Légendes d'Enola


 

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 Le dos droit et les talons baissés [Obtention et éclosion]

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Noah R. Evans
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Date d'inscription : 26/11/2017

MessageSujet: Le dos droit et les talons baissés [Obtention et éclosion]   Mer 21 Mar - 11:23

« Je ne vais pas être trop lourde pour elle ?
- Non, ne vous inquiétez pas, elle peut porter son propre poids et vous en êtes bien loin.
- Vous en êtes sûre ?
- Absolument ! »

Bon, c’est elle la spécialiste alors si elle le dit… je termine de brosser les flancs de ma ponyta avant de lui curer les sabots. Ca y est, elle est comme neuve ! La monitrice m’apporte le matériel pour préparer ma ponette et je commence à seller. Je lui présente le tapis avant de le poser sur son dos puis c’est au tour de la selle. Je pense à bien avancer le tout pour venir buter sur les épaules et à dégarroter comme me l’a montré la femme pour ne pas que le tapis blesse la jument avec les frottements. Pendant tout ce temps, Garnet a la tête tournée vers moi et me regarde calmement, sans aucune trace de stress ou de panique. La monitrice m’a prévenue qu’elle pourrait avoir un peu peur au début mais la ponette ne montre pas le moindre signe de nervosité. Elle se contente de me fixer, de regarder avec curiosité ce que je fais. Elle grimace un peu quand je la sangle mais ne proteste pas, ne tape pas du sabot et n’essaye pas de se débarrasser du poids.

« Elle a déjà été montée ?
-  Pas depuis que je l’ai en tout cas et avant, je ne sais pas ce qu’elle a vécu.
- En tout cas, elle semble familière avec l’équipement, elle ne ressemble pas à une jument qui n’a jamais vu une selle de sa vie. Il ne devrait pas y avoir de problèmes, surtout si c’est vous qui montez, elle vous connaît.
- Ca me rassure un peu je dois dire… La dernière fois que je suis monté à cheval, je devais avoir huit ans, pas plus.
- Pas d’inquiétudes, le cheval c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! »

Curieusement j’ai des doutes, à mon avis, monter à cheval est plus difficile que de conduire un vélo mais bon, puisque j’ai pris mon courage à deux mains et que je suis venu jusqu’ici dans l’idée de partager une activité avec Garnet, autant aller jusqu’au bout, surtout si la jument coopère et ça semble être le cas. Je règle descends les étriers et m’empare ensuite du filet que je lui passe. Elle vient prendre le mords sans aucun problème et il ne me reste qu’à plier ses oreilles pour les passer sous la têtière. Elle se laisse faire, me laisse lui attcher la sous-gorge et la muserolle et la voilà prête. A mon tour de m’équiper, j’enfile la bombe prêtée par la monitrice et je détache Garnet que je guide jusqu’à la carrière du bout des rênes. Elle me suit, s’amusant à me pousser du bout du nez, pour jouer. Je lui souris, un peu nerveux à l’idée de monter sur son dos mais tellement impatient. Depuis quelques temps, j’ai beaucoup travaillé à développer ma relation avec la ponette et j’en suis presque venu à oublier ma peur, excepté quand elle me surprend, ce qui arrive parfois mais quand je m’y attends, je sais me raisonner. Il m’a semblé normal donc de pousser mes efforts un peu plus loin et de la récompenser pour ses progrès, c’est pourquoi une balade m’a semblé une bonne idée. Bon, maintenant que je suis à deux minutes de monter sur son dos, je ne suis plus sûr que ce soit réellement une bonne idée mais allons, pourquoi pas après tout ?

« Alors, vous allez placer votre pieds gauche dans l’étrier, vous hisser sur la jument et passer votre jambe droite par-dessus la selle. Ça ira ?
- On va tout faire pour que ça aille… »

Pas trop rassuré, je laisse le soin à la monitrice de tenir la ponette pendant que je grimpe laborieusement sur son dos. D’accord, il va falloir travailler la souplesse mais me voilà en selle et Garnet n’a pas bougé. Je la félicite en lui caressant l’encolure avant de chausser mes étriers. Je remonte les mains sur mes rênes et je ne bouge plus, j’attends les directives. La cavalière m’explique comment avancer, ralentir, m’arrêter, tourner à droite et à gauche. J’assimile toutes les directives, fais quelques tours de la carrière au pas afin de vérifier les boutons et de corrigier ma position puis nous voilà partie en balade. La monitrice grimpe elle aussi sur un ponyta, un mâle et nous prenons la direction de la plaine. La guide marche en tête, son poney semble très froid dans sa tête et ne montre aucun signe d’impatience. Il marche calmement au pas et je le suis derrière, en gardant mes distances de sécurité. Un peu plus en alerte, Garnet regarde les alentours à droite et à gauches, les oreilles bien droites et le museau tendu. Je ne cesse de lui parler, de l’encourager, pour la rassurer elle, et moi aussi. Sérieusement, je dois avoir l’air d’un crapaud sur une boîte d’allumette. J’essaye de garder mon dos droit et mes talons descendus mais dès que je n’y pense plus, je me surprends recroquevillé et agrippé à l’encolure de la ponette.

« Ça va ? Ça se passe bien ?
- Oui parfait, merci beaucoup. »

Elle me sourit et après une bonne trentaine de minutes de pas, nous arrivons sur un petit chemin enherbé qui monte légèrement. Elle me propose d’essayer de trotter et, beaucoup plus à l’aise qu’au début, j’accepte. Elle lance sa monture au petit trop et je demande à Garnet de la suivre, la jument adopte le même rythme, ralentissant quand elle me sent perdre un peu l’équilibre et accélérant ensuite pour rattraper le retard. Puis,  sans me prévenir, la monitrice prend le petit galop et ça accélère. Loin de secouer autant, le galop est plus rapide mais beaucoup plus confortable, en me redressant et en m’accrochant à ma selle, je parviens à me tenir droit et à me sentir de plus en plus à l’aise, jusqu’à promettre à ma guide que tout est bon, que je gère. Alors nous accélérons encore et Garnet se laisse prendre au jeu, talonnant le poney de la cavalière sans chercher à le dépasser. Je sens qu’elle veut y aller, qu’elle veut passer devant et se défouler les jambes mais elle fait attention à moi, prend garde à ce que je ne tombe pas et adopte le même rythme que le ponyta mâle. Enfin noys ralentissons alors que le bout du chemin arrive. Je manque presque de tomber lorsque Garnet freine fort et repasse au grand trot puis brusquement au pas.  Je perds un étrier et me rattrape de justesse à l’encolure de la ponette avant de me redresser en riant. Garnet hennit, en s’ébrouant, heureuse d’avoir profité d’un bon galop et redresse la tête pour m’empêcher de glisser, ce dont je lui suis vraiment reconnaissante.

« Ça a été ? Vous vous débrouillez bien pour un débutant.
- C’est surtout ma ponette qui est gentille mais merci. Vous êtes cavalières depuis longtemps ?
- Une quinzaine d’années environ. »

Je siffle, admiratif devant la technique et l’expérience de la monitrice. Elle rit et nous continuons notre promenade. Nous traversons un ruisseau, coupons à travers un champ, longeons des exploitations agricoles et finalement, le centre équestre est en vue et l’heure arrive à sa fin. Nous terminons en passant par la rivière pour rafraîchir les poneys, Garnet en profite pour boire et tremper ses jambes, m’éclaboussant même en tapant dans l’eau du sabot. Puis c’est la fin. Nous mettons pieds à terre. La cavalière m’explique comment descendre, en déchaussant les deux étriers puis en me penchant en avant pour faire passer ma jambe droite par-dessus les fesses de ma ponette. Beaucoup plus facile que pour monter ! En moins d’une minute, me voilà descendu et courbaturé de partout.

« C’est une bonne reprise, vous allez continuer ?
- Je vais essayer de prendre du temps pour, Garnet a l’air de s’être éclatée. »

Et en effet, la ponette ne tient pas en place, comme si elle voulait y retourner. Je lui retire sa bride et lui enfile un licol avant de la rattacher. Je la desselle, range ses affaires et lui donne un bon coup de brosse et une friandise avant de la faire rentrer dans sa pokéball pour un repos bien mérité.

« En fait, vous êtes bien vétérinaire ?
- Ah oui, je travaille au centre pokémon de Vanawi, pourquoi ?
- Hé bien on a trouvé un œuf dans l’une des écuries et il ne s’agit pas d’un œuf de ponyta, on ne sait pas ni ce qu’il faisait là, ni à quelle espèce il appartient. Nous n’avons vu aucun pokémon tourner autour des boxes donc les parents l’ont probablement abandonné... Nous ne sommes pas trop équipés pour le garder, vous pourriez le prendre en charge ? Je sais que ce n’est pas votre boulot mais…
- Ne vous inquiétez pas, je vais l’emmener. Quand il aura éclos et qu’on saura ce qu’il y a dedans, je lui trouverai une famille.
- Ce serait parfait, merci beaucoup.
- Pas de soucis, c’est moi qui vous remercie pour la balade. »

Après avoir réglé mon heure de promenade et avoir récupéré l’œuf en question, je remonte dans la voiture en direction de la maison, en ayant mal partout. C’est tout juste si je tiens assis sur le siège conducteur et je n’imagine pas demain… Mais ça en valait totalement la peine. Je souris en essayant de deviner distraitement tout en gardant un œil sur la route à quelle espèce appartient l’œuf. Et puis j’entends le bruit d’un craquement et un mouvement à ma droite m’apprends que je ne vais pas avoir plus de temps pour faire des hypothèses parce qu’un petit Evoli est assis sur mon siège passager, se demandant où il est. Je mets le clignotant droit et je m’arrête sur le bord de la route de campagne sur laquelle je roulais pour rassurer le chiot. Il me fixe avec des grands yeux ronds et je souris, surpris de voir quel pokémon est sorti de l’œuf.

« Et ba petit bonhomme… Petite fille pardon. Je crois que tu as trouvé un maitre. »

Je souris en la prenant dans mes bras, soulevant son petit corps chaud pour le serrer et le bercer tendrement contre le mien. En voilà une surprise.
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