vaquer à leurs occupations respectives. Après tout, dans 24h, Lionel devait prendre l‘avion pour rendre visite à son ancienne école et y faire une Masterclass… Avec ce qu’il prévoyait, il n’aurait pas le temps de s’ennuyer, ou de penser de manière trop profonde à cette séparation. Car au moins, maintenant, Lionel pouvait se permettre perdre dans la coordination sans penser au reste… et dans les années à venir, cela allait lui être grandement utile.
Années 2009 à 2012




"Au nom de la Milice, je vais transformer les méchants en gentils avec le pouvoir du #663399 ! "
DCs: Cobaltium, Tobito, Alexander, Angarde, Mell et Ludwig.

RPs: Aloïs, Arthur, Yumi.
Bonus : Sailor Zingaro par Reshi (merciii =w=).
Lionel Roque-Lartigue
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Mer 8 Mai - 16:46
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