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Si t'es un galérien tape dans tes mains {PV Brandy
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Si t'es un galérien tape dans tes mains

ft.Brandon Blanchett


J'ai pas envie d'être là. J'ai tellement, tellement pas envie d'être là.
Et en même temps, je n'ai pas vraiment le choix. Mon porte-feuille est aussi vide que ma motivation, ce qui en soit en dit long, et j'ai besoin de le remplir d'une manière ou d'une autre. Alors bien sûr, avec les congés, j'ai récupéré pas mal de pensionnaires et je vais bientôt encaisser quelques chèques, mais disons que ça coûte cher, les recherches, et que le matériel aussi. Alors pour éviter de me retrouver à manger des pâtes sans beurre ou de me retrouver avec des impayés de cantine avec Axel, je donne des cours. Que ce soit des vacations et des TD dans l'université de l'Est, ou encore des cours préparatoires dans d'autres établissements, peu importe. J'avoue malgré tout avoir une vague préférence pour ces derniers. Tout simplement car le niveau est généralement plus avancé, et les élèves plus vieux. Les concours qu'ils préparent sont souvent plus corsés, et comme le bon gros snob que je suis, je préfère ce qui est compliqué. Oui, vous aurez compris qu'il y a un souci là-dedans : je n'ai jamais eu la fibre enseignante, et je ne l'aurais probablement jamais. Mais il faut bien le faire.
Et disons que la nuit a été courte. J'ai dû terminer en dernière vitesse de corriger des copies, mon activité favorite (ahahahahahhaaha, non.), Axel a passé son temps à me réveiller pour aller lui donner des verres d'eau, ce que je sais interpréter comme étant un besoin d'attention particulièrement poussé, et en plus, j'ai eu quelques urgences quant à la pension qui m'ont gardé debout. Inutile de dire, donc, que même avec toute la bonne volonté, je ne suis pas particulièrement bien réveillé. J'ai même carrément la tête dans le cul, et ça doit se voir. Enfin... Pas vraiment pour mes élèves, en fait : ils ont l'habitude de me voir tirer la tronche, avec ma gueule de coincé constipé.  Mais je me sens plus à vif que d'ordinaire, et le fait que je descende dangereusement rapidement le contenu de ma thermos de café n'aide sûrement pas.

Pourtant, j'aime bien ce groupe, en soit. Il n'y a pas de pression d'examen, ni de moyenne, puisque c'est un peu comme un tutorat de groupe. Je fais même preuve d'un peu de bonne volonté en approfondissant leur programme, et en aidant, de temps à autre, quand je vois qu'ils veulent vraiment faire des efforts et n'attendent pas que l'heure se termine. Sauf qu'aujourd'hui, c'est correction de travail rendu, et que je déteste ça : expliquer un corrigé, c'est moins drôle que de le faire. Et c'est encore moins amusant de rendre les copies, car, correction type concours oblige, les notes sont particulièrement sévères, et j'ai ce foutu classement à prendre en compte. Même si ce fonctionnement ne me plaît pas beaucoup, je m'aligne sur le système, car c'est comme ça, et qu'entre nous, je ne suis... Pas très pédagogue. Je vois bien aux visages décomposés, ou rayonnants pour certains, que beaucoup sont déçus. Les grognements que j'entends ne m'aident pas à être enthousiastes, même si je ne l'étais pas au début. Mouais. Remarquez, ils passent sûrement une pire matinée que la mienne, là, alors je devrais arrêter de me plaindre.
Sauf queee... Oui, je sais « quoi encore ». J'ai perdu l'exercice d'un de mes élèves. Enfin, perdu... Disons qu'Axel voulait du papier à dessin, et qu'il en a trouvé, quelque part. C'est très mal, je sais, je mérite d'être frappé car j'aurais eu de sérieuses envies de meurtre si j'avais été à sa place. Du coup, me sentant très stupide, je vais devoir prendre un peu de temps à la fin du cours pour lui parler et m'excuser platement. Déjà que je me sens moyennement légitime à donner des tutorats à des élèves qui ont presque mon âge... Meh. J'ai pas envie. Et en plus, le pauvre bougre n'est pas quelqu'un qui ne fait pas d'efforts, alors je me sens encore plus mal. Je lui ai indiqué de m'attendre à la fin de la séance, puisqu'il est le seul à qui je n'ai rien rendu... Quoi comment ça, c'est stressant ? Ah, zut j'y avais pas pensé. Oups. Héhé. Tout ceci explique donc ma tête dépitée quand vient la fin du cours, et même si je donne quelques consignes, ma tête est ailleurs.

« Ce sera tout pour aujourd'hui. J'ai mis les lectures que vous avez à faire pour la semaine prochaine sur l'espace de travail, ne les oubliez pas, ou rien ne fera sens lors de la séance suivante ! »

J'entends quelques grognements. Je sais, c'est vache. Et je détestais quand mes propres professeurs faisaient ça, mais au moins, j'ai l'assurance qu'ils s'y mettront, même si c'est un vrai cadeau empoisonné. En réalité, j'expliquerai si il le faut, mais le programme est tellement dense que je ne peux pas tout faire pour eux. Je veux bien travailler correctement, mais je ne suis pas vraiment leur père.
En terminant de ranger mes affaires,  je finis donc par rejoindre le jeune homme aux cheveux roses. Si je lui offre une expression polie et neutre, c'est surtout car je ne sais pas trop quelle tête faire. Et c'est déjà dur pour moi de ne pas garder mon expression habituelle ; vous savez, celle où on dirait que je tue des chatons pour boire leur sang au petit-déj.

« Excusez-moi de vous retenir, monsieur Blanchett. J'ai eu... Un souci, avec votre travail. »

Oui, bien, parfait. Commence comme ça, Natsume, c'est à peine stressant. Arceus que tu es stupide.
J'hésite sur les termes à employer. Entre garder les apparences et être sincère, la frontière est... Eh bien, j'en sais rien, justement. Hm. Ça se voit, que je suis awkward ? Probablement, et ce n'est pas les tics nerveux qui font que mes doigts jouent discrètement avec le tissu de mon manteau qui rendent ça moins évident.

« Je n'ai pas réussi à le retrouver dans ma pile. Je sais que vous me l'avez rendu, mais... Ehm... Disons qu'il y a eu un accident. »

Le gamin dont j'ai la tutelle a cru bon de faire ses essais en beaux arts dessus, et le résultat était tellement immonde qu'il l'a ensuite roulé en boule et déchiré pour faire des avions en papier. Mais je crois qu'il vaut mieux que je l'omette, ça.
Ma mine est polie est sérieuse, mais si vous saviez à quel point je me fais petit, à l'heure actuelle... Au moins, mon ton ne laisse pas transparaître ça. Bon. Faut que je rattrape ma bourde, ou au moins que je compense mon échec mémorable par quelque chose d'à peu près équivalent, même si j'avoue que je manque d'idées. Je ne vais tout de même pas lui payer une pizza (j'ai pas de thunes en ce moment je vous dis), mais la pensée est là. Je reprends donc la parole en terminant de jeter un coup d’œil à ma thermos vide, un peu dépité de voir que rien ne me sauvera de ma fatigue.

« Si vous n'en avez pas de copie, ce n'est pas grave. Comme je ne vais pas vous demander d'en refaire un, je peux vous indiquer de souvenir ce qui allait et n'allait pas avec votre travail, et vous éclairer sur ce que vous voulez quant à nos séances... Ou sur les concours, comme vous voudrez. »

Ça se voit, que je galère ? Oui ? Bon, bah quelle horreur, parce que ça me met encore plus mal à l'aise. Je soupire un peu, dépité, et me masse la nuque. Pour le coup, je crois que mon comportement actuel contraste beaucoup avec le tuteur sérieux et sévère dont il doit avoir l'habitude, mais je suis trop fatigué pour jouer à ça.

« Je suis... Sincèrement désolé, en tous cas. Avec les concours qui se rapprochent, je me doute que ce doit être stressant. »

Je ne m'offusquerais même pas qu'il s'énerve. Bon, ça ne me toucherait pas vraiment, parce que aussi coupable que je me sente, je ne suis pas non plus très impressionnable, mais je le comprendrais. Quand j'étais en licence, je me souviens bien avoir été plusieurs fois carrément insupportable quand on m'annonçait ce genre de nouvelles. Mais je ne connais pas vraiment les internes à qui je fais cours, en réalité, comme je suis distant avec à peu près tout le monde, ce qui explique sans doute que je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi je vais avoir droit.

Début janvier 2023, matin (~11h)


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Natsume Miyano
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Sam 30 Déc - 0:05
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Roico ou quand la pause s'imposeNatsu & Brenda

Je ne sais pas si c’était une bonne ou une mauvaise idée, surtout que la précipitation a fait largement ses preuves en matière de stratégie foireuse, mais porté par l’euphorie d’avoir obtenu le poste d’interne que je visais je me suis inscrit à des cours pour préparer les concours du grade débutant. Bien entendu, je n’ai pas l’intention de passer mes examens avant plusieurs mois, voire plus, après tout on m’avait déjà bien mis en garde : Passer un examen nécessite des prérequis et ces prérequis, couillon tu ne les as pas. Enfin, j’ai bien fait quelques activités en lien avec mon domaine de spécialisation mais je n’étais guerre satisfait du peu de matière que j’avais. Si je devais publier un article je voulais que ce dernier soit le plus précis et parfait possible. Une seule visite au refuge ne suffirait pas, un seul match d’arène non plus. Non. Je devais travailler encore plus dur, réfléchir à de petites expériences à mener et les réaliser pour avoir suffisamment de contenu à analyser et à confronter. Cependant, je ne voulais pas me retrouver dans la situation délicate de devoir batailler sur tous les fronts. Pour être honnête, j’avais encore trop peu confiance en moi pour me sentir capable d’allier travail de recherche et session au tutorat. J’avais donc prit le parti d’aller étudier chaque semaine dans l’université de Baguin dans le but de me préparer à la théorie du concours et d’être assez bien rodé le moment venu pour me concentrer sur le fond de mon dossier et de ce que j’allais y présenter.

Les cours étaient dispensés par un jeune hôte de pension. Le premier jour, ça m’avait même plutôt étonné. Je n’avais jamais osé demander l’âge réel de notre enseignant mais mes camarades et moi-même avions tapé sur 26 ans grand graaaaand maximum. J’aimais particulièrement ses enseignements et le fait que cet homme pouvait m’apporter beaucoup du point de vu de ma spé y était certainement pour quelque chose. J’ai un peu de mal avec ce côté très intéressé que je peux avoir dans la sphère professionnelle. Je me demande toujours si ça n’est pas mal perçu… Je n’ai jamais dénigré le travail des gens avec lesquelles je bosse (à vrai dire je suis toujours très très admiratif du travail de mes collègues) mais vous savez, meh, il en faut peu pour froisser quelqu’un.

Enfin. Voilà quelques semaines déjà que j’assistais chaque semaine à ces quelques heures d’apprentissage. Je m’étais, comme qui dirait, prit au jeu de ce retour sur les bancs de l’école. La vie d’interne avait du bon mais j’aimais toujours autant me poser à un bureau et noircir des feuilles de papiers de notes diverses et de contre-rendu sur tel ou tel sujet de recherche. Très rapidement une sorte de petite routine s’était installée et aujourd’hui devait être une séance dédiée à la correction d’un devoir rendu quelque temps plus tôt. Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis…. J’ai pas de rendu. Ou du moins notre professeur ne m’a rien remis.

Je… Le sent moyennement là. Le pauvre a des cernes incroyables… Est-ce que c’est ma copie qui est la cause de tout ça ? Nan, je me donne sans doute trop d’importance… Quoi que. Je ne sais pas. Sur le coup j’avais l’impression d’avoir cerné le sujet et d’avoir rédigé quelque chose de concluant mais je me trompe peut-être. On m’avait dit que le hors sujet n’était pas si rare que ça et que les thèmes abordés étaient souvent traitre. Arf. Si mon devoir était d’aussi mauvaise qualité j’avais tout intérêt à m’excuser à travailler plus dur pour le prochain rendu. Il n’y avait pas de note mais je n’aimais pas tellement l’idée de n’avoir qu’une maîtrise bancale des sujets d’épreuves.

Le cours finit, je me rends donc auprès du professeur, un peu (beaucoup) stressé d’entendre son verdict qui… Ah. Perdu ma copie… Oh.

- « Je… Vous me soulagez d’un coup, vous n’avez pas idée. » fis-je en lâchant un soupir d’aise. « J’étais persuadé d’avoir rendu un travail si mauvais qu’il n’était pas corrigeable de façon classique. »

Je ne m’attarde presque pas sur la partie « il a paumé ton devoir sur lequel tu as passé 4h » parce qu’en soit je serais… Et bien… Très mal placé pour lui en vouloir. Je veux dire, ce genre de bourde arrive à tout le monde, novice comme confirmé et ce serait très bas de reprocher ce genre de chose à quelqu’un. Ce n’était pas un mal volontaire et la fatigue que démontre le professeur me fait dire que le pauvre avait sûrement des problèmes autrement plus important qu’un devoir de préparation d’examen.

- « Ne vous inquiétez pas, c’est pas grand-chose et ça arrive à tout le monde. Si ça ne vous dérange pas, je ne serais pas contre avoir un bref résumé des points forts et faibles de ma copie mais avant ça… » Je fouille maladroitement dans mon sac en bandoulière pour sortir une petite thermos de café à moitié vide. « Ce n’est pas grand-chose mais vous avez l’air bien pâle monsieur, vous ne voulez pas vous asseoir ? »

Je n’ose pas trop lui dire de façon plus directe qu’il tire une tronche de cancéreux en face terminal et que ses cernes me font craindre pour sa santé. J’aimerais éviter de le froisser, si possible mais… Damm, même-moi je lui trouve une sale tronche aujourd’hui.


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Brandon Blanchett
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Mer 3 Jan - 20:27
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Si t'es un galérien tape dans tes mains

ft. Brandon Blanchett


Meh. Oui, 'meh', que voulez-vous que je vous dise, parce que ça résume assez bien ce qui se passe dans mon cerveau pour l'instant. Je ne sais pas trop sur quel pied danser, et si je me maîtrise assez, j'ai tout de même une sacrée envie de terminer rapidement tout ça et d'aller... Bosser sur ma thèse, car il faut bien le faire, puis retourner à la pension, et récupérer Axel ce soir à la garderie. Hm. Ouais, la motivation est quelque peu absente. Pour le coup, c'est surtout l'angoisse de ne pas avoir le temps de tout faire qui me donne envie de me dépêcher, mais dans les faits... Si j'écoutais mon corps, franchement, j'aurais déjà la tête sur le bois du bureau de la salle de cours, et j'arriverais même à trouver la dureté de la surface confortable. Mais bon, on a pas tout ce qu'on veut, et j'ai une dette envers le jeune homme aux cheveux roses. Je n'arriverais à l'appeler 'mon élève' d'ailleurs, parce que, bah... Déjà, je crois qu'on doit à peine avoir une à trois années de différence, et en plus, comme je l'ai déjà dit, j'ai toujours des doutes sur ma propre légitimité. Je n'ai pas l'expérience de madame Kenway, et même si très commun pour des doctorants de donner des cours, je préfère éviter d'être prétentieux. Ceci explique sûrement ma difficulté à discuter avec lui sans être complètement awkward.
Je ne suis pas sûr, d'ailleurs, de savoir pourquoi je continue d'être aussi maladroit alors qu'il réagit aussi... Bah, bien, en fait, je ne m'y attendais pas trop. Je ne dis rien, mais j'aurais bien envie de lui réexpliquer ce que je viens de lui annoncer pour m'assurer qu'il a compris, car je suis un peu désarçonné par temps de... Magnanimité ? Comprenez, j'ai plus l'habitude du passif-agressif, et ça aurait été normal, mais non. Bon, c'est connu que je ne suis pas excellent pour décoder les gens, de base : on parle tout de même du type qui a choisi de se cacher au fin fond de la forêt dans sa pension comme un vieil ermite grincheux de conte. Ou comme le lutin grognon dans Dora l'exploratrice, parce qu'à force qu'Axel me dise que je lui ressemble, sans la barbe, je vais finir par y croire. Ah, oui, je digresse. Zut. Bordel, faut vraiment que je me donne des claques, la fatigue me fait perdre ma concentration.

En attendant, mon interlocuteur semble surtout soulagé, et content. J'esquisse une grimace un peu désolée, mais me rassure en me disant qu'il a l'air sincère. Bon, c'est aussi ce genre de personnalités que j'ai du mal à... Comprendre, disons, mais je fais avec, et je hoche de la tête. Je suis un peu désarçonné, et cligne des paupières lorsque je le vois présenter une thermos de café. Son air sincèrement préoccupé achève de me rendre confus, et j'écarquille les yeux. Mais, euh, pourquoi ? Je viens de perdre son devoir, alors... Je comprends rien. Ça ne fait aucun sens, c'est tout, et ce n'est pas moi qui sur-réagit à quelque chose de gentil car je ne sais pas comment y répondre. Jamais.
Quelque peu perplexe, je dois me secouer mentalement la tête pour reprendre la parole, l'air de rien, même si mon tout petit balbutiement au début, le traître, n'a pas pu s'empêcher de s'échapper. Je ne suis pas gêné, pas du tout. Grng. Oui je sais, la constipation c'est pas bien, tout ça.

« Hm. Vrai que ce serait plus commode, mais je vais bien, inutile de vous inquiéter. C'est... Gentil, pour le café. Je vous ramènerai du thé à l'occasion, en échange. »

C'est maigre, et je me rattrape sur quelque chose que je connais et dans lequel je me sais plutôt bon, parce que c'est ce que je fais quand je suis paumé. Je fais donc signe au cadet de prendre une chaise pour s'asseoir, en veillant d'ailleurs à ne pas me mettre au bout parce que j'aurais l'impression d'être un prof de lycée face à un adolescent, je ne me permets pas de me servir, parce que, bah... Je suis con. Et un peu timide sur les bords quand on est gentil avec moi, alors même que j'approche des vingt-cinq ans. La honte.
Se rattraper sur quelque chose. Hm. Bon, son devoir, tiens, tant qu'on y est. Je crois que j'ai sa note quelque part, dans mon relevé, et je trifouille dans mes papiers pour en sortir cette fameuse fiche que je lui tends, sans rien dire. Je lui laisse le loisir d'apprécier sa note, parce que franchement, je vous avoue que... Je ne suis pas très attaché à la notation, en soit, car je dois me contenter de noter bêtement et méchamment selon les barèmes, et que ça me soûle profondément. Vu qu'en plus, elles ne sont qu'indicatives.. Je préfère plutôt m'attarder sur les détails, et je mets une ou deux secondes pour me rappeler de ces derniers. Bizarrement, je retrouve vite mon assurance et ma voix perd cette hésitation qui caractérisait mes propos précédents. Je n'ai aucun souci à fixer mon interlocuteur quand je parle, plus concentré et sérieux.

« Au niveau du fond, je n'ai pas trop de reproches à faire. Les connaissances sont bonnes et suffisantes, mais c'est la manière de les exprimer qui est plus... Disons que vous avez tendance à surinterpréter et vous attarder trop longtemps sur certains faits. Je ne sais plus exactement où, mais vous m'avez fait des lignes sur des éléments qui ne demandaient pas nécessairement à être aussi développés. »

J'ai un peu l'impression d'entendre les corrections que me faisaient madame Kenway lors de mes années de licence, quand elle voulait bien gracieusement corriger mes exercices. Et encore, moi... Bah, je ne m'en sortais pas trop au niveau de l'expression, à vrai dire, car si j'avais réussi à me débrouiller avec le français parlé, c'était tout autre chose à l'écrit. Si mon accent faisait déjà rire certains, mes fautes d'orthographes, de syntaxe, de grammaire et les très nombreux synonymes dont je faisais usage avaient parfois des effets négatifs sur mes notes. Alors bien sûr, il y avait une certaine tempérance en L1 ou L2 mais... En master, c'était une autre histoire, et je me rappelle avoir eu l'ego blessé par des remarques que l'on m'avait fait en soutenance. Depuis, du coup, j'essaie d'être franc sur ses questions, même si j'ai un peu honte de les poser sur la table ; je ne peux pas vraiment parler.

« Et, en outre, au niveau des formulations, elles sont un peu... Comment on dit, déjà, en français ? Ah, oui. Alambiquées. Faites attention à ça, ça peut rapidement faire descendre la moyenne, le style, j'en ai fait les frais par le passé. »

J'évite de trop m'attarder, mais j'espère qu'il comprendra l'idée. Je ne sais pas vraiment quoi lui dire au départ pour l'aider à s'améliorer, car, bah... Je l'ai déjà dit, je n'ai pas vraiment la fibre enseignante, malheureusement, et même si je fais ça par besoin d'argent durant ma thèse (et aussi un peu pour mon CV). Du coup, je suis pas mal paumé quant à ce que je suis supposé faire, et j'en viens à me demander si les responsables étaient vraiment sains d'esprit pour foutre un perdu aider d'autres perdus. Mais je me rappelle d'un élément qu'on m'avait confié il y a un temps déjà, et pose une question que je crois utile.

« Dites-moi, par curiosité, vous avez déjà écrit un article ? Je ne connais pas trop le niveau d'études de tout le monde, ni les spécialités, mais si vous êtes ici, c'est que vous avez au moins la licence. »

Je suppose. Je vous avoue que je ne fais pas faire de petit papier moche avec les envies, le prénom, le parcours, et une question à la con du style leur demander si ils aiment les sorties campings-merguez dans la forêt du coin. Donc je n'ai pas d'idée générale quant à l'individu en face de moi, en dehors de ce que j'ai vu dans ses copies. Ça me convient tout à fait en règle générale, car c'est comme ça que je suis, je garde la distance avec les gens, mais là, la culpabilité me pousse à essayer de 'rembourser' mon erreur d'une quelconque façon. Il y a ça, et aussi une toute petite curiosité mal placée de connaître les sujets étudiés par les autres, tout simplement car je n'y connais peut-être pas grand chose.

« Je dis ça car ça devrait vous aider à vous améliorer. C'est un bon moyen de se faire corriger plus ou moins gratuitement, quand vous les envoyez à des revues. Enfin, la revue dépendant du sujet. »

Je n'ose pas me servir en café, mais je jette malgré tout un regard à la thermos, et me reprend en me redressant un peu, parce que je sens que mon dos se courbe un peu, comme quand je suis chez moi. Que voulez-vous, j'ai tendance à oublier de faire gaffe quand je suis fatigué. Mais au moins, cette conversation est déjà moins pénible que prévu.

Début janvier 2023, matin (~11h)


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Natsume Miyano
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Lun 8 Jan - 1:56
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Roico ou quand la pause s'imposeNatsu & Brenda

Les feuilles de faibles grammages de mon petit carnet de note se noircissent à mesure que je prends acte des critiques faites à ma copie. Au milieu d’un gribouillis de lettres que seul moi comprend on peut lire des choses comme « formulation » ou « style important ». C’est drôle, j’avais toujours parié sur le fond et non sur la forme. J’avais un peu honte de le dire, mais je ne faisais pas grand cas de mon style et si j’en reconnaissait l’importance dans des œuvres littéraires classique je n’y voyait pas trop l’intérêt dans des textes purement scientifique. Après tout, n’était-ce pas les faits évoqués qui comptaient ? J’avais toujours cru bon de détailler chaque chose, chaque observation. La science rimait, pour moi, avec des mots comme « rigueur » ou « précision ». J’avais toujours pensé que l’excellence passait par des rédactions très complètes et fournis. Apparemment je me trompais. Genre vraiment. Je suis plutôt content que ce genre d’observation se fasse dans le cadre intimiste d’une salle et pas sur un commentaire visible de tous sur internet. J’ai bien eu raison de ne pas me lancer dans la rédaction d’article, c’était encore trop tôt, j’avais encore beaucoup à apprendre avant de faire des textes parfaits. Parce que oui, si je publiais quelque chose, c’était pour qu’on en fasse grand bruit. Peut-être était-je trop présomptueux mais j’avais ce petit éclat de fierté qui me susurrait que j’avais les capacités et le talent pour faire des hits. Cette petite voix, foutrement séduisante, me confortait dans l’idée que, jusqu’à maintenant, j’avais eu ce que je voulais et qu’il n’y avait pas de raison que cela ne cesse. Parce qu’après tout j’avais le talent. J’étais le digne frère de Mercy. J’avais tout pour réussir dans la vie.

Et pourtant. Et pourtant plus j’écoutais ce jeune prof plus je me disais que cette petite voix devrait fermer sa bouche. Même si accepter la critique n’était pas facile, j’étais conscient que c’était pour moi le meilleur moyen de progresser rapidement et chaque commentaire que daignait me donner mon professeur était un petit plus qui ne pourrait que me rendre meilleur. J’avais de l’ambition, peut-être trop pour mon propre bien ok, je voulais briller. Je voulais devenir aussi étonnant et surprenant que Mercy, aussi respecté que le docteur Lily, aussi fort que Weston. Je voulais être à la hauteur de mon nom, à la hauteur de cette entourage si exceptionnel que j’avais la chance d’avoir. Pour ça je devais progresser, encore et encore, toujours, sans arrêt. Papa avait une phrase pour ça, il disait qu’un artiste était quelqu’un qui maîtrisait tous les codes de son domaine et qui savait s’en affranchir pour transcender l’art déjà établit. C’est ce que j’espère accomplir avec mes recherches. Je veux devenir un artiste scientifique. Mais avant de transcender quoi que ce soit je devais intégrer la théorie, me farcir les codes et tout ce tralala conformiste. Je me devais de me plier aux règles de l’exercice quand bien même je les trouvais débiles pour ensuite passer outre et créer quelque chose qui révolutionnerait le monde de la science. Aussi, je prenais très à cœur chacune de ses remarques. Pas de formulation hasardeuse qui perde le lecteur, se centrer sur l’essentiel. Ok, je note.

- « Dites-moi, par curiosité, vous avez déjà écrit un article ? Je ne connais pas trop le niveau d'études de tout le monde, ni les spécialités, mais si vous êtes ici, c'est que vous avez au moins la licence. »

Je relève la tête de mon carnet et plutôt surpris en plus de ça. Je ne m’attendais pas à un changement de sujet aussi brutal et la question du professeur me déstabilise un peu. Mon gros ballon avec marqué « fierté » dessus se dégonfle d’un coup pour finir à l’état d’un petit bout de plastic ridicule et mes angoisses de performance me reprennent.

- « Et bien je… Non. Je… Je ne… » Je ne sais pas comment faire et accessoirement je suis mort de peur à l’idée de montrer mes travaux, comme ça, à la face du monde. C’est que si je fais mauvaise impression ma carrière est finie, vous comprenez m’sieur ? Mais ça, évidemment, je ne peux pas lui dire. La honte que ça serait. Pour faire le coq il y a du monde mais pour assumer ses faiblesses n’y a personne. Qu’est-ce qu’on pourrait dire de moi si les gens savaient que la raison de ma lenteur c’est la peur de sauter le pas et non pas la prudence de mettre toutes mes chances de mon côté. Nan. Je ne peux définitivement pas lui dire. Malgré mon visage qui se crispe et un raclement de gorge qui trahit totalement mon insécurité je tente de poursuivre. « Je ne sais pas trop quoi écrire. Je me suis spécialisé en Pokéthérapie mais le domaine est tellement vaste que j’ai du mal à trouver un sujet précis sur lequel écrire. J’ai bien quelques idées mais je ne sais pas si ce sont des expériences qui valent le coup d’être menée. Quand j’imagine une situation d’expérimentation je me perds, je pars dans tous les sens et au final je ne trouve pas de résultat. Je dois apprendre à me recentrer sur quelque chose de précis je crois. »

Je… Pense que mon demi-mensonge était plutôt convainquant. Enfin, si on peut appeler ça un mensonge parce qu’il y a une grosse part de vérité dans ce que je dis, disons juste que j’ai arrondi les angles et que j’ai omis quelques détails pas très glorieux. En croisant le regard du professeur je me dis que c’était peut-être l’occasion de parler plus en profondeur des idées que j’avais. J’en avais déjà parlé à Mercy mais ma grande-sœur, aussi parfaite soit-elle, n’est pas scientifique et c’est d’un avis professionnel dont j’avais besoin. Je n’avais pas encore osé évoquer mes projets avec le docteur Lily de peur d’entendre que je brûlais trop vite les étapes mais c’était peut-être le moment de me confronter à un avis ?

- « Enfin, comme dit, j’ai plusieurs pistes. Je m’intéresse tout particulièrement au lien entre dresseur et pokémon et à ses effets. A terme, j’avais dans l’idée de me constituer une véritable équipe de Pokémon et de tenter le challenge de la compétition. Je me suis dit que ce serait intéressant de constater de mes propres yeux l’évolution de ma relation avec mes Pokémons et des effets bénéfiques que tout ça peut avoir sur le mental autant bien chez l’humain que sur le Pokémon. Cependant, c’est une expérience qui doit se faire sur le long terme du coup… Je me disais que parallèlement à tout ça je pourrais mener d’autres expériences de plus petites envergure. J’avais notamment dans l’idée de me pencher sur les Pokémons présents dans les refuges et le rôle des bénévoles dans leurs réhabilitations à la vie civile ou encore sur le rôle des Pokémons dans le développement de l’enfant, son empathie, son éveil etc. Observer aussi l’évolution des comportements entre Humains et Pokémons au cours des derniers siècles me semblait aussi un terrain d’étude intéressant mais le sujet est un peu vague et je ne sais pas trop comment l’exploiter de façon efficace. »

Sans m’en rendre compte, je me suis retrouvé à me prendre le menton, pensif, et à me mordiller le bout du pouce : un tic qui ne m’a jamais quitté et qu’on pouvait traduire par « Windows 98 vas se mettre à jour. Cette opération peut prendre quelques minutes. »


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Brandon Blanchett
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Jeu 18 Jan - 19:13
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Si t'es un galérien tape dans tes mainsft. Brandon Blanchett

Soyons honnêtes, je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre de situation, et j'ai un peu peur que ça finisse par se voir, à force. Je vais finir par m'auto-persuader avec arrogance d'être un champion de l'impro, parce que c'est ce que je fais, là. J'improvise, je suppose, et c'est inhabituel, voir même un peu effrayant pour quelqu'un comme moi. J'ai de la chance : je ne suis pas tombé sur un casse-pieds, et j'avoue qu'il m'a l'air, bon... Gentil. Même si il balbutie, et que l'on dirait que j'ai mis le pied dans quelque chose que je n'aurais peut-être pas dû approcher (mais ça c'est la définition de ma vie), j'essaie d'écouter et de ne pas avoir l'air trop flippant. Nan mais, depuis qu'on m'a dit que j'avais une tête à dévisser des chatons, je... Disons que je reconsidère le fait que regarder mon interlocuteur fixement sans rien dire et avec un pareil air neutre, ça peut être très dérangeant.
Ses difficultés me font froncer les sourcils, et je m'apprêtais à lui dire que l'on pourrait parler d'autre chose si il est mal à l'aise, du moins juste avant qu'il ne réponde. De la pokéthérapie, donc ? Plutôt vaste, oui, en effet, même si je ne connais pas grand monde hormis Fisher qui étudie ce sujet, à vrai dire. Je suis un peu curieux, du coup, et ouvre davantage mes oreilles, espérant apprendre quelque chose que je ne sais pas. Mais visiblement, de ce que je comprends du moins, il a l'air paumé. Sacrément paumé, même. Je ne ferai pas la réflexion, parce que de ce qu'on m'a fait comprendre depuis le temps ce n'est PAS le genre de chose à dire si on ne veut pas rendre la situation gênante.

Néanmoins, je suis un peu perplexe, et tapote le bas de la feuille de notes que je tiens, hochant de temps à autre la tête pour lui signifier que je l'écoute. Au moins, il arrive à parler, mais plus il le fait, plus j'ai l'impression de me voir, quelques années en avant. Enfin, pas du tout dans le but de l’infantiliser, hein, juste que... Eh bien, je sais par où il passe, disons. Je ne compte pas lui dire à quel point j'ai galéré lorsqu'il a fallu faire un choix de sujet pour mes master et à quel point j'ai paniqué comme un pleutre pendant des mois, parce que j'ai un gros ego, mais voilà. 'I feel you', comme dirait Faust. Il y a un point, toutefois, que je crois devoir appuyer, alors j'esquisse un rictus désabusé, et prend la parole, en me demandant tout de même si je fais bien ou si je ne vais pas juste rendre l'atmosphère particulièrement malaisante.

« Vous savez, ça fait deux ans que je suis en doctorat, et ça fait deux ans que je n'ai aucune idée de si quoi que ce soit que j'ai pu faire va m'amener quelque chose, au final. Si ça trouve, je fais fausse route. C'est un peu le but de la recherche, de voir ce qui vaut le coup d'être mené. »

… Mouais. Ça doit sonner vague, et creux, tout ça, maintenant que j'y pense. Je me retiens de pester face à mes propres paroles qui ressemblent un peu trop à des citations de gâteaux chinois (qui ne sont pas chinois) ou à celle d'un vieux moine dans un téléfilm à tendance raciste. Grah. Mais quel con, j'vous jure ! J'ai l'air calme, comme ça, mais c'est uniquement dû au fait que je me gratte la nuque pour me calmer, et que je me rattrape comme je peux en revenant sur le projet du plus jeune. Moi qui espérait aider un peu, j'ai l'impression de patauger dans ma soupe, surtout... Si ça fait sens. Je ne suis pas sûr que ça fasse bien sens, à vrai dire. Nous ne sommes plus à ça près depuis longtemps je crois.
En tous cas, ce qu'il dit est intéressant, et je ne fausse aucunement mon intérêt quand je prend la parole. Je vous avoue que ça m'enchante déjà plus que les corrections de copie concours, qui sont une vraie plaie, tant je déteste ça. Parler science et projet scientifique, en revanche... C'est déjà plus dans mes cordes, surtout sur un sujet que je ne maîtrise pas totalement : autant vous dire que je ne suis plus le même que tout à l'heure, et que j'en oublierais presque ma fatigue. La preuve, je sour-... Bon. Je fais ce qui s'apparente à un sourire, à peu près. Mon ton devient un peu moins monotone, même si mon regard se baisse, car je suis pensif.

« Mais votre idée avec la Compétition, c'est très bon. Je pense qu'il y aurait de quoi faire, c'est déjà bien que vous ayez des angles d'attaque. Évidemment, ça demandera un effort de recul évident, mais vous m'avez déjà l'air d'avoir réfléchi à ça. Si vous faites comme vous le dites et diversifiez votre approche, je pense que vous finirez par trouver un fil rouge, alors vous devriez essayer vos idées. »

Mes compliments sont sincères, en tous cas, et je trouve tout ça particulièrement intéressant. En dépit de ce qu'il me dit, j'ai l'impression qu'il y a trop de détails pour qu'il n'y ait pas pensée plus d'une fois. Je me permettrais pas de dire que je pressens comme un grand manque de confiance en soi, car je serais bien placé pour juger -hey salut je m'appelle natsume et j'ai besoin de thérapie  et de petites pilules pour ne pas crouler sous l'anxiété-, mais bizarrement... J'ai envie de le pousser à essayer,  à le motiver, même si ce n'est pas tout naturel pour moi. Je le répète, je n'ai pas la fibre enseignante ; en revanche, j'aime bien les gens qui ont des idées, et je déteste voir ce genre de gens se retenir par crainte. Le nombre de découverts incroyable que l'on manque à cause de ce syndrome de l'imposteur... M'enfin, je me mêle sûrement de ce qui ne me regarde pas, en un sens, et tente d'en revenir à un aspect purement logistique.

« Pour les refuges, il faudra voir avec la Compétition, mais je pense que ça peut s'arranger, si vous tombez sur les bonnes personnes. Surtout en ce moment, je pense qu'ils seront tolérants. »

Je pense que si il fait les démarches, il n'aura aucun mal à trouver un ou une championne pour lui donner une permission, donc je ne m'embête pas à lui dire que j'ai les moyens indirects d'arranger ça. Je n'ai pas de doute sur le fait qu'ils diront oui, de toute façon : ils ont besoin de bonne publicité, après... Enfin, ce qui s'est passé. Ne serait-ce que se montrer tout miel avec les chercheurs, ils ont l'habitude. Et non, je ne suis pas aigri et agacé par ça, c'est pas vrai, ce n'est pas DU TOUT mon genre de faire de la mauvaise foi. Ahaha. Ouais, je sais, même moi je n'arrive pas à y croire.
Néanmoins, et alors que j'y pense, il y a bien une chose avec laquelle je peux l'aider. J'hésite une seconde, car ça représente pour moi un effort, mais quand je m'imagine que le jeune homme aux cheveux roses laissera peut-être tomber certaines idées si il n'a pas ce qui lui faut, je me trouve une motivation toute nouvelle. Mécaniquement, je joue avec un stylo en croisant son regard, tentant de me donner l'air sérieux sans être non plus trop rigide.

« … Si vous le voulez, j'ai peut-être quelques cas à vous montrer, dans ma pension. Des pokémon à grosses difficultés envers les humains, ou qui sont portés vers les soins. Enfin, je dis ça comme ça, je sais à quel point ça peut être dur de trouver des lieux d'observation. »

Et encore, j'ai une thématique qui permet d'être relativement éloigné de certaines contraintes. Mais lorsque je travaillais sur des sujets annexes ou sur des petits articles, j'avoue que posséder une pension et une grande variété de pokémon que je pouvais observer en connaissant tout leur historique était grandement plaisant. Bien plus simple que de galérer, en tous cas, et ma curiosité m'a rendu prompt à accepter de tolérer une éventuelle présence tierce dans mon domaine. Bon, c'est un peu égoïste, du moins je crois. Je ne comprends pas trop pourquoi j'ai voulu aider le cadet dans son projet, sinon. C'est probablement juste que je suis incapable de saisir que j'ai simplement voulu bien faire et aider quelqu'un, mais on me dit dans l'oreillette que là, le quatrième mur aimerait qu'on lui foute la paix.
Je me redresse un peu, ne serait-ce que moins avoir l'air de la grosse patate molle que je suis, et me dis que je ferais bien de revenir un peu aux fondamentaux avant de continuer. J'espère ne pas faire trop de conneries... Ou être vague. Bon sang, qu'est-ce que j'aimerais avoir l'aisance et l'expérience de madame Kenway, des fois...

« Je ne vais pas vous dire que commencer à feuilleter les auteurs clés est essentiel, mais après...  Je pense que vous lancer est le meilleur moyen de mettre ça au clair, ne serait-ce que pour vous-même. Après, rien ne vous oblige à tenter une publication. Si vous voulez, je peux vous donner les adresses mail de quelques collègues, ne serait-ce que pour poser des questions. »

Bon, pas sûr que Mell apprécie que je lui refourgue du travail comme ça, mais je pourrais toujours tenter de l'amadouer. Et j'aurais moins l'impression d'être illégitime, aussi.
Début janvier 2023, matin (~11h)


Merci pour le chibi, Reshi !

Natsume Miyano
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Ven 19 Jan - 2:19
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Roico ou quand la pause s'imposeNatsu & Brenda

Pour être honnête je… N’avait pas tellement envisagé les choses sous cet angle. J’avais toujours plus ou moins prit pour acquis qu’une expérience devait forcément se faire dans le cadre d’un fil conducteur déjà établit et que de ce fait elle devait forcément donner des résultats plus ou moins en accord avec ce fil conducteur. Je n’avais jamais imaginé la possibilité de faire les choses dans un ordre différent. L’approche me semblait nettement moins cadrée et dans un sens ça me faisait peur mais d’un autre côté ce pourrait être une façon de faire intéressante. Soyons franc, je n’avais pas la moindre idée de part où commencer et du coup baaaaaah… Je ne commençais rien. Mais vraiment, rien du tout. Cependant l’alternative du professeur Miyano me permettait justement de mener à bien mes idées et d’en ressortir de façon totalement non influencée des résultats. C’était peut-être ce qu’il me fallait ? Me lancer tout simplement. J’avais tendance à tout planifier pour avoir des choses carrée mais je devais peut-être me décoincer à ce niveau-là et tout simplement me laisser porter… Ouais, ce n’est pas con comme idée. Après tout, qu’importe la raison de l’expérience, il me suffira d’être carré dans le contre-rendu écrit de l’expérience. En soit, c’est vrai que je n’ai pas d’obligation d’avoir une raison pour tester quelque chose. Ça ne sonnait pas très professionnel dit comme ça mais c’était peut-être le mieux à faire. Tester pour le plaisir de tester et voir où ça mène. J’en parlerais au docteur Lily mais c’était peut-être le mieux pour moi. Fallait bien que je commence quelque part alors autant ne pas trop se poser de question.

- « En ce qui concerne les refuges, j’ai déjà pu y faire une visite pour les fêtes, je peux peut-être contacter la personne avec laquelle je suis en contact. »

Puis, bon… Niveau compétition… Je suis plutôt bien entouré. Entre la sœur et le beau-frère champion d’arène je pense que j’ai de quoi faire. Même si je n’aime pas trop avoir recourt au piston et que, comme tout le monde, j’aimerais faire les choses par moi-même j’étais conscient qu’il ne fallait pas cracher sur un peu d’aide et que, oui, par moment, la faim justifiait les moyens. Cependant, je suis un peu honteux de mettre en avant mes liens avec la compétition (ça fait très présomptueux) et je décide donc de taire cette partie « Coucou, moi je connais du beau monde tu vois ? ».

La suite, par contre, je ne sais pas très bien comment je dois la prendre… Je… C’est une invitation ? Nan « à vous montrer » ça ne veut rien dire. Il pourrait bien me montrer des photos ou juste m’en parler. Je veux dire, nan. Mais naaaaaaaan. Tu dérailles Brandon Blanchett, comme-ci ce genre de coup de chance pouvait te tomber dessus, hein ? … Hein ?

Zut, j’ai le doute. Je n’ose pas lui demander. J’ai peur de passer pour un imbécile ou d’engendrer une situation gênante. C’est que je l’aime bien ce prof et je ne voudrais passer par ce que je ne suis pas… Quoi que, je suis certainement bien plus idiot que lui et dans ce sens-là il aurait largement le droit de me considérer comme un simple d’esprit. Enfin, du coup je sais pas quoi répondre… C’est que si je dis oui, je ne savais pas trop à quoi je m’engage et ça c’est un peu idiot. Je veux dire, entre nous, je préfère largement voir sur place, j’avais pris l’habitude de me déplacer et de faire des études de terrain mais… Mais… Arf. Je fais quoi ? Je lui demande ? Et s’il me dit non... ? Mince, ce serait la gêne. La grosse gêne, même. Mais si je lui ne demande pas… Je ne sais pas trop où ça me mènera et je passerais encore plus pour un crétin si sa phrase avait un tout autre sens que celui que je m’imagine… Du coup, qu’est-ce que je fais ?

- « Je… Ça serait très gentil ! Si ça ne vous dérange pas, je serais intéressé. » Enfin, du coup, ça n’enlève pas mon sale doute mais… Passer pour un idiot ou pour un con ? Mince, mon cœur balance… « Je… Navré si la question vous parait idiote mais… J’ai peur de ne pas avoir bien compris le sens de votre phrase, tout à l’heure. Quand vous parliez de votre pension, ces cas particuliers c’était… Heu… Une invitation pour venir ou juste en parler sans déplacement sur le terrain ? c’est que ça m’intéresse vraiment mais comme je ne suis pas sûr d’avoir bien compris… Ahem… Vraiment navré. »

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Si t'es un galérien tape dans tes mains {PV Brandy AzvXyDJ

Brandon te parle la tête dans ses bouquins en #ff6666
Merci à Cobaba pour la fiche de lien, jtm bb, t'es trop une vraie, t'es trop une nana sûr /PAN/

Dc : Emilly Carter, Patrick Olson/Bellamy Crowford
Brandon Blanchett
Scientifique
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Dim 21 Jan - 18:47
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Si t'es un galérien tape dans tes mainsft. Brandon Blanchett

Je crois que je ne m'en suis pas trop mal sorti. Ça fera un petit point pour contrebalancer toutes les fois où j'ai foiré des conversations par manque pur et simple d'intelligence sociale. Je ne suis pas vraiment fier non plus, mais je retrouve suffisamment d'assurance pour porter mon air calme habituel. Oui, c'est celui où l'on dirait que j'ai le regard d'un poisson mort, mais je m'en suis satisfait depuis un moment déjà. J'ai du mal à retenir mes bâillements, car mine de rien l'idée d'une sieste fait toujours briller mes yeux, mais au moins, j'ai la sensation d'avoir... Réussi un truc. Bon, j'devrais pas m'exciter pour pas grand chose, et en soit, je ne le suis pas. Je suis juste stupidement fier de moi. Et mêlez-vous de vos oignons, j'ai encore le droit d'être positif de temps à autre.
Toutefois, mon enthousiasme, qui s'exprime chez moi par un très léger haussement de sourcils, se calme lorsque je me rends compte que le cadet semble être tout à fait perdu. J'ai dit quelque chose de stupide ? J'ai un gros morceau de salade entre les dents ? Je n'ai pas ma réponse tout de suite, ou du moins, je dois la comprendre en me forçant un peu. J'ai toujours eu du mal à saisir le sens des tons, alors son air embarrassé et malaisé m'est quelque peu difficile à identifier. Je plisse les yeux, rendu curieux, bien qu'un peu d'angoisse fait son chemin sous la forme de petits nœuds dans le creux de mon ventre. Mais c'est devant son hésitation que je saisis qu'il est juste... Gêné ? Mais de quoi ? Je sais pourtant depuis longtemps que je ne suis pas impressionnant (j'ai arrêté d'espérer depuis le tendre âge de mes seize ans), alors peut-être que j'ai mal formulé mes propos ? Meh. Je dois l'air con, là, avec ma tête de Ramoloss paumé, à cligner des yeux.

« Eh bien, oui, c'est ce que j'ai dit, je vous invitais à venir voir ... ? J'ai mal parlé ? Si c'est une erreur de vocabulaire... »

Je dis ça comme ça, mais j'ai l'impression que je m'enlise à chaque mot de plus. Bon, ça y est, je me sens tout de suite moins cool, là. Je peux revenir dans le temps ? Ça serait sympa, je vous l'avoue. Mais là, le silence me gêne, beaucoup. Sérieusement, Axel, tu aurais pu m'épargner un massacre de feuilles... Je finis par me racler la gorge, et me lève un peu vite, me cognant au passage contre le coin. Un geignement pathétique plus tard (et un beau pliage un deux comme un môme, on applaudit s'il vous plait), je tente de me redresser avec un air plu ou moins stable en rangeant mes affaires. Ce n'est pas très difficile, car je suis désespérément chiant à être aussi ordonné, mais je reprends la parole pour éviter un moment embarrassant. Oui, j'explique la suite tout en commençant à me préparer, ça rend les choses à peine maladroites. Mine de rien, l'heure tourne : j'ai bien une idée pour concilier mon besoin de retourner à la pension et celui de continuer convenablement notre conversation, sans me comporter comme un goujat malpoli.

« De toute façon, sans vouloir être brusque, il faut que j'y aille maintenant. Si vous voulez, vous pouvez m'accompagner, que je vous montre par où passer et... Vous présente aux gardiens, aussi, pour éviter des soucis par le futur. »

J'évite de lui dire que si il débarquait comme ça, cela risquerait de... Comment dire. Disons que certains de mes pokémon prennent leur travail de protecteurs à terre, et même si ils ne sont pas particulièrement agressifs, je plains quiconque qui tenterait de passer outre ma Grahyèna. Je préfère éviter qu'il ne soit traumatisé, ou d'avoir quelque chose sur la conscience. En outre, je repense au fait que d'autres se sont déjà perdus dans la forêt, et j'aimerais éviter un second cas Fisher. Bon, si j'étais du genre à comprendre les conventions sociales, j'aurais compris en quoi c'était peut-être un peu louche sur les bords de faire venir un élève par chez moi, mais de une je m'en fous, de deux, si vous pensez que je suis capable d'y réfléchir, vous êtes bien naïfs.
Je lui demande donc son accord et une fois que je l'ai, termine de faire mon sac. J'aurais pu faire mon trajet habituel, car oui je vais à la fac en bus comme un vieux papi, j'ai beau avoir mon permis depuis un bail maintenant je pense à l'écologie (et à mon portefeuille), mais étant donné que j'ai quelqu'un avec moi, on va éviter. Tant pis si Kaito râle d'être fatigué après un téléport, mais je préfère ça que de me retrouver dans un silence malaisant pendant trente minutes de trajet. L'Alakazam, une fois sorti de sa ball, d'ailleurs, me jette un regard blasé, et j'esquive son coup d’œil avec l'aisance toute naturelle de quelqu'un qui sait qu'il a fait une gaffe mais ne va très certainement pas l'assumer (faut pas déconner tout de même).

Je pousse un grognement lorsque nous atterrissons avec un peu de brusquerie à une dizaine de centimètres du sol, ce qui m'aurait tomber à terre si je ne m'étais pas rattrapé à une branche illico presto. En levant les yeux au ciel, je rappelle Kaito dans sa ball, me promettant de parler à cette andouille plus tard, et m'excuse d'un sourire désolé au plus jeune. Tu m'étonnes que je vais passer pour un crétin, là.
Au moins, nous sommes bien arrivé à destination, car je reconnais les débuts de la petite clôture, et du chemin dallé que j'ai fait poser il y a plusieurs mois maintenant. Pour l'adresse, je lui laisserais le plan des lieux plus tard, car là, je vous avoue avoir la flemme. Je n'ai pas le temps d'en parler, de toute façon, car j'entends un grognement bien familier. Je n'ai même pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s'agit.

« Hayato, tiens-toi, c'est un invité. »

Le Luxray boiteux a l'air d'hésiter, mais ce n'est qu'une apparence formelle. Il fait le malin, le kéké à la 'hé t'as vu j'existe si tu mouftes j'vais grogner encore plus fort tu vas voir', alors je ne m'inquiète pas : je sais à quel point c'est une grosse pâte molle, au fond... Et non, ça ne fait penser à personne d'autre, arrêtez avec les accusations ; je ne suis pas (encore, reste à voir si l'histoire d'axel et son camarade finira mal) au tribunal.
L'air de rien, je fais donc signe à Blanchett de me suivre, descendant lentement le chemin de verdure, jusqu'à parvenir à l'entrée. Je fais vaguement signe à Maxime par la fenêtre, mais me disant qu'il faudrait peut-être que je donne mes indications dès maintenant, je reprends la parole.

« Hm, pour le coup... Évitez de vous approcher de trop près des pollinisateurs et des ruches, enfin, tant qu'ils ne sont pas habitués à votre présence ou si je ne suis pas dans le coin, ou même des petits sans que les parents ne se soient montrés tolérants, ça peut être dangereux. De même pour la nurserie, si vous voulez voir des œufs, il faudra aller voir ma Pyrax pour ça, pour éviter une... Mauvaise réaction, disons. »

Oui, je suis un peu parano, mais on apprend vite à être précautionneux, dans ce métier, pour éviter les accidents. Quand je pense que certains se disent qu'on ne fait que donner des biberons et brosser des poils... Les agressifs, surtout par rapport à la progéniture, sont parfois légions et même si j'écarte ces derniers des plus doux, je n'ai pas envie qu'il arrive un souci. Et sincèrement, je n'ai pas non plus envie de devoir garder un œil sur le jeune homme aux cheveux roses, donc autant mettre à plat toutes les règles tout de suite. Mais malgré ce blabla administratif, je me suis détendu depuis que nous sommes arrivés ici. Peut-être que ça se voit, peut-être pas, je n'en ai franchement aucune idée, mais j'ai bien senti que ma voix était devenue plus calme, posée, que mes épaules se sont détendues, et que ma posture est bien moins rigide. Rien d'étonnant, puisque je suis plus à l'aise par ici. Bon, je ne vais pas non plus péter des arcs-en-ciel et proposer à mon interlocuteur d'aller faire une dînette entre deux parterres de fleurs, mais c'est déjà ça.

« Le reste, normalement, devrait passer. Pour les sujets qui devraient vous intéresser, les pokémon plante sont relativement intéressants, et- 
- Papaaaaa ! »

… Toi, tu as vraiment décidé d'être pénible ces temps-ci, hein ?
Je n'essaie même pas de me retourner, et un peu comme quand Sam me fait le même coup en pire (question de poids), je sais déjà qui est en train de me sauter dessus. Enfin, sur ma jambe, plutôt, parce qu'un asticot collant s'est jeté contre mon côté et s'y accroche avec toute l'énergie d'un koala à sa branche. Si je soupire un peu de brutalité, l'enthousiasme dont il fait preuve fait taire mon côté plus grognon. Je l'accueille par un patpat maladroit sur sa tête, dont il se satisfait avec un sourire bêta, bien content. Je ne comprends pas trop pourquoi ça a l'air de le réjouir autant, à vrai dire, je ne suis parti qu'une demie journée et il me voit tout le temps. Bon, d'accord, il est collant depuis mon retour mais... Enfin, si j'avais deux millilitres de connaissances en matière de gamin, je saurais que c'est parce que les enfants ont besoin d'attention et qu'une heure correspond à deux ans pour eux, mais on ne peut pas tout avoir et je ne suis pas un puits de science, malheureusement pour mon ego.
Bon, en soit, la petite 'surprise' ne me dérange pas, parce que c'est plus ou moins comme ça qu'il agit à chaque fois. C'est juste que devant un élève, bah... C'est la honte. Et que je ne sais pas trop comment je suis censé agir dans ce genre de cas. Embarrassé, et un peu rouge, j'envisage de demander au gamin d'aller m'attendre à la maison (qui n'est qu'à trois minutes de marche, tout de même), mais il me devance. Lui est plus rapide que moi, et même si il est méfiant d'ordinaire avec les inconnus, leur jetant souvent des regards venimeux par simple... j'en sais rien en fait, m'enfin, disons que je crois que ça ne sera pas le cas aujourd'hui. La preuve, le voilà qui ouvre de grands yeux en fixant le jeune scientifique, l'air émerveillé par quelque chose.

« Wah, tes cheveux ils sont comme ça tout seuls ? C'est des vrais ou tu les peins ? Pourquoi t'es là ? Toi aussi tu fais de la soupe ?
- Axel, le tutoiement. Laisse-le tranquille. Tu ne devrais pas être avec Yann ?
- Il m'a dit qu'il t'avait vu, et que du coup, il allait se faire un chocolat. »

J'étouffe un grognement agacé. Je l'aime bien, mon collaborateur, hein, mais des fois, il m'agace. Je lui aurais payé sa demie-heure supplémentaire, de toute façon ! Enfin, je suis plus embarrassé par le côté... Invasif et malpoli d'Axel, qui lui n'agit que dans sa brutalité d'enfant. Il peut parler en matière de cheveux, lui, en plus, avec la touffe de piquants qui nous sert de coupe... J'essaie donc de rattraper le coup en posant une main sur son épaule, pour le calmer. Ça marche temporairement, et il comprend le message, mais je crois que j'ai intérêt à trouver un moyen de l'occuper, fissa. Et j'ai pas envie de me taper un épisode de Dora l'exploratrice de nouveau, par pitié.
Je repose mon attention vers le cadet et tente une expression amicale. Tente, j'ai dit.

« Désolé. Vous avez une préférence quant aux sujets à étudier ? Que je puisse vous orienter tant que je suis disponible. Au pire, mes collaborateurs pourront vous orienter, si vous allez à l'accueil, je les préviendrai. »

Maxime et Yann devraient être gentils, si ils ne décident pas de le troller. Et tant que j'apprends à Axel de ficher la paix aux gens qui viennent dans la pension, ça devrait aller. M'enfin, si seulement je savais parler sans m'emmêler et me faire des films, moi...
Début janvier 2023, matin (~11h)


Merci pour le chibi, Reshi !

Natsume Miyano
Eleveur
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Lun 22 Jan - 16:29
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C'est l'histoire d'un gars qui se fait téléporter pour la première fois...
Puis le sol
Natsu & Brenda

Je me sens un peu con de lui demander ça. Je veux dire, niveau éveil c’est pas top. Mais d’un autre côté je me dis qu’avoir le cœur net c’est peut-être bien peu de chose face au possible moment de solitude qui m’attend si je me monte le bourrichon pour, disons-le, rien. Faut dire que ce n’est pas la première fois que je me fais des films pour au final me retrouver avec le bruit du vent en fond et la sensation d’être un parfait crétin. Un peu comme avec cette fille, quand j’étais au lycée, la bombe de la classe qui, de façon totalement random, s’est mise à me parler le jour de la Saint-Valentin. En bon crétin, je me suis dit que j’avais peut-être une admiratrice et c’était bien la première fois que ça m’arrivait. Elle m’avait demandé de l’attendre après les cours avec son petit regard larmoyant et sa petite voix qui trahissait une anxiété profonde. Moi, crétin que je suis, j’avais dit oui et toute la journée je me suis préparé à me recevoir dans la figure ma première déclaration d’amour. J’étais tout fou, je me souviens être passé dans les toilettes pour me recoiffer et me rincer la bouche une dizaine de fois en me disant que ce serait bête de pas pouvoir conclure si j’avais une haleine de phoque. Enfin bref, après les cours je suis allé la rejoindre, vachement fébrile, en classe avec le cœur qui battait à 300 à l’heure et là, elle me dit : « Voilà, j’ai un rendez-vous avec mon copain et je suis vraiment dans la merde parce que y a ce devoir de Chimie qui traîne et… Arf, je suis vraiment désolée de te demander ça, j’ai vachement honte, mais Jessica dit que t’es hyper gentil et que tu lui avais prêté tes notes du coup… Tu pourrais me les envoyer par mail ou me les passer si tu les as sur toi ? Je n’aurais vraiment pas le temps d’y passer tout mon aprem mais avec tes notes je pourrais bricoler quelque chose de plutôt bon ce soir du coup… Voilà. » Oui, voilà. J’étais resté là, comme un con en lui passant mes notes de chimie avant de la regarder fuir de la classe dans un sourire ravi pendant que moi je me disais, qu’au moins, j’étais mieux coiffé que le matin-même. Depuis ce jour, bizarrement, la sensation de passer pour un crétin m’étais devenu quelque peu inconfortable et j’avais pris l’habitude de me mettre à douter de chaque situation qui pouvait entraîner un sens autre à mes attentes. Cependant, le professeur Miyano ne piétina pas mon cœur et ma maigre confiance en ma virilité : j’étais bel et bien invité.

- « N-Non, du tout professeur ! » fis-je précipitamment en voyant sa mine déconfite. « J’ai juste la mauvaise habitude de comprendre les gens de travers du coup… Navré, je voulais juste être sûr. »

Et ne pas me retrouver comme un con en vous voyant partir chez vous en me laissant au pied de la salle mais ça c’est secret. J’ai trop de respect pour vous pour dire spontanément que c’est une habitude de me retrouver avec la chanson de la tristitude en tête. Ahem.

En le voyant ranger ses affaires, par contre, j’ai eu la vague sensation de l’avoir vexé et si la question me brûlait les lèvres, je n’ai cependant pas osé la posée. J’avais très peu de connaissance en relation humaine mais il me semblait me souvenir que les gens n’aimaient pas spécialement entendre la fameuse question « t’es fâché ? ». Du moins, dans les séries (#Mon Seul Outil De Recherche En Relation Humaine) les filles piquaient des crises d’hystéries comme-ci poser la question était un sacrilège ou du foutage de gueule et, croyez-le ou non, je ne tenais pas spécialement à ce que le professeur Miyano pense que je me foute de son facies. Facies qui n’était pas aussi terrible que le disait certaines filles de la classe soit dit en passant. Je lui trouvais même un petit air Doctor Who sur les bords, vous voyez le genre, un peu mystérieux mais qui se repère de loin. Oui, c’est un compliment.

Le professeur Miyano se tourna ensuite vers moi pour m’annoncer qu’il rentrait chez lui et que c’était l’occasion de venir et.. Qui que quoi ? Là… Là maintenant ? Ouuuuuuuuuuh heu… Merde, on me demande de prendre une décision sans avoir 48h de réflexion ! Diantre ! Mon point faible ! Il n’est que le matin et j’ai quand même le reste de la journée pour travailler auprès du docteur Lily et je ne pense pas qu’elle me tiendrait rigueur d’être allé dans un refuge pour ma veille professionnelle mais Arg… ARG. Décision, décision, prendre une déci-

- « O-Oui ! » … « E-Enfin, je veux dire oui, je vous suis ! »

Je me donnerais des claques, parfois.

Je me sens un peu comme un gamin dix minutes avant le début d’une sortie. Si mon cœur bat la chamade en raison de ma tension qui a crevé le plafond suite à cette prise de position soudaine je ressent aussi une certaine curiosité et surtout une certaine excitation à visiter la pension d’un professionnel comme le professeur Miyano. C’était bête à dire mais je n’avais qu’une très vague idée du métier d’éleveur et de ce qu’il impliquait réellement en terme de travail et de tâche. J’étais très friand d’en découvrir plus et de ne pas limiter mes connaissances en la matière au « l’éleveur c’est le gars qui garde tes Pokémons et qui éventuellement fait pondre des œufs. ». Je suis cependant plus que surprit lorsque le professeur sort de son sac une Pokéball pour faire apparaître un Alakazam et… Mon dieu je fanboy. Alakazam quoi : Pokémon de mon top 10 des Pokémons qui roxe de la classe de sa grand-mère en slip. Spoiler : il est juste derrière Tentacruel qui m’a toujours fait penser à une espèce de petit-fils à Cthulhu. Enfin, je suis foutrement content de voir un Pokémon aussi classe devant mes petits yeux de neerd mais… Pourquoi ? Oui, pourquoi ramener Alakazam ici ?

- « Il est bien beau votre Alaka-HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »

*BOUM*

Je... Heu… Où suis-je ? Où vais-je ? Pourquoi le plafond il est bleu ? Pourquoi y a du vent d’un coup ? Brrr, il fait frisquet dans la cla- Tien ? Une feuille ?

Je me relève en me frottant le dos dans une grimace douloureuse et- Oh. Ah. Oh. Je comprends… Je crois ? C’est… Dehors ? Alakazam, boum, ciel, vent, feuille, dehors… Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, on s’est téléporté. D’accooooooord. Ooooooh chic, chic, quand je vais raconter à Mercy que j’ai voyagé dans l’espace comme un super Seiyen elle va être verte !

- « Vachement pratique votre moyen de transport, professeur. » fis-je dans un sourire qui trahissait une putain d’admiration pour ce que venais de faire le professeur Miyano.

Ça y est, je me demande si Prim ne pourrait apprendre Téléport ? Si c’est le cas je pourrais apparaître devant Lexie et Benji comme un magicien ! Je suis sûr qu’ils adoreraient ! Je pourrais faire une grosse surprise aux enfants comme ça ! Lexie trouverait que je suis le tonton le plus génial du monde et Benji serait encore plus heureux de venir en excursion avec moi. Oh oui. Ce serait chouette.

J’entends le professeur alerter uns de ces Pokémons et… Diantre, même son Luxray est classe. On dirait uns de ces Pokémons virils dans les films. Je commence à me dire que j’aurais peut-être dû me tourner vers l’élevage et prendre le professeur Miyano comme tuteur parce que pour le moment j’ai l’impression d’avoir en face de moi un mélange entre Marty (soit mon idole) et héro sombre et mystérieux et disons-le, ça pue la classe. Je note chacune de ses instructions avec le plus grand soin dans un coin de ma tête en hochant la tête pour dire que j’avais bien compris. J’avoue que j’aimerais éviter de finir à l’hosto parce que j’ai voulu gagater de trop prêt sur un œuf. Je suis sûr que Lexie trouverait l’histoire drôle mais j’avais la nette sensation que moi un peu moins. Le professeur Miyano commence à me donner quelques pistes d’observation et tout d’un coup surgit de nulle part un petit bout d’homme, pas plus grand que Lexie je dirais, la mine joyeuse et le regard vif comme les enfants de son âge. Je suis plutôt surprit et bien heureux de me retrouver face à un enfant. Je fais un petit signe de la main au petit et en le voyant se planter devant moi je m’accroupi dans un sourire. Sa réflexion sur mes cheveux me fait rire de bon cœur et je baisse un peu la tête pour l’inviter à les toucher.

- « Du 100% naturel mon bonhomme ! Et toute une fierté, tu peux me croire. » Je lui adresse un sourire franc, je me sens nettement plus détendu en face de ce petit être. Je ne sais pas, c’est pas très viril à dire mais j’adore les mômes. Je vous ai déjà dit qu’en dehors de ma carrière je rêverais de devenir papa ? Bon, y a le point « trouver une nana pour pondre un môme » qui pose problème et j’avoue que si je pouvais me passer de cette partie se serait pas mal parce que ça m’a l’air de requérir pas mal de compétence social que je n’ai pas forcément d’entretenir une relation amoureuse. Enfin, ouais, je m’épanouis beaucoup au contact des enfants, j’ai l’impression de grandir face à eux et j’ai la sensation de pouvoir être moi et de ne pas subir les jugements que des gens plus vieux peuvent avoir. « Axel, c’est ça ? C’est un chouette prénom ! Moi c’est Brandon, je suis un élève de ton papa, j’étudie pour devenir un docteur Pokémon ! »

Je lui lance mon plus beau sourire et me relève pour offrir un sourire gêné au professeur… Je me suis peut-être un peu trop emporté.

- « Ne vous excusez pas, professeur, j’ai l’habitude des enfants, ma nièce doit avoir dans les mêmes âges que votre fils. Héhé. » Je me racle un peu la gorge pour tenter de reprendre un peu mon sérieux. « Hm… J’avoue que je serais bien curieux d’en apprendre plus sur les Pokémons Plantes et sur leurs effets thérapeutiques. J’avais lu un article il y a plusieurs années d’un chercheur qui avait émis l’hypothèse qu’on pourrait utiliser les attaques des Pokémons plantes et insectes comme paralysie ou poudre dodo à des fins médicales. Nous n’avons rien vu au sujet du fonctionnement de ces attaques ou même du comportement de ce genre de Pokémons envers l’Homme du coup je serais bien curieux d’observer des spécimens évoluant dans une structure humaine et encadrée et de voir le comportement qu’on ces Pokémons envers les autres pensionnaires. » Je me rends compte que ma demande est peut-être trop spécifique et me rattrape sur un ton d’excuse. « Mais, pour être honnête, je serais déjà bien heureux d’observer n’importe quelle espèce. Ce doit être radicalement différent d’une observation en milieu naturel et rien que ça c’est une mine d’or pour mon apprentissage. »

Je glisse un regard vers le petit Axel avant de sourire.

- « Tu nous montre le chemin, bonhomme ? »


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Brandon Blanchett
Scientifique
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Ven 16 Fév - 20:58
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Si t'es un galérien tape dans tes mainsft. Brandon Blanchett

« Si vous pouviez éviter de m'appeler professeur... Je suis juste doctorant, vous savez, hein. »

Je me masse la nuque. Je vais peut-être paraître ingrat ou idiot, mais... J'ai déjà du mal à accepter qu'on me considère comme ça, en fait, car tout ce que j'ai fait de plus, c'est mes masters, et ma première année de doctorat. Et comme pour beaucoup d'autres thésards de mon âge, l'université s'est dit que c'était sans doute suffisant pour me mettre devant une classe remplie de personnes parfois plus compétentes que moi : si mon porte-feuille en est heureux, je juge que ce serait très arrogant de me part de me comparer à de vrais professeurs d'université avec un bagage intellectuel que je ne pourrais espérer avoir que dans vingt ans, au moins. Ce n'est pas de la fausse modestie, en plus. Dans deux ou trois ans, je pense que Blanchett aura « rattrapé » le peu de distance qui nous sépare. Enfin, j'ai peut-être rendu la chose gênante, en disant ça, j'en sais rien.
Meh. Oui, « meh », j'ignore quoi faire. Je suis un peu paumé, et si je force un sourire malaisé, c'est surtout pour que l'autre comprenne que je ne compte pas le faire cuire en soupe pour la forme. Je, hm... C'est légèrement compliqué pour moi de comprendre ce que je suis sensé faire, là. J'aimerais bien avoir le talent de Faust pour le blabla et être capable de vous faire une dissertation composée sur la pluie, le beau temps et les petites fleurs (quoique ce sujet-là pourrait m'intéresser), mais non, rien à faire. Axel, au moins, n'a pas l'air gêné, ce que je ne peux que lui envier. Même si il a généralement une grande méfiance des adultes, il faut croire que la curiosité était plus forte que la peur, et il ouvre de grands yeux émerveillés lorsque le jeune chercheur lui présente ses cheveux qu'il s'empresse d'ébouriffer. Un sourire se dessine sur les lèvres du petit garçon, heureux d'être pris au sérieux et ainsi considéré. En même temps, un peu d'attention, et le voilà aux anges.

« Wah ! »

… Oui, bon, Axel, calme-toi, c'est juste des cheveux.
Rabat-joie, rabat-joie, tout ça. Mais bon, il est content, je suppose, donc c'est déjà ça. Je suis relativement reconnaissant envers Blanchett de ne pas poser de questions ou d'avoir l'air intrigué ; si vous saviez le nombre de regards médisants que je me prends quand on découvre Axel... M'enfin, ce n'est pas pour pleurnicher. Il semble même relativement à l'aise avec le gosse, ce que je jalouse un peu, au fond de ma tête, mais ne me permet pas d'exprimer plus que ça.
Je l'écoute attentivement alors qu'il parle de ce qui l'intéresse, et cligne bêtement des yeux, un peu surpris. Oh bah oh. Ooooh. Je me sens tout idiot, d'un coup, sans doute car je ne sais pas trop quoi penser du fait que le jeune homme s'intéresse à mon sujet de prédilection, et ça ne devrait pas me faire autant plaisir. Pas au point de vouloir sourire comme un imbécile et me mettre à blablater, car ce n'est pas l'envie qui m'en manque, d'un coup. Si je m'apprêtais à répondre, mon filleul me coupe subitement.
En effet, Axel bute devant l'un des mots de la phrase de notre invité depuis tout à l'heure. Ses sourcils se froncent, et il fait une expression semblable à la mienne quand je suis curieux, ce que je sais comme étant une imitation assez... Ridicule. Mais je suppose que je fais la même tête de débile.  

« Un élève ? Mais tu vas encore à l'école ? C'est parce que t'as pas de bons points ? Ou tu as du mal à lire aussi ? »

… Bon, d'accord, je crois que le concept d'université échappe encore à Axel, même si je persiste à lui expliquer, sans grand succès. Ça rentre dans une oreille et ça sort par l'autre, en fait. C'est normal que ça l'enquiquine un peu tout ça, vu son âge. Je n'étais pas mieux du TOUT au sien. En fait, je préférais ramener des larves et des papillons à maman, voir des serpents dangereux, et ça ne la faisait pas trop rire, que de parler de choses aussi « ennuyeuses ». Mais, embarrassé par une raison quelconque devant les propos du gamin, je me racle la gorge et tente de lui expliquer.

« C'est... C'est un grand élève, en fait. Hm. Tu sais que j'en ai, dans la grande école.
- Oui mais bon, l'est vraiment grand ! Plus grand qu'toi, papa ! Hé, hé, m'sieur, toi aussi, tu regardes du caca de pokémon ? E-et puis monsieur Brandon, ça ressemb' à... »

Et j'aurais dû me taire, parce qu'en plus d'aggraver ma honte, je vois venir ce que veut dire le gamin. Il semble avoir eu une illumination, et en soi, ce n'est pas pour rien. De plus en plus gêné, je prends des couleurs au niveau du visage jusqu'à atteindre un magnifique rouge pétant (la honte, sérieux, mais la honte !) tandis que mon filleul m'achève en direct. Honnêtement, la guillotine serait moins douloureuse.

« Ah, c'est à toi que j'ai perdu la feuille importante, pardon ! »

Et il sourit. Il sourit, en plus, cette andouille, montrant bien ses dents et ses quenottes (sachant qu'il en a perdu une il y a quelques jours et qu'il a donc un gros trou). Moi, de mon côté, je me fais soudainement très petit, et c'est limite si je ne me demande pas si je pourrais peut-être me cacher derrière ma Florizarre, qui n'est pas loin. Maman, à l'aide (et oui je sais elle est morte ça va) !
Axel n'a pas l'air très perturbé. Je ne pense pas qu'il se rende compte de la gravité de l'acte, que certains tempéreraient mais personnellement ça me tuerait, et ce n'est donc pas étonnant qu'il passe directement à autre chose. Tout fier, bombant le torse, il lève la main, et guilleret comme si on était le jour de Noël, prend le chemin de devant.

« Mais suivez moi, m'sieur Brandon, chuis un 'péciaziste ! »

Je soupire, et me fais discret pendant quelques secondes. Si je chuchote à Axel l'endroit où je veux qu'il nous emmène, je regarde bizarrement ailleurs, uniquement concentré sur le fait de trouver ce que je cherche. Hayato ne nous a pas suivi, préférant probablement retourner à son travail de garde auto-atitré. Au moins, Axel a l'air d'avoir enfin intégré le plan de la pension dans sa tête, s'amusant à sauter d'une dalle à l'autre, pour je ne sais quelle raison ; apparemment, si il touche la ligne, « c'est perdu », et j'ai arrêté de chercher à comprendre.
Nous prenons donc la direction de la zone de droite, située près de la pouponnière des bâtiments de résidence des pokémon. C'est un grand champ, fourni de nombreux arbres, mais un des enclos les plus vastes que je possède. Heureusement pour moi, et j'esquisse un sourire satisfait, le groupe de créatures que je voulais lui montrer est bien là : tout une masse de Balignons et de Noeunoeufs s'agglutine dans les environs, vivant leur vie tranquillement. Si quelques « intrus » sont présents, je ne le fais pas tout de suite remarquer.

Pendant que j'ouvre la clôture et fais signe à mes deux compagnons du jour d'entrer, je me racle la gorge et reprend la parole. Si je parle avec un air de rien, c'est surtout parce que je veux éviter de mettre mal à l'aise Blanchett avec mon enthousiasme débordant. Celui-ci transparaît, malheureusement, dans mon ton plus léger, et mon visage aux traits détendus.

« En fait, quant à ce que vous voulez étudier, c'est pratique, comme c'est à peu de choses près ma spécialité. Je pourrais vous envoyer une bibliographie sur le sujet, je pense. »

Je n'ose pas lui faire part de mes articles, car, bah... C'est stupide, mais j'ai peur de passer comme un idiot, bien que je me doute qu'il n'aurait aucun mal à le faire si il le voulait, puisqu'ils sont disponibles dans diverses revues. J'avance dans l'enclos, et les mots sortent tout seul. Un sourire apparaît même pour la première fois de la journée, et me revoilà devenu un gros nerd de merde bien content de discuter de ce qui l'intéresse.

« Par rapport à la paralysie et la poudre dodo, toutefois, c'est pleinement connu, mais les techniques sont encore imparfaites, au vu de notre méconnaissance de leur composition moléculaire exacte.» Je prends une pause, ne serait-ce que pour respirer, et réfléchir à ce que je vais dire.« Notamment l'influence du code génétique des pokémon, par exemple. J'ose espérer que l'on puisse arriver à créer des médicaments fonctionnels d'ici une dizaine d'années, toutefois. Personnellement, les Bulbizarres m'ont l'air d'une espèce particulièrement propice à ce genre de choses. »

Ça, c'est mon travail de thèse et... Potentiellement de chercheur, par la suite, si mon futur me permet de faire cette activité librement. Je n'aurais jamais le temps d'être à temps plein, mais je vais pas me plaindre. Rien que pouvoir toucher à ces sujets m'enthousiasme suffisamment pour une vie ou deux. Je parle un peu vite, d'ailleurs, et sans le remarquer, mon ton déborde de bonne humeur. Je pourrais parler longtemps de tout ça, mais... Bah, tout ne tourne pas autour de ma pomme et de mon avis. Quelque chose dit par Blanchett tout à l'heure me passe d'ailleurs par la tête. Plus cordial et sympathique maintenant (on s'demande pourquoi), je lui offre une expression amicale, concentrant mon regard sur lui et oubliant momentanément où je marche. Et oui, vous voyez où on va en arriver.

« Je ne sais pas si je dirais milieu naturel, puisqu'ils sont nécessairement dans un contexte où ils n'ont pas besoin de penser à leur survie immédiate ou de chasser, mais... Oui, j'avoue que c'est plutôt plaisant, d'avoir des exemples à portée de m-maaaaaiiiin !
- Roh mais papa, fais attention aux Bulbizarres ! »

Et boum. La chute sur le sol a été rude, et le pauvre pokémon sur lequel j'ai trébuché couine avant de s'éloigner vivement. Pauvre petit, mais pauvre de moi aussi, et j'étouffe un grognement dans la terre. Axel n'est pas très inquiet, je soupire. Nous sommes visiblement arrivés à destination, et cette chute m'arrête dans mon blablatage, suffisamment pour que je me relève. Je soupire, exaspéré par moi-même, et époussette mon manteau (je chigne déjà devant le lavage à venir) pendant que je parle enfin de ce qui devait l'intéresser.

« Hm. Je me disais que vous amener serait un bon premier pas. J'ai quelques Rafflésia et beaucoup de Germignon, mais j'ai remarqué par exemple que ces derniers se disséminaient souvent dans d'autres groupes au lieu d'y rester, comme chez les Bulbizarres que l'on trouve ici.
- Moi j'suis sûr que c'est parce que les autres ils puent. »

Merci Axel pour cette charmante contribution. Au moins, il est attentif, je suppose, c'est déjà ça. Je me prends en tapotant nerveusement des doigts sur ma manche, comme un ado malaisé à l'idée de faire un exposé devant sa classe.

« Donc, euh... Je me suis demandé pourquoi, et après quelques observations, j'ai remarqué que les groupent réservaient de plus grosses quantités de nourriture à ces derniers. En fait, ils les « payaient » pour leur soin et notamment l'utilisation d'Aromathérapie, qu'ils sont les seuls à maîtriser dans ma pension. »

C'est tout con, mais ce genre de choses me passionnent. Normalement, je ne suis pas très psychologie ou sociologie, ça, c'est plutôt mon copain (même si je peine toujours à me dire qu'il est psychologue, cette andouille). Un défaut, me dira-t-on, mais bon, je n'y peux rien, j'ai déjà du mal à comprendre qu'il faut aller dire bonjour aux gens quand ils sont chez moi, alors... Mais en tant qu'éleveur, disons que c'est autre chose. Je pense souvent, par exemple, à faire de l'étude comportementale de mes pensionnaires, mais j'ai déjà ma thèse sur le feu, alors cela devra attendre un peu, je pense. Et je suis un peu tout guilleret de partager ça, quoique que j'en dise... Un peu troublé par ma propre envie de partager, je baffouille un peu et bredouille des excuses, ne voulant pas mettre Blanchett mal à l'aise. C'est vrai, quoi, il a sans doute plus envie d'observer des choses que de m'entendre blablater, et je comprendrais totalement.

« E-enfin, ce n'est pas pour ramener ma science, évidemment. C'est juste que je trouve le sujet passionnant, et que... Ça me fait plaisir de voir qu'il intéresse. Si jamais vous publiez quelque chose, prévenez-moi, si vous le voulez. »

Grmbl. Pourquoi est-ce que je suis toujours aussi maladroit, moi...
Début janvier 2023, matin (~11h)


Spoiler:
 


Merci pour le chibi, Reshi !

Natsume Miyano
Eleveur
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Dim 18 Fév - 18:58
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C'est l'histoire d'un gars qui se fait téléporter pour la première fois...
Puis le sol
Natsu & Brenda

Alors, j’ai comme la sensation d’avoir manqué un épisode. Le sourire du gamin, cette sombre histoire de feuille, le professeur Miyano qui semble se tasser petit à petit comme-ci il voulait ne faire qu’un avec le sol… Mouais, il y a un truc que j’ai dû raté quelque part. M’enfin, ça ne doit pas être bien important sinon j’ose espérer que j’aurais eu la présence d’esprit de m’en souvenir. Puis… Si le petit sourit c’est qu’au fond, ça ne doit pas être si grave que ça.

En tout cas, il a l’air plutôt ravi de nous guider. Je suppose qu’avec une maison comme celles-ci et un papa (je suppose que c’est son papa, puis au pire j’en suis pas à me poser des questions sur la filialité des uns et des autres, entre nous je pense que l’amour n’est pas une question de sang, sinon je n’aimerais pas autant Mercy.) éleveur le pauvre petit ne doit pas avoir l’occasion d’inviter ses petits camarades bien souvent. Je reconnais ses jeux solitaires en ceux que je pratiquais moi-même gamin et je me prends à sourire bêtement à l’évocation de cette période de ma vie que j’aurais pu considérer comme difficile. En général, les enfants vivent très mal la solitude, l’exclusion du groupe. Petit, je n’étais pas le genre d’enfant populaire, j’étais plus le petit boulet de service mais, étrangement, je ne me souviens pas avoir tant souffert de ça. J’étais souvent seul, ok, mais je ne me souviens pas avoir été « solitaire ». Peut-être était-ce parce que Mercy était là ? Ou peut-être tout simplement parce que déjà, à cette époque, je ne faisais pas grand cas du manque de vie sociale. Enfin bref, il m’est bien sympathique ce petit Axel, j’avoue jalouser un peu le professeur Miyano d’avoir la chance d’être entouré d’un enfant. Ce doit être épanouissant de se lever chaque matin et de voir cette petite bouille encore en train de ronfler dans sa chambre.

Nos pas nous emmènent vers un enclos d’une taille que je trouve formidable. J’ai toujours eu un peu de mal avec le principe de parquer des animaux ou des Pokémons dans des espèces de cage à ciel ouvert mais avec un espace de cette taille je ne doute pas que les petites bêtes ont de quoi gambader joyeusement. C’est toute une population de Pokémons qui s’offre à nous. Je perçois des regards curieux, par moment enjoués, l’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être Gru face à son armée de minions.

- « En fait, quant à ce que vous voulez étudier, c'est pratique, comme c'est à peu de choses près ma spécialité. Je pourrais vous envoyer une bibliographie sur le sujet, je pense. »
- « Vraiment ? Ce me serait d’une grande aide, merci ! »

J’espère juste que ça ne lui demandera pas trop de travail… je veux dire, le pauvre doit déjà avoir son lot de boulot entre son élevage, ses cours, sa thèse, l’éducation du petit, tout ça. C’est à se demander si cet homme dort un moment de la journée. Ceci dit, vu le ton que le professeur emploi j’ai l’impression que ce service lui fait même plus plaisir qu’à moi. Comment dire, il me semble changer depuis qu’on a quitté l’université. C’est peut-être le fait de se retrouver dans un environnement autre ? Je peux comprendre, l’université me crispe aussi, y a beaucoup de monde, ça papote à droite à gauche… En toute honnêteté je préfère de loin travailler chez moi ou au labo, non seulement j’y suis plus productif mais en plus j’y suis relativement seul ce qui est… Et bien… Un avantage non négligeable.

- « Cependant, existe-il un mode d’exploitation viable pour la production d’un médicament à grande échelle ? » lui demandais-je. « Je veux dire, un mode d’exploitation respectueux du bien être du Pokémon ? Je vous avoue que si, sur le papier, l’idée me parait formidable j’ai peur que la grande distribution n’en fasse quelque chose d’assez néfaste avec des systèmes d’exploitations comme ceux qu’on peut connaître pour certaines espèces animales notamment. Je ne sais pas à quelle cadence un Pokémon peut produire ses spores ou sa poudre mais une fois la composition exacte découverte il serait peut-être plus viable d’un point de vue éthique de faire des recherches pour recréer la matière première de façon synthétique. »

Oula, je crois qu’on me perd. Ça y est, le mode neerd est déclenché, ça veut dire que je ne vais pas pouvoir m’arrêter avant un bon moment. Pauvre de nous. J’ai une petite pensée émue pour le pauvre Axel qui ne doit pas bien comprendre le but ou le sujet de la discussion. Enfin… Arf, vraiment navrée, mais l’occasion est trop belle et je n’ai que trop de fois eu l’opportunité d’avoir un vrai dialogue avec un professionnel.

Enfin pour en revenir à l’exploitation des Pokémons à des fins médicales, sur le principe le concept me plaît bien. On pourrait peut-être créer des produits plus puissants et peut-être nettement moins couteux à la production ce qui permettrait la conception de traitement accessible au plus grand nombre. Du moins… En théorie. En pratique, qui dit production à grande échelle dit exploitation de masse et j’ai beaucoup d’exemples en tête qui me viennent pour avoir une grosse tendance à affilier ça à de la maltraitance animale, ni plus ni moins. Plus que la faisabilité du produit je pense qu’il est aussi important de se pencher sur la question de « comment le produire » ? Savoir qu’on peut le faire c’est une chose, savoir dans quelle condition une autre. C’est un vaste sujet et on pourrait passer des heures dessus mais je trouve cela assez passionnant. Je suis bien curieux de savoir l’opinion du professeur Miyano sur le s-*BOUM*

Le flot de mes pensées s’interrompt et lève la tête, soudainement revenu à la réalité.  

- « Oh. Vous… Vous allez bien ? »

Apparemment il n’a pas entendu ma question puisqu’il se relève le plus dignement du monde avant de reprendre son discours comme-ci de rien n’était. Diantre, quel professionnalisme. Perso, j’aurais été incapable de continuer comme-ci de rien n’était si je m’étais vautré comme ça. C’est sûrement à ça qu’on reconnait un professionnel.

- « Vous voulez dire qu’il existerait une forme de… Troc inter-espèce ? » Fis-je en ouvrant de grands yeux « Mais c’est formidable ! » On sent un peu trop mon enthousiasme « J’avais déjà pu observer ce genre de phénomène mais seulement entre des membres de la même espèce mais faisant partie de groupes différents, j’ignorais cependant que cette forme de communication était étendue à un plus large cercle ! Je me demande si elle est propre à l’élevage ou si elle est applicable également à la vie sauvage ou même au Pokémon domestiqués. En théorie… Non, puisque domestiqués les Pokémons n’ont plus besoin d’offrir leur service en échange de quoi que ce soit avec d’autres Pokémons mais peut-être que… »

Je relève de nouveau la tête dans un léger sursaut… Je m’étais encore mis à théoriser tout seul.

- « Je suis navré ! Vraiment. Heu… Je fais souvent ça, quand un sujet m’intéresse  je me met à papoter tout seul dessus à voix haute… Navré, ce n’était pas très poli de ma part. Ahem… »


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Brandon Blanchett
Scientifique
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Sam 5 Mai - 23:28
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Si t'es un galérien tape dans tes mainsft. Brandon Blanchett

Je suis un peu superficiel, dans le sens que j'ai tendance à apprécier plus qu'il ne le faudrait les gens qui affichent un intérêt ou une recherche d'approfondissement d'un problème. Plus jeune, j'étais encore assez naïf pour me faire mettre de la poudre aux yeux par quiconque ayant une intelligence (enfin, encore faut-il définir ça, bref) remarquable : et cela me suit encore un peu malgré mes efforts. Je ne devrais pas trop m'inquiéter d'apprécier de voir cette curiosité naturelle chez le plus jeune, même si son enthousiasme débordant me déconcerte un peu car j'avoue avoir à du mal à comprendre comment gérer les gens comme ça. Malgré tout, ses remarques quant aux possibles dérives exploitatives me font sourire : bah oui, hein, ça ne peut que plaire au gros hippie que je suis, soyons honnêtes cinq secondes. Une moue amusée et discrète se dessine sur mon visage alors que je tente d'amorcer une réponse.

« Évidemment, pour l'instant, ce serait uniquement expérimental. De plus, rien n'empêche de penser qu'il sera possible de reproduire ces cellules, ou de trouver des équivalents. La production à grande échelle comporte ses risques et ses inconvénients, mais je ne pense pas qu'il faille immédiatemment sauter à la conclusion la plus pessimiste. »

Ironique de ma part, vu le misanthrope cynique et pessimiste convaincu que j'ai été, et que je suis toujours lorsque je suis dans une position difficile, de parler ainsi. Je ne mens pas sur mes pensées, toutefois, comme je pouvais le faire auparavant pour me fair ebien voir. Bon, d'accord, c'est peut-être un peu creux et cucul la praline, mais... J'ai envie d'essayer d'être un peu optimiste, des fois. J'avoue que j'utilise peut-être ça pour me motiver, des fois, quand je me rends compte que ma thèse stagne et que j'ai l'impression d'écrire des banalités inutiles dans mes différents rapports. M'enfin. Le sujet n'est pas là, Natsume, reprends-toi cinq secondes ou tu vas finir par déballer l'histoire de ta vie à un élève qui n'a rien demandé, et ça serait pas mal pathétique. Dans tous les cas, j'avoue que Blanchett vient de gagner des points dans mon échelle de jugement franchement discutable et un poil superficielle sur les bords, mais, eh, j'fais pas les règles. Faudra juste qu'il arrête de s'inquiéter pour ma santé, ça me perturbe et euh, c'est, hm, gênant. Non, je n'ai pas le moiiindre souci avec l'intérêt des autres, ahaha. B-bref.

Je crois néanmoins que mes anecdotes somme toute très, eh bien, classiques, ont suscité sa curiosité et j'en suis un peu trop content. Ce n'est pas pour rien que j'aime autant les colloques, malgré ma nervosité naturelle et mes bafouillements dès lors que je prends la parole et que je me réfugie dans mes power points (j'en fais des très jolis, vous saurez) pour ne pas laisser apparaître mon embarras. Je souffle un peu des narines, amusé, mais me retient de l'afficher pour ne pas qu'il croit à de la moquerie. Non, vraiment, ce n'est pas l'intention. Axel, lui, ne comprend rien, mais il a plus ou moins l'habitude, et se contente de regarder les pokémon, ou de se décrotter le nez quand il pense que je ne le vois pas (seigneur il faut vraiment qu'il arrête).

« Arrêtez de vous excuser, vous n'êtes ni le premier ni le dernier. C'est déjà plus intéressant que les conversations sur la météo. »

… Bon, j'aurais peut-être dû le dire autrement car ça fait à peine intello hautain, là. Enfin, quand c'est fait, c'est fait. Dans tous les cas, je dois avouer que j'ai un peu l'impression de voir mon enthousiasme quand j'étais plus jeune, ou même, bah... Celui de tout un tas d'autres chercheurs. Donc je ne vais très certainement pas lui taper sur les doigts, et en plus, j'ai la flemme. Je n'aime pas jouer les profs de cour de récré. Enfin, il soulève des points intéressants, et vu que je suis incapable de me retenir d'étaler ma science (voyez comme je me dénigre alors que je viens de lui reprocher de le faire, ça s'appelle de la grosse hypocrisie), j'y réponds avec un certain plaisir.

« Eh bien, un chien n'a théoriquement pas besoin d'offrir ses services lorsqu'il est domestiqué, mais cela ne l'empêche pas d'en être capable en échange de récompenses affectives, matérielles, ou d'un confort supplémentaire. Pensez à celui qui rapporte le journal contre un biscuit, par exemple, je crois que nous sommes dans une situation analogue. »

Grosso merdo. Honnêtement, je ne fais que sortir des grossiéretés pour l'instant, mais c'est plus ou moins l'idée que je m'en fais. Les humains ne sont pas différents ; prenez le cas d'un môme qui fait la vaisselle dans l'espoir que ses parents lui donnent un plus beau jouet à Noël, par exemple. Tout un tas d'autres exemples que je ne me permets pas d'exposer en détail, car, bah, j'ai du mal à parler aussi longtemps. Déjà là, je pousse un peu mes limites et je sens au fond de ma gorge se former un nœud d'anxiété. Je ne vais pas vocaliser le fait que j'ai peur de passer pour un idiot, mais, euh... J'ai peur de passer pour un idiot ou de faire peur, à exposer aussi frontalement et explicitement mes pensées, voir longuement. Et oui, c'est stupide, je sais, merci, je connais.

« Les pokémon font partie d'une écosystème très fonctionnel, alors il y a fort à douter que l'étude des élevages permet d'avoir une idée de ce qui peut se faire dans la nature, même si il faut prendre compte les variables au vu des différences de milieux. »

Je me gratte un peu la nuque. Honnêtement, j'aurais presque la migraine à imaginer le nombre de pages qu'il faudrait tartiner pour venir à bout de tous ces foutus biais, et de toute la mielleuserie universitaire qu'il faudrait prendre pour faire comme si une sorte de magie noire les rendrait caduques dès lors qu'on les aurait énoncé. Mais bon, c'est comme ça, je ne vais pas mentir et faire croire qu'il existe un meilleur moyen. C'est juste que tout ça, c'est généralement la partie qui m'ennuie quand j'écris : car oui, je suis comme un gamin hyperactif qui ne supporte pas les longues scènes contemplatives ou introductives dans un film et veut en venir rapidement au combat de kaijus. Néanmoins, je ne veux pas non plus lui faire croire que je m'y connais des masses dans le domaine, car ce serait mentir grossièrement.

« Après, pour tout cela, il faudrait peut-être vous rendre dans différents types d'élevages pour cotôyer d'autres hôtes. Je n'ai pas beaucoup de connaissances en études psychologiques, je ne fais que repérer ce que je cotoie tous les jours. »

Je vais éviter de mentionner le fait qu'en licence, j'étais un petit con hautain et prétentieux qui se disait que son avance scolaire pouvait lui permettre de sécher les cours de sciences sociales et de ne pas écouter, car j'en ai très, très honte de nos jours. Je constate mes lacunes à chaque fois que je suis obligé de passer honteusement sur google pour chercher des choses aussi basiques que les concepts bourdieusiens ou des bases en psychanalyse. Dans tous les cas, je pourrais toujours lui passer des numéros, si il souhaite approfondir le sujet.

« Enfin, je pense que tout cela pourrait vous aider, si vous souhaitez développer vos travaux sur les formes de coopération et d'entraide. Et si les pokémon ne vous voient pas comme une menace, il sera toujours possible de vous faire accéder aux ruches ; les insectes de la pension entière s'occupent de la production et de l'entretien des parterres fleuris, c'est un assez bon exemple. »

Je me gratte la nuque. Oui, je me la pète un peu, là, mais je suis très, très très fier de cette zone. Je ne veux pas lui mettre de pression, toutefois, alors je me rattrape en me raclant un peu la gorge.

« De toute manière, vous faites ce que vous voulez. Tant que hm... Vous arrêtez de vous excuser quand vous parler de tout ça. Parce que les esprits curieux, c'est une bonne chose. »

… D'accord, j'ai un peu balbutié et j'ai légèrement détourné le regard car faire des compliments ou ne pas être un trou du cul sarcastique, ça m'embarrasse comme pas possible. O-oui, bah... J'ai toujours peur qu'on se moque de moi quand je le fais, c'est compliqué, et puis, hm, zut.

« Ah oui, moi la maîtresse elle a dit que si j'étais curieux je deviendrais cosmonaute un jour ! »

… Oui, par contre, Axel, ta maîtresse t'a peut-être mentie
Début janvier 2023, matin (~11h)


Merci pour le chibi, Reshi !

Natsume Miyano
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Mar 8 Mai - 1:32
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Comment ça une menace ?Natsu & Brenda

Sur ce coup là, je pouvais difficilement lui donner tort. Vrai que notre conversation actuelle était bien plus intéressante que les unièmes « Alors, quoi de beau ? » que la plupart des gens vous rabâchent histoire de faire la conversation. Vrai aussi que théoriser sur les uses et coutumes des Pokémons était une sacrée bonne raison pour parler tout seul comme un idiot. Vrai également, qu’en temps normal, ce n’était pas les scientifiques qui relevaient ce genre de comportement comme étant quelque chose de bizarre ou de mal élevé. Mais bon, vous savez ce que c’est, les habitudes ont la vie dure et jusqu’à peu mon cercle social se composait exclusivement de personnes sans liens directs avec le monde dans lequel j’évoluais. J’avais donc eu le droit à mon lot de regard en coin et de « C’est bizarre quand tu parles tout seul » de la part de ma nièce. Je devrais sans doute apprendre à lâcher du leste, à être plus naturel en présence de professionnel mais là encore… Les habitudes ont la vie dure.

J’hoche, cependant, la tête en veillant bien à ne pas m’excuser une nouvelle fois (ce serait bête de finir par le vexer, le professeur) avant de me reconcentrer sur ce que m’explique le professeur Miyano.

Je n’avais, pour ainsi dire, pas vu les choses sous cet angle. Ceci dit, le raisonnement du professeur était loin d’être con. Ce n’était pas parce que un être vivant n’était pas « obligé de » qu’il n’en était pas capable. Les humains gardaient bien des réflexes datant d’une autre époque, d’un autre temps, comme-ci ces derniers étaient inscrits dans notre code génétique et se réveillaient quand une situation particulière se présentait. Si on partait de ce postulat-là, on pouvait tout aussi bien se dire que les Pokémons pouvaient fonctionner sur cette même base. Malgré la domestication du sujet, sa nature restait la même, seul son cadre de vie changeait. Et, même si ce cadre de vie ne l’obligeait pas à faire appel à telle ou telle capacités pour sa propre protection il n’en restait pas qu’il en était capable, que ces capacités et ces réflexes restaient encrés en lui car hérité génétiquement de ses congénères ayant vécues en liberté pendant plusieurs siècles.  

- « Mais, je me pose une question. Nous avons déjà pu observer, par le passé, que les espèces évoluent et abandonnent certains comportements au bout de plusieurs siècles. Est-ce qu’il en serait de même pour les Pokémons ? Je me demande s’il serait possible d’établir un comparatif pertinent en prenant une espèce plutôt ancienne avec un échantillon de population domestiqué depuis plusieurs décennies et un autre en liberté. »

Outre cela, j’avais l’impression que le comportement des espèces en semi-liberté changeait du tout au tout avec ce que j’avais pu observer en extérieur. Je me demande, d’ailleurs, si le cadre protecteur de l’élevage ne permet pas aux Pokémons de n’avoir pas à s’inquiéter d’un éventuel rapport de force et donc de favoriser le dialogue entre les différentes espèces. C’est tout simplement fascinant mais en observant les Pokémons dans l’enclos et en écoutant les explications du professeur j’ai l’impression de voir une espèce de microsociété où on n’a que cure de l’espèces des différents individus qui la compose. Le groupe se caractérise alors par une population hétérogène porté vers l’entraide. Je ne me souviens pas avoir vu ce genre de groupe dans la nature mais j’avais déjà pu observer des comportements similaires pendant ma visite au refuge. Les Pokémons présents s’entraidaient et semblaient former un groupe à part entière malgré leur espèce différente, leur seul point commun était leur type… Aussi, il serait peut-être pertinent d’essayer de trouver des groupes se composant de Pokémons aux types contraires…

- « C’est en effet une très bonne piste… Je me demande si ce type de comportement est le même chez des Pokémons de type différent. Je demanderais à d’autres éleveurs s’il est possible de faire une visite, ce pourrait être très intéressant de vérifier sur cette entraide est caractéristique d’une certaine population ou non. Ou, j’y pense, si un Pokémon comme… Les Pokémons copieurs, disons, pourrait s’intégrer au groupe par le biais de la copie d’une capacité. »

Oui, ça me semble être une piste porteuse et directement en lien avec ma spécialité. Je devrais surement poser des jours pour me consacrer à ce genre d’expérience… Je me demande si le docteur Lily serait d’accord si je lui demandais. C’est qu’elle a l’air de tenir à ce que je ne brûle pas les étapes (et je la comprend) et à ce que je me concentre sur mon apprentissage avant de faire mumuse avec des éprouvettes.

Le professeur Miyano me propose de voir ensuite les ruches de son élevage et si une partie de moi hurle d’enthousiasme, une autre partie tic sur la phrase qu’il vient de m’énoncer.

- « C-Comment ça s’ils ne me voient pas comme une menace ? » D’ailleurs, est-ce que c’est seulement possible de me considérer comme une menace… De façon crédible, je veux dire ? Nan, parce qu’on a vu plus menaçant que moi, tout de même. Je ne peux pas dire que j’impressionne grand monde avec mes cheveux roses et ma bouille. On a vu plus masculin et plus méchant comme visage, non ? Genre, je pense que ce jeune-homme que j’ai rencontré à Vanawi est mille fois plus intimidant que moi. Nan parce qu’en vrai… Même Lexie m’a fait comprendre que je ne lui faisais pas peur, juste culpabiliser quand je me fâchais… Donc au bout d’un moment. « Je… Heu… je voudrais bien voir les ruches si possible mais… Heu… Navr-Je veux dire c’est une mauvaise habitude, les excuses, je ferais attention à l’avenir, monsieur. »

Les esprits curieux sont une bonne chose… Je ne suis pas sûr que ma mère soit de cet avis vu le nombre de fois où j’ai ramené des bestioles improbables en douce à la maison ou que je faisais des expériences culinaires qui finissaient généralement au toilette tant on avait peur que ça attaque le plastique de la poubelle. Mais bon.

Le petit réplique quelque chose et, je m’en veux de le dire, mais j’étais tellement aspiré par mes pensées que j’avais presque oublié sa présence. Un peu honteux d’avoir zappé son existence, moi qui pourtant adore les enfants, je lui offre un léger sourire face à son innocence.

- « Oh, tu veux devenir cosmonaute Axel ? C’est un chouette métier, ça, cosmonaute ! »



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Si t'es un galérien tape dans tes mains {PV Brandy AzvXyDJ

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Brandon Blanchett
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Mer 6 Juin - 17:28
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Si t'es un galérien tape dans tes mains

Ça mène loin, de perdre des copies
On dirait que... Globalement, ça va. C'est assez étrange, mais je n'ai pas dit de grosse connerie, pour l'instant, ou vexé qui que ce soit, ce qui est plutôt inhabituel de ma part. Je ne vais pas mentir, je suis même un peu satisfait de moi-même, maiiis... Bah, écoutez, c'est déjà mieux que se terrer dans un coin en espérant éviter toute situation sociale pour le restant de mes jours. Je ne vais pas être parfaitement à l'aise tout de suite, mais au moins, c'est supportable. Et puis Axel, avec ses... Brillantes interventions parfaitement nécessaires (si ça lui fait plaisir, sincèrement, je ne vais pas l'arrêter), me permet d'avoir un peu de temps pour souffler. Car bon, l'enthousiasme du cadet est agréable à voir, mais en vrai, c'est un beau miracle que je ne me sois pas décomposé. On va dire que ça va, donc.

Je m'appuie légèrement sur la barre de l'enclos, car je suis une loque molle et que je fais ce que je veux que je sache, tout en écoutant distraitement Blanchett. Je suis quelque peu étonné du fait qu'il... Bah, disons qu'il parle autant. Je ne vais pas me plaindre, c'est moi qui lui ait dit de ne pas se retenir ; toutefois, je dois veiller à faire le point dans ma tête pour ne pas m'y perdre. Je cligne des yeux face à sa première remarque. Je ne sais pas si il est tout particulièrement ambitieux, ou si il exprime simplement sa vision d'une recherche idéale, car si je suis relativement d'accord, je ne suis pas sûr que la mise en place soit si simple. Car bon, la recherche, ça reste un travail encadré par des possibilités et des limites purement techniques. J'en suis le premier à le pleurnicher, mais c'est quelque chose que j'ai digéré il y a un temps déjà, surtout, car, bah... Je n'espère pas vraiment travailler sur mon sujet toute ma vie, en réalité. Je dédie en priorité mes efforts à l'élevage, et si il faut que je laisse de côté ce que j'ai commencé, ça ne me dérangera pas énormément : quelqu’un prendra la suite, quitte à démonter tout ce que j'ai fait, car c'est une finalité, de se faire prouver qu'on a tort. Néanmoins, c'est ce genre d'enthousiasme, que je rechigne à qualifier de 'naïf' car c'est assez fortement pédant et infantilisant, qui me fait me dire que je n'ai pas vraiment à m'inquiéter de cette probabilité. Je hausse les épaules et détourne un peu la tête, mais c'est avant tout pour dissimuler la légère inflexion de mes lèvres en un rictus appréciateur ; j'vais quand même pas foutre un malaise avec mon air content, non ? Parce que oui, je suis persuadé, pour une raison X ou Y, que ce serait gênant, alors je me contiens. J'écoute ses propos avec intérêt, et me force d'ailleurs à répondre tout de suite.

« Vous allez avoir quelques difficultés à trouver une espèce qui n'ait pas été domestiquée, de toute manière. Sauf travailler avec des historiens anthropologues, potentiellement... Je pourrais vous aider si il s'agit de vérifier une potentielle corrélation entre apparition et disparition d'attributs au fil de la domestication, mais sachez qu'il s'agirait d'un travail de grosse taille et particulièrement compliqué. »

Je ne promets rien, hein, j'ai déjà ma thèse qui stagne depuis un moment (oui car bizarrement, des vacations, une pension et un môme à charge, bah, ça laisse vraiment peu de temps et à ce rythme je vais soutenir en 2026), mais je peux toujours gratter un peu de temps, dans la mesure où ça avoisine mon champ d'étude. Mais bon, on ne doit pas faire de recherche si on veut tout faire dans son coin, c'est un truc que j'ai appris avec le temps ; le gamin de quinze ans qui pensait pouvoir toujours tout faire tout seul pour diverses raisons que nous ne relaterons pas ici est mort depuis un bail. Je suis toutefois attentif à ses propos, malgré le fait qu'Axel continue de se décrotter le nez (seigneur mais qu'il arrête c'est immonde) et que je devrais l'arrêter sur ça. M'enfin, parler de sciences, c'est toujours plus ou moins la bonne manière pour s'assurer de mon calme.
Je hausse toutefois les sourcils, un peu amusé de le voir indigné (enfin je crois) d'être considéré comme une menace. Ou en tous cas, il est surpris. J'oublie toujours que ça paraît étrange à beaucoup de monde en raison du fait que les pokémon et animaux ont une vision différente du danger de la plupart des gens, mais bon, c'est important. Axel, de son côté, hoche fièrement de la tête lorsqu'il est remarqué, très content de lui-même. Je crois qu'il l'aime bien, ce qui permettra au moins d'éviter de potentiels soucis si ils se croisent de nouveau.
Tandis que nous arrivons en lisière de la colline fleurie, où bourdonnent en outre ma Papinox et mon Charmillon parmi une flopée de leurs descendants et autres papillons divers et variés, je reprends la parole avec une neutralité calme.

« Ne vous vexez pas, mais un humain reste une menace pour une ruche, quel que soit l'humain. Ils ne vous connaissent pas, alors votre apparence les indiffère, mais vos actions comptent. Ils ont beau vivre en tranquillité ici, reste qu'ils ont intégré le fait que leur production peut leur être volée et leurs semblables attaqués. »

Je ne lui parlerai pas du fait que j'ai d'ailleurs quelques soucis quand les pokémon sauvages viennent chercher des proies, et que heureusement qu'Hayato est là, car bon, si c'est pour lui faire peur... Il a l'air un peu craintif (regardez qui parle oui je sais), donc je préfère éviter les crises de panique inutiles. De toute façon, même si les papillons s'énervaient, il ne risquerait rien, puisque mes pokémon savent les contenir : je préfère juste éviter que ça tourne au vinaigre ou de devoir parlementer pendant des heures avec mes pensionnaires. Question de pragmatisme, voyez-vous, je déteste gâcher du temps. Je siffle d'ailleurs un coup pour les avertir de notre présence, et, assez peu intimidé par les multiples regards qui se posent sur nous (surtout sur mon interlocuteur en fait), reprend la parole comme si de rien n'était.

« Si les dominants vous accepte à côté d'eux, toutefois, c'est que vous pouvez vous approcher. Sinon, restez bien en arrière. Je n'aimerais pas à avoir à vous traiter pour une inhalation de poudres, c'est particulièrement douloureux. »

Je souris, comme pour blaguer, ne me rendant pas compte en quoi ce peut-être légitimement flippant pour n'importe qui. Oui, il faudrait que j'arrête sincèrement de minimiser les dégâts potentiels causés par mes protégés, mais c'est plus facile à dire qu'à faire, et puis, euh... Voilà, je sais gérer. Dans tous les cas, les papillons n'ont pas l'air trop dérangés, quoique un peu curieux, pour le moment. Même Yamato, mon Papilord, qui est de loin le plus caractériel d'entre tous, n'a fait que vaguement plisser les yeux, ce qui est bon signe. Et de toute façon, c'est Himiko qui dirige, alors... Je sais que si elle est là, il ne risquera rien. Pendant que je la cherche du regard, d'ailleurs, Axel profite du silence soudain pour reprendre l'attention à laquelle il avait eu le droit tout à l'heure.

« Oui, c'est bien comme métier, parce que moi j'aimerais bien voir les cailloux d'la lune. Ils sont tout blanc apparemment ! »

Je cligne des yeux. Je ne vais pas le corriger, parce que bon, gamin de cinq ans, tout ça, mais j'ai toujours un peu de mal à suivre ses exclamations plus ou moins utiles. D'ailleurs, je ne trouve pas Himiko dans les parages, alors elle doit sûrement être dans la pouponnière, donc je la verrais dans la journée. Bref. Il disait quelque chose au sujet des pokémon copieurs, je crois, tout à l'heure ? Car maintenant que j'y pense, même si je ne lui ai pas tout montré, je crois que le principal a été dit. Reste à faire ce que j'avais en tête depuis tout à l'heure, et cela tombe bien, puisqu'il y réfléchit par lui-même. Je me gêne donc assez peu pour changer de sujet.

« Mmm, pour des collègues... J'ai bien la pension de Fisher, à Vanawi. Reste à voir si il acceptera de vous accueillir, mais je peux toujours vous donner son numéro. Pour les pokémon, copieurs, par contre... »

Je tapote légèrement sur mes genoux, hésitant. Je ne sais pas trop si j'embêterais Mell ou non en le contactant, mais je ne crois que mon interlocuteur soit un type insupportable, donc je peux toujours lui en causer. Et puis bon, ça se trouve, ça l'arrangerait aussi, alors autant ne pas s'en empêcher.

« Ce serait envisageable, disons. Je connais quelqu'un dont c'est la spécialité, alors je peux le contacter si vous le souhaitez, mais je ne vous promets rien, il faudra aller le voir directement. »

Si ça lui convient, je lui passerais les contacts en cours, car là, bah, euh, je n'ai pas de surface pour écrire, à vrai dire. Et je ne vais tout de même pas faire le truc gênant d'écrire sur un bras avec un feutre, non ? C'est déjà bien awkward comme ça, cette conversation...


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ft. Brandon Blanchett


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Natsume Miyano
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Dim 17 Juin - 20:33
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Papillon de lumière
fait moi mourir de peur
Brenda & Natou
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••• Entre nous, je n’ai jamais été très courageux. Certaines personnes trouvent dans les sensations fortes et les actes insensés un souffle de vie, une impression de liberté mais personnellement je n’y trouve qu’une constipation aigue et une opération risquée pour ma vessie. Je ne me considère pas comme particulièrement peureux et il m’est déjà arrivé de prendre des risques mais… Disons que soit la situation l’exigeait soit qu’il y avait une très bonne raison pour. Petit, déjà, mon père me reprochait souvent mon manque de « courage ». Soit disant que ce n’était pas normal pour un jeune-homme d’avoir peur de tout et de rien. J’avoue n’avoir jamais vraiment comprit où était la honte d’admettre qu’une situation nous mettait mal à l’aise et nous faisait paniquer. La peur n’est pas une question de sexe ou de race après tout. Mais j’avoue qu’avoir grandis avec ce genre de discours fait que j’éprouve un certain besoin de reconnaissance, de prouver que « comme un bonhomme » (dieu que je déteste cette formulation) je pouvais moi aussi me tenir en face du danger sans pleurer ma maman et ouvrir les valves.

Aussi, parce que le petit était présent et parce que je ne voulais pas passer pour une crotte en face du professeur Miyano j’ai fait l’effort de me tenir droit et de ne pas tout de suite montrer mon début de panique à la mention dû « ça pourrait être affreusement douloureux ». Encore une fois, je ne me considère pas comme le pire des trouillards mais je ne suis pas un adepte des opérations suicides et encore moins des gros bobos. Bon, il fallait relativiser, quand même. Nous n’étions pas en face d’une ruche sauvage et d’après ce que m’expliquait le professeur Miyano ces adorables mais néanmoins dangereuses créatures étaient habituées à voir des tronches humaines sur leur territoire. On pouvait donc dire qu’il y avait, relativement, peu de chance que ça finisse mal… Le problème c’est que « peu » n’était synonyme de « pas » et que j’avoue que, là, tout de suite, j’ai un peu la frousse d’être trop maladroit et de faire le geste de trop. Du coup, je décide de me placer bien derrière le professeur Miyano (en espérant que mes intentions ne soient pas trop évidentes) et d’attendre une autorisation pour, ne serait-ce, que lever le petit doigt. J’avoue être plutôt impressionné de l’aisance avec laquelle l’éleveur navigue dans son domaine. Sans doute que la force de l’habitude y est pour beaucoup mais, à mes yeux, même si on le voit tous les jours ce genre de spectacle reste tout de même très impressionnant. Mais ce qui me surprend le plus c’est le calme olympien d’Axel et surtout son grand sourire malgré qu’on soit à quelques mètres de Pokémon pouvant nous infliger quelque chose d’affreusement douloureux.

- « Oui, c'est bien comme métier, parce que moi j'aimerais bien voir les cailloux d'la lune. Ils sont tout blanc apparemment ! » me dit-il.

J’avoue mettre quelques secondes à replacer le contexte de sa réponse. Avec l’arrivée aux ruches j’avais quelque peu oublié qu’il me parlait d’astronaute. Le petit a le mérite de me sortir de mon angoisse muette quelques secondes et pour l’en remercier je décide de participer plus amplement à la conversation.

- « Mais tu sais, le plus cool sur la lune c’est qu’on presque voler ! Il n’y a pas d’apesanteur sur la lune, du coup tu n’as jamais les pieds sur le sol et si tu lâche un objet il ne tombera pas, il flottera dans l’air. »

Ça me fait penser que j’avais montré une vidéo de la station spatiale internationale à Lexie où l’on voyait un chercheur boire de l’eau en apesanteur. Ma nièce l’avait alors traitée de magicien et m’avait demandé si, elle aussi, pouvait faire voler de l’eau comme le monsieur de la vidéo. Ce que je n’avais pas prévu à l’époque, par contre, c’est la déception d’apprendre que, non, ce serait difficile à réaliser à la maison.  

Le professeur Miyano me sort de ma rêverie en me parlant contact. Dans un vieux réflexe, je sors mon carnet et gribouille les noms. Depuis le début de mon interna j’ai pris l’habitude de noter tout et n’importe quoi. Cela m’avait sauvé la vie plus d’une fois, notamment quand ma mémoire refusait de me donner accès au nom d’un scientifique… Scientifique qui était devant moi et dont il aurait été très impoli de demander « Sinon… Quel est votre nom, déjà ? Je vous ai déjà dit que j’étais un de vos fans ? Ahem. ».

Je note le nom d’un de ses collègues éleveurs avant de tilter en lisant son nom.

- « O-oui, je connais ce monsieur ! Nous nous sommes rencontrés dans un centre rééducation pendant les fêtes de fin d’année. Je ne savais pas que vous vous connaissiez, fin, je suppose que l’élevage est un petit monde également. »

C’est pas rare, après tout, dans des métiers comme cela de se connaître les uns les autres. Comme nous autres, en centre, ça fonctionne au coup de téléphone et au CV envoyés par mail. Tout le monde sait qui est tout le monde quand on commence à grimper les échelons. Pour le moment, je n’étais qu’un anonyme mais j’avoue que l’idée que mon nom puisse un jour être évoqué dans un centre à plusieurs kilomètres de la clinique me foutait la pression. Je me demande si le docteur Lily ressent la même chose, c’est impressionnant d’évoluer dans ce genre de milieu.

- « Bien sûr, ce serait très gentil de votre part ! Je peux me déplacer sans problème, je ne pense pas que ma responsable s’opposera à une visite d’un autre professionnel, elle est plutôt ouverte au fait que ses internes rencontrent du monde et se forge leur propre carnet d’adresse. »

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Brandon Blanchett
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Mar 26 Juin - 16:06
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