Légendes d'Enola


 

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 Signals - Livie

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Livie A. Vulpino
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Sr de la Confrérie
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MessageSujet: Signals - Livie   Mar 26 Déc - 19:33

LIVIE AUGUSTA VULPINO
INFORMATION GÉNÉRALES

Nom : Vulpino. Un nom banal, sans histoire quelconque derrière celui-ci.
Prénom : Livie Augusta. Sa mère avait une admiration un peu trop poussée pour l'empire romain, pour ne pas faire cliché.
Surnom : Lili, Vivi, Live, Livie-de, Livie-C pour l'humour vaseux.
Âge : 26 ans.
Date de naissance : 20 décembre 1996.
Genre : Non-binaire, neutre sur l'état civil. Née intersexe, Livie se présente au féminin, un peu par défaut mais elle se fiche beaucoup qu'on se trompe de pronom ou d'accord dans le langage. Elle n'y fait d'ailleurs jamais attention, et peut parler de soi au masculin sans y penser. Son accoutrement varie en fonction de ses envies. Elle évite toutefois de le révéler, suite à des mauvaises expériences.
Origine(s) : Née sur Enola d'un père italien et d'une mère énolianne. Elle ne s'y intéresse pas des masses, à vrai dire, et ne connaît le pays de son père que par les vacances scolaires, mais elle n'y a plus mis les pieds depuis un bail.
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : Sa date de naissance, donc le 20 décembre 1996.
Métier/Occupation/Études : Bac L option arts, puis études en droit-sciences politiques jusqu'au M1. Elle a ensuite fait l'école du barreau et est maintenant avocate pénaliste dans un grand cabinet, où elle est « collaboratrice », autre mot pour dire un chiffre quelconque et oubliable dans une entreprise.
Durant son temps libre, elle a une activité un peu moins légale ; jouer avec des systèmes de sécurité et des bases de données sous le pseudonyme de Loki.
Lieu de résidence : Anula, rues pavées, dans un petit studio tout juste potable dont elle se satisfait très bien.
Groupe : Anarchistes.
Sous-Groupe : Gouvernement - Confrérie du Bouclier.
Rôles :  Ajointe au maire d'Anula - Sœur de la Confrérie.
Pseudonyme :
Loki, nom de pirate informatique, parfois écrit comme « L0k1 » quand elle était plus jeune et kikoo.
Ava, sœur de la confrérie.

FICHE DRESSEUR
Informations
Rôles : Ajointe au maire d'Anula, Sœur de la Confrérie.
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Ouiche.

Équipe Aventure
- Pijako ♀ - Calico - CS Pieds Confus - Bizarre
COMMENT L'AVEZ-VOUS CONNU?: Une petite Pijako capturée en décembre 2022, car elle traînait depuis un temps déjà sur le balcon de son appartement. Les deux se sont lentement liées d'amitié, et Livie a fini par la capturer : c'est aussi bête que ça.


PHYSIQUE
Couleur de peau : Claire, assez blanche. Elle est forcée, durant les périodes chaudes, de se couvrir lourdement. Le temps qu'elle passe dehors lui donne toutefois quelques teintes durant l'été, qu'elle perd aussitôt l'automne arrivé.
Description des cheveux : C'est peut-être la chose qui la distingue le plus, en somme. Une longue chevelure blanche, dense, parfois hirsute, qu'elle prend toutefois beaucoup de peine à rendre soyeuse et impeccablement tenue. Enfin, professionnellement du moins, car ils se transforment souvent en une masse indomptable lorsqu'elle est seule, en privé. Elle veille toujours au grain avec eux, toutefois, et s'amuse beaucoup à varier les styles : si la classique frange vers la droite est la plus aisée, elle n'est jamais contre des chignons, des nattes, les agrémenter de bandeaux colorés ou même juste de les ramener en arrière. En soit, elle tente à peu près tout ce qui lui fait envie et qu'elle n'a jamais essayé, prenant même la peine de les couper chaque année pour disposer de davantage de choix et ne jamais s'ennuyer. Ah et oui, elle déteste qu'on les touche. C'est le seul moment où elle pourrait envisager de vous broyer la main, si vous vous y aventuriez.
Description des yeux : Légèrement allongés, ils ne sont pas particulièrement grands et remarquables, d'autant plus que ses pupilles sont d'un bleu gris très clair, discrètes et assez peu expressives en soit. L'éclat est plus vif et brillant, toutefois, à l'occasion, il peut être tranquille et paisible, dès lors que ses yeux se perdent dans des contemplations silencieuses. Le regard, quant à lui, tend à être curieux, attentif, articulant le paradoxe étrange de ne jamais savoir se fixer et d'en même temps ne plus démordre de ce qui a pu saisir son attention. Livie a toujours eu les cils plutôt courts, mais épais et légèrement ondulés : il lui arrive de temps à autre de relever ces derniers d'un peu de mascara quand l'envie lui en prend.
Taille : 1m59. Livie a toujours été et sera toujours plutôt petite, bien que ça ne l'ait jamais dérangé.
Poids : Entre 56 et 59 kilos à peu près, tourne dans ces eaux-là mais n'a que rarement des pertes ou prises importantes. Elle a un petit surpoids, n'étant pas très sportive de base et un peu trop gourmande pour son bien. Seul le temps qu'elle passe à marcher tous les jours lui permet de ne pas prendre davantage.
Description de la silhouette : Plutôt petite et légèrement arrondie, Livie est une jeune femme à peu près normale, si l'on excepte sa tendance excessive à courber le dos pour tout et n'importe quoi, lui donnant parfois l'air d'un singe un peu bêta. Ses hanches sont courbées, tant naturellement que par son poids, mais elle a les cuisses plutôt musclées et fermes, restes de presque une dizaine d'années de pratique intensive de la gymnastique. Elle a d'ailleurs les épaules très droites, presque carrées, rarement tombantes.
De visage, ses traits sont assez ronds et courts, lui donnant l'air plus jeune qu'elle ne l'est vraiment. La forme de son visage est ovale, un peu arrondie au niveau des joues, pleines, que des pommettes hautes haussent souvent. La mine est plutôt sympathique, gaie, souriante, rarement assombrie d'une quelconque manière. Son front est assez bas et de largeur normale. Le nez, quant à lui, est droit, petit, et très légèrement recourbé vers le haut, tout comme les narines. Au niveau de la bouche, large et rieuse, si elle l'agrémente parfois de petites touches claires ou plus foncées avec du rouge à lèvre, elle tend à laisser à ses lèvres charnues leur teinte rosée naturelle. Au niveau du maquillage, de toute façon, elle a des semaines où elle l'adore et où elle ne le supporte pas, et c'est particulièrement variable en fonction de son humeur. Il n'est pas rare qu'elle veuille se donner un air plus androgyne, et c'est même souvent ainsi qu'elle se sent le mieux.

Difficile d'aborder le sujet de son apparence, de sa démarche, de son air ou même de son style vestimentaire sans faire remarquer le contraste important entre ce qu'elle arbore dans son travail et en dehors. On pourrait presque croire qu'il s'agit de deux personnes, même si des petits détails se confondent entre les deux. L'air courtoise, sympathique mais distante dans le public, elle est plus ouverte, chaleureuse et assurée, parfois orgueilleuse, dans le privé. L'allure élégante, se tenant droite comme un i et avançant à pas lents et mesurés dans l'un, elle se montre bien plus hasardeuse, presque gauche, précipitée et vive dans l'autre.
Quant au style vestimentaire, Livie se limite professionnellement à des habits strictement à sa taille, impeccablement repassés et nettoyés, variant très peu. Tailleurs, chemises fermées, jupes longues, cabans, trenchs et duffle-coats semblent la restreindre, comme si ils agissaient à la manière de cages dans lesquelles elle s'enfermerait. Il est néanmoins impossible de la forcer à mettre des talons, alors elle s'en tient à des petites bottines. C'est toutefois une toute autre histoire quand elle n'est pas restreint par son travail : à vrai dire, elle tente à peu près tout. Que ce soit du cuir, des imprimés laids, des débardeurs à paillettes, des vieux pulls larges et très confortables, des shorts troués, des tenues plus masculines dès lors qu'elle se sent d'humeur... Honnêtement, il n'y a pas grand chose qu'elle n'essayera pas, même si elle rechignera très souvent à porter des robes. L'important pour elle est qu'il y ait un changement, de la nouveauté, quoi que ce soit qui puisse titiller son attention. Elle n'est pas très difficile en matières de chaussures, d'ailleurs, même si elle préfère les baskets et les bottes aux ballerines.

Problèmes de santé physique : Rien de bien notable. Une vague allergie au pollen qui lui rend la vie infernale au printemps, tout au plus.
Particularités autres : Un grand tatouage de renard s'étend tout le long de son omoplate droite, jusqu'à son épaule, mais elle le dissimule quand elle travaille et tend à le couvrir.

CARACTÈRE
Personnalité :
Accessible - Accueillante - À l'écoute - Affectueuse - Affirmative - Pétillante - Compétitive - Amicale (bien trop) - Appliquée, de manière relative selon son intérêt, elle peut tout autant perfectionner quelque chose jusqu'aux moindres détails que le torcher si elle veut s'en débarrasser - Astucieuse - Attentive, plus qu'on ne pourrait le croire - Audacieuse - Aventureuse - Attentionnée - Avenante - Bavarde, horrible pie, mais a aussi de très, très longs moments de silence - Extrêmement lunatique - Bienveillante - Câline - Énergique - Optimiste, à l'excès, tend à nier ce qu'elle a dans les yeux - Tenace - Créative - Curieuse, maladivement, ne supporte pas de ne pas savoir, et se met parfois dans des situations très dangereuses pour satisfaire sa curiosité, sans vraiment regretter par la suite - Décontractée - Dévouée - Professionnelle - Diplomate - Éloquente, uniquement au travail, sinon elle parle comme une enfant surexcitée - Enjouée - Ingénieuse - Intuitive - Joviale - Joyeuse - Maligne - Joueuse - Grande gamine - Passionnée quand elle apprécie quelque chose - Observatrice - Perspicace - Pugnace, ne lâche pas l'affaire quand elle y tient, pensez à un roquet qui mord son os - Rusée - Sereine, abusivement, jamais dans l'urgence - Sincère - Spontanée - Souriante - Assurée - Niaise - Tolérante.

Dépendante de sa perception d'utilité, s'est toujours raccrochée à ça de manière malsaine - Un peu maniérée malgré elle -Malchanceuse - Tête en l'air, oublie quasiment tout - Brusque, rarement douce dans ses gestes - Manque d'empathie - Généralement à l'ouest - Tête brûlée - Imprudente - Impulsive - A des réactions parfois très vives, mais alterne aussi avec l'incapacité à réagir, comme si elle ne comprenait pas vraiment ce qui se passe - Peu lucide - Désordonnée - Désorganisée - Procrastinatrice de la première heure - Influençable, énormément - Impatiente, peut faire une crise si elle doit attendre plus de quelques minutes pour quelque chose - Mauvaise en négociations (c'est bête, pour une avocate) - Irresponsable à son sujet - Rancunière, n'affronte jamais ses rancœurs, tend à essayer de les étouffer - Arbitraire - Tendances autoritaires, sans s'en rendre compte - Dépensière - Boudeuse - Brouillonne souvent dans ses propos - Capricieuse - Casse-cou - Crédule - A du mal avec le fait d'obéir - Aisément distraite - Émotive - Entêtée - Envahissante - Excentrique - Excessive - Familière avec les gens, ne comprend pas toujours les bornes - Paresseuse - Excessivement directe - Il lui arrive souvent d'être irrespectueuse et blessante sans forcément le désirer, surtout car elle ne réfléchit pas à ses propos et ne saisit pas toujours ce que les autres pensent - Laxiste - Bonnes manières très changeantes - Naïve - Peureuse, mais peut carrément oublier d'avoir peur, des fois, c'est très changeant - Utopiste - Aime beaucoup être dans la contradiction, par simple désir de voir ce qui en résultera - Mauvaise définition de l'espace personnel - Se laisse facilement manipuler.

Hypersensible (au niveau des sens) - Alterne entre être soigneuse et horriblement bordélique - Ses insultes sont d'un niveau vraiment pathétique - Extravertie - Vive - Définition très particulière de ce qui est bien ou mal, pense ce qui l'arrange - Souple - Complètement dans sa bulle et son petit univers - Zélée - Se sent très seule en réalité, en constante recherche de liens amicaux.

Goûts/Dégoûts :
Le paquet de lessive aime... Se balader en ville en gagatant sur à peu près tout - Faire du lèche-vitrine - Les pâtisseries et la bonne bouffe de manière générale - Le jazz et la musique rétro, ainsi que la classique - Les séries de roman pour adolescents - Jouer avec des codages et des systèmes de sécurité - Marcher longtemps et un peu partout, c'est une grosse promeneuse - Jouer du violon, à son niveau d'amatrice - Pêcher - Les poissons - Faire du patin à glace - Cuisiner - Dessiner des croûtes - Jouer avec tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi - Regarder des nanars - Les filmographies de Tarantino, Coppola, Wes Anderson, Spielberg - Les romans policiers - Le droit, elle voit ça comme un immense terrain de jeu - Changer de vêtements souvent - Bricoler - Faire du paintball - Tirer, d'ailleurs, elle un certain goût pour les armes à feu - Faire de la plongée sous-marine - Le groupe Abba, mais chut, faut pas le dire - L'accrobranche, ou n'importe quelle activité où elle est en hauteur, le saut à l'élastique l'amuse beaucoup - Le café, surtout ce qui ressemble plus un tas de crème, de sucre et de chocolat avec un peu de café qu'à un espresso, au final - Les romans graphiques - Faire des découvertes - La littérature, la poésie - Les vêtements kitschs et un peu vieillots - Les jeux, quels qu'ils soient - Les comédies musicales et le théâtre, elle ADORE ça - Tout ce qui est dangereux, en général, si c'est amusant - Jouer au poker, elle a une certaine expérience - Dormir - Les sous-vêtements à motifs rigolos - Les cocktails fruités et originaux - Ne rien faire, ironiquement, profiter du temps qui passe - Se faire des films - Le violet, le noir, le gris et le blanc, qui sont ses couleurs fétiches - Danser, elle est très douée pour utiliser son aspirateur comme micro - Javert qui chante dans les Misérables (oui oui).

Cette gourde n'aime pas... Être prise pour une enfant - Les discussions sérieuses sur les émotions - Parler de sa santé - L'injustice, en excès - Coudre, elle est nulle - Faire le ménage - La mauvaise cuisine, elle peut devenir de très mauvais poil si on lui sert quelque chose d'une qualité discutable - Faire du sport dans le seul objectif de faire du sport - Se dépenser inutilement - L'égocentrisme - L'autorité, devoir faire ce qu'on lui dit - La loi du plus fort - S'ennuyer - Qu'on lui fasse des remarques sur son poids, elle est très bien comme elle est - Le thé, elle trouve ça fade, enfin, elle ne sait pas du tout le faire en vérité et pourrait changer d'avis -  Les gens impolis - Qu'on lui touche les cheveux ou qu'on défasse sa coiffure - Les fruits secs - Jardiner, elle est nulle - Manger des mollusques, elle est prise de frissons de dégoûts dès qu'elle en voit - Les crabes, souvenir d'une mauvaise aventure de sa dixième année mêlant une chute malencontreuse entre deux rochers, des pinces, et son popotin - Tout ce qui est inutilement chic et raffiné, le luxe excessif l'exaspère - Travailler avec des codes de lois qui ne sont pas à jour - Les avocats véreux dans son métier - Les vices de forme - Conduire - Se baigner - Les transports en commun et les véhicules à moteur en général - Le froid, et la chaleur aussi, c'est une emmerdeuse - Ceux qui se croient mieux que les autres - Le refus de la critique - Ne pas arriver à attraper quelque chose dans un magasin car c'est placé trop haut - Le gâchis, quel qu'il soit - Avoir du travail à faire à la maison - Se sentir faible - Les appareils lents à se connecter et charger.

Objectifs et aspirations : Un joyeux gloubi-boulga, mêlant des envies simples et banales, et quelques désirs plus secrets. De manière assez commune, Livie souhaite se cultiver, découvrir le monde, apprendre le plus de choses possibles et connaître un maximum du monde pour 'parfaire' sa compréhension de celui-ci. Il y a chez elle un désir dévorant de saisir comment il fonctionne et comment ses habitants se construisent, qui dépasse parfois même le souci de sa propre sécurité. Livie veut comprendre ce qui se passe pour, éventuellement, et elle ne l'admet pas encore car elle manque de confiance en elle, se lancer dans un projet politique par la suite. Elle est animée d'un besoin sincère, sûrement compensatoire et maladif, d'apporter quelque chose à son pays, que ce soit des réformes, des idées, une vague notion de justice, ou même juste un peu d'aide.
Au delà de ça, elle aimerait surmonter sa crainte d'être une mauvaise dresseuse et peut-être tenter la compétition un jour, n'ayant pas encore réussi à savoir si elle se définit comme coordinatrice ou dresseuse.
Mais pour ce qui est de sa vie personnelle et de son futur... Elle a du mal à se projeter, l'ombre de la maladie pesant sur elle, et n'ose rien espérer. Ses relations familiales compliquées ne rendent pas aisées les quelques maigres réflexions qu'elle peut se faire agréables. En soit, elle n'a pas énormément d'ambition personnelle, ou même de désir de carrière. Elle a simplement envie de se sentir vivante, et d'être utile au présent. Et uniquement au présent, pour l'instant.

Peurs : Plusieurs peurs s'entremêlent chez Livie, sans qu'elle n'ait jamais travaillé sur une seule d'entre elles. La plus importante est sans doute celle de perdre la tête, d'être dévorée par la maladie et de ne plus avoir conscience d'elle-même, de devenir un légume sans aucune prise avec le réel, ce qui explique sans doute son envie de s'attacher si fermement à son sérieux professionnel pour se rassurer. Ensuite, sans nul doute, la solitude l'effraie énormément, notamment quand elle remarque ses difficultés à entretenir des relations amicales stables et sincères, car elle a du mal à s'impliquer personnellement envers les autres. Sa dépendance envers les autres joue aussi sur cette peur, car l'idée d'être inutile, ou de ne pas être d'une quelconque aide, surtout à la communauté, la met profondément mal à l'aise quant à la perception du sens qu'elle donne à sa vie.
Plus personnellement, Livie craint l'autorité, les restrictions, et elle a en horreur l'idée même d'être emprisonnée, faisant sûrement des liens entre le comportement de sa mère, la pression sociale du régime, et ce qu'elles voient comme des tentatives de contrôle de la part des deux principaux groupes politiques. Son usage de la loi et du droit est une manière comme une autre de se prémunir de cette peur, de disposer d'un moyen de défense, aussi superficiel soit-il.  
Une autre, plus intense et tout bonnement maladive, est celle de l'eau. Si elle tempère les bains et les bassins où elle a pied, elle sera pris de spasmes et de haut-le-cœur dès lors que ses pieds ne toucheront plus le sol, ce qui arrive vite au vu de sa taille. Elle refuse encore de nos jours d'aller se baigner en mer ou dans la rivière.
En outre, son achluophobie n'a jamais diminué au cours des années, et elle perd très vite le contrôle si elle est enfermée dans un lieu sombre. Elle est alors prise de tremblements et de vraies crises d'hystérie, mêlant larmes et tétanie. Elle a également peur d'être une mauvaise dresseuse. De manière générale, son futur et son passé suscitent tous deux un certain malaise.
Sur une note plus vague, elle ressent une gêne certaine face aux professionnels de santé mentale, qu'ils soient psychiatres ou psychologues. Elle déteste l'impression d'être examinée ou lue comme un livre, et elle se mettra immédiatement sur la défense si on tente de le faire devant elle.


ALIGNEMENT
Votre personnage a-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-il de cette époque ? : Comme beaucoup d'autres, Livie n'a pas gardé un très bon souvenir du Régime, mais davantage sur le plan idéologique. Elle ne supporte pas qu'on lui rappelle qu'elle a été nourrie grâce à ce gouvernement, et change aussitôt de sujet lorsque l'on en parle. Elle avait une profonde affection pour la résistance, mais n'avait pas assez de courage pour la rejoindre, et était bien trop contrôlée par sa mère à cette période. Livie ne veut y revenir pour rien au monde. Au delà du régime, cette époque symbolise pour elle une période de restriction, d'autorité excessive, autant sur les autres que sur elle-même. Elle persiste encore et toujours, toutefois, à défendre les régimeux qu'elle a face à elle, ne serait-ce que par volonté de croire en une justice qu'elle rêve pure et incorruptible.
Que pense-t-il/elle de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : C'est toujours mieux que le Régime, personne ne pourra le nier. Mais Livie est insatisfaite : pour elle, ce n'est pas assez. La démocratisation n'est pas suffisante, les risques que certains accaparent tout le pouvoir sont encore trop nombreux, et elle n'aime pas trop l'idée que maintenant, tout va bien, et qu'il n'y a plus rien à faire. Elle est assez neutre face au nouveau gouvernement, mais elle estime qu'il doit faire plus si il veut être légitime. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle est devenue adjointe, jugeant que quitte à critiquer, elle ferait bien d'ajouter sa pierre à l'édifice.
Que pense-t-il/elle de la légende de Regigigas ? : Livie aimerait beaucoup y croire. Elle trouve ça sympathique, comme idée, mais la royauté la met mal à l'aise et elle préfère donc se dire qu'il s'agit simplement d'un petit conte. Ce n'est pas comme si la figure d'un.e sauve.se.ur ne la rassurerait pas, mais ce mode de gouvernement étant contre ses idéaux, c'est un non. Un non un peu désolé, mais un non.

Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : Oh, ils n'ont pas l'air méchants, mais... Ça sent un peu l'élitisme, tout ça, non ? Pourquoi pensent-ils avoir les compétences pour toucher à l'Emergya, ou même à se poser comme les vrais progressistes de l'île ? On peut résumer sa pensée à ces quelques points, en résumant grossièrement. D'autant plus qu'elle ne comprend pas trop de quel droit ils s'estiment vraiment différent de la Compétition : pour Livie, il s'agit d'une autre compagnie privée qui tente de se faire une jolie image, tout en jouant au même jeu. Elle déteste l'impression qu'elle a que ses membres se pensent comme des anges purs et absolument dénués de toute mauvaise intention, contrairement aux autres. Il y a des fois mêmes où elle les trouve plus énervants que les affiliés à la Compétition.
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : Tout ça sent un peu trop l'ordre, l'autorité et le luxe à son goût. L'autorité et le marketing, la propagande, aussi. En tant qu'avocate, Livie est en contact direct avec la Milice, et elle n'apprécie pas toujours leurs méthodes. Ne parlons même pas de leurs pouvoirs qu'elle juge complètement excessifs dans l'application de la loi et dans le cadre du droit ; elle voit d'un très mauvais œil le fait qu'ils n'aient pas disparu depuis le retour du gouvernement. Si elle n'est pas foncièrement méchante avec les représentants de la Compétition ou les Élites, elle peut mordre lorsqu'elle estime qu'ils outrepassent leurs droits. Elle a évidemment hâte au moment où ils redeviendront de ce qu'ils sont à ses yeux : des acteurs de l'industrie du divertissement, ni plus, ni moins. Quelques écarts pourraient bien transformer son léger agacement en hostilité certaine.
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Livie les idéalise profondément. Elle les voit comme des combattants de la liberté, seuls à envisager un futur où personne n'aurait à suivre des ordres, et où tout le monde serait égal, où la répression et l'élitisme n'auraient plus court. Elle projette un peu ses désirs sur eux, en quelque sorte, et elle tend à minimiser les actes plus radicaux dès qu'elle en entend parler, glorifiant l'idée de révolution dans sa propre tête. Pour l'instant, elle soutient plus ouvertement les réformateurs que les révolutionnaires.

Alignement/Allégeance ? : Anarchistes, tendance Neutres. Elle ose pour l'instant tout juste les soutenir, mais son cœur est tout à eux. Elle finira peut-être par s'impliquer un peu plus, qui sait.
ET VOUS?
PUF/Surnom : Segnifer.
Âge : Un 0 précédé d'un 2.
Disponibilité : Bien trop souvent.
Comment avez-vous connu le forum ? : J'ai demandé au papa Nowel.
Suggestions ? : Faites des macarons, c'est bien les macarons.
Personnage sur l'avatar : A2 [Nier : Automata]
Code : Auto-mangé, gnam.
Autre : Je peux pas j'ai poney.


Dernière édition par Livie A. Vulpino le Jeu 28 Déc - 1:04, édité 6 fois
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Livie A. Vulpino
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MessageSujet: Re: Signals - Livie   Mar 26 Déc - 19:48

HISTOIRE
TW sur des thèmes abordés comme les maladies neurologiques, et les discriminations genrées

20 décembre 1996

« Drusilla ? Claudia ? Flavie ? … Leandro ? Leandro, tu m'écoutes ? »

L'homme aux cheveux blancs sursaute, éloigné de ses pensées par la voix impétueuse de sa compagne. Cette dernière, alors même qu'elle est encore décoiffée, qu'elle peine à tenir le crayon qu'elle utilise pour barrer tous ces noms, lui offre une moue blasée. Il s'essaie à un air désolé, mais il voit bien au sourire discret d'Olympe qu'elle ne lui en veut pas véritablement d'être aussi distrait. Il a toujours été comme ça, après tout. Jeune professeur en université, spécialiste des langues anciennes, Leandro Vulpino n'a jamais été autre chose qu'étourdi, doux et toujours un peu maladroit. Et Olympe mentirait si elle disait que ce n'était pas ça, aussi, qu'elle trouvait touchant chez lui. Cette tendresse dans ses gestes alors qu'il laisse les petites mains potelées du bébé toucher ses doigts, et cette lueur émerveillée dans son regard alors qu'il ne fait que regarder un visage rougi et qui, si il n'était pas celui de leur fille, il trouverait vraiment, vraiment laid. Il ne s'occupe même plus de se plaindre de la décoration inexistante de la chambre d'hôpital, ni du fait qu'il n'a pas pu faire rentrer la peluche géante qu'il avait acheté pour l'occasion.
Olympe souffle un peu. Elle se permet un sourire, rare chez elle. Ce n'est pas comme si elle avait une quelconque raison de s'inquiéter, après tout, alors elle se permet de se détendre, chose qui reste difficile après son accouchement, et dans la vie de tous les jours, en réalité. Elle se rassure en se disant qu'ils ont à peu près tout ce que la société leur vend comme rêve ; une rencontre du temps de leur jeune âge, une maison tout juste achetée dans un charmant quartier sans soucis avec des haies bien coupées et un gazon bien vert, un mariage dans les règles, et finalement, une petite fille. 

« On pourrait toujours prendre un prénom mixte, au cas où elle, il, enfin, tu vois... »

Olympe cligne des yeux. Ses lèvres se pincent durant quelques secondes, quand elle comprend la raison de l'hésitation timide de Leandro. Elle se crispe, mal à l'aise, ne sachant pas comment se fixer sur ce que les médecins lui ont dit comme « des choses qui arrivent, c'est juste comme ça ». En 1996, pourtant, c'est un sujet qu'elle n'a jamais eu trop l'occasion d'entendre, et elle ne sait pas comment elle est supposée réagir. Et, même si elle aimerait ne pas l'avouer, c'est quelque chose qu'elle n'aurait pas aimé voir dans la famille dont elle rêve. Leandro, lui ne semble pas tant embêté qu'un peu perdu, mais sincèrement intéressé. Gênée par cette aisance de son compagnon, elle reprend la parole rapidement.

« Livie, c'est joli.
- Vrai que... »

Il rigole un peu en voyant l'enfant ouvrir sa bouche, un peu à la manière d'un poisson qui tenterait de gober un ver, alors qu'elle ne fait qu'inspirer. Il hoche un peu de la tête. Il aime bien ça, comme prénom. Il se relève tout naturellement, voulant déposer le bébé dans les bras de sa mère maintenant qu'elle a cessé de martyriser ainsi son carnet, mais il s'arrête en plein chemin. Son pas est lent, et il en fait un de travers. Il tangue un peu, et sa vision blanchit. Par réflexe, il a le temps d'utiliser son bras libre pour se stabiliser sur le bord du matelas. Olympe, inquiète, passe au delà de la douleur que lui inspire son mouvement en posant sa main sur la sienne, les sourcils froncés, une lueur apeurée dans ses yeux gris.

« Tu as pensé à consulter ?
- Ne t'inquiètes pas, c'est juste le stress. Je dois juste ralentir sur les traductions et les corrections de copie, tu me connais. »

Son sourire calme et sa mine tranquille ne devraient pas suffire à lui faire croire que ce n'est rien. Ce n'est pas la première fois. Mais elle a tellement envie d'y croire, que, serrant un peu plus Livie contre elle, elle hoche de la tête.

--

1996-2001

Livie grandit dans la ville d'Anula, dans un quartier plutôt rupin, loin de toute trace de misère et de désespoir. Entourée chaleureusement, elle ne peut pas dire qu'elle garde de très mauvais souvenirs de sa petite-enfance, du moins, de ce qui lui en reste. Peut-être vous dira-t-elle que ce sont les goûters de quatre-heure, qu'elle passe à dévorer des tartines de beurre et de cacao devant des dessins animés en compagnie de son père, toujours le nez dans des vieux livres, qui lui suscitent les plus douces chaleurs dans sa poitrine. Ou les fausses moues sévères de sa mère lorsque, entre deux courses urgentes, elle la laisse filer vers le manège du centre commercial de leur quartier, perdant un temps qu'elle n'a pas l'impression d'être inutile, le visage rougi par l'excitation. L'absence de Pokémon durant son enfance ne la marquera pas trop, supportant cette interdiction de ses parents (une vague histoire d'un vieux traumatisme de sa mère) en regardant ceux qu'elle croise dehors avec une adoration toute naturelle. Et, aussi malhonnête qu'elle soit, elle dira que la naissance de sa petite sœur était peut-être le plus beau dont elle se rappelle ; en réalité, elle aura pleuré toute la journée sur sa chaise suite à quelques caprices assez peu glorieux, mais c'est l'intention qui compte.
L'entrée à l'école est difficile. Elle est, comme tant d'autres, la scène de pleurs, de cris, et tout un tas de difficultés naturelles devant cette première séparation. Si Leandro tente de la rassurer comme elle peut, Olympe pense que cela lui passera, et ils sont tous deux trop occupés par leur cadette et leur travail pour véritablement s'inquiéter du malaise de leur fille. Et quelques mois plus tard, sur le chemin du retour, alors que la fillette rajuste son cartable bien trop gros pour elle, son père s'étonne de la voir avancer à pas aussi rapides vers l'entrée.

« … Tu as envie d'y aller, blanco ? »

La petite hoche vivement de la tête, gonflant ses narines et la poitrine pour se donner l'air fière. Elle tient fermement les lanières de celui-ci, un sourire un peu bêta sur son visage. Encore une fois, son paternel est obligé de rattraper sa petite main qui s'échappe, file, comme si elle cherchait à s'évader sans s'en rendre compte.

« Les autres y z'écrasent les fou'mis. Mais c'est mes copines, alors y faut que je sois là pour pas qu'ils fassent ça ! »

L'homme aux cheveux blancs cligne des yeux, mais finit par glousser, et secoue la tête de droite à gauche, un peu désabusé. Puis, tendrement, ses mains ébouriffent la chevelure de la fillette qui, heureuse de recevoir cette attention positive, note dans un petit coin de sa tête que sauver des choses, c'est bien. Ils l'ont vu à la télé ensemble, après tout.

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Été 2003

« Maman, Agrippine elle fait rien qu'à pleurer et me pincer ! »

Olympe claque de la langue en relevant la tête de ses travaux, assise sur un banc dans le jardin de la maison des grands-parents paternels de la petite. Depuis qu'ils sont arrivés à Palerme, elle n'a pas eu l'ombre d'une seconde pour elle. La naissance à venir de leur prochain fils, et sa grossesse, n'aident en rien. Stressée, fatiguée, elle ne voit donc pas la nouvelle crise de sa fille d'un bon œil. Du haut de ses sept ans, la blanche lui secoue le bras avec insistance, ce qui crispe davantage la professeure, et cette dernière finit par lui adresser un regard sévère et fatigué. Pas même l'odeur habituellement rassurante du pain chaud pétri par son beau-père ne lui tire un peu de tendresse dans son regard.

« Livie, tu pourrais aussi aller jouer avec tes cousins, au lieu de rester enfermée !
- Mais je les aime pas ! Tatiana elle me tire les cheveux et je comprends rien à ce qu'elle dit ! »

Et ce n'était pas faute d'avoir essayé, pourtant. Ce n'était même pas juste ici, à vrai dire, car il n'était pas nouveau que la petite avait toujours du mal à se faire aux autres, ne s'adaptant jamais à leurs attendus, et se montrant trop caractériel, invasive, autoritaire à l'occasion. La barrière de la langue ne rend pas les choses plus aisées. Mais Livie ne comprend pas, et chaque rejet de ses cousins lui tire des larmes de rage. Elle renifle bruyamment, fronce les sourcils, tente d'avoir l'air brave. Elle doit l'être, de toute manière ; Olympe n'accepte rien de moins. Il faut qu'elle s'habitue, qu'elle se moule, qu'elle rentre dans les cases qu'on attend d'elle : c'est comme ça que cela fonctionne, et elle craint davantage ce qui pourrait arriver que les craintes de sa fille. Elle chasse d'ailleurs ses plaintes en ne rencontrant pas même son regard larmoyant, fuyant dans l'immensité pourtant très courte de ses livres de recherche.

« Fais un effort, aussi. Montre-leur ce que tu fais en gymnastique, tiens !
- Mais j'ai l'air stupide, en collants...
- Mais non. »

Bien sûr que non, qu'elle n'a pas l'air stupide. Elle ne peut pas avoir l'air stupide. Comme n'importe quelle bonne mère, elle a choisi ce qu'il y a de mieux pour son enfant. Elle comprendra plus tard, de toute façon.

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2005

« Et là, Réré, eh bah Lilo, la petite fille, elle trouve un alien qui s'appelle Stitch, et elle l'adopte ! »

Le garçon gazouille à côté d'elle, l'observant avec curiosité, et il glousse sans raison, plus concentrée sur la voix de son aînée que sur l'histoire qu'elle est en train de lui conter. Il a tout juste un an et quelques mois, après tout, mais il faut bien l'occuper, quand papa et maman sont occupés à travailler. Enfin, le livre ne sert pas à grand chose, en réalité. Comme d'habitude, elle se contente de réciter ce qu'elle a vu à sa façon, compensant ses trous de mémoire par des inventions ma foi plutôt originales ; quelques fois, Simba retrouve son père à la fin de l'histoire, car ce dernier avait tout simplement perdu son GPS pour rentrer à la maison. Mais Aurélien écoute, alors elle s'enthousiasme, elle essaie, elle donne des effets à sa voix, comme ce qu'elle entend quand elle accompagne papa à son travail. En faisant de grands gestes, un énorme sourire aux lèvres, elle saute presque sur place. L'enfant à côté rit plus fort encore.

« Et... Bouaaaah ! Le méchant Jumba sort un méga canon laser, et là, il tire sur la maison de Stitch et Lilo ! BOUM ! Donc Nani la grande attrape son robot géant et-
- ... Va rejoindre ses parents pour manger. »

La fillette laisse tomber les figurines playmobil qu'elle utilisait pour mimer la scène, avant de relever le regard vers son paternel qui les attend à l’entrebâillement de la porte, une moue amusée sur le visage. Livie ne perd pas un instant ; elle en oublie même de prendre la main de son frère pour qu'il la suive, mais elle se rattrape vite, et l'accompagne jusqu'aux escaliers. Tout le long, Leandro l'observe d'un air attendri, étouffant un gloussement quand il remarque qu'elle a encore mis ses vêtements à l'envers. Il prendra soin de les remettre avant qu'Olympe ne s'en rende compte, évidemment, mais il ne se sent pas tout de suite d'humeur à la faire se changer ; c'est assez futile, en soit.

« Allez, hop ! On se dépêche ! »

Pour cette occasion, il laisse Livie tenir la main d'Aurélien lorsqu'elle lui fait descendre l'étage lentement, jetant tout de même des coups d’œil de temps à autre pour s'assurer qu'aucune catastrophe n'arrive. Durant une seconde, pourtant, il voit noir.
Il n'y a plus rien. De violents acouphènes lui prennent les oreilles, et l'une de ses jambes chavire. Livie ne saurait pas dire laquelle. Il tombe tellement vite, tellement brusquement, qu'elle ne peut que s'immobiliser, gelée alors qu'elle le voit dégringoler comme l'un de ses jouets qu'elle jette négligemment entre les étages. Les sont lui agressent les oreilles, et elle n'entend pas un seul grognement de douleur. Interdite, elle ne bouge pas de suite. Elle ne sait pas encore trop ce que c'est, le sentiment froid dans sa poitrine, celui qui lui donne la sensation d'être glacée sur place, et qui fait remonte un haut-le cœur dans toute sa gorge. Elle ne l'identifie pas, trop jeune encore. Ses mains se mettent à trembler. Aurélien geint, et elle ne réalise qu'à ce moment qu'elle s'est à ce point crispée. Ce n'est pas elle qui bouge. C'est Agrippine qui, s'inquiétant de leur retard, s'était rapprochée. Ses yeux s'écarquillent d'épouvante, et elle accoure au côté de son père pour tenter de le secouer et le réveiller. Livie, elle, ne bouge pas.

« … Papa ? Papa ! »

La chute n'est pas grave. Quelques hématomes, rien de plus, et une syncope ratée pour Olympe, ainsi que des pleurs pendant une bonne demie-heure pour les enfants, mais rien de bien grave. Lorsque Leandro glousse en énonçant le fait qu'au moins, il n'aura pas à aller chez le dentiste pour se faire retirer cette dent qui lui faisait mal au final, il se prend un petit coup sur la tête de la part de son épouse, qui, amusée, ne peut malgré elle retenir un sourire. Cela suffit, pour l'instant. Mais Livie cligne des yeux, et elle fronce un peu les sourcils. Le sourire de maman a l'air faux. Et elle est presque sûre, mine de rien, que sa main se tend un peu trop contre sa manche.

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Décembre 2008

La voiture soubresaute un peu en passant sur un énième nid de poule. Livie ne s'en préoccupe pas, la tête posée contre la vitre de la fenêtre à travers laquelle elle regarde les rues, silencieuse. Elles ont l'air étrangement vides, ces temps-ci. Elle ne demande pas pourquoi. Elle est assez grande pour savoir, de toute manière. Pour une fois, elle n'a pas eu à demander ce qu'était le Régime : elle le voit assez tous les jours. Elle se permet un coup d’œil aux hommes de blanc qui défilent fièrement dans les rues, se crispant malgré elle, hantée par la crainte que, d'une quelconque manière, ils aient pu l'entendre. Papa ne dit rien, d'ailleurs. Il a l'air sérieux, comme il ne l'est que rarement. Enfin, ces temps-ci, il paraît toujours plus concentré, toujours plus attentif, mais plus fatigué, aussi. Les cernes sur son visage se creusent, et ses gestes sont plus lents. Il sourit moins, quand il le fait. Mais Livie ne pose pas de questions. Maman a déjà dit que c'était impoli de se mêler des affaires des autres.

« Ils ont dit que la maman de Clovis, elle ne reviendrait pas. »

Mais elle le fait tout de même. Parce que Papa n'est pas Maman. Elle ne cherche pas de réponses dans son regard, car elle sait qu'elle n'y retrouvera rien d'autre qu'une fatigue et un calme qui lui font peur, depuis quelques temps. Il y a peu de force dans sa voix. Si elle était assez lucide quant à elle-même, elle y reconnaîtrait un peu de colère. Un peu d'indignation, aussi, comme celle qu'elle ne peut qu'avoir, elle qui a toujours joué aux héroïnes dans la cour de récréation.
Négligemment, elle joue avec sa natte mal faite, comme elle a l'habitude de le faire dès qu'elle sent la nervosité la parcourir. Elle n'a jamais pu retenir ses gestes nerveux dans ce genre de cas, de toute façon. La voiture s'arrête un instant, et Papa ne dit toujours rien. Il faut attendre qu'un soldat armé leur fasse signe qu'ils peuvent passer pour qu'elle ait le courage d'insister.

« Enfin, son père est en prison, donc lui il reviendra, c'est ça ? Et la maman de Clovis, elle est comme mamie, elle est morte ?
- Mamie n'est pas morte, elle est juste... »

L'homme soupire. Son visage est aussi blanc que ses cheveux. Il trifouille sur son levier de vitesse, et si Livie ne le fait pas remarquer, elle sait que cela signifie qu'il est mal à l'aise. En se mordant les lèvres, elle étouffe le sentiment de culpabilité qui lui passe par la tête.

« Elle est juste pas là ? 
- Elle est là, mais pas là. Tu comprends ? 
- Non, pas trop, papa. »

Il a l'air triste. Et stressé, aussi, pour elle ne sait quelle raison exactement. Les épaules de la jeune fille se haussent, et elle baisse les yeux.

« … Je suis pas bête, hein ? Noémie, elle a dit que je suis juste une grosse neuneu. »

Ce n'est pas comme si c'était la première. Livie ne s'est jamais illustrée par ses bonnes notes, après tout. Médiocre et sans plus, confuse, brouillonne, seuls ses efforts lui permettent de garder la tête en dehors de l'eau. Et puis il y a ses intérêts, aussi, son tempérament étourdi, distrait, toujours un peu fantasque et ailleurs. Ses quelques rondeurs, qui ne passent définitivement pas auprès de certains, et son appareil dentaire. Livie ne comprend pas vraiment. Peut-être qu'ils ont raison, après tout ; elle en viendrait presque à le croire. Si elle n'est même pas capable de saisir ce qui passe par la tête de Papa, alors...
Mais l'adulte, qui était plongé dans un mutisme complet jusque là, esquissa un sourire rassurant. Les yeux de Livie se rivèrent sur celui-ci, comme si elle voulait l'imprimer dans son esprit, ou s'assurer qu'il était bien là, et que ce n'était pas un mirage quelconque auquel elle aurait bien aimé croire.

« Ta copine Noémie, là-
- C'est pas ma copine, elle pue.
- Oui, enfin, cette fille. Elle peut faire la grande roue comme tu la fais ? »

Livie glousse un peu, mais son sourire est moins grand qu'elle n'aimerait qu'il le soit. La gym, elle n'aime pas vraiment ça, en réalité. C'est Maman qui l'y a inscrite, car « il faut que tu fasses du sport, Livie, c'est comme ça, tu ne veux pas grossir, non ? », et elle a écouté, car Maman doit avoir raison. Elle y va religieusement, deux fois par semaine, sans jamais se plaindre, car c'est bien le seul moment où elle a l'impression qu'on est fier d'elle. Où l'on la regarde avec des étoiles dans les yeux, et une admiration débordante. Où elle est douée, en réalité, même si elle ne doit sa réussite qu'à ses efforts acharnés. Et s'en rappeler lui donne l'énergie pour esquisser un sourire plus sincère.

« Non. Elle, elle mange encore ses crottes de nez ! J'l'ai vu un coup, elle était grosse comme ça celle qu'elle a mangé ! »

Papa lève les yeux au ciel et grimace de dégoût, lâchant un petit 'beuh' théâtral par la même occasion. Son gloussement fait briller une étincelle joyeuse dans les yeux de la jeune fille. Ce n'est pas la première fois qu'elle le remarque, que faire le clown fait sourire les gens. Et elle aime beaucoup l'effet, à vrai dire. Elle serait bien capable de le faire tout le temps, tant que son père garde cette expression sur son visage et ne redevient pas l'homme austère et perdu qu'il semble être ces temps ci. Tant que son regard est tourné vers elle, comme maintenant. Tant qu'il la voit.

« On va emmener Aurélien à la maison, puis on va aller au cinéma ensemble, qu'est-ce que tu en dis ? »

Imaginer le goût sucré du pop-corn et le confort paradoxalement inconfortable des fauteuils rouges la fait presque sursauter sur place. Elle hoche vivement de la tête. Ce sourire de Papa, Livie veut continuer à le voir. Sur le visage de Maman, aussi, sur celui d'Agrippine, et sur la mine aux joues rondes d'Aurélien aussi.  
Il s'efface vite, pourtant, celui-là. Aussi vite qu'arrive la voiture en face, que Papa ne voit pas. Aussi vite qu'elle les percute.

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2008-2012

« Non, ton père n'est pas fou. Il a juste... Besoin qu'on s'occupe de lui, c'est tout. »

Avant tout ça, Livie n'aurait pas su vous définir où se trouvaient les artères. Ni vous lister précisément ce qui peut arriver lorsque l'alimentation en sang de plusieurs d'entre elles est coupée. Depuis, elle peut, parce qu'on lui a répété plusieurs fois, à chaque occasion où, tremblante dans sa chambre d'hôpital, elle s'inquiétait de savoir si il allait bien. Livie ne comprend pas vraiment pourquoi elle, elle s'en est sortie sans séquelles, hormis quelques vagues côtes fêlées. Il n'y a rien de vraiment logique, en soit. Un accident de voiture, c'est commun. Terriblement commun.
Papa n'est plus le même, pourtant, depuis. Aussi ironique que ce soit, si il s'en est juste sorti avec un os cassé, ce n'est pas ça, le souci. Non, le souci, ce sont les deux longues minutes où son cerveau n'a plus été oxygéné. Les deux minuscules minutes qui n'ont servi que d'étincelle pour un brasier qui allait s’embraser bientôt, sans qu'elle ne le sache.

Elle est assez grande, lui dit-on. Assez grande pour comprendre, également. Livie n'est pas sûre. Elle n'a plus envie. Mais c'est trop tard. Elle sait ce que c'est, maintenant, la Chorée de Hungtinton. Elle sait que si Mamie n'a plus vraiment sa tête, c'est à cause de lui. De ce monstre qui sommeillait dans les veines de son père, et qui patiente peut-être dans les siennes également. De celui qui fait trembler les doigts de Papa, qui lui provoque des spasmes, qui le fait tomber au sol comme un jouet cassé, de la bave entre les lèvres, les yeux en dehors de leurs orbites.
Celle qui fait qu'il doit rester à la maison, maintenant, sous peine que son état empire, ou même qu'il ne se blesse. Il n'a pas l'air d'aller si mal que ça, pourtant, des fois. Il essaie de travailler, même, le nez dans ses vieux livres, plissant les yeux devant son écran d'ordinateur pour essayer de déchiffrer ce que ses collègues lui envoient. Maman le laisse faire. Livie croit comprendre que c'est pour qu'il ne déprime pas. Le frigo, lui, en attendant, est de plus en plus vide.

Sans surprises, il faut déménager, dans un appartement bien plus étroit que leur ancienne maison. Agrippine et Aurélien pleurent à chaude larmes, mais Maman ne démord pas en poussant Papa de son fauteuil, qui jette des regards désolés et fatigués envers ses enfants. Livie sourit, elle. Ses doigts pincent la peau de sa main pour qu'il ne tombe pas, mais elle sourit. Elle essaie de faire le clown, de dire n'importe quoi de grotesque qui pourrait bien détendre l'atmosphère, mais elle est seule.
Il n'est plus là pour venir la chercher lorsqu'elle sort du collège, maintenant. Elle est seule lorsqu'elle fait le chemin à pied le long des dalles d'Anula, lorsqu'il faut prendre Aurélien à l'école, lorsqu'il faut aider Agrippine à faire ses devoirs. Elle est seule aussi, les soirs. Parce que Papa n'est plus vraiment là. Il devient comme Mamie, petit à petit, très lentement. Il oublie. Il crie, parfois. Il hausse le ton, sans savoir ce qui se passe. Souvent, il ne la reconnaît pas. Pour être honnête, Livie ne le reconnaît plus non plus. Maman, elle... Elle n'osera pas le dire, mais elle ne la reconnaît que trop bien.
Livie change, elle aussi. La puberté lui fait passer un sale moment, que ce soit à cause de douleurs trop fréquentes, de crises boutonneuses et de son appareil dentaire, ou encore ce constant besoin de se fixer quelque part, d'évoluer en dehors de ce cadre devenu peu à peu aussi étouffant que la prise qu'aurait un fauve sur sa gorge. Elle ne peut pas, pourtant, car sa vie est rythmée aussi précisément qu'une horloge. Maman veille au grain.

« J'y vais. J'ai mis des plats à réchauffer dans le micro-ondes. N'oublie pas qu'Aurélien doit être couché à vingt et une heure, et qu'Agrippine a des devoirs à terminer. Et pour ton père, pense à le faire sortir un peu, il a besoin d'air.
- Hm-hm, je sais.
- J'ai laissé mon numéro sur le frigo, si tu en as besoin. N'appelle qu'en extrême urgence.
- Tu vas où, maman ?
- Au travail. 
- Mais où, au travail ?
- Au bureau. »

La réponse est sèche, presque autant que le claquement de la porte d'entrée, signe qu'elle est déjà loin. Rien de nouveau, en soit. Livie n'attendait pas de réponse à sa question faussement innocente. Elle sait déjà. Jeter un coup d’œil au courrier de Maman n'a pas été si compliqué. Ce n'est pas comme si le Régime n'avait pas besoin de main d’œuvre. Alors oui, ce n'est pas très mature, de la provoquer. D'espérer susciter une réaction ainsi. Mais c'est bien la seule chose qu'elle peut faire, elle qui n'est qu'une adolescente banale, sans talent particulier autre que celui de faire des figures avec ses jambes et ses bras. Elle qui voit des parents d'amis disparaître, des regards se voiler, des gens murmurer honteusement et avec humilité leur souffrance, comme si ils en étaient les seuls coupables. Alors Livie estime, sans reconnaître le sentiment froid et bouillonnant dans ses veines, qu'elle a le droit à ce petit geste inutile. Elle est la seule à se torturer, pourtant : la sensation ne disparaît pas par ces petits riens. Elle semble même s'en nourrir, mais elle refuse de le voir.

Livie n'a même pas relevé les yeux de son ordinateur, seul compagnon fiable depuis quelques années. L'écran parle tellement plus que sa famille, en réalité. C'est devenu le seul qui répond à ses questions, à ses doutes, à ses exclamations indignées. Le seul qui l'informe, aussi. Ses yeux curieux et avides d'informations dévorent tout ce qu'elle trouve, tout ce qui peut susciter son attention durant juste une seconde. La politique n'est pas quelque chose à laquelle les adolescentes de son âge s'intéressent en temps normal, mais elle ne peut pas s'en empêcher. Elle est comme happée par ce monde aux mécanismes si étranges et passionnants. Elle lit des journaux français, belges, italiens ; peu lui importe, tant qu'ils lui disent quelque chose. Tant qu'ils lui apprennent ce que c'est, la vie sous une démocratie, parce qu'elle était trop jeune lorsqu'Enola l'était encore. Elle peut en rêver, de ce monde qu'elle aimerait tellement voir renaître.

Ce monde qu'elle s'aventure à découvrir, progressivement, de moins en moins surveillée alors que les années passent. Qu'elle ait 14 ou 15 ans, on ne lui demande plus ce qu'elle fait, ni où elle va. Ni ce qu'elle cherche, quand elle s'aventure dans les quartiers les défavorisés, ou même quand elle suit le cours de la rivière Tulus lors de ses quelques après-midi de liberté. C'est là qu'elle y rencontre, à chaque fois, une Insolourdo qui, jouant avec la terre de la rive, attire son attention. Elle refuse d'écouter les commentaires d'Agrippine qui insistent pour qu'elle lâche la créature, qui « a l'air bête comme ses pieds ». Pour Livie, sa sœur a tort. Et cette petite chose lente, un peu perdue, au regard lointain, elle ne la trouve pas bête. Elle fait sûrement les choses à son rythme, elle aussi.

« Moi, j'trouve que t'es super mignonne, en tous cas. »

Et Lilo sourit, parce que Livie l'appelle ainsi. Elle n'a pas de pokéball, parce que Lilo est libre, elle. Livie n'a jamais eu ni connu de pokémon d'aussi près, avant, et c'est sans surprise que l'Insolourdo la fascine. Alors Lilo devient son amie, ou du moins elle aimerait la considérer comme telle. Mais Livie n'ose jamais, parce que des amis, elle n'en a pas beaucoup. Elle n'en a pas du tout, même, car personne ne reste, au final. Les années passent, les déménagements se suivent, et elle n'arrive pas à nouer des liens, sans jamais vraiment comprendre pourquoi, et elle aimerait saisir. Elle aimerait saisir ce monde qui ne fait pas sens, mais qu'elle observe de toutes ses forces, et que ses iris bleutés se plaisent à dévorer. Ce monde, que, quelque part, Lilo lui fait découvrir à chacune de leur sortie dans la jungle. Mais elle ne franchira jamais la porte de la maison. C'est tant mieux. Livie ne veut pas qu'elle voit ça.

L'état de santé de Papa se dégrade. Il y a alors un nouveau déménagement, dans un appartement luxueux du centre-ville, bien plus grand, et le frigo se remplit de nouveau. Maman sourit aux repas, heureuse, alors que l'on doit tenir la mâchoire de Papa pour qu'il puisse simplement manger sans s'étouffer ou se mordre la langue. Elle continue de dire que ça devrait aller mieux. Que le Régime va les aider, qu'ils trouveront sans aucun doute un remède, qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Livie lui rend son sourire, parce qu'elle a l'impression étrange qu'elle ne la regarde plus vraiment, et qu'elle est loin, maintenant. Des fois, elle se demande si c'est vraiment Papa qui n'est plus totalement là.

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Octobre 2012

« On veut pas être dans le même vestiaire qu'un... qu'un truc dégoûtant comme toi ! T'as qu'à te faire opérer ! T'es aussi dégueue que ton Insolourdo, là ! »

Elle ne devrait pas les écouter. Papa lui avait déjà dit qu'elle n'avait pas à se sentir honteuse, ni à laisser ce que les idiots disaient la toucher. Pourtant, l'école leur a donné raison. Les parents d'élève ont eu raison. Pourtant, elle doit arrêter la gymnastique, seule activité dans laquelle elle s'est jamais sentie douée. Elle n'est même pas capable de rejeter leurs propos, ni même de se rebeller. Son corps tout entier tremble, et les larmes montent vite, trop vite, comme à chaque fois, parce que Livie n'a jamais été autre chose qu'émotive. Elle n'est pas comme Maman, ou même comme toutes ces grandes femmes politiques qu'elle admire avec de grands yeux brillants derrière un écran. Non, elle n'est rien, elle.
Alors elle a fui, elle a couru, sauf qu'il n'y avait personne pour la récupérer. Personne hormis Lilo, dont les grands yeux ronds sont remplis d'inquiétude, alors qu'elle bouge sa tête dans le cou de l'adolescente, tentant comme elle le peut de calmer sa crise de larmes.

« Elles sont bêtes, hein, Lilo ? Elles sont toutes... »

Livie serre les poings. Sa respiration est hachée, coupée, et elle se sent pathétique. Stupide, même. Il y a longtemps qu'elle n'a pas pleuré comme ça. Elle ne sait même pas pourquoi elle pleure autant. Elle ne devrait pas, mais c'est plus aisé à penser qu'à faire. La jeune fille serre doucement l'Insolourdo contre elle, et ferme les yeux. Elle expire comme elle le peut, comme Papa lui a appris. Mais il ne lui a pas dit que ça, et elle veut s'en souvenir. Elle veut se rappeler de tout ce qu'il disait avant ça. Et elle sait ce qu'il aurait dit.

« Elles avaient pas à t'insulter. T-t'es pas dégueue. Ee-et, et moi non plus. »

Non, elle ne l'est pas. Il n'y a aucun problème chez elle ; elle l'a toujours su. Et le sentiment dans sa poitrine revient, le même qu'elle ressent lorsque Maman part travailler. Une colère froide, puissante, qui lui agite les intestins depuis tellement longtemps qu'elle avait fini par la confondre avec de la résignation. Mais elle s'agite ses tripes, secoue sa chair, et Livie renifle bruyamment. Elle enlève la morve de son nez, aussi dégoûtant que ce soit en n'ayant que sa main pour ça, et elle sèche ses yeux comme elle le peut.

« C'est pas juste. C'est pas juste que tout le monde ne s-soit pas traité pareil. M-moi, je... »

Ses pensées s'emmêlent. Ce n'est plus juste une bête histoire d'insultes de lycéennes. Tout ça va au delà de l'injustice présente, en vrai. Ce n'est pas juste non plus, que d'autres meurent de faim alors que son assiette regorge inutilement de nourriture. Qu'ils aient à écouter les paroles du Général Politique, sans jamais pouvoir donner leur avis, sans jamais pouvoir construire ce pays qui est le leur. Que certains finissent en prison, ou pire, car elle n'est pas aussi sotte que le croient ceux qui ricanent dans son dos. Alors elle ravale ses pleurs, ravale sa salive, et même si ses genoux tremblent et que son regard est encore noyé de larmes, elle sourit sincèrement, l'air fière, une lueur déterminée dans le regard.

« J'-j'vais leur clouer le bec, tu vas v-voir ! Et on v-verra que j'avais raison ! »

Tout ça prendrait le temps qu'il le faudrait. Mais si elle peut faire une chose, elle qui subsiste grâce au Régime, elle qui n'aura peut-être plus tout sa tête dans trente ans, alors ce sera avec joie.
Mais elle n'intègre pas la Résistance. Elle tourne les talons au dernier moment. Elle se promet, toutefois, qu'elle trouvera quelque chose d'autre.

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Juillet 2013

« C'est madame Turnac, qui a gagné ? »

Leandro relève un peu la tête. Ses yeux bleus délavés cherchent des réponses dans ceux doux, tranquilles, mais neutres de sa fille. Livie ne dit rien alors qu'elle termine de débarrasser la table, puis qu'elle rajuste la poche de transfusion. Elle est seule, dans la cuisine. Comme d'habitude. Agrippine ne supporte plus d'être dans la même pièce que leur père depuis longtemps. Aurélien, lui, doit encore être ailleurs. Et Olympe... Pour être parfaitement honnête, Livie ne se pose même pas la question, et elle se demande avec curiosité si cela fait d'elle une mauvaise fille.
Avec une douceur infinie, l'adolescente débarrasse la serviette attachée au cou de son père, et remet  ses cheveux en place, sans répondre à sa question. Malheureusement pour elle, sa prise s'est un peu raffermie lorsque le nom d'Eliza Turnac a été prononcé.

« Je l'aime bien, vous savez. Elle a des bonnes idées. Elle a été réélue, alors ? Vous parliez d'elle, je crois.
- Oui, Papa. Tu veux aller faire un tour ?
- Tatiana, qu'est-ce que tu fais là ? »

Livie ne réagit pas. Elle ne réagit plus, à vrai dire ; rien d'inhabituel à ce qu'elle soit confondue avec sa cousine, quand ce n'est pas sœur. Il y a longtemps qu'elle a arrêté de s'en offusquer. En souriant, elle avance le fauteuil vers le petit jardin de l'arrière, là où elle sait que personne ne les verra. Elle a pris des risques aujourd'hui, après tout, et elle le sait.

« Rien, rien, ne t'inquiètes pas. Je vais te montrer un truc, tu vas voir ! »

Et, honnêtement, le grand sourire de son père lorsqu'il avait vu Lilo valait toutes les punitions du monde lorsque sa mère l'avait appris. Parce que c'était aussi pour ces rires-là, qu'elle continuait de faire vivre le sien. Pour tous ceux qui, comme son père, ont besoin d'aide ; tant de petites fourmis qui lui ressemblent. Peu importe que la reconnaissance ne vienne pas : les actes restent.

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2013-2015

Livie n'a pas une adolescence particulièrement remarquable, en réalité. Alternant entre les cours où elle s'ennuie à mourir et passe plus de temps à dessiner et lire tout ce qu'elle trouve qu'à vraiment étudier, sa vie stagne quelque peu. Elle manque d'ailleurs de redoubler sa seconde de peu, trop insouciante et irresponsable quant à son travail. Ses relations sociales continuent de stagner et, isolée, elle tente de plus en plus de se faire remarquer, s'adonnant même à des pratiques quelque peu douteuses, comme trifouiller des ordinateurs de son lycée ou prendre des risques inutiles dans des activités à sensations fortes. Elle tente de se faire élire chaque année déléguée de sa classe, mais ses discours pompeux, ses grands airs et le fait qu'elle prenne tout ça bien trop au sérieux balaient toute sa bonne volonté et ses intentions plus 'nobles' (tant bien est que l'on peut prendre une élection de délégués au sérieux). Elle ne perd pas espoir, pourtant, pour une raison probablement aussi simple qu'elle est juste têtue comme une mule.
Elle s'ennuie, pourtant. Livie n'aime pas ça, alors elle cherche de quoi s'occuper. Dans sa chambre trop grande pour elle, et car sa mère ne vérifie jamais ce qu'elle commande, disant 'oui' à tout depuis qu'elle a été promue dans le Régime, elle se met à trifouiller des appareils électroniques plus sophistiqués. Elle s'amuse à démonter et remonter son ordinateur, vague sur le net à la recherche de tutoriels, tant que cela l'occupe. L'occupation passagère finit par devenir un intérêt, puis une obsession. Elle ne dort plus beaucoup, et ses yeux sont rougis par le temps qu'elle passe devant l'écran, mais peu lui importe.

En 2013, elle finit par côtoyer des réseaux ombrageux d'internet sous le pseudonyme de L0k1 (on a tous été jeunes, hein). Si elle est quelque peu craintive au départ, sa curiosité dépasse de loin toute méfiance qu'elle aurait dû avoir : elle saute à plein pieds dans un univers auquel son cadre familial fermé n'aurait pas dû lui permettre d'accéder. Elle mentirait si elle disait qu'elle n'avait pas adoré ça.  Elle croque le risque à pleines dents. Insouciante, elle ne mesure ni ne comprend les risques énormes qu'elle fait courir à sa famille. Peut-être trop égocentrée, elle ne se pose jamais vraiment la question. Et, par un coup de chance, elle n'aura jamais l'occasion d'être bouleversée dans ses convictions à ce propos. Pour elle, c'est l'occasion de venir en aide à la Résistance, enfin, même lentement, le temps de se former : le reste compte bien peu. La justice avant tout, n'est-ce pas … ?

Pourtant, cette même année, quelque chose d'autre la perturbe. Un vieux problème, qu'elle n'avait jamais vraiment identifié avant, car elle avait d'autres choses à penser. Un vieux béguin pour un pote du collège perdu de vue, Clovis (oui, ses parents avaient été aussi cruels que les siens), qui s'était ravivé lorsque ce dernier lui avait balbutié une demande de sortie dans le bus qui les menaient jusqu'à un établissement où ils devaient passé un bac blanc. Un peu curieuse, et surtout à cause de ça en réalité, elle accepte, l'air de rien, ne saisissant pas pourquoi l'autre était aussi gêné. C'est un vrai désastre. Elle a a peine eu le temps de faire le premier semestre de sa licence de droit que tout cela se termine vite.
Livie ne saisit pas ce qui est attendu d'elle. Peu attentionnée, assez désintéressée, donnant rarement de ses nouvelles, elle enchaîne les faux pas qui vexent de plus en plus son copain de l'époque, et c'est sans surprise que leur relation se détériore. Elle réalise, lentement, que son béguin n'était rien de plus que ça, et passé les quelques semaines de curiosité, il s'était éteint aussi vite qu'il était né. Elle n'a pas trop d'hésitation à mettre un terme à cette relation qu'il n'en avait que le statut, mais la séparation se passe mal. Très mal. Clovis est vexé, son ego heurté par ce rejet et le traitement que lui réserve l'adolescente aux cheveux blanches. Quant il tente de l'embrasser de force, elle réagit vite, et parvient à s'échapper. Mais il a été trop curieux, et en profite pour confirmer quelque chose que Livie avait toujours su ; il ne vaut mieux jamais révéler son intersexuation. Ses cris dégoûtés, pourtant, ne la font pas pleurer comme cela aurait été le cas avant. Tout au plus hausse-t-elle les sourcils, moqueuse face à cette démonstration de stupidité crasse, et, comme motivée par une envie de d'être tatillonne, elle fait reconnaître le Neutre comme genre sur sa carte d'identité. Un peu stupidement, d'ailleurs, elle jette des coups d’œil émerveillés et des sourires béats face à cette simple inscription qui vaut tous les silences gênés de sa mère en l'apprenant, de loin.

De toute façon, leur relation continuait de se dégrader peu à peu. Et sa participation à la Marche Pacifique de Juillet 2015 n'avait pas aidé. Par miracle, Livie s'en était sortie indemne. Leur entente, en revanche, non. L'adolescente était sûre, avec du recul, que claquer la porte à ce moment-là avait constitué la rupture définitive qui n'avait jamais été officialisée avant. Lilo, comme à son ordinaire, l'avait accueilli avec joie : elle avait bien eu besoin de ça pour garder la tête froide.

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2015-2017

« Tu vas voir, Réré, ça va être drôle. J'te le promets. »

Elle serre doucement la main de son cadet, mais elle voit bien qu'il a peur. Que passer à côté des soldats est de plus en plus dur, car ils sont tendus. Tout le monde l'est. Olympe dit que c'est de plus en plus compliqué de gérer la Résistance, ces derniers temps, et pour tout dire, Livie n'avait pas besoin d'elle pour le voir. Elle le sait déjà aux échanges qu'elle intercepte et transmet, même si elle ne saisit pas vraiment l'inquiétude des autres. La peur d'Aurélien, elle ne la saisit pas. En quoi est-ce que une mauvaise chose, que les résistants gagnent du terrain ?
Alors elle tente de lui changer les esprits. Elle parle de sa seconde année de droit à la fac d'Amanil, où elle a déménagé il y a peu. Du fait qu'elle trouve enfin des choses qui l'intéressent, et qu'elle aimerait bien lui faire visiter la pâtisserie qui se trouve à quelques pas du bâtiment où elle passe une bonne partie de son temps. Elle essaie. Elle essaie, parce qu'elle sait qu'elle n'y arrivera pas. Et peut-être qu'elle le fait surtout pour elle, aussi, ne serait-ce que pour se changer les idées. Parce qu'elle sait, au fond, ce qui se profile. Alors elle se plonge dans ses études, dans ses codages informatique, partout. Partout, sauf devant le danger

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Fin Août 2017

« Elle va bien, Lilo ? Ah, elle doit aller bien. Elle est vraiment gentille, cette Insolourdo. »

Livie expire un grand coup. Elle remet en place les dernières affaires de son père dans les armoires de la chambre d'auberge qu'ils vont habiter pour... Pour un moment, au moins, elle ne saurait pas dire combien de temps exactement, et elle ne préfère pas y penser. Elle ignore les propos de son paternel, et plie religieusement les vêtements, sachant que sa mère risquerait de s'énerver dans le cas où elle ne le ferait pas. Dehors, la foule grouille. Les gens se bousculent, s'embourbent et se perdent dans des allées rendues noires de monde par les immigrations récentes. Ils en font partie, eux aussi. Ils ne seront pas les derniers, de toute manière. Tranquillement, elle ferme les volets. Elle croise durant quelques secondes le reflet de ses yeux rougis et fatigués dans la vitre, et elle se crispe. Un énième sursaut fait s'agiter ses épaules.

« Tu me la ramèneras ? Ça me ferait plaisir. Elle était tellement gentille... C'est vraiment dommage qu'Olympe n'en ait jamais voulu, de Pokémon. »

Ses jambes tremblent. Elle se mord les lèvres, et tente de chasser les larmes, mais c'est trop tard. Ses genoux fléchissent. Ses épaules se haussent, sa poitrine s'élève et se descend à des rythmes de plus en plus irréguliers. Elle ne peut pas répondre. Elle ne peut pas lui dire.

« Livie ? Livie, tu vas bien ? »

Oui, ça ira. Il faut que ça aille. Elle tente de s'en convaincre, mais c'est peine perdue.
Les images remontent, l'assaillent, et elle a l'impression que ses poumons sont remplis d'eau de nouveau. Qu'elle va de nouveau être avalée par les flots, comme lorsqu'elle a été dévorée par cette bouche d’égout ouverte. Quand elle aurait dû mourir. Elle avait senti l'eau descendre sa gorge, son œsophage. Infiltrer ses poumons, les lui brûler de l'intérieur. Le sang était remonté, et sa vue s'était embrouillée. Elle avait cessé de se débattre, quand on l'avait rattrapé. On l'avait sauvé, elle ; elle avait craché pendant de longues minutes, hagarde, vomissant, comme si elle allait rendre l'âme d'une seconde à l'autre. Ce n'était pas ça, pourtant, qui était au centre de ses pensées. Pas elle-même.
Mais c'était trop tard. Elle n'avait pas pu la rattraper, cette Insolourdo qu'elle cherchait désespérément à sauver. Et elle était loin, maintenant. Plus loin que Maman, plus loin que Papa. Bien plus que loin qu'elle ne l'aurait été dans une Poké Ball, si seulement Livie en avait eu le courage. Peut-être même au fond du lac Tan Goola.
Ce n'est que lorsque la main de son père se pose avec hésitation contre la sienne qu'elle est sortie de ses pensées, et que son regard bleu fatigué se pose sur celui hésitant et confus de son géniteur. Sa voix est douce, tellement que la jeune femme se plaît à croire pendant quelques secondes qu'il est de retour, même si elle sait que ce n'est pas vrai.

« C'est Noémie qui t'embête, encore ? Si tu veux, je pourrais aller voir la maîtresse, trésor. »

Livie tombe à genoux. Pendant quelques secondes, elle peut se permettre d'être une petite fille de nouveau, n'est-ce pas ? Personne ne lui en voudra, parce que personne ne le verra.

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2017-2018

Inutile de dire que les catastrophes n'ont quasiment épargné personne. Les Vulpinos, pourtant, ne peuvent pas se plaindre tant que ça ; hormis quelques frayeurs, ils sont relativement chanceux. Livie, pourtant, s'isole énormément. La mort de Lilo constitue pour elle un traumatisme énorme, qu'elle ne parvient pas à guérir, ne voulant pas en parler à quiconque, de peur de peser sa sœur ou son frère. Pour étouffer la peine, elle se réfugie dans son travail, dans les moindres petits plaisirs, les sorties et les balades. Les images qu'elle a vu continuent de hanter ses nuits, mais elle compense en aidant comme elle peut, à l'instar de beaucoup. L'épidémie passe, sans faire de victimes parmi sa famille. Fatiguée, elle se dispute violemment avec sa sœur qui ne cesse de louer les mérites d'Elixir, et se brouille avec elle. Lassée, elle déménage à Baguin, où elle continue ses études et se réfugie dedans : elle entame un cursus d'enjambement, et termine son master. L'année d'après, elle passe le concours d'avocat et rentre en école au moment même où la traque des derniers Régimeux se termine. Et au moment même où sa mère est envoyée en prison.

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Avril 2018

« Tu me détestes, toi aussi ? »

Olympe est pâle. Ses cheveux sont toujours impeccablement tenus, pourtant. Derrière la vitre du parloir, dans son uniforme bicolore, si elle est loin de ressembler à cette femme droite et inflexible que Livie a toujours connu, elle en a pourtant gardé toute la stature et le flegme. La prison ne l'a pas tant changé que ça, étrangement. La jeune femme n'a pas l'impression que quoi que ce soit ait changé dans sa mère depuis longtemps, et le remarquer suscite une pique de culpabilité dans sa poitrine. Livie ne veut pas penser au fait que sa mère est peut-être derrière des barreaux depuis plus longtemps que ça. Alors elle regarde ailleurs, laisse ses yeux parcourir les lignes de son dossier qu'elle ne lit de toute manière pas vraiment.

« Non, maman. »

Sa voix est calme, mais elle qui est si bavarde d'ordinaire, qui a tellement tendance à s'épancher et à parler de tout et rien se retrouve avec une gorge sèche. Le regard d'Olympe est plein de regret, et sa voix est infiniment douce : Livie aurait aimé qu'ils le soient avant. Mal à l'aise, la jeune femme ne peut retenir sa gêne lorsqu'elle s'aperçoit que les yeux de sa génitrice chassent les siens avec un désespoir timide, comme si elle cherchait à se rassurer. Comme elle le faisait lorsqu'elle souriait en prétendant que tout irait bien, quand le Régime s'était occupé d'eux.

« Tout ça, je l'ai fait pour vous. Tu comprends, hein, Livie ? Tu es une bonne fille, toi. Agrippine, elle... Tu travailles bien, déjà. Tu as un stage chez Landmann, c'est ça ? C'est un très bon cabinet, je suis très fière de toi. »

Ses compliments devraient la toucher. Elle les avait attendu longtemps, après tout ; enfant, elle courrait après comme un assoiffé chasserait une rivière. Et maintenant qu'elle peut en connaître la saveur, Livie se rend compte qu'ils sont âcres et insipides comme des bouchées de cendres. Elle esquisse un sourire poli, formel. Un peu comme ceux qu'elle sert dans son travail, tiens, maintenant qu'elle en parle. On lui avait dit d'éviter les gros cabinets, qu'ils broyaient les nouveaux venus à la chaîne, mais elle s'était entêtée. Sûrement s'était-elle dit que si elle voulait changer quelque chose, c'était là qu'il fallait agir, et non au fin fond de la campagne de Vanawi. Mais Livie n'est pas sûr que ce soit ça, qui attire le regard de sa mère.

« Je sais, maman. »

Elle ne pose pas d'autres questions, comme elle s'y attendait. Livie aimerait bien que ses jambes cessent de s'immobiliser ainsi, mais rien à faire. Elle sait qu'elle a envie de partir. Et ce ne sont pas les murs du pénitencier qui la dérangent, loin de là. Elle s'y est habituée, à force de venir faire le sale boulot qu'aucun grand avocat digne de ce nom ne voudrait prendre. Livie laisse sa mère parler : elle parle toute seule depuis longtemps.

« J'espère qu'ils s'occupent bien de ton père, au moins. Tu as fait tes tests ? Il faudrait savoir, juste pour...
- Je sais. »

Sa voix s'est faite sèche, d'un coup. Non, elle ne sait pas, en réalité. Elle ne veut pas savoir. Tout comme elle ne veut pas lire les lignes de ce dossier que lui ont donné ceux qui s'appellent les Miliciens, avec une présomption qui la met mal à l'aise. Tout ceci la met mal à l'aise, en réalité. Ils ont emporté sa mère comme on emporterait un meurtrier, et même si la rancune fait son chemin dans son esprit, elle ne veut pas vérifier qu'ils ont peut-être eu raison. Non, peu importe, à vrai dire. Cette chasse aux sorcières, cette simagrée, ne peut pas être qualifiée de justice. Pas de celle dont elle rêve, du moins. Pas de celle qu'elle veut pour le futur.

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Fin Avril 2018

« Vous allez perdre. Je ne sais pas combien est ce qu'il vous a payé pour ça, mais... »

Clive Donovan n'est pas vraiment une affaire qu'un avocat débutant prend avec un esprit à peu près sain. Les preuves sont accablantes. Les témoignages abondent. Et, en plus de ça, le principal intéressé refuse catégoriquement de nier, ou même de plaider l'irresponsabilité, la folie ou quoi que ce soit qui pourrait amener des circonstances atténuantes. Le dernier clou dans la planche est qu'il est le premier à désirer un verdict coupable. Mais Livie continue de feuilleter le dossier, concentrée, l'air bien plus mature et professionnelle que la gamine qui tremblait des genoux face à sa mère quelques jours plus tôt. Infaillible, elle écoute à peine les propos de l'homme en face de lui. Ses traits fatigués, son air désabusé et cynique, et tous les noms qu'elle voit alignés sur ces quelques feuilles, Livie ne s'en préoccupe pas. Ou pas autant qu'on pourrait attendre d'elle, toutefois. Elle répond tout juste, d'une voix distraite, concentrée ailleurs.

« J'ai refusé le chèque. »

Personne ne pourrait l'accuser d'avoir fait cela pour l'argent, ainsi. Ce n'était pas comme si cela avait été simple, en même temps ; la somme aurait pu lui permettre de vivre sans travailler pendant quelques années au moins, mais elle ne veut pas y toucher. Elle ose penser, non sans une certaine arrogance, que son honneur vaut mieux que ça.
Son interlocuteur semble intrigué, de son côté. Pour la première fois depuis qu'elle le voit, il hausse les sourcils et son visage exprime une moue amusée, surprise, bien différente de son expression neutre et indifférente d'ordinaire. Il l'intrigue, elle doit l'avouer. Il fait partie de ces gens qu'elle n'arrive pas à saisir, tout simplement car ils sont aussi différents d'elle, et qu'elle a envie de saisir. De ces clients qui ne sont pas juste des condamnés, ou juste des numéros. Ceux à qui la justice doit permettre une rédemption, et non une simple punition. En cela, Livie croit agir différemment que la Milice, ou même Elixir. Ni punition inutilement sévère, ni fausse bonté pédante et élitiste. Elle relève les yeux vers l'ancien officier, une lueur brûlant dans ses iris si calmes d'ordinaire.

« Laissez-moi vous défendre. Vous avez le droit à un procès équitable, comme tout le monde. »

Clive attend. Quelques secondes passent, et il l'examine attentivement, si attentivement qu'elle a l'impression que son regard la sonde à la recherche du moindre élément qui pourrait le pousser à refuser. Intérieurement, elle prie pour que ce ne soit pas le cas. Qu'il ne remarque pas que, au delà de son air brave, Livie a peur. Elle a peur parce qu'elle va défendre un homme qui est, objectivement, un criminel de guerre qui a eu bien plus de sang sur les mains que ce qu'elle pourrait jamais imaginer. Elle a peur parce qu'elle fait peut-être une erreur, quoiqu'elle en dise et s'en persuade. Mais si il sent quelque chose, il ne fait rien remarquer. Tout au plus, il glousse comme quelqu'un à qui l'on viendrait de raconter une bonne blague, et il esquisse un sourire discret.

« Vous allez au devant de gros ennuis, madame. Vous vous en rendez compte, je suppose ? »

Évidemment. Elle n'est pas assez naïve pour ne pas le savoir. Ce n'est pas comme les fois où elle oubliait de regarder la route avant de traverser, ou même quand elle mettait du jus d'orange par dessus ses céréales après une nuit trop courte. Elle n'a pas besoin qu'on lui dise que le procès sera violent : c'est justement pour ça qu'elle ne veut pas en démordre.

« Je m'occuperai de votre défense, jusqu'au bout. Un avocat ne lâche jamais jusqu'à ce que tout soit terminé. »

Elle sourit, mais Livie est persuadée qu'elle est la seule qu'elle rassure. Lorsque Clive soupire et hoche négligemment de la tête, elle ravale enfin sa sa salive. Le plus dur ne fait que recommencer.

--

Juin 2018-2022

Elle n'avait pas pu imaginer à quel point ce serait violent, en réalité. Ses suppositions étaient loin d'être à la hauteur de la réalité, et chaque jour est plus épuisant que le précédent. Les insultes fusent, dans l’assistance comme dans les rangs, murmurés ou tout bonnement criés à son visage à chaque fois qu'elle prononce un seul mot. Tous les appels au calme du juge ne suffit pas, et Livie s'en accommode. Alors elle plaide, sous la supervision de son supérieur, certes, mais elle plaide.
Sa voix tremble, au début. Elle balbutie. Les regards pointés sur elle, tantôt méprisants, dégoûtés ou empreints d'un jugement à peine dissimulé, ils l'intimident. Elle hésite. Ses mains trifouillent maladroitement l'épais dossier qu'elle a préparé, chaque détail minutieusement prévu, et les feuilles s'étalent au sol suite aux tressautements de sa main. Elle tente de les récupérer au sol, mais les remette dans l'ordre se révèle impossible. Paniquée, ses joues rougissent, et elle se sent transpirer, tandis que son cœur tambourine tant dans sa poitrine qu'elle croit qu'il va en sortir. Les ricanements qu'elle entend la font frissonner, et elle hésite.
Il lui faut l'entrée de sa sœur dans la salle pour qu'elle se reprenne. Son regard ne se porte sur elle que pendant quelques secondes, en réalité. Mais quand elle la voit, son dos se redresse. Ses épaules s'abaissent, et elle prend la parole. D'une voix claire et forte, contrastant férocement avec la petite taille de son corps fatigué, elle plaide pendant longtemps. Elle ne saurait donner une durée. Tout le long, elle a l'intense impression d'être prisonnière d'une sorte de transe, dont elle ne se tire qu'une fois sortie du palais de justice, esquivant les caméras et les photographies de journalistes affamés d'informations avec quelques revers désintéressés de la main. Son client lui avait offert un simple air surpris, comme si, à l'instar de son supérieur ou d'autres, il avait été étonné de ce qu'il avait vu. Mais Livie a l'impression d'avoir été une toute autre personne, durant une demie-journée à peine. Cela ne dure pas, sans surprise. Une fois rentrée chez elle, elle a besoin de courir jusqu'aux toilettes pour vomir, sa terreur se rappelant à elle par une voie plus directe, et elle passe quelques jours à se remettre de ses émotions, mais c'est fait. Et, pour une fois, Livie est satisfaite.

Évidemment, Clive Donovan est jugé coupable, et condamné à perpétuité. Rien d'étonnant à ça. Mais après ce résultat, on lui promet une place dans le cabinet à la fin de sa formation, et elle peine un peu à y croire, lorsque les demandes affluent les unes après les autres sur son bureau. Puis, un peu par la force des choses, elle travaille et se fait un début de réputation en défendant des anciens Régimeux, qu'ils soient coupables ou non, petit poisson ou gros. Le nombre d'insultes explose. Les menaces de mort, aussi. Les rats morts et autres balles de pistolet dans son courrier, elle fait mine de ne pas les voir. Elle laisse à sa sœur le sale travail de s'en débarrasser. Elle n'a pas le temps de s'occuper de ça ; pendant deux ou trois ans, ses journées sont intensément occupées, après tout.
En 2020, lorsqu'un gouvernement est enfin formé, elle se permet toutefois un peu d'espoir, croyant qu'Enola a enfin retrouvé une démocratie qu'elle ne connaissait jusque là que par la théorie et la jalousie intense qu'elle ressentait en suivant les élections des autres pays. C'est d'ailleurs peu de temps après qu'elle devient adjointe à la mairie d'Anula, après avoir postulé en tant que conseillère juridique, et en argumentant que sa connaissance de la politique et de son histoire pourraient se révéler utile. Elle ne s'attendait pas vraiment à être prise, mais c'est le cas, et elle en est plus qu'heureuse. Pendant quelques années, elle ne peut pas dire que sa situation ne s'améliore pas. Leandro est interné dans un établissement spécialisé au début de l'année 2021, son état s'étant dégradé. Ironiquement, et avec un peu de culpabilité, elle peut enfin envisager de quitter l'appartement où elle vit avec sa fratrie pour déménager.
Mais, toutefois, à l'occasion, alors qu'elle remarque une anomalie dans un dossier en juin 2022, un détail attire son attention. Curieuse, et peut-être un peu inquiète, elle se dit qu'elle n'a qu'à s'y intéresser plus tard, et que ce n'était sûrement rien. Elle avait tort.


Dernière édition par Livie A. Vulpino le Jeu 28 Déc - 1:01, édité 33 fois
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MessageSujet: Re: Signals - Livie   Mar 26 Déc - 19:49

HISTOIRE, PARTIE 2


Septembre 2022

« Mais qu'est-ce que tu croyais ? Qu'on allait vous laisser, tous les profiteurs de votre genre, libérer des criminels à le pelle ? »

Elle aurait dû le remarquer avant. Durant ce procès, quelconque, en réalité, que quelque chose n'allait pas avec ce qu'on lui avait présenté. C'était un élément parmi parmi tellement d'autres qu'elle aurait très bien pu complètement oublier. Elle allait oublier, en réalité, et n'a compris qu'en relisant le dossier il y a peu. Bouillante de colère face aux propos du Milicien qu'elle a appelé, responsable de l'enquête, elle n'arrive pas à croire ce qu'elle entend. Les poings serrés, elle fixe son interlocuteur avec une colère brûlante. Son ton goguenard n'est rien d'autre que de l'huile sur le feu. Elle sait, pourtant, qu'elle doit avoir l'air d'une enfant face à quelqu'un de bien plus fort, bien plus puissant, et qui pourrait l'écraser comme une puce si il le désirait.

« Vous... Vous n'avez pas le droit ! Ce n'est pas ça, la justice ! »

La justice, ce n'est pas de fausses preuves. Une seule, dans ce cas. Une seule petite preuve, qui avait influencé tout le reste du procès, et que Livie n'avait pas eu l'intelligence de contester lors de la séance, sûrement trop fatiguée par une de ces périodes de travail trop intensives. Mais maintenant, elle le sait. Elle le sait, qu'elle a été forgée pour mettre quelqu'un en prison, qu'il soit innocent ou non. Et que le responsable l'assume aussi ouvertement devant elle lui donne envie de vomir.

« La justice, la justice... Mais tu t'en fous, de la justice ! Tu fais ça pour le fric, comme tout le monde ! Et quand bien même, tu vas remettre des meurtriers dehors par principe ? Et les familles ? Vos grands discours, je me torche avec. »

Elle les a déjà entendu, ces arguments. Tant de fois, et elle les a chassé tout autant. Mais ils reviennent, encore et toujours, et elle n'a pas l'énergie de les contester de nouveau. Pour elle, ce n'est pas important. Ce n'est pas ça qui compte. Sans preuve légale, pas de procès équitable. Et sans procès équitable, pas la moindre foutue trace de justice, notion qui obsède tant Livie. Peu importe en soit, que le condamné ait été vraiment coupable ou non : pour elle, c'est un symbole bien trop important, une insulte portée au droit. Une preuve plus que marquante de ce pouvoir qu'elle méprise lorsqu'il est aussi influencée par les desiderata de la Compétition et ses Élites, boursouflés de pouvoir et d'influence. Alors elle perd patience.

« Je... Ça ne se passera pas comme ça ! »

Elle aimerait bien croire qu'elle a un quelconque pouvoir, de son côté. Qu'elle peut régler ce souci, mais ce n'est pas vrai. Elle sait qu'elle est seule. Que personne ne l'aidera. Qu'elle risque sûrement toute sa carrière, et même si elle se fichait de ça, les chances de réussite sont maigre. Et encore dans ce cas, est-ce que ça aurait un quelconque impact ? Livie sait bien que non. Son impuissance lui fait l'effet d'un coup dans la poitrine, bien plus puissant que le rire moqueur et sarcastique de l'homme face à elle. Il semble terriblement amusé de la frustration qu'il sent dans la voix de la plus jeune.

« Et qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas nous faire un procès, toi ? »

Il s'amuse, et Livie serre les dents. Quelle bonne blague. La Compétition va vérifier que la Compétition a bien agi ; on dirait le début d'une blague dans une république bannanière. Sauf qu'ils étaient supposés avoir récupéré la démocratie, parce que le peuple était supposé avoir récupéré le pouvoir. Mais ce n'est pas le cas. Et elle ne peut pas le nier, même si elle essaie. Ses épaules s'abaissent. Livie est défaite, et l'autre le remarque.

« C'est ça. T'as compris ta place. Souviens-toi en, la prochaine fois. »

Elle s’immobilise. Une expiration de colère plus loin, elle s'éloigne sans rien dire, l'air inhabituellement sérieuse. Non, elle n'a pas envie de se souvenir de sa place. Mais d'autres feraient bien de le faire : et elle en de marre qu'on les laisse diriger. Bien sûr, qu'ils ne sont pas tous pareil. Bien sûr, que c'est un cas exceptionnel. Mais c'est une preuve qu'elle attendait presque, et qu'elle saisit sans la moindre hésitation, et sans recul. Elle estime ne pas en avoir besoin.

--

Octobre 2022

« Je suis très heureuse de vous rejoindre. Mon nom est Ava. »

Rejoindre la Confrérie du Bouclier est peut-être un peu extrême. Mais elle ne voit pas ce qui la retient, maintenant, d'aller jusqu'au bout de ses idées. Peu importe à quel point elle hésite, et que cette décision fait battre son cœur dans sa poitrine à une vitesse effrayante, car elle n'est pas sûre de ses gestes. Posant tranquillement son masque de louve sur son visage, elle esquisse un sourire derrière ce dernier, ne se posant pas la moindre question sur le ridicule de leur tenue, ou même de cette réunion. Elle appartient à cette communauté, maintenant, et elle se sent soudain bien moins seule qu'elle ne l'était durant les procès, ou même durant toute l'époque où le Régime gouvernait.
Pour elle, ça n'a rien de stupide. Tout cela peut avoir un sens, si ils le veulent : dans un organisme où ils sont tous égaux, Livie ne voit rien qui ne peut empêcher son rêve d'être, un jour. Loin de la hiérarchie froide de la Compétition qui s'est déshonorée en prouvant son illégitimité à tenir le pouvoir, et loin des batailles politiques arrogantes d'Elixir, un couloir leur est ouvert. Elle ne voit pas en quoi ils n'auraient pas le droit de proposer leurs idées, eux aussi. Elle compte bien le faire, de toute manière : rester sans rien faire serait tout bonnement inenvisageable.

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Décembre 2022

L'emménagement est encore tout frais. Les cartons ne sont pas encore déballés, sans surprise, et il y a fort à parier qu'ils ne le seront pas avant en moment, en réalité. Guillerette, Livie jette un coup d’œil circulaire à son premier appartement, les iris illuminés par des lueurs d'émerveillement enfantines. Elle en oublie vite les poutres apparentes, l'humidité, l'étroitesse, et le fait qu'elle a tout juste deux pièces pour vivre dans ce studio à peine convenable. Pour elle, pourtant, c'est presque un château. Son indépendance a le goût du pain chaud au matin ; douce, réconfortante, et incroyablement désirable.
Un bruit de piaillement attire toutefois son attention alors qu'elle pose délicatement son violon dans un coin de la pièce ; elle ne l'a que depuis une année, il serait donc bien dommage de le casser, non ? Si elle n'est pas curieuse, c'est qu'elle sait qui est la source de ce son, et un sourire jovial se dresse sur son visage en en reconnaissant la provenance. Elle sautille presque jusqu'au balcon, et pose sa main dans sa paume en contemplant le Pijako qui y siège.

« Encore là ? Tu n'as pas mieux à faire ? »

Sûrement pas, vu qu'il traîne dans le coin depuis plusieurs jours maintenant, revenant à chaque fois réclamer son attention. L'oiseau, lorsqu'elle esquisse un geste timide en sa direction, jette presque sa tête en dessous de sa main, l'ait satisfait. Surprise, Livie écarquille un peu les yeux, mais ne recule pas. Puis, devant les roucoulements de cette dernière, la blanche se permit un gloussement ainsi qu'une expression de douceur. Alors elle se permet de lui caresser les ailes, craintive de le blesser par des mouvements trop brusques malgré tout, tandis que ses yeux se perdent dans la ville d'Anula qu'elle peut contempler d'ici, au sommet de cet vieil immeuble sûrement plus ancien que toute sa généalogie.

« Moi, si j'étais toi, je volerais loin. Très loin. Tout en haut, même. »

Le regard de Livie se perd vers le ciel, et ces nuages qu'elle rêverait de toucher. Ces nuages que Lilo n'aurait jamais pu toucher, avec ses petites ailes que Livie avait toujours trouvé adorable. Mais l'avocate n'a pas démordu. Elle ne démordra probablement plus, maintenant. Comme Lilo voulait voler, elle veut rester attachée à ce vieux rêve de gamine, aussi naïf qu'il soit. Elle ne sera sûrement pas grand chose, dans l'engrenage gigantesque de la vie politique d'Enola. Mais soit.

« Mais ici, je suppose que ça suffit, pour l'instant... »

Elle ne peut s'empêcher, malgré tout, de rêver un peu. Elle sourit tranquillement, maintenant.

« Même sans être tout en haut, on peut faire quelque chose. J'en suis persuadée. »

Timidement, elle lui tend une vieille Poké Ball, un peu éraflée, mais qui a toujours été vide. Ses doigts tremblotent un peu, malgré son sourire joueur et avenant ; elle a peur. Peur de ne pas réussir, d'être indigne de cette confiance qu'elle demande. La Pijako piaille un peu, et y rentre sans la moindre objection. Lentement, l'avocate se permet d'inspirer. Une chose après l'autre, mais jamais à reculons.

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DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Natsume Miyano, Alice C. Donovan & Roxanne Novak.
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Cobaltium
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MessageSujet: Re: Signals - Livie   Jeu 28 Déc - 13:05

Et bouing ! Re-re bienvenue, toi  ° 3°

Je sais pas quoi diiiire :v: Cette fiche est vraiment cool au niveau psychologique et du travail fait sur les nuances ** Comme tu m'as éclairée sur la chatbox des quelques point que je voulais clarifier pour mon info personnelle, bah, pauvre de moi, je vais devoir te valider sans faire d'histoires. *vérifie quand même 10x qu'il n'y a pas de selec oubliée, cette fois :hm:*

Bref, voila ta couleur et ton rang, je m'occupe des listes et tu pourras te charger de ton sac ^^ Voles, pitit oizo /o/
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Regigigas
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MessageSujet: Re: Signals - Livie   Jeu 28 Déc - 13:09

Le membre 'Cobaltium' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Dé shiney' :
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MessageSujet: Re: Signals - Livie   

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Signals - Livie

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