Légendes d'Enola


 

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 L'Étoile de Youssra |SILAS|

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Silas C. Fisher
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MessageSujet: L'Étoile de Youssra |SILAS|   Mar 12 Déc - 17:22

SILAS CHARIF FISHER
INFORMATION GÉNÉRALES

Nom : Fisher, un nom qui surprend toujours au premier abord au vu de sa peau couleur de miel et ses traits sombres. Si le jeune homme se sent davantage interpellé par ses origines syriennes, il porte tout même le nom de son père, un caucasien originaire d'Enola.
Prénom : Il en porte deux. Silas lui sert dans sa vie de tous les jours, tandis que Charif est surtout utilisé par sa mère. Comme il éprouve pour cette dernière des émotions mitigées, il préfère qu'on évite de le désigner par son deuxième prénom avec qui il entretient un rapport tout aussi conflictuel.
Surnom : Silas étant simplement formé de deux voyelles, on pourrait croire que le besoin d'un surnom ne s'en fait pas sentir. Pourtant de nombreux proches lui prêtent le surnom mignon de Sisi, ce qui a tendance à le rendre un peu grognon.
Âge : 26 ans
Date de naissance : 6 décembre 1996
Genre : Masculin, il n'a jamais eu le moindre doute là-dessus.
Origine(s) : Syriennes de par la branche maternelle et enoliannes du côté paternel. Il est néanmoins né à Enola et y a vécu toute sa vie, en quelque sorte, sans compter ses années à voyager à travers le monde en compagnie de ses parents.
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : Il y est né.
Métier/Occupation/Études : Silas occupe depuis le début de l'année 2022 le métier d'Hôte de Pension. Encore inexpérimenté, il possède néanmoins un talent dans ce domaine. Ayant fait une licence en psychologie, il se passionne pour le lien entre un dresseur et son Pokémon. Il se fait thérapeute à ses heures, tâchant de rétablir les relations parfois houleuses entre dresseur et Pokémon.
Lieu de résidence : En périphérie de Vanawi, quelque part entre les terres fertiles et la région humide.
Groupe : Neutres
Sous-Groupe : Éleveurs
Rôle : Hôte de Pension
Pseudonyme : Shirani, pseudonyme d'éleveur

FICHE DRESSEUR
Informations
Rôle : Hôte de Pension
Lieu du Centre Pokémon ou de la Pension : Non loin de Vanawi
Spécialité : Silas, grand amateur des relations qui unissent Pokémon et dresseurs, se spécialise tout particulièrement en les évolutions qui se font au-travers ces-dits liens. En d'autres mots, c'est un expert des évolutions par amitié.
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Oui

Équipe Aventure
- Germignon ♀ - Sherine - Engrais - Discrète
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Voir l'histoire.
- Nosférapti ♂ - Idriss - Attention - Lâche
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: C'est pendant ses années d'études en psychologique qu'on a amené Idriss à Silas. La petite chauve-souris était blessée et très faible. En fait, le Nosférapti portait les marques d'abus d'un dresseur cruel. Le jeune homme n'a jamais retrouvé le dresseur en question mais a gardé la chauve-souris auprès de lui car devenue trop craintive du monde qui l'entoure. À présent, Idriss est toujours cachée quelque part contre son dresseur.

Pokémon Assistant
- Ronflex ♀ - Suhana - Vaccin - Douce
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Qui l'eu cru? Trouver Pokémon aussi aimant, doux et jovial, perdu dans les rues d'Amanil à parcourir les poubelles? Silas se souvient encore de leur première rencontre, quand en pleine crise existentielle il l'a trouvée affamée dans son jardin avec son grand sourire et ses yeux brillants, sous sa forme pré-évoluée. Ce fut un coup de foudre de part et d'autre. Ces deux âmes solitaires s'étaient trouvées et ne se quitteraient plus. Aujourd'hui, Suhana accompagne le jeune homme à peu près partout et est devenue son assistante privilégiée à la Pension où elle s'occupe des Oeufs et des jeunes Pokémon avec un soin maternel.


PHYSIQUE
Couleur de peau : Quelque part entre le beige et le miel, une peau issue du mariage du blanc de par son père et du doux brun qu'arbore sa mère. Au premier coup d'oeil, ses origines arabes ne font aucun doute car il est réellement plus foncé qu'un caucasien. Il tire une grande fierté de sa peau.
Description des cheveux : Noir corbeau, gardés plutôt courts pour éviter le débordement. Il ne les peigne pratiquement jamais.
Description des yeux : Sombres, d'un brun si ténébreux qu'il en frôle le noir. Généralement expressifs et bienveillants, ils traduisent ses émotions. Une bonne part de son charisme y passe. Ce sont des prunelles qui incitent la confiance, douces et tendres.
Taille : 1 mètre 78
Poids : Environ 69 kilos
Description de la silhouette : Une silhouette plutôt moyenne pour un homme. Pas vraiment plus large qu'un autre, il arbore une fine musculature obtenue grâce à son travail d'éleveur.

Problèmes de santé physique : Avant l'incident, Silas ne fléchissait que rarement devant une maladie. Il n'a jamais craint les germes et n'a jamais hésité à se salir les mains. Or, c'était d'une autre vie. Lorsque le jeune homme avait bel et bien deux mains à salir. Au premier coup d'oeil, on le constate, cet handicap qu'il ne peut dissimuler malgré ses efforts. L'éleveur a perdu la majorité de son bras gauche lors des explosions d'Amanil, se trouvant coincé sous les décombres. À présent il doit composer à la fois avec de nombreuses difficultés engendrées par ce manque mais aussi avec un lot de douleurs quotidiennes. Il souffre syndrome du «membre fantôme», ce qui signifie qu'il lui arrive de sentir son bras comme s'il y était toujours, et d'y ressentir de la souffrance. Ces sensations accompagnent souvent ses périodes de stress, ce qui dans son cas sont assez fréquentes.
Particularités autres : De par son handicap, il doit souvent compenser par son bras droit. Cela a forgé son corps. Il présente une épaule un peu atrophiée et une plus forte et généreuse en masse musculaire. On peut le remarquer lorsqu'on y prête attention et qu'il porte un chandail un peu plus ajusté.

CARACTÈRE
Personnalité : Silas apparaît comme un personnage doux et serviable pour la majorité, qui gagne à être connu car parfois un peu réservé. Effectivement, au fil des rencontres, on découvre chez lui un jeune homme tout en opposés et en délicatesse malgré sa simplicité générale. C'est un être à une seule vitesse. Lent. Il déteste se presser ou avoir l'impression de poursuivre le temps qui file. Il préfère adopter son propre rythme, remettant souvent les tâches au lendemain, puis au surlendemain, puis encore à plus tard... Vous voyez le genre. Il est vrai que l'éleveur possède une forte tendance vers la paresse, accentuée par sa désorganisation générale. Il ne se retrouve habituellement que dans le bordel à peu près perpétuel de sa vie quotidienne. Il se plaît à la fois dans la cacophonie de la Pension et le calme tranquille de sa demeure. Il préférera toujours les petites rencontres amicales aux grands groupes où son côté introverti paraîtra d'autant plus évident. Il le cache plutôt bien d'ailleurs, sous sa courtoisie exemplaire, ses grands sourires et son coeur tendre. Il aime la solitude et trouve les relations humaines parfois trop compliquées. Il fuit la majorité des conflits qui le regardent, jugeant presque toujours qu'ils ne valent pas la peine et n'en est que rarement l'instigateur. Il n'élève jamais le ton et se montre violent en aucune occasion. Non, il s'agit d'un pacifiste aguerri, un utopiste de paix et de cacas papillons. De toute cette naïveté on parvient souvent à tirer profit malheureusement pour lui. Il n'aime pas déplaire. Il est insécure et anxieux au niveau social et c'est en partie ce qui le pousse à la bonté. Voilà un homme sympathique et ouvert, qui adore rire et éviter les sujets trop sérieux ou épineux. Il est désinvolte et rarement sérieux ou grave, même lorsque l'occasion s'y prête. Inconfortable avec la dureté occasionnelle de la vie, il préfère adopter une attitude détachée et se concentrer sur le positif, ce qui ne le rend pas nécessairement optimiste, mais plutôt lâche. Il dissimule bien ses propres nombreux doutes et anxiétés, si bien qu'on pourrait les croire inexistants. Par orgueil, il cherche à embellir les apparences et cacher ses vulnérabilités. L'Hôte de Pension compense parfois pour son handicap et ne supporte pas qu'on le traite différemment pour cette raison. Il s'obstine parfois à faire les choses par lui-même, même lorsqu'il a réellement besoin d'aide, au niveau physique ou émotionnel. Seul, il lui arrivera de céder à ses émotions, surtout la panique, omniprésente dans sa vie depuis les événements parfois tragiques qui ont ponctué son existence. Il fut toujours une personne plus nerveuse et repliée sur elle-même. Silas ne s'autorise à évacuer ses émotions qu'en de rares présences, dont ses Pokémon.

Même s'il n'est pas rare qu'il abandonne ses projets par crainte de ne pas réussir, on peut le connaître obstiné dans d'autres. Il éprouve de grandes fiertés dans ses réussites et peut devenir présomptueux et vantard à ses heures. Il a parfois des idées arrêtées et un peu simplistes de certaines choses. Il n'aime pas beaucoup le changement. Il aspire à la tranquillité simplement et cet objectif le rend souvent lâche. C'est un être calme mais assez peu réfléchi. Il n'est pas du genre à se lancer dans de grandes réflexions philosophiques disons. L'éleveur déteste débattre et donne souvent raison aux autres. Même s'il est d'un naturel chaleureux et accueillant, il peut se montrer aussi grognon et réservé quand l'humeur lui vient. Il a talent pour désamorcer les conflits, il inspire la confiance chez les autres. Il est doué pour analyser les gens et les Pokémon, sensible aux émotions des autres et à leurs besoins. Paradoxalement, il néglige souvent les siens et ne sait pas dire non. Il doit toujours faire plaisir à l'autre. Dans ses relations, il lui faut du temps pour apprivoiser quelqu'un et créer un lien significatif.

Silas est un être plutôt sensible, porté vers la beauté, particulièrement celle de l'art mais aussi celle de la vie (les paysages, les naissances, ce genre de choses). Il s'impressionne d'assez peu et de façon spectaculaire, ce qui peut être source de moqueries de la part des autres. Dans son travail, il est passionné et allumé. Il peut discuter de l'élevage des heures durant et peut se montrer particulièrement méthodique malgré sa tendance à être désordonné. Oh, bien sûr, son discours en sera décousu voire parfois confus, mais toujours l'enthousiasme brillera parmi ses prunelles. Malgré les difficultés engendrées par son handicap, il n'abandonnera pas car il se sent enfin à sa place dans sa propre Pension.

Goûts/Dégoûts : Silas apprécie de nombreuses choses. Il s'agit d'un homme curieux et avide d'apprendre. Il aime plus particulièrement les sujets intellectuels, les sciences naturelles, mais aussi l'art. L'art, il en mange, il en dévore. Il peut apprécier une peinture sur toile blanche dotée de trois carrés de couleurs différentes et vous en faire une longue analyse. Il raffole du théâtre, de la musique (surtout le jazz, mais aussi le heavy metal allez chercher pourquoi), il s'adonne aussi régulièrement au dessin. Il apprécie le sport et bouger mais est souvent trop paresseux pour vraiment s'y lancer. Il adore siroter un peu de vin et manger à la hauteur de ses goûts parfois un peu bourgeois. Il a vécu dans le luxe pendant toute sa jeunesse. S'il ne se définit nullement par les biens matériels, il serait hypocrite de sa part de prétendre ne pas du tout s'en soucier. Ce qu'il préfère, surtout, c'est le confort. Il prime avant toute cette valeur, y compris pour les autres. Il adore la cuisine, particulièrement lorsqu'elle est exotique. Il fera la moue devant un hamburger. Les mets syriens/arabes/méditerranéens le rendent particulièrement guilleret, tout comme une bonne tasse de thé. Il apprécie les sucreries, sans en abuser toutefois. Il adore les longues marches, la découverte, à la fois de la ville, de la mer et de la nature. Il s'émeut d'assez peu d'ailleurs. L'éleveur lit énormément, une passion qu'il partage entre ses tâches d'éleveur qui, pour le moment ne sont pas très étendues vu qu'il ne fait que commencer. Il est plutôt débrouillard avec ses mains mais n'aime pas beaucoup l'effort que lui demande la rénovation. Donc celles-ci prennent généralement du temps. Beaucoup de temps. Il éprouve une fascination pour les différentes cultures du monde et vous écoutera de grands yeux brillants si jamais vous évoquez votre pays exotique. Lui-même adore la culture syrienne de sa grand-mère, et ne se lasse jamais de ses récits.

À l'inverse, Silas déteste qu'on lui parle de son handicap, qu'on lui sollicite l'histoire du comment c'est arrivé, ou qu'on tente de l'aider pour compenser son bras manquant. Il préfère aussi éviter les questions trop personnelles ou les conversations qui suscitent trop d'émotions. Il déteste les foules et les trop grands rassemblements, ne s'y sentant pas à l'aise. Il haït qu'on le compare à sa mère. Il ne peut tout simplement pas le supporter. Finalement, il fuit toute mention de Régime ou de Résistance. Oh, et il voue une grande haine aux choux de bruxelles.

Objectifs et aspirations : Hormis grimper les échelons et s'améliorer dans son métier, Silas n'aspire pas à beaucoup. Vivre une vie tranquille et trouver la paix, venir en aide aux autres, soigner les Pokémon, assister à de nombreuses naissances (elles les rendent toujours très émotif, cette grosse guimauve) et soutenir de nombreux dresseurs dans leur lien avec leurs Pokémon, principalement. Maintenant qu'il a sa propre Pension et réglé le dilemme identitaire de tout jeune adulte, il peut se dire à peu près satisfait de sa vie. Il aimerait bien un jour fonder une famille même s'il ne l'avouerait qu'au prix d'une grande gêne.

Peur(s) : Nombreuses sont les peurs de Silas, puissantes mais surtout secrètes. Ne vous laissez pas prendre de son attitude désinvolte. Le jeune homme craint l'Homme, les autres humains, tout autant que ceux-ci les fascinent. Les aspirations et motivations des autres l'effraient, surtout quand celles-ci se manifestent par la violence dont il a en horreur. Il craint la politique, il craint la souffrance. Il est terrifié de tout ce qui pourrait le ramener à la triste époque du Régime, des armes, du sang et de la peur. Il craint ceux ayant pris une part active dans les conflits, ceux qui sont restés entachés et meurtris par ceux-ci. Il a peur de subir encore. Il se dit qu'il a assez perdu d'un bras. Il est anxieux, désordonné, car beaucoup de ses craintes sont constantes. Un rien le fait sursauter, il n'aime pas beaucoup les bruits ou les surprises. L'imprévu le rend nerveux. Silas a peur d'avoir peur. La nuit, les ombres le rendent inconfortable. Il a peur de s'engager aussi, même s'il le désire, même dans des relations amicales. Le jeune homme a aussi crainte de sa mère, à la fois de la perdre et de la conserver dans sa vie. Incapable de vaincre le paradoxe. L'éleveur craint surtout de blesser les gens, de ne pas être à la hauteur pour eux et de les décevoir. Rien au monde ne lui ferait plus mal et il tâche de tout faire pour l'éviter, au détriment de ses propres besoins.

ALIGNEMENT

Votre personnage a-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-il/elle de cette époque ? : Silas a vécu des expériences houleuses avec le Régime. Cette époque fut marquée pour lui de nombreux petits traumatismes, qui accumulés l'ont rendu bien amer. Contrairement à de nombreuses âmes sur cette île, l'éleveur a toujours entretenu pour les Résistants la même froide réserve que pour le côté opposé. Son grand coeur utopiste et pacifiste l'a toujours empêché de prendre parti, et la mort de son père n'a fait qu'aggraver cette tendance vers la neutralité. Or, Silas ne peut se dire véritablement neutre. Les conflits d'autrefois suscitent encore énormément d'émotions chez lui, et des angoisses qui le poursuivent encore aujourd'hui. Il rêve souvent au passé pour s'éveiller en sueur, le bras encore lancinant. Même s'il n'a jamais pris part au conflit, le jeune homme en fut victime et en porte une grande rancoeur qu'il n'a jamais véritablement eu l'occasion d'externaliser.

Que pense-t-il de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : Son côté naïf voire utopiste le pousse à croire que ce changement sera pour le mieux et qu'une paix approximative s'installera sur son île natale. Cette vision des choses et cet espoir démesuré l'emportent parfois. Il se fait fervent défenseur du nouvel ordre établi, et rejette avec naïveté les critiques envers ce système encore nouveau et fragile. Cette tendance le rend particulièrement vulnérable. Il gobe à peu près tout ce qu'on pourrait lui en dire. Il n'a jamais été des plus engagés politiquement, au contraire, mais cette passivité obstiné en fait une proie facile. En espérant pour lui que ce gouvernement aura son bien-être à coeur.
Que pense-t-il/elle de la légende de Regigigas ? : Si une part de lui s'émerveille de la légende, il adopte majoritairement une attitude réservée envers celle-ci. Depuis que certains ont suggéré un lien entre l'emergya et cette légende ancienne, Silas préfère oublier qu'elle existe. Il se souvient trop bien avoir halluciné pendant un certain temps de fresques de la civilisation du Titak, des images qui lui rappellent amèrement la souffrance vécue. Il lui arrive encore d'en dessiner, lorsque distrait. Sa réaction est alors vive. Non, il vaut mieux ne pas évoquer ce sujet devant lui car il cherchera par tous les moyens de vous dissuader de poursuivre la conversation.

Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : D'abord profondément redevable envers ce groupe ayant su mettre fin à l'émergendémie de par l'invention du vaccin, Silas entretient maintenant pour ce groupe une froide réserve. Il n'a rien contre eux réellement ni contre leurs employés, à vrai dire bon nombre de leurs idées lui plaisent et il se doute qu'Elixir est là pour les bonnes raisons (du moins le pense-t-il dans son esprit simpliste). Or, l'intérêt que porte la compagnie pour l'Emergya et son utilisation le rend profondément anxieux. Sans ce projet, le jeune homme se montrerait plutôt accueillant envers eux.
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : À ses yeux, la Compétition a agi trop tard dans la vie politique d'Enola. Maintenant que le mal est fait, il a l'impression malsaine que cette organisation profite de son pouvoir pour imposer sa vision des choses. Oh, bien sûr, Silas se reconnaît dans certaines de ses valeurs telles que le respect des Pokémon, mais son esprit un peu rêveur le rapproche plus du progressisme proposé par Elixir. En attendant il accueille les Compétiteurs à bras ouverts mais préfère éviter de regarder les matchs qu'il juge un peu trop violents à son goût. Il se demande un peu pourquoi la Compétition n'a pas fait son temps, mais bien sûr cette idée est limitée en pratique.
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Silas n'a rien de vraiment concret contre les Anarchistes. Au contraire, de par son ami Percy, il connaît un peu la philosophie de ce groupe et les sait bien différents du portrait populaire qui circule à leur sujet. Il approuve leurs actions communautaires et souhaite les voir poursuivre dans cette voie. Cela ne veut pas dire cependant qu'il est d'accord avec eux. L'éleveur a besoin de vivre dans un certain ordre établi, cela a quelque chose de profondément rassurant pour lui. Or, les Anarchistes souhaitent un monde sans véritable gouvernement et ça, Silas ne peut approuver. Il voudrait bien par contre, tout comme eux, que la Compétition et Elixir se mêlent un peu plus de leurs oignons. En général, il aime bien les Anarchistes même si de par sa nature prudente et anxieuse il ne pourrait jamais vraiment les rejoindre.

Alignement/Allégeance ? : Absolument neutre, aucun groupe à ce jour n'ayant su gagner sa confiance.
ET VOUS?
PUF/Surnom : Golden
Âge : 24 ans et des poussières
Disponibilité : Présente tous les jours ou presque, fidèle au poste!
Comment avez-vous connu le forum ? : What a Face
Suggestions ? : Non je crois qu'on est bons (a)
Personnage sur l'avatar : Malik Al-Sayf [Assassin's Creed]
Code : Auto-validés o/
Autre: //


Dernière édition par Silas C. Fisher le Mer 13 Déc - 10:28, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: L'Étoile de Youssra |SILAS|   Mar 12 Déc - 22:29

HISTOIRE
page i


Youssra se languit de son pays. Tous les jours, elle scrute Amanil, ses longues tours grises, son climat tropical, ses gens si différents des siens. Tous les jours, le choc est grand. Déracinée de sa Syrie natale où elle laissé une panoplie de souvenirs et probablement une petite part de son âme, elle prie, à voix basse, pour que les jours se fassent moins longs avant qu’elle ne remette les pieds en sa terre d’origine où le soleil chante un air différent. Victime du complot de son mari et de sa fille, la voilà qui écoule ses derniers jours à Enola, une île perdue et sans saveur, selon elle. Malheureuse, la vieille dame se tait un peu plus chaque jour si ce n’est que pour prononcer quelques paroles acerbes, pour critiquer son mari ou Aïcha qu’elle a définitivement connu autrement. Il fut une époque où la jeune femme la respectait encore plutôt que de la voir telle une aînée trop traditionnelle. Une époque où elle ne regardait pas sa culture de haut. Sauf qu’entre elles, tout a changé. Aïcha a changée, cette petite fleur trop jolie que la gloire et l’art auront trop rapidement consumée. Youssra soupire, de ces longs soupirs des âmes capricieuses qui ne savent s’adapter. Oh, c’est qu’elle est têtue, bien têtue, et sans la présence du garçon assis à la table près d’elle, rien dans son monde ne ferait plus de sens. Youssra avait tout à Damas. Un emploi prestigieux, de nombreux amis, sa famille. Ici elle a Silas, ce garçon aux yeux sombres pour qui elle éprouve un amour infini.

Silas n’a de la Syrie que la moitié de son sang. Ses valeurs et croyances, il les partage avec le peuple de son père, celui de l’île d’Enola. Ce petit aura voyagé à travers le monde, suivant ses parents artistes en s’abreuvant du contact de l’autre, curieux et intéressé. De différentes langues, il aura accumulé quelques mots, son discours s’en fait plus faible parfois. C’est un drôle d’enfant, renfermé, poli et charismatique, mais toujours à distance. Se réservant sous une carapace que peu savent traverser. Peut-être que les brusques changements qui ponctuent sa vie l’ont-ils empêché de véritablement se développer socialement, peut-être est-ce simplement qu’il est enfant unique, ou alors est-ce inscrit en son tempérament. Silas ne se démarque pas des autres enfants par ses notes ou ses habiletés, mais Youssra l’aime, remuerait ciel et terre pour lui faire plaisir. À vrai dire elle le gâte, énormément même. Sauf que l’enfant n’en demande jamais plus que son reste. Et avec sa grand-maman Youssra, il laisse tomber ses réserves habituelles. Elle est sa confidente et sa meilleure amie, et chaque séparation pour un nouveau voyage de ses parents cause de nombreux pleurs de part et d’autre. Aïcha jalouse un peu sa mère pour cette raison, ayant toujours eu des difficultés à connecter avec l’enfant. Son mari, Nathan, possède un talent certain dans son rôle de père. Mais elle, elle se sent toujours aussi démunie. Alors Youssra a pris sa place, petit à petit, en ouvrant son cœur à cet étrange petit un peu craintif, tout en lui transmettant une part de sa culture.

De par l’influence, mais surtout le lien particulier qui anime grand-mère et petit-fils, Silas en est venu à porter pour la culture de son aïeule une fascination particulière. Le voilà justement qui déguste un plat préparé par Youssra, qui se détache de sa contemplation de la ville grise pour se perdre dans les iris noirs débordant d’adoration de Silas. Le visage rouge de plaisir et parsemé du riz accompagnant son kebbé halab, le petit l’accueille tandis qu’elle s’asseoit auprès de lui. Ensemble, ils discutent en arabe, cette langue devenue un peu comme leur langage secret. Youssra le sonde sur ses devoirs et Silas lui répond gaiement au sujet de ses réussites scolaires récentes. Et la dame se remet à sourire, car elle a oublié, elle a oublié que de se sentir chez soi n’a rien à voir avec un lieu en soi. Partout où Silas ira, elle se sentira à sa place. Il est sa petite étoile.

page ii


Parfois, l’enfant erre dans la maison, à contempler les murs, son expression juvénile sérieuse. Il marche, comme à la recherche d’un détail qui lui aurait échappé à force de vivre au sein de cette demeure. Parfois, il croise son grand-père, ses mains derrière le dos et son sourire en coin, avec ses clins d’œil complices. D’autres, il rejoint sa grand-mère à la cuisine, échanger une boisson chaude et quelques histoires de son pays d’origine. Il lui arrive aussi d’envahir le studio de sa mère, où elle pratique une scène. Il aime la voir jouer, elle lui paraît alors si différente. Vibrante d’émotions, et plus belle que jamais. Sa mère, il l’aime, mais ils n’ont jamais su comment le dire. Alors il s’assoit dans un coin de la pièce et l’observe. Elle met souvent bien du temps à réaliser sa présence, trop absorbée par son art. Il se plaît aussi à sortir son carnet et la dessiner dans ses mouvements les plus gracieux. L’actrice se perd dans ses rôles, elle ne remarque rien. Lorsque l’enfant la dérange par mégarde, alors elle émerge pour le chasser, courroucée et confuse. Alors il sait où se réfugier pour obtenir un peu de compagnie. Il grimpe à l’étage, dans une pièce poussiéreuse qui apparaît presque sacrée à Silas. Ses hautes fenêtres offrent une jolie vue sur Amanil, et au large l’océan. Comme à son habitude, son père s’attèle devant une toile, son visage couvert de peinture. Le garçon le rejoint avec un sourire, ayant toujours admiré cet homme original et profondément bon. Lorsque Nathan redresse les yeux, c’est pour l’accueillir d’un sourire semblable. Silas va à sa rencontre et se réfugie dans ses bras. L’homme pose son pinceau en l’enlace, peu soucieux de le salir. Les deux garçons ont l’habitude.

«Tu t’ennuies encore, n’est-ce pas?»

Silas hoche la tête.

«Tu as terminé tes devoirs?»

La solitude a ses avantages. L’enfant parvient toujours à se débarrasser aisément de ses tâches scolaires. Il ne rechigne jamais devant l’exercice. Il aime bien apprendre, et les devoirs l’occupent. Une des raisons pour lesquelles il réussit si bien à l’école, probablement, sans pourtant être plus intelligent qu’un autre. Responsable, poli, mature, oui, certainement.

«Oui papa. J’ai même révisé la dictée de la semaine prochaine.»

Nathan soupire dans un sourire. Il aurait bien aimé que le garçon ait un frère ou une sœur avec qui partager son quotidien. Le hasard les ont faits parents Aïcha et lui, après dix ans d’épousailles, et ils ne comptent pas avoir d’autres enfants. Lui-même se fait vieux, même si son épouse est plus jeune. Or, l’actrice possède d’autres priorités, notamment sa carrière. Nathan ne peut lui en vouloir. Ainsi ils se sont trouvés, tous les deux, par l’amour de leur art. Leur relation toujours profonde et passionnée. Ces deux originaux destinés à s’aimer. Si le peintre prend plaisir dans son rôle de père, la femme y éprouve quelques difficultés. Nathan s’empare doucement du carnet de dessin dans les mains de son fils et en consulte les pages, sous le regard attentif de Silas. Malgré son jeune âge, le petit possède un talent obtenu grâce à des heures de pratique. En consultant les efforts du garçon, son père hoche la tête, satisfait.

«Tu as beaucoup de talent, Silas. Le sait-elle que tu la dessines?»

Silas fait non de la tête avec un haussement d’épaules nonchalant. Une nouvelle fois, Nathan soupire, incertain de la façon à s’y prendre pour rapprocher les deux êtres les plus chers de sa vie.

«Il va falloir que tu trouves de quoi t’occuper Silas, tu sais bien que je ne peux pas toujours m’occuper de toi. Mais je t’ai promis de passer un peu de temps avant de partir pour Berlin demain matin. C’est donc ce que je vais faire.»

Le peintre essuie son visage avec sa serviette et entreprend de laver ses mains. Le cœur de l’enfant bondit dans sa poitrine et soudain il se tortille sur place, anxieux de passer un après-midi en compagnie de son paternel. Il ignore à quand remonte la dernière fois et s’inquiète d’être un poids pour lui, le sachant dédié à son art. Si seulement Silas était comme ses parents, aussi passionné… Or, il est plutôt paresseux, n’ayant du succès que par ennui plutôt que par intérêt. Il les jalouse un peu, d’avoir trouvé leur voie. Ses camarades de classe semblent tous allumés par une activité ou une autre. Mais lui, tout lui plaît et tout l’indiffère à la fois.

«J’ai une idée.»

Nathan a bien vu que la perspective de choisir une activité inquiète son fils. Il se retourne donc vers lui, un sourire au visage.

«Ce serait un long voyage, mais en demandant à la Xatu de ta grand-mère de nous y reconduire, nous pourrions peut-être… J’avais pensé t’amener au Grand Stadium pour assister à un match de la challenger Sunny, contre le Maître. J’ai envie de voir ce qu’elle a dans le ventre.»

«Un… match Pokémon? Je ne savais pas que tu aimais regarder les matchs, papa.»


Le scepticisme du garçon tire un rire franc à son père. Seulement douze ans, le petit, il n’est plus tellement cet enfant à qui il pouvait faire croire que les Ronflex mangeaient tellement qu’ils enflaient et enflaient jusqu’à s’envoler vers le ciel pour déguster leur mets favori : une bonne pelletée de nuages.

«J’ai envie de faire différent surtout. Puis ça pourrait me changer de mon atelier. Depuis quelle heure y suis-je, Silas?»

«4h38.»


La précision du gamin tire un rire à son père. Son fils a l’habitude des sorties matinales de son père, mais se réveille tout de même à chaque fois qu’il entend ses pas dans le couloir. En montant à l’étage, Nathan a pris l’habitude de visiter son fils, lui donner un baiser dans les cheveux et remonter la couverture sur ses épaules. Même si Silas vieillit, il apprécie encore cette petite attention.

«Bon, je dois vraiment sortir d’ici alors! Alors, ça te tenterait donc ce match?»

Devant le sourire que lui offre le garçon, le père entame les préparatifs pour une soirée d’aventures. Ni l’un ni l’autre n’aurait pu soupçonner le plaisir qu’ils auraient ce soir-là. Tous deux de grands pacifistes pourtant, ils se prêtent au jeu, encourageant la challenger comme le Maître défendant son titre par de grands cris. Ils mangent des hotdogs géants et boivent des boissons gazeuses. Silas se retrouve fasciné par le dynamisme des combats, mais surtout par le lien invisible qui unit Sunny à ses alliés, particulièrement sa Lockpin, son coup de cœur de la soirée. Ils rentrent, les joues rougies d’avoir tant crié, tant ri, tard ce soir-là. Ni l’un ni l’autre n’aurait pu soupçonner oui, que ce serait leur tout dernier en compagnie l’un de l’autre.

page iii


Il n’aura fallu qu’une fraction de seconde au garçon pour perdre son sourire. Encore haletant, il a dévalé l’allée et ouvert la porte à la volée, ne prenant pas même la peine de la refermer. Déjà plus de trois semaines que son père a quitté pour l’Allemagne. Ô combien il s’est languit de lui. Voilà l'enfant au cœur du grand salon, devant la silhouette brisée d’une femme qu’il ne reconnaît plus. Le masque de beauté irréelle et de jeu de celle-ci a volé en éclats, la voilà recroquevillée, à genoux et appuyée contre le sofa où elle ne s’assied pourtant jamais. Elle tremble, elle tremble si fort que Silas s’en ébranle, pris à la gorge. Deux silhouettes encadrent sa mère, celle qui fut autrefois Aïcha. Malaisés, Youssra et son mari n’osent pas même la toucher. Auront-ils même déjà vu leur fille dans un tel chagrin? La vieille dame lève les yeux vers son petit-fils, ses yeux s’humidifiant. Lentement, elle se détache de sa fille et marche jusqu’à lui. Elle attrape Silas par l’épaule, le tire à l’écart même si l’enfant lui résiste. Sa poigne est ferme contre lui, et il la suit, ses oreilles bourdonnant d’angoisse. Il lui semble percevoir l’écho de sa propre respiration, chacun de ses pas formant un tonnerre de sons étouffés contre les dalles. Son regard s’est figé, sa lèvre tremble. Alors que Youssra referme ses bras autour de lui, il n’esquisse pas un seul geste pour lui répondre. Ses sens en dérive, il n’entend plus que les plaintes agonisantes de sa mère, son cri strident, tragique.

«Il est mort, il est mort! Pourquoi papa, pourquoi mon amour…»

Silas lève les yeux vers son aînée, qui retient ses larmes. Elle aimait Nathan, il était bon pour l’enfant, pour sa fille aussi. Ce qui la bouleverse, néanmoins, est qu’après aujourd’hui, son étoile brillera un peu moins. Elle le tient. Tandis qu’elle lui expose ce qu’un officier est venu leur annoncer quelques heures plus tôt pendant que le petit étudiait à l’école, la syrienne retient son petit-fils contre elle, comme pour ne pas le perdre. Peut-être sait-elle qu’il est trop tard. Ainsi la dame raconte que Nathan aura pris l’autobus ce matin-là, depuis l’aéroport. Il aimait les gens, cet original, il aimait les côtoyer et les observer. Des soldats du Régime ont arrêté le véhicule, fouillé et interrogé tous les passagers à bord. Près du père de Silas, il y avait un jeune homme, tout au plus dix-sept ou dix-huit ans. Au moment de le fouiller, les soldats ont découvert qu’il s’agissait d’un Résistant. Et lorsqu’ils se sont emparés de lui, le sortant de force de l’autobus en vociférant, Nathan a tenté de le défendre, rétorquant qu’il n’était qu’un enfant. Il n’en fallut pas bien long pour qu’il soit lui aussi mené à l’extérieur, sous le regard apeuré des autres passagers. Il avait osé lever la voix, osé contredire et douter. Tandis que Nathan rejoignait l’adolescent, celui-ci avait réussi à se libérer et à attraper l’arme d’un des soldats. Son défenseur se trouva coincé entre deux feux. Nul ne saurait dire lequel des deux a tiré la balle l'ayant tué. Régime ou Résistance? Cela importe peu aux yeux de Silas. Ils sont tous deux coupables.

Lorsque Youssra écarte les bras, Silas se détache d’elle, chassant une larme échappée sur la joue de sa grand-mère. Il s'éloigne de sa grand-mère. Tourne les talons. L’enfant ne dit rien pendant trois jours. Il ne pleure pas non plus. Mais la dame, elle, sait. Il souffre.

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Wassil tente désespérément de rattraper sa femme qui entre brutalement dans le studio de sa fille, le souffle court d’avoir tant perdu d’air à tenter de la raisonner. L’homme sursaute au son sourd que font les portes contre le mur, alarmé de la violence de la dame dont il entend la respiration emportée. Il n’aura jamais été très doué pour calmer les emportements de Youssra même si cette fois il s’y sera réellement appliqué. Il tente une nouvelle fois de l’appeler et de lui attraper la main mais sa femme se retire avec violence, cherchant du regard l’actrice. Le regard perdu dans le vague, elle repose contre son sofa ancien, probablement acheté à un prix faramineux pour plaire à ses goûts excentriques et luxueux. Aïcha ne lève pas même les yeux alors que sa mère fait irruption dans la pièce. Elle ne réagit pas non plus quand l’aînée se plante devant elle, visiblement furieuse.

«Youssra, laisse-la tranquille, tu vois bien qu’elle souffre.»

«Wassil, tais-toi pour une fois dans ta vie. Aïcha, ça suffit! Tu es enfermée ici depuis des jours, tu ne t’es nourri que de quelques fruits, tu pleures nuit et jour, tu te laves plus…»


Sa voix s’adoucit un peu sur ces derniers mots. Sa fille aura toujours pris un soin coquet à son apparence depuis son plus jeune âge, lissant ses longs cheveux noirs dépourvus de signes de vieillesse, parfumant sa peau et l’hydratant de toutes sortes de crèmes aux propriétés rajeunissantes. Or, la femme qui se tient devant Youssra s’apparente à une inconnue, ses yeux rouge vif, ses traits tirés de ceux qui n’ont pas dormi depuis des jours, ses lèvres craquelées, ses paupières gonflées, et ce vieux pyjama qu’elle ne porte que lorsqu’elle est malade. Aïcha est malade, malade de l’esprit et du cœur. Elle vient de tout perdre, à ses yeux, et ne sait pas comment se relever. Elle fait partie de ces gens trop passionnés, qui ne vivent que pour un éclat de vie et s’éteignent en un souffle. Sa mère a toujours su qu’elle la retrouverait ainsi un jour, mais pas si tôt, pas ainsi. Même préparée, de la voir ainsi la remue, malgré sa colère. Deux mois maintenant depuis la mort de Nathan et l’actrice ne cesse de s’enfoncer davantage.

«Aïcha, tu dois voir quelqu’un. Ça ne peut pas continuer ainsi.»

«Je ne veux voir personne.»


Son ton est si froid que Wassil hésite, saisissant sans mal le rejet de sa fille envers ses parents, envers tous et chacun. Il frissonne car il craint, craint ce qui se déroulera si Youssra insiste, mais aussi si elle ne le fait pas. Il a toujours été plus doux que sa femme, un peu laxiste peut-être. Il n’est pas doué pour les mots, ici il se sent impuissant. L’homme a toujours brillé par ses silences, par sa simple présence chaleureuse et rassurante. Ici, cet aura ne lui sert plus à rien. Sa fille se noie devant ses yeux sans qu’il ne puisse l’extirper des eaux qui la consument.

«Il faut. Tu vas sortir d’ici, je vais t’accompagner à la douche, et…»

«Je ne vais pas sortir d’ici, va-t’en.»


La colère de Youssra rejaillit, malgré ses efforts pour la contenir en sa poitrine, pour rester maître d’elle, mais elle accumule depuis trop longtemps. Elle se sent désemparée, et cette émotion la pousse à l’agression. Il lui faut agir. C’est une femme de tête, une femme d’action. Un peu comme Aïcha avant que la dépression ne la change.

«Aïcha, attention à ta langue. Je suis ta mère. Maintenant arrête de faire l’enfant, tu ne guériras pas en broyant du noir prostrée sur ton fauteuil à ressasser tes idées noires!»

Aïcha repousse brusquement sa mère qui s’est emparée de son bras et se met à crier.

«Arrête, sortez d’ici, tu ne comprends rien!»

«Tu crois que ça le ramènera de crier et de pousser ta mère? Tu crois qu’il reviendra si tu le pleures assez?»

«Youssra!»


Wassil a accouru auprès sa femme afin de s’assurer qu’elle n’ait rien, mais ne peut s’empêcher de désapprouver ses paroles. Méchantes, mais vraies. Youssra n’en peut plus. Elle tremble et tempête, et sa rage alimente celle d’Aïcha. Comme une bête en dormance, elle se nourrit de toute la peine au creux d’elle pour mieux rejaillir.

«Tu ne comprends rien! Il est mort, je ne suis rien sans lui, rien!»

Elle s’est mise à pleurer, elle pleure de colère et de souffrance mêlées. La dame s’approche d’elle, envahit son espace de son corps.

«Arrête de faire l’enfant, tu n’es rien si tu agis comme tel!»

«Dégage! Dégage! Je n’ai pas besoin de toi, va-t’en!»


Aïcha hurle et pousse devant les attaques verbales répétées de sa mère. Celle-ci s’est arrêtée pour contempler ce qu’Aïcha vient de dire. Wassil sait que sa fille a été trop loin, que cette fois sa femme se blesse de ses mots. Youssra ne crie plus, mais sa voix froide et mesurée fait autant de dommages.

«Tu n’as pas besoin de moi? Vraiment? Tu n’as pas besoin de moi, Aïcha, ma chère fille? Tu te souviens pourquoi je suis ici, n’est-ce pas? Tu sais que j’ai tout quitté car tu me l’as demandé, Aïcha?»

«Youssra, je t’en prie.»

«Tais-toi, Wassil. Il faut qu’elle sache ce qu’elle vient de dire. Car j’ai quitté la Syrie pour toi, Aïcha. Mon emploi, mes amis, ma famille, ma patrie. Je l’ai fait pour toi. Ou plutôt pour lui. Car tu était incapable de t’en occuper. Car tu n’as jamais voulu le faire. Parce que ne t’en es jamais donné la peine. Je suis ici parce que tu m’as demandé d’élever ton fils, alors ne me dis pas que tu n’as pas besoin de moi.»


Aïcha la toise, tel un animal blessé, tandis que Youssra laisse enfin aller libre-court à toute la frustration qu’elle accumule depuis des années.

«Je t’ai vu profiter de ta jeunesse et ne t’occuper de lui que lorsqu’il était un trophée pour toi. Qu’il est beau mon fils hein? Tu ne le connais même pas, Aïcha, tu sais pourquoi? Car Nathan et toi étiez trop occupés pour porter attention à lui. Mais Nathan, au moins, il a tenté le coup. C’était un bon père. Mais toi, tu n’as rien fait. Tu l’as abandonné. Tu ne sais rien de lui. Comme le fait qu’il n’a pas pleuré une seule fois depuis la mort de son père. Qu’il ne parle presque plus. Qu’il joue un rôle, partout où il va, pour faire croire que tout va bien. Il tient ça de toi, il joue à la perfection. Il a besoin de toi, Aïcha, tu dois l’aider. Sauf que tu es trop occupée à te laisser tomber pour réaliser que ton fils souffre autant.»

Le silence s’abat sur la pièce. Wassil soupire, il sait déjà qu’après ces mots, plus rien ne sera plus jamais comme avant. Que certaines paroles ne se retirent pas, que ce qu’elles fracassent ne guérit jamais vraiment.

«Tu as raison. Il a besoin de moi. Pas de toi. Alors arrête. Arrête de jouer ce rôle. Je vous veux hors de chez moi.»

«Aïcha, ta mère n’en pensait pas un mot et…»

«Oh non. Elle pense chaque mot, ça fait un moment qu’elle pense chaque mot. Alors faites-moi plaisir, disparaissez.»


Le cœur de Youssra se fend. Malgré la colère qui l’habite. Malgré sa certitude qu’il fallait que ces mots se disent. Elle ne tente pas même de se défendre ou de la convaincre autrement. Elle se sent libérée, en un sens, du fardeau que lui imposait Aïcha. Elle peut rentrer maintenant, et s’éloigner de son poison.

«J’amène Silas, alors.»

«Si tu tentes de toucher à un seul cheveu de sa tête, je le jure, je te fais poursuivre. Tu n’iras pas bien loin sans une autorisation signée pour lui. Il ne va nulle part. Mais vous, vous partez. Je vais acheter les billets, demain vous partez.»


Aïcha quitte la pièce en un coup de vent, cherchant son ordinateur pour commander les billets d'avion qui ramèneraient ses parents en Syrie. Youssra la suit, paniquée. Elle ne regrette pas, mais elle a peur. Peur que ce soit la fin. Peur qu’on ne lui retire son étoile.

«S’il te plaît Aïcha… S’il te plaît…»

Toutes les supplications du monde ne suffisent pas. Le lendemain, Silas attend à la porte, la protégeant de son petit corps, tandis que ses grands-parents descendent l’escalier avec leurs bagages. Le garçon, du haut de ses douze ans, les brave, il tremble car il sait. Sait qu’il s’agit d’un combat qu’il ne peut pas gagner. Il respire avec peine, anxieux de ce que cela signifiera pour lui. Mais même s’il essaie, il ne parvient pas à pleurer. Youssra se jette à genoux pour l’enlacer. Elle, elle pleure. Elle vient de le perdre, de perdre ce à quoi elle se raccroche depuis des années.

«Je t’aime Silas, souviens-toi que je t’aime, d’accord?»


Silas sait. Que si sa grand-mère quitte, ce n’est pas à cause de lui. Que sa mère les aura chassés. Qu’ils se sont disputés. Pourtant il culpabilise. N’aurait-ce pas été plus facile sans lui? Sa grand-mère lui parle en arabe, au creux de l’oreille. Lui dit qu’elle l’aimera toujours, qu’elle pensera à lui tous les jours de sa vie qui n’aura plus jamais la même saveur. Elle lui répète, une énième fois, qu’il est sa petite étoile. Lorsqu’elle se relève, Wassil vient aussi enlacer l’enfant, sans trouver le courage de sourire. Ils contournent le petit et s’en vont. C’est là qu’il craque. Ses petits pas l’emmènent dans la cour. Là, il hurle, laisse enfin libre court à toute la peine qu’il ressent depuis la mort de son père et qu’il ne s’est jamais laissé exprimer. Il renverse les chaises extérieures et donne un puissant coup de pied dans une poubelle, en reversant tout le contenu. Lorsque l’expression de sa rage le laisse complètement épuisé, il s’écroule contre l’herbe de la cour et contemple le ciel au-travers de ses larmes. Combien de temps s’écoule-t-il ainsi? Les nuages poursuivent leur route dans le ciel, indifférents à son sort. Le petit a faim, a soif, mais n’ose pas bouger. Comment peut-on se relever lorsqu’au creux de sa poitrine, il n’y a qu’un trou béant?

Il se redresse plusieurs heures plus tard. Un son a attiré son attention, l’a tiré du sommeil où il s’est glissé pour s’épargner plus de douleur. De la poubelle qu’il a renversé, une silhouette émerge, les bras garnis de nourriture et une expression satisfaite sur le visage. Il s’agit d’un Goinfrex, ou plutôt d’une, qui le remarquant écarquille les yeux, prise au fait. Silas s’assoit, se frottant les yeux qui lui paraissent bien secs désormais. Le Pokémon l’imite, sentant bien que l’enfant ne va pas comme il le devrait. Il s’agit d’un être sensible, cette Goinfrex, et maternelle. Lorsque le petit lui offre un maigre sourire, elle s’avance vers lui et l’enlace, comme pour lui apporter un peu de soutien. Silas se laisse faire, les larmes affluant à nouveau.

«Mon père me racontait, quand j’étais petit, que les Ronflex mangent tellement, que quand ils gonflent assez, ils peuvent s’envoler dans le ciel pour croquer les nuages. C’est ridicule. Tout le monde sait que les Ronflex ne volent pas. Il me manque, tu sais?»

La Goinfrex raffermit son emprise. Même si elle sent les ordures, Silas ne tente pas de la repousser. Elle lui fait du bien. Depuis ce jour, ils sont inséparables. L’enfant a trouvé sa propre étoile, sa Suhana.

page v


Cette expérience de vie a forgé Silas. Il grandit dans la solitude, incapable de connecter avec une mère aux prises avec une profonde dépression et un mal de vivre que l’adolescent ne saurait apaiser. Malgré tous ses efforts pour la consoler et lui venir un aide, pour l’impressionner de ses bonnes notes, rien n’y fait. Heureusement, le garçon se fait quelques amis à l’école, et puis il a Suhana. Maintenant son Pokémon et sa meilleure amie, elle sert de cobayes à l’apprenti éleveur qu’il se proclame être. Au collège, il a une petite réputation de soigneur. Il se plaît à conseiller les autres avec leurs bêtes, comme s’il y connaissait vraiment quelque chose. Il lit énormément, certes. Il préfère les bouquins et le dessin que les activités prisées par bon nombre de ses camarades de classe. En classe, ses professeurs l’apprécient grandement. Ce jeune poli, toujours calme et souriant, qui en plus réussit plutôt bien, plaît assurément aux adultes. À l’école, il s’implique dans quelques clubs et à la vie étudiante. Il devient un «technicien» de l’équipe technique qui s’occupe de l’éclairage et du son pendant les spectacles, il prête main forte à l’équipe des décors, au journal de l’école… Tout pour s’occuper les mains. À la maison, il paresse devant son ordinateur la majorité du temps, la porte close. Il passe le moins de temps possible en compagnie de sa mère, surtout depuis qu’elle a trouvé un emploi.

Silas ne pourrait se réjouir davantage que sa mère reprenne la vie active. Il la retrouve comme dans ses souvenirs. Belle, intouchable, même s’il ne s’agit que d’un masque. Il ne la questionne que lorsque ses doutes se font de plus en plus insistants, que lorsqu’il voit le résultat de ce nouveau fameux contrat. Aïcha a effectivement déniché du boulot au sein du Régime dans une campagne de propagande. Sitôt l’adolescent l’apprend qu’une dispute monstrueuse éclate entre sa mère et lui. Silas a changé. Son regard sur le monde s’est durci, affiné. Mais dans l’ensemble, il a conservé son œil pacifiste endurci, héritage de son père, et sa naïveté utopiste. Même s’il tâche d’éviter le plus possible le conflit qui fait rage sur l’île, il a tout de même son opinion sur le sujet. Pour lui, Régime et Résistance sont tout aussi coupables. Et sa mère devrait comprendre, après tout, elle a perdu son mari par leur faute. Non? Sauf qu’Aïcha n’est pas prête à l’entendre. Elle refuse de l’écouter. Le froid subsiste, leur relation s’envenime. L’étudiant a envie de se venger, la colère l’anime. C’est à seize ans, durant l’année 2012, qu’il entame un petit projet qui, inconsciemment, a pour objectif d’embêter sa mère.

«Attends… répète… tu fais quoi?»

«Je récupère les Pokémon que je trouve dans la rue, ceux blessés lors des conflits, et je les amène chez moi pour les soigner.»

«Oui mais… pourquoi? Tu ne crois pas que c’est dangereux? Si on te prenait?»

«À soigner des Pokémon? Que voudrais-tu qu’on me fasse? Qu’on m’enferme? Ne sois pas idiot. Je le fais car sinon, qui le fera? Le Centre Pokémon de la ville, il faut s’y présenter, mais bon nombre de pauvres créatures se retrouvent dans les rues sans aide. Puis certains, on me les amène. J’ai l’aide de quelques amis.»

«Sauf que tu n’as aucune formation, Silas.»

«C’est vrai, mais pour la majorité, ils se soignent seuls. Je les aide seulement à trouver un endroit tranquille pour le faire, je les nourris, les garde au chaud et au sec, je les lave et les dorlote. Je fais leur pansements, et ceux qui sont trop affaiblis, je les amène au Centre Pokémon.»

«Ouais d’accord. Et ta mère, elle en pense quoi?»


Silas hausse les épaules. À cet instant surgit une silhouette derrière lui, un homme de taille moyenne à l’apparence plutôt banale. Il s’agit d’un de ses professeurs, plus particulièrement son professeur de sciences, qui a saisi des bribes de leur conversation. Inquiet de ce qu’il a entendu, l’enseignant fait signe au syrien-enolian de le rejoindre, et le mène jusqu’à son bureau. L’adolescent trotte à sa suite, nullement inquiet de cette convocation. Il a plutôt l’habitude de côtoyer ses professeurs, et entretient pour celui-ci, monsieur Chabot, des rapports cordiaux. C’est justement ce qui pousse ce dernier à s’entretenir avec lui. À l’instar de bon nombre de ses professeurs, il apprécie énormément le garçon toujours poli, mature et bon élève.

«Silas, dis-moi, tu considères faire quoi de ta vie?»

Devant cette large et imposante question, le garçon écarquille les yeux, incertain de comprendre ce questionnement auquel il ne s’attendait certainement pas.

«Ton métier plus tard, je veux dire?»

«À vrai dire, je ne sais pas vraiment, monsieur. Mais j’aime beaucoup les Pokémon. Je pense… peut-être que j’aimerais bien travailler avec eux. J’aimerais faire des stages peut-être.»

«Tu es sûr? Car tu es vraiment bon élève. Ce serait bête de gâcher tes options. Tu as considéré de faire des études supérieures?»


M. Chabot n’est guère le premier, ni le dernier, à tenter de l'encourager de s’engager dans la voie des études, où il possède un talent certes. Naïf, influençable, Silas parvient à se convaincre qu’il s’agit de la seule voie envisageable pour lui et travaille plus dur pour parvenir à ses fins. Lorsque vient le temps de choisir, à la toute fin de sa scolarité, il se retrouve bien embêté, et finit par se lancer en des études en psychologie un peu par défaut, car il aimerait bien aider les autres, et pourquoi pas sa mère aussi?

page vi


C’est pendant sa licence que Silas fait la rencontre de certaines personnes significatives à sa vie. Tout d’abord, Percy O’Donnel, un étudiant en histoire, introduit par des amis communs. Si les deux jeunes hommes s’apprécient pendant ces années-là, ce n’est que plus tard que leur amitié verra véritablement le jour. Le jeune eno-syrien, s’est installé à Vanawi et jouit d’une vie loin de sa mère pour la première fois de sa vie. Il apprend, un peu plus tous les jours, et se fascine pour son sujet d’étude sans toutefois y rencontrer la même étincelle que lorsqu’il s’occupe de Pokémon. Sauf qu’il est encore trop dupe pour comprendre. C’est aussi à cette époque qu’il fait la rencontre de Marianne. Le nez penché contre un livre lourd de théories freudiennes (un sujet qui d’ailleurs ne l’intéresse pas énormément), il ne remarque pas l’attention qu’il attire au cœur de la bibliothèque de la faculté. Sous sa veste, on entend régulièrement de légers couinements aigus qui ont cessé de distraire Silas. Après tout ce temps, il a pris l’habitude de la présence du petit Nosférapti qu’il dissimule contre lui. De l’autre côté de leur table commune, il a aussi attiré l’attention de Marianne, étudiante en biologie Pokémon. Ses yeux rivés vers le jeune homme, elle attend simplement qu’il redresse la tête pour le questionner au sujet de la créature qu’il cache contre lui. Lorsqu’il relève la tête, il remarque enfin le regard de la fille contre lui et sourit de gêne.

«Comment il s’appelle?»

Silas comprend qu’elle parle de la chauve-souris. Il glisse sa main dans sa veste et en extirpe la créature qui se met aussitôt à trembler d’angoisse et de peur. Le posant contre la table, le jeune homme le caresse afin de le rassurer, mais déjà, le petit cherche à attraper ses doigts afin de remonter à sa cachette.

«Idriss. Aller, Idy, dis bonjour à la demoiselle.»

Plutôt que d’obtempérer, le Nosférapti vole jusqu’à son dresseur, sous l’œil attendri de Marianne. Silas soupire en caressant sa petite tête, se demandant si un jour son Pokémon sera moins craintif face à ce monde.

«J’essaie de couper le cordon, mais il n’est pas d’accord. Il n’est pas bien méchant juste… pas très brave.»

«Il est mignon en tout cas. Tu es dans la licence de biologie Pokémon toi aussi?»


Silas tique devant sa question, ne sachant pas que répondre pendant quelques instants alors que la réponse s’avère pourtant bien simple.

«Non. Je suis en psychologie.»

«Oh! Désolée alors, j’avais cru… Tu n’étais pas parmi les bénévoles lors de l’attaque de Sulfura?»


L’étudiant se souvient sans mal de cet événement. Des ravages orchestrés par l’oiseau de feu, libéré de sa prison de flammes et déversant sa rage contre la cité de l’est. Il en frémit encore, de tous ces corps d’humains et de Pokémon blessés. De l’espoir qu’il a ressenti en voyant Résistance et Régime travailler ensemble cette journée-là. Puis sa déception ensuite, lorsque les combats ont repris. Silas venait tout juste de s’installer à Vanawi, quelques mois avant le début de sa licence, lors de l’attaque. Il n’avait pas pu faire autrement, alors, que venir en aide, offrant du soutien aux infirmiers et aux médecins Pokémon en leur livrant un peu de son expérience. Rien ne le préparait à autant de carnage, même si dans ses années à venir en aide aux Pokémon dans les rues d’Amanil il lui était arrivé d’être chaviré à plusieurs reprises.

«Oui, j’y étais.»

«Je savais bien que je t’avais vu quelque part. Je suis Marianne au fait.»

«Silas.»


Ils se serrent la main. Dès lors, ils se tiennent ensemble de plus en plus souvent. D’abord pour étudier, puis discuter d’art, de politique, ou encore de Pokémon. Silas se découvre rapidement entiché d’elle, mais trop timide et incertain de lui, il ne saisit pas ses chances. Et elles sont nombreuses. Marianne et lui partagent beaucoup de points communs, mais surtout, elle le complète. Cette jeune femme fonceuse, au sourire contagieux, extravertie, le force à s’ouvrir un peu au monde autour de lui, mais aussi à lui-même. Elle fait résonner bien des choses qu’il n’a jamais osé confier à qui que ce soit, comme le fait qu’il aimerait bien élever des Pokémon et en faire sa passion. Il lui parle aussi de Youssra, cette grand-mère lointaine réfugiée en France depuis que la Syrie va si mal, à qui il parle encore régulièrement. Désormais seule, ayant perdu son mari d’une crise de cœur quelques années plus tôt, la dame appelle souvent son petit-fils. Puis un jour, Marianne prend d’elle-même les devants et scelle leur destin. Silas se retrouve dans sa première relation sérieuse, une expérience qui se voulait heureuse mais qui peu à peu l’enfonce ailleurs. Trop empressé, trop dédié, il se brûle à la satisfaire, s’oubliant souvent dans le processus. Ce n’est pas car elle en demande énormément, simplement il est ainsi. Elle prend beaucoup de place, et lui incapable de trouver la sienne. Les tendres baisers se mutent rapidement en silences gênés, malgré l’affection qui règne toujours entre eux. Les mois s’écoulent ainsi, jusqu’à ce que tout, absolument tout, ne vole en éclat.

page vii


Il s’éveille en crachant poussière et sang. Le monde autour de lui ne fait plus aucun sens. Le ciel a disparu, la bouteille de vin qu’il a acheté pour couronner la première de la nouvelle pièce de théâtre de sa mère a volé en éclats à ses pieds. Enseveli sous un monticule des restes agonisants d’un immeuble, il tâche de respirer, son corps pris en étau. Il entend, au loin, des cris, des sirènes et des pleurs, ou est-ce les siens? Le destin devait le placer à Amanil ce jour-là. Donner une chance à sa mère, avec qui ses relations se faisaient de plus en plus tendues, qui pour une fois a tendu la main vers lui. Pourtant, Silas savait. Que la capitale, ces derniers temps, résonne du feu de la hargne et du désespoir. Peut-être est-ce qui l’a poussé à franchir les quelques kilomètres séparant Vanawi et la grande cité de l’Ouest. Assister à la débauche, constater par lui-même ce qu’il fait de se soulever. Peut-être en a-t-il même envie, du moins tente-t-il de se convaincre. Il a surtout accepté de revenir ici pour lui faire plaisir, à elle, à Aïcha. Puis sûrement aussi pour éviter Marianne, ne serait-ce que quelques jours. Dans la pénombre, Silas ne pense plus à elles. Il pense à la vie. Alors il se bat. Malgré la terre qui tremble, le chaos dehors, le coup de l’explosion qui résonne encore dans sa tête, il se bat. Il veut survivre.

De son bras droit, seul membre encore en mesure de bouger, il repousse une part des débris. Il tousse et crache et parvient à libérer sa poitrine et sa tête assez pour lui permettre de crier. Le carnage s’impose à lui. Il n’est pas le seul à souffrir. Une femme git, à quelques pas, sous un grand pan de mur maintenant son tombeau. Silas ne veut pas finir comme elle. Alors il se bat. Ses cris résonnent au loin. Une silhouette court à sa rencontre tandis que le jeune homme pleure et hurle. La douleur rend chaque respiration difficile. Lorsqu’enfin son sauveur le rejoint, l’eno-syrien lève une main vers ce visage familier, qui provoque chez lui rires et pleurs.

«Percy… oh Percy…»

Son bras traversé d’une balle, sa manche ensanglantée, son ami l’empoigne avec force pour l’extirper du débris qui entrave son bras gauche. Libéré, Silas s’écroule contre son ami, le cœur battant. Il sait, désormais, qu’il va vivre. Il met un moment à calmer les élans de sa respiration. Dans la poitrine de Percy, le même tambourinement, celui d’un animal blessé et profondément apeuré.

«Dans quel monde vivons-nous?»

Plutôt que de pleurer, ils rient. Ils se redressent, cahin-caha, prenant appui l’un sur l’autre, voguant dans une cité en ruines à la recherche d’aide. Ils se moquent de la destruction, de ces corps sans vie, avec sarcasme, mais ils rient surtout d’eux-mêmes. Plus aisé que de s’enfoncer dans la misère qui les consume tous les deux. Ce qui se produit ensuite, Silas n’en a plus souvenir. Il ignore à quel moment il sombre dans l’inconscience. Il s’éveille quelques jours plus tard, sur un lit aseptisé. Il ne s’est jamais senti aussi lourd. À son chevet, il y a Percy, l’air grave. Cette fois, le blond ne rit plus. Le patient met un moment à réaliser où il se trouve, la tête embourbée d’un filtre opaque l’empêchant de formuler quelque pensée. Il ressent d’abord la douleur, ponctuelle parmi son corps. Il n’aura pas pu échapper à quelques côtes brisées et autres blessures mineures. De sa main gauche, il vient frotter son visage histoire de se défaire de la sensation qui l’alourdit, probablement des médicaments. Si l’objectif s’en trouve atteint, sa main ne rencontre jamais son visage. À la place de son bras gauche, il y a maintenant un moignon recouvert de bandages et du vide. Beaucoup de vide.

Percy reste auprès de Silas des heures durant. Parmi ses hurlements et sa douleur, il ne l’abandonne pas à son sort. L’ex-étudiant en psychologie ne se rendort qu’après le déversement de toute sa peine, sa rage et son dégoût, son dégoût total pour lui-même, pour ce qu’il est désormais, pour ce que ce conflit a dû lui faire subir. Dehors, tout un monde festoie la liberté nouvelle acquise et la chute du Régime, mais lui ne s’est jamais senti aussi entravé de son propre corps, et de sa nouvelle réalité.

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Pour une fois, la douleur s’est tue. Mais dans la pièce, de jeunes gens dansent. Hommes et femmes nus, leur peau striée de tatouages étranges. Parmi la pénombre, Silas les observe, fiévreux et confus, ne trouvant pas le repos auquel il aspire. Le sommeil le happe violemment, jusqu’à ce qu’il s’éveille à nouveau, le bras lancinant comme s’il s’y trouvait toujours, le laissant couvert de sueur et faible. Les jours s’écoulent ainsi, entre l’émergendémie et les souffrances occasionnées par son amputation. Les périodes d’accalmies, elles, sont ponctuées d’angoisses qui ne se taisent plus. Silas sort de l’hôpital environ dix semaines après son entrée, encore confus et malade. Devant le refus de sa mère de l’accueillir, le jeune homme passe sa convalescence chez Percy, n’étant pas toujours facile à vivre. Il aide cependant le blond avec la perte de sa mère, l’épaulant du mieux qu’il le peut avec ses maigres ressources. Du côté moral, le garçon a bien du mal à remonter la pente, même lorsque son corps va mieux et que le vaccin le guérit de ses hallucinations récurrentes. Accepter son handicap prend des années, tout comme de se remettre des événements l’y ayant mené. Il développe de nombreuses anxiétés, devient encore plus nerveux qu’avant. Et il se replie sur lui-même d’autant plus. Il ne sait plus. Sa vie n’a plus de direction lui semble-t-il. Il a terminé sa licence à la fin de l’année scolaire 2016-2017 et le voilà avec un diplôme et aucune passion.

Puis après une longue nuit à errer dans les rues de Vanawi, une décision s’impose d’elle-même. Soufflée à lui depuis toujours, pourtant refusée encore et encore par le jeune homme ayant tout fait pour plaire à tous sauf à lui-même. Le voilà pourtant seul, sa mère n’étant pas en mesure d’affronter sa nouvelle condition, tout comme Marianne qui n’a jamais trouvé les mots justes pour l’aider. Séparés depuis quelque temps, c’est pourtant à elle que Silas pense ce soir-là, à tout ce qu’elle lui aura dit pour l’encourager à poursuivre son rêve, à toutes les fois qu’il n’aura pas écouté. Le lendemain, il s’inscrit à quelques cours histoire de le préparer aux concours d’Hôte de Pension. Il se met à travailler dans les refuges et à accumuler les stages. Il étudie à son rythme, bâtissant de plus en plus son projet : celui d’avoir un jour sa propre Pension. Il accumule des sous, qui viennent grossir l’héritage laissé par son père à sa mort. Ce n’est pas une corvée pour lui, même s’il rentre tard, pris de courbatures. Il travaille aussi à un centre de réadaptation pendant un moment, où il fait la rencontre d’une Germignon hors du commun.

«On l’a trouvée sur le cadavre de son dresseur, un soldat du Régime. De par son appartenance au mouvement et l’entraînement et le conditionnement qu’elle a eu, elle a atterri ici, mais… Ce n’était pas une machine à tuer. Elle était simplement proche de son dresseur. Maintenant, elle semble se méfier des humains, elle attaque tout ce qui bouge. C’est une vraie teigne.»

«C’est normal en un sens, après avoir vu son dresseur mourir et se retrouver emprisonnée dans un lieu qu’elle ne connaît pas auprès d’inconnus dont elle ignore les intentions. Je serais agressif moi aussi, à sa place.»


L’autre employée le regarde, surprise par ses paroles, avant d’hausser les épaules et de le laisser seul devant la cage de la pauvre créature. Celle-ci le regarde, de derrière les barreaux, la haine luisant dans son regard. Silas a pour tâche de la nourrir, d’assurer la propreté de sa cage et de la nourrir, tout en lui assurant un contact humain et une disponibilité qui viserait à l’adoucir. De nombreux employés se relaient auprès d’elle, incapables de la sentir. Ils sont nombreux à la mépriser, même si ici il y a des cas bien pires. L’apprenti éleveur ne se laisse pas démonter, lui. Il aime bien les gens un peu brisés, un peu comme son Idriss. Ainsi, il la visite tous les jours. Malgré les coups qu’il reçoit et les morsures qui laissent de plus en plus de marques sur son bras, il poursuit ses soins. Lorsqu’il a terminé, il s’assoit devant la cage et entreprend de lui lire quelque chose. Un extrait de journal, un roman, un essai, un poème. Tous les jours, un sujet différent. Le processus prend des mois, mais Silas se montre patient. Et contre toute attente, la Germignon progresse. Bientôt, elle cesse de l’agresser, se contentant d’une moue méfiante. Puis elle accepte les caresses. Enfin, elle se languit de lui. Chez les autres employés, on parle d’un miracle. Désormais, le Pokémon de type plante accepte de se laisser approcher, quoi qu’elle n’apprécie pas beaucoup les autres. On lui fait faire des sorties, sous surveillance, elle réagit bien. Elle ne représente plus un danger pour la société, mais on hésite encore à la libérer. C’est là que Silas intervient. Plaidant constamment la cause de la Germignon qu’il a surnommée Sherine, il tente de les convaincre de la laisser vivre sa vie. Ils parviennent finalement à un accord. La petite serait placée sous sa tutelle en tant que dresseur officiel sous conditions bien entendu. Silas recevrait des visites des employés du centre de rééducation de la Compétition de façon régulière afin de s’assurer que la petite répondre effectivement aux critères nécessaires à une libération. De toute façon, elle n’a nulle part où aller. Et désormais, c’est le jeune homme qu’elle ne désire plus quitter, encore hantée par la mort de son ancien dresseur.

Sherine, Idriss, Suhana et lui redoublent d’efforts. Silas échoue sa première passation du concours mais revient en force et réalise enfin son rêve en février 2022. Le reste s’écrit encore. L’éleveur achète son petit lopin de terre, en périphérie de Vanawi, non loin de la région humide, et y installe sa Pension qu’il tarde à ouvrir au public. Il n’a jamais été si heureux, même si encore, de nombreux démons l’attendent, tapis parmi les ombres.
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Xerneas
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MessageSujet: Re: L'Étoile de Youssra |SILAS|   Mer 13 Déc - 17:33

Je t'ai déjà tout dit, donc on ne va pas éterniser cette validation, n'est-ce pas ?

Tu es validée ! 50 opals de départ, 2 potions et 3 pokéballs, rien de nouveau. File et vole, petit oiseau o/
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MessageSujet: Re: L'Étoile de Youssra |SILAS|   Mer 13 Déc - 19:10

Le membre 'Xerneas' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Dé shiney' :
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MessageSujet: Re: L'Étoile de Youssra |SILAS|   

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L'Étoile de Youssra |SILAS|

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