Légendes d'Enola


 

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 The Dark Side of Time

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Alexander Nagel-Jung
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Monarchiste
Messages : 36
Date d'inscription : 26/11/2017

MessageSujet: The Dark Side of Time    Dim 26 Nov - 19:48

ALEXANDER NAGEL-JUNG
INFORMATION GÉNÉRALES

Nom : Nagel-Jung (oui, mes parents m'ont fait cadeau de deux noms de famille pour le prix d'un à ma naissance).
Prénom : Alexander et j'ai même un deuxième prénom : Bertram.
Surnom : Alex, principalement. Lelex, Xander, sac-à-merde-man, petit con, saligaud, coquin, gredin pour les intimes.
Âge : 31 ans.
Date de naissance : 2 février 1991.
Genre : Masculin.
Origine(s) : Je suis né en Allemagne, à Dusseldorf (les plus attentifs auront remarqué un léger accent dans mon français). J'ai la nationalité Enolianne depuis  l’année 2013.
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : Mars 2009. Suite à une fugue du domicile familial, quel filou !
Métier/Occupation/Études : Prisonnier et squatteur de pénitencier à temps plein. J'écris des pièces de théâtre en prison et fais aussi des études de littérature comparée par correspondance. Au pénitencier, je travaille aux cuisines tous les soirs. Ah, et à mes heures perdues, je conte l'histoire et la légende de Régigigas aux paumés insouciants de la prison.
Lieu de résidence : Amanil, pénitencier.
Groupe : Neutre.
Sous-Groupe : Monarchiste. De manière totalement intéressée, bien entendu. Je suis aussi un ancien du Régime condamné à perpétuité pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Demandez à votre avocat ce qu'il en pense.
Rôle : Prétendant. Eh oui. On a énormément de temps pour s'ennuyer et s'occuper en prison, surtout avec des trucs qui font pas forcément beaucoup de sens.
Pseudonyme : On me nommait « Dio Silvery » (ou juste « Dio » ou « I-Dio-t ») au sein du Régime. Maintenant, je ne demande qu'à être nommé par mes véritables prénoms et noms, car j'en ai eu ma claque de devoir me cacher ! Non, sérieux, ce que c'était pénible, ces histoires d’identités secrètes, en fait... Si j'ai besoin de mettre un autre masque (en plus des airs que je me donne déjà), j'organiserais un bal masqué en taule, non mais je vous jure.

FICHE DRESSEUR
Informations
Rôle : Monarchiste, prétendant. (Ex-régimeux, prisonnier)
Lien vers le Sac de la version 1 : Par lààà.
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Non.

Modifications à votre équipe
- Métalosse - Siegfried - Corps sain - Brave
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Mort durant les combats post-cataclysme de 2017-1018
PREUVE: cf. histoire
- Clic - Rinzler - Minus - Hardi
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Mort durant les combats post-cataclysme de 2017-1018
PREUVE: cf. histoire
- Démolosse - Elijah - Maligne - Torche
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Partie lorsque j'ai abandonné Ludwig à Soltan. Elle n'a pas reparu depuis.
PREUVE: cf. histoire
- Maganon - Thorfinn - Relax - Corps Ardent
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Parti avec Riku et son ami Elekable, Lemmy.
PREUVE: cf. histoire



PHYSIQUE
Couleur de peau : Blanche. Je possède un teint typé européen du nord, donc plutôt pâle. Ce n'est pas comme si on avait une plage au pénitencier pour se faire des aprem bronzette. Et de toute façon je bronze très mal, j'ai une « peau de blond », comme on dit : fort sensible et qui « crame » et rougit au lieu de brunir après une exposition prolongée sans protection.

Description des cheveux : Anciennement blonds et très clairs, désormais gris. Il paraît qu’à cause d’eux, je ressemble de plus en plus à mon grand-père. Ils sont plutôt fins et se languissent d'un après-shampoing optimal en prison.. Mais ils brillent toujours un peu... A moins que ce soit de la graisse et du sebum ?! Yerk ! Et pour ce qui est de ma pilosité faciale, j'en profite pour vous prévenir que me voir me balader avec quelques immondes poils au menton n'est pas si rare, à mon grand dam. Car c'est assez souvent que les gardiens décident de me confisquer mes rasoirs... Je me demande bien pourquoi.

Description des yeux : Figurez-vous qu'avant d'être en prison, je portais de charmantes lunettes qui donnaient un cachet absolument irrésistible à mes airs de coquin irritant. Mais il a fallu que je leur dise au revoir récemment. Les gardiens m'ont dit que les utiliser comme des armes de fortune sur les autres prisonniers, c'était pas bien. Alors ils me les ont prit, j'ai trouvé des lentilles de contact inoffensives pour mes petits camarades et nous y voila. Ceci fait, parlons de mes yeux. Ils sont colorés d'un bleu glacé rare (tirant sur le turquoise selon l'éclairage) et malaisant à cause de ma tendance à fixer les gens avec un peu trop d’insistance. Oui, je suis très fort pour gagner au jeu du « le premier qui dévie le regard a perdu ». Et… Quoi ? Qui a dit que je louche très légèrement sans lunettes et que j'ai quand même de sacrement grosses cernes de dépressif quand on regarde de près ?! Viens par là mon bonhomme. Dis-moi, tu as déjà vu une scène de meurtre façon Shakespeare.. ? Bref, ça c'est fait, retournons à nos moutons... J'ai le regard habituellement joueur, provocateur, brillant d'une flamme mutine allumée en permanence. Enfin, presque en permanence. Il m'arrive de baisser ma garde et d'avoir des moments à vide. Dans ce genre de moments, mon front se ride sous l'effet de mes sourcils froncés, mes cernes ressortent et mon regard devient quelque peu inexpressif et vide. Oh, ça va, ce n'est pas car j'ai des coups de déprime que ça me rend proche de vous pour autant, ne vous emportez pas !

Taille : 1m79.

Poids : 70kg.

Description de la silhouette : Je suis plutôt mince et moins maigre qu’il y a 5 ans, à cause de la nourriture peu équilibrée du pénitencier et du sport que je pratique régulièrement (y'a des jours où on s'ennuie et où on passe plus de temps que raisonnable à la salle de sport, eh oui). Le premier qui regarde mon bide ou mes fesses en disant que j'en ai pris, il... Bon disons qu'il risque de trouver des surprises peu plaisantes dans son lit ou sa cellule ou son assiette qui risquent de l'envoyer au cimetière. Passons. Au niveau de ma carrure, j'ai toujours été plus nerveux que musclé et j'ai de très bons réflexes. Vous ne trouverez pas de muscles apparents chez moi (et vous pouvez toujours rêver que je vous autorise à regarder), je ne suis pas assez assidu pour les laisser se développer. S'il faut entrer un peu plus dans le détail eh bien... disons qu'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours eu un rapport à la nourriture et à ma minceur assez particulier (et à mon corps en général, d'ailleurs, sachez que je suis fort pudique mais qu'en prison il faut bien se faire violence). Des troubles du comportement alimentaire réguliers m'ont fait rester maigre et bien en dessous du poids moyen fort longtemps, surtout entre 18 et 22 ans et en conséquence, il fut une période ou mes muscles n'ont pas bien suivi. J'ai beau remettre un peu de chair sous ma peau ces dernières années, je ne sais pas si je serais franchement costaud un jour ! Mais c'est pas si grave car de cette façon, je peux me faufiler partout et surtout sous ton lit pour te regarder dormir la nuit !
Bref. Sans transitions, on va parler de mon look d'enfer. Croyez bien que l'uniforme du pénitencier et sa couleur orange (heureusement qu'elle me plaît, sinon on serait mal, avouez-le) permettent de camoufler de nombreuses particularités de manière à se fondre dans la masse et... Quoi, ce qu'il y a sur mon étiquette ? « Nagel-Jung R07878 ». Pourquoi, c'est pour un autographe pour Bobby, votre fiston de 5 ans ? Bon, certes, il y a plus agréable à l’œil comme look. Ça connote quelque peu, cette couleur. Mais je fais de mon mieux pour rester propre sur moi et élégant, autant dans ma démarche (qui me donne l'air con, à ce qu'il paraît, je fais des trop grands gestes avec les bras) que dans mes habitudes ! Porter des chaussures chics ne sert pas à grand chose car qu'on le veuille ou non, elles auront été volées le lendemain de leur obtention. Mais parfois, j'ose porter des chemises bien repassées et mes jolis caleçons à motifs rigolos sous l'uniforme réglementaire. Ce n'est pas parce que je suis en train de perdre ce qui me reste d'humanité (donc vraiment pas grand chose) en prison que je n'ai pas le droit de soigner mon apparence !

Problèmes de santé physique : Je suis très myope (environ 4/10 à chaque œil, ce qui fait que je vois flou à moins d'1m50) et mes yeux clairs sont sensibles à la lumière. J'ai également un système digestif déjà abimé et fragile depuis mes troubles du comportement alimentaire (des tendances anorexiques récurrentes de ma fin d'adolescence... stupide jeunesse) et mon tempérament anxieux, nerveux et agité en permanence. Je n'ai jamais vraiment cherché à savoir d'où ça venait, mais lors de mon procès il y a 4 ans, les psy ont parlé de « troubles bipolaires » et de certains manques affectifs et empathiques, de besoins d'attention et... Des conneries, quoi. Et pour parler de quelque chose sans aucun rapport, je suis aussi allergique aux poils de chat (ce qui est ironique car mon surnom, quand j'étais gosse, c'était "chaton".. pourquoi ? car je suis aussi ingrat et imbu de moi-même qu'un fichu matou).

Particularités autres : Je suis ambidextre (avec une plus grande aisance de la main gauche). Par ailleurs, je pensais ne jamais faire le moindre dessin sur ma peau un jour, mais on s’ennuie beaucoup en prison et un jour, sur un coup de tête, j’ai eu envie d’essayer de me faire tatouer. C’est comme ça que j'ai commencé à me faire tatouer des versions stylisées de mes Pokémon (ils me manquent un peu, ces bougres). Pour le moment j'ai donc un Scorvol, « Christopher », sur l'avant-bras gauche et une Granbull, « Sophie », sur l'avant-bras droit. A vrai dire, j’ai découvert que les tatouages me permettaient de camoufler partiellement plusieurs de mes nombreuses cicatrices (que je trouve fort laides) ; celles-ci se retrouvent surtout aux niveau des mains, des bras, et j’en compte quelques unes au visage, nez, arcades, oreilles  (pour le coup, je remercie mon vieux masque de Régimeux qui a pu garder mon visage plus ou moins intact à maintes reprises). D’ailleurs à propos de séquelles, les plus attentifs auront remarqué qu’il me manque l’auriculaire gauche. Bah oui, c’est ça d’aimer un peu trop jouer avec des couteaux pendant l'Emergendémie (on y reviendra). Ah, et rien à voir avec les blessures de guerre, mais j'ai aussi un plombage doré à la molaire supérieure-gauche.. Une histoire bête qui met en scène mon sale caractère, l'arrogance de mon père et surtout, sa main, ma joue, le coin de la commode et.. Non, je ne vous ferais pas de dessin. Sur un sujet plus joyeux, vous aurez remarqué que j'ai une voix de ténor qui porte et bien qu'irrante, je ne mens même pas en vous disant qu'elle est fort agréable quand je me mets à chanter. Qu-quoi, vous ne voulez pas écouter... ? Je crois bien que je vais pleurer.  

CARACTÈRE
Personnalité : Égocentrique - Imbu de sa personne – Hypocrite – Suave – Menteur agrégé – Faux – Acteur –  Fanfaron – Tête à claque – Très joueur – Impatient – Vif – Expressif – Bon public – Bavard – Mégalomane - Volubile – Beau parleur – Très cultivé – Ringard – Vieux garçon – Sens de l’humour et de la répartie – Spirituel – Chipotteur – Esprit de contradiction – Orgueilleux – Aime monopoliser les conversation et l'attention – Cherche toujours à avoir le dernier mot – Cynique – Sarcastique – Provocateur – Arrogant – Enfantin – Gamin gâté – Faux candide – Ne prend pas grand chose au sérieux (surtout pas ses interlocuteurs) – Même s'il vous assurera le contraire avec un sourire mielleux, il ne respecte rien (ni personne, surtout pas lui-même, mais chut, il ne faut pas le dire) – Immature – Irresponsable – Impudent – Lâche – Sans scrupules – Faux-cul mielleux de compétition – Pas empathique – Très perspicace – Méfiant – Curieux – Observateur – Aventurier – Téméraire (suicidaire, osons le dire...) – Se voile la face – Aveugle – Optimiste... à sa façon (encore une fois, il se voile la face) –  Débrouillard – Impulsif – Capricieux – Lunatique – Persévérant – Insistant – Tordu – Cruel – N’a aucun tact – Sympathique en apparence – Très misanthrope en réalité – Distant – Parfois très froid – Mauvaise langue – Déloyal – Intéressé – Réservé – Secret – Maladroit – Dissipé – Je m’en foutiste – Ne fait jamais de concessions en ce qui le concerne – Manipulateur – Semble n’être effrayé par presque rien – Dépendant, mais ne l'admettra pas – Pense parfois être objectif mais ne l'est jamais

Il paraît que je ne suis pas vraiment quelqu'un de facile à cerner : j'en veux pour preuve le nombre de personne qui diraient ne pas me connaître réellement malgré le fait d'avoir passé du temps en ma compagnie. Pourtant, que ce soit en bien et le plus souvent en mal, j'ai une présence qui marque les esprits. Mais en ce qui concerne ce qu'il y a à l'intérieur, c'est une autre histoire sur laquelle je ne souhaite pas m’étaler, car c'est tellement plus drôle de rester vague en semant la confusion ! Ne faites pas ça chez vous les enfants. L'assistante sociale elle dirait que c'était pas bien, la manipulation par l'omission volontaire. Bref. On me décrira tout d’abord comme quelqu'un d’extrêmement bavard. Un baratineur, un emmerdeur qui ramène tout le temps sa fraise, selon certains (la majorité). Un philosophe selon... personne. Mais j'aime autant être un petit con qui cherche toujours la petite bête. C'est tout de même plus rigolo, comme étiquette. Ces quelques éléments, c'est ce qui fait la base de mon caractère irritant et le ciment de mon affirmation de moi-même, ce sur quoi je m'appuie pour frapper du pied à terre et prouver que j'existe en ce monde.

En ce qui concerne mes rapports avec mes semblables, je suis un acteur dans l'âme : je parle, et je joue mon rôle, mes rôles, je m'amuse et j'improvise pour rebondir sur les réactions des autres. J'aime l'idée qu'en vivant ainsi, je peux me réinventer tous les matins. Parfois, un rôle me plaît et je le tiens... Une semaine, des mois, des années. Je l'ai déjà fait par le passé. Pour mon jeune frère Ludwig : j'ai joué le rôle du grand frère. Et j'ai fini par m'en détacher. Oui, je suis un « faux » et je joue ce jeu des masques sans jamais me lasser car au fond, je suis assez lâche et extrêmement méfiant. L'attachement est chose difficilement concevable pour moi, quelque chose qui me fait peur. J'ai appris tôt à mentir pour cacher mes bêtises, et surtout à me mentir. Sans rougir, j'avance que je suis un très bon menteur. Le genre qui ne laisse rien paraître, qui trahit sans vergogne, à qui on ne fait plus jamais confiance ensuite, et qui se conforte bien de ne pas avoir été celui ayant eu le courage de faire preuve de sincérité. Car au fond, voyez-vous, je suis plutôt lâche. D'ailleurs, je ne suis pas bon pour connaître les gens. Leurs émotions positives ou négatives ne m'atteignent pas et j'ai appris à ne plus me préoccuper des regards extérieurs. Il y a quelques années encore, j'étais un type susceptible, atrocement irascible, qui extériorisait ses petites blessures d'ego à qui voulait bien les entendre. Mais à force de me foutre de tout et de me voiler la face, j'ai fini pas prendre à peu près tout à la rigolade ou de haut... Navrant, n'est-ce pas ? Bon courage pour avoir une conversation sérieuse avec moi dans mon état actuel, car la prison n'aide pas à connecter avec la réalité et à cesser d'être cynique !

Quoiqu'il en soit, j'ai grandi centré sur moi-même et mon intérêt des autres n'a jamais pris le temps de bien s'aiguiser. Faut-il le dire clairement, je me moque bien de leur joies ou de leurs petites fragilités, de la subtilités de leur goût pour la numismatique. Mais vous aurez remarqué que j'ai un goût pour le drame très marqué. Et fort insupportable. Et quand on me donne du drame... Eh bien, croyez-bien que je vais tout faire pour le sublimer et le changer en tragédie. Que l'on me lance un « Ah, cruel ! Laissez-moi donc expirer ! » ! « Cruel ». Oui. J'imagine que c'est un autre adjectif qui parle de lui-même à propos de mon détachement vis-à-vis de la douleur d'autrui. Après tout, si je n'avais pas été ainsi, comment aurais-je pu espérer faire carrière dans la torture et l'assassinat par le passé ? C'est bien triste, dire que, petit, je voulais être acteur de théâtre ou chef d'orchestre. Mais en un sens, qui a dit que les deux n'étaient pas compatibles ! Comment ? « Pourquoi faire ça... ? ». En voilà une question qu'elle est idiote. Cela vous frustrerait si je répondais seulement « je suis comme ça », hein ? Le psy de la prison et d'autres mettent ça sur le compte d'une grande colère intériorisée, d'un manque, ou je ne sais quelle autre connerie. Comme si ça donnait la moindre circonstance atténuante ! Je ne cherche pas à être compris, moi, je veux juste qu'on me foute la paix et qu'on cesse d'envahir mon espace personnel avec ces questions stériles sur mon sale caractère !

Comme vous le voyez, des rebondissements, des nouvelles idées, aussi tordues et alambiquées soient-elles, j'en trouve toujours ! J'expérimente sans cesse, je me cultive et me plonge inlassablement dans les lectures rocambolesques afin de trouver de nouveaux modèles, de nouveaux phrasés, de nouvelles notions, de nouveaux concepts à aborder. Oh que non, je ne manque pas d'entrain et ne suis pas avare quand il s'agit de culture, je pourrais en consommer indéfiniment et sans sommeil. Le résultat d'une enfance souvent passée isolé et avec les bouquins de la grande bibliothèque de mes parents à disposition. Comment ? Vous pensez qu'on pourrait y voir un bon côté ? Ah, pauvre naïfs que vous êtes. On est très arrogants et casse-pieds avec notre savoir, chez les Nagel... Si l'on m'a donné l'intelligence, la répartie et l'aisance financière de mes parents pour en disposer pleinement, il aurait fallu me retirer la parole pour que je ne devienne pas un horrible faux-culs hautain doublé d'un gamin gâté et capricieux. Quand je disais qu'on ne m'arrêtais pas quand je commençais à parler et à m'emballer, ce n'était pas dans le bon sens de l'expression, bien au contraire ! En bien oui, quand vous avez commencé à m'écouter, n'avez-vous pas rapidement regretté de ne pas vous être finalement adressé au type d'à côté ?

Goûts/Dégoûts :
Entre deux scéances de préchi-précha Monarchiste j'aime : Bavarder – Parler pour ne rien dire – Me battre – Faire de la provoc' – Être un petit con – Les Pokémon surtout les miens et les type acier – Riku – Cuisiner (je ne suis pas mauvais aux fourneaux, d'ailleurs – Le théâtre – Le cinéma – Faire la diva – L’histoire antique et le XVIe siècle français et britannique – Lire (beaucoup)– Me cultiver – Les pièces de Shakespeare, Racine, Goldoni, Gombrovitz, Edward Bond, Brecht (et beaucoup d'autres) – Les films de Terry Gilliam, des Monthy Python, Fincher, Meliès, Bakshi, Tarantino, Lars Von Trier, Vinterberg (on vous sortira pas toute la liste non plus) – Victor Hugo, Dumas, Balzac, E.T.A Hoffmann, Jules Verne (et beaucoup d'autres écrivains qu'on ne listera pas) – Les chiens (surtout les gros) – Le poisson – Les pyjamas et les caleçons avec des motifs de Pokémon ou rigolos – Porter des chemises – Repasser mes vêtements – La musique classique et l’opéra (Offenbach, Gounot, Beethoven, Berlioz et les compositeurs Romantiques en particulier) – Collectionner les couteaux et les beaux livres – Faire des châteaux de carte – Rester des heures sous la douche – Chanter (dans des contextes et des situations souvent très inappropriées) – Jouer à l'imbécile – Prêcher la Légende de Régigigas et raconter des bêtises – Les Looney Toons (surtout Daffy Duck et Bugs Bunny) – X-Files (la série de mon adolescence) – Uma Thurman (c'est mon amoureuse depuis que j'ai 10 ans <3) et Kill Bill I et II – Heath Ledger – Les manga « Hellsing » et « Gunnm » – Les méchants de Batman et quelque autres trucs rattachés à cette série (et, oui, j'aime beaucoup « Batman et Robin » aussi.. déso pas déso) – Les travaux manuels et faire des trucs avec mes mains en général – Aiguiser mes couteaux et prendre soin de mes affaires – Les bières belges (ma préférée est la Trappiste de Rochefort)

Par contre, j'aime pas du tout : Devoir me taire – Interrompre ma lecture ou mon écriture – Les conversation forcées et stériles – Me sentir faible ou être malade –
La télévision – Devoir prendre mon traitement – Les médecins et les psy (surtout les psy) – Mon père et ma mère – Soltan – Qu'on me force à fréquenter certaines personnes – Qu'on me dise comment me comporter – Qu'on me traite comme le guignol de service (c'est ce que je suis, mais demander à quelqu'un de drôle « aller, fais une blague ! », ça ne se fait pas et ça me met très en colère) – Qu'on me force a faire quelque chose de manière générale – Me montrer en position de faiblesse – La stagnation – L'immobilité – L'ennui – Les films qui prennent les gamins (donc moi aussi) pour des cons – Les kebabs et la junk food – Trop manger et avoir mal au bide – Mes cicatrices – Les jeux vidéos (parce que je suis nul, surtout avec une manette dans les mains, bizarrement) – Les bières anglaises – Les alcools forts

Objectifs et aspirations : En prison je n'ai pas vraiment d'autre choix que de vivre au jour le jour : mes objectifs peuvent s'en voir bouleversés d'un instant à l'autre. Mais c'est ce qui met un peu de piment, non ? Ici on m'empêchera d'accomplir de grandes choses, néanmoins je fais vraiment de mon mieux pour que mes pièces soient publiées et jouées hors de la prison (et récemment j'ai commencé à négocier l’ouverture d'un atelier théâtre dans le pénitencier, qui serait assuré par mes soins, bien entendu...ah, ce rêve de monter une comédie musicale sur ma vie...) et continuer de me cultiver un maximum. J'imagine que j'aspire à une certaine tranquillité, bien que je me lasse facilement quand il n'y a pas d'action (et en prison, je suis servi à ce niveau). Bien entendu, cela m'amuserait beaucoup que le groupe d'abrutis qui m'écoutent prêcher la Légende s'agrandisse au point qu'on ne puisse plus vraiment les ignorer, mais les mener. Je ne sais pas, moi, mais c'est le genre d'atout qui devient dangereux, à force, non... ? Ou qui se retournera sûrement contre moi ! J'ai bien envie de voir comment tout cela va tourner.

D'autre part, même si j'ai conscience que la prison n'est pas le meilleur lieu pour ça, j'aspire à la liberté, au moins au niveau spirituel. Que l'on me fiche la paix, quoi. J'aimerais pouvoir réellement me détacher des choses que je juge encore m'entraver, comme mes histoires de familles et certains démons du passé. Néanmoins plus ça va, plus j'ai l'impression que même pour moi, la chose n'est pas possible.

Peur(s) : J'ai peur de rien, moi. Quoi ? Ah, il faut que je sois honnête ? Bon, bah... Si y'a bien un truc qui me fait peur, c'est bien le Dedenne psychopathe de mon père... Quoi, sérieusement ?! Bon... après hm... La maladie, j'imagine ? J'ai aussi très peur de ne plus rêver la nuit (me souvenir de mes rêves -souvent très riches- m'a toujours réconforté). J'aimerais vraiment pas cesser de m'amuser un jour, de perdre goût à ce que j'aime , ou de devenir un légume à cause de mes régulateurs d'humeur (qu'on m'oblige à prendre en prison grrrr). Oh, et, aller, je vais vous faire une dernière confidence. J'ai peur de l'attachement et ce n'est pas car la seule relation amoureuse que j'ai eu ne s'est pas bien terminée ou que ma vie de famille est chaotique. Non, c'est simplement que l'affect, l'attachement désintéresse, c'est un terrain inconnu pour moi et que je trouve vertigineux, effrayant.

ALIGNEMENT
Votre personnage a-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-il de cette époque ? : Oh, oui ! J'étais au premières loges : Officier Dio Silvery, tortionnaire de renom, pour vous servir. Pourquoi croyez-vous que je suis désormais en cabane ? Je me rappelle avec nostalgie de cette période de conflits, de guerre, des risques.. Ahlala. Mais le Régime c'était quand même des sacrés ennuyeurs. Au départ je pensais que ce serait bien d'aller avec eux, mais ça a fini par me lasser qu'ils me fliquent (oui bon, je sais, c'était le Régime, pas un camp scout comme ceux que je faisais à 8 ans) et.. Bah, la bataille finale, je me suis plus trop gêné, je me suis défoulé en me castagnant et en zigouillant tout ce qui me tombait sous la main. Bref, pour répondre à la question initiale, oui, j'ai connu cette période de très très près et j'en suis plutôt nostalgique. Je ne regrette rien néanmoins et j'ai encore beaucoup pour m'occuper en prison : du temps à moi, des bagarres régulières, des corvées pour équilibrer le tout... On ne pourra pas me reprocher de voir toujours le verre à moitié vide !
Que pense-t-il/elle de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : Je suis quelqu'un qui aime le changement, les surprises, qui déteste la stagnation. Par contre je me fous pas mal de la politique. Donc... le gouvernement peut bien faire ce qu'il veut, ce n'est pas en prison que je vais ressentir des changements majeurs. Mise à part peut-être avoir droit à un repas de Noël si tout le monde a été sage. S'il fallait être de bonne foi, néanmoins, je dirais que notre niveau de vie en cabane s'est un peu amélioré à la mise en place du conseil il y a presque 2 ans et depuis que des associations se sont intéressés au sort des détenus, avec des plans de réinsertion. Mais bon, personnellement, j'aime pas trop les samaritains.
Que pense-t-il/elle de la légende de Regigigas ? : C'est intéressant. Très intéressant. Je veux dire en terme de bénéfices. Cette légende galvanise bon nombre de personnes crédules, désespérées ou enthousiastes, tout comme elle en fait soupirer les plus pragmatiques. Là où je veux en venir, c'est que la prison est l'endroit le plus commode pour trouver des gens correspondant aux deux premières catégories : les crédules et les désespérés. Après avoir lu un certain nombre de bouquins et de recherches sur la Légende et l'Emergya (j'ai beaucoup de temps libre), j'ai commencé à en causer à ces clampins en manque de guides à suivre depuis qu'ils sont derrière les barreaux. Comment ça, ce n'est pas éthique ? J'en vois qui n'ont pas encore compris que ce mot ne faisait pas partie de mon vocabulaire ! « Immoral » en fait bel et bien partie, en revanche. Bref je suis un beau parleur et bon menteur, c'est une jolie histoire drôle à raconter, alors si les péons qui m'écoutent toutes les semaines depuis quelques mois continuent de marcher dans ces bobards, ils finiront par m’appeler « Alexander le Prophète », héhé ! Ça ne serait pas pour me déplaire ! Oh, allons, je vous vois lever les yeux au ciel, mais c'est juste un jeu ! J'ai beau ne pas avoir inventé l'eau chaude, je sais bien que cette légende, c'est des balivernes pour bercer les enfants le soir ! Car si c'était vrai, eh bien, il est évident que Regigigas m'aurait déjà choisi !
Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : Je ne crois pas trop à leur façade de "gentils" depuis l'intervention récente de Mme Wallace... M'enfin, comme d’habitude, dès qu'il y a le commencement d'une potentielle zizanie, je suis enjoué et intéressé. Passons et parlons plutôt de ce qu'ils produisent. Même si je suis pas très branché sciences exactes, je reconnais que leurs revues sont intéressantes (encore une fois, on a beaucoup de temps à tuer en prison). Et par ailleurs, on a le droit à plus d'animation à la colonie de vacan.. euh, en prison, depuis que les organismes qui leur sont rattachés se soucient parfois des prisonniers. Sinon eh bien... Ça reste des choses qui se passent « à l'extérieur » : je me sens vraiment peu concerné.
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : S'ils osent lever ne serait-ce qu'un doigt sur mes Pokémon, je sors de prison, je mets mon plus beau costard et je m'en vais leur causer personnellement. En dehors de ça, j'aurais presque songé à me manifester pour qu'ils voient mon cas dans le cadre d'un boulot d'Elite avec mon passé de dresseur mais... Pas tant qu'ils auront la plupart de mes alliés dans le viseur. Et objectivement, je ne sais pas trop quoi dire. J'ai vécu chez les richards toute ma vie donc le bling-bling, je m'en suis un peu lassé quand il vient d'autrui. Et puis, j'ai déjà bravé la Compétition et ne désire pas vraiment prêter allégeance à quelque institution que ce soit de sitôt.
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Donnez de la liberté aux électrons libres et ils vous prépareront une guerre d’indépendance. Du moins je l'espère. Alors faites la guerre, qu'on rigole un peu. Ceci dit, dans l’état actuel des choses et de part leur obsession pour la liberté et l'indépendance, c'est sûrement chez les Anarchistes que je me retrouverais le mieux. Mais si je me joignais à eux, ce serait avec des objectifs totalement égocentriques (semer la discorde, pour ceux qui s'interrogent) et biaisés vis-à-vis des valeurs originelles du mouvement.

Alignement/Allégeance ? : Moi-même et mes délires fantasques (neutre, pour ceux qui n'ont pas compris). Je pensais que c'était assez évident.
ET VOUS?
PUF/Surnom : Coba, enchantée o/
Âge : 24 ans
Disponibilité : Je campe dans le coin :V
Comment avez-vous connu le forum ? : JE SAIS PAS :nuu:
Suggestions ? : Aligo.
Personnage sur l'avatar : Kasper Hekmatyar [Jormungand]
Code : Auto-mangé
Autre: Des bisous.


Dernière édition par Alexander Nagel-Jung le Jeu 30 Nov - 22:02, édité 4 fois
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Alexander Nagel-Jung
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MessageSujet: Re: The Dark Side of Time    Dim 26 Nov - 19:49

LIENS ET PERSONNAGES RÉCURRENTS

Irina Nagel-Jung- Sœur jumelle. Défunte à l'âge de 18 ans.
Ludwig Nagel-Jung - Petit frère. 13 ans en 2022.
Helmut Nagel- Père. 62 ans en 2022.
Martha Jung - Mère. 60 ans en 2002.
Riku Nagel - Cousine adoptive. 26 ans en 2022.

Sky Vassily - Ancien ami et ex-amant.
Aloïs Legrand - Ancien ami.
Clive Donovan alias Nero - Ancien collègue Régimeux et camarade de prison.
Cassey Banks alias Gwen - Ancienne collègue Régimeuse.
Mikaël J. Evans alias Azazel - Ancien collègue Régimeux.
Gaësia S. Miko alias Lady G - Ancienne adversaire de ligue et amie.

Soltan Green - Ancien mentor. Gardien et tuteur actuel de Ludwig.
Samaël Enodril alias Sirius - Ancien prisonnier et rival, en quelque sorte.
Faust Donovan alias Mephisto - Ancienne connaissance "positive" et père d'Alice, amie de Ludwig.
Solène Weber et sa famille - Anciens adversaires et rivaux.

CHRONOLOGIE

« Monsieur Nagel-Jung ? »

Un type en costard m'attendait au parloir. Inconnu au bataillon, quelques années de plus que moi, propre sur lui et un peu trop enthousiaste de me voir arriver. Vu la partie de rigolade qui m'attendait, j'aurais eu bien tord de l'ignorer. Alors je me suis assis en face de lui et j'ai daigné l'écouter.

« Gilbert Fanchon, avocat de la défense. L'attente pour vous a du être longue au vu des nombreux procès d'anciens membres du Régime qui sont en cours, mais on m'a confié votre dossier hier même. »

Plait-il... ? Le voilà qui me serre la main avec le sourire. C'est vrai que les procès sont en cours et les collègues se voient distribuer (ou pas) des peines à durées variables. Ceux qui mettent le plus d'argent réussissent même parfois à s'en sortir, bien que le système n'y soit pas franchement disposé. Pour ma part je n'avais rien demandé, mais me voilà avec un commis d'office qui a l'air de vouloir bien faire son boulot. En réalisant le pétrin dans lequel venait de se mettre ce pauvre Gilbert Fanchon, j'ai gloussé bêtement.

« Tu n'as vraiment pas de chance, toi ! »
« ...Pardon ? »
« Allez, dis-moi, je peux aller en prison quand ?! »
« Eh bien... Justement, il est de mon devoir de vous défendre pour vous éviter une trop longue peine et... je sais que certains éléments de votre dossier pourraient aider ! »


Très, très enthousiaste. Cette fois, j'ai explosé de rire. Lui est resté bouche-bée jusqu'à ce que j'en aie terminé.

« Que... Qu'est-ce qui vous prend ? »
« Oh, rien, je crois que tu ne te rends pas compte que tout ton boulot n'a servi strictement à rien avec moi ! »
« Co...Comment ça.. ? En tant que citoyen vous avez le droit à un procès en bonne et dûe forme. C'est une obligation judiciaire. »
« Tu diras plus la même chose quand tu auras vu mon carnet magique. »
« Votre... quoi... ? »


Mon carnet magique, c'est un carnet que j'ai commencé à remplir quand j'ai commencé à travailler au Bloc R, en 2009, pendant le règne du Régime. J'avais 19 ans, et j'étais un jeune soldat tortionnaire. Inutile de vous décrire en détail ce qu'il y a dans ce fameux carnet. Des listes de noms avec parfois de descriptions. Les noms des gens passés dans les cellules des Blocs R et R2, et dont je me suis occupé personnellement. Ce pauvre Gilbert Fanchon... Il est devenu plus blanc que les murs du parloir quand je lui ait mit ce carnet entre les mains. Pas tant pour ce qui était noté dessus, mais pour la preuve que ce truc constituait à lui tout seul.

« Vous... Vous êtes formel ? Vous êtes bel et bien l'auteur de ce carnet... ? »
« Pas d'erreur possible, j'ai une écriture infâme reconnaissable entre toutes. »


Comment ça, je ne devrais pas avoir l'air si fier et me regarder les ongles d'un air péteux ? Certes. Surtout que le Gilbert a l'air au bout du rouleau. Il va certainement faire en sorte d'abandonner mon cas. Du moins c'est ce que je croyais jusqu'au moment ou il releva le visage sans soupirer et frappa du poing sur la table et déclara avec force qu'il me défendrait malgré tout. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas autant ri, alors j'ai accepté de jouer le jeu et de l'encourager à plaider ma cause lors de mon procès.

« Votre Etat-Civil vous présente comme Alexander  Bertram Nagel-Jung, né le 2 février 1991 à la maternité de l'Hopital Central de Dusseldorf.... Vous confirmez ?  »
« Je confirme. »
« Vos parents ont eu l'amabilité de me transmettre de nombreux documents qui pourraient aider votre défense. Je vois que vous aviez une sœur jumelle qui est... décédée le 2 février 2009 dans un accident de voiture selon ce rapport de la morgue. »

Je roule des yeux et ricane narquoisement. Oh, merci les vieux, c'est trop aimable d'avoir refilé les rapports de la morgue. L'autre s'en aperçoit et arque un sourcil.

« Vous n'êtes... Pas en très bon termes avec votre famille, n'est-ce pas.. ? »
« Mais bien sur que si. Tous les week-end, on va en balade au parc d'attraction tous ensemble et on mange des barbapapa. »
« Hm... Est-ce que vous pourriez m'en dire plus sur vos liens avec votre famille ? Et... Vous pensez pouvoir me parler également de votre sœur jumelle et de ce qui lui est arrivée ? »
« Tu es bien accroché, j'espère. Je suis quelqu'un d’extrêmement bavard ! »
« J'ai toute la journée. J-je vous demanderais juste d'être honnête... euhm... dans la mesure du possible. »


Ça, ça va être difficile, mais bon. On va au moins lui faire croire.

« Histoire de se débarrasser du plus pénible en premier, mes parents sont des gros relou. Surtout mon père. Quand je suis né il était déjà à la tête de l'entreprise familiale avec maman. Un truc compliqué, les vieux n'ont jamais trop aimé parler de ce qui les avait décidé à prendre en charge la boite, mais ça avait pas l'air très propre, tout ça. Bref. Ça m'ennuie déjà de parler d'eux, à vrai dire. Ils nous racontaient rien sur le vie et on était pas potes comme cochons. Surtout avec ma mère, elle était jamais là. Y'a pas grand chose à en tirer si vous voulez  mon avis. Maintenant, ils ont vendu l'entreprise et sont partis d’Allemagne pour aller vivre à Alola. Papa est redevenu un connard de prof de maths et maman est passée de chef d'entreprise à DRH. Sérieux, DRH ?! Mais qui fait ça ? »
« ….Hm... très bien. Et... A propos d'Irina Nagel... ? »


Il est sympa le Gilbert Fanchon, mais cette fois-ci, je lui ait refilé un regard bien noir avant de tomber dans une séquence souvenirs. Une séquence souvenirs qui commence le 2 février 1991. Le jour de ma naissance et de celle de feu ma sœur jumelle.

1991 – 2001 (0 à 10 ans)
Ma naissance, la famille Nagel-Jung et ma petite enfance
Je n'ai pas trop connu Irina les premières années. Elle est née albinos et avait une santé fragile, donc elle était souvent à l’hôpital. Du coup, j'étais à la maison avec mon père et je me faisais déjà bien chier. Alors que tout le monde aurait pu penser que naître dans une famille payant l'impôt sur la fortune, c'était la garantie d'une vie sans accroc... Bizarrement c'est chez les riches qu'on trouve les pires abrutis, à mon humble avis et dès mon plus jeune âge je n'ai pas fait exception à la règle. Paraît que tandis qu'Irina était extrêmement calme, presque une enfant plante, j'étais franchement pénible et imprévisible comme gamin. Par exemple, rien que le fait que je marche tôt, ça posait problème car je courrais dans tous les sens, me cassais la figure dans les escaliers et mettais ma tête dans la poubelle (pourquoi vous pensez qu'on m'appelle encore « Déchet-man »). Et en plus, j'étais colérique et caractériel. Je criais tout le temps. Très honnêtement, je crois que j'aurais pu faire une publicité vendeuse pour la contraception à moi seul (si jeune, déjà acteur fabuleux, eh oui...). Enfin, comme je disais, mon père, Helmut, bossait à domicile et me gardait tout en se massant avec exaspération l'arrête du nez sur pratiquement chacun de mes faits et gestes (et particulièrement quand il fallait changer mes couches). Quand à ma mère, Martha... j'ai pas trop des souvenirs avec elle. Je ne l'ai jamais vraiment vue ni connue de toute ma vie. Mais comme Papa elle avait la meilleure excuse du monde : « J'ai beaucoup de travail, ne me déranges pas ». Et ça m'aurais bien ennuyé de les déranger, hein ! Oui, vous pouvez sentir venir l'ironie. Car les problèmes ont commencé à mes 3 ans, en 1994, lorsque je suis entré à l'école.

Mes premières années d'école, la solitude et les adultes
Moi et Irina étions toujours scolarisés dans des écoles privées côtés. J'imagine que de cette façon, les parents se disaient qu'ils n'avaient qu'à payer cher pour s'éviter beaucoup de choses pénibles liées à notre éducation (comme pas mal de familles qui fréquentent ce genre d'établissement huppé, si vous voulez mon avis). Enfin. Je n'étais pas un gamin obéissant. J'étais l’insupportable cas ingérable de la bande. Je répondais systématiquement au tac au tac, je répétais les sermons des enseignants et des surveillants de manière insolente, égarais des gestes brusques sur les visages de mes camarades, faisais des crises et des caprices réguliers. Et il était normal pour moi d’entraîner Irina pour qu'elle fasse de même. Même si -je l'apprendrais des années plus tard- elle agissait sous mon influence d’aîné (quoi, je suis né une demi-heure avant elle, ça compte !), ma jumelle m'accompagnait dans mes lubies. Mais les adultes avaient tout de même compris et ont commencé dès mes 6 ans à régler le problème en m'isolant pendant les activités en groupe et les récréations comme j'étais souvent puni. On en fit bientôt de même à la maison, car en m'isolant, les parents pouvaient faire preuve de négligence à l'égard de mes soucis scolaires et sociaux et se voiler la face comme ils continueront de le faire si bien pour les décennies à venir. Quoique pour Papa, ça a un peu changé, récemment, je crois, mais on en recausera plus tard. C'est donc à partir de mes 6 ans que j'ai commencé à lire vraiment beaucoup et à regarder des films toute la nuit quand les vieux n'étaient pas là. L'école a continué ainsi et j'ai enchaîné avec l'équivalent allemand du collège* sans aucune envie d'apporter le moindre changement à mon attitude. Ce n'est pas comme si on m'en demandait tant. De toute façon, mes parents désapprouvaient tout ce que je faisais sans réfléchir et pour se donner un semblant d'autorité... ça ne me donnait que plus envie de continuer. En aurais-je développé un manque d'attention flagrant de par mes tendances à faire mon intéressant en permanence... ? Je vous laisse juger.

*En Allemagne, l'école « primaire » comprend généralement les années scolaires de 6 à 17 ans, recouvrant donc le collège/lycée français (soit tout le secondaire après la maternelle ou "Kindergarten" allemand).

2002-2006 (11 à 15 ans)

Les joies de mon adolescence
Les premières années de mon adolescence n'ont pas été les meilleures de ma vie (ce n'est pas parce que je suis exceptionnel que j'y ait échappé, soyons honnêtes deux minutes). Intérieurement et extérieurement, je vous ferais pas de dessin, la puberté fut perturbante et fort casse-pieds. Quand on est naturellement fier comme un pou, maigrichon comme un fil de fer, qu'on se balade avec des culs de bouteille sur le nez, un appareil dentaire d'une taille indécente (et il est resté plus de 6 ans, l'enfoiré) et une bonne dose d'acné et de tâches de rousseur, c'est pas franchement évident. Néanmoins, en dehors de mes soucis disciplinaires que je multipliais à coup de bagarres et autres actes de violence gratuite, j'étais un bon élève particulièrement (trop) enthousiaste et bruyant avec la littérature, le théâtre, le français et l'histoire. J'étais déjà absolument sûr de ma supériorité et tenais tête sans aucune peur (surtout de l'insouciance) aux adultes et a mes parents. En un sens, pourquoi me gêner, ces abrutis ne cherchaient toujours pas à régler les problèmes que j'invoquais à chaque fois que je mettais le nez dehors ! Je changeais parfois d'établissement, mais ça ne changeait rien. Encore plus de nouveautés, c'est juste encore plus de bêtises. A force de me confronter à de l'indifférence ou du mépris, je me suis mis à éprouver la même chose vis-à-vis de mes propres actes. Je provoquais, mais j'ai fini par être convaincu que tout ça, finalement, ce n'était pas bien grave malgré les retombées et la désapprobation de tout mon entourage.

Ma rencontre avec un psychiatre, le déni d'Helmut et l'isolement
A 15 ans, le psychologue scolaire a par la force des choses croisé mon chemin et j'étais assez curieux à l'idée de passer des tests, non seulement à l'insu de ma famille, mais aussi pour potentiellement mesurer mon intelligence et mes particularités. J'étais donc aux anges quand il a avancé l'hypothèse des troubles de l'humeur, voire même des troubles bipolaires, semblables aux problèmes de dépression de mon paternel (ça déjà, j'aimais moins). Mais dans ma conception irréaliste des choses, l'essentiel était là : on me confirmait pour mon plus grand plaisir que j'étais un être différent des autres, un original, potentiellement exceptionnel, donc. En revanche Papounet n'a pas du tout digéré ni accepté la nouvelle et m'a simplement mis en internat, de manière à éloigner mon influence néfaste d'Irina. Eh ouais. Je suis bien d'accord, c'est stupide (et je pense que lui aussi en avait conscience). Parce que dans cette histoire, c'était juste moi le problème, hein (dois-je encore vous souligner l'ironie ?). Dans la famille on en commet pas mal, des actes non-réfléchi, stupides et des plus maladroits et cruels car on est un peu trop centrés sur notre nombril et bien trop lâches et hypocrites pour regarder la réalité dans les yeux... Et puis il n'y a pas de logique à trouver ici. Car Helmut et Martha avaient déjà perdu le contrôle depuis bien longtemps et n'espéraient plus le reprendre.

2007-2009 (16 à 19 ans)
L'internat, la sociabilisation et mes premiers crimes
Éloigné de ma famille et dans un nouvel établissement gratifié d'un internat qui leur permettait d'éviter de s'encombrer de ma gênante présence, je me suis essayé à la sociabilisation par curiosité, sans grand succès. Enfin, vous savez de quoi je parle, pas la peine de vous remettre les schémas des cours de biologie. J'étais moi aussi un adolescent plein d'hormones et relativement obsédé, donc entre 16 et 17 ans j'ai voulu voir comment c'était chez les nanas et chez les gars. Mais c'était décevant et je me suis vite lassé (même aujourd'hui, je continue à ne pas être friand de ce type de rapports intimes) pour retourner me faire une couverture de relations platoniques stériles car j'avais déjà autre chose en tête. Sans vraiment le reconnaître, j'avais le vide de l'absence d'Irina à mes côtés à combler et il me fallait trouver d'autres occupations. J'avais arrêté de me battre car j'étais lassé de toujours croiser le même type de petites frappes. Je voulais passer au niveau supérieur. Comme j'avais fait quelques fois avec le chat de chez mon cousin Ellias, j'avais d'autres chose à expérimenter sur mes semblables. Ce n'est pas comme si on m'avait enseigné la compassion ou l'empathie, ou alors ce n'était pas assez... Et si oui, eh bien, je n'avais pas dû écouter. Ni apprendre de mes lectures romanesques à cet égard. Bref, c'est à 17 ans que j'ai commis mon premier meurtre. Et la facilité avec laquelle tout cela se déroula me fascina et me donna une impression de pouvoir infini absolument incroyable. Le fait d'avoir osé brisé un tabou ancestral, peut-être ? Ou simplement la révélation du fait que supprimer la vie d'êtres pour lesquels je n'avais jamais eu aucune sympathie était presque simple comme bonjour quand on y réfléchit un peu par avance ? En réalité, ce qui m'a poussé à ne jamais me remettre en question là dessus, eh bien, c'est l'absence de réaction et de nouveau, le déni de mon entourage ne me plaçant plus aucune limite. Bon, devinez-quoi, les parents et Irina ont plus ou moins deviné ce qui s'était passé et ça les a un peu choqués (ah ! petites natures !). Irina car je lui disais tout et la forçais à l'écouter, Papa car c'est lui qui lavait mes chemises et Maman parce que Papa avait fini par lui avouer. Encore une fois, personne n'a cherché de solution. Peut-être espéraient-ils que je finisse par me tuer tout seul comme un grand, ou par me faire arrêter afin que les autorités compétentes leur mette le nez dans leur caca ? Peu importe, je ne leur ait pas laissé le temps de souffler.

Irina, la trahison et ma première chute
Le 2 févier 2009 j'ai eu 18 ans, et Irina aussi. Fort de ma majorité légale et du sentiment de surpuissance dont je me targuais à l'époque, j'ai agi à l'insu de mes vieux et j'ai prétexté à Irina une fête d’anniversaire surprise pour l'emmener avec moi vers la frontière Hollandaise (en vrai, je ne lui ait pas trop laissé le choix). Le plan était simple : quitter le pays, fuir cette vie qui stagnait et nos parents qui n'étaient qu'ignorance et déni face à mes actes. Je n'en avais pas encore fait assez ? Alors cette fois-ci, ils en auraient pour leur argent et ne pourraient plus faire comme si ne rien était lorsque leurs jumeaux auraient disparu. J'avais hâte de voir comment ils réagiraient. Néanmoins, rien ne se passait comme prévu. Irina ne voulait pas venir et je suis devenu nerveux. Son refus de m'accompagner, je voyais ça comme une trahison. Il faut dire que malgré le fait que l'on se voyait de moins en moins, j'étais habitué à ce que ma sœur soit sous mon influence. Quelle refuse de rester avec moi, ça m'avait fait un choc et réaliser bien des choses. Mes certitudes ont été ébranlées et j'ai ressenti une peine immense comme rarement cela m'était arrivé. J'étais déboussolé car je réalisais que j'aimais ma sœur, je faisais reposer sur elle l'approbation de tous mes actes démesurés pour éviter de me poser des questions. A vrai dire, Irina était mon rempart protecteur. Mais alors qu'elle s'effaçait, alors j'entrevoyais la réalité. J'entrevoyais ma véritable nature, je prenais l'espace d'un instant conscience de mes actes, je réalisais mon propre malaise et ma détresse. J'étais confus, perdu. Je voyais l'abîme pour la première fois et je refusais de m'y engouffrer. En refusant mes supplications, Irina m'a trahi, elle m'a fait paraître le plus faible des êtres alors que je devais être le plus fort. Si elle je ne la contrôlais plus, alors je ne contrôlais plus rien. J'aurais pu la laisser faire et la laisser partir, continuer seul. Mon choix fut bien plus radical. Je m'étais procuré une arme et j'ai menacé Irina avec, histoire de lui donner un ultimatum. Je n'acceptais pas son choix et j'allais l'éliminer si elle refusait de d'être celle qui me servait d'excuse pour continuer d'échapper au réel. Quand elle a eu le courage immense de nouveau secouer la tête entre deux sanglots, j'ai perdu le contrôle et c'est le conducteur du Taxi où nous nous trouvions qui a pris le premier. Avant que je ne m'attaque à elle, nous avons eu un accident. La voiture s'était planté dans un profond fossé et je m'en étais miraculeusement sorti. Irina, en revanche, a brûlé avec le reste. Comme j'étais en vie et que je me refusais à faire face à mes actes pour le moment, j'ai décidé de fuir.

En fuite, Soltan et mon départ pour Enola
Je ne sais si c'est la solitude, la détresse, ou le contrecoup de mes excès qui m'ont fait verser tant de larmes ce soir là. Ce qui est certain, c'est quelque chose s'était brisé et j'ai bien du mal à faire des vannes en ce qui concerne cette période précise de ma vie (ah parce que oui, d'un coup c'était devenu un peu trop sérieux à mon goût également). Encore aujourd'hui, après avoir admis et commencé à oublier la douleur que la mort d'Irina provoque chez moi, j'ai du mal à distinguer le vrai du faux. Mes notions de réel ont dû disparaître par raison de praticité, pour m'enfermer dans ma propre bulle. C'était ma première « chute », ma première vraie « claque » : la première fois que tombais du plus au sommet au plus bas de la pente. Je n'avais plus mon bouclier et au fond de moi, je savais que je n'étais pas assez fort pour faire face par moi-même. Mais j'avais passé la frontière et je me suis planqué en Hollande. C'est là que j'ai rencontré Soltan Green alors que j'errais dans les rues comme le dernier des pouilleux suicidaires. Disons simplement qu'il m'a évité de tuer un clampin dans une rue un peu plus passagère que je l'avais imaginé. Il connaissait le métier, il faut le dire, à l'époque c'était encore un tueur à gages. Par la force des choses et comme j'étais totalement vidé ces derniers temps et qu'il pouvait faire en sorte que je parte d'Europe sans me faire remarquer, j'ai collé Soltan comme un petit chien et l'ait laissé m'apprendre quelques trucs. Quelques mois plus tard, je me suis finalement envolé loin de l'Europe et de mes origines avec un billet pour Amanil, en Enola.


2010-2012 (19 à 21 ans)

Mon arrivée à Enola et mes premières années de Régimeux
Il est temps de retourner à quelque chose de plus joyeux, hein ? C'est du haut de mes 19 ans que je me suis retrouvé à la botte du Régime. J'avais beau être un jeune con avec le généreux argent de poche de mes parents économisé (oui, des sommes d'argent qui voulaient dire « on compense le fait de pas s'occuper de nos gamins comme on peut et tais-toi »), bah, au bout d'un mois, j'étais sans le sou. J'ai donc suivi l’entraînement officiel des jeunes soldats et que j'ai intégré l'armée blanche contre un salaire médiocre. Certes, c'était un groupe de totalitaires qui se fichaient de se servir de quelques gamins comme de la poudre à canon, mais moi je voulais juste y aller par goût du sang (eh, j'ai jamais dit que ça allait être logique ou réjouissant). Dans mon groupe de jeunes recrues, il y avait même un certain Nero et une certaine Gwen. Mais on en reparlera peut-être plus tard. Par ailleurs, après avoir passé quelques mois à faire le pied de grue devant des bases miteuses avec le reste de la chair à canon, on m'a affecté au Bloc R. J'avais déjà mené quelques interrogatoires musclés (enfin, sans les muscles pour mon cas) sous supervision des supérieurs et il faut croire que ma cruauté et mon jeune âge me rendant plus servile les avaient convaincu de me mettre dans un endroit où mes « talents » seraient plus utiles que sur le champ de bataille. Parce que bon, j'étais pas bien costaud, quand même, alors autant me laisser entre trois cellules miteuses là ou je ne leur foutrait pas la honte avec mon physique de baguette chinoise. Vous avez déjà vu un vigile tout maigre, vous ?

N'empêche que tortionnaire, ça m'a plu, comme boulot, et je ne vous ferais pas l'affront d'entrer dans les détails. Les primes venant avec les heures supplémentaires et les différentes « tâches accomplies » sur les détenus n'étaient pas vilaines non plus. Donc, j'ai exécuté les demandes des plus haut gradés en restant dans mon Bloc R sans rechigner. Avec parfois beaucoup de plaisir, même (non les enfants, ce n'est toujours pas quelque chose à faire chez vous avec votre petite sœur, même si elle vous a volé vos Légo...). Que demander de plus : je m'amusais et je pouvais me détourner à nouveau de la réalité ! Ce métier m'encourageait dans ma vision tout à fait artificielle et fausse des rapports interpersonnels et me confortait dans l'idée que j'étais à nouveau puissant, que j'avais retrouvé le contrôle, que je n'étais plus qu'un simple mortel. Oh, certes, en plus de tous ces mensonges, je me mettais à imaginer Irina, ma jumelle à mes côtés de nouveau, histoire de m'éloigner encore plus du vrai monde (quand je vous dit que tout allait vraiment bien !). Et ce n'est pas quiconque qui m'aurait contredit. Bah quoi ? J'ai jamais eu trop d'amis et à l'époque ils étaient au nombre de « zéro pointé », alors ! Pendant que j'agissais bien au chaud dans le Bloc, en maltraitant mes chouchous, à savoir messieurs Enodril et Ikeda, les batailles entre le Régime et la Résistance commençaient à devenir sérieuses, et tant mieux. Dans ces périodes particulièrement tendues, c'est là que j'avais le plus de travail ! Bref, disons-le plus familièrement : plus Enola s’abîmait et s'amoindrissait... Plus je m'engraissais tel un gros porc (façon de parler, mes habitudes alimentaires étaient assez catastrophiques depuis la mort d'Irina).

2013 (22 ans)

La Résistance et Sky
Néanmoins, je viens de le dire, mais ce n'est pas en étant tortionnaire que l'on se fait des copains, surtout du côté de la Résistance. Ce n'est pas faute de m'être intéressé à eux, pourtant, avec les heures que je passe à bavasser en leur compagnie ! Enfin... « Pas de copains chez les Résistants », ce n'est pas ce que je disais à propos d'un certain Sky Vassily à l'époque. C'est pas comme si je tenais à mes engagements politiques comme je tiens à mon premier couteau. Pour vous la faire courte, entre nous, ça a commencé par un concours de « qui c'est qui a le plus gros malaise » un soir un peu arrosé. Puis comme j'avais la sensation qu'on avait peut-être entamé quelque chose sans en finir, je suis allé le retrouver. Il a écouté mes baratinages de gamin débile, il s'est marré et on s'est pris la tête, mais on a bien rigolé, déconné... Bon, bref, j'avais envie de m'amuser et je crois que lui aussi appréciait que notre relation soit complètement imprévisible. En plus de cela, pour ma part, je trouvais dans nos moments intimes un réconfort humain que je n'avais pas vraiment connu jusque là. Sauf que dès que la guerre, mon premier amour (en comparaison, Sky restait l'amant caché dans le placard), frappait à la porte, je me préparais à l'idée devoir lui couper la gorge à Vassily et lui devait faire de même.

L'attaque du Bloc R
Enfin, ça n'aura duré qu'un an avec ce type et je m'étale pas mal pour dire que, finalement, que les Résistants soient ou non nos opposants, je m'en moquais bien. C'est simplement qu'il s'avère qu'ils remplissaient les cellules et étaient mon gagne-pain. Parlant de cellules et de mon Bloc, c'est en octobre 2013 que les Résistants l'ont détruit et que la famille Weber est venu réclamer les siens. Parce que j'avais le père Ikeda, il me fallait aussi la fille pour... pour faire joujou en tout bien tout honneur, vous vous attendiez à quoi, à un scénario plus tragi-comique ? Pas cette fois. Enfin, ils s'en sont sortis toute manière et je me suis vexé. Vexé au point que j'avais envie de leur rendre leur monnaie de leur pièce en continuant de les agacer. Mais la vie est longue et l'année qui s'en venait serait elle aussi riche en émotions.

2014 (23 ans)

Riku
C'est en 2014 qu'elle est arrivée. Ah, Riku. Ma Riku. Mon âme sœur. Ma cousine s'est installée cette année là sur Enola pour prendre part à la compétition en tant que jeune coordinatrice. Si je l'ai croisée, c'est tout à fait par hasard. Elle faisait du stop pour aller de la périphérie d'Amanil, ou se trouvait l'aéroport, au centre-ville et avec le boulot, je faisais ce trajet tous les jours. On avait toujours pas mal traîné ensemble quand on était gamins, surtout quand il s'agissait d'embêter les cousins ou de mettre Helmut et Martha hors de leurs gonds. C'était un peu la seule capable de me supporter plus de 3 minutes. Nous retrouver tous les deux sur Enola nous a un peu... rapprochés. On a traîné de plus en plus ensemble au fil des mois et à force de voir Riku squatter, on a fini par carrément habiter sous le même toit. J'avais acheté mon château cette année-là, d'ailleurs, avec un gros prêt (remboursé avec ma victoire de la compétition l'année suivante) c'est elle qui me l'avait fait découvrir et on y vivait tous les deux. Je me suis attaché à Riku, je lui ait raconté ce qui m'a amené sur l'Île, mon boulot avec le Régime. Elle savait tout et si je me confiais à ce point à elle c'est bien parce que je l'aimais. Elle, en revanche, s'est mise à me craindre car mes humeurs étaient imprévisibles et que j'étais de plus en plus possessif et surveillais parfois ses faits et gestes. Si le climat était tendu pour elle, je ne m'en suis jamais rendu compte et vous en penserez ce que vous voudrez, mais je m'en fichais. Je voulais qu'elle reste avec moi. Car je l'aimais et ne voulais pas la perdre.

Samaël et Ikaël, ou la rafle du 1er janvier 2014
2014, ce fut également l'année où je rencontrais Samaël Enodril, le futur Sirius, actuel Maître de la Ligue de Nuva Eja. A l'époque de l'attentat et de la rafle du 1er janvier 2014, c'était simplement un adolescent lambda que j'avais adoré effrayer aux larmes en torturant son père, mon cher joujou Ikaël, sous ses yeux. Père qui se jeta sur mon couteau pour y mourir et couper court à cette joyeuse séance de retrouvailles. Encore une fois, je me suis un peu vexé qu'Ikaël m'ait fait un sale coup pareil. Mais bon, javais d'autres jouets dans mon petit coffre nommé Bloc R2... J'ai aussi rencontré ce couillon d'Aloïdiot (Aloïs Legrand, pour les intimes) qui s'était fait attraper lors de la raffle lui aussi, c'est un... Je me demande ce qu'il devient aujourd'hui. A une époque, on se marrait bien tous les deux, puis on a arrêté de se voir assez naturellement quand ça a commencé à se gâter avec le Régime. Il me manque pas trop. Mais c'est pas comme s'il y avait des gens qui me manquaient. Affectivement, je veux dire.

Solène Weber, ma deuxième chute et Aloïdiot
Parlant d'affect, d'ailleurs, cette année, Riku me fuyait et on s'engueulait souvent. Ces moments ne me faisaient pas du bien et je le faisais bien savoir à ma cousine. Un soir, d'ailleurs elle s'est perdue dans Baguin après que je sois descendu la chercher dans un bar miteux, dézinguant un mec un peu trop insistant avec elle au passage. A ce moment là, elle a disparu quelques semaines et j'ai appris qu'elle était allée trouver refuge chez Soltan, qui commençait à l'époque à s'installer sur Enola pour prendre une retraite de ses activités liées au crime. Pour ma part, le soir de cette dispute, j'avais envie de faire beaucoup de mal à la première personne que je croiserais. C'est tombé sur Solène Weber et ça a mal tourné pour ma poire. Aussi rageant que ce soit de l'avouer, elle était plus en contrôle d'elle-même, plus forte entourée de ses Pokémon et, bah, j'ai perdu et je me suis littéralement fait traîner dans le caniveau à moitié crevé.

J'ai bien cru que j'étais mort ce soir-là, mais j'ai été réveillé par un connard qui jouait de la guitare électrique quelque jours plus tard. Vous vous souvenez d'Aloïs Legrand, alias Aloïdiot ? C'était lui, le connard. Le monde est petit. Il s'avérait qu'il m'avait sauvé la vie et que j'étais pas mal au bout du rouleau entre l’énième rejet de Riku et sa disparition, ma défaite cuisante contre Weber, puis avec cette dette en plus sur le dos. Je suis resté quelque temps jusqu'à pouvoir remarcher normalement (la rouquine m'avait bien niqué le pied) et je me suis bien marré avec Alo... Faut dire que quand on ose sauver un type comme moi... je sais pas, j'ai quand même un petit semblant de respect pour ce fichu barbichu. Après que je sois rentré à la maison, Riku est rentré quelques semaines après également et l'été 2014 s'est terminé sur ce « retour à la normale ». N'empêche que ces événements estivaux ont constitué ma seconde grande « chute »... Et je suis devenu encore plus dépendant de Riku, après ça.

2015 (24 ans)

La 102e Compétition, Ludwig et mes différents avec Helmut
En 2015, donc, entre quelques séances de torture, des boulots secondaires donnés par le régime et des soirées passées à lire des pièces de théâtre ou à regarder des films avec Riku et ses stupides kebabs, j'ai relevé le défi de la 102e saison de la Compétition Enolianne. Et comme disaient les jeunes sur les vidéos en 2017, eh bien, « ça tourne mal ». Je savais que la Compétition était retransmise à l'échelle mondiale et donc jusqu'en Allemagne. C'est là que les vieux m'ont retrouvé après 5 ans sans aucune nouvelles et... que Papa (très mauvais acteur de son état) m'a mit au courant avec une innocence un peu trop prononcée pour ne pas être douteuse que j'avais un petit frère. Ludwig. Il avait à peine 6 ans, alors. Ma réapparition a fait perdre les pédales à tout le monde dans la famille, je crois, comme Helmut a craqué son slip (si, avec son tour de taille d'obèse, c'était encore possible) et m'a entraîné dans un délire (bon, je l'ai pas mal poussé à bout aussi) à la « eeeh on va se taper dessus et on verra qui c'est qui pourra garder Ludwig comme tu crois que j'suis un père de meeeeerde ». Je vous jure que vu notre état à tous les deux à ce moment-là de notre vie qui faisait remonter tout ce dont on était capables de pire, même pas besoin de drogue pour imaginer des plans aussi tordus. J'imagine que c'est pas parce qu'on est biologiquement intelligents que... voilà, quoi. A l'âge canonique de 24 ans , j'étais donc aussi obsédé par faire le fanfaron à la compétition, que par agacer mon paternel et le faire craquer, que par le bazar qui se déroulait sur Enola.

L'éruption du Limar et la ligue de Nuva Eja
J'étais au Volcan Limar lors du cataclysme qui recouvrit Vanawi de cendres pour me la péter un peu, mais j'étais rapidement retourné m’entraîner pour voir venir mes matchs de Conseil. Ma première adversaire fut Lady G. Ah, Gaësia. C'était une adversaire coriace et intéressante. Joueuse comme moi, une guerrière d'honneur que j'ai un peu appris à connaître par après, avec des gamineries à base de tonneaux de bière et de sake et de combats amicaux. Je sais pas trop ce qu'est devenue cette brave Miko aux cheveux rouges après les événements des 2017, maintenant que je pense à elle, et je ne peux pas trop sortir de prison pour le savoir. Ce serait marrant que nos chemins se recroisent. Bref, après Lady G, ce fut le tour de Mephisto. Encore une fois, c'était un combat effréné et à l'intensité incomparable. J'étais en plus au sommet de ma forme, car je venais de donner sa leçon à mon paternel en ce qui concerne nos « petits différents ». Oh, il s'en était sorti, il était simplement à l'hosto avec quelques commotions car nous nous étions battus. Ludwig quant à lui était désormais avec moi, sous ma responsabilité (oui, à l'époque j'étais tout à fait en train de gueuler de nouveau « c'est moi l'plus fort » sur tous les toits comme un connard). L'envie de briller sous les projecteurs pour les beaux yeux de mon jeune frère était un peu trop tentante pour ne pas me donner à fond jusqu'à achever la ligue. J'espère toujours pouvoir affronter Mephisto une nouvelle fois, mais à l'époque, j'étais déjà concentré sur mon prochain match, prévu pour août, m’opposant à Sunny, la Maitre Dresseur de l'époque qui m'enjaillait salement d'affronter. Peut-être un peu trop pour que tout cela soit parfaitement sain, d'ailleurs. Mon entraînement et mes nuits blanches à potasser mes stratégies ont payé et mes Pokémon furent tout au long de ces combats formidables. Ah, oui, je ne leur ait pas assez rendu justice depuis le début, à toute cette bande de lurons qui n'avait cessé de s'agrandir depuis l'année 2010, durant laquelle mes premiers alliés, Sophie ma Granbull et Justin mon Scalpion s'étaient joints à moi. Aussi surprenant que cela puisse paraître, mes alliés, je les ais tous adorés. Il y a eu des pertes, certains nous m'ont quitté au fil des années et des batailles. Puis, la prison nous a séparés. Mais je vois toujours, derrière les barreaux, l'ombre de mon Scorvol passer de temps en temps dans le ciel.

Le massacre du 10 juillet 2015 et Gwen la Rouge
Enfin, trêve de poésie. Sur Enola, la réalité est souvent violente et les temps étaient durs pour les rêveurs, ou même les utopistes. L'espoir, ce n'est pas mon truc, mais le 10 juillet à Amanil en était rempli à ras-bord. Ils étaient masqués de blanc et ils chantaient en l'honneur de leurs morts, bléssés, des âmes disparues pour le conflit enflammant l'île. Eh. Je n'étais pas de ceux pensant que le Régime serait pris d'un élan de compassion soudain et quand une balle perdue a transformé la marche pacifiste en massacre, j'ai fait ce que je faisais le mieux : y participer. Pour faire court, j'ai fait des otages, une résistante s'est opposée à moi avec ses propres monstres, on s'est amusés, puis j'ai tout de même pas mal frollé la mort sans trop le savoir tandis que le soldat Jake me collait au train (il est devenu quoi, ce petit gars, d'ailleurs... ? L'ait pas croisé en prison... peu importe).

Quand cette belle journée fut finie, j'ai eu un peu plus de boulot au Bloc R2 et... La visite d'une collègue qui a osé faire mumuse avec un de mes jouets sans m'en demander l'autorisation. Vous vous souvenez, Gwen ? Bon, c'est une vieille collègue du Régime, on se croisait souvent. C'était le bazar au Régime à ce moment là. On venait de perdre Nero à cause d'une prétendue trahison et les assassins étaient en galère, mais ça me faisait une rallonge de salaire et... Je m'égare. Donc, Gwen, j'allais l'engueuler d'avoir mis les pieds chez moi sans gêne et à la place, je l'ai trouvée sur son balcon, prête à sauter pour s'écraser par terre. Tu parles d'une soirée merdique, à écouter ses conneries sur son amie disparue qui me rappelaient un peu trop mes visions récurrentes de ma sœur décédée ! Enfin. On s'est revus un peu, après ça. Y'avait un truc bizarre, peut-être un peu d'amitié. Forcée, quand même, cette amitié.

Jouer à la famille
C'était l'époque ou je jouais au grand frère avec Ludwig. Donc, pour me rendre crédible, j'imaginais qu'en me prennant au rôle, j'allais me faire progressivement des potes. Cassey (alias Gwen), donc, ainsi qu'un certain Faust et sa fille Alice, que Ludwig adore et voit toujours aujourd'hui. J'étais plus crédible aux yeux de Ludwig et Soltan avec un petit cercle d'amis... Enfin, je crois. Tout cela ne se passait pas si mal. Cela ferait bientôt un an que Ludwig aura emmenagé avec moi et Riku. Puis... Il y a eu mon anniversaire de 25 ans. Et la fugue.

2016 (25 ans)
La fugue, le départ de Riku et ma troisième chute
On y va pour le récit de ma troisième (et dernière en date) « chute ». Nous étions rendus aux suites de ma victoire à la Compétition. J'ai vite été lassé du fait que les journalistes me collent au train. J'ai beau être un foutu drama-queen, je n'avais pas envie de me retrouver dans le même magazine bling bling que Victoria Hills, ou de me mettre à faire des tuto manucure pour les adolescentes fans de visual key. Après un mois à m'amuser à faire le con devant les flash, à tourner dans des pubs nazes et tenter des castings pas très brillants, et même réalisé un film nul disponible en DVD (zone 3 uniquement), j'ai repris ma routine en compagnie de Riku et de Ludwig fraîchement installé à nos côtés. Ma petite scène de la petite famille qui se sert les coudes malgré leurs différences et leurs désaccords marchait presque bien. Enfin, je jouais mon rôle, Riku jouait le sien, Ludwig également... Je n'attendais rien, ne planifiais rien de particulier, continuais de bosser comme à mon habitude en mentant à mon jeune frère sur mes réelles activités, je m'absentais en laissant parfois le gamin seul, sans explications. L'essentiel c'est qu'on « jouait » à la famille et que personne ne se plaignait.

Mais pour Riku, ça n'était pas possible. Elle a supporté quelques mois avant d’émettre des réticences. Elle sentait que je l'obligeais, dans ma dépendance à sa présence, à rester et à jouer à la famille avec moi. Tout ça a fini par exploser le soir de mes 25 ans. Ludwig avait tout préparé, mais je ne comptais pas rentrer. J'avais un bilan à faire au Bloc R2, de mes « jouets », en causant avec l'illusion de ma défunte sœur. Après tout, c'était ses 25 ans à elle aussi. Mais pendant ce temps, au château, Ludwig pleurait car je ne revenais pas et Riku craquait car elle savait la vérité. Elle a détourné les yeux quelques minutes et cela suffit à mon jeune frère pour partir dans la nuit. Quand je suis rentré, Riku et moi sommes allés chercher Ludwig, puis ma cousine a craqué de nouveau en disant vouloir me quitter, quitter cette vie à deux, à trois, que nous avions construite. Ma scène, le mensonge, le bouclier que j'avais eu tant de mal à reformer, allait de nouveau s'écrouler. Eh oui, l'éternel recommencement. Sauf que Riku est partie, je l'ai laissée partir à ce moment-là, morte de peur et marquée à vie, mais je comptais bien la retrouver un jour. Après notre dispute, j'ai retrouvé Ludwig et comme j'étais bien amoindri suite au départ de Riku, je me suis un peu effondré à mon tour et j'ai promis des tas de choses pour le faire taire, pour qu'il continue de faire tenir le mensonge de notre famille. J'ai promis d'être plus souvent là, d'être un meilleur grand-frère. J'aurais pu réussir à jouer ce rôle, si rien n'était venu me distraire. Cela duré encore un an à peine... Jusqu'à ce que le chaos ne consume à nouveau Enola.

2017-2018 (26-27 ans)
L'Emergya, le cataclysme du 28 août 2017 et ma liberté retrouvée
Depuis la fin de l'année 2016, le régime semblait trouver un nouveau souffle grâce à la découverte de l'Emergya. Ils pensaient pouvoir contrôler cette énergie ancestrale et je crois que ça leur faisait chaud par là où ça peut faire du bien, si vous voyez ce que je veux dire. A l'époque je m'en foutais, j'avais du boulot car mes employeurs redoublaient leurs efforts de surveillance de la population, et un petit frère à m'occuper. Quitter le navire à ce moment là (car j'y pensais) aurait été peu judicieux, alors je laissais les choses venir. Et comme je l'imaginais : on y est arrivés !

Tout a commencé en décembre 2016, lors d'une présentation des pouvoirs de l'Emergya aux citoyens, qui n'a pas plu aux Résistants les plus énervés. Résultat : une baston sous une tente pendant les démonstrations et les flammes du conflit ranimées. Je trépignais d'impatience à l'idée que tout pouvait éclater de nouveau. Et vous savez quoi... ? C'est bien la seule fois que le destin a exécuté mes souhaits. Il a tout de même un drôle d'humour, ce monsieur destin ! Lorsqu'en août 2017, après de longs mois d'ennuis à regarder la tension monter jusqu'à son paroxysme, l'Emergya a finalement explosé comme pour pousser la guerre vers son apogée, je n'ai pas résisté à l'appel du massacre. Cela faisait bien longtemps et personne ne m'empêcherait de profiter pleinement. Même pas Ludwig.

L'abandon de Ludwig
Ce 28 août 2017, j'ai laissé mon frère à Soltan, pour aller retrouver ce à quoi je ne pouvais pas résister : la facilité, la violence, la guerre... Inutile de vous faire un dessin, c'est tout à fait pathétique. Quelques mois avant, Riku était partie et m'avait rejetée pour de bon de sa vie. J'étais encore dans le creux de l'abîme et ma vision de la réalité n'avait probablement jamais été si déformée. Dans mon esprit, plus rien n'avait d'importance : je me foutais de tout. Et selon moi, en ces temps de chaos, ce je-m'en-foutisme était légitime. Je ne vous en voudrait pas de souligner que ce sont des conneries. Et, oui, pour ça, j'ai abandonné un pauvre gamin qui m'aimait et m'admirait, pour qui je m'étais battu par le passé. Soltan a complètement coupé les ponts avec moi et est devenu mon ennemi depuis ce jour. Et aussi le gardien et futur tuteur de Ludwig.

Face à la loi
Dans tout ce joyeux bazar, j'ai aussi choppé cette connerie de virus d'Emergendémie. Je n'entrerais pas dans les détails : ce n'était pas marrant du tout. Même les hallucination manquaient de charme. Mais je m'en suis sorti (oui, je sais, dommage, ouin) et je suis reparti aussitôt sur les routes, tout en voyant Enola se reconstruire petit à petit. Un spectacle assez fascinant. Depuis les cataclysmes et le début de la traque des Régimeux, j'ai perdu plusieurs alliés. Elijah ma Démolosse m'a quittée et a disparu après que j'ai laissé tomber Ludwig, Throfinn mon Maganon était parti avec Riku et Lemmy (son ami Elekable), Siegfried mon Métalosse et Rinzler mon Clic sont tombés lors de différents combats (Autres)...  Je sentais qu'on s'épuisait et si je ne mourrais pas avant, je comptais de toute manière faire face au jugement des Enolians à l'égard des ex-Régimeux. C'est sur le point de prendre ma décision que j'ai croisé Sirius, nouveau maître de la ligue, dont j'ignorais encore la réelle identité. Ce fut mon dernier véritable duel avant d'être enfermé, et un des plus beaux. Une fois que ce fut terminé, j'ai laissé le Maître m'accompagner aux autorités et c'est en partant qu'il me dévoila son visage... le petit Samaël Enodril. Qu'il avait grandi. Moi, ce n'était pas mon cas. Le voir ainsi partir m'a laissé un goût un peu amer au fond de la gorge.. mêlé à une certaine réjouissance dû à la pensée que tout cela n'était pas terminé.  

2019 – 2022, temps présent (28 à 31 ans)
Les procès des ex-Régimeux et mes premières années en prison
Et nous y voilà ! Les procès des anciens Régimeux auront été un bordel interminable et pas mal d'entre eux (le mien compris) auront été pressés vers leur fin. Je ne voulais pas de traitement de faveur, ni plaider l'insanité malgré les examens psychologiques que l'on ma fait passer. Ce cher Gilbert Fanchon avait beau avoir toute la bonne volonté du monde en voulant utiliser mon dossier psychologique et mes années passées avec Ludwig que je n'ai « apparement jamais maltraité », il n'aurait rien pu faire, et je ne l'y avais pas aidé. Concernant mon jeune frère, justement, on y a passé des nuits blanches avec le jeune avocat, Helmut, Martha, et Soltan. Ce fut plus de temps passé à s'engueuler ou attendre que mon paternel ait lu l'intégrale du code pénal que sur le cas de mon jeune frère. En bref, Soltan a fini par devenir le nouveau tuteur de Ludwig, le fait qu'il soit père de trois autres enfants jouant en sa faveur, sous réserve d'entretiens réguliers chez une assistante sociale. Le procès se termina ainsi et cela dit au passage, j'ai pris pour perpétuité. Bah, oui, les crimes contre l'humanité, ça va chercher assez cher, niveau durée de peine. Mais bref, j'ai donc mis ma tenue intégrale orange, et je me suis joint aux... pénitenciers  encore bien trop remplis à l'époque, alors que le gouvernement était surtout composé d'anciens Résistants peu concernés par le bien-être des prisonniers.

L'installation du Conseil, la légende de Regigigas et ma vie aujourd'hui

Il aura fallu attendre le retour d'un gouvernement « normal » et l'arrivée du Conseil des Régions et de Théodore Allard pour que de nouveau pénitenciers soient construits et permettent de vider le « trop plein » du pénitencier d'Amanil. Il y eut aussi quelques révisions de peine, mais pour ma part, je suis resté à Amanil, comme fidèle au post et malgré les bagarres, les vols, les agressions gratuites et tout ce que qui fait une vie de prison mouvementée parfois un peu pénible. Je m'occupe bien : j'ai pu prendre finalement le temps d'écrire des pièces de théâtre, un projet qui me tenait à cœur depuis quelques années et m'essayer à faire des études par correspondance. Ah, et il y a bien sur cette Légende de Régigias que j'adore raconter aux fidèles crédules et un peu trop innocents pour que je n'en profite pas. A vrai dire, je remplis étrangement de plus en plus mon emploi du temps pour éviter trop de rendez-vous avec le psychiatre qu'on veut me forcer à voir pour me prescrire de nouveaux médicaments régulateurs d'humeur (en réalité, je n'ai pas d'autre choix que de suivre le traitement sagement), ou l'assistante sociale de Ludwig. Désormais, nous sommes en 2022... Et je ne m'ennuie pas encore depuis que j'ai commencé à me remettre de ma grande chute de 2016. Ah, et puisqu'on termine là-dessus, n'oubliez pas d'aller lire ma nouvelle pièce... (c'est le moment ou quelqu'un vient me faire taire en m'emmenant hors-scène)



Dernière édition par Alexander Nagel-Jung le Dim 26 Nov - 22:11, édité 5 fois
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Alexander Nagel-Jung
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MessageSujet: Re: The Dark Side of Time    Dim 26 Nov - 19:50

HISTOIRE
AVERTISSEMENT : Malgré mon désir de rendre cette histoire tout public et d'avoir évité les scènes de violence physique ou verbales en me concentrant sur l'aspect psychologique, je préfère vous prévenir que ce qui suit contient encore l'évocation de sujets durs. Si vous êtes sensibles à des sujets tels que la manipulation affective, l'abus affectif, l'objectification, l'abandon, la dépression... procédez avec caution, ou référez-vous à la chronologie.


Partie I – Je sais qu'il viendra.
Maybe now, you've changed your point of view
Maybe now, you think life is stranger than you


Il finit toujours par se ramener. Que ce soit malgré lui, par obligation parentale, ou pour se donner bonne conscience, il a toujours fait ce... Je ne sais comme appeler ça. Une B-A ? Un effort ? Un besoin masochiste de se mettre face à ses erreurs ? Un désir sadique de me mettre face aux miennes ? Je n'en sais rien, mais quand je me remémore certains moments, certains instants, heures, minutes qui sont devenus les piliers de ma courte existence, il finit toujours par apparaître.

Depuis ces deux semaines que j'ai passées dans une cellule ressemblant à une boite de sardine avec 4 ex-Régimeux qui s'entassent dans une pièce prévue pour 2, j'ai eu le temps de réfléchir à tout ça. « Tout ça », c'est principalement me refaire le film de ma vie afin de me rendre compte que me retrouver en prison était probablement mon destin de jeune coquin criminel. Je n'ai pas pu revoir la version intégrale longue en 4D Imax, mais des bribes me sont revenues en désordre. Des souvenirs. Superflus, marquants, stupides, brillants, mauvais, très mauvais, atroces, terriblement bons, l'échelle possède comme vous le savez une infinité de variables. Quoiqu'il en soit, j'ai eu le temps de prendre un peu de recul, en contemplant le plafond de cette cellule froide et moche et en repoussant à coup de mandales dans leur face mes collocataires de « chambre » (parfois c'est aussi moi qui me faisait dégager hors du lit sans ménagement, je vous rassure). On avait pas grand chose à faire d'autre, dans l'absolu, il fallait bien se supporter en attendant que le nouveau pénitencier d'Amanil qui arrangera partiellement le soucis des prisons bondées soit terminé, à l'époque. Le moment le plus palpitant de ces semaines, ça avait été quand je me suis battu pour récupérer de la nourriture qu'on m'avait piqué. Certaines personnes n'ont vraiment aucun savoir-vivre. C'est exactement de cette façon qu'on finit par voir ma fourchette en plastique vous transpercer l'orbite. Les jansénistes diront que j'ai réagi un peu hâtivement, mais personne n'est parfait, que voulez-vous.

Bref. Tout ça pour en venir à la même conclusion, encore et encore : il va finir par venir ici.

Il était là quand le psychiatre du collège a trouvé que j'avais une grosse araignée au plafond. J'étais ravi, fou de joie, extatique, fier et bien satisfait qu'on reconnaisse mon originalité. Lui était irrité, culpabilisé, mal aimable et dans le déni du fait qu'il m'avait génétiquement transmis un truc qu'il n'a pas surmonté en 50 ans.

Il était là quand je suis rentré pour la première fois avec du sang sur les manches de ma chemise blanche. Encore une fois, j'étais fier comme un jeune chaton chasseur qui ramène son premier mulot. Lui, il a eu du mal à trouver le sommeil et n'a plus mangé pendant des semaines, n'a eu que la force de se taire et laisser faire.

Il était là quand je l'ai regardé capituler et me laisser la garde de mon jeune frère. Il s'est résigné au fait que rien de bon ne sortirait de lui en tant que père. Mais il a surtout été stupide et naïf en croyant que je serais le meilleur tuteur pour Ludwig, mon petit frère. Peut-être m'a-t-il fait confiance, peut-être a-t-il cru que c'est ce qu'il me fallait pour guérir, comme lui pensait qu'avoir des gamins le feraient sortir de son cercle vicieux. Perdu. Ça n'a rien changé. Juste servi à gagner du temps, quelques années, au mieux. Mais la réalité, nos vraies natures nous rattrapent toujours.

Il était là quand la dernière personne que j'aimais plus que moi-même est partie. Je ne voulais pas admettre le sens du mot « aimer » alors que je le comprenais de travers. Lui le connaît assez, mais il n'a pas su aligner un mot réconfortant ou explicatif malgré le fait que les démonstrations théoriques, ça a toujours été son truc. Pas que je voulais en entendre d'avantage. Après tout, je ne sais pas ce que c'est « aimer ». Mais est-ce que quelqu'un ici saurait le définir en toute objectivité ?

Lorsqu'il ouvre la bouche, je n'ai qu'envie qu'il se taise à jamais. Pourtant, je sais qu'il viendra. Au fond, peut-être que j’attends sa venue. Après des décénnies à se tirer vers le bas, un peu plus vers la démence chacun notre tour, je n'ai qu'envie d'envenimer un peu plus les choses entre nous. Recoller les morceaux ne sert jamais à rien. J'ai tué ma sœur, sa fille. J'ai brisé notre famille sciemment pour que l'on remarque que j'existe. Accès de désespoir ou de folie.. Rien qui ne sache attirer de la pitié, dans tous les cas. Je n'ai jamais cherché la pitié. Je ne sais même pas ce que je cherche. J'ai mis à terre tout ce qu'il essayait de remettre sur pieds, lui compris. Et pourtant, même si je ne crois à rien de toutes ces expressions bien pensantes à la « laver son linge en famille c'est pénible mais on en sort plus propre », nous sommes encore là tous les deux. Car comme je l'ai médité et ruminé pendant des semaines, il est venu. Un maton est entré, s'est mit à vociférer en demandant si « Y'a un Nagel-Jung ici bande d'enfoirés de merde fermez vos gueules ? ». « Y'a ton père au parloir pour toi », qu'il a dit. Ah. Il faut pas me donner trop raison à moi, vous savez. Mais mon instinct ne me trompe que rarement : il s'est ramené.

« Quel sourire, ça fait plaisir. »


Fait Helmut d'un ton cynique et monocorde sans lever les yeux du nettoyage maniaque de ses lunettes. J'ai toujours le sourire, je sais à quel point j'ai l'air irritant ainsi, et il devrait le savoir mieux que personne. Devant sa remarque ironique, j'arrive tout de même à glousser et m’assois, me laisse accrocher mains et menottes à la table afin que je ne, je sais pas, par exemple, que je ne torde pas le cou au gros con arrogant en surpoids en face de moi.

« C'est marrant, je pensais justement à toi ! »
« Ah bon ? »
« Ouais, j'ai rêvé que je te faisais suicider sous un camion. Mais que t'étais tellement gros que c'est le camion qui rebondissait et s'écrasait au bord du chemin. »

« Je vois que tu as appris de bonnes vannes en prison et tu t'es certainement donné beaucoup de mal pour préparer celle-ci, mais les blagues sur « ton père est tellement gros » c'était déjà nul quand j'avais 12 ans. »

Vous voyez ? Quand je dis qu'il est irritant. Mais moi aussi je peux avoir réponse à tout. Tel un enfant de 5 ans, je lève les yeux au ciel en articulant un « gnagnagna » muet.

« Qu'est-ce que tu veux ? Le procès est fini depuis des semaines, c'est plus la peine de te ramener. »

Il hausse les épaules. Même lui semble avoir abandonné de comprendre ce qui le pousse à encore venir me voir dans ce genre de situation assez inconfortable pour nous deux. Ou alors il arrive pas à cracher le morceau. Je n'ai pas envie d'y passer des heures. C'est déjà assez compliqué comme ça.

« Je reformule. » Fis-je avant de prendre une inspiration réflexive. « Pourquoi tu viens encore ? Je suis en prison, tu n'as plus besoin de t'occuper de moi, ils prennent mieux soin de moi ici que toi et m'man du temps où j'étais à la maison. »
« Malheureusement, tu es mon fils, tu n'y pourras jamais rien. »


Du tac au tac. J'avoue que je suis un peu déçu, ça ne peut pas être une raison valable. J'aurais aimé qu'il grimace d'un air courroucé rempli de remords et qu'il se perde dans une explication pathétique.

« Tu triches, là. Le jeu, c'est que je pose les questions qui font mal et toi, tu souffres, normalement. »
« Pas besoin de toi pour ça. »
« C'est quand même beaucoup d'énergie gâchée et d'argent jeté par la fenêtre pour prendre l'avion et... Simplement venir te faire humilier, non ? »
« Tu es sûr que c'est moi le plus ridicule, en ce moment ? »
« Eh. Tu ferais moins le malin si j'avais pas les mains attachées. »
« Ah, oui. Maintenant que tu le dis, j'ai très peur. »


Je continue de sourire, provocateur. Puis je m'étend en arrière et soupire avec lassitude. Impossible d'identifier les émotions qui m'envahissent en ce moment. Des sentiments en demi-teinte, mitigés, incomplets. De la frustration, pour sûr. Des choses imprécises, déstabilisantes. Et en même temps, une sorte de manque qui semble se combler. Une connexion qui se fait, se régénère. Un lien dangereux avec le monde. Avec ce qui reste de réalité dans mon univers.

« …Tu comptes faire quoi pendant... 25 ans, c'est ça ? »

La question la plus censée de cette entrevue. Sauf qu'il était là au procès donc c'est complètement inutile. Et je vois pas pourquoi je lui raconterais ma vie et mes projets.

« Perpétuité. 25-30 ans au minimum. Mais qu'est-ce que ça peut te faire, la façon dont je m'occuperais ? C'est pas le camp scout Panpankuku, ici, bordel. »

Énumérais-je d'un ton peu concerné. Lui me répond d'un air blasé à la « me prend pas pour un con ». Il n'est pas non plus surpris. Il sait ce que j'ai fait par le passé et aussi que je ne me suis pas vraiment amélioré et sait aussi que je risque de continuer mes bêtises, même enfermé. Sans qu'il puisse rien y faire ; j'espère que ça le fait bien rager. Éternel recommencement. Sisyphe et Camus n'ont rien inventé.

« C'est tout ce que ça te fait ? Ça te fout pas en pétard, l'idée que ton fils soit un criminel qui va pas s'arranger en taule ? »
« Pourquoi, ça t’intéresse ? Et, si, il y a un certain nombre de choses que j'ai à dire, mais ce serait hypocrite, non ? »

Mon soupir le plus long de cette entrevue sort à présent.

« ...Même pas drôle... »
« Ouais, désolé, hein, je vais pas me mettre à danser à poil sur la table pour ton plaisir. »


Après ma grimace la plus dégoûtée, on se regarde plusieurs bonnes minutes comme des chiens de faïence. La lassitude et l'agacement est parfaitement palpable, et je finis par couper court à cette entrevue stérile avec quelques dernière répliques acerbes.

« Bref. Si c'est comme ça, j'me barre. A la prochaine, « gros Papounet d'amour ». »
« C'est ça, au revoir, « mon chaton ». »


Conclua-t-on d'un ton  mielleux et provocateur avant de nous redresser. Tandis que l'autre partait, on vint me détacher les mains. Cette entrevue fut de courte durée. Pourtant, je savais que ça ne serait pas la dernière. Le temps et les années ont passé. Je me suis habitué aux barreaux, au matons, aux provocations stupides, à la promiscuité. J'ai survécu, je me suis fait une renommée. J'ai repris des études, lui ait demandé de me les payer et il a été assez mou pour dire oui. Le temps passe plus vite que l'on pourrait le croire, en prison et je ne m'y ennuie pas, à part des combats Pokémon, mais ce n'est pas la bagarre qui manque entre les murs du pénitencier. Je sais qu'il y aura des jours comme celui dont je viens de me souvenir, entre deux séances d'écriture de ma nouvelle pièce. Des jours ou je vais me remettre à fixer le plafond et à attendre. Attendre de relier avec une réalité que j'ai depuis bien longtemps cessé de côtoyer.


Partie II – Je sais qu'elle ne reviendra pas.
This is your time
Tell me now
Tell me how you feel inside


Elle est là. Elle danse, elle chante. Elle crie et enflamme l'amphithéâtre aux côtés d'un Nidoking qui fissure le sol d'un coup de poing bien placé. Sa chevelure colorée de feu vole sous le feu des projecteurs multicolores. Les baguettes de sa batterie qu'elle n'a jamais quitté d'aussi loin que je me souvienne d'elle tournoient entre ses doigts, comme si elles faisaient partie d'elle. Sa voix commence à se casser alors que le concours arrive à sa fin, qu'elle s'en va entamer un bouquet final. Qu'elle resplendit malgré le rouge qui envahit son visage aux traits tirés et épuisés. Dans un mouvement saccadé, son corps se plie en deux vers l'avant, en signe d’épuisement. Elle sourit. Pour l'avoir vue de près, même si on ne voit pas sur ce téléviseur de petite taille, je sais que des larmes de joie et de satisfaction doivent couler et se mêler à la sueur coulant sur ses joues. Cette vision, peu peuvent se vanter de l'avoir vue d'aussi près que moi. D'avoir pu l'admirer à cet état où elle est la plus complète, la plus absolument heureuse. Je cligne finalement des yeux alors que le direct du concours de coordination de Miss Anarchy à Unys est interrompu par la vision d'un commentateur.

Elle est partie et elle ne reviendra pas. Les événements de 2017 l'ont poussée à s'enfuir sans perdre de temps, ce n'est même pas ma présence qui l'a empêché de rester à Enola. Je ne fais plus partie de sa réalité. C'est comme si ça n'avait jamais été le cas. Les gros balourds installés dans la salle de télé s'ébrouent et insultent le commentateur en réclamant Anarchy. Je me retourne lentement avec un feu meurtrier dans mon regard glacé lorsque fusent des commentaires à propos de la coordinatrice. Sur son physique. Sur ce que ces enfoirés lui feraient. Je me suis levé face à eux pour les juger sans rien dire. Il se taisent, certains me rient au nez, mais le message est passé. Ils ne savent pas ce que c'est de jouer, vivre, passer des journées en la compagnie de la rouge. Ils ne se rappelleront même pas après un fichu direct de quelle façon elle sourie, se renfrogne, se met à crier et à jurer en anglais lorsqu'elle est furieuse, les grimaces ridicules que son visage revêt quand elle mange un truc acide, et ses yeux qui roulent de bonheur après une bouchée de pizza au chorizo. Sur un coup de tête, je me suis levé. J'ai presque couru vers les cabine téléphonique et aie composé un numéro que j'avais appris par cœur, à l'époque, bien que c'était plutôt moi qui l'incitait à m'appeler que l'inverse. Impossible d'identifier les sentiments qui m'envahissent quand sa voix répond, à des milliers de kilomètres de la mienne.

« Si tu n'as pas changé de numéro, c'est un oubli ou c'est parce que tu m'as pas encore totalement zappé ? »

Je l'aie entendu retenir son souffle. J'ai même pu la voir s'éloigner un instant du combiné. Hésiter à raccrocher sur le champ, avant de revenir vers son portable avec précaution. Pour chercher des mots qui la feraient paraître plus forte que moi.

« ...Alex. »
« Tu devineras jamais d'où je t'appelle ! Tu peux deviner ? »
« Fous-moi la paix. »


Qu'est-ce que je disais. Elle veut se convaincre qu'elle est en contrôle. Mais j'entends sa voix qui tremble. Je pensais avoir disparu de sa vie, de ses souvenirs. Je réaliste que j'y existe encore. J'ai l'impression de reprendre un semblant de contrôle. De retrouver un plaisir, une nostalgie, un jeu que j'avais perdu.

« En taule ! Je suis en taule ! Mais on a quand même la télé. Il y avait ton concours à Unys qui passait. Tu sais que les cheveux longs, ça te va bien ? »
« J'vais raccrocher. »
« Et c'est Nicko, qui était avez toi ? Il a bien grandi, le pépère. »
« ...Tu sais, je croyais que tu serais assez respectueux et intelligent pour ne plus chercher à me causer. Mais si t'es là où t'es en ce moment, c'est bien parce que t'as pas grandi du tout. »
« Riku, il y a de ces choses qui ne changent pas. Comme le fait que tu me manques. Cruellement. »
« Contrairement à mon numéro, qui lui, va changer. »


Roh. Si elle le prend comme ça... j'allais répliquer, mais sa réponse à elle fut sans attente, et fut suivie d'un claquement, puis d'une tonalité caractéristique.

« Tu sais ce que Soltan m'a dit, y'a 6 ans ? Que t’allais t'retrouver seul. J'ai failli avoir pitié, sur le coup. Maintenant j'réalise que tu le mérites largement. »


J'ai cligné des yeux. Puis j'ai raccroché à mon tour, et j'ai fixé le combiné quelques minutes, le regard dans le vague. J'ai émergé en réalisant que c'était l'heure d'aller prendre mes médicaments à l'infirmerie. Je n'ai rien dit mais doucement, j'ai réalisé quelque chose. Elle ne reviendra pas.



Partie III – Je sais que je n'y retournerais pas.

Is it cold or is it sad ?
The dark side
The dark side of time


Pas quand je les vois tous les deux en train de me regarder, l'un suppliant, l'autre dans un dédain total. Le suppliant, celui qui n'a que 13 ans, qui vit pour avoir mon attention depuis que je l'ai libéré de la surveillance de nos parents, et que j'ai abandonné il y a 5 ans, c'est Ludwig, mon petit frère. Le dédaigneux, celui qui ne m'adresse plus la parole à part pour me rabaisser depuis 5 ans, que Ludwig considère désormais comme un père de substitution, c'est Soltan, mon ancien mentor, actuellement fermier de son état. Comme toutes les 2 semaines, ils viennent me rendre visite, car il faut bien que j'aie un contact quelconque avec mon petit frère. Afin qu'il garde un semblant de santé mentale et qu'il se détache progressivement, apparemment. Eh, la santé mentale, je l'ai jamais eue pour moi et personne n'est venu me plaindre que je sache, donc... Bref. Les temps ont changé et Ludwig n'a pas grandi de la même manière que moi. Non seulement il n'est pas comme moi, mais il est fort. Je le pense sincèrement. Mais je n'ai pas une manière très saine de me comporter avec les gens plus forts que moi... Le psychiatre de la prison et Riku m'ont une fois dit que je ne pouvais pas drainer la force des autres par la manipulation affective et le fait de vouloir qu'ils m'appartiennent. Ils ont sûrement raison, ma manière d'être est déplorable et je suis un être humain bien pathétique pour avoir abandonné mon jeune frère en échange de... d'une vie de violence et d'enfermement dans mon propre déni. Et je ne regrette pas. C'est bien ce qui insupporte Soltan.

« Tu sens la cigarette. »
« Euh… C'est.. C'est... »
« C'est moi. »


Le fermier échange un regard avec mon jeune frère. J'espère qu'il ne le laisse pas fumer des saloperies, je déteste la cigarette. Oh, je n'ai pas mon mot à dire ? Soltan vous en dira autant. Peut-être bien. Mais si je cesse d'être pénible, il me reste quoi, hein ? Bon, l’apitoiement ne marche pas ce jour-ci, on va passer à autre chose. Je passais une journée pénible, à cet instant, on m'avait encore chapardé mes manuscrits et les crétins qui aiment tant m'entendre prêcher la parole de la légende m'avaient tenu la jambe des heures. Ou un seul quart d'heure entier. Mais ça paraissait vraiment des heures ! Ah et je crois que le poulet de ce midi n'était pas très frais. Enfin, on vous passe les détails.

« Bon et sinon, à l'école, t'as des bonnes notes, j'espère ? »
« T'as rien de plus débile à demander à ton frère ?! »


Soupir et sourire narquois tandis que Soltan me tause, comme au bord de l'explosion. Ouais, je sais. Tout le monde s'en moque des notes. Ce n'est pas ce qui compte, ça représente rien ni personne, même pour nous qui avons été élevés dans une famille d'intellos qui prônent l'importance des études. Je n'ai jamais su comment m'y prendre. Plus Ludwig s'éloigne, plus je ne fais que sortir des phrases que j'aurais pu sortir d'un dictionnaire de dialogues stériles. Ou plutôt, c'est moi qui m'éloigne, qui ne veux pas y retourner. Ludwig lui... Il me regarde toujours avec ses yeux pleins d'espoir, de gratitude. Je ne lui ait jamais dit, mais ce gamin, parfois, il rayonne. Et dans ces moments je comprends en le fixant pourquoi cela m'avait tant amusé de jouer au grand frère, pourquoi j'avais apprécié de paraître sincère, attentif, au moins quelques petites fois dans ma vie. J'ai peut-être laissé passé ma meilleure chance de rédemption (ce doit-être ça qui rend Soltan aussi haineux et Helmut aussi laxatif). Les niais diront qu'on m'avait fait le plus beau cadeau du monde : une famille, un enfant dont je pouvais m'occuper... Avec ça, on ne peut pas couler, à ce qu'il paraît, hein ? Oh, je n'ai pas coulé, pour ceux qui faisaient semblant de s’inquiéter. Non, mais ça n'a pas non plus réussi à me sauver. Et puis... Ludwig est plus heureux maintenant, n'est-il pas ? Vous savez, je crois même que le père de mon grand-père avait une phrase pour ça, qui lui avait un peu servi d'excuse pour inciter Papy à aller s'installer ailleurs une fois marié.. « Un Nagel n'est pas heureux chez Nagel ». Un truc comme ça. Pas de la grande philosophie. Mais étant donné que Papa a fugué de chez Papy, que j'ai fugué de chez Papa, et que Ludwig a fugué de chez moi puis que je l'ai abandonné à Soltan... Je vous laisse par vous-même apprécier la véracité de ce diction.

« Les Pokémon, ils vont bien ? »

En face de moi, Soltan s'est levé pour surplomber la salle de toute sa hauteur. Je sais à quel point il avait envie de m'envoyer paître la tête la première dans le mur. Le maton l'en empêcha en rappelant que tout contact était interdit ici et le fermier se résigna en fulminant. Ludwig, néanmoins, a souri. Les Pokémon, l'aventure et ce qui y est lié, c'est bien le seul sujet qui nous permet de discuter de manière pas trop forcée. Ludwig me raconte parfois qu'il a vu  mes anciens alliés... Que Irma ma Lugulabre lui rend souvent visite malgré sa tristesse, que Sophie ma Granbull garde toujours mon domaine, plus fidèle que jamais, que Christopher mon Scorvol survole très souvent Amanil, que l'autre fois, Lorelei mon Mysdibule et Harald mon Steelix crapahutaient encore dans les montagnes... Pour la plupart des autres, je reste majoritairement sans nouvelles, mais je suis convaincu qu'ils sont en vie. Ludwig me dit souvent qu'il va devenir plus fort, toujours plus fort. Il ne se rend pas compte, mais il a une peur panique et obsessionnelle de devenir comme Papa et comme moi. Je sais que ça ne lui arrivera pas. Et d'ailleurs, je ne lui souhaite pas. Après tout... je suis parti, je ne vais pas revenir, et je ne vais donc pas lui demander de marcher dans mes pas. Je sais qu'il est toujours déçu de nos entrevues, cependant. Il se tourne déjà vers de nouveaux modèles, il trouvera petit à petit sa voie et m'oubliera. Pourtant, parfois, je me pose une question lucide : ai-je vraiment envie de devenir un simple souvenir ?



Partie IV – Je sais... Je ne sais plus.

Mabye now, you realize there's no limit for you
Maybe now, you feel it's time to be free


Parfois, je laisse tomber ma garde pour soupirer et repenser à la ma jumelle. Et même s'il est avéré que je l'ai entraînée à la mort... Laissons un peu tomber la langue de bois : oui, je l'ai bien tuée. Bref, même si je veux bien avouer sa mort et ma culpabilité, je ne vois pas en quoi tout cela est censé me faire « avancer », comme ce concept semble si cher aux thérapeutes et à mon paternel. Je sais que c'est mal de tuer et que je suis un pitoyable être humain. Quand bien même, je n'ai rien à dire et je n'ai aucune envie de me justifier car c'est inutile. J'ai fait ce que j'ai fait. C'est encore une séance au parloir où l'on se fixe en se maudissant l'un l'autre du regard, mais sans avoir le courage de se dire autre chose que des réparties amères, témoignant de notre fatigue réciproque. Quoique non, cette fois, je ne soutiens pas son regard. Cette fois, un jour de 2022, j'ai le regard bas. Je me sens vidé de mes forces et à la fois rempli à bloc de colère. Ça arrive. Comme je le dis, parfois, je redeviens humain, je reviens à mon état larvaire, je tombe le masque et dévoile ce qui reste derrière : un être faible, lâche, seul, haineux et trop fier pour admettre qu'il n'est qu'un clown triste. Ce n'est pas comme si les gens autour de moi étaient dupes, eux. Au fond, j'en suis conscient. Malgré tout, je ne suis pas né complètement stupide s'il on parle en terme de chiffres et de statistiques. Je n'ai juste pas envie de vivre comme ça. Avec celui que je suis réellement. Je n'ai pas envie de vivre comme un... j'ose le dire : un dépressif. Même si j'en suis un. Fierté mal placée, irrespect de moi-même ? Oh, tout ce qu'il vous fera plaisir. Personnellement je veux juste accepter de me regarder dans la glace le matin et je me fous de ce que peuvent dire les autres du fait que je joue la comédie, que je suis un nuisible, un sac-à-merde. Même si c'est me mentir à moi-même en permanence. Ce n'est pas si mal le mensonge. Moi, ça me fait vivre avec le sourire.

« Tu veux en parler ? »


Je suspens un instant mon souffle et ne jette pas un regard à mon père qui malgré tout reste là. Est-ce qu'il savoure sa victoire de me voir en ce moment au plus bas ? Est-ce uniquement pour ces moments qu'il vient encore régulièrement ? Cela ne me dérange pas que l'on me méprise. C'est le sort tout à fait légitime que l'on réserve aux gens qui ont choisi comme ciment de vie d'empoisonner celle de leurs semblables. Avec le temps, on apprend à passer outre, à se foutre de tout. Parfois, la cellule voisine à la mienne pourrait exploser que je ne bougerais pas d'un pouce. J'ai appris à faire le vide, à laisser la douleur et la peine des autres glisser à la surface rigide de la carapace impénétrable empêchant la compassion et l'empathie de faire surface. Et des fois, c'est comme si ce vide, cet abîme, je l'avais devant moi, immense, menaçant. J'y retrouve parfois Irina. J'y retrouve la fin, le néant, la mort.

« Qu'est-ce que ça peut te foutre ? »

Dis-je dans un souffle, avant de m'emballer et de laisser la rancœur et le désespoir parler pour moi.

« Tu n'en as jamais rien eu à foutre. Tu as laissé Irina crever alors que tu savais que j'allais faire une connerie et que je la menaçais. Tu ne parles jamais d'elle. Jamais tu ne reviens là-dessus. Pourquoi tu ne le dis pas ? Dis-le, que tu as souffert quand elle est morte et que j'ai disparu. »
« Ça te soulagerait ? »
Il soupire. « De toute façon, il n'y a bien que ça qui peut te faire plaisir, hein. »
« Tu pourrais prendre un air plus affecté, au moins. Même quand tu souffres tu n'es pas franchement palpitant, comme type. »


Fis-je avec amertume, en relevant le regard derrière les mèches de mes cheveux devenus gris depuis deux ans.

« Pas besoin de faire semblant. » Maintenant qu'il le dit, il a l'air affecté. Son regard tremble et est devenu aussi vague que le mien. « J'ai perdu mes trois enfants, évidement que j'en ai souffert, idiot. » Le voilà qui grogne et qui croise ses bras sur son gros bide. « J'arrive pas à croire que tu sois bouché au point que je doive faire ce genre de précision. Même si dans l'absolu... Ça change rien. »

Il m'arrache un rire narquois. Faudra faire mieux que ça, papounet. Là, j'ai même pas mal, j'y crois pas. Remboursez !

« Prends des cours d'art dramatique et apprends à être plus convaincant. Notre disparition t'as tellement marqué qu'un an plus tard, Maman nous pondait un petit frère. »
« Sois respectueux quand tu parles de ta mère. »
« Peu importe, je la connais même pas cette conne, elle était jamais là. Même si tu aimes ta femme, reconnais-le. Et elle au moins, elle sait se défendre toute seule sans se bourrer de médocs à la moindre crise. »


Voila qu'il me tause d'un sale regard et qu'il se tait. Ça y est, on a touché le point sensible. Ça va devenir plus marrant, désormais. Du moins j'espère. Qu'il ne me fasse pas le coup de se barrer avant le rappel.

« Ah, elle a bon dos, ta dépression, hein. C'est pratique pour chouiner et s'écraser comme une merde devant les autres, devant ton propre fils, et t'épancher en regrets larmoyants... »

Je prends mon regard le plus blasé et enfonce ma tête dans mon cou de manière à me faire un double menton. Pour terminer de l'imiter, je n'ai pas grand chose à changer dans le timbre de ma voix, comme nous avons quasiment la même. Mais il manque encore quelque chose. Ah, oui, les cheveux. Sans une raie sur le côté bien dégueulasse, il ne se reconnaîtra pas.

« « Oh, Alex, tu voudrais pas t'occuper de Ludwig ? Il est malheureux car je suis un père indigne, je suis obèse, et c'est toi le plus fort. Gneugneugneuh. Même si on est tarés tous les deux, c'est sûrement pas moi qui vais assumer mes devoirs paternels maintenant ! ». »

Je suis quasiment sûr d’avoir lu dans son regard : « Oh mon dieu mais rappelez-moi pourquoi je ne l'ai pas jeté à la naissance, celui-là ? ». Il ne fait aucun compliment sur ma formidable imitation.. Je sens que je vais me vexer !

« Oh, bien sur. Et rapelles-moi si Ludwig est heureux avec toi, actuellement ? »
« C'est toi qui a commencé. Les habitudes ont la vie rude. Si je l'ai élevé et abandonné comme tu l'as fait avec moi et Irina, réfléchis deux secondes et tu comprendras d'où ça vient ! »
« Si c'est ta version des choses... »


Voila, on se tait. Je suis déçu. Cette conversation devait me remettre le moral, aux dépens d'Helmut qui, avec un peu de chance, se serait mit à chialer à ma place. Mais il faut croire qu'il n'y a rien à dire de plus. Encore une fois, c'est le statut quo, la stagnation, les non-dits, et la sale ambiance, quoi. Mais non, encore une fois, lui comme moi, nous sommes bavards et intarissables quand il s'agit d'obtenir le dernier mot.

« Je sais que je n'ai pas été un bon père et que votre mère n'était pas là. » Il croise les bras et soupire. Qu'est-ce qu'il va me sortir, encore. « Tu as gagné. Depuis le début c'est toi qui domine par la peur, j'espère que tu es content. Si tu veux des confidences en voilà : tu nous a fait réaliser qu'on pouvait pas juste être une famille « normale ». »
« Ooooh, c'est trop mignon, tu vas me faire pleurer... »

Il marque une pause et me fais son regard noir de compétition.

« C'est tout ce que je voulais : une famille normale, sans soucis. J'ai eu le culot de désirer ça, alors que j'ai fait mes plus mauvais choix à cette époque et que je me bourrais déjà de cachets, comme tu dis. Quand tu es arrivé et que tu as grandi, on a compris qu'on avait échoué. On pensait que se marier et avoir des gamins, ça permettait de se sortir de n'importe quelle dépression, comme dans n'importe quel roman naïf. Ça n'aurait pas dû se passer ainsi et on a tous enchaîné les mauvais choix. »


Alors, là, j'applaudis. Mon malaise profond, je parviens à le camoufler derrière un rire cristallin qui demande le bis tel le pire des hypocrites.

« Je retrouve ma drama-queen favorite ! Tu me donnes l'autorisation de mettre ta tirade dans ma prochaine pièce ? »

Si son regard pouvait tuer, alors sûrement que je serais en train de me vider sur le sol. Mais non. Même pas peur.

« Tout ce que tu veux savoir, c'est pourquoi je persiste à revenir te voir. »
J'applaudis de plus belle pour l'encourager à poursuivre. « Ça n'en vaut peut-être pas la peine, de se blesser mutuellement et de m'humilier devant toi. Je me dis que tu n'en vaux pas la peine non plus, des fois. Mais il y a quelques années, je j'en valais pas la peine non plus. » Il s'est levé pour remettre son sac sur son épaule et me tauser une dernière fois. « La vérité va te décevoir. Tu es mon fils, Ludwig aussi, et je me sens coupable. Je vais revenir jusqu'à ce que toi aussi tu en aies marre. Car si je ne fais pas cet effort alors... »

Je me suis tu. Car je sais ce qu'il va dire. Je connais cette vérité.

« Plus personne ne sera là pour le faire. Et tu le sais. »

C'est sur ce serment qu'il a fini par partir, prononçant la vérité la plus pragmatique. Celle que d'autres prédisaient déjà il y a des années. Riku, Soltan, Sky, Samaël, Solène Weber, et puis lui. Ils en sont fiers, de leur prophétie, hein ? Seul. Même Irina le savait. Irina, ma défunte jumelle... N'est-elle pas la première preuve de cette profonde solitude. Il faut vraiment être le type le plus seul sur terre pour raconter des légendes et des prophéties mirobolantes aux plus naïfs, en espérant abuser de leur naïveté. Pour rejeter toute forme d'aide. Pour...

Je ne sais plus.

Il m'a fallu rester quelques minutes interdit avant de revenir à la réalité, d'accepter que la vie reprenne son cours. Pour oublier que la réalité vient encore de me frapper en pleine face. Pour tenter de retrouver mon monde, mon refuge, mon masque, mon nez rouge.

« Nagel-Jung. Bouges. Laisses la place. »
« Fais pas chier... »


On agrippe le bras pour me jeter hors du parloir. On me dit de surveiller mes manières et je suis envoyé dans ma cellule. Puni, comme à la maternelle. Peut-être est-ce pour cela que je me sens si bien ici, en prison. Assisté pour survivre envers et contre tous, ce n'est pas si mal. Je soupire une dernière fois avant de consulter une horloge murale. 16H13. Ne tardons pas trop, sinon mes auditeurs niais vont se languir de mon préchi-précha à base de légendes et d'histoires récitées et chantées avec grandiloquence. Et j'ai aussi une pièce à terminer., puis on prendra son cachet et bonne nuit. Allons bon, qu'est-ce que vous imaginiez ? Je vais bien depuis que j'ai déménagé. Que j'ai déménagé en prison. Cet endroit entre le déni et la dure réalité, hors du temps. Quel drôle de monde...


Dernière édition par Alexander Nagel-Jung le Ven 15 Déc - 10:56, édité 1 fois
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Xerneas
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MessageSujet: Re: The Dark Side of Time    Lun 27 Nov - 16:08

Bon, allez, j'vais pas te faire lambiner cinquante ans quand y'a absolument rien à dire. Très belle fiche, excellent boulot sur la psychologie, l'ambiance et la maturité, en tous cas :v:

T'es validée, tu connais le blabla, je te laisse faire ton sac. Bon jeu o/
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MessageSujet: Re: The Dark Side of Time    

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The Dark Side of Time

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