Légendes d'Enola


 

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 Show no MERCY.

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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Show no MERCY.   Dim 12 Nov - 21:44

MERCEDES LEIGHTON BLANCHETT
INFORMATION GÉNÉRALES

Nom : Originalement, une Turnac, puis sans nom pendant quelques années, elle a finalement emprunté le nom de son père adoptif vers l’âge de quatre ans. Même si la jeune femme connaît désormais ses origines biologiques, elle se considère encore et toujours telle une Blanchett, ou du moins se sent incapable d’effectuer le changement même maintenant.
Prénom : Mercedes Leighton, deux prénoms anglophones. Un élément lui rappelant la langue maternelle de son père adoptif et le Canada d’où elle provient. Elle n’a plus à en dissimuler la véritable nature désormais et se présente sous son véritable visage depuis cinq ans maintenant.
Surnom : De nombreux surnoms peuvent l’affubler, les plus communs étant bien sûr Mercy ou Merk. Mercedes ne se montre pas bien difficile en ce domaine.
Âge : 31 ans.
Date de naissance : Née le 3 février 1991.
Genre : Féminin.
Origine(s) :  L’ex-journaliste naquit ici, sur l’île d’Enola. Néanmoins, elle fut élevée au Canada, au Québec plus précisément, en banlieue de Montréal pendant presque toute sa vie.
Date d'arrivée sur l'île d'Enola : Juillet 2013.
Métier/Occupation/Études : Mercedes ne jurait autrefois que par son métier d’étude, soit le journalisme, aspirant à la fois à la gloire et au dévoilement des vérités cachées de ce monde. Depuis les événements précédant la fin du Régime, elle est sans emploi. La jeune femme a été condamnée à trois ans de prison. Elle en sort depuis peu et s’est vu proposer une place de Championne Dresseuse au sein de l’Arène neuve de Dimaras.
Groupe : Compétition
Sous-Groupe : Élites, Ex-Membre de la Résistance.
Rôle : Championne Dresseuse de Dimaras, Résistante Pardonnée
Pseudonyme : Certains la connaissent encore sous son vieux pseudonyme de journaliste, Azmitia, ou encore sous le faux-nom servant à dissimuler sa véritable identité à l’époque du Régime, Victoria Hills. Aujourd’hui elle n’est plus que Mercedes, même si son nom «de scène» en quelque sorte est Mercy.
Résidence : Mercedes habite désormais une petite maison à Dimaras, non loin de la mer.

FICHE DRESSEUR
Informations
Rôle : Championne Dresseuse de Dimaras
Lien vers le Sac de la version 1 : Par ici!
Voulez-vous utiliser le dé shiney? : Non
Modifications à votre équipe
Viskuse ♂ - Luth - Absorb'Eau - Docile
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Pokémon offert par la Compétition. À ajouter dans l'équipe Élite.
PREUVE: Voir histoire.
Arakdo ♀ - Adowë - Glissade - Bizarre
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Pokémon capturé en 2022. À ajouter à l'équipe Élite.
PREUVE: Voir histoire.
Lakmécygne ♀ - Opalyn - Coeur de Coq - Calme
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Mettre dans l'équipe Élite.
PREUVE: Voir histoire.
Fouinard ♀ - Peach - Regard Vif - Maligne
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Retirer du Sac, relâchée dans la nature.
PREUVE: Voir histoire.
Steelix ♀ - Jeda - Tête de Roc - Brave
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Retirer du Sac, relâchée dans la nature.
PREUVE: Voir histoire.
Muplodocus ♀ - Nueria - Herbivore - Fofolle
DESCRIPTION DE LA MODIFICATION: Évoluer Colimucus en Muplodocus.
PREUVE: Voir histoire.


PHYSIQUE
Couleur de peau : Blanche, elle bronze plutôt aisément sous le soleil aride de l'île d'Enola.
Description des cheveux : Ses cheveux au naturel brillent de rayons dorés qui viennent trancher sur le châtain. Elle ne porte cependant plus sa teinte naturelle depuis longtemps, l’ayant retrouvée momentanément lors de son passage en prison. Depuis, elle les teint en rose. Ils lui parviennent désormais aux épaules et préfère les tenir plutôt courts pour le moment.
Description des yeux : Deux iris d'un bleu profond, teintés d'une touche de vert.
Taille : 1 mètre 68 centimètres
Poids : Depuis la naissance de sa fille, Mercedes a pris un peu de poids, qu’elle n’a pas vraiment perdu. Elle pèse maintenant 63 kilos.
Description de la silhouette : La jeune femme possède une silhouette élancée, construite sur des os minces. Elle possède peu de formes, bien que sa grossesse passée l’ait arrondie un peu plus. Elle rechigne encore sur sa petite poitrine et sur son absence de fesses.

Problèmes de santé physique : Aucun à dénoter.
Particularités autres :  Mercedes porte des marques encore plutôt visibles des sévices vécus dans les prisons du Régime, il y a plusieurs années maintenant. Elles couvrent pour la plupart ses bras et ses jambes. La Championne ne cherche pas à les dissimuler et assume parfaitement son passé, ainsi que ces cicatrices.

CARACTÈRE
Personnalité : Certains individus changent au fil des années, forgés par les expériences et les événements. En émergent des personnes changées, repliées contre elles-mêmes ou plus ouvertes au reste du monde. Un instant peut déterminer le reste d’une vie, et engendrer chez nous de profondes modifications qui nous rendront méconnaissables. Si Mercedes ne se sera jamais transformé en son opposé, on ne peut nier son avancement. Autrefois naïve et facile d’approche, elle préfère désormais un peu plus la solitude et le calme après de difficiles années l’ayant laissée un peu amère. On lui reconnaîtra toujours son optimisme et sa détermination farouche, sa fibre passionnée, créative et dynamique. Néanmoins certains de ses traits de caractère se furent un peu ternis par l’adversité vécue pendant ces neuf dernières années. Mercy se verra maintenant beaucoup plus dure, intelligente et perspicace, et plus nuancée aussi. Plus sage peut-être? Oh, rien n’aura raison de son indomptable niveau d’énergie qui la laissera toujours en quête de projets. Un peu plus assagie certainement, moins centrée sur elle-même et sur quelques idéaux superficiels comme il en était de son passé. À force de connaître la Championne, on découvrira une personne surtout très honnête, attachante et charismatique, généreuse de son temps et de sa personne, sensible (voire trop) et excessivement curieuse et avide d’apprentissage et de nouvelles expériences. Rien ne semble l’arrêter, même si elle doute souvent de ses capacités, résultat d’une nature nerveuse et anxieuse. Si elle se jetait tête première, sans réfléchir, dans une autre vie, cette Mercedes est bien plus posée et réfléchie, bien qu’on lui trouvera encore son étonnante spontanéité. Observatrice, elle ne paraît au premier abord que comme un autre joli visage. À ne pas s’y méprendre! La jeune femme analyse constamment les autres, réflexe obtenu sous le joug du Régime et qui ne la quitte plus. Elle est maintenant bien plus renfermée et secrète qu’auparavant, dissimulant souvent ses véritables pensées et sentiments. Grande actrice, elle parvient très souvent à berner les autres, et parfois même elle-même. Si elle a le cœur sur la main, elle restera toujours un peu individualiste malgré les grandes campagnes et les causes auxquelles elle croit toujours. Maintenant, elle ne désire plus qu’assurer la protection de sa fille et bien sûr guérir de certaines blessures encore trop vives.

Mercedes est cet être de coeur, de sentiments trop vifs. Les choses l'affectent plus profondément, elle se sait fragile. Son vécu explique probablement ses faiblesses, qu'elle compense trop souvent par la fuite, particulièrement dans ses relations sociales. Elle réserve souvent une fausse sympathie aux inconnus. Elle a certainement une âme sociable mais ne fait plus confiance comment et préfère éviter de ne trop s'attacher. À cet effet, elle est particulièrement hypocrite. Souvent déterminée à ne pas réaliser ses liens avec les autres ou les dénigrer. À ceux à qui elle accorde son estime, elle se montre loyale, aveuglément. Elle compense un besoin béant d'être aimée et approuvée en désirant le regard extérieur, la gloire et autres superflu superficiel. Même si elle le niera, ce besoin s'y trouve encore. Elle veut, elle veut trop, il n'y a pas de demi-mesure avec elle. Elle désire aider les autres, étancher sa culpabilité de quelque crime qu'elle n'aura pas réellement commis. Mercedes se montre toujours dure envers elle-même sur ses fautes inexistantes, et persistante dans celles qu'il faudrait réellement adresser. La jeune femme n'a rien de méchant, au contraire. Son grand coeur pacifiste se trouve rapidement heurté, surtout après la violence dont elle vécu. Elle refuse que ses proches souffrent, confond souvent leur douleur avec la sienne. Son estime de soi la pousse souvent vers de sombres avenues. Elle accepte trop aisément le blâme et le porte à ses heures telle une martyr. Ce sont ces caractéristiques qui la poussent à aider son prochain. Nerveuse et fébrile, elle se laisse envahir par ce qui l'entoure et parfois consumer. Les dernières années de thérapie l'auront aidé néanmoins à se créer une petite carapace, qu'elle surestime largement.

Goûts/Dégoûts : Cerner ce que aime la Championne peut s'avérer... compliqué. Car en fait, la jeune femme à la chevelure rose apprécie à peu près tout, ayant des intérêts diverses et éparses. Évidemment, elle adore écrire et s'y adonne souvent pour évacuer ses pensées et ses sentiments. Sous forme d'histoires ou de textes, elle y possède d'ailleurs un certain talent (elle était journaliste après tout). Mercedes s'adonne encore régulièrement à la photographie, un art avec lequel elle dû renouer depuis sa libération. Elle aime la nature, marcher et dépenser l'énergie par les sports comme la natation, le vélo ou autre. Madame Blanchett aime manger, un peu de tout d'ailleurs, et découvrir de nouvelles cultures à travers l'art culinaire! Par contre, ne lui demandez pas de vous cuisiner quelque chose, habituellement la chose se termine plutôt mal. Mercy aime les sensations fortes, particulièrement celles procurées par son ancien travail de journalisme (investigation,par exemple). Peu de choses lui procurent de telles sensations désormais. Nul doute qu'elle les retrouvera à travers son rôle dans la milice de Dimaras (ou pas). Elle aime profondément ses proches et adore passer du temps avec elle.

Côté dégoûts, ils sont peu nombreux mais intenses. Mercedes évite tous les sujets de traumatisme. Le Régime et ses mentions la mettent toujours très mal, tout comme les évocations de sa séparation avec son ex-conjoint. De près ou de loin, elle refuse de s'y confronter. Elle n'aime pas la maladie, celle en elle. Elle déteste aussi être loin de Lexie, même si chacun de leurs moments ensemble seront teintés de grosses difficultés.

Objectifs et aspirations : Pour Mercedes, il n'importe plus que quelques projets lui tenant à coeur. Autrefois obnubilée par les notions de gloire et d'orgueil, elle aspire désormais à la tranquillité et à la paix, ainsi qu'à la discrétion. Elle désire trouver un semblant de calme dans sa vie afin de se concentrer sur son objectif premier : être une mère pour sa fille Lexie. Un objectif en soi difficile compte tenu des batailles de garde qui animent les deux parents de la petite. La jeune femme n'a aucun désir de voir sa relation avec son ex s'envenimer, même qu'elle aura tendance à lui céder bien des combats dans l'espoir de revoir la petite blondinette. Son but serait d'avoir la garde une semaine sur deux, voire davantage. Mercedes espère aussi guérir de son passé et avancer, peu importe la décision prise. Elle ne fait présentement que peu de plans d'avenir. Elle n'envisage pas se remarier ou fonder une nouvelle famille, comme résignée à son sort actuel.

Peur(s) : Nombreuses, elles hantent ses nuits et jours. Mercedes revoit sans cesse les ombres sinistres du passage du Régime dans sa vie et les traumatismes laissés derrière plusieurs années de combat. La rose craint de voir un nouveau pouvoir malintentionné se hisser à la tête d'Enola et mettre de nouveau en danger tous ses proches. Et combien elle craint pour eux... La pensée qu'ils pourraient souffrir la garde souvent éveillée tard la nuit. Elle en est venue à craindre la peur elle-même, enlisée dans son syndrome post-traumatique des événements s'étant déroulés en janvier 2017. Les cauchemars la poursuivent, et avec eux autant de symptômes désagréables. Blasée, elle a peur de ne jamais retrouver un sens à son existence, à ne jamais ranimer la flamme qui brûle pourtant toujours en elle.

ALIGNEMENT
A-t-il/elle connu Enola entre 2008 et 2017, sous le joug du Régime, et que pense-t-elle de cette époque ? : Mercedes a vécu le Régime de 2013 à 2017. Sitôt arrivée qu’elle a découvert les véritables couleurs de ce gouvernement. Ou plutôt dictature. De son travail de journaliste, elle s’est fait un devoir d’en apprendre un peu plus sur le groupuscule et sur ses véritables intentions. De fil en aiguille, son opinion s’est raffermie, tout comme sa position. Elle a fait partie de la Résistance pendant plusieurs années en tant que journaliste engagée et militante. Vers la fin du combat, la jeune femme s’est radicalisée, chose qui lui a coûté par après trois ans de prison. Ce qu’elle pense aujourd’hui de cette époque? Mercy ne regrette rien hormis peut-être ces années passées à répondre de ses actions au détriment de sa relation avec sa fille. Elle repense à cette époque avec un énorme soulagement, car celle-ci est révolue.
Que pense-t-elle de la manière dont les choses ont évolué, et du nouveau gouvernement ? : La jeune Championne juge encore la situation précaire et souhaiterait voir le gouvernement se stabiliser et s’affermir. Elle craint encore que certains groupes viennent à créer le même chaos vécu il y a quelques années sur l’île.
Que pense-t-elle de la légende de Regigigas ? : Si Mercedes reconnaît un immense pouvoir à l’Emergya, un pouvoir dont elle comprend que la surface, elle juge les légendes d’un œil sceptique, voire méprisant. Elle a d’autres chats à fouetter que cette vieille histoire gravée dans la pierre.

Qu'est-ce que votre personnage pense d'Elixir ? : Elixir… elle n’en connaît pas grand-chose. Le peu d’informations qu’elle possède la force à la méfiance, lui inspire la prudence. Tout groupe cherchant à s’approprier l’Emergya de nouveau, même pour l’étudier, devrait être surveillé selon elle. Néanmoins lorsqu’on la questionne, elle n’ose pas trop s’avancer.
Qu'est-ce que votre personnage pense de la Compétition ? : La Compétition représente pour la Championne un port d’attache, une assurance d’avenir et un sentiment de confort. Mercedes se reconnaît en leurs valeurs et désire ardemment le retour au calme attendu par la Compétition.
Qu'est-ce que votre personnage pense des Anarchistes ? : Du côté des Anarchistes, Mercedes s’avoue un peu partagée. Elle admire leur travail dans la communauté mais se méfie des branches plus extrémistes du mouvement. La part un peu rebelle d’elle, en tant qu’ex-Résistante, approuve un peu leur combat. N’est-ce pas que l’idée d’une île d’Enola parfaitement libre apparaît séduisante?

Alignement/Allégeance ? : Compétition. Non seulement il s’agit de ses employeurs, mais elle partage bon nombre de valeurs avec ce groupe. En ces temps de confusion et de questionnements, ce vieil organisme lui apparaît sécurisant.
ET VOUS?
PUF/Surnom : Golden ou Victini
Âge : 24 ans
Disponibilité : Je fais du mieux que je le peux!
Comment avez-vous connu le forum ? : Hum... (a)
Suggestions ? : Aimons-nous les uns les autres.
Personnage sur l'avatar : Megurine Luka [VOCALOID]
Code : Auto-mangé (oui, suis gourmande)
Autre: //


Dernière édition par Mercedes L. Blanchett le Dim 19 Nov - 13:02, édité 3 fois
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Mercedes L. Blanchett
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MessageSujet: Re: Show no MERCY.   Dim 12 Nov - 21:45

CHRONOLOGIE
«Pourquoi ne pas commencer par le tout début? Je vous vois réticente. Nous n’avons pas besoin de parler tout de suite de ce qui vous blesse.»

La jeune femme à la chevelure rose observe le thérapeute, à l’opposé de la pièce, tapi parmi les ombres. Quelque chose en elle se déchire un peu plus, comme à chaque nouvel expert lui demandant de relater son vécu. Sous ses ambitions de guérison elle s’épuise un peu plus à chaque fois que son parcours débute à nouveau. Telle une automate, défaite de ses propres émotions, elle décrit ses premières années d’existence.

«Je suis née ici, sur Enola. Mes parents biologiques sont Martha Kendoc-Jenkins et Carter Turnac. Ma mère était une jeune journaliste, une étoile montante. Mon père était… issu d’une des plus anciennes et prestigieuses familles de l’île. Il n’arrivait pas vraiment à s’y sentir à sa place. À l’époque, il faisait un peu n’importe quoi de sa vie. J’imagine que ça n’a pas tellement changé. Enfin. Les deux ont convenu qu’il était préférable de me mettre en adoption. J’ai donc passé les premières années de ma vie dans un orphelinat de Baguin. Je n’en conserve que peu de souvenirs, même que pendant la majorité de ma vie je n’ai jamais même su qui étaient mes véritables parents et mes origines enoliannes. J’ai grandi au Canada, auprès d’un couple aimant vivant au Québec, en banlieue de Montréal. Si on me le demande, ce sont eux mes véritables parents. Ils m’ont élevée après tout. J’avais quatre ans lorsqu’ils m’ont récupérée à l’orphelinat. J’imagine qu’à cette époque l’adoption internationale était moins difficile. Mes parents ne m’ont jamais caché que j’étais adoptée mais je ne cherchais pas à savoir. Je n’en ai pas senti le besoin vous voyez?»

Elle soupire. La partie aisée se termine. Mercedes lève les yeux. Le thérapeute prend ses notes, comme une promesse de l’aider. Elle, mise à nu, doit encore parler, car tout reste encore à faire.

«J’ai vécu une enfance plutôt banale. J’étais une enfant plutôt débrouillarde, très énergique mais disciplinée et plutôt douée à l’école. J’étais populaire auprès de mes pairs, j’avais une foule d’amis. Puis mes parents se sont divorcés, comme beaucoup de parents j’imagine. J’ai pris la nouvelle très durement. C’était ma première véritable déception en quelque sorte. J’étais romantique à l’époque, je croyais fermement en le grand amour et l’éternité, des concepts qui se sont trouvés effrités par la nouvelle. Je n’ai guère changé, mais j’ai certainement mûri. J’ai dû le faire car ma mère vivait une profonde dépression et elle avait ma garde la majorité du temps. Quant à mon père, je le voyais une fin de semaine sur deux. C’est lui qui avait quitté ma mère, vous voyez? C’était très difficile pour elle car elle était orgueilleuse, elle l’est toujours. D’autant plus qu’il la quittait pour une autre femme. Il est toujours avec elle aujourd’hui. Mon père a eu un autre enfant, cette fois biologique. Brandon Blanchett qu’il s’appelle. J’avais 9 ans quand il est né. C’est un chic type mon demi-frère. Je ne le voyais pas souvent mais je l’ai toujours apprécié. Je faisais la navette entre mes parents, parfois envenimée par les discours peu flatteurs de ma mère au sujet de mon père. Tout ceci est derrière eux à présent et ils s’entendent bien. Mais à l’époque c’était plutôt difficile de toujours me séparer entre les deux. Tout de même, je m’en suis sortie plutôt pas mal. Je réussissais très bien à l’école, surtout en français et en anglais. C’est vers cette époque où j’ai découvert ma passion pour l’écriture. De poèmes aux petites nouvelles, j’écrivais de plus en plus, mais je rêvais déjà de devenir journaliste.»

Un sourire étire ses lèvres, rapidement étiolé. La passion brûle toujours dans ses veines, malgré les conséquences tragiques de son métier sur son existence.

«Ma mère m’y a toujours encouragé. Ainsi à mon entrée à l’école secondaire, j’ai tout de suite intégré le journal de l’école. À l’époque, ce n’était pas grand-chose… Quelques histoires et potins. Puis je me suis trouvé un côté revendicateur et profondément curieux. J’ai exposé des problématiques de l’école et me suis mêlée de dossiers qui ne me concernaient pas. De fil en aiguille, je me suis retrouvée représentante de classe puis membre du conseil des élèves. J’aimais bien. Puis j’avais beaucoup d’amis. À cette époque, je me suis rapproché beaucoup de mon cousin Jonas. Il était un peu plus âgé que moi, et c’était l’image même du «bad boy» dont toutes les jeunes filles raffolent à l’adolescence. Jonas… il avait beaucoup de charme et de charisme. Plusieurs filles s’intéressaient à lui mais c’est moi qu’il a choisi. J’étais sa petite-amie en secret. Nous ne voulions pas que notre famille l’apprenne. Même si nous n’avions pas réellement de lien de sang, c’était tout de même bizarre pour des cousins germains de se fréquenter ainsi.»

Mercedes se tait, ses yeux s’embuent. Sa gorge s’entrave et le silence s’étire, si bien que l’expert redresse la tête pour observer la demoiselle, le regard perdu dans le vide. Aspirée peu à peu par ses souvenirs.

«Miss Blanchett?»

«J-Jonas et moi, ça s’est mal terminé. J’ai fait comme si rien ne s’était passé, j’ai nié pendant de très nombreuses années, j’ai tout fait pour effacer les conséquences de ce qu’il m’a fait subir. Encore maintenant, ce moment me hante. Je me suis promis de ne plus en reparler, pas si ce n’est pas nécessaire.»

Le thérapeute n’insiste pas, mais sa main court ostensiblement contre la feuille de papier. Pour sa part, la jeune femme à la chevelure rose s’est réfugiée dans un monde silencieux et contemplatif. Elle sent qu’elle ne sera pas au bout de ses peines car d’autres traumatismes doivent encore être abordés. C’est ainsi qu’elle guérira, elle peut se l’imaginer. C’est en partie pourquoi elle s’est dénoncée en tant que Azmitia et accepté de purger cette peine. Elle y a vu l’occasion de laisser son passé derrière et faire taire la culpabilité qui jusque-là l’a toujours poursuivie.

«C’est ainsi que s’est terminé mon adolescence, sur une queue de poisson. J’ai mis du temps à me remettre de tout ceci. J’ai cherché à y faire du sens mais pour une adolescente de seize ans, il y a plus facile. J’ai donc opté pour la seule solution qui m’apparaissait viable sur le coup : j’ai tenté d’oublier, de refouler jusqu’au plus profond de moi ce qui s’est passé et de passer à autre chose. J’ai un talent considérable pour couvrir les apparences. Même ma mère n’en a rien su, même si elle devait se douter de quelque chose. Dans tous les cas, j’ai gradué comme prévu en secondaire cinq, entreprenant des études collégiales en littérature. Je me suis mise en tête de devenir journaliste, mais j’ignorais comment me faire connaître et j’ai profité de mon passage au CÉGEP pour vivre ma jeunesse. Je me suis retrouvée un peu sans rien, du coup j’ai débuté mon propre blogue sous le nom de journaliste Azmitia et j’ai fait quelques jobines par-ci et par-là sans grand succès. J’ai amené seule, car je voulais vivre mon indépendance. Je vivais plutôt pauvrement, jusqu’à ce que je sois approchée par Montréal Presse. C’est là que ma vie a changé. J’ai été engagée et comme je disais «oui» à absolument tout, on m’a souvent envoyé pour écrire des articles à l’étranger. Je vivais le rêve, du moins je le croyais jusqu’à ce que mon patron m’approche pour me donner la mission qui m’amènerait à Enola. J’avais alors 22 ans.»

Un sourire mi-figue, mi-raisin se peint sur son visage. Sans cette assignation, à quoi aurait ressemblé sa vie? Tant de choses auraient été différentes, peut-être en aurait-il mieux été pour elle.

«J’avais, à l’origine, mission de me rendre sur Enola pour infiltrer la Compétition. Mon objectif était de passer pour une jeune Compétitrice qui cherchait à accomplir les dernières volontés de son père. En fait, je devais enquêter sur le Régime. J’oeuvrais sous le nom de Victoria Hills. J’ai connu à cette époque Kinu et Shadaya, alors un Kaïminus et une Lixy. Je n’avais jamais eu de contacts vraiment avec les Pokémon jusqu’alors et je n’avais… pas particulièrement d’affinités avec eux. Lors de mon arrivée sur Enola, j’ai dû apprendre rapidement, en plus de prendre mes marques dans un monde auquel je n’étais pas réellement préparée. J’ai écrit mon premier article, racontant la pendaison sur la place publique d’Eliza Turnac. J’ai assisté à l’événement et j’ai été renversée. C’était la première fois que je sentais une telle douleur, chez tout un peuple. Je me dis que sans Solène, je n’aurais probablement pas réussi à m’ajuster à tout ceci et à ma vie de dresseuse.»

«Solène?»

«Solène était mon contact sur Enola. En plus de vulgariser son monde, elle m’a aussi formée en tant que dresseuse. J’ai voyagé un certain temps avec elle et sa fille Crystal, un petit ange de quatre ans avec qui je me suis liée malgré moi. De fil en aiguille, nous sommes devenues amies proches. Même lorsque nous nous sommes séparées pour suivre nos destins à chacun, nous sommes toujours restées en contact très régulièrement. Sa famille m’a bien accueillie. Lorsqu’une photo de son ex-amant et ami d’enfance a été révélée, j’ai tout fait pour l’aider à le sortir de prison, Damien de son nom. Ça a été la première fois où je suis intervenue réellement, en aidant mon amie à trouver la prison du Régime où il était enfermée. De nombreux Résistants et innocents ont été libérés ce jour-là… et Crystal a retrouvé son père. Cet événement m’a beaucoup marquée.»

Elle se tait quelques instants avant de reprendre.

«J’ai rencontré Weston peu de temps après. Une soirée un peu débridée et nous étions à peu près inséparables. Ce n’était pas facile, à l’époque, il se droguait. J’imagine que j’aurais dû fuir, mais il était mon âme sœur, en quelque sorte. Nous étions faits pour nous compléter. Il a vécu son lot de misères pendant mes années sur Enola. Il a conduit en état d’ébriété et frappé quelqu’un. Il a failli se suicider. J’ai dû le récupérer à chaque fois… Mais bon, nous n’étions pas au bout de nos peines. Lui, il m’a surtout aidée lors de la frappe de janvier 2014. Le Régime a débarqué à une compétition amicale, a capturé de nombreux innocents pour les enfermer dans l’une de ses prisons. J’en faisais partie, même si on pourrait argumenter que je n’étais pas parfaitement innocente. Pendant dix jours on m’a torturée mais je n’ai rien dit. Je savais que les conséquences seraient bien pires si j’ouvrais la bouche. Alors je me suis tue. Puis on nous a libérés. C’est Weston qui m’a récupérée et qui a pris soin de moi par la suite. Je pense qu’à partir de ce moment, nous savions que nous serions ensemble réellement.»

Mercedes soupire, ce qui surprend quelque peu le psychologue. Il discerne au creux de ses prunelles une profonde amertume et une blessure pas encore cicatrisée.

«Je me suis engagée dans la Résistance cette année-là, à l’été 2014. Il faisait un an que j’étais là, et je savais bien désormais que mes articles prenaient un tournant personnel. J’ai donc décidé d’écrire pour eux, pour qu’on connaisse la vérité. Ça me faisait du bien, même si je n’étais pas certaine que c’était une bonne idée. Peu de temps après, j’ai remporté la Compétition. Ça a facilité bien des choses, notamment au niveau financier. Je pouvais désormais vivre confortablement sur Enola et poursuivre mon investigation du Régime en toute tranquillité. Cet été-là j’ai aussi découvert mon appartenance à la famille Turnac. Mon père est en fait le frère de l’ex-présidente Eliza Turnac. J’ai en même temps découvert que j’avais un demi-frère, John. Nous avons profité des années à venir pour nous rapprocher et mieux nous connaître. Lui et quelques personnes connaissaient ma réelle identité, comme Solène et Faust, et bien sûr Weston qui n’a pas bien apprécié quand il a su que je lui mentais depuis des mois. Il a toujours eu du mal à voir le portrait global des événements, à se détacher de sa propre perspective. J’ai aussi connu Adélia, ma cousine, que j’ai toujours protégée et défendue… Nous sommes devenues très très proches elle et moi, même si je n’ai pas toujours su être tendre avec elle. C’est elle qui m’a introduite à mon père, Carter, avec qui j’entretiens une assez drôle de relation.»

Elle boit une nouvelle gorgée, bien plus détendue maintenant.

«Carter, je l’ai rencontré chez elle, j’ai cru que c’était un membre du Régime. Lorsqu’il s’est expliqué, je n’ai pas cherché à comprendre. Mais lorsque Benjamin est atterri dans ma vie, c’est lui que je suis allée voir pour comprendre comment je me sentais. Benjie, c’est le fils de Weston, qui est arrivé dans notre vie après notre mariage. Sa mère s’est suicidée et nous avons hérité de lui. Je ne voulais pas au début… Pas de lui dans ma vie, pas assumer ce rôle. Mais le petit a touché mon cœur et je suis devenue… sa mère en quelque sorte. Comment pouvais-je refuser ce petit brin d’amour de trois ans, cette copie conforme de son père au niveau physique? Les années 2015 et 2016 a été forte en émotions avec la marche pacifique dans les rues d’Amanil qui a mal tourné, ma rencontre avec mon père et puis Benjamin. J’avais du mal à trier tous mes ressentis et mon couple en a pâti. Weston ne comprenait pas pourquoi j’étais si impliquée dans la Résistance, il était inquiet et il me faisait sentir coupable de mon implication. Il m’a fait promettre de ne jamais mettre notre famille en danger par mes activités au sein du mouvement rebelle. Sauf que je n’ai pas écouté. Plus les mois passaient, plus je me radicalisais. La vengeance vibrait en moi et j’avais l’impression de devoir faire quelque chose pour essuyer… tout le mal que le Régime laissait derrière lui.»

Cette fois la jeune femme se tient bien droite contre son dossier.

«Il y a eu la mise à mort de Gears, puis l’annonce du Régime quant à l’emergya. J’étais avide de les mettre à la porte et j’ai senti que notre mouvement grossissait à cette époque, que l’indignation gonflait en un million de murmures. Quelque chose se produirait et cette perspective allumait une flamme en moi. Ces mois-là, j’ai été très active. Jusqu’à janvier 2017, où j’ai découvert tous mes collègues Résistants assassinés. Nous avions monté une équipe d’experts en communications. Nous aimions brouiller les ondes et faire entendre notre message. Sauf qu’un jour je suis rentrée pour ne trouver plus personne. Je n’ai pas su quoi faire devant les corps mutilés de mes compagnons. Alors j’ai fui. J’ai repris le chemin vers Anula où je résidais, la peur au ventre. Lorsque je suis arrivée chez moi, j’ai constaté l’horreur. On avait attaqué aussi ma demeure car bien de mes Pokémon gisaient sur le sol, inconscients et blessés gravement pour la plupart. Parmi eux, il y avait Silver, mon Dimoret, qui ne respirait plus. À l’étage, son assassin m’attendait avec deux de ses alliés.»

Elle pleure maintenant, c’est plus fort qu’elle. Elle pleure en silence, avec courage et dignité, du moins ce qui lui en reste. Son corps la trahit. Elle tremble profondément et le psychologue sait qu’elle évoque ce qui l’a traumatisé le plus dans son parcours, ce qu’elle porte encore sur ses épaules.

«Nous avons combattu… Nous avons combattu pour la vie et pour la mort. Il faisait partie du Régime et il avait l’intention de me capturer. Il devait faire de moi son prix et Weston et Benjie ses victimes collatérales. Je ne pouvais pas accepter. Je n’avais plus que Golden, mon Alakazam, et Aria, ma Roitiflam, avec moi mais nous n’avons pas fui, nous ne pouvions pas cette fois. Alors lorsque le pistolet a surgi à mes pieds, je n’ai pas hésité. J’ai tiré. C’était la… c’était la première et la dernière fois. Je veux dire… que je tuais quelqu’un. Il était trop tard, il avait emporté Aria avec lui. Cette nuit-là je me suis évanouie de chagrin et de désespoir.»

Elle pleure longtemps. Le thérapeute la laisse exprimer ses émotions. Il la sait sensible, il le devine. Il sait aussi que son orgueil la retient trop souvent ce laisser-aller.

«C’est Cape Grise, une alliée Résistante qui m’a récupérée cette nuit-là. Je me suis éveillée à l’hôpital. Mes Pokémon ont été amené à Baguin, auprès de la Médecin-Chercheur, une amie. Pour ma part, j’ai été traitée par une médecin du mouvement. Elle ne pouvait rien pour moi, mes blessures étaient psychologiques. Ce matin-là, Weston m’a visitée et il m’a annoncé que nous n’étions plus. Il m’a abandonnée au moment où je me languissais d’une aide, d’un peu de chaleur. Je venais de perdre… de tout perdre, y compris lui et Benjie. J’ai cru… j’ai voulu mourir. Je ne peux même pas décrire mon chagrin. Je n’ai pas tenté de le convaincre, après tout j’avais failli à ma promesse et lui à la sienne. Brisés. Voilà. Nous étions brisés. Sans Lexie, nous aurions probablement fait tous les efforts pour jamais nous croiser à nouveau, mais j’ai appris au mois de mai que j’étais enceinte de lui. Une conversation avec Cape Grise, qui m’a révélé être ma mère biologique, m’a convaincue de poursuivre la grossesse. À cette époque, j’ai rejeté à peu près tous mes proches. Je ne pouvais pas supporter la compagnie, je m’effrayais pourtant seule. J’ai trouvé refuge chez Faust quelques mois, même aujourd’hui il ignore qu’en m’ouvrant les portes, il m’a sauvé d’une mort certaine.»

Le psychologue hoche la tête, sachant déjà comment aborder la prochaine séance. Celle-ci s’achève, mais au moins il aura eu un bon portrait de la situation de sa nouvelle patiente. Il s’apprête à mettre fin à la rencontre quand la rose reprend la parole pour un dernier chapitre.

«Le 28 août 2017, Amanil s’est soulevée. J’étais parmi eux, j’ai été la voix pour précipiter la chose, j’ai incité à la violence, au feu et au sang. À l’aube du 29 août, je regrettais déjà. J’ai cherché, dans la cacophonie d’Enola, à sauver la personne que je m’étais jurée de ne plus jamais rencontrer. Je suis allée chercher Weston et Benjamin à Anula mais il n’a pas apprécié ma présence. Il m’a menacé de me prendre Lexie, il m’a bousculée et je suis tombée. Ce n’est pas le choc qui a provoqué l’accouchement prématuré mais probablement tout le stress que j’ai pu vivre pendant ma grossesse. Nous nous sommes rendus à l’hôpital où j’ai été accueillie dans la confusion. Je n’ai pas choisi mon jour. L’accouchement a été très difficile, douloureux et pénible. Lexie était un petit bébé à sa naissance et avait quelques problèmes de santé. Mais elle était là. Et dans la misère que connaissait Enola, j’ai su que nous nous en sortirions, et que moi je survivrais à ma douleur. J’ai pris la décision de faire tout en mon pouvoir pour la conserver auprès de moi, même si ça devait signifier de la partager avec son père. À ce jour, je ne peux pas décrire de moment plus précieux que celui où on l’a remis dans mes bras, ce tout petit bébé aussi amoché que sa mère. J’ai su que jamais au monde je n’aimerais quelqu’un autant qu’elle.»

HISTOIRE
«Répétez, je n’ai pas compris. Pourquoi êtes-vous ici?»

Les deux femmes prennent place autour de la table où une bénévole de la maison vient poser du thé. Intimidée par la présence de l’une d’entre elles, la directrice de la Compétition Éléanore Swan, l’intervenante se presse à faire le service de la boisson chaude et de disparaître, les laissant seules. L’autre, une jeune femme d’une trentaine d’années aux cheveux roses désormais coupés aux épaules, scrute sa vis-à-vis en attendant une réponse. Ses prunelles semblent calmes, ce qui rassure Madame Swan, malgré l’étincelle de méfiance et d’incompréhension qu’elle y décèle.

«Un investissement possible. Mais avant j’ai besoin de savoir certaines choses, Mercedes. Vous me permettez que je vous appelle ainsi?»

«Euh… Oui bien sûr. Je ne sais pas trop en quoi je pourrais vous être un investissement sincèrement.»

«Hum, vous vous trompez. Selon la demoiselle qui vient de quitter à l’instant, vous faites d’importants progrès. Votre sortie est même prévue le mois prochain.»

Mercedes se tait. Il fait maintenant plusieurs mois qu’elle suit une thérapie dans une maison pour femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale divers. Pour elle, c’était la dépression et bien sûr le syndrôme post-traumatique dont elle souffre depuis cinq ans. Sa dépression sous contrôle désormais, plus que ce dernier trouble lui reste à surmonter. Or, les dires de la directrice ne sont pas sans fondement. Le psychiatre lui a en effet annoncé sa sortie de la maison le mois prochain. Une perspective qui enchante et terrorise la jeune femme à la chevelure rose.

«Si je suis prête, oui.»

Éléanore Swan peut sentir les réserves et les craintes au creux de la voix de Mercedes. Elle décide de ne pas y prêter attention. La jeune femme lui fait énormément penser à elle, à une autre époque, lointaine désormais.

«Miss Blanchett, j’ai conscience que de sortir de ce cadre rassurant peut s’avérer quelque peu difficile. Mais comme je vous l’ai dit, j’ai une opportunité qui pourrait se présenter à vous.»

«Sous quelles conditions?»

«Hum… Disons que je suis intéressée à connaître votre histoire. Le reste de votre histoire. Ce que je n’ai pas eu le loisir de découvrir.»

«Par où commencer?»

Son histoire, elle l’a raconté si souvent désormais que l’exercice ne l’émeut plus. Seule la curiosité la pousse à venir à bout de cet échange quelque peu présomptueux de la part de la directrice de la Compétition. Cette opportunité promise, quelle qu’elle soit, l’attire malgré elle.

«Pourquoi pas le 29 août 2017? C’est une journée qui a changé bien des choses pour les Enolians tels que vous.»

«Certes… Hum. Le 29 août 2017, j’étais à Anula, à fournir l’aide que je pouvais aux rescapés de la ville. À l’époque, la cité était inondée. Les habitants cherchaient secours, criaient et se débattaient parmi les flots. J’ai fait appel à mon équipe pour venir en aide au plus de gens possibles. Moi, je survolais les immeubles, et dans les vitres de l’une d’entre elles, j’ai vu Benjamin, le fils de Weston. J’ai accouru pour le sauver dans son appartement penthouse. L’intégrité de l’édifice était compromise. Je n’ai pas hésité à le prendre dans mes bras et l’emmener en sécurité. Son père a surgi, je ne l’avais pas vu. Il a refusé que j’emmène son fils, il m’a bousculée et… je suis tombée, je crois. Mes contractions se sont alors déclenchées. Nous avons fait appel à Golden, mon Alakazam, qui nous a transportés à l’hôpital. J’étais dans une souffrance abominable. À vrai dire, l’accouchement ne s’est pas très bien déroulé et Lexie est née prématurée, avec quelques problèmes de santé. Mais elle était la plus belle chose qui existe. Pour moi, cette journée marquait un nouveau tournant dans ma vie, pour le meilleur et pour le pire. Malheureusement, ça a surtout été pour le pire.»

Elle baisse les yeux.

«Sitôt notre fille née que nous avons dû nous battre. Je ne désirais pas vraiment lutter, mais je sais qu’il m’aurait tout pris si je ne le faisais pas. Vous voyez, il n’y avait pas de limite à son égocentrisme et sa cruauté à l’époque. Alors un juge a tranché. Garde partagée. Rien au monde ne me procurait plus de bonheur que de prendre soin d’elle. Solène et Damien passaient m’aider, car j’avais beaucoup de mal. Mon humeur et la fatigue rendaient ces moments particulièrement ardus, et de rendre l’enfant à son père à chaque semaine causait par la suite d’interminables crises de larmes. À chaque nouvelle semaine je craignais qu’il ne me l’enlève. Nous avons dû apprendre à nous faire confiance. Puis à nous appuyer l’un sur l’autre. Après un moment, nous échangions par téléphone, de façon cordiale du moins, pour le bien-être de la petite. Mais malgré les progrès dans notre relation familiale, je m’enfonçais. La fatigue me tuait à petit feu. Après les six mois de Lexie, elle passait de plus en plus de temps avec Weston car je ne pouvais tout simplement pas m’en occuper. Je tentais tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau. Les projets de reconstruction de l’île et l’implication de la Résistance dans les procès des anciens membres du Régime m’a permis d’y arriver pendant quelques temps.»

Éléanore la scrute intensément avant de commenter.

«Avec ce que vous aviez vécu avant, ce n’était guère surprenant que vous tombiez. Je suis passée par un divorce difficile aussi, mais ce n’était qu’un des éléments qui ont précipité votre dépression. Vous avez témoigné de beaucoup de courage.»

Mercedes relève les yeux vers la directrice de la Compétition, touchée par sa compassion. Avec un bref sourire, elle poursuit son récit, bien plus en paix désormais, même si elle regrettera toujours d’avoir manqué à son devoir de mère. Encore aujourd’hui, toutes ses décisions s’orientent vers le bien-être de sa fille Lexie, pour qui elle a suivi cette thérapie.

«Lorsqu’est venu le temps de juger les Résistants extrémistes, je n’ai pas hésité. Ce soir-là je suis passée chez Weston et je lui ai dit ce que je m’apprêtais à faire et dans quel objectif. Je lui ai dit que j’étais prête à assumer mes actions, mais que cela voudrait dire que je devrais laisser Lexie grandir sans moi pendant quelque temps. Je ne sais pas s’il a compris que j’avais confiance en lui pour élever notre fille. Il y réussissait si bien, à vrai dire. Aussi, s’il a vu à quel point cette décision m’en a coûté, mais que je ne pouvais plus vivre ainsi. Ce soir-là, j’ai aussi annoncé la nouvelle à mon équipe. Jeda ma Steelix et Peach ma Fouinar ont toutes les deux décidé de repartir de leur côté, dans la nature, pour vivre une autre vie. Tous les autres ont juré de m’attendre, sous la tutelle de Adélia à qui je les ai confiés. Le procès a duré quelque temps. Vu ma bonne volonté, on a été clément. On m’accusait d’incitation à la violence et de meurtre d’un Officier du Régime. J’ai été condamnée à trois ans de prison pour la première offense. Sous le nom de Azmitia, j’ai effectivement incité la foule à la violence dans les rues d’Amanil. Pour ce qui est des accusations de meurtre, celui-ci a été reconnu de légitime défense. J’ai donc été pardonnée. Je suis entrée en prison le 24 février 2019, je n’oublierai jamais la date.»

La jeune femme boit une gorgée de thé, assumant pleinement son passé de Résistante extrémiste ainsi que les conséquences de ses actes sur sa vie.

«La prison m’a sauvée. À l’intérieur de ces murs, j’ai enfin pu guérir. J’ai bénéficié des services de nombreux spécialistes. Trois ans ont été une opportunité pour moi de contempler ma vie jusqu’à cette époque. Je n’ai pas chômé. J’ai participé à toutes les thérapies proposées, les cours, les activités. J’ai appris toutes sortes de choses et j’ai réfléchi, je me suis reposée enfin aussi, dans un univers reclus où je n’avais qu’à moi à penser. J’ai reçu quelques uns de mes proches, même si c’était toujours difficile. Et Weston et Lexie aussi, quelques fois. Devant mes yeux, ma fille a grandi, à présent une étrangère. J’ai mûri, et je me suis pardonnée les erreurs que j’ai pu faire. Je suis sortie de prison avec un tout nouveau bagage et une nouvelle perspective. En mars 2022, je suis passée directement de prison à ici, où nous nous trouvons présentement, non sans avoir retrouvé avec beaucoup d’enthousiasme mes Pokémon, dont Nueria qui a évolué en une magnifique Muplodocus pour fêter nos retrouvailles. Je savais que j’avais encore du travail à faire sur moi, notamment du côté de mon syndrome post-traumatique. Je ne regrette rien, même si cela voulait dire attendre encore de revoir ma fille. Encore une fois, j’ai été assidue et j’ai tenté tout ce qu’on m’a proposé. Je me sens mieux, vraiment mieux, même si l’idée de sortir m’effraie encore toujours autant. Je n’ai pas vu le monde depuis près de quatre ans, miss Swan.»

Éléanore Swan reste silencieuse un très long moment, contemplative de cette histoire si touchante que lui expose la jeune femme. Mercedes, elle, s’est laissée voguée à des pensées lui étant propre, mais chez elle, la directrice peut sentir un sentiment de paix. Oh, la rose ne sera plus jamais la même après les événements ayant marqué sa vie, mais elle perçoit chez elle exactement ce qu’elle était venue chercher. Une rage de vivre, d’aller de l’avant.

«Vous savez, je suis venue ici malgré les contre-indications de nombreux de mes collègues. Pourtant, je n’ai eu d’idée que de vous pour assurer la position que je vais vous proposer. Je pense qu’en tenant compte de votre vécu, votre cheminement, en plus de votre expérience de dresseuse, vous êtes exactement la personne qu’il nous faut. Vous sortiez d’ici dans un mois et il vous faudra un nouveau projet, je crois. Que diriez-vous de devenir Championne de la toute nouvelle Arène à Dimaras?»

Mercedes ne réagit pas, incrédule devant une telle proposition. À vrai dire, elle aurait dû s’attendre à quelque chose du genre, sans pour autant l’avoir envisagé ne serait-ce qu’une seule seconde. De sa courte expérience au sein de la Compétition, elle n’aura jamais entretenu l’ambition d’une position d’Élite et encore moins après. Les secondes se changent en minute tandis que la jeune femme accuse le choc, partagée entre l’envie de rire ou refuser. À ses yeux, elle n’a rien d’une dresseuse, mais rapidement, la suggestion lui fait du sens. Malgré ses dires, elle est effectivement une dresseuse compétente et aura poursuivi son entraînement même après son couronnement en tant que Gagnante de la 100e édition. Ayant rejeté son métier de journaliste lui ayant apporté trop de peine ces dernières années, Mercy se retrouve effectivement sans le moindre projet. À l’extérieur de ce cocon sécurisant, elle se sentira dénudée et vulnérable sans de quoi s’occuper l’esprit. Seule l’action la motive et lui permet d’avancer. Devant le silence à rallonge de son interlocutrice, Éléanore se permet de relancer la discussion.

«Je sais la proposition un peu… Toute droit sortie du néant. J’ai conscience qu’elle peut paraître un peu déstabilisante à ce point-ci. Néanmoins, je vous ai toujours appréciée en tant qu’ancienne Gagnante. Vous connaissez bien le jeu, vous savez ce que c’est. Vous avez un cœur altruiste et vif. Puis je sais que cette étincelle ne s’est pas éteinte en vous. La bénévole de toute à l’heure m’a raconté votre combat avec le Pokémon que vous avez capturé dernièrement, contre une autre pensionnaire.»

«Adowë? Hum, oui, j’ai capturé l’Arakdo dans l’étang de la cour… Cette drôle de chose venait souvent s’y aventurer, je pense qu’elle m’aimait bien car elle m’approchait toujours. Puis je lui ai proposé un petit combat et je l’ai capturée.»

«Oui, et il paraît que votre combat contre l’autre pensionnaire était spectaculaire, que vous étiez grandiose.»

«Les bénévoles sont parfois un peu… maternants. Il ne faut pas se fier à leurs discours.»

«Oh, mais je n’ai pas eu à interprété ses dires. Elle m’a montré la vidéo. Je sais que le feu du combat est en vous, mais ce n’est pas seulement pour cette raison que j’ai pensé à vous. Vous avez toujours été une fervente défenseuse de cette île. Vous avez à cœur le bien-être de ses habitants. Vous êtes impliquée, vous l’avez toujours été. Mercedes, le poste de Championne vous demanderait d’assurer les matchs, mais aussi de diriger la milice dans votre ville et d’assurer la protection de ses citoyens. Je vous en sais capable, je sais que cette cause résonne en vous.»

«Mais je... je n'ai pas de spécialisation...»

«N'avez-vous pas quelques Pokémon de type Eau dans votre équipe? Il s'agit de mon ancienne spécialité vous savez? J'ai juste un Pokémon qui pourrait aider à compléter le tout, un Viskuse particulièrement doux qui vous plairait assurément.»

«Vous avez pensé à tout décidément.»

«Oui. Car je sais que vous avez encore cette flamme en vous.»

Chez Mercedes, ses mots forment une cacophonie de sons et d’idées. Cette étincelle soufflée trop vite, soufflée il y a plus de cinq ans maintenant, revit et palpite. À mi-mots, émue et un peu confuse, la jeune femme ne peut que répondre :

«J’accepte.»


Dernière édition par Mercedes L. Blanchett le Sam 18 Nov - 11:04, édité 1 fois
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Solène E. Ikeda
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MessageSujet: Re: Show no MERCY.   Mar 14 Nov - 6:33

Puisqu'il faut bien inaugurer quelque part ce sera avec toi : bienvenue sur ton propre forum, miss (a)
J'aime bien l'histoire de Mercy & comment elle est racontée, vraiment, hâte à rejouer en RP avec elle. Ca m'a manqué :huhu:
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Xerneas
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Date d'inscription : 25/06/2017

MessageSujet: Re: Show no MERCY.   Mar 14 Nov - 7:47

Bon bon bon, je crois pas que j'ai grand chose à dire now, à vrai dire :derp:
J'aime bien le développement que tu as réalisé, comme d'habitude aucun reproche à faire sur l'écriture. Mercy est un perso bien plus complexe et nuancé qu'avant, avec des bonnes pistes pour un futur développement. Contente de la revoir, et j'imagine que tu vas nous offrir une suite intéressante ^^

Sans surprise, tu es validée. Je ne te précise pas le contenu de ton sac, je pense que ça devrait aller (a)
Bref, bon jeu :V
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MessageSujet: Re: Show no MERCY.   

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Show no MERCY.

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