Légendes d'Enola


 

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 Kido Tsubomi

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Kido Tsubomi
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Date d'inscription : 30/01/2018

MessageSujet: Kido Tsubomi    Ven 2 Fév - 16:32

KIDO TSUBOMI
INFORMATION GÉNÉRALES

Nom : Tsubomi
Prénom : Kido
Âge : 26 ans
Date de naissance : 28 mars 1996
Genre : F
Origine(s) : Née sur l'île d'Enola d'une mère d'origine japonaise et d'un père anglais.  
Surnom : Surnommée Tsu ou Tsutsu par ses collègues pour la taquiner parce que Kido, elle ne marche pas, elle court. C'est bien trop drôle pour s'en passer et au fond, elle ne s'en offusque pas, ça l'amuse. Elle continue cependant de protester, pour la forme.
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : 28 mars 1996, née sur l'île
Métier/Occupation/Études : [strike]Ranger du centre de l'île
Lieu de résidence : Dans la région humide, à mi-chemin entre la grande Anula et le centre de recherche.
Groupe : Elixir
Sous-Groupe : Rangers
Rôle : Ranger

FICHE DRESSEUR
Informations
Rôle : Ancien soldat du régime
Lien vers le Sac de la version 1 : Kido V1
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Oui

Modifications à votre équipe
- Mini-sprite - Espèce ♀/♂ - Surnom - CS/Talent - Nature
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Écrire ici
PREUVE: Lien vers l'OS, passage de l'histoire ou tout autre preuve.
- Mini-sprite - Espèce ♀/♂ - Surnom - CS/Talent - Nature
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Écrire ici
PREUVE: Lien vers l'OS, passage de l'histoire ou tout autre preuve.


PHYSIQUE
Couleur de peau : Kido a la peau pâle et malgré son travail en plein air et souvent au soleil, elle reste claire et laiteuse.
Description des cheveux : La ranger a de longs cheveux verts qu'elle n'attache que très rarement ainsi qu'une frange qui tombe sur la partie droite de son visage. Elle a récemment pris la décision de les couper en raison de la chaleur et de l'humidité du centre de l'île. Pourtant elle a du mal à s'y résoudre et repousse sans cesse le rendez-vous chez le coiffeur. Elle qui n'accorde pourtant que peu d'importance à son physique, redoute à se couper les cheveux qu'elle a long depuis son adolescence.  
Description des yeux : Tout comme ses cheveux, Kido a les yeux verts. D'un vert magnifique, profond et riche, avec des paillettes d'or et des reflets marrons.
Taille : 1 mètre 72
Poids : 64 kg
Description de la silhouette : Kido mesure 1 mètre 72 pour 64 kilos, elle est donc de taille et de corpulence moyenne. Elle arbore un visage finement dessiné aux traits androgyne. Elle est souvent prise pour un garçon mais n'y porte plus aucune attention sauf quand il s'agit d'une connaissance. Elle n'aime pas qu'on le lui rappelle et n'hésitera pas à frapper l'idiot qui aura eu l'idée de la taquiner à ce propos.

Problèmes de santé physique : En pleine santé et dans la force de l'âge !
Particularités autres : N'aimant pas particulièrement mettre en avant ses atouts tels que sa poitrine, sa taille ou ses jambes, Kido porte la plupart du temps des vêtements trop amples pour elle et même souvent masculins. Là où elle se sent le plus à l'aise, c'est dans les tenues de rangers, dans un pantalon ou un short de randonnée, une veste large et une paire de chaussures de marche.

CARACTÈRE
Personnalité : Adroite - Attentive - Cultivée - Dynamique - Fidèle - Indépendante - Un brin sentimentale - Volontaire - Butée - Lunatique - Rancunière - Rebelle - Téméraire - Têtue - Vicieuse - Honnête - Persévérante - Belliqueuse - Autoritaire - Efface ses sentiments - Responsable - Débrouillarde - Tenace - Réaliste - Susceptible - Indisciplinée - Instable (parfois) - Dure - Possessive - Impulsive - Bipolaire - Optimiste - Immature (un peu) - Affectueuse (de temps en temps) - Franche - Spontanée - Mauvaise joueuse - Introvertie

Goûts/Dégoûts : Kido aime le danger et l'adrénaline qu'il procure. C'est sa façon de se sentir vivante, de s’assurer de sa propre existence au risque de la perdre. Peut-être est-ce aussi une façon de connaître ses propres limites et de les repousser ? Elle ne jouit pas du plaisir de mourir ou du risque qu'amène les épreuves qu'elle s'impose mais elle a ce besoin et cette volonté de maîtriser sa vie et selon elle rien ne nous fait nous sentir plus vivant que de risquer de la perdre. Sinon, plus raisonnablement, la jeune femme, derrière ses airs de mauvaises filles aime tout ce qui est mignon et sucré et ce depuis qu'elle est petite. Les pokémons, les peluches, les bonbons, les glaces... Personne n'est au courant ce côté d'elle-même, cette âme d'enfant qu'elle prend soin de cacher à ses collègues qui ne manqueraient pas une bonne partie de rigolade en apprenant que le garçon manqué du lot partage son lit avec un ourson en peluche.
Depuis que le régime est tombé, la jeune femme s'est mise au service de la communauté et trouve un équilibre entre l'aide qu'elle apporte dans les chenils qui recueillent les anciens pokémons du régime et son métier de ranger. Elle se passionne pour la nature, pour les soins et respecte scrupuleusement les règles et les ordres, habitudes de son passé, probablement.

Quant à ce qui la dégoûte, Kido pourra principalement citer la mode. Je pense qu'il ne sera pas aisé à l'heure qu'il est de lui faire porter une robe un peu au dessus des genoux. Il ne s'agit pas réellement d'un traumatisme dû à son passé mais plus d'un choix qu'elle a fait. Ainsi sa penderie ne compte plus que que des affaires amples, trop larges pour elle, des chemises à n'en plus finir et des pantalons droits qui ne mettent aucune de ses formes en valeur. Si vous commencez à parler mode alors même un mur sera plus attentif et aura probablement plus de goût. Autant dire que ce n'est pas sa tasse de thé, loin de là. Et une fois de plus, son métier lui offre l'échappatoire rêvé pour porter ce qu'elle aime sans risquer les taquineries de ses amis ou de ses collègues. Décidément, les avantages ne s'arrêtent pas à un treizième moi et aux tickets restaurant.

Objectifs et aspirations : Kido est plus que dévouée à son métier, c'est sa seconde chance, tout ce qu'il lui reste. Elle cherche à protéger la nature et principalement les forêts verdoyantes et humides du centre de l'île ainsi que tous les pokémons sauvages qui l'habitent. Mais pas seulement, la jeune femme est décidée à empêcher les anciens pokémons du régime en fuite de se faire tuer, même s'ils sont dangereux. Ce que tout le monde ne comprends puisque s'ils faisaient partis du régime, ils sont forcément mauvais, pas vrai ? Cette idée reçue a le don de mettre Kido hors d'elle puisqu'elle sait pertinemment qu'aucun pokémon n'est méchant par nature. Ainsi elle mène son combat pour les faire capturer et aider à leur réhabilitation parfois compliquée.

Peur(s) : La plus grande peur de Kido est de revoir ses parents. Elle sait qu'ils sont vivants, elle s'en est assurée après la fin du régime mais elle n'arrive pas à se résoudre à les voir. En grandissant, elle a pris conscience que malgré l'obligation qu'ils ont eu de l'abandonner, ils n'ont jamais cherché à la voir, à prendre de ses nouvelles ou à savoir si elle a survécu, même avec la fin de la dictature. Elle ne sait pas quoi en penser et préfère repousser l'affrontement chaque fois qu'elle en a l'occasion.
Plus classique, sous ses airs de dure à cuir, Kido a peur des petites bêtes, vous savez, celles qui ne mangent pas les grosses. Tout ce qui rampe, qui grimpe et qui mesure moins d'un pouce la terrorise. Le comble pour une ranger qui travail dans la forêt la plus humide et la plus dense de l'île...  

ALIGNEMENT
Votre personnage a-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-il de cette époque ? : Malgré son endoctrinement et sa servitude, le régime représentait tout pour Kido. Certains des soldats étaient comme des frères et des soeurs pour elle, ils étaient son repère et sa force. Arrachée à sa famille, elle a suivi des gens qui, comme elle, avaient tout perdu. Si elle désapprouvait certaines pratiques du régime et principalement le recours à la violence et la maltraitance des pokémons, elle obéissait aux règles et elle se justifiait en se disant qu'elle n'avait pas le choix. Elle préférait que ce soit un autre qui meurt plutôt que l'un de ses camarades d'infortune alors elle faisait ce qu'on lui disait de faire. Elle se taisait et elle serrait les dents. Puis un incident lui a finalement ouvert les yeux sur les véritables intentions du régime. Aujourd'hui, elle déteste ce qu'elle a fait, elle vit constamment avec le regret et la honte. Cependant, il lui arrive de penser que si c'était à refaire, malheureusement, elle le referait. Pas parce qu'elle n'a pas eu le choix, non, mais parce qu'elle a fait des rencontres qui ont boulversé son existence et que pour rien au monde elle ne voudrait les oublier.

Que pense-t-il/elle de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : Kido est déchirée entre le soulagement de la fin de la guerre opposant le régime à la résistance et la tristesse qu'elle éprouve alors que certains de ses camarades sont jugés et enfermés. Elle accepte beaucoup mieux le pouvoir en place puisqu'il est partagé et que chaque membre du peuple a une voix pour élire les maires représentants au conseil, ça la rassure. Cependant, elle craint que la montée en puissance d'Elixir ne créé des tensions avec la Compétition intégrée à la politique de l'île depuis des décennies.

Que pense-t-il/elle de la légende de Regigigas ? : La jeune femme est du genre à ne croire que ce qu'elle voit ! En même temps, comment lui en vouloir ? Après tout ce qu'on lui a mis dans la tête et tous les mensonges qu'on lui a fait avaler... Cependant, elle aime lire et dévore avec plaisirs les légendes du monde Pokémon, c'est pourquoi celle de Regigigas ne lui est pas inconnue.

Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : Elixir a donné sa chance à Kido en l'embauchant en tant que ranger, métier pour lequel elle s'est découvert un engouement et une passion qui l'ont rapidement propulsé au rand de chef ranger de la zone centre. C'est pourquoi elle éprouve de la reconnaissance pour le groupe, ce même groupe qui a également mis au point le vaccin permettant de soigner l'épidémie. Son coeur lui intime malgré tout de se méfier et de ne pas se fier totalement aux apparences.
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : Si Kido a toujours entendu parler de la compétition, elle n'a pourtant jamais eu l'occasion de participer ou même de voir un match. Elle sait l'importance de l'organisme pour l'économie et la politique de l'île ainsi que sa fréquentation mais elle serait bien incapable d'en dire plus. Cependant, ce dont elle est sûre, c'est que le groupe ne se laissera pas marcher sur les pieds même si de son point de vue, ils n'ont rien à craindre.  
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Ils font beaucoup parler d'eux, parfois en bien, parfois en mal. Ils défendent certains droits ou opinions pour lesquels elle aimerait elle aussi militer. Parmi eux, le développement d'organismes communautaires indépendants afin de se détacher de l'influence des deux principaux groupes de l'île. Cependant dans l'ensemble, les anarchistes restent un groupe désorganisé qui ne sait pas encore réellement se positionner.

Alignement/Allégeance ? : Même si la ranger travaille pour Elixir et est reconnaissante à l'organisme, ses idées sont globalement neutres. Elle a suffisamment pris part à la bataille passée et souhaite aujourd'hui profiter de la paix et rattraper le petit bout de vie qu'on lui a volé. Si tout ne lui convient pas parfaitement, la paix est un luxe qui ne vaut pas de s'aligner et de se priver de possibilités.
ET VOUS?
PUF/Surnom : Jujube
Âge : 21 ans
Disponibilité : 7j/7
Comment avez-vous connu le forum ? : DC de Nono
Suggestions ? : -
Personnage sur l'avatar : Kido Tsubomi [Kagerou Project]
Code : Enola renaît de ses cendres.
Autre : -


Dernière édition par Kido Tsubomi le Dim 4 Fév - 17:58, édité 24 fois
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Kido Tsubomi
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MessageSujet: Re: Kido Tsubomi    Ven 2 Fév - 16:33

CHRONOLOGIE



" La guerre nous prend tout, elle n'épargne personne. "

Je suis née dans un foyer aimant et chaleureux. Mes parents, chercheurs au pôle scientifique d'Amanil n'ont jamais manqué d'argent, bien au contraire et on toujours veillé sur mon bien-être du plus loin que je me souvienne. Père était d'origine anglaise, il avait les cheveux bruns ornés de quelques boucles qui contribuaient à son charme et qui selon ses dires avaient fait craquer ma mère. Il était drôle et généreux et il jouait avec moi, tous les soirs, jamais il ne manquait à l'appel. Il était jeune et plein de vie, il aimait son travail et plus encore sa vie familiale à laquelle il accordait une grande importance, c'était le meilleur papa du monde. Et puis il y avait maman d'origine japonaise. Contrairement à papa, elle était calme, douce et réfléchie. C'est probablement cette attitude sereine qui a attiré l'attention de père au travail. Elle était nouvelle, tout juste diplômée de la fac, si belle, si jeune, si différente des autres aux yeux de papa. Et ça, elle l'avait bien compris. Sous ses airs angéliques se cachait en réalité une véritable petite peste qui ne cessait de profiter des sentiments de papa, bien trop occupé à tomber amoureux pour s'en apercevoir. Mais finalement, comment résister à ce sourire charmeur, à ses boucles anglaises, à ce léger accent britannique ? Après 2 ans, maman a arrêté de jouer et a accepté ses sentiments et finalement me voilà, moi, quelques années plus tard.   

Je grandis donc bercée par la chaleur d'un foyer où le monde tournait autour de moi. J'étais une jeune fille dynamique et insouciante. Je travaillais bien à l'école, j'étais sage, je n'étais pas difficile, je goûtais de tout à table, je mettais les habits que maman m'achetait et je ne demandais jamais rien. En somme, j'étais la petite fille parfaite. Et puis, je suis entrée au collège et tout a basculé pour moi. Mes cheveux verts, mes jolies robes, ma façon d'être, de me tenir, de travailler... Tout a été sujet à des moqueries et des dérisions. J'ai commencé à me renfermer sur moi-même et à criser contre mes parents. J'ai abandonné mes affaires de jolies petites filles innocentes contre des tenues plus banales, plus amples, qui me donnaient l'impression de pouvoir me cacher, de passer inaperçu. Mon caractère a lui aussi pris un tournant et il m'est arrivé de frapper l'un de mes camarades de classe, Matthieu, parce qu'il avait dépassé les bornes, il avait insulté papa et maman. Je l'avais même mordu, jusqu'au sang pour avoir osé les injurier. Après ça, on avait peur de moi, on me craignait, même les garçons m'évitaient et étrangement j'aimais ça. C'est bon de se faire respecter, de se sentir forte, d'être supérieure à toutes ces personnes qui ont pris un malin plaisir à se moquer de vous pour un oui ou pour un non. Ceux qui eurent le plus de mal à accepter ce changement furent bien entendu mes parents qui ne comprirent pas ce qu'il m'arrivait. Du jour au lendemain j'étais devenue une autre personne qu'il redécouvrait chaque jour un peu plus. Mais il m'aimait toujours, autant qu'avant. Et moi je les aimais aussi.

Pour mes 12 ans, mon père et ma mère m'offrirent mon premier pokémon, peut-être avaient-ils comme espoir de m'adoucir, de ramener la gentille petite Kido du passé mais leurs espérances ne virent pas le jour instantanément. Malgré tout, Caninos fut mon premier pokémon et un confident silencieux à qui raconter mes problèmes, mes désirs, mes envies, mes idéaux... Je pouvais lui faire confiance, il ne se moquerait pas de moi, il ne raconterait rien de ce qu'il entendait. A l'époque il m'est apparu comme tout ce dont j'avais besoin : un ami. Et puis contre toute attendre, grâce à lui, je repris progressivement contact avec la douceur, la confiance, la raison... Et ainsi, un an passa où pour la seconde fois, mon caractère et mes habitudes prirent un nouveau tournant. Mais ce n'était malheureusement pas fini et malgré moi le troisième changement était le bon, entraîné par le mauvais.

Tout bascula l'été de mes 13 ans quand le nouveau régime s'empara du pouvoir. Les chercheurs furent menacés de mise à mort s'ils ne commençaient pas à travailler pour le nouveau gouvernement. Les filles et fils de scientifiques et de politiciens étaient tous invités à rejoindre de force des écoles de formation avancée et les parents ne pouvaient s'y opposé, fortement dissuadé par les violentes méthodes du régime. Au début, ce n'était pas si terrible, bien au contraire. Pour moi qui avait connu la dérision dans mon ancienne école, c'était l'occasion de me faire de nouveaux amis. Nous étudiions les même matières générales et quelques unes en plus. D'après nos professeur, le régime apparaissait comme le seul avenir de cette île, il allait donc falloir le défendre et nous étions les futurs protecteur de cette entité. Personnellement, ça ne m'atteignait pas, je n'en avais que faire jusqu'à ce qu'on nous interdise après deux années passées à étudier dans ce centre de formation de revoir nos familles. Nous avions été sevré progressivement, au début on rentrait toutes les semaines, puis une fois par mois et maintenant je n'avais plus le droit de quitter les rangs.

Ce qui était pour moi un nouveau départ s'est finalement transformé en cauchemar à mes 16 ans. Quand vous êtes en âge de prendre des décisions, de réfléchir rationnellement par vous-même et de comprendre que d'une façon ou d'une autre vous vous êtes fait avoir, que vous avez été endoctriné, on vous apprend qu'au moindre mouvement de rébellion, vos proches risquent la mort. Et pour une nouvelle fois dans votre vie, vous changez radicalement. Vous apprenez à oublier, à vous détacher du passé à obéir aux ordres. En 2 ans, je me suis ainsi forgée un nouveau caractère, inébranlable, difficile à percer. J'ai endossé mon rôle de soldat à pleines mains et j'ai accepté mon destin. Je pense qu'il est horrible de songer ainsi mais j'y ai pris goût à cette infime pouvoir, à ce droit de vie ou de mort, à cette façon de contrôler et d'utiliser les autres. Quand on ne peut pas s'échapper, on apprend à vivre avec et à apprécier ce qu'on a. Pour ma part, être un soldat est devenu une routine agréable, comme une chanson. Remplir des missions, arrêter des opposants, patrouiller en ville... Un travail comme un autre qui me permet de me dépenser et d'être avec des personnes que j'aime.


HISTOIRE



" If heaven's grief brings hell's rain, I'd trade all my tomorrows for just one yesterday. "

Si le régime était pour certains un fléau, pour moi il représentait tout.

« Hé Kido, tu nous accompagnes boire un verre ? 
- Je suis de garde à 22 heures Micah.
- Parfait, je dis aux autres que tu viens alors !
- Est-ce que tu m'écoutes quand je parle ? »

Il m'adressa un signe de la main en s'éloignant, le sourire aux lèvres, l'air victorieux et sûr de lui, un peu hautain et moi je ne le quittais pas des yeux, incapable de détacher mon regard de la joie de vivre qui habitait chacun de ses gestes. C'est comme ça que je suis tombée amoureuse. Sans le vouloir et sans trop y croire, un peu par hasard et sans pouvoir faire quoique ce soit. Et plus les jours passaient et plus j'en étais persuadée : c'est à ça que ça ressemble. C'est déstabilisant, un peu violent mais ça rend vivant, tellement vivant. Cette sensation de manquer d'air mais avec le coeur qui cogne comme jamais. Ces frissons qui donnent chaud, froid, tout à la fois. Et ce regard qui me captivait et ébranlait toutes mes convictions. Je crois que oui, j'étais amoureuse pour la première fois. Micaiah était nouveau, récemment muté d'une ville plus au nord de l'île. Avec son caractère bon vivant et ses bonnes manières, il s'était très vite intégré dans l'équipe. Tout les deux, on s'était tout de suite très bien entendus, pas un jour ne passait sans qu'il ne me taquine gentiment sur ma tenue ou ma timidité apparente tandis que moi, je lui renvoyais l'ascenseur en tentant de lui écraser le pieds ou en le charriant sur sa coupe de cheveux qu'il s'amusait à dresser sur sa tête avec du gel. Moi, je les préférais au naturel. Il a vite compris le message et il a cessé de ressembler à un hérisson sur pattes. A croire qu'il faisait attention à ce que j'aimais. J'aurais pu y voir un signe si je n'étais pas trop apeurée par une relation plus qu'amicale. Le régime ne le permettait pas vraiment, du moins pas entre collègues de travail et j'étais bien trop soucieuse des règles pour penser à les enfreindre alors j'ai vite enterré ce que je ressentais et je me suis forcée à l'éviter.

C'est comme ça que je l'ai vu venir vers moi un jour, la mine renfrognée mais déterminée. Malgré la distance qui nous séparait encore, je savais qu'il était frustré et en colère et aussitôt mon coeur s'est emballé. Si mon esprit a bien tenté de me faire fuir, je suis pourtant restée clouée sur place, comme un lapin pris dans les phares d'une voiture et j'en ai presque oublié de respirer. Pathétique.

« Tu m'évites. 
- Qu... Quoi ? Pas du tout ! Tu te fais des idées Micah.
- Tu mens. »

Que voulez-vous répondre à ça ? J'ai haussé les épaules et j'ai continué ce que j'étais en train de faire, espérant que ça l'éloignerait de moi parce que je serrais les dents pour me retenir de lui dire qu'il me manquait et que j'étais la pire des idiotes.

« Pourquoi ? Kido, regarde moi... Regarde moi Kido, merde. »

Je l'ai fait, je l'ai regardé. Il avait ce regard perdu, cette incompréhension qui ridait son visage et lui donnait l'air d'avoir quelques années de plus. J'ai naturellement souri, sans parvenir à contrôler ma réaction parce que c'était à la fois drôle et touchant. Alors il m'a embrassée.


Les mois qui sont passés ont été difficiles, la marche pacifiste a été sanglante, un véritable massacre des populations dans lequel deux de nos compagnons sont morts. Le début de la fouille des ruines du Titak a vu muter une partie de l'équipe pour renforcer la sécurité dans le désert. Les cauchemars des derniers attentats nous hantaient et nous devions redoubler d'efficacité pour couvrir la totalité des missions à remplir. Malgré tout, on pouvait compter les uns sur les autres, s'entraider et se serrer les coudes. C'était ça que représentait le régime à mes yeux : une famille. Et malgré tout ce qui nous tombait dessus, ma relation avec Micah tenait et s'épanouissait. J'avais rarement était aussi heureuse. J'aimais ce qu'il déchaînait en moi, cette douce violence, cette passion et cette haine, cette envie et ce dégoût, cette peur et cette joie. J'aimais ce qu'il étais, et j'aimais encore plus ce qu'il faisait de moi. Je me sentais en sécurité malgré l'incertitude que représentait le métier. Je l'aimais tellement fort que je voulais que ça dure à jamais. Il était tout ce dont j'avais besoin, il m'a fait découvrir des choses plus belles encore que j'aurai pu espérer, m'a offert mille fois plus que ce que j'aurai pu imaginer. Cependant, j'ai découvert que si par moments, tout roule, si la vie est belle et que je suis comblée, alors en l'espace d'une seconde le monde bascule, je suis perdue et le sol semble se dérober sous mes pieds. C'était l'un de ces moments.

Des soldats armés inconnus ont débarqué un soir. Je ne sais pas ce que j'ai cru et je vous passe les films que j'ai tourné et retourné dans mon esprit à propos de la découverte de notre relation et du désastre que ça impliquerait, une véritable apocalypse. J'ai d'ailleurs vite compris qu'il y avait autre chose quand ils ont arrêté Micah avec coups et violence. Tout le monde est sorti, tout le monde a vu et personne n'a rien fait. J'ai bien essayé de discuter, de savoir ce qu'il se passait, de convaincre les soldats qu'ils avaient fait erreur, que c'était forcément la mauvaise personne. C'est moi qui me trompait et je n'ai retenu qu'un mot des bouches inconnues qui me hurlaient des ordres : traître

Après ça, tout est allé très vite, trop vite. Je suis restée sous le choc alors que Micah a disparu comme il était arrivé. Ils l'ont enfermé et on a très vite appris qu'il vendait des informations à la résistance. J'ai pris sur moi, j'ai fais preuve de sang froid, de maturité et j'ai espéré. On a tous eu le droit à un petit interrogatoire individuel, menacé par un supérieur, un canon sur la tempe. C'est comme ça que s'est révélé à moi, petit à petit, le vrai visage du régime. Après des plus de dix jours sans nouvelles, incapable de tenir plus longtemps, rongée par son absence et par l'angoisse de son sort, j'ai inconsciemment demandé à le voir. Evidemment, j'ai fais face à un refus alors je leur ai raconté, pour nous deux. Je ne sais pas ce qu'ils se sont mis en tête, peut-être de glaner des informations, de le piéger ou de simplement le faire souffrir mais ils ont accepté. Alors, je me suis retrouvée devant lui, devant un corps brisé et contusionné, à pleurer comme je n'avais jamais pleuré. A me remémorer les plus beaux instants qu'on avait pu vivre, à me dire que je ne les revivrai jamais. Et pas une seule seconde je ne m'imaginais que ce moment viendrait si vite, et qu'il faudrait l'accepter.

« Dis moi que c'est faux... Dis moi qu'ils se sont trompés et qu'ils vont te laisser sortir d'ici... Que tu vas rentrer... Qu'on te soignera, on prendra soin de toi, on t'aimera, je t'aimerai. »

Alors il m'a sourit à travers le sang séché. Il m'a souri comme cette fois où il m'a invité à prendre un verre, avec ce petit air supérieur et ce regard espiègle. Il avait l'air de souffrir le martyr mais il m'a souri.

« A mon retour, on ira boire un verre. »

Lui comme moi, on savait que c'était des adieux. Je refusais que ça se termine. Pas tout de suite, pas maintenant. Mais c'était bel et bien la fin et je ne savais pas comment j'allais m'en sortir. C'était comme si on m'enlevait une partie de moi, la plus belle partie de moi. J'aurais aimé me convaincre qu'il n'était pas trop tard, j'aurais aimé lui promettre que tout allait s'arranger, mais c'était impossible. Mais même si on essaie de toutes nos forces, on doit se rendre à l'évidence. Certaines choses ne peuvent pas être réparées. Le futur m'a donné raison. Exécuté pour haute trahison. Voilà le véritable régime. Celui qui dévore tout, qui vous arrache à votre famille, vous fait croire à des belles paroles, à des idéaux tout beaux, tout propres, qui met votre existence en jeu en gage de la victoire et qui, finalement, vous vole votre vie, ce pour quoi vous étiez prêt à mourrir. Voilà le visage du véritable régime.  

Après cet épisode, la descente aux enfers a commencé. L'année 2016 touchait à sa fin et je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Fini la belle et grande famille, fini l'esprit de camaraderie, fini de respirer, fini de vivre. Les crises d'angoisse m'étouffaient, l'image de son corps meurtri était gravé dans mon esprit tout comme son sourire, ses bras, la chaleur de son corps, ses plaisanteries et ses derniers mots. Et chaque fois que je sombrais dans nos souvenirs, je me réveillais en larmes, le coeur meurtri. Si je voulais m'en sortir, je savais ce que je devais faire : partir. L'occasion m'a été donnée seulement quelques semaines plus tard, quand les généraux ont dévoilé leurs découvertes dans les ruines du désert. L'attaque des résistants et la capture du général scientifique a semé le trouble et le doute dans les rangs alors j'ai profité de la pagaille, de la désorganisation des rangs et de la montée en puissance de la résistance pour prendre mes affaires et partir. J'avais pris la décision de vivre en assumant bien tous mes souvenirs. Même mes souvenirs les plus tristes. Même ceux qui continuaient à me faire du mal. Même ceux que je voulais oublier. C'était ma façon à moi de remonter la pente, de m'empêcher de me noyer et d'honorer sa mémoire.

Je me suis cachée au nord de l'île, dans la grandie ville de Baguin en attendant la fin, gagnant mon pain en joignant les petits boulots avant de trouver un poste fixe dans un refuge pour s'occuper de pokémons blessés ou abandonnés. Je me suis reconstruite petit à petit au hasard des rencontres et au contact des pokémons dans lesquels je m'identifiais parfois. Le cataclysme a marqué la fin du régime. Quarante huit heures après l'explosion, les massacres avaient pris fins et le général était mort. Le régime ne tuerait plus et pourtant, je pleurais. Je pleurais la fin de ce qui avait été ma vie durant plus de dix longues années. Et à présent que les larmes avaient commencé  à couler, je ne pouvais plus les retenir. J'étais prise de gros et longs sanglots m'empêchant de parler et même de respirer. Elles avaient un goût de renouveau, comme si chacune d'entre elles emportait un souvenir réprimé. Je pleurais pour tout ce que j'avais perdu, et tout ce que je me savais désormais capable de trouver.

La montée en puissance d'Elixir et l'éradication de l'épidémie marqua réellement la fin de la guerre opposant le régime à la résistance. Décidée à purger ma peine, je me suis rendue et j'ai écopé de travail d'intérêt général pour ma maigre implication dans les affaires du régime. Les circonstances atténuantes étaient de mon côté puisque j'avais été endoctrinée dès mon plus jeune âge. Beaucoup de mes anciens camarades n'ont pas eu cette chance, je ne pouvais que les plaindre mais ils étaient en paix, eux aussi. J'ai travaillé à la reconstruction de l'île pendant une année, de quoi me forger un sacré caractère et acquérir de l'endurance et une grande capacité de travail. Enfin, pour éviter toute récidive et m'aider au mieux, sous les décisions du tribunal, j'ai suivi un parcours de réinsertion sociale qui m'a permis de devenir ranger. Depuis, quatre années sont passées, quatre années au contact de la nature, à réapprendre le travail d'équipe et la confiance, quatre années nouvelles et pleines d'enrichissement. J'ai finalement pris conscience que, peu importe ce qu'on fait ou les remords qu'on éprouve, la vie continue. C'est ça le plus horrible de tout. La vie se fiche bien qu'on soit désolé, bouleversé, ou même à moitié fou de chagrin et de remords. Elle continue, et on doit en faire autant.

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MessageSujet: Re: Kido Tsubomi    Dim 4 Fév - 18:20

Bon ben mon chou à la crème, je te reconnais bien dans cette fichette :D Je t'ai fait pas mal tous les commentaires sur la CB et tu as apporté les quelques changements nécessaires, je ne vois donc plus de raison pour ne pas te valider! Bien hâte de voir Kido en développement cette fois (a)
Sinon, tu débutes l'aventure avec 50 Opals, 3 Poké Ball et 2 Potions, comme d'habitude! Je te crée ton Sac dans la soirée!

Bon jeu avec Kido :huhu:

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MessageSujet: Re: Kido Tsubomi    

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Kido Tsubomi

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