Légendes d'Enola


 

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 Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut

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Alois F. Legrand
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MessageSujet: Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut    Lun 18 Déc - 13:31

ALOIS FRANÇOIS LEGRAND
INFORMATION GÉNÉRALES

Nom : Legrand
Prénom : Alois
Surnom : Alo, Alolo, Aloidiot, Alolilol, Alomamanbobo, Alavolette, Ouji-sama
Âge : 33 ans
Date de naissance : 2 mars 1989
Genre : Masculin
Origine(s) : Française
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : juillet 2007
Métier/Occupation/Études : CAP Cuisine et Mention Complémentaire de Cuisinier en desserts de restaurant, commis puis cuisinier au « Zéphyr », restaurant parisien situé dans le 16ème arrondissement / en charge de la sécurité de la ville de Baguin aux côtés du Champion Dresseur
Lieu de résidence : Baguin
Groupe : Compétition
Sous-Groupe : Elite
Rôle : Champion Coordinateur
Pseudonyme : Mister Prince, son surnom de Champion Coordinateur

FICHE DRESSEUR
Informations
Rôle : Champion Coordinateur de Baguin
Lien vers le Sac de la version 1 : Lààà
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Non

Modifications à votre équipe
Fragilady ♀ - Eve – Tempo Perso - Prudente
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Evolution et ajout dans la team Elite à la place de Feunard
PREUVE: Achat à l'inscription d'une Pierre Soleil si possible :derp:
Démanta ♀ - Jasmine - Glissade - Modeste
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Ajout dans la team Elite à la place de Lokhlass
PREUVE: Histoire


PHYSIQUE
Couleur de peau : Beige de partout. Il avait beaucoup de mal à bronzer au début malgré son amour pour la plage, se prenant souvent de terribles coups de soleil. Mais depuis quelques années, il arrive enfin à prendre quelques couleurs et se sépare peu à peu de son apparence d'Ecrapince.
Description des cheveux : Blond. Ou jaune, c'est comme vous voulez. Des cheveux lisses et soyeux, bien coiffés la plupart du temps. Seule caractéristique : quelques mèches qui lui cachent son œil droit.
Description des yeux : Il possède des yeux bleu azur, qui ornent toutefois un regard un peu tombant, flegmatique et pas tant expressif que ça
Taille : 1m80
Poids : 80 kilos
Description de la silhouette : Il était bien plus athlétique et sportif il y a cinq ans, mais il s'est progressivement relâché. Faisant toujours attention à sa santé et très exigeant sur la nourriture, il mange sainement et ne veut consommer que des produits frais. Cependant, cela ne l'empêche pas d'avoir reçu durant ces dernières années quelques poignées d'amour, à son grand dam.

Problèmes de santé physique : Pas qu'il sache
Particularités autres : Un bouc foncé qu'il a gardé malgré les années. Théoriquement, cela fait de lui un 'faux blond' mais il déteste ce terme.

CARACTÈRE
Personnalité : Attentif – Accueillant – Adroit – Affectueux – Plutôt doux – Aimant – Altruiste – Amical – Détendu – Désinvolte – Arrogant dans certaines de ses capacités – Attentionné – Bienveillant – Blasé – Borné – Boudeur – Cachottier - Cafardeux – Calme – Capricieux – Carriériste - Chaleureux – (Mauvais) Comique – Compétiteur – Compréhensif – Confiant – Consciencieux – Contemplatif – Coopératif – Coquet – Courtois – Critique – Curieux – Débrouillard – (Trop) Dépendant – Désintéressé – Discipliné – Enervant – Enigmatique – Effacé de plus en plus – Enthousiaste – Enjôleur – Excentrique – Excessif – Explorateur – Fêtard – Flemmard – Ferme avec ses enfants – Fidèle à ses principes – Flatteur quand ça l'arrange – Flexible – Geignard – Gourmand – Hésitant – Habile de ses mains – Honnête avec les personnes qu'il affectionne – Hypocrite – Immature – Impliqué – Impudent quand il est poussé à bout – Inquiet – Intuitif – Introverti – Jaloux – Joueur – Lâche quand ça le concerne – Lunatique – Malicieux – Méfiant – Mélomane – Menteur – Méticuleux – Mou – N'aime pas être seul – Nonchalant – Observateur – Ouvert d'esprit – Pacifique – Paisible – Aime faire le paresseux – Se montre toutefois très travailleur dans ce qu'il aime – Passionné – Patient – Pédant - Perspicace – Peureux – Ponctuel – Possessif – Protecteur – Puéril – Réaliste – Réservé sur ses véritables sentiments – Rabat-joie – Rancunier – Revanchard – Sarcastique - Sensible – Sentimental – Serein – Serviable – Soigné – Souriant – Suiveur – Taquin – Tatillon avec la cuisine - Timide sur les choses nouvelles – Tolérant – Versatile - Volontaire
Goûts/Dégoûts : Ce chieur aime : Cuisiner – Découvrir de nouvelles choses – Voyager – Les langues d'origines latines – Faire de la musique – Danser – Chanter – Passer du temps avec sa famille et ses amis – Les longues balades sur la plage – Les croisières en bateau – L'Histoire – Le fromage et le vin (#sofrench) – L'odeur du pain chaud - La Coordination (duh) – Les jeux – La compétition – Faire et manger des desserts – Enseigner – Sortir le soir – Les périodes festives – Se donner en spectacle quand c'est nécessaire – Assumer ses responsabilités – Aider les autres – La poésie et la littérature en général – La simplicité autant que l'excentricité – Tout ce qui est très coloré et brillant – Les températures extrêmes – Les paysages à couper le souffle – Faire le gamin quand on l'y invite – Trouver de nouveaux moyens de s'améliorer – Se sentir utile ou important – Amener de l'ambiance – Rencontrer de nouveaux coordinateurs – Se moquer de la télé-réalité et des films nuls – Troller ses admirateurs sur les réseaux sociaux quand il est d'humeur – Répondre quand même à leurs courriers – Faire des blagues pas drôles – S'occuper des Pokémons – Les produits frais et bio – Les costumes en tous genres – Les vêtements confortables – Regarder le mauvais temps depuis sa fenêtre – Prendre des risques pour se sentir vivant

Bon, en revanche il aime pô : Être serré dans une foule – Les banques – L'impolitesse – La rudesse – Les fast-food – Les commerçants et cuisiniers qui mentent sur l'origine de leurs produits – Les vegans insistants et agressifs – Les bourges qui se plaignent de détails quand on leur sert quelque chose – Les ravages désastreux que provoquent la célébrité – Le monde du luxe – Ceux qui rient méchamment de l'apparence des autres – Les traits distinctifs de la vieillesse – L'abandon – La tromperie – La Saint-Valentin – La méchanceté gratuite – Rater un de ses plats – Perdre des choses – Les pannes de véhicule – Les piétons qui traversent quand ils n'y sont pas autorisés – Les conducteurs qui font pareil – La nourriture sans goût – L'intolérance – Les produits périmés – Les aliments chimiques – La perversion narcissique – Les lourds qui ne savent pas accepter un refus – La violence – Les mathématiques – Le stress – Les gens pressés – La nourriture déjà préparée et surgelée – Les restaurants qui abusent sur leurs prix – L'anglais et le chinois (mais se soigne) – Les crocs – Les pattes d'eph en vêtement du quotidien – Les salopettes – Tomber malade – Ne pas savoir ce qu'il ressent – La solitude – Les personnes hautaines qui se croient au-dessus de tout le monde
Objectifs et aspirations : Peu d'objectifs, en soit. Il aimerait bien que ses enfants grandissent sereinement et qu'ils puissent subvenir à leurs besoins quand il ne sera plus en mesure de prendre soin d'eux. Il leur souhaite, aux jumeaux et à ses proches, tout le bonheur possible. Sinon il mène déjà une vie dont il n'a pas trop à se plaindre pour le moment, alors il ignore bien ce qu'il pourrait souhaiter de plus. Sans doute continuer les Concours jusqu'à ce qu'on décide qu'il est temps pour lui d'arrêter. Mais depuis tout petit, il rêve d'ouvrir son propre restaurant. Il s'est promis de finalement se lancer dans cette idée lorsqu'il se sentira prêt. Dans quelques temps, peut-être, si Arceus le veut.
Peur(s) : Des peurs, évidemment qu'il en a, même s'il pourrait vous dire le contraire. Il a peur de ne pas réussir à élever correctement ses enfants. Il a peur aussi de devenir un mauvais dresseur, ou même un mauvais Champion Coordinateur. Mais plus égoïstement, l'une de ses plus grandes craintes est la perte de ses sens. En sachant très bien qu'on peut vivre avec ce genre de handicap, cela ne l'empêche pas d'angoisser à l'idée de voir sa vue, son ouïe, son odorat, ou pire, le goût, disparaître totalement. Seule sa voix ne lui est pas indispensable. Pour tout ça, il redoute la vieillesse et ce qu'elle va provoquer chez lui. La possibilité d'être paralysé des mains lui cause aussi une frayeur monstre. Il essaye toutefois de ne pas y penser. La solitude, également, il la redoute avec effroi. Se retrouver seul, sans famille, ami, ou même avec un point d'ancrage, lui est insupportable. Sinon, il n'est pas trop trop à l'aise en altitude, mais l'avion ne le dérange nullement.

ALIGNEMENT
Votre personnage a-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-il de cette époque ? : Il en a même fait parti, du Régime. Pendant une période pas si longue, mais cela lui a suffit. Et pour être honnête, ce n'était peut-être pas si pire que ce qu'il a déjà pu vivre, de son point de vue. Si on écarte le Régime, il n'a tant de mauvais souvenirs que ça, en comptant les rencontres qu'il a pu faire et la vie qu'il a mené. Neutre à ce moment-là, il se contentait de s'occuper de ses affaires en observant le confit de loin, ne supportait aucun des partis. Ce n'est pas pour ça qu'il a aimé le conflit qui a régné sur l'île, toutefois, et il ne désire plus que maintenant à une ère de paix, même si cela lui semble encore trop utopiste pour le moment.
Que pense-t-il/elle de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : Les choses auraient pu difficilement être pires que ce qui s'est déjà produit, alors les choses lui vont très bien comme elles ont évolué, à condition qu'il n'y ait pas une nouvelle querelle qui pourrait détruire Enola et ses habitants une énième fois.
Que pense-t-il/elle de la légende de Regigigas ? : Cela le fait rire. Il n'y croit pas du tout, mais ne se moque pas non plus de ceux qui y croient, comme sa fille adore cette légende. En revanche, il n'approuverait pas bêtement les propos de quelconques monarchistes ou prétendus élus de cette prophétie. Il trouve ces dernières assez débiles de manière générale.

Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : Elixir le rend mal à l'aise. Non seulement à cause du côté scientifique qu'il ne s'est jamais donné la peine de comprendre, mais aussi de peur que ce groupe nouveau ne vienne prendre une place trop importante comme le Régime en a occupé une quelques années auparavant. Depuis la foudre qu'a lancé Olga, la dirigeante d'Elixir, il s'en méfie grandement. Cependant, ils ont Julianne avec eux, et son avis en deviendrait alors presque mitigé, de temps à autres. (à changer???)
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : Il ne réfléchit pas tellement à la question, les suivant plus par défaut d'autre chose, en réalité. Comme c'est la Compétition qui le paye, il suit leurs idées, puisqu'elles ne vont pas non plus contre ses principes. Il se dit que peut-être la Compétition est la solution à leurs problèmes. De plus, on l'a mis à la tête de la milice de Baguin aux côtés du Champion Dresseur, alors il ne va pas aller se plaindre particulièrement si cela lui permet d'aider sa ville à sa manière.
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Il peut comprendre leurs idées, à vrai dire. Il n'irait pas jusqu'à les soutenir, du moins pour le moment, mais il n'est pas foncièrement contre eux. Il leur trouve au contraire un certain courage de fonder leurs propres mouvements alors que deux gros groupes se disputent déjà au sein d'une tension électrique palpable qui menace d'exploser à chaque instant. Tant qu'ils ne font de mal à personne, il ne va pas les détester ou avoir quelconques préjugés. Ce n'est pas son genre de faire des amalgames, de toute façon, mais il pourrait éprouver de la réticence s'il voit que leurs actions amènent des désagréments à des innocents.

Alignement/Allégeance ? : Il aurait pu être Neutre, mais il fait confiance à la Compétition et adhère à leur position importante. Alors pour lui, Compétition ce sera !
ET VOUS?
PUF/Surnom : Chocolat
Âge : 2 décennies
Disponibilité : Surtout là les WE on va pas se mentir
Comment avez-vous connu le forum ? : Devine :v
Suggestions ? : Mettre des paillettes partout
Personnage sur l'avatar : Sanji [One Piece]
Code : Le kod a aité anglouty par Cobouze
Autre:


Dernière édition par Alois F. Legrand le Lun 18 Déc - 17:13, édité 2 fois
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Alois F. Legrand
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MessageSujet: Re: Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut    Lun 18 Déc - 13:32

CHRONOLOGIE
Je suis né le soir du 2 mars 1989, mais je serais incapable de vous dire où. À Paris, j'crois. Ou sur le bateau. Pas comme si j'en avais beaucoup de souvenirs. Pas non plus comme si c'était important. Mais voilà, au moins vous aurez une idée de mon âge. Mes parents ? Benard Legrand et Sophie Darbois. Le premier était le cuisinier en chef du paquebot sur lequel nous vivions. La seconde était une maîtresse d'école reconvertie dans la musique. Elle avait une très jolie voix, d'ailleurs. C'est elle qui animait les dîners en chantant par dessus son piano. Il m'arrivait parfois de l'accompagner lorsque les demandes se faisaient insistantes. Moi je m'en fichais, j'étais heureux de chanter avec ma mère. C'est cependant le métier de mon père qui m'intéressa le plus. Puisque nous ne touchions presque jamais terre, je suivais des cours par correspondance sous la supervision de ma mère et, régulièrement, d'un inspecteur qui prenait le temps de vérifier si mes leçons étaient correctes. Je n'allais pas à l'école et donc ne rencontrais des enfants de mon âge que lorsque les passagers du bateau en amenait, mais ça ne me manquait pas. J'avais bien assez à faire sur le bateau, à commencer par mon apprentissage de la cuisine dès que je fus en âge. Plutôt assidu, j'écoutais avec attention les conseils que l'on me donnait et lisais en parallèle des ouvrages sur des thèmes variés pour me cultiver davantage. L'Histoire et le Français étaient d'ailleurs mes matières favorites. Même si je devais éloigner mes livres de Judith pour qu'elle ne gribouille pas dessu-... Ah, ouais. J'ai oublié de vous parler de Judith. C'est ma petite sœur, de six ans ma cadette. J'ai mis du temps à vraiment l'apprécier, pour tout vous dire. De mon point de vue à cet âge, elle était surtout embêtante, à crier tout le temps, et surtout à accaparer l'attention de mes parents. Mais lorsqu'elle a atteint l'âge de parler et surtout de me suivre partout, j'ai fini par devenir de plus en plus faible et je me suis laissé tenter par ce rôle de grand frère que je refusais jusqu'alors d'assumer. Mais il était difficile de gérer mes devoirs et en même temps de surveiller cette petite pile électrique qu'elle devenait en grandissant. Nous avons voyagé dans beaucoup d'endroits, sur ce bateau. Je n'ai pas à me plaindre de l'enfance que j'y ai vécu, car elle fut heureuse dans sa globalité. J'ai même pu faire la connaissance d'un coordinateur japonais de renom qui m'a fait découvrir quelques aperçus de ce qu'était la coordination. Mais je ne m'y intéressais pas du tout jusqu'alors. C'est surtout à Judith, que cela a plu. Elle rêva, depuis notre rencontre avec cet artiste, de devenir une grande coordinatrice. J'y ai aussi fait la connaissance de celle qui devint ma toute première partenaire Pokémon : une Evoli que ma sœur et moi baptisâmes Ange. Suivra plus tard également notre rencontre avec une Lokhlass sauvage, que ma sœur avait décidé d'appeler Ariel, qui suivait la route de notre paquebot. Mais lorsque j'eus une dizaine d'années, nos parents nous annoncèrent qu'ils souhaitaient définitivement quitter notre vie de marins pour que nous nous installions en France. Je n'étais pas contre cette idée, ma foi ; cela nous changerait un peu, et je rêvais de visiter la capitale depuis toujours, à vrai dire.

Mais bon, apparemment, fallait pas trop en demander à Arceus non plus. Ma vie bascula une première fois lorsque j'eus douze ans. Septembre 2001, un groupe de Léviators sauvages et enragés s'en pris au Campania et détruisit le bateau. Lorsqu'on me força à aller sur un des canots de sauvetage pour rester avec ma famille, je m'y refusais, voulant à tous prix sauver Ange, restée dans ma cabine. Je l'ignorerai toujours, mais mon père, partit me rattraper pour que je ne risque pas ma vie, mourut lorsque le paquebot commença à se fracasser. De justesse, j'arrivais quand même à sauver mon Evoli ; toutefois, en revenant vers le pont, tous les bateaux avaient disparus. Je ne sais pas pourquoi, mais par réflexe, alors que je voyais qu'un des Léviators allait s'en prendre à moi, j'ai sauté dans l'eau glacée. Ce fut le noir à partir de ce moment-là.
En me réveillant un peu plus tard, néanmoins, je constatais que j'étais vivant, et Ange avec. Nous étions séparés de ma famille, mais en vie ; et cela, nous le devions à l'apparition d'une Lokhlass que je connaissais bien, Ariel, venue nous délivrer d'une noyade certaine. Sur son dos, après la tempête, je pleura fort. Je pleura longtemps. Je ne savais pas si j'allai revoir ma famille. Je ne savais pas si j'allai réussir à survivre seul. Je n'étais encore qu'un enfant. Mon moral ne tint que par l'affection de Ange et d'Ariel qui faisaient toujours de leur mieux pour ne pas que je sombre. Les eaux noires et salées étaient pourtant si tentantes, parfois, quand j'avais l'impression d'entendre mes parents me demander de les rejoindre dans les profondeurs de la mer...

Mais jamais le pas ne fut franchit au final. En nous nourrissant de poissons et en suivant le chemin que dessinaient des Prismillons dans le ciel, Ariel nous fit traverser l'océan jusqu'à atteindre les premières terres que je vis depuis longtemps : la Bretagne. N'ayant pas de Poké Balls sur moi, elle ne put continuer le voyage avec nous, mais on se promettait de se revoir. Là-dessus, qu'est-ce qu'un enfant normal aurait fait ? Ça aussi, je l'ignore. Mais pour survivre, moi, je volais. Oh oui, je sais, je n'étais pas un gamin parfait, 'précoce' ou super intelligent et mature qui savait construire un radeau avec des bouts de bois et un peu de ficelle. Voler, c'était mal. On me l'avait appris, pourtant. Mais l'instinct de survie prima, et je ne le faisais pas que pour moi : je le faisais surtout pour mon amie à quatre pattes. Alors ainsi, dès qu'un des marchés de Brest ouvrait, je dérobais quelques aliments, parfois un cageot entier, quand je le pouvais, et dormais sur la plage de temps en temps. Il m'arrivait également de faire du troc avec d'autres enfants comme moi, qui étaient à la rue. Quand j'en ai eu marre de voler et que la conscience commençait à me peser, je m'essaya à autre chose : la coordination de rue. Comme de grands coordinateurs que je connaissais, le talent en moins, je me mis à exécuter quelques tours avec Ange, sans trop savoir ce que je faisais, essayant d'imiter les spécialistes que j'avais pu croiser. Sans m'en rendre compte, cela me plaisait d'ailleurs bien plus que ce que j'aurais pensé, bien plus que ce que j'aurais pu m'avouer. Plusieurs touristes voulaient m'échanger l'Evoli contre de l'argent, d'ailleurs : mais puisque cette dernière ne voulait pas me quitter, j'ai toujours refusé. En économisant quelques piécettes gagnées de cette façon me permirent de payer quelqu'un pour m'emmener jusqu'à la ville lumière : Paris. J'aurais pu aller dans un orphelinat, mais j'avais peur. Peur de ce que cela pourrait dire. Car je ne voulais pas être orphelin. Je voulais toujours me dire que mes parents et ma sœur reviendraient un jour pour me chercher et que nous serions de nouveau ensemble. Pour cela, puisque nous voulions emménager à Paris, voilà la raison de ma destination. Malgré la population importante de la métropole, j'espérais les y retrouver.

Mais bon, vous savez bien ce qui arrive quand vous rêvez d'aller à Paris et que vous y êtes enfin : vous êtes déçu. Alors évidemment, comme tous ces touristes qui débarquent chaque année, je l'ai été aussi. Je ne m'attendais plus à grand chose, toutefois. Mon seul but était de revoir mes proches. Je les ai donc cherchés. Oui, c'était naïf. Mais j'avais douze ans, treize dans quelques mois, et à cet âge-là, on est naïf. Surtout que j'étais pas beau à voir : mes vêtements étaient délavés, sales, et je n'étais pas mieux. Je n'avais pas pris de douche depuis des jours, évidemment, et mon apparence fatiguée et mal nourrie faisait peur aux gens. Je me cachais donc le plus possible ; je ne voulais pas qu'ils appellent des genres de policiers pour m'emmener. C'était très stupide, mais je voulais être seul. Je ne voulais pas qu'on me place dans une famille d'accueil, je ne voulais pas qu'on me retire Ange si on trouvait chez elle des maladies, et je n'y connaissais rien dans tout ce qui était les personnalités du type 'gendarmes'. Pour tout avouer, ils me faisaient peur. Alors je suis restée dans mon coin. Voler était devenu plus difficile. N'ayant nulle part où aller, je me suis allé diriger vers le seul endroit que je reconnaissais dans cette ville inconnue : les restaurants. Je m'attardais sur l'un des meilleurs d'entre tous : le Zéphyr. Au début, je me nourrissais de la nourriture laissée dans les assiettes et jetée à la poubelle. Moi qui avais toujours détesté le gâchis, il me sauva pourtant la vie. Durant deux jours je mangeais ainsi. Entre ma propre odeur pestilentielle et celle des ordures, je ne faisais plus la différence. Le plus gros problème était que je tombais malade, néanmoins je n'avais rien pour me soigner. C'est Ange qui dut m'aider à arracher dans les pharmacies les médicaments dont j'avais besoin. Jamais je n'avais eu autant honte de mon comportement. Mais je pus, enfin, saisir ma chance et profitais d'un moment où le commis au cuisine sortait les déchets pour me faufiler à l'intérieur des cuisines de ce restaurant de luxe avec Ange dans mes bras, attiré par les délicieuses odeurs qui en émanaient. Bien évidemment, moi et la discrétion... Je fus assez vite remarqué. De peur que l'on me jette dehors, je me suis accroché à la poignée de la porte du réfrigérateur. Puis... J'crois que j'ai paniqué, aussi. J'ai commencé à crier lorsque des cuisiniers sont venus s'inquiéter de ma présence et me prendre par les épaules. Je ne voulais pas qu'ils me jettent dehors. Je refusais également de leur dire mon nom, et de répondre à leurs questions. Je me souviens m'être immobilisé lorsqu'ils m'ont demandé où étaient mes parents. Puis je crois que j'ai pleuré. Encore.

C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'une nouvelle page s'ouvrit pour moi. Au même moment, Zéphyr, le patron du restaurant, un grand chef cuisinier, entra dans les cuisines, alerté par l'agitation, et plutôt le manque d'agitation aux fourneaux. Il avait la quarantaine, des cheveux blonds, de longues moustaches tressées de la même couleur, et une grande toque. Sa vie changea en même temps que la mienne quand il croisa mon regard. Rougi par les larmes, il me racontera plus tard y avoir trouvé une forme de supplique et de désespoir. Le chef cuisinier finit alors par congédier ses employés et resta seul avec moi. Lui aussi me demanda où était ma famille, mais je ne lui répondis pas. À la place, je fus preuve de spontanéité et l'implora de rester ici, de vivre dans ces cuisines et de me laisser y travailler si je pouvais servir à quelque chose. Il insista davantage pour connaître mes origines, mais dut abandonner au bout d'un moment en voyant que je n'allai pas lui répondre et que je ne faisais que répéter ma demande, ne donnant que mon prénom. Il réfléchit alors et je pus finalement héberger dans l'une des pièces qui servait autrefois de réserve, à condition que je ne dévalise rien. Je ne désirais rien de plus, mais l'adulte m'apporta de lui-même un matelas et des couvertures pour que je puisse dormir. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi gentil avec un intrus comme moi, mais j'étais touché malgré tout de ces quelques gestes. Car ils ne s'arrêtèrent pas là : le lendemain matin, je découvrais un petit-déjeuner qui avait été déposé dans ma modeste chambre temporaire. Je ne sais plus combien de temps je suis resté à dormir dans ces cuisines, me familiarisant même avec mes voisins, une petite famille de Rattatas. Mais chaque matin et chaque soir, on me donnait un délicieux repas que je partageais avec mon Evoli. Je les trouvais tellement bons que je voulais en apprendre davantage. Je me faufilais alors à travers les cuisines pour regarder ces hommes et femmes qui préparer minutieusement les commandes. Tel un stagiaire, je leur posais des questions, j'essayais de faire comme eux. Je voulais toutefois me comparer au meilleur et alla donc à la rencontre de Zéphyr. J'avais appris que c'était lui qui s'occupait de me nourrir, et j'étais donc curieux de connaître sa façon de travailler. Jour après jour, je tentais de l'imiter, sans succès, en me concentrant sur le goût de ses plats. Il refusait de me donner sa recette et de me donner le moindre conseil pour l'instant. Pour rire et se moquer gentiment, il disait que si j'arrivais à reproduire une de ses fameuses sauces sans aide, il me prendrait comme apprenti. Je pris ce défi au pied de la lettre et commença donc à m'entraîner dans mon coin, parfois en faisant des nuits blanches dans les cuisines du restaurants. J'avais le droit de les utiliser quand il n'y avait personne et que je nettoyais tout après mon passage. En parallèle, j'apprenais à mieux connaître les employés de Zéphyr, qui me parlaient d'eux et de leur chef. J'aménageais peu à peu mon petit espace quand on me donnait des objets inutilisés, des livres de toutes sortes ou des vêtements neufs. Je pouvais également enfin me laver après la fermeture du restaurant en utilisant le lavabo des toilettes et des produits qu'on avait mis à ma disposition.

Moins fréquemment, des fois, Ange me montrait de nouvelles capacités qu'elle avait apprise. Cela me rappelait les improvisations de Concours que je faisais dans la rue. Je ne savais pas alors pourquoi cela semblait me manquer, alors que la cuisine a toujours été tout ce qui comptait pour moi. Sans doute que ça me rappelait ma petite sœur. En repensant à elle, je me rendais compte à quel point je l'aimais, à quel point je regrettais nos jeux et notre complicité. Je me remettais à pleurer silencieusement en me souvenant des moments chaleureux passés avec ma famille, mais me forçait à rester fort en me disant que j'allai les revoir. Je voulais naïvement y croire. Mais j'y pensais quand même tellement fort que cela a fini par se remarquer et, un soir, Zéphyr resta en dernier pour s'occuper de documents administratifs et en profita pour venir me voir et constater mes progrès. C'est à ce moment-là que je m'ouvris enfin à lui et que je pris mon courage à deux mains pour essayer de lui expliquer mon histoire, avec un peu de maladresse. Il m'écouta sans m'interrompre quand je parlais, me posant des questions quand je m'autorisais des pauses. Ensuite, quand j'eus terminé, il se contenta de hocher la tête avec un « je vois », et partit en me souhaitant bonne nuit. Quant à moi je continuais de travailler ma technique en cuisine me rapprochant de la sienne progressivement sans m'en rendre compte moi-même. Cela avait duré un mois comme ça. Puis un jour, alors que je me promenais sur les quais, je retrouvais par hasard, avec beaucoup de chance, ma petite sœur, accompagnée d'un Goupix à la couleur inhabituelle et d'un jeune garçon, Alain, qui avait à peu près mon âge. Ce dernier s'était échappé de l'orphelinat avec Judith dans lequel elle avait été placée, sans doute après le naufrage, du coup. J'avais espéré que mes parents seraient avec elle, mais « des adultes lui ont dit que son papa et sa maman ne pourraient plus venir la chercher mais qu'ils étaient dans son cœur, maintenant ». Bien sûr, à son jeune âge, elle n'avait pas du tout conscience de ce que cela voulait dire, mais je compris. Nos parents ne seraient plus jamais là. Mais je l'avais retrouvé elle, et c'était tout ce qui comptait. C'était bien la première fois que j'étais aussi heureux de la revoir et de la serrer dans mes bras, croyant l'avoir perdu elle aussi.
Je ne faisais pas attention à la présence de Alain jusqu'à ce qu'il insiste auprès de Judith pour qu'elle lui donne son Goupix chromatique. Mais elle refusait bien évidemment de se séparer de sa nouvelle amie. C'est alors au terme d'un combat contre le jeune garçon que Ange évolua finalement en Nymphali et cela me permit de gagner. Alain nous laissa donc tranquille et partit de son côté. Il m'avait demandé avant ça si j'étais intéressé par les Concours. Encore aujourd'hui j'ignore pourquoi il m'en a parlé ce jour-là. Mais l'essentiel était que j'avais retrouvé ma sœur. Je l'ai donc prise avec moi en compagnie de Aurore, sa Goupix, et je les ai ramené au restaurant ce soir-là. Cela a été une surprise quand j'ai dû l'annoncer à Zéphyr. Je pensais qu'il allait nous jeter définitivement, mais au contraire, il a fait quelque chose à laquelle je ne m'étais pas attendu : il a proposé de nous adopter, si nous le voulions bien. Ma cadette ne comprenait pas bien, parlant de nos parents, et de ce qu'on lui avait dit. Le chef cuisinier s'en doutait cependant et y avait justement longuement réfléchi. Pour nous ma sœur comme pour moi, puisque j'étais le plus grand, j'ai accepté. Judith, toujours à me coller depuis nos retrouvailles, n'a pas protesté et a voulu suivre ma décision. Elle ne voulait plus jamais me quitter, et c'était réciproque.

Depuis ce jour, nous habitions donc chez Zéphyr. Cela nous faisait un peu étrange car il avait un grand appartement, mais nous ne manquions littéralement de rien, et il était très gentil avec nous, acceptant même rapidement ma sœur. Cette dernière avait un peu plus de mal car elle pensait toujours à papa et à maman, mais elle se fit vite à notre nouveau tuteur. Je répétais toutefois, jusqu'à ce qu'elle soit en âge de comprendre, que nos parents ne pouvaient plus s'occuper de nous. Il n'était pas officiellement notre père adoptif pour le moment, la procédure prenant au moins une bonne année, mais personne ne pouvait l'empêcher de s'occuper de nous. Et il le faisait très bien. Même pour les Pokémons, il ne disait rien. Rapidement, il nous inscrivit dans un centre, une sorte d'école pour les enfants qui n'ont pas encore de « parent officiel ». Nous devions rattraper notre retard, après tout. Judith, particulièrement, avait beaucoup de mal à apprendre à lire, au début. Et j'avais quand à moi oublié également quelques matières. Des instituteurs spécialisés s'occupèrent cependant de nos cas respectifs et nous avons pu récupérer le manque de connaissances requis pour nos âges. Régulièrement, un inspecteur venait pour prendre des nouvelles et évaluer la situation. Une fois que Zéphyr fut officiellement notre père adoptif, on nous plaça dans des écoles publiques. Il était parfois difficile de dire à Judith qu'elle ne pourrait plus revoir nos parents, mais on essayait de la calmer comme on pouvait. Faut dire que Zéph' savait y faire, avec son air un peu de papa ours. Grognon quand il voulait, mais au fond, une très bonne pâte. Alors je sais pas si on peut dire que tout allait pour le mieux mais... C'était pas loin, on avait eu de la chance sur ce coup-là. Quant à moi, après un an, j'ai enfin réussi le défi imposé : j'ai reproduit cette maudite sauce, et Zéphyr a bien voulu me prendre en apprenti quand j'ai eu l'âge de faire un CAP. J'étais heureux mais surtout très fière d'être remarqué. Bon, j'ai surtout dû faire de la plonge et sortir les poubelles, mais j'étais content malgré tout.

C'est dans cette période que, un soir, alors que je me baladais sur le pont Alexandre III, je rencontra une fille d'à peu près mon âge, penchée sur le bord. De peur qu'elle ne tombe, je m'étais précipité vers elle pour la retenir au dernier moment. C'est ainsi que je fis la connaissance de Rose. Je n'ai pas passé beaucoup de temps avec elle ce soir-là. Je l'ai juste raccompagné chez elle. Mais l'année suivante, elle était engagée comme serveuse dans le restaurant de Zéphyr. Je l'ignorais, mais ce hasard, elle l'avait précipité volontairement pour me retrouver. C'est quelques jours avant nos retrouvailles, d'ailleurs, que je rencontra aussi Brôme, un garçon de mon âge, fils de la barmaid. Il ne suivait pas le même parcours que moi mais venait souvent au restaurant pour aller voir sa mère après les cours depuis que ses parents l'y avaient autorisé. Avec Rose, ils furent mes premiers amis humains. Nous avons vécus beaucoup de choses ensemble. De nature renfermé au début, ils m'aidèrent à m'ouvrir petit à petit. Je vous passe quelques détails inutiles de mon adolescence, je n'ai pas grand chose d'intéressant à raconter là-dessus. Mais à force de côtoyer Rose, je développa des sentiments pour elle qui se révélèrent réciproques, et on finit par sortir ensemble quand j'avais pas loin de dix-sept ans. Mais à force de m'améliorer en cuisine, je montais dans la hiérarchie, et j'aurais dû en être satisfait. Quelque me chiffonnait pourtant, sans que je n'arrive à mettre le doigt dessus. Ou du moins, je refusais de l'admettre. La Coordination, que je pensais n'être qu'un loisir pour moi, devint bien plus importante que ce que je ne pensais. J'y avais développé un intérêt particulier, mais j'avais toujours refusé de croire que je pourrais y faire carrière dans ce domaine, persuadé que la cuisine était ce qui me correspondait le mieux. Je ne faisais qu'aider ma sœur, qui elle, était vraiment une passionnée. C'est d'ailleurs par son biais que j'ai connu le nom de « Maxwell Young », un coordinateur qui commençait à faire parler de lui sur une des chaînes étrangères, mais que la plus jeune adorait. Mais plus des Concours passaient à la télévision, moins je pouvais m'en détacher, et moins je pouvais faire taire cette envie au fond de moi d'en essayer un, moi aussi. Je me l'interdisais avec difficulté, toutefois, ne voulant pas me rendre ridicule. Ce désir intarissable néanmoins se voyait bien plus que je ne pensais, et tour à tour, Zéphyr, Judith, Rose et Brôme me poussèrent à au moins essayer. Alors quand j'eus seize ans, je participa pour la première fois à un Concours avec ma Nymphali.

Et j'ai adoré ça. Je l'ai perdu, mais j'ai adoré ça. Très nerveux au début, je ne savais pas trop ce que je faisais, peu sûr de moi. Mais progressivement, je fus de plus en plus à l'aise et je lançais à Ange mes directives, comme si je l'avais toujours fait, enchaînant les combinaisons. Dans le jury, je reconnaissais même des célébrités, dont Ryoko Tajiri, un Champion Coordinateur qui avait fait carrière au Japon et sur une autre île tropicale, Enola, mais j'ignorais bien ce nom à ce moment-là. Enhardi par cette expérience, j'ai voulu recommencer ; et c'est ce que j'ai fait. Encore et encore, jusqu'à ce que je gagne mon tout premier ruban aux couleurs de la France. J'en étais extrêmement fier, et l'excitation qui me parcourait à cet instant, je ne pouvais plus faire comme si elle n'avait jamais existé. Je devais vivre avec. Je voulais vivre avec. Alors en parallèle de mon diplôme, je voulais continuer les Concours et commença dès lors à me renseigner avec ma sœur qui voulait que je lui rapporte chaque nouvelle information que je pouvais trouver. Je fus animé d'une flamme nouvelle dont je ne connaissais pas l'existence mais qui faisait partie intégrante de moi. J'ai eu la chance également de pouvoir me mesurer à d'autres Coordinateurs, de mon pays et d'ailleurs. Lorsqu'il y avait des conférences ou des salons organisés à l'étranger et que Zéphyr y était invité, il pouvait m'emmener avec lui et je tentais alors ma chance pour découvrir autre chose, assimiler tout ce qui m'échappait. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas autant amusé dans un domaine, et c'est même avec moins de regret que ce que j'aurais cru que je commençais à lentement considérer de me tourner davantage vers la Coordination. De plus, Cette période, où je pensais avoir trouvé un bonheur durable, prit fin deux ans plus tard, quand j'eus atteint dix-huit ans.

D'abord, il y eut quelques complications dans ma relation avec Rose. On ne s'entendait plus, on n'était pas d'accord, on se disputait, bref... Je l'aimais toujours énormément, mais elle finit par me quitter, et partit avec Brôme, mon meilleur ami. Là encore, les détails ne sont pas intéressants, je vous assure. Peut-être en reparlerai-je un autre jour. Cette rupture et ce qui en suivit entraîna chez moi une profonde tristesse. J'avais mal. Très mal. Je perdais celle que j'aime et celui que j'avais fini par considérer comme un frère. Mais ce n'était pas tout. On diagnostiqua chez Judith un anévrisme congénital. Au plus mal, je n'avais plus goût à rien, et ça a fini par se remarquer. C'est à ce moment-là que Zéphyr me parla de l'île d'Enola. De nom cela me disait vaguement quelque chose, mais je ne me souvenais plus d'où ça venait. Il me disait que ma place pouvait se trouver là-bas, que changer d'air me ferait du bien. Il pensait que la célèbre Compétition qui se déroulait sur cette île pouvait m'apporter quelque chose. Mais il s'inquiétait surtout pour ma sœur. La science d'Enola, disait-on, était assez avancée. Il y avait bien plus de chance qu'elle survive. Alors, j'ai fait nos bagages, et j'y suis allé avec ma sœur, mais en gardant malheureusement avec moi tous mes souvenirs de France, même les plus désagréables.
Le 7 juin 2007, ce fut mon arrivée sur Enola. Bien des choses me manquaient de France, mais je ne fus pas déçu de mon emménagement. Avec mes économies, je trouva un appartement à Amanil où nous nous sommes installés. Et en effet, je ne fus pas déçu : une opération put être possible pour Judith afin qu'elle ne succombe pas à sa maladie. Je fus soulagé que ma petite sœur puisse s'en sortir indemne, même si des visites chez le médecin devaient être régulières. Je devins malheureusement, suite à ça, de plus en plus possessif et protecteur. À douze ans, elle n'avait clairement pas besoin de ça. Mes peurs, toutefois, rendaient transparent son désir de liberté qu'elle n'hésitait pourtant pas à exprimer pour me faire passer un message. Bientôt, toutefois, elle se remis à se concentrer sur son rêve d'être Championne Coordinatrice, et nous avons pu mutuellement nous épauler, désirant continuer également dans cette voie, de manière un peu plus modeste toutefois, même si j'avais l'impression qu'elle voulait s'éloigner de moi parfois. Je mettais ça sur le compte de la crise d'adolescence, sans comprendre que j'avais en réalité ma part de responsabilités.

En 2008, le Régime arriva, prenant une place non négligeable au sein du gouvernement de l'île. Mais pour être honnête, à ce moment-là, je ne me considérais pas encore vraiment comme un Enolian à part entière. Alors la politique ne m'intéressait pas vraiment, encore plus quand la Résistance a elle aussi fait son entrée. Je me contentais de m'entraîner pour les Concours, m'améliorant un peu plus à chaque fois. Toutefois, il me fallait aussi trouver un travail stable. Découvrant par hasard que le Régime cherchait de tout, un bon chef cuisinier pour gérer la cantine, par exemple, et je me suis dit qu'il s'agissait d'une chance que je pouvais saisir. Je n'avais rien contre eux, après tout, puisque je ne voulais m'engager nulle part. De plus, ils avaient une section scientifique qui semblait plutôt importante, et pour faire de la publicité supplémentaire, ils disaient avoir des connaissances supérieures à celles de la normale. C'était une occasion pour leur demander de l'aide par rapport à Judith. Je tremblais à l'idée qu'elle puisse faire une rechute à tous moments, alors j'ai postulé, croyant à cette promesse qu'ils offraient. Mon dossier de candidature fut examiné, et je devins officiellement employé pour ce mouvement que certains voyaient déjà d'un très mauvais œil, dont ma sœur, d'ailleurs, qui en avait surtout peur. Mais... En dépit de leurs actions, l'ambiance n'était pas foncièrement mauvaise au début, depuis mon poste, et je n'en demandais pas plus.
C'est d'ailleurs durant mon travail au Régime que je croisa brièvement une jeune scientifique, Julianne Eriksen. Je l'ai aidé lorsque des kékés assez stupides l'embêtaient, et... Bah ça s'est arrêté là, je ne sais pas trop pourquoi je n'ai pas essayé d'aller plus loin pour la connaître, alors qu'elle n'avait pas l'air méchante. Je ne pensais pas ce jour-là qu'elle aurait un rôle important dans ma vie bien plus tard. Mais... On y reviendra, de toute façon.

Je parvins, sans trop réaliser comment, à me faire une petite place dans la Coordination lorsque je m'inscrivit à la si fameuse Compétition. J'obtins même un Oeuf, dont plus tard sortit une Chlorobule, Eve. C'est avec elle et Ange que je débuta mes premiers Concours sur l'île. J'obtiens beaucoup de défaites pour commencer, mais ne m'en formalise pas plus que ça. J'ai besoin d'apprendre, après tout, je ne suis qu'un débutant. Mes débuts dans le domaine ne sont pas simples, mais je progresse rapidement en regardant davantage de Concours enregistrés à la télévision ; en particulier celui de Maxwell, l'idole de ma sœur, et également Maître Coordinateur de l'île. J'en viens à l'admirer moi aussi, plus timidement cependant. Mais le rôle qu'il avait au sein de la Compétition devait beaucoup jouer, je le cacherais pas.
Je finis toutefois par prendre en assurance et en expérience, par devenir meilleur, acclamé à certaines fois, même, bref, par être remarqué. Je me donnais même un pseudo : « Mister Prince », que je me faisais appeler. Un surnom ridicule qui joua autant sur ma popularité que sur certaines moqueries et autres blagues que je pouvais me prendre. Là n'était pas important, toutefois, puisque cela ne changea pas le succès que je commençais à accumuler. Néanmoins... Je n'ai jamais pu aller jusqu'au Maître Coordinateur en personne. Je me suis arrêté à l'étape juste avant, me faisant devancer par mon adversaire lors de la Compétition de 2008. Tant pis, j'aurais au moins essayé. Et sans doute que j'aurais continué si l'on ne m'avait pas proposé ce poste de Champion Coordinateur à Baguin, après que l'actuel de l'époque ait cédé sa place. Voilà donc pourquoi Ryoko Tajiri était un nom qui me semblait si familier. Ce serait lui qui m'aurait demandé en remplaçant. Après toutes les fois où nous nous sommes croisés... Aurais-je fini par lui taper dans l'œil ? Quoiqu'il en soit, si je fus des plus surpris par ce rôle, j'acceptais avec plaisir de m'en occuper, considérant que ce serait dommage ne pas sauter sur l'occasion. Il faut dire que Judith, dès qu'elle apprit la nouvelle, me poussa également à m'intéresser à l'offre. Je finis par considérer cette proposition plus que honorable et accepta. Il faudrait déménager, mais ça ne serait pas un énorme problème si j'obtiens un salaire qui peut subvenir à ce genre de besoin. Ce fut donc scellé, je devins officiellement le nouveau Champion Coordinateur de Baguin.

Devenu nouvel Elite sous le pseudonyme de « Mister Prince » que j'avais gardé, le statut que l'on me confia me donna des avantages non négligeables. Mais je fus bientôt plus débordé par le travail que ce que j'imaginais. J'eus moins de temps à consacrer à ma vie personnelle, ce que je regrettais un peu, même si j'essayais toujours plus ou moins de m'organiser quand je pouvais. Quelques collègues me conseillèrent de prendre un assistant pour m'épauler dans mes tâches. J'étais pas très chaud à cette idée, au début. Puis je fus convaincu par la rencontre d'une modeste jeune fille de la rue, qui faisait le trottoir lorsque je passa devant elle. Seule, sans proche à qui se rattacher, je voulus l'aider d'une façon ou d'une autre. Je lui demanda alors si elle voulait me servir de secrétaire, en quelque sorte. Perdue, elle croyait probablement à un sous-entendu, et consenti à ma demande avant de me suivre. Karin était son nom. Et si au départ elle pensait que j'aurais pu abuser d'elle, c'est au fil des jours qu'elle se rendit rapidement compte que je l'avais engagé pour faire rien de plus que m'assister dans mes rendez-vous, mes papiers administratifs, et tout ce avec quoi j'avais du mal. Loin d'être bête, elle se révéla d'une aide précieuse et Judith la considéra progressivement comme la grande sœur qu'elle n'avait jamais eu.
Je pensais enfin avoir trouvé un équilibre dans ma vie quand je recommençais à avoir du temps pour moi, et surtout pour ma cadette. Malheureusement, ce temps gagné, je m'en servais justement pour la coller. Pour être toujours à son chevet quand elle avait besoin de quelque chose, même quand elle désirait simplement un verre d'eau. Je la forçais à dormir avec moi, angoissé que sa maladie ne la fasse chuter une fois de plus. Ma peur prit le dessus sur ma raison, me faisant aller jusqu'à l'extrême, tant et si bien que mon trop plein de possessivité finit par ne plus être supportable. En décembre 2009, peu avant Noël, une dispute éclata entre Judith et moi à propos de mon comportement surprotecteur et étouffant. Je voulais simplement la protéger, mais je ne tentais même pas, à ce moment-là, de comprendre un peu ce qu'elle ressentait. Et je le regrette tous les jours aujourd'hui.

Suite à notre querelle, Judith décida de fuguer, mais en laissant derrière elle Aurore, sa Goupix qu'elle ne quittait pourtant jamais. Mort d'inquiétude et rongé par les remords, je me mis aussitôt à sa recherche aux côtés de Karin. Mais ce fut la petite renarde jaune de ma sœur qui retrouva cette dernière, effondrée non loin du Centre Pokémon de Baguin. Seulement, en la revoyant, je sentais bien que quelque chose n'allait pas. Judith était faible, tremblante, fiévreuse, et souffrait de terribles maux de tête. Je l'emmena sur-le-champ à l'hôpital le plus proche, mais c'est à ce moment-là que le verdict tomba : elle était condamnée. Pendant presque dix ans, je rejetterai la faute sur moi. Je pus néanmoins avoir la chance de lui parler une dernière fois pour m'excuser, et lui dire combien je l'aime.
La veille de Noël, Judith s'éteignit. Et disparut avec elle la joie de vivre qu'il me restait encore.

Après ça, je tomba dans une profonde dépression. Insidieuse et pesante, elle ne se voyait pourtant pas. Je pouvais continuer de sourire devant les caméras comme si de rien n'était. Mais quelque chose s'était brisé. Il y avait des fois où je n'arrivais pas du tout à pleurer quand je repensais à elle. Et puis d'autres où mes larmes auraient pu entièrement inonder la rivière Tulus en cas de sécheresse. Chaque fois que je revenais chez moi, je me sentais mal, seul, abandonné. Ce sont mes Pokémons et surtout Karin qui ont fini par m'aider à me relever, lentement mais plus ou moins sûrement. Pour Aurore, sa Goupix, cela fut tout aussi dur de perdre sa dresseuse. Partageant sa douleur, c'est auprès de moi qu'elle tenta de trouver du réconfort lorsqu'elle eut fini de se terrer dans le mutisme. Elle eut même une période où elle refusait de manger, mais ma Nymphali la réprimanda et la consola tant et si bien qu'elle avait fini par la faire céder et elle accepta à nouveau de se nourrir, La première année fut terrible. Je continuais de l'appeler parfois, de venir devant son école où j'allai la chercher avant de voir les visages troublés et accablés de ses camarades de classe. Alors finalement, je quitta aussi le Régime. Je n'arrivais plus à supporter les gens que je côtoyer, ni même le mouvement en lui-même. J'avais l'impression qu'ils m'avaient menti sur toute la ligne ; alors même si j'avais un rôle bien risible qui allait trouver preneur rapidement, je fus celui qui démissionna. Et cela me fit au moins un peu de bien, de me réclamer comme 'neutre'. J'essayais de trouver un semblant de consolation en me disant que je respectais sa mémoire en ne faisant parti d'aucun mouvement. Mais quand vint décembre 2010, je n'arrivais pas à croire que cela faisait déjà un an.

Pendant trois ans, j'ai pourtant fait de mon mieux afin de gérer mon poste de Champion Coordinateur. J'imagine que c'était aussi ce qui me faisait encore rester à peu près vivant. J'avais même réussi à récupérer Ariel, ma Lokhlass, cadeau de mon prédecesseur. J'avais l'impression au moins de servir à quelque chose, d'avoir un but, à défaut de constater avec amertume que mes plats perdaient de plus en plus de saveur. Mon niveau en coordination, au contraire, connaissait des améliorations ; une progression sur laquelle je me reposa un peu trop, malheureusement, n'hésitant pas même à provoquer une rivalité entre moi et Catherine, ma collègue d'Anula. Je croyais être son homologue étincelant et lumineux, mais dans ses ténèbres, ses idées étaient cependant bien plus claires que les miennes, au moins. J'ai pourtant continué à me donner en spectacle à chaque occasion, pour donner l'illusion aux autres que j'avais la belle vie, pour faire des jaloux. Des mises en scène bien ridicules au final qui ne servaient qu'à me créer une vie faussement heureuse. On me connaissait surtout pour mes nombreuses sorties dans les boîtes les plus branchées. Je faisais la tournée des nightclubs pour danser, draguer, et faire la fête. C'est une des origines de ma popularité principalement, car certains journaux n'hésitaient pas à m'afficher, parfois en me disant libertin, d'autres simplement en parlant de quelqu'un de fêtard... Mais ces images me convenaient bien, je n'allais pas chercher à les démentir ou même à me justifier. Dans cette période, tout était bon pour attirer l'attention sur moi, que ce soit en bien ou en mal.

Cette phase de ma vie dura bien quelques années supplémentaires. Puis, quand j'ai eu 24 ans, c'est en novembre que deux événements se produisirent. Deux rencontres, plutôt. La première était avec Julianne Eriksen. Cette mécanicienne du Régime, que j'avais rencontré lorsque j'y étais, s'était trouvé par hasard dans le même supermarché que moi. Je n'en suis pas très fier, mais on va dire que je me suis un peu servi d'elle pour échapper à des fans légèrement surexcités, pensant que de me balader sans même des lunettes de soleil serait une bonne idée. Enfin, heureusement pour moi, c'est elle qui a réussi à me reconnaître. Et je dis 'heureusement' car sinon il y a bien des choses qui ne seraient pas produites dans ma vie. Et probablement qu'on en serait resté à ce croisement hasardeux si je n'avais pas payé ses courses pour elle et si elle n'avait pas insisté pour me rembourser. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'invite sous son toit même pour un court instant, et elle ne semblait pas non plus en avoir l'habitude, mais on a parlé malgré tout plus que ce que je ne pensais, et j'ai pu en apprendre plus sur elle. J'ai même réussi à la faire sortir avec moi le soir-même, pour lui faire découvrir un univers qu'elle ne connaissait pas forcément. Car avec son côté ermite geek, nous nous opposions sur bien des points et elle appartenait à un monde dont j'ignorais tout, mais auquel elle a bien voulu m'ouvrir. Je ne sais pas si nous pouvions nous considérer comme des amis ou s'il était encore trop tôt pour cela, mais c'était sans doute l'un des premiers contacts humains que j'avais qui ne me semblait pas fallacieux. Alors je n'ai pas désiré m'arrêter là.

Deuxième rencontre, toute aussi importante malgré tout, fut celle avec Makenzie King. Hôtesse de la Pension d'Anula, j'ai tout de suite été attiré par son charme que je trouvais bien singulier et surtout son esprit artistique. Elle avait du caractère et ne se laissait pas marcher sur les pieds. J'ai cru à un coup de foudre. Je l'appréciais beaucoup dans tous les cas, et après avoir pris un café ensemble, nous nous sommes envoyés nos numéros pour nous recontacter. Je voulais ardemment la revoir, en savoir plus sur elle. Habitant sur Baguin et elle sur Anula, nous revoir fréquemment n'était pas forcément chose aisée, mais nous nous parlions longuement au téléphone. Une chaleur dans ma poitrine se formait et commençait à refaire battre ce cœur que je croyais aigri et éteint. Mais la présence de Makenzie m'a permis de revivre un peu, et oui, si j'en ai douté longtemps, des sentiments sont apparus. J'étais amoureux d'elle, sans oser y croire pourtant. Une romance que j'aurais pu penser précipitée, mais je voulais y croire malgré tout, car cela m'aurait convenu, comme vie. Alors lorsqu'elle m'a proposé de venir passer le Noël chez elle, je n'ai pas hésité. Quelques années que je n'avais pas pu le fêter dignement à cause de la trop grande peine que cela provoquait chez moi, mais je me suis dit alors que peut-être cette période pourrait avoir une toute autre signification avec la King. Et ce fut en effet une soirée divine que j'ai passé en sa compagnie. J'étais heureux, je pouvais l'admettre. Je me sentais bien, sans pression, sans devoir même penser à mon rôle de Champion. Je m'étais senti moi-même, pour changer, comme je l'ai été avec Eriksen, mais différemment. Peut-être même étais-je trop détendu.

Mais je crois définitivement que la fin de l'année 2013 m'a porté chance, en fait. Car comble de tout ça, quelques semaines avant Noël, d'ailleurs, j'ai eu l'honneur de recevoir Monsieur Image, le Maître Coordinateur, dans mon Amphithéâtre. Je peux vous dire que j'en revenais pas trop, et encore aujourd'hui je me demande si tout ça n'était pas juste un rêve vraiment trop idyllique. J'étais très nerveux, dans tous les cas, mais en liesse, et l'excitation de ce Concours m'a poursuivi malgré moi plusieurs jours après. J'aurais aimé que Judith soit là pour nous voir. Qu'elle hurle de fangirlisme en voyant son aîné et son idole sur le même terrain. Qu'elle soit comme une vraie pile électrique et qu'on doive la retenir afin de ne pas demander un autographe à l'albinos. Si tant est qu'elle puisse nous voir, de là où elle était, j'espère que je ne l'ai pas déçu. Ce fut un Concours magnifique qui restera gravé dans ma mémoire, et dont je conserve toujours la vidéo, d'ailleurs.

Mais sans doute étais-je un peu trop heureux. Sans doute que ce n'était pas ce qui était attendu de moi. Au Nouvel An 2014, une petite compétition temporaire d'une journée s'était mise en place sur la Grande Place d'Amanil. Je fus invité à y participer en tant que jury. Et tout aurait pu se dérouler à merveille si seulement le Régime n'avait pas mis son nez là-dedans. Un massacre et une grande rafle fut organisé où Résistants comme innocents furent enlevés et placés dans des camions destinés à aller jusqu'au Bloc R2 qui avait été aménagé il y a peu. Je fus emporté avec d'autres dans une des voitures, mais je n'avais nullement peur. J'étais surtout agacé et en colère. Mais je ne pus toutefois rester impassible devant les pleurs et les tremblements d'une âme candide tout près de moi. Yumi Tokiro, jeune coordinatrice de seize ans, s'était retrouvée enfermée dans un desdits camions avec le plus grand malheur du monde. Sa détresse me déchirait non seulement le cœur, mais je voyais bien trop en elle la petite sœur que j'avais perdu et qui aurait dû avoir presque le même âge. Je décida donc d'être une sorte de soutien durant notre enfermement en prison pour l'aider ne serait-ce qu'un peu. Lorsqu'elle apprit que j'étais un Champion Coordinateur, j'ai même cru voir une petite lueur s'allumer dans son regard terni par la peur et le désespoir. Nous nous sommes un peu parlé, et j'espérais pouvoir rester avec elle le temps que nous soyons libérés, si seulement une telle chose était possible. Je crois même... Qu'elle m'aimait bien. Et si je finissais mes jours en prison, je priais vivement pour que ce ne soit pas son cas. Elle avait encore tellement de choses à vivre... Mais malheureusement, elle tomba sur la pire tortionnaire à mon sens : Catherine, la Championne Coordinatrice d'Anula et également empoisonneuse pour le Régime. J'appris plus tard que la rancœur qu'elle portait à Yumi n'était pas due à sa défaite cuisante contre elle, mais plutôt à cause de moi. J'avais en effet utilisé ladite défaite de la Championne pour avoir une raison de l'humilier, intelligent comme je suis. Mais ce fut l'adolescente qui reçut le contrecoup de mes paroles et, à raison, elle s'est mise à me détester par la suite. Je peux dire que je n'étais pas mieux, quand je fus mis au courant. Je m'en suis énormément voulu, vouant une véritable haine à Catherine alors que je pensais notre petite rivalité sans conséquence.

Pour ma part j'ai eu... Un blondinet allemand assez excentrique du nom de Dio Silvery, et... Je ne saurais pas le définir, en fait, mais après s'être occupé du cas d'un gamin et de son paternel, j'eus l'extrême honneuuur d'être son 'client' le temps de quelques minutes durant lesquelles il m'a refait le torse avec son couteau et pour faire passer la douleur et le temps, je lui racontais des conneries. Au moins, quand il avait la décence de rire à mon humour foireux (c'est qu'il était bon public, au moins), il était tellement déconcentré qu'il n'arrivait plus à tenir sa lame droite. Mais bon, la petite séance m'a fait quand même mal, et j'en ai gardé des cicatrices bien moches pendant un bon moment. Au moins il n'a rien fait à mon visage, cela aurait été plus dur de cacher les marques. Au bout de deux semaines, ils nous ont néanmoins tous libérés. Et sans avoir pourquoi, je me suis retrouvé à empêcher un gosse de se suicider suite à la mort de son géniteur. J'ai gardé le petit Samaël Enodril chez moi le temps de me renseigner sur ses proches. Mais j'ignorais totalement comment agir avec un gamin traumatisé. J'ai finalement contacté une personne dont le nom ressortait souvent : celui d'un certain Faust. Et je l'ai appelé, l'incitant à venir chercher son protégé par un stratagème peu utile en somme. Je ne sais plus pourquoi j'ai fait tout ça. Jamais je n'en aurais été capable il y a quelques années. Je me serais révulsé. J'avais un comportement immonde qui n'a servi qu'à m'attirer la colère et le dégoût des deux protagonistes qui ont fini par venir jusqu'à moi, Faust Donovan et Solène Weber, tous deux faisant pourtant partis des Elites, en vérité. Ils ont récupéré le gamin, mais je n'étais pas sans savoir que le contrôle du hérisson avait été tel que j'ai bien failli échapper à la transformation en passoire. Mais quelques fois, il m'arrive pourtant encore de me demander pourquoi il n'a pas tiré.

Après ma libération, je tenus à avertir quand même Julianne que j'allais bien, comme je n'avais pas pu donner de nouvelles de moi durant tout le temps où j'étais enfermé et même après ce qui a suivi. Mais je voulais quand même renouer contact avec elle, mine de rien, car je l'aimais bien. Et je crois que nous avons pu nous faire appeler des 'amis' à partir d'un certain moment. J'en étais ridiculement fier et heureux, pour tout dire, même si j'avais peur d'être étouffant pour la jeune femme. Je remarquais d'ailleurs également que ma petite Makenzie s'était fait beaucoup de soucis pour moi. Une inquiétude qui m'a touché plus que de raison, mais nos retrouvailles ne fut pas sans une surprise qui provoqua un certain choc, je ne peux le nier : elle était enceinte de moi. Il s'agissait cependant d'une grossesse inattendue, ce qu'on appelle un 'accident'. Je n'ai pas su comment réagir face à ça, à vrai dire. Je paniquais intérieurement, et... J'avais peur, oui. Mais en la voyant plus perdue que moi, je pus prendre, pour une fois, mon courage à deux mains et l'épauler, même après qu'elle m'ait raconté sa fausse couche en Angleterre. Je ne pouvais pas effacer les blessures du passé, mais je pouvais l'aider à avancer pour un futur plus radieux. Alors quand elle m'a annoncé vouloir garder ce qui allait être notre futur enfant, j'ai décidé de la soutenir, bien évidemment, à tous les niveaux. J'ai assumé ma parentalité, je l'ai accompagné dans tous les stades de la grossesse, achetant avec elle tout ce qui était nécessaire non pas à un, mais aux deux bébés qui allaient naître finalement.

En janvier, je me rapproche également d'une autre de mes collègues, Althéa Panabaker, Championne Coordinatrice de Vanawi. Je fais plus ample connaissance avec elle, et nous devenons amis, tant et si bien qu'elle m'invite même à sa fête d'anniversaire à laquelle est conviée du sacré gratin enolian. Avec son autorisation, je convie même ma pote Julianne, pensant que ça l'amuserait et qu'elle pourrait peut-être sortir de sa cave de geek ainsi. Une autre rencontre fortuite s'y fait : celle avec Mikael Evans, un mec du Régime que je ne connaissais pas mais dont la Feunard avait trouvé admiration pour la mienne en raison de sa couleur peu ordinaire. Mais lui et moi, nous avons utilisé cette fête pour nous amuser un peu, parfois au détriment des invités eux-mêmes. Cela s'est terminé trop vite, malheureusement, mais j'avais bien rigolé. Je ne pensais pas revoir ce Mikaël un jour, toutefois.
Une autre rencontre un peu plus tard et à un autre moment, mais je fis la connaissance du coordinateur Edwin Leclair, qui faisait une démonstration publique avec ses Pokémons. En le remarquant, je l'ai pris à part, lui donnant quelques conseils, et nous avons sympathisé. Je n'ai pas eu le temps de beaucoup le revoir après, ceci dit, sauf durant ce Concours quelques mois plus tard où nous nous sommes affrontés. Cela m'a fait plaisir de voir comme il avait progressé.

Mais enfin, vers fin avril, je tenais une vengeance. Catherine avait décidé de m'affronter sur mon propre terrain. Je n'avais plus eu de nouvelles de Yumi depuis la libération, mais j'espérais secrètement qu'elle puisse voir le duel qui se jouait entre nous. Et aussi talentueuse qu'était Catherine, je n'ai pas démordu, et j'ai fait de mon mieux. Je ne voulais plus gagner pour mon propre plaisir et gonfler mon ego, mais pour rendre justice à ma manière face à tout ce qu'elle avait fait subir à Yumi. Et à ma plus grande surprise, j'ai fini par gagner. Cela ne voulait pas dire que j'étais forcément le plus compétent, mais j'avais triomphé pour cette fois, et ça me suffisait amplement.
Et une autre bonne nouvelle quelques mois après, vers fin juillet 2014 : j'étais papa de jumeaux, un petit garçon qu'on baptisa Noah, et une petite fille qu'on appela Maëlle. J'avais beau m'être occupé de ma sœur durant longtemps, tout ça restait nouveau pour moi. Mais j'étais heureux, très heureux. Je nageais dans le bonheur à ce moment de ma vie, même si l'anxiété me poursuivait encore. Avec l'aide de Makenzie, toutefois, j'arrivais à voir les choses positivement et à me dire qu'on arriverait à élever ces enfants.

Août 2014 y'a eu... Je sais pas trop comment expliquer ça, en fait. Disons juste que Dio Silvery (vous savez, mon tortionnaire, là), bah je l'ai trouvé en train de pisser du sang dans les ruines de Baguin. J'ai croisé son corps à moitié mort par terre, et j'ai bien failli le laisser crever après lui avoir ri à la gueule, pour tout avouer. Maiiis... Bah j'sais pas, j'ai... Je l'ai pas fait. Au moment où je lui tournais le dos pour rentrer chez moi, j'ai hésité. Et, lâchement, j'ai fait marche arrière. Alors qu'il était inconscient, je l'ai pris dans ma voiture et je l'ai ramené chez moi pour le soigner. Bon, son caniche mauve a pas trop apprécié, mais ce qui était fait... était fait. Le lendemain je l'ai réveillé bien comme il faut -ne serait-ce que pour me venger un petit peu- et nous avons parlé. Mais plus comme un prisonnier et son tortionnaire. Pas forcément comme des adultes non plus. Je sais pas si j'ai réussi à l'apprécier mais je suppose que j'ai compris quelque chose dans sa bizarrerie. En revanche euh... J'ai encore un peu de mal à croire qu'il soit le cousin de Riku, cette coordinatrice très énergique que j'avais eu le plaisir d'affronter quelques mois plus tôt. Et bon après ça, j'ai relâché Dio, ou plutôt Alexander, dans la nature. Ouaiiis, pas forcément la meilleure du idée du siècle, dirons certains. Mais j'ai de compte à rendre à personne. J'suis neutre, moi, oubliez pas.

Un événement toutefois me permit de penser à autre chose durant un temps : à ma très très grande surprise, Julianne m'annonça être enceinte. Une grossesse non désirée, mais qu'elle me disait vouloir pourtant mettre un terme, après avoir, bien entendu, réfléchi à sa situation. Je sentais bien qu'elle n'était toutefois pas très à l'aise, alors là aussi, j'ai essayé de l'aider comme je l'ai pu pour qu'elle essaye de se changer les idées. Pour dire vrai, mon amie la plus proche était de loin l'une de celles que je ne m'attendais vraiment pas à voir ainsi, mais si cela faisait son bonheur alors... Tant mieux. Je n'ai même pas posé la question de l'identité du père, c'était tout à son honneur de ne pas me le révéler d'elle-même et je n'ai jamais insisté dessus. Cela importait peu si elle s'en contentait très bien. Le 11 décembre, Julianne accoucha sans encombre et donna donc naissance à une petite fille en pleine santé qu'elle nomma Makoto. J'eus l'honneur d'être le parrain de l'enfante, ne m'étant pas attendu à ça mais touché de l'attention qu'on me faisait. Ce fut toutefois assez awkward quand je connus l'identité du père, qui n'était autre que Mikael Evans, mon partenaire de connerie fut une soirée. Si j'avais peur que ça se passe mal à un moment entre les deux nouveaux parents, rien de grave ne se produisit.

Je n'ai pas grand chose de très importants ou intéressants à dire sur le reste de l'année. Elle s'est déroulée plus ou moins normalement, même si j'arrivais plus ou moins à me débrouiller avec deux bébés à m'occuper, et même si je ne pouvais pas nier que... Eh bien justement, quelque chose commençait à clocher à propos de mes sentiments pour Makenzie. Mais à ce moment-là, je crois que je préférais faire l'autruche, à chaque fois que j'y pensais, me disant que je devais être parano, que j'avais trop peur de regretter, ou je-ne-sais-quoi. Je me disais que ce serait plus simple pour nos enfants si nous restions ensemble de toute façon, et que je devais me tromper lorsque je pensais que je n'avais plus la même flamme qu'autrefois.
Néanmoins, vers milieu 2016, je dus me rendre à l'évidence : mes sentiments pour Makenzie n'étaient plus les mêmes. Ils s'estompèrent au fur et à mesure quand je me rendis compte que notre relation était en vérité plus complexe que ce que je ne pensais, et que la chaleur qui habitait ma poitrine n'était plus la même qu'autrefois. Je ne me sentais plus attiré de la même manière, plus animé de la même façon, sans que je ne comprenne la raison de cette perte, de cette absence. J'ai voulu tenter cependant de renouer cette romance que nous avions, mais je ne pouvais constater qu'un échec cuisant, et si je continuais dans cette voie, je pressentais que ça ne nous torturerait que davantage et que nous ne pourrions pas avancer de cette manière. En outre, pour nos enfants, c'était la meilleure des solutions possibles. Ils ne pouvaient pas grandir heureux et sainement si nous ne nous aimions plus. Alors, nous avons pris une décision peu simple au début mais qui nous semblait la plus judicieuse : nous nous sommes séparés. Pour de bon. Cela m'a paru un peu étrange d'abord, mais je m'y suis fait assez rapidement pour savoir que nous avions pris la bonne décision. Et je ne regrette rien. Je fus comme libéré de quelque chose, alors même que j'ai passé de formidables moments avec Makenzie. Elle n'y était pour rien, bien sûr : elle a tout ce qu'il faut pour être aimée, mais je n'étais pas celui qui allait faire son bonheur, je l'avais remarqué. Je resterais toujours néanmoins enchanté d'avoir pu croiser sa route, d'avoir pu la connaître, car je la trouve merveilleuse en tous points et je souhaite encore aujourd'hui, si elle le veut, de pouvoir donner et recevoir autant de joie qu'elle m'en a offert. Nous sommes toutefois restés en bons contacts même encore maintenant, et nous passons tous les anniversaires et les fêtes ensemble.

Jusqu'en février 2017, j'évitais généralement de me mêler des conflits entre le Régime et la Résistance. Ils ne m'intéressaient pas, et je n'avais spécialement envie de m'y impliquer. Cela ne m'empêchait pourtant pas de m'inquiéter pour mes proches, qu'ils soient d'un côté ou de l'autre. Si je savais que Julianne ne risquait pas grand chose pour le moment, comme elle ne prenait pas part aux combats qui ont pu faire rage, sa position d'Officier la faisait prendre quelques risques pour elle et sa fille, sans compter en plus cette histoire d'Emergya, cette source d'énergie mythique découverte par le Régime dont laquelle beaucoup se méfient. Mais voilà un plus gros problème : je ne l'ai appris que tard, mais la Eriksen n'était plus un simple Officier depuis un bail. Elle n'était autre que la Générale Scientifique et était celle qui avait pris la place de Gears en tant que Mazinkaizer. Une révélation qui changea aussitôt l'importance qu'elle avait au sein de son mouvement, et qui pouvait se révéler plus grave concernant les conséquences s'il devait arriver malheur au Pôle de Développement Technologique dont elle était la cheffe. Je souhaitais les préserver, elle et Makoto, de l'infortune qui pourrait les attendre au tournant le jour où ça dégénérerait.

Jour qui arriva fin Août 2017. Le 28 de ce mois, le PDT s'écroula suite à l'explosion de l'Emergya. Inquiet, je récupéra Makoto de chez sa baby-sitter pour la garder chez moi, à l'abri. Baguin, même le jour des catastrophes naturelles, était restée comme elle l'a toujours été : inébranlable. C'est pour cela que j'en avais fait mon domicile, d'ailleurs. Une fois que la petite était en sécurité chez moi, je laissais mon assistante Karin sous sa tutelle le temps d'aller chercher sa mère. La sachant à Amanil, je me suis précipité vers la capitale afin de sauver ma meilleure amie. Je pus heureusement la retrouver -pas seule mais ce ne fut pas un problème-, et la ramener auprès de Makoto. Plus tard, Makenzie, voulant aider les blessés, me demanda également de prendre nos enfants à mon Amphithéâtre hors de mon planning parentale. Je ne chigna pas du tout à l'idée, bien sûr, comprenant qu'elle veuille aider comme elle le peut, mais pris garde à laisser de l'espace pour la Eriksen et sa fille. On annonça alors que le Régime n'était plus. Je devinais les Résistants en liesse face à la nouvelle, et je crus moi-même naïvement que les conflits allaient cesser définitivement pour nous permettre de nous reconstruire. Mais je n'oubliais pas évidemment que je cachais chez moi la scientifique la plus recherchée d'Enola, et qu'il faudrait que je me fasse discret pour le moment. J'imaginais, toutefois, que le pire était passé.


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MessageSujet: Re: Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut    Lun 18 Déc - 13:33

HISTOIRE
Et en effet, de mon point de vue, le pire était passé. La bulle du Régime s'était enfin éclaté. Malheureusement, Julianne tomba malade suite à une épidémie qui se propagea à travers l'île. Sur le coup, je ne réfléchissais même pas au fait que cela aurait pu être contagieux. Lorsque l'ex-Générale était au plus mal, je faisais de mon mieux pour m'occuper d'elle. Je n'étais pas médecin, toutefois, et demander de l'aide était impossible quand je n'ignorais à qui faire confiance lorsque l'ère du Régime était déclarée comme finie et que de nombreux Résistants voulaient sans doute volontiers la peau des Généraux. On découvrit fort heureusement que la maladie, l'Emergendémie, n'était ni mortelle, ni contagieuse. Le remède tardait toutefois (trop) à venir. Il aura fallu attendre début 2018 pour que des scientifiques, dont le groupe se faisait appeler Elixir, boostent les recherches pour une solution et la trouvèrent finalement.
J'étais soulagé, mais suite à cela, même si c'était risqué, Julianne se présenta à Elixir pour apporter son aide, comme elle était présente lors des événements qui ont conduit à l'épidémie générale. J'avais peur que l'on ne découvre son identité au Régime, mais je ne fus au final que peu informé de ce qu'elle faisait au sein de cette communauté qui était apparue de manière inattendue mais providentielle. Comme il s'agissait toutefois de sa vie et de ses affaires, même si je me posais des questions, je n'ai pas insisté pour m'en mêler davantage. Après tout, ils avaient réussi à la guérir.

De mon côté, j'en profitais pour aider un peu à la reconstruction de l'île. Je n'avais pas des Pokémons particulièrement forts à mettre à dispositions pour effectuer les tâches les plus ardues, mais je me servis du terrain inutilisé de mon Amphithéâtre pour l'ouvrir au public et distribuer (gratuitement évidemment) de la nourriture afin d'aider ceux qui étaient en difficulté. Baguin ayant subit peu de dégâts, elle put accueillir des réfugiés après que les derniers combats entre la Résistance et le Régime aient définitivement cessé. Je réserva donc un partie de mon lieu  de 'travail' pour y déposer couchettes et repas, en attendant que de véritables solutions soient trouvées. Dès que j'avais un peu de temps libre, j'en profitais pour tenter de me concerter avec Brooke et les Baguinois afin de maintenir de bonnes conditions pour ceux qui avaient pu réchapper aux incidents. Grâce à des mobilisations sur Internet, et particulièrement les réseaux sociaux, mon influence permit de retrouver parfois des Pokémons disparus ou même d'avoir des nouvelles de proches. Il n'y en avait pas que des bonnes, toutefois, je dus déplorer et accompagner des familles qui devaient vivre avec la disparition des leurs ; des psychologues furent bien sûr appelés pour gérer les traumatismes, mais je savais très bien que ce n'était pas avec quelques séances que l'on surmontait des deuils.

Une période encore moins fun s'en suivit : la traque, puis les nombreux procès des Régimeux. Je n'avais cependant plus eu de nouvelles depuis un bail d'amis à moi comme Althéa, mais je demeurais préoccupé qu'on puisse retrouver Julianne. Si je l'aida à se cacher de toutes les façons possibles, elle fut rattrapée avec les autres et jugée. Autant dire que j'étais très mal à l'aise ce jour-là, et si je savais que notre pays ne cautionnait pas la peine de mort, l'idée de la voir derrière les barreaux était bien plus douloureuse à imaginer que ce que j'aurais cru. À aucun moment, bien sûr, je n'avais mon mot à dire. Je n'étais qu'un Champion, je n'avais pas de place un temps soit peu importante pour lui épargner le pire, sans compter en plus le grade qu'elle avait au sein du mouvement et ce qu'elle a donc fait subir à son prédécesseur, qui était en réalité du côté de la Résistance. J'avais cependant au moins l'espoir que Elixir s'intéresse de nouveau assez à elle pour lui permettre de purger sa peine -aussi lourde soit-elle- en travaillant pour eux et mettre son savoir à leur service. Je n'eus cependant pas le loisir de connaître l'avenir de ma meilleure amie, ni même celle de ma filleule.

Quoiqu'il en soit, ma position de neutre m'assura pour ma part et une certaine tranquillité à ce niveau. Même dans mon passé au Régime, je m'étais cantonné aux cuisines, alors bon... Dès lors que le nouveau Gouvernement provisoire put trouver des moyens de reloger les rescapés des catastrophes, je pus me concentrer sur les travaux et les reconstructions à faire. La Compétition, aux côtés d'Elixir, devint un moteur important pour faire marcher l'île, et c'est à cette période que je remarqua l'espoir que les Enolians plaçaient envers les Elites et les chercheurs d'Elixir. Un espoir qu'on ne pouvait décevoir alors j'apportais de la contribution supplémentaire par des moyens plus financiers, cette fois, n'étant pas spécialistes en charpente, et amenait régulièrement de quoi ravitailler les travailleurs qui restaient sur les chantiers jour et nuit.

Les choses changèrent. Amanil fut délaissée pour laisser sa place de capitale à Vanawi, en plein essor. Des villages commencèrent à prendre de l'ampleur tels que Dimaras et Cayagane, gagnant même le droit d'avoir leurs propres Champions et maires. Car des maires s'occupaient des villes, maintenant, et au-dessus d'eux, le Conseil, géré par Théodore Allard. Mais j'avais déjà d'autres intérêts que la politique à ce moment-là, alors je n'en sais pas nécessairement plus que la base. Elixir s'installa définitivement à Enola, ayant gagné une importance considérable et non négligeable. La Compétition, arrêtée pendant 5 ans, refit surface pour sa 104ème édition à partir de cette année-là, 2022.
Moi, je fus nommé, aux côtés de la Championne d'arène, protecteur de la ville de Baguin. Les habitants comptaient donc sur nous pour assurer leur sécurité, au sein d'une Milice nouvelle formée. Pourquoi pas, me disais-je. Je voulais bien assurer ce rôle, si on m'en estimait capable. Ah, et puis y'a des personnes, en retrait des habitants lambda, de la Compétition et d'Elixir, qui ont formé leurs propres groupes avec leurs propres idéaux : les Anarchistes. Je n'ai pas d'avis particulier sur eux, mais je n'ai pas foncièrement envie qu'ils me posent des problèmes s'ils viennent semer la zizanie ou la discorde. Qu'ils restent dans leur coin, et je resterais dans le mien, si on veut. Mais bon, j'imagine que ce n'est pas leur genre. Et j'ai ma foi bien d'autres choses à penser.

Nous sommes en novembre 2022. Je me déclare en faveur du groupe de la Compétition car je m'y retrouve. Voilà cinq ans que celle qui fut mon assistante est partie de chez moi pour faire sa vie avec son fiancé. J'ai décidé de donner un peu de repos à Ariel et Aurore en les enlevant de ma team Elite pour laisser l'occasion à Eve, Chlorobule devenue une belle Fragilady, et à Jasmine, ma Démanta, de faire leurs preuves devant les caméras. Mes enfants, âgés maintenant de huit ans, viennent de rentrer en CE1 à cause de leur année de retard. Pas de gros problème à déplorer. Pour l'instant, on peut dire que tout va bien. J'attends avec impatience que de nouveaux coordinateurs viennent m'affronter et que des nouvelles de Julianne me parviennent. Je m'appelle Aloïs Legrand, j'ai trente-trois ans, et je suis le Champion Coordinateur de la ville de Baguin depuis bientôt treize. Voilà le récit de ma vie jusqu'à aujourd'hui.


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MessageSujet: Re: Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut    Lun 18 Déc - 15:32

Oyooo o/ Et re-bienvenue par ici la barbichette (a)

Bon, je ne sais pas quoi reprocher à cette fiche qui doive être corrigé, moi, j'ai kiffé ma race :derp:

Pour bien débuter (hem), petit point relou sur quelques étourdissement de grammaire avant de passer à la suite, en revanche. Tu as fait quelques fautes de temps avec des de verbes mal conjugués au passé simple là où ils seraient mieux au participe passé (ex : "je m'y refusa" devrait plutôt se conjuger "je m'y suis refusé" ou "je m'y refusai" dans un des premiers paragraphes de la chrono; idem pour "je sauta" => "j'ai sauté"). Bref, voila, c'tait le point grammar nazi relou XD

Sur la fiche en elle-même, je trouve que tu as bien équilibré la première partie en rapport avec le caractère de son personnage et aussi au niveau physique, je ne trouve franchement rien à dire XD Comme tu feras ton sac, je te fais confiance pour ne pas oublier les Opals a retirer pour la pierre Soleil de Fragilady, et on part donc dur une team Elite Fragilady / Demanta / Nymphali (+Psytigri ou Lokhlass?), si j'ai bien compris ? Peut-être que 'ai loupé un truc, mais ça nous en fait toujours 5, il faudra donc préciser ce que deviennent Nymphali, Psytigri et Lokhlass car il faudra en garder juste 2 sur les 3 ! Je veux bien que tu ajoutes les autres changements à la fiche ^^

Pour la chrono et l'histoire, eh ben, j'ai tout dévoré et j'ai vraiment apprécié les ajouts, les petits détails qui ont étoffé le passé d'Aloïs. Tu a remanié et amélioré tout cela à merveille on sent que tu as pris du recul sur le personnage par rapport au début de la V1, bref, c'est très cool et j'en voulais plus une fois fini (twss je sais). Et tu me donnes hâte de jouer Juju pour compléter les détails sur lesquels tu as nécessairement dû être allusive. Vivement, kwa :v:

Voila voila, il y a donc juste ces quelques précisions à faire sur la team Elite, et je te donnerais ta couleur o/

Des bisous o/

EDIT : Les modifs ont été effectuées, je valide o/ Tu connais le chemin pour la suite ^^
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MessageSujet: Re: Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut    

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Alois Legrand - Toujours la banaaane toujouuurs debouuut

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