Légendes d'Enola


 

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 L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche

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Natsume Miyano
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MessageSujet: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Mar 24 Juil - 20:41


L'hôpital, la charité et des vacances forcées

"Quand tu joues à l'infirmier éco-plus"
Je crois que j'ai fait un peu peur à l'infirmière, quand j'ai fini par claquer cette fichue facture d’électricité sur l'accueil, et que je l'ai regardé avec un air tellement mauvais qu'on aurait pu se demander si je ne planifiais pas sa mort rapide. Mais franchement, je n'étais pas d'humeur, après ma nuit blanche, à discuter formalités administratives avec quelqu'un d'autant dépassé que moi et dans un même état de fatigue apparente.   M'enfin. J'avoue m'être perdu une ou deux fois entre les couloirs, avec mon sens d'orientation boiteux, et avoir zigzagué entre les grands espaces blancs. Ma nervosité n'a pas aidé, vraiment. Ce n'est pas nouveau que les espaces médicaux me mettent très mal à l'aise, et franchement, vu l'état de mon cerveau actuellement, bah, on est plus à ça près.
En arrivant dans la chambre, néanmoins, je me suis mis à me contenir au maximum. J'ai posé calmement les affaires dans un coin, préparé des vêtements propres en double pour qu'il puisse choisir quelque chose qui lui plaisait, et récupéré quelques boissons chaudes au distributeur dans un coin, au cas où. Puisqu'il était encore endormi quand je suis rentré, je ne me suis pas senti de le réveiller tout de suite, et je crois que je fais tout ça pour me détendre. Je ne l'ai même pas encore regardé, pour le temps, ce qui rend plus ou moins évident mon malaise. En même temps, maintenant que j'y pense, je suis... Je ne sais pas trop. J'improvise un peu, je crois.

Les volets sont encore fermés. Je sais, pourtant, que les infirmières passeront bientôt pour distribuer le petit-déjeuner et faire les check-up matinaux, alors tandis que je termine de plier religieusement ses affaires, je me dis que je ferais peut-être bien de le réveiller avant qu'il ne le soit par quelqu'un d'autre. Si j'utiliserais bien l'excuse que je veux qu'il se repose avant, je sais que c'est une excuse ; en vérité, j'ai surtout envie de bien tenir mon image, pour qu'il ne s'inquiète pas. Il serait capable de devenir obsédé par le moindre de mes bleus quand il se vide se son sang, celui-là. Mais bon. Je ne vais pas faire du mourron pendant quarante ans, tout de même, non ? Je sais que j'en suis tout à fait capable, hein, mais j'aimerais éviter de faire ça à vie, merci bien.

Je me reproche donc du lit avec lenteur, veillant bien à ne pas être trop rapide pour ne pas alerter qui que ce soit. Je dois avouer qu'observer son visage maintenant, alors qu'il est encore plongé dans le sommeil, me permet de le voir sans que ma vision ne soit brouillée par les artifices qu'il mettait en place pour entretenir l'illusion que tout allait bien. La pâleur, les cernes, la fatigue, tout ça, je le savais déjà, au fond. Mais la réalité me claque dans la tête avec une telle brusquerie que j'en suis désarçonné, sur le moment, et laisse ma main traîner sur le côté, sans oser la rapprocher. Il y a une froideur dans ma gorge et dans ma poitrine qui me donne l'impression d'un pic à glace s'enfonçant lentement, transperçant mes poumons et mon estomac tout à la fois. Je laisse sortir une exhalation fatiguée, paumé. Oui, paumé. Je ne sais pas vraiment ce que je suis supposé faire, là.

… Je suppose que c'est un peu comme quand je le réveille à la maison, non ? Je peux faire ça, à la limite. Y'a des risques que ça paraisse maladroit ou quoi que ce soit, mais bon... Mais bon, j'ai pas envie de lui offrir un réveil dur et sec. Alors je souffle un coup, et je laisse ma main gauche passer jusqu'à l'une de ses joues, que je me mets à caresser avec douceur. Assis sur une chaise, juste à côté du lit, j'essaie de parler d'une voix douce et calme.

« … Bien dormi ? »

Je m'étonne, pourtant, de la facilité avec laquelle je parle aussi calmement. Même mon expression est paisible, sans que je ne sache trop comment. Je crois que mon instinct me fait agir de lui-même, ou alors c'est la conviction que je dois être le plus rassurant possible. Ce n'est pas que je joue un rôle, mais je fais tout ce que je crois devoir être fait pour qu'il soit  le plus détendu. De toute manière, je me doute qu'il va avoir beaucoup de questions, alors lorsque je le sens ouvrir ses yeux, je pose une main sur son épaule.

« Reste couché, surtout. Le petit-déjeuner va bientôt arriver, tu vas pouvoir avaler un peu de sucre. »

Je préférerais éviter qu'il ne fasse une crise d'hypoglycémie, même si ils ont dû lui mettre du sucre dans le sang dans la nuit. En soi, il n'a pas trop besoin de mes conseils, je crois, mais... Mais en fait rien du tout. Après ce qui s'est passé hier soir, j'avoue avoir peu de remords quant à ce genre de propos.
Je m'assois un peu plus, laissant mon visage être plus proche, l'examinant attentivement. Voir de la vie dans ses yeux et m'assurer de sa santé un tant soit peu correcte me rassure énormément, mais cela reste faible. Ma main libre s'en va chercher la sienne avec lenteur pour ne pas l'effrayer, et je reprends la parole, plus lent.

« Tu... Comment tu te sens ? Tu veux quelque chose ? »

Quoi qu'il dise, j'accourerais. Mais à l'instant, je crois que je devrais d'abord le laisser se réveiller correctement.


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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Mer 25 Juil - 20:50


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L'hôpital
La charité
"et des vacances forcées"

J'en ai eu, des maux de tête. Bien trop souvent, d'ailleurs. Celui qui m'a traversé avant que je ne sombre dans l'inconscient tout à l'heure était particulièrement fort, maintenant que j'y pense. Au fil des jours, ils devenaient de plus en plus graves. J'aurais peut-être déjà dû m'inquiéter quand j'ai remarqué leurs apparitions de plus en plus fréquentes. Et encore, ce n'était qu'un signe parmi tant d'autres. Mes paupières qui tombaient elles-mêmes de fatigue, ça aussi, j'aurais dû y penser. Mon visage qui devenait pâle, mes gestes maladroits et tremblants, ma vue qui se troublait par moment... Et puis ce sommeil qui voulait tant me prendre avec lui mais que je boudais depuis longtemps déjà. Quel idiot j'ai été. Je n'ai pas vu venir le malaise qui s'est brusquement déclaré, mais je crois que je l'attendais, quelque part. Il fallait bien que j'atteigne le bout, un moment, le derniver niveau de ma décadence, de mon burn out. C'était donc ça. Mes doigts qui ont du mal à tenir un stylo, mes yeux qui veulent se fermer et m'empêchent de voir ce que j'écris, ma tête qui chute au sol en entraînant mon corps -ou alors était-ce l'inverse-, le noir qui se referme sur moi alors que ma conscience sombre. Je n'ai pu entendre qu'une vague voix avant que tout ne se bloque complètement. Là, encore, c'est une voix que je perçois de nouveau tandis que je reprends contenance, que je me réveille très lentement, malgré mes paupières toujours aussi lourdes, et mon crâne qui l'est tout autant. Je sens une chaleur qui vient s'approprier ma joue. Et cette voix... Je ne sais pas si c'était la même que celle que j'ai entendu dans mon bureau, mais celle-ci sonne à mes oreilles comme la caresse que je reçois sur ma joue, et fait ronronner mes tympans. J'ai envie de voir celui à qui elle appartient. J'ouvre mes yeux lentement, sûrement, pour distinguer au début une forme floue, mais qui devient plus nette par la suite. Je sais qui c'est. Je sais... Et sa simple vue suffit à me faire parler, à lui répondre alors que j'ignore même où je suis, que je n'ai même pas envie de le découvrir. Une seule chose m'importe, c'est lui, c'est qu'il soit à mes côtés.

« Natsu... Natsu, tu es là... »

C'est malheureusement avec une voix aussi faible et avec des phrases aussi courtes que je peux prononcer alors que je voudrais lui dire tant de choses à l'instant, et que je voudrais, pour commencer, me blottir dans ses bras. Ma vision devient un peu plus claire. Il est assis sur une chaise près de mon lit. Pas un lit que je connais, toutefois. L'endroit ne m'est pas familier non plus, mais malgré la semi-pénombre et en me remémorant ce qui s'est passé pour que j'en arrive à là, il est facile de deviner où je suis. Je me disais bien que ce lieu ne ressemblait en rien à la Pension ou même à la maison de Faust. Un hôpital. J'ai atterri dans un hôpital. Que c'est étonnant, pas vrai ?.. C'était ce qui allait m'arriver, inévitablement, si je continuais à faire des conneries. J'aurais dû le deviner. Mais peu importe, au fond. J'en profite pour émerger de mon sommeil afin de détailler ses traits, pouvoir l'admirer comme je sais si bien le faire depuis des années. Il a un air inquiet, évidemment, mais son ton, étrangement, est calme. J'aurais cru qu'il serait plus en colère que ça, en fait. Car il m'avait bien prévenu, lui aussi, comme d'autres. Mais je n'ai pas écouté. Je n'ai écouté personne. Chose rare. Avec mes proches, il m'arrive au contraire d'être plutôt influençable, justement. Surtout avec Natsume. Je m'en veux de lui avoir causé du souci ; même si ce n'est guère étonnant. Il n'aurait pas pu rester impassible, après tout. Il sait très bien le faire, pourtant, mais j'ai l'arrogance de savoir que son masque peut tomber avec moi.

Ce n'est pas l'heure de me vanter, pourtant, je le sais. C'est de ma fautte, si on en est arrivé là. Mais je n'arrive pas à faire autre chose que de le regarder ; et ça, je pourrais bien le faire pendant des heures. En silence, je l'écoute me parler, me demander de rester allongé. Il sait que je me serais levé depuis un moment si j'avais pu le faire, mais mon état ne me le permet pas. Ce n'est pas plus mal, j'imagine ; il faut bien que je me retienne, de temps à autre. Hé... Pas comme si la dernière fois que j'ai été à l'hosto, je n'ai pas voulu m'enfuir quelques heures par la fenêtre pour profiter un peu de l'air frais. Je ne sais toujours pas si ça valait le coup de se faire surprendre par mon copain et de me retrouver en train de pendouiller torse nu par la fenêtre pendant que je devais attendre qu'il ait la gentillesse de me relever une fois qu'il ait terminé de rire. Sur le moment, ce qui s'est passé ce jour-là n'était pas très drôle, mais maintenant, je suppose qu'on en rigole un peu. Mais pour être honnête, je n'ai pas particulièrement faim, en fait. Il serait cap de me faire involontairement oublié de manger, faut dire, à force de le fixer aussi intensément. Enfin... Aussi intensément que je peux le faire dans ma situation actuelle. Au moins, j'espère ne pas avoir les yeux trop vitreux. Il suffit pourtant que je le regarde pour que mon regard s'illumine un petit peu. Et sa main, qui vient prendre la mienne, arrive à me tirer mon premier sourire de la journée. Peut-être encore un peu léger, comparé à ceux auxquels il a l'habitude, mais c'est déjà ça.

« Ta main... Elle est chaude... »

Pas que j'avais particulièrement froid, dans cette chambre, au contraire. Mais sa main... Elle dégage une chaleur différente, comme si elle m'enveloppait entièrement sans m'étouffer ou me peser. Elle est douce, aussi. Elle me fait me sentir bien. Je suis heureux qu'il soit ici. C'est sans doute le premier visage que j'aurais voulu voir en me réveillant, et c'est une vision qui me satisfait plus qu'amplement. D'ordinaire, je secouerais la tête pour qu'il ne se lève pas afin de me chercher quelque chose, le voulant juste près de moi, mais quand il me demande, sur le coup, j'avoue que je ne serais pas contre un rafraîchissement. Je sens mes lèvres qui sont un peu sèches. C'était con, ce que je faisais aussi : je gardais de l'eau sur mon bureau de travail en permanence, mais je préférais l'utiliser pour me tenir éveillé en m'en aspergeant ou en trempant mes doigts dedans plutôt que de la boire pour m'hydrater comme il l'aurait fallu.

« Est-ce qu'il y aurait... Un peu d'eau fraîche ?.. »

Je n'aime pas lui demander ça, mais... J'en ai besoin, là, je le sens. Cela ne peut pas me faire de mal.

« J'aimerais être à la maison, aussi... Mais ça, je crois que ça va pas être possible maintenant... »

Je me permets toutefois une note plus légère, car malgré tout, il y autre chose qui m'aurait donné envie : retrouver notre chez nous, ou un endroit que je connais, qui m'aurait mis davantage à l'aise. Je n'ai pas de souvenirs particulièrement désagréable des hôpitaux car ça m'a toujours sauvé la mise pour mes conneries, mais je me suis rendu compte que c'était quand même plus agréable de pouvoir être chez soi. Aah... Je sais que c'est bête. Voilà qu'à force de fuir la maison, je veux à présent y demeurer.
Je ne devrais pas y penser maintenant, mais... Malgré tout... Il y a quelque chose qui me tracasse. Je ne sais pas comment il fait pour rester aussi... paisible, alors que je m'attendais à des remontrances à mon réveil, à juste titre. Mais peut-être ne veut-il pas me brusquer alors que je sors à peine de mon malaise. Pourtant... Pourtant je me sens extrêmement coupable, et je n'arrête pas d'y penser. De penser à ce que j'ai fait, et à l'état dans lequel j'ai dû le mettre. Pas seulement lui, d'ailleurs, mais les autres aussi. Je pousse un léger soupir, honteux.

« Je sais ce que tu vas dire... J'ai fait... Une énorme bêtise. »

Et c'est peu de le dire. Je ne sais pas à quoi j'ai pensé, durant tout ce temps, en fait. Je me disais que ça irait. Que c'était pas si grave, en fait, tant que je remplissais mon rôle. Que des tas de gens avaient pu survivre avec un rythme similaire et que j'arriverai à en faire autant, mais... Je me rends compte que c'est pas aussi simple, en vérité. Vraiment pas simple.

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Mer 25 Juil - 22:21


L'hôpital, la charité et des vacances forcées

"Quand tu joues à l'infirmier éco-plus"
Ma tête est ailleurs, vraiment. Je ne comprends pas trop comment ça marche, à vrai dire, mais j'ai l'impression que le comportement que j'affiche est à mille lieux de ce qui se passe dans ma poitrine. Le calme total qui est le mien semble entièrement détaché de ce qui peut bourdonner dans ma tête. Cela faisait un petit moment que je n'avais pas fait de la dissociation, à vrai dire, mais je crois qu'on est en plein dedans. Je sais gérer, toutefois, ce n'est pas pleinement handicapant, puisque, bah, je fais toujours plus ou moins ça les ¾ du temps quand je dois gérer une situation difficile. Je m'inquiète juste du fait que ce soit visible ; puisque je veux avant tout le mettre à l'aise, je serais embêté que mon état, qui n'est absolument pas ce qui doit importer aujourd'hui, le préoccupe. Je tente donc de me concentrer sur ses paroles pour trouver des accroches et des choses à faire, assez mécaniquement en soi.
Je n'ai pas grand chose à répondre à sa première remarque. Oui, c'est vrai, ma main est normalement un peu moins froide qu'un glaçon, et qu'il le dise m'indique, en un sens, qu'il est capable de sentir les changements de température, ce qui est plutôt une bonne information. Je cligne des yeux, étonné par le sourire qu'il forme, mais suppose que c'est peut-être rassurant, pour lui, surtout quand je me rappelle moi-même que je serre un peu ma main pour me confirmer à moi-même qu'il est bien là. De toute façon, je crois que je serais bien capable de mordre le premier ou la première qui appelerait pour des questions peu importantes. Vu comme je me tiens proche et à l'écoute de tout ce qu'il dit, on croirait presque qu'un roquet a pris position au bord de son lit.

Un roquet qui écoute bien, en outre, car je hoche de la tête à sa demande et me serait presque relevé immédiatement si il ne parlait pas encore. Je reste donc encore assis pendant quelques secondes, attentif, mais le regard distrait. Je ne m'attendais pas à ce qu'il parle de la maison, pour le coup. Je ne comprends pas tout de suite de quoi il parle, mais je ne devrais pas être surpris. Il n'a pas trop idée de l'état dans lequel il est, ni des conséquences et des remèdes, je pense, ce qui me fait me dire qu'il est peut-être apeuré. Ou pas, je n'ai pas été très doué pour deviner beaucoup de choses, ces derniers jours, il faut dire. Je garde dans ma tête le fait que j'aurais des explications à lui donner ultérieurement, tout en me mettant à cogiter sur ce que je sais déjà, grâce au résumé que j'ai demandé aux médecins qui s'occupaient de lui.

Je profite de ce moment pour me relever et m'approcher des toilettes, où se trouve un évier et un verre en plastique jetable qui me sert à récupérer de l'eau, ce que je fais sans trop tarder, la porte menant vers la chambre toujours grande ouverte. C'est à ce moment-là que ses propos résonnent à mes oreilles, et je me crispe quelque peu. Je ne dis rien, au début. Je ne laisse même pas échapper un soupir, trop craintif que son sens ne lui fasse imaginer de mauvaises choses, ou exagérer la moindre de mes émotions pour se porter la responsabilité de leur dolorosité. Son ton me laisse croire qu'il a tout de même conscience de ce qui s'est passé, et de l'effet qu'a eu son comportement, et je devrais être rassuré de sa lucidité, mais à vrai dire, j'ai un peu de mal à l'applaudir pour si peu. Et c'est en pensant cela que j'en viens à me demander si je ne garde pas un peu de frustration, à penser de manière si aggressive. Je m'en veux immédiatement, et me reprend, bien décidé à ne pas tomber dans les travers de mon adolescence en refoulant mes émotions sur lui.
Car en réalité, je sais que c'est compliqué, d'arriver à cette admission. J'ai déjà eu plusieurs fois quelques comportements semblables quant à mon boulot durant la période du lancement de la pension, et... Hé bien disons que je sais qu'il faut un certain courage pour ne pas nier, alors faire des commentaires sarcastiques ne serait probablement pas productif pour un sou, si ce n'est que cela provoquerait même peut-être un effet négatif. Alors je soupire un gros coup alors que je me rapproche de nouveau du lit et me porte à se gauche, le regard neutre et le visage calme. J'ai du mal, pourtant, à sourire et à être jovial. Je devrais, mais rien à faire. Je bloque. Il n'y a que mon ton, plus doux, qui laisse transparaître l'attention que je lui réserve.

« Ce n'est pas le moment de chercher à poser des blâmes. D'abord, tu reprends des forces. On parlera de ça plus tard. »

Et nul doute que nous en parlerons. Mais franchement, je ne trouverais ni ça intelligent, ni ça honnête et sain de discuter de ça avec lui quand il vient à peine de se réveiller, et que son cerveau doit tourner à deux à l'heure. Ce serait même manipulateur de ma part, ce que je ne peux pas me permettre. Pour le moment, je ne veux pas le voir en train de culpabiliser et chercher à se faire porter tous les maux de la terre sur les épaule quand c'est précisément le second comportement qui nous à mener ici (m'enfin si il pouvait arrêter de le faire tout court ça serait pas mal aussi hein). Et puis, en vrai... Je n'ai pas non plus envie de lui faire des reproches. Franchement, est-ce que ça servirait à quelque chose ? Il sait déjà tout ce que je lui dirais. Et je n'ai pas grand chose à lui dire quand j'ai moi-même ma part de responsabilité. Mais nous parlerons, calmement, de ce qui s'est passé, et des conséquences à en tirer. Pour ma part, je suis plus intéressé, pour le moment, à faire ce qu'il m'a demandé.
Je pose une main dans son dos pour le redresser légèrement, en laissant sa tête se poser contre mon torse, alors que je laisse mes doigts tenir le haut de sa nuque et le bas de son crâne pour éviter qu'il ne tourne de l'oeil, au cas où. Je suis peut-être un peu excessif, mais je prends des précautions, voilà tout. Par le biais de ma seconde main libre, je porte le verre rempli d'eau à ses lèvres, l'inclinant légèrement pour qu'il puisse se désaltérer. Brièvement, mon regard croise le sien. J'ai peut-être l'air un peu sérieux, maintenant que j'y pense, et cette idée me fait détendre mes muscles durant quelques instants pour le rassurer, tout comme mes traits faciaux.

« Attrape mon bras. Si je vais trop vite, serre-le. »

Je le fais donc boire en silence, ne voulant pas discuter tant qu'il n'aura pas fini, puisque je crains qu'il ne s'étouffe avec sa boisson, cette andouille. Une fois cela fait, je repose le verre sur la table de chevet, et hésite quelques instants sur la manière d'aborder le sujet dont il parlait tout à l'heure. Tout naturellement, ma main dorénavant libre s'en va se porter vers ses genoux pour le ramener pleinement contre moi, me permettant de le porter juste assez pour me sente déjà plus détendu. Je pose avec lenteur mon menton contre son cuir chevelu, sans pression, avant de reprendre la parole, plus hésitant dans mon ton.

« Pour la maison, il... Les médecins ont dit que tu pourrais peut-être rentrer, mais seulement si tu te reposes, et que tu signes une décharge. On pourrait s'en occuper pour ce soir Mais, je... »

Mes doigts tapotent sur sa cuisse. Je ne sais pas trop ce que j'en pense. Je m'inquiète, je crois. Il m'a fait une peur bleue, et si cela fait des années que je ne suis pas venu le voir dans une chambre d'hôpital, la sensation ne m'a pas manqué. C'est bien moins grave que la dernière fois, évidemment, mais... Mais je me rends compte que j'ai toujours un peu peur. Dans un hôpital, je me dis qu'il n'y aura pas d'autre choix pour lui que d'être soigné. Si il rentre, je crains que... Je crains que ça ne recommence. Qu'il s'épuise d'une manière ou d'une autre. Alors si je n'ai rien contre le fait qu'il rentre, personnellement, je... Je m'en veux un peu, mais je dois le dire, je crois. Je laisse sortir une très discrète exhalation fatiguée, reflet mince de mon inquiétude, reportant très temporairement mon regard vers le sien.

« Il va falloir que tu me promettes que tu me laisseras t'occuper de toi. Je ne veux pas que tu reviennes pour t'épuiser davantage. Je n'ai qu'à prévenir Yann et Max, si il le faut. »

Je ne veux pas entendre d'objections sur mon propre emploi du temps. Il est bien peu important, dans un contexte pareil. Et oui, évidemment, je ne peux pas faire ça tout le temps, mais je refuse de rester à travailler dans mon coin alors qu'il a besoin de moi, du moins, j'ai l'arrogance de le penser. Je veux être présent. Je ne cherche pas à compenser malsainement ce que je juge être mon absence d'avant : je veux juste avoir la certitude que les choses iront mieux, à partir de maintenant. Je crois que je ne supporterais pas une deuxième peur de ce genre : je supporte déjà difficilement la première, alors... Je sais qu'il ne sera pas enchanté. Qu'il va se sentir coupable, s'en vouloir d'être un « boulet » ou une quelconque autre connerie que je sortirais si j'étais à sa place. Mais je m'en fiche. Je ne lâcherais pas l'affaire sur ça. Si encore il voulait vraiment que je lui fiche la paix, je le ferais. Mais je ne crois pas que ce sera le cas. Comme argument, je me dis qu'il sera peut-être plus à l'aise et plus apte à se reposer dans un espace connu que dans une chambre froide et inhospitalière, surveillé par des médecins ou des infirmi.er.ère.s.
La main qui tenait sa tête s'en va faire des caresses lentes dans cette même zone. Je sens, pour la première fois depuis huit heures, mon rythme cardiaque et ma nervosité baisser en intensité pendant quelques secondes. Je ne dis pas grand chose sur le moment, encore un peu sonné. Je crois, toutefois, que je me sens moins déconnecté de moi-même, moins robotique. J'agis moins comme je suppose que je devrais le faire et davantage comme j'ai envie de le faire, ce qui est une amélioration, très clairement. Mon regard s'éloigne un peu alors que je reprends contact avec la sensation qui me noue les tripes depuis tout à l'heure, la pensée qui m'obsède depuis que Faust est venu me chercher. Elle s'échappe toute seule, glissant hors de mes lèvres avec une fluidité si naturelle que j'en suis moi-même surpris.

« J'ai vraiment eu peur. Si tu viens à la maison, je ne veux pas te retrouver par terre, tu comprends ? »

Bien sûr qu'il sait que j'ai eu peur. Son expression piteuse de tout à l'heure me le prouvait bien. Qu'est-ce que j'espère, en le lui disant ? Non, ce n'est pas l'inquiéter, je serais un monstre de vouloir qu'il s'inquiète à mon propos alors qu'il est dans un état autrement plus préoccupant. Loin de là. En réalité, je crois que je souhaite... Que je souhaite peut-être juste être honnête, et également m'assurer qu'il réalise pourquoi je me montre quelque peu à l'ouest, si cela l'embête. En fait, j'en sais trop rien. C'est compliqué, tout ça, et tout n'a pas forcément sens, malgré le fait que cela me tue de dire ça.
Ne voulant pas rester trop longtemps à discuter émotions (des miennes, hein), je jette un coup d'oeil circulaire dans la pièce pour trouver quelque chose qui pourait me distraire ou me permettre de changer de sujet. C'est à la vision d'une pochette transparente que j'ai moi-même posé sur le chariot-plateau de lit que je reprends la parole, avec une certaine molesse dans la voix.

« Oh, et, euh... Axel t'a fait des dessins. Faust t'a pris plein de trucs, mais ils étaient pas chauds pour qu'on fasse monter ça dans la chambre, donc tout est dans le coffre de la voiture. Bref. Tu, euh, tu as peut-être des questions, ou un souci... ? Si tu as mal quelque part, je peux aller appeler une infirmière, enfin, tout ce que tu veux. »

Je hausse les épaules, l'air de rien. Mine de rien, le mome m'a fait promettre de lui donner, alors je ne peux pas trop y couper, sinon je vais en entendre parler pendant quarante ans, je crois. Mais en vrai, durant ces sept heures ou, durant le sommeil d'Axel, j'ai plus ou moins fait le tour de la ville, bah, j'ai réfléchi un peu. Et ça m'a fait du bien, en vrai. Maintenant, je peux me concentrer sur lui.


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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Jeu 26 Juil - 21:36


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L'hôpital
La charité
"et des vacances forcées"

Je me sens fragile. Comme de la porcelaine. L'impression que je pourrais me briser à tout instant si je sortais de ce lit, de cette chambre, dans laquelle je ne veux pas demeurer pour autant. Touefois, là, pour me lever, je vais avoir du mal. Et Synchro n'est pas assez fort, je pense, pour nous faire traverser la mer qui sépare Nuva Eja de l'autre partie de l'île par téléportation. Heureusement, j'ai toujours mes oiseaux. Je pense notamment aux ailes toutes cotonneuses de mon Altaria qui pourrait peut-être nous transporter jusqu'à la maison sur son dos, même si mon copain va sans doute faire une crise cardiaque si je lui propose ça. Ce dernier revient d'ailleurs avec le verre d'eau que je lui ai demandé, et vient s'installer contre moi pour m'aider à boire. Sa tête doit probablement tourbillonner de pensées diverses, mais il n'en montre rien à l'extérieur. C'est toujours ce calme apparent qu'il dévoile, refusant de montre autre chose. Peut-être ne veut-il pas m'inquiéter davantage. Je ne sais pas. Comme je m'y attendais depuis quelques minutes, cependant, il ne veut pas que nous parlions du sujet fâcheux maintenant. Il a raison, ce n'est sans doute pas plus mal. Je ne crois pas être en état de débattre ou même de recevoir le flot de tristesse qui a dû le ronger quand il a appris la nouvelle. Alors ça me va. Je suis prêt à recevoir ce que je mérite pour avoir jouer aux imbéciles pendant tout ce temps.

Au moins, je peux me coller contre lui, puisqu'il fait son possible afin de me ramener près de son corps. Je laisse alors volontiers ma tête reposer contre son torse, tandis que j'en profite également un peu pour humer son odeur rassurante et familière. Je ne sais pas comment lui dire à quel point sa présence m'aide et me détend. Peut-être le sait-il déjà. En silence, je me laisse porter légèrement par ses mains et me réhydrate tranquillement. Cela me fait un bien fou. J'en avais besoin, après tout ce qui s'est passé. Je ne peux même pas m'empêcher de pousser un soupir d'aise. J'espère qu'avec ça, mon crâne arrêtera d'être aussi lourd, et mon cerveau aussi lent. D'un opinement, je le remercie, ma gorge étant déjà moins sèche que tout à l'heure. J'ose me reposer contre lui, puisque je suppose qu'il ne me l'interdit pas, s'il me rapproche de la sorte et me blottis un peu plus, me laissant bercer par sa voix paisible et suave. Je pourrais presque me rendormir aisément si je me le permettais, mais pour une fois, si je veux rester éveillé, c'est pour écouter ce qu'il a à me dire. En outre, je suis intéressé par savoir comment je pourrais sortir de cet hôpital. L'ambiance n'y est pas pesante et les infirmi.ers.ères sont gentil.le.s, mais bon, je ne tiens pas particulièrement à y demeurer davantage. La chaleur de la Pension me manque et les odeurs familières qui l'entourent avec. Mine de rien, ce lit n'a rien avoir avec celui que je partage avec Natsume à la maison, alors je ne serais pas contre de discuter avec lui de cette fameuse décharge dont il me parle si ça me donne le moyen de sortir.

Sa condition... est légitime. Je ne vais pas dire que sa peur de me retrouver dans un état semblable de nouveau est déraisonnée. Moi-même je n'ai pas envie de recommencer, à vrai dire. Déjà, il y a quelques jours, quelques semaines, les alarmes tournaient dans ma tête de manière silencieuse mais frénétique. Elles étaient là, me prévenant d'un danger imminent si j'acharnais à ce même train de vie inhumain. Et je les entendais très nettement me hurler de m'arrêter, comme tant d'autres avant elles. Mon frère, ma mère, mon petit-ami, mon assistante... Ils me voyaient m'empétrer dans une situation qui n'allait indéniablement pas bien se terminer, et moi-même je le savais. Moi-même je me disais qu'il fallait que je cesse. Qu'il fallait que je me repose. Ce n'était pas comme si j'aurais pu éviter longtemps mes traits tirées par la fatigue. J'étais d'ailleurs le premier à vouloir que tout se finisse. Pourtant, je me débattais quand même comme un beau diable contre le sommeil pour... Pour quoi, au final ? Pour terminer des dossiers à l'heure ? Pour gérer au moins la moitié de tout ce que mon collègue du même niveau fuyait pour faire ses selfies à la noix ? Pour coordonner une milice que mon propre copain déteste ? À quoi bon tout ça... Je l'ignore. J'aurais voulu, avant de sombrer, avoir des réponses satisfaisantes, qui m'auraient enfin dit que ce que je faisais n'était pas vain. Mais après tout, je me mettais probablement une pression monstre tout seul. Si encore je n'étais que l'image de la Ligue... Mais je représente une partie d'une force de l'ordre. Et je sais que tout le monde ne nous voit pas forcément d'un bon œil. Avais-je trop peur qu'on me remette en question, si je faisais mal mon boulot ? Avais-je trop peur qu'on me destitue de mon rôle si je faillissais à ma tâche ? Aaah...
J'avais un rêve qui s'appelait Sirius. L'image que je veux donner est-elle vraiment celle d'un homme qui ne sait pas s'occuper de lui-même ? Comment pourrait-on faire confiance à quelqu'un qui s'écroule ainsi sur les rapports qu'on lui donner ?.. Je ne peux pas continuer comme ça, Natsume a raison. Il faut que ça cesse. Je le sais. Je l'ai toujours su. Je n'ai donc aucun argument à lui opposer quand il assure vouloir s'occuper de moi. Je m'en veux qu'il ait à changer ses plans pour ma tronche, mais je crois que je ne pourrais pas le dissuader, de toute manière. Égoïstement, je ne vais pas me plaindre non plus. S'il veut vraiment prendre soin de moi, alors je sais, au fond, que je ne vais pas le refuser sur le moment. Je serais un connard heureux qu'il fasse attention à moi alors que je l'ai délaissé pour des stupides documents administratifs jusqu'à pas d'heure durant des mois interminables. De toute évidence, je crois que je n'ai pas intérêt à faire la moindre remarque. Il ne m'écouterait pas, et ce serait de l'hypocrisie pure et dure.

« Tout ce que tu voudras. »

Evidemment, je lui ai fait peur. Evidemment, ce n'était pas ce que je voulais. Mais inévitablement, c'était ce qui allait se produire. Je ne sais même pas comment j'ai encore l'audace d'avoir au moins été un peu surpris de quand même l'entendre. Alors voilà, c'est tout ce que j'ai à lui à ce sujet. Je ferais ce qu'il voudra que je fasse. S'il veut que je reste au lit durant telle durée pour mon bien, alors je le ferais. S'il veut que je mange des aliments que je n'aime pas mais qui sont nécessaires pour maintenant ma santé en état, alors je les mangerai. Même essayer de parler un peu avec Axel, si c'est ce qu'il désire. Peut-être d'ailleurs plus facilement que je ne le pense quand il me parle de complètement autre chose.

« Des dessins ?.. »

Avec mon cerveau un peu lent, je mets quelques secondes à comprendre de quoi il me parle. En vérité, je n'avais pas tout de suite remarqué la pochette qui traîne au bout de mon lit. Je pensais qu'elle avait été déposé là par les médecins ou même Camille, mais ce n'est que maintenant que je perçois les couleurs un peu flous que la couverture fermée m'empêche de voir clairement. Au moment où je veux la prendre pour la regarder de plus près, je me rends compte qu'il est très pénible de bouger mon bras pour la récupérer. Quand je tends ma main, c'est comme si elle pesait tout à coup une tonne. Non, impossible, malgré un essai infructueux, j'abandonne et je dois implorer mon copain du regard. Je ne suis pas du genre à avoir honte d'être dans l'incapacité de faire quelque chose, mais je me sens assez ridicule d'en être réduit à là.

« La pochette... Je peux ?.. »

Curieux de son contenu exact, même si Natsu me l'a déjà brièvement décrit, je prends doucement la serviette en plastique avant de l'ouvrir avec lenteur et même quelques tremblements encore actifs dans mes doigts. J'y découvre, en effet, des dessins enfantins dont Axel est sûrement l'auteur. Pas de grande surprise, puisque j'y vois des choses que j'ai déjà vu chez des tas de gamins dont je m'occupais durant mes études de psychologiques : des soleils en coin, des maisons avec des fleurs partout, des nuages, des Pokémon, bonhommes en bâtons qui représentent surtout Natsume... Quelques fois, j'aperçois quand même avec surprise une ou deux feuilles sur lesquelles figure un personnage qui me ressemble étrangement, en train de combattre une étrange créature. Je crois d'abord à une coïncidence jusqu'à ce que je remarque une tentative pour écrire mon prénom correctement. Il a bien eu du mal, ça se voit, mais... Au moins... Il a essayé.

« … C'est joli. »

Ma voix toujours aussi faible ne me permet pas de faire de longues éloges, mais cette attention de la part de son filleul me touche. Je ne pensais pas que le petit penserait à moi. Il aurait pu m'en vouloir d'avoir mis son... père d'adoption dans un pareil état d'inquiétude ; ça n'a pas dû le rassurer de le voir comme ça, il a dû sentir que quelque chose n'allait pas. Bien sûr, si on n'a pas laissé Faust apporter ce qu'il avait lui-même sous la main, je penserai à le remercier plus tard pour le geste. Et pour avoir appelé Natsume, car je suis sûr que c'est lui, qui l'a appelé. Ou du moins, qu'il a dû parler un peu avec lui de ce qui m'est arrivé.
Une fois que j'ai fini de scruter le portfolio amateur de l'enfant que je remets soigneusement dans la pochette pour la déposer à côté, je me remets une nouvelle fois contre l'éleveur, dont j'essaye d'approcher la taille avec ma main pour le sentir davantage. J'hésite pendant plusieurs secondes à reprendre la parole, me demandant si j'ai vraiment envie de parler avec lui de sujets aussi sombres. Cela fait un moment que j'y songe. Je n'aime pas continuer à lui mentir sur certaines choses, et quand je pense à ma fatigue et au malaise que je viens d'avoir, je me souviens que bien d'autres éléments perturbateurs n'ont pas cessé de me préoccuper également.

« Quand j'irai mieux... Il faudra... Il faudra que je te parle. Il y a certaines choses... Certaines choses que je dois te dire. »

Je n'en ai pas envie. Ou plutôt, ça va être pénible à sortir, tout ça, mais il le faut. Je me rends peu à peu compte que ça me tue de devoir lui cacher la vérité simplement parce que je n'ai pas envie qu'il s'inquiète encore plus ou ne se mette à haïr d'autres personnes à cause de moi. Mais je sais. Je sais que c'est ce que moi je ferais, à sa place. Si quelqu'un faisait du mal à Natsume, je le détesterais. De tout mon être. Et j'eus un ami, un jour. Un ami qui m'a blessé. Oui, je peux enfin le dire et me l'avouer. Mais pas aujourd'hui, pas maintenant. Bientôt, cependant, quand je serais moins ensomeillé, et prêt à affronter le regard du cadet me jugeant pour ne rien lui avoir dit jusqu'à présent. Peu importe, alors, pour le moment. Ce n'est pas ce que je voulais d'abord lui dire. Il est inutile qu'il sache que je m'en veux pour lui causer autant de tracas : il doit le deviner avec facilité, puisqu'il me connaît dorénavant plus que quiconque. Ce n'est pas pour autant, toutefois, que je n'ai pas des excuses à lui faire.

« Natsu... Je suis désolé. Pour tout. »

Si jamais je ne parviens pas à rester suffisamment éveillé, je voulais, au moins, qu'il sache ça avant que je ne sombre dans le sommeil au cas où il viendrait me chercher. Car le lit dans lequel je suis, aussi confortable soit-il, me paraît bien froid comparé à la chaleur de ses bras dans lesquels je reste avec plaisir et, autant le dire, soulagement. Peut-être arriverais-je à faire quelque chose de ma stupidité, dans tout ça...

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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Ven 27 Juil - 14:33


L'hôpital, la charité et des vacances forcées

"Quand tu joues à l'infirmier éco-plus"
En dépit de mon aisance apparente, une hésitation et un reste de crainte bourdonnent dans ma tête, comme un son d'arrière-plan. Je ne dis pas grand chose, le laissant prendre conscience de la réalité autour de lui alors que mes mains continuent de lui prodiguer distraitement quelques caresses, sans que je ne me fixe réellement sur quoi que ce soit. Je hoche docilement de la tête quand il me demande silencieusement de lui faire passer la pochette en plastique, ce que je fais sans rien dire, car bon, j'ai été suffisamment de fois dans cette situation pour n'avoir ni remarque ni commentaire désagréable à faire. Je suis juste un peu étonné qu'il veuille voir ça, car, bon... C'est juste des dessins, même si Axel y a mis tellement de cœurs avec des crayons de qualité très discutable que j'en ai été moi-même étonné. Il avait l'air très concentré, quand il les faisait, s'appliquant à ne pas dépasser les lignes, me demandant même parfois comment tracer telle chose parce qu'il n'y parvenait pas. Mais bon, ça reste... Moche, quoi. J'veux dire, c'est... C'est laid, hein, objectivement. Et il faudra que j'explique au gamin que Sam ne va pas littéralement se battre avec « la maladie », mais je crois que je garderais ça pour plus tard. Bref. Attendez, il a dit quoi... ? 'Joli'... ? Je cligne des yeux, rendu très perplexe, et reprend la parole avec une certaine confusion.

« Non mais, il est pas là, t'es pas forcé de mentir. »

Mon ton est sincère, et absolument pas accusateur ou quoi que ce soit, je ne pige juste pas pourquoi il trouve que c'est joli. M'enfin, après je capte pas non plus comment il peut baver sur moi alors qu'on m'a toujours dit que je ressemblais à  l'équivalent d'un mix entre un rectangle mal dessiné et d'un type des années 50 transporté dans le futur, donc bon. Au moins, il est assez lucide pour parvenir à regarder droit devant lui, ce qui est déjà plutôt pas mal, je crois.
Je souffle discrètement de soulagement en voyant qu'il a l'air d'être plus honnête, et qu'il accepte mes conditions. Honnêtement, j'aurais eu du mal à rester obstiné, je crois, mais c'est déjà un souci en moins que de ne pas avoir à se préoccuper de cela ; j'aimerais bien que les choses soient simples, pour une fois.

Sauf qu'elles n'ont pas l'air de l'être. Je plisse les yeux quand il commence à parler, sentant quelque chose s'agiter au fond de ma tête au fur et à mesure qu'il parle, comme si je devais faire attention. Rien que son expression me fait douter, et la manière dont il a collé ma taille avec sa main me faisait déjà me demander à quoi il  pouvait bien penser. Ces temps-ci, pour être honnête et même si c'est un peu sec à dire, j'ai quelque peu l'impression que nous sommes déconnectés l'un de l'autre, ne serait-ce qu'au niveau communication. Je ne sais donc rien. Ce n'est pas tant le problème ; nous n'avons pas à tout partager, c'est une utopie puérile et immature que de croire que c'est possible en permanence. Mais je ne suis pas très rassuré par ce qu'il me dit devoir m'annoncer, car je devine que c'est quelque chose qu'il me dissimulait avant, et cette hypothèse ne me plait pas du tout. Après ce qui s'est passé, je crains presque le pire. Je garde d'ailleurs toujours dans un coin de ma tête la discussion que nous avons eu il y a déjà plus d'un mois quant à des questions personnelles entre nous deux, et j'ose espérer que ce n'est pas à ce sujet. Je crois que ce n'est pas le cas, mais ce détail se rajoute à mon angoisse.
Le nœud d'anxiété dans mon ventre se noue presque douloureusement, me déconcentrant temporairement. Je hoche de la tête pour lui faire comprendre que j'ai bien entendu, mais ne touche en aucun cas au sujet. Je sens la crainte me remonter en pic dans la gorge, et l'anxiété qui restait déjà au fond de mon ventre, ensommeillée, fourmille dans ma poitrine à une vitesse suffisamment alarmante pour me convaincre que rester stoïque est une meilleure stratégie que de parler, à l'heure actuelle. J'avais du mal à faire comme si, avant, mais je sens très clairement l'amertume me saisir à la gorge. Ce n'est rien, de parler. Mais qu'il me dise ça maintenant, dans ce contexte, et au vu de la manière dont mon instinct fait tordre mes intestins, j'ai du mal à sourire.

Voilà pourquoi j'accueille ses excuses sans vraiment savoir si je suis prêt à les écouter. Mon visage reste inexpressif, et si je l'examine durant quelques secondes, j'empêche comme je le peux la pression brutale que je sens dans ma poitrine s'exprimer davantage. J'ai mal, je crois, sans vraiment savoir pourquoi. Je ne comprends pas non plus pourquoi j'ai cette sensation, qui n'est pas de la rancune, du moins, je ne le crois pas, qui ne me permet pas d'accepter ses propos comme je le devrais. Il n'a pas d'excuses à me donner en soi, si ça se trouve, mais... Mais je ne crois pas que je puisse pousser mon jeu d'acteur à ce point. Je me contente donc de mon expression actuelle, et le pousse un peu plus contre le lit, m'invitant à ses côtés pour le prendre contre moi et ainsi l'inviter à sombrer dans les bras de Morphée.

« Je sais. Dors. »

De mon côté, il est certain que je ne dormirais pas. Et quand bien même, ce ne serait pas pour longtemps. Mais pour l'instant, aussi lâche que ce soit, j'ai un peu envie de faire comme si tout allait bien. La réalité reviendra bien vite, de toute manière.


« J'ai laissé tes vêtements propres sur le fauteuil. Dis-moi quand tu as faim, je crois qu'on va pouvoir te donner autre chose que de la soupe, à partir d'aujourd'hui. Je peux aussi aller te faire couler un bain, si il faut. »

Le retour s'est... Relativement bien passé, disons. Enfin, je crois que ça a été, puisque je dois avouer que rien de bien particulier ne s'est produit. Une fois la décharge signée et le retour engagé à la maison, Samaël s'est installé dans la chambre pour s'y reposer, accompagné de tout un tas de gadgets laissés par Faust. De mon côté, je fais plus ou moins ce qu'il faut faire, que ce soit l'accompagner dans la salle de bains quand il a besoin de se laver, lui ramener quelque chose de cuisiné ou quoi que ce soit d'autre. J'ai même laissé le petit interphone moche, que j'avais acheté à Axel à l'époque où il avait de temps à autre besoin de me joindre en urgence dans la maison, à ce dernier pour qu'il puisse me contacter rapidement, car ce n'est pas nouveau que je ne réponds jamais au téléphone (faut dire qu'il est souvent dans un tiroir). Il faudra aussi que je pense à remercier Yann pour m'avoir expliqué comment on faisait de la soupe de poulet et de la purée facilement digestible, hehe. J'ai remarqué, avec une certaine honte, que je ne savais absolument pas comment faire auparavant ; ce qui est quelque peu cocasse, quand on se rappelle que j'ai passé mon adolescence et mon enfance à être malade en permanence.
Sans être distant, je n'ose pas vraiment venir aussi souvent que je le voudrais dans la journée. Ces derniers moi, il a été plutôt... Pas 'distant', disons, mais sa rare présence a rendu mon comportement lorsqu'il est présent quelque peu perturbé. J'ai du mal à m'habituer à un autre rythme, bien différent de l'ancien puisqu'il est maintenant présent en permanence. Je suis... Je crois que je suis mal à l'aise. L'inquiétude continue de me vriller l'estomac, nuit et jour. Je ne sais pas quand ni comment tout cela a commencé, alors je ne sais absolument pas comment éviter que ça se reproduise. Ce n'est pas à moi de gérer sa santé, j'en suis bien conscient. Un.e partenaire n'est en aucun cas un.e médecin personnel, mais... Mais je ne sais pas, je crois que ma culpabilisation abusive n'est pas saine. Peut-être, aussi, que je ressens un peu trop les quelques non-dits qui persistent entre nous en ce moment. Je n'ai pas oublié ce qu'il m'a dit à l'hôpital, mais je n'ai pas remis le sujet sur le tapis, justement car je ne sais pas trop sur quel pied danser avec lui, ces derniers jours.

Alors oui, je me rattrape sur mes pattes en me mettant dans un rôle un peu secondaire, me contentant de l'assister et de lui donner ce qu'il veut quand il vient quémander ma présence. C'est un peu bancal, et je n'ose pas penser au fait qu'il sent peut-être que quelque chose cloche chez moi, car c'est plus ou moins une évidence. Cela fait deux jours que je me comporte de manière étrange, et après ce qui s'est passé, enfin... Bref. Je sens venir l'éclatement de la bulle, et plus le temps passe, moins je suis rassuré. Je ne sais pas trop pourquoi j'ai peur, comme d'habitude. De toute façon, ça se saurait si l'anxiété était logique ou même régulière. Si ça se trouve, tout ça, c'est dans ma tête ; ce ne serait pas la première fois. Ahaha. Qu'est-ce qu'on se marre.

Bref. Tout ça pour dire que je le fixe un peu bêtement, dans notre chambre, alors que je suis venu, comme je viens de le dire, déposer ses vêtements que j'avais fini de nettoyer (mais pas passés au fer à repasser, car je ne repasse jamais rien). Je n'ose jamais trop rester longtemps, sauf quand il me le demande, et je sais que c'est stupide, hein, merci, je vous entends avec vos commentaires au fond. Ce n'est pas, pourtant, comme si Axel réclamait beaucoup mon attention ; il n'a même pas protesté quand Kagami est venu le chercher hier matin, et il n'a pas paru triste non plus. Enfin, au vu du fait qu'il m'a dit de me dépêcher de guérir l'autre andouille en partant, je crois qu'il a pigé, mais je ne saurais pas dire si c'était car il voulait rentrer ou parce qu'il s'inquiétait. Qui sait, avec lui, hein. De mon côté, j'ai du mal, juste... Je ne sais pas trop. Juste que je me dis que après tout ça, et d'avoir été sollicité en permanence, il a peut-être envie qu'on lui foute un peu la paix. Et en réalité, quand j'y pense, j'ai aussi un peu peur que ma nervosité ne transparaisse trop évidemment et ne lui  soit transmise. Alors là, sur le coup, debout à un ou deux mètres du lit, je me masse la nuque en tentant de trouver les paroles qu'il faut.

« Hmm... Tu veux que je fasse gonfler la piscine, si tu veux aller te rafraichir ? J'ai rien à faire, pour le moment, alors... »

Je hausse les épaules. Oui, sérieux, on a vu mieux, mais c'était soit ça, soit lui demander si il voulait que je lui mette dans la menthe pour sa salade de fruits ce soir (car oui, repos oblige, repas équilibrés où je dois mettre la main à la pâte). Ou que je fasse de la limonade. On a connu plus, disons... Plus intéressant, comme discussion. Pas que je sois méga bavard en temps normal, mais je suis plus prompt à m'exprimer, à débattre et à discuter avec lui, d'ordinaire. Ces temps-ci, je me tais pas mal, quand ce n'est pas pour lui demander si il veut quelque chose, et je me rends compte que c'est un peu... Bon, disons le clairement, ce n'est peut-être pas ce qu'il espérait en venant se reposer ici. Ce n'est qu'une manière ou une autre de terminer la conversation, car j'envisage de partir pour le laisser la paix et... Je ne sais pas, sûrement me mettre sur le canapé à lire des articles jusqu'à ce qu'il m'appelle de nouveau. Bref, rien de bien folichon.
Me rendant compte que terminer là-dessus serait malaisant (comme si je ne l'étais pas de base, en plus), je reprends la parole avec un peu d'hésitation. J'ai l'air moins faussement assuré (c'est-à-dire pas du tout) qu'avant, et je plisse un peu les yeux.

« … Tu te sens mieux ? Ta tête, ça s'arrange ? »

J'ose espérer que oui. Car bon, pour l'instant... Oui, voilà, aussi pathétique que ce soit, c'est à peu près tout ce que j'attends d'entendre. Et je sais que c'est pas jojo, merci bien.


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8H > 16H
ft. Samàlhostoetàlamaison

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DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Livie A. Vulpino & Alice C. Donovan
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Sam 28 Juil - 14:41


&&&



L'hôpital
La charité
"et des vacances forcées"

Je ne mentais pas, quand je disais que je trouvais ces dessins jolis. Je les savais faits avec cœur et patience alors que Axel soit dans la pièce ou pas, j'aurais dit la même chose. Quand l'enfant n'est pas là, je n'hésite pas à dire ce que je pense, d'ailleurs, alors au contraire, si je n'étais pas sincère, je l'aurais dit. J'aurais dit que ces dessins étaient moches, que les proportions n'allaient pas, et tout le reste. Mais ce n'est pas ça l'important. Du moins, pour moi, c'est quelque chose qui compte beaucoup car ma relation avec le petit garçon est compliquée : je sais que c'est moi, qui rend ça surtout compliqué, mais chacun de notre côté, malgré notre malaise, nous essayons de faire des petits pas l'un de l'autre afin de s'arranger, car je ne pourrais pas écarter le filleul de Natsume toute ma vie, et ça ne serait pas sain de faire ça non plus. Faut juste que je m'y fasse et que je m'enlève de ma tête que ce n'est pas la présence du fils de Clive qui ne donnera pas envie au Miyano d'avoir des enfants. C'est une peur qui m'a poursuivi jusqu'à récemment, en fait, mais comme pour le mariage, je sais qu'il est assez grand pour faire des choix tout seul et que si jamais il ne veut vraiment pas fonder une famille avec moi, il me le dira. Ce n'est pas quelque chose qu'on accepte simplement pour faire plaisir à l'autre : il faut le vouloir avant tout. Je ne sais pas si je pourrais un jour imaginer l'éleveur désirer avoir des enfants, mais j'en serais le premier ravi s'il me faisait part de cette envie. Avant que ça ne se fasse, pourtant, je sais très bien qu'il faut que je règle mon souci avec Axel, sinon je ne m'en sortirai jamais.

Je regrette presque de l'avoir prévenu en avance, pour le sujet fâcheux qui sera aborder très prochainement. Mais je ne voulais pas le prendre de court non plus et comme c'est assez délicat de traiter ça... Je n'ai pas envie de prendre de gants avec lui et j'ai envie d'être honnête. Tout le monde sait qu'une relation basée sur le mensonge, de toute façon... Alors je fais en sorte de toujours être sincère avec lui, surtout pour des détails importants, mais disons que la question du Weber dont j'aimerais causer n'est pas anodine et j'estime que c'est suffisamment grave pour lui en parler. À l'évidence, ça aurait été découvert tôt ou tard, alors maintenant ou après... Au moins, il sera au courant de l'histoire. Même si ça sera pénible de lui dire parce que j'ai peur de sa réponse, je ne peux pas faire l'autruche éternellement, j'en ai conscience. Puisque je l'ai prévenu, aussi, ça me dissuadera également de me dégonfler au dernier moment. Je me rends compte toutefois que je dois l'inquiéter, mais je n'ai rien à rajouter pour le rassurer, car ce n'est pas rassurant de toute manière. Je ne voulais simplement pas qu'il se retrouve pris au dépourvu et je n'aurais pas su aborder le topic sur la table si je ne l'avais pas averti avant. Maintenant que c'est fait, je ne veux penser qu'à deux choses : reprendre des forces et profiter de lui pendant le temps qu'il peut m'accorder. Alors, quand il nous entraîne sur le lit en me laissant se blottir contre lui, il me suffit de fermer les yeux pour plonger au pays des rêves que j'ai fuis durant si longtemps.

Le surlendemain, nous sommes le dix juillet. À minuit, ce sera mon anniversaire. Mais je pense à tout sauf à mes vingt-six ans à venir, pour tout dire. Je me suis bien reposé depuis que j'ai quitté l'hôpital. Je n'ai fait que ça et j'ai écouté docilement mon copain comme j'ai promis de le faire. Toujours éreinté quand nous sommes finalement rentré à la maison, ma mine semblait légèrement meilleur mais je rêvais de me plonger dans notre lit où je pourrais retrouver l'odeur de mon copain. Quelle joie en effet de redécouvrir ces draps cette sensation familière qui m'avait manqué. J'espérais que mon petit-ami resterait, mais il fallait bien sûr en même temps, parfois, qu'il fasse autre chose que s'occuper de moi ; et même quand il ne pouvait pas être H24 à mon chevet, je savais qu'il devait vaquer également à d'autres occupations pour s'occuper de mon cas, comme faire des sortes de soupes que je pourrais avaler afin de me remplir l'estomac ou m'aider même à aller aux toilettes ou à me laver. Je n'étais nullement gêné pour moi, c'était plus par rapport à lui ; mais bien sûr je ne faisais jamais la remarque car ça aurait été ridicule en soit et que l'autre aurait été blasé au possible quand je faisais exactement la même au moment où l'Emergendémie l'a frappé. Durant les dernières heures, toutefois, il s'est parfaitement débrouillé avec mon état ; j'ai été très bien traité et j'ai pu reprendre quelques forces tranquillement. J'avais aussi l'impression plus naïve d'être de nouveau proche de lui. Les horaires que je me forçais à faire ne me permettaient pas autrefois de pouvoir partager des choses avec mon copain, mais j'ai pris conscience qu'en me libérant de toute cette pression, je pouvais bizarrement gérer mon temps afin de pouvoir avoir l'éleveur et que ça influençait complètement mon moral ainsi que ma santé plus indirectement.

Seulement, j'ai bien remarqué que son comportement était un peu étrange, ces derniers temps. Un peu distant aussi, ou tendu. Je me demande s'il pense toujours à ce que je lui ai dit à l'hôpital... Sûrement, en fait, quand j'y pense, du moins, ce serait bien son genre. Je fais mine de hocher la tête avec un léger sourire attendri quand il me prévient pour les vêtements, me sentant chouchouté depuis que je suis arrivé à la maison. Je ne devrais pas en profiter, mais après toutes ces soirées passées dans ce bureau froid et vide, je me rends compte qu'un peu de chaleur et de réconfort comme il m'en donne ne me fait pas de mal et que j'en avais bien besoin, en fait. Cela faisait... longtemps, même si je n'aime pas penser ça puisque j'ai conscience que c'est entièrement de ma faute et que mon copain a dû en pâtir. Si j'étais rentré plus tôt, si je prenais du temps pour être avec lui, pour profiter de sa présence... Il m'a fallu un déclic, une chute de trop, mais en vérité, j'ai fini par comprendre que ce n'était pas la vie que je voulais mener et qu'il y avait sûrement quelque chose à faire pour que ça s'arrange. Je ne veux pas passer mes années jusqu'à trente ans comme ça, ce n'est pas possible. Je n'ai pas à porter tant de fardeaux sur mes épaules, et même si c'est bizarre que je dise ça, je ne peux pas me voiler la face éternellement : je dois prendre du repos aussi et faire la part des choses.

« Viens près de moi. »

Je lâche un très léger et bref rire quand il me demande pour la piscine, mais cette dernière peut attendre. Il faut après tout qu'il sache pourquoi j'ai tenu à le prévenir que nous devions discuter, car je vois bien que ça le gêne et que ça le tracasse.

« Grâce à toi, je vais beaucoup mieux. Mais... Je dois te révéler certaines choses, à présent. »

Mon cœur se met à battre plus vite. Je déglutis, choisissant mes mots. Je m'en veux d'avance pour ce que je m'apprête à lui révéler, car j'ai extrêmement honte de mon comportement. Je n'avais pas à lui masquer ça, après tout, je n'ai pas envie qu'il y ait des non-dits entre nous, ce n'est pas bon. Pas bon pour notre santé mentale et pas bon non plus pour notre relation.

« Il y a un point sur lequel je n'ai pas été... très honnête avec toi. Et je le regrette. »

Je parle d'une voix qui se veut posée, mais dans laquelle je ne peux pas cacher une certaine culpabilité. J'aurais dû lui en parler dès qu'il fut guéri, mais je n'en avais pas le cœur, que ce soit pour moi ou pour lui. Il n'a pas une très grande relation avec Tristan non plus, mais durant le temps de trouble où tout ça s'est produit, ce n'était pas d'une mauvaise nouvelle dont il avait besoin, alors j'ai préféré lui épargner ça. Et ça m'arrangeait de rester là sur ce sujet pour le moment, mais je n'aime pas cacher des secrets déjà en temps normal, alors avec mon copain, et aussi longtemps... Bref, c'est peu plaisant. Et comme je sais qu'il n'aime pas quand je tourne autour du pot, je dois rentrer dans le vif du sujet directement.

« C'est à propos de Tristan. En vérité, ça fait des années que nous ne nous parlons plus. Depuis l'Emergendémie, en fait. »

Je ressens aussitôt une boule dans ma gorge me traverser. Je déteste parler de cette période, en fait. Je n'en ai tiré aucun bon souvenir. M'occuper de mon copain pendant qu'il était malade ne m'a pas dérangé une seule fois, mais je devais le voir souffrir et la vision sur le moment ainsi que les souvenirs que j'en ai depuis étaient tous sauf agréables. Les images, quand elles me reviennent, me font frissonner aujourd'hui. Entre l'état de Natsume et celui de Tristan... Bien évidemment le second pouvait compter sur sa famille, mais il devait gérer à intervalles minces à la fois la mort de son père et à la fois celle de sa mère ; une information que je n'avais pas jusqu'à ce qu'il me le hurle au visage le jour où il a explosé devant moi pour me balancer sa profonde rancœur. Me rappeler de ces instants est difficile, mais puisque j'ai commencé et qu'il a besoin de le savoir, alors je continue de but en blanc.

« Il a été touché par la maladie presque en même temps que toi. J'ai... essayé d'aller le voir, plusieurs fois, mais il est devenu fou. La dépression... Elle l'a rongé progressivement. Il m'a rendu responsable. Je ne pouvais rien faire pour lui et il n'a rien voulu entendre lorsque j'ai voulu l'aider. »

Si seulement on peut dire que je l'ai aidé... J'ai bien tenté, mais il m'a repoussé avec une telle force que je n'ai pas pu le raisonner. Je n'en étais pas capable. J'étais déjà stressé et fatigué par l'état de mon petit-ami, et la santé de Tristan m'avait inquiété également. J'ignorais totalement pour le décès de ses parents, mais c'est un hasard qui était vraiment malheureux... Je les aimais bien, en plus, j'ai été peiné d'apprendre leur sort funeste. Mais je n'ose imaginer la blessure de Tristan quand il a dû y faire face. Cela n'a pas dû être de tout repos, durant ces quelques mois, pour lui. Et je sais, pour avoir vécu une douleur similaire, que ce n'est pas le genre de situation dont on se remet quand on veut et en à peine quelques jours, ce n'est pas comme ça que ça marche. Ce n'est pas parce que je me dis que mon père aurait été triste de me voir pleurer sur sa tombe que ça m'empêche de le faire. Indéniablement, quand la souffrance est trop grande, la simple volonté ou détermination ne suffit pas à effacer un traumatisme pareil.

« Nous nous sommes disputés assez violemment. Alors, depuis cinq ans... Il déteste la Compétition, bien évidemment, et... Il me déteste surtout moi. »

Cela me coûte de sortir cette vérité car elle est toujours aussi difficile à dire et à entendre. Je ne voulais pas que ça se termine comme ça. Je ne voulais pas que le Weber me déteste, même si je sais qu'il ne doit cette haine que parce qu'il a... quelques problèmes dans la tête. Mais comment lui dire, ça ? Comment pourrais-je le soutenir s'il me rend responsable de tous les maux de la Terre ? Quand y'a un problème, c'est forcément la Compétition. Et qui est responsable d'une partie de la Compétition ?.. La conclusion est facile à faire pour lui. Cela ne se résume qu'à ça. Pourtant je sais qu'il ne déteste pas la Compétition en soit. Il le déteste parce que c'est moi qu'il déteste, et que chaque mauvaise décision prise par la Compétition signifie que j'ai fait une erreur quelque part, que c'est moi qui doit porter ce blâme alors que je ne suis pas le seul à devoir gérer ça. Je n'ai jamais vraiment voulu que les Elites soient engagés de la sorte auprès de la population. Si j'ai gagné un certain... pouvoir, on va dire (même si le terme me fait peur), jouer le rôle d'une idole, d'un Maître de Ligue tout simple, me convenait parfaitement, tout comme Faust a toujours joué Méphisto, et que Lionel assure davantage son rôle de Zingaro modèle que de co-chef de la Milice.

« Ce qui s'est passé avec lui, ce soir... Je n'ai jamais osé en parler à quiconque. Je ne voulais pas que ça ait un impact sur sa relation avec les autres, je voulais... Je voulais pouvoir régler ça moi-même, lui faire changer d'avis, mais je... Je n'y arrive pas... Je ne peux pas... »

Ma voix faiblit un peu, mon regard se ternit... Je peux revoir aisément ses yeux marrons me fixer avec des sentiments que je n'avais jamais perçu chez lui auparavant. Il était méconnaissable, et portait une hargne, une colère, que je ne l'aurais pas cru capable d'avoir. À force de s'être intéressé à l'Emergya, il a fini par en subir les conséquences, à devoir porter une maladie qu'a subi sa mère. Celle-ci morte de chagrin après la perte de son mari, peut-être que le ranger a vu lui aussi sa dernière heure arriver en croyant que c'était ce qui l'attendait si un remède n'était pas trouvé. Moi aussi j'avais peur de cette épidémie dont on ignorait les limites. J'en ai réchappé, heureusement, mais j'ai pris des risques en m'occupant de Natsume alors que nous ignorions si c'était contagieux ou pas. Aujourd'hui encore je n'ai aucun regret, et j'ai eu de la chance de ne pas être touché, mais je me demande si ce qui est arrivé à Tristan, j'aurais pu l'éviter d'une façon ou d'une autre.

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Dim 29 Juil - 11:56


L'hôpital, la charité et des vacances forcées

"Quand tu joues à l'infirmier éco-plus"
En vrai, ça ne me dérangerait pas de m'éclipser maintenant, pour dire vrai. Ce serait toujours mieux qu'un silence gênant où je regarde la couette car je suis gêné par le fait de le fixer quand je suis mal à l'aise, craintif qu'il ne devine sans mal que je suis tracassé. Car oui, après, il faut que je m'explique, et, bah, j'sais pas. Je me trouve des potentiels soucis tout seul, je crois. J'ai l'air d'un bon gros... Débile, pour rester poli, à rester là, droit comme un i devant la porte, les bras balants, le regard un peu vague. Pour cette raison, je ne réponds rien lorsqu'il me demande de me rapprocher et m'exécute docilement, sans trop de conviction toutefois, puisque, bah, en fait, j'ai agi sans trop réfléchir à ce que j'allais faire. Si il me demande de rester pour la sieste, je ne pourrais pas dormir avec lui, car j'ai encore deux trois trucs à faire, mais, bon, voilà, j'peux toujours faire un effort.
Au fond, bien sûr que j'ai envie de me rapprocher. Ces derniers mois, nous avons été assez distants de l'autre, et surtout ce dernier mois, en fait. Les nuits, quand je le sentais revenir à des heures extrêmement tardives, je n'osais même pas venir le prendre dans mes bras, de crainte de le réveiller et de lui dérober quelques très précieuses minutes de sommeil. Ni vraiment discuter, en outre. Les journées, lors des exceptionnelles fois où nous nous croisions, je préférais m'inquiéter de sa santé et de ce dont il avait besoin plutôt que vraiment, bah... Profiter du temps que nous pouvions avoir ensemble. Je ne sais pas si je dirais que je me sentais délaissé, car tout ne tourne pas autour de ma tronche et il faudrait être un sacré narcissiste pour sortir un truc pareil au vu de la situation, mais très clairement, sa proximité me manquait. Je n'osais pas dire grand chose, car je n'ai jamais été quelqu'un de très bavard, et que je ne voulais pas qu'il se mette à culpabiliser. Je me rends peu à peu compte, pourtant, que c'était le cas. Mon anxiété m'empêche toutefois de me coller contre lui alors que je le ferais tout naturellement d'ordinaire, si,  si... Si, bah, la situation était normale. Et pour l'instant, tant qu'il y aura cette bulle, et que je n'ai pas l'assurance qu'il va mieux, je crois que je serais toujours dans cet état où je ne sais pas vraiment sur quel pied danser, et où je préfère lui laisser tout l'espace qu'il désire si il en a besoin. Et puis... Ce qu'il a dit la dernière fois ne me met pas à l'aise. Si il y a un souci, je préfère éviter de potentiellement l'aggraver, ce qui me rend un peu plus distant, dans cette logique.

Actuellement, pourtant, il semble vouloir que je me rapproche. Assis en tailleur à côté de lui, je cligne bêtement des yeux, ne sachant pas vraiment quoi faire. Et oui, je ne me rends pas compte que rester là, sans bouger, à le fixer, ça doit être particulièrement bizarre et un peu dérangeant, car il me manque un ou deux lecteurs de codes sociaux dans la tête, mais c'est un sujet autrement plus complexe. Je fronce un peu les sourcils, ne comprenant pas pourquoi il rit, et me vexerait presque si je n'étais pas dans une optique d'être un tout petit peu moins pénible que d'ordinaire (oui je sais miracle), alors je mets un peu d'eau dans mon vin et suppose qu'il a... J'sais pas, moi, une allergie aux plumes qui le fait beaucoup rire, on va dire ça.

Si je manque de répondre 'oui je sais que tu vas mieux', c'est car je me rappelle que apparemment, ce n'est pas vraiment très poli de dire ça, et qu'il le dit sûrement pour moi. Je n'ai donc pas grand chose à commenter sur ce point, mais je sens mes muscles se crisper lorsqu'il en arrive à la suite. J'avais un doute sur le fait que le sujet tomberait bientôt, au vu de son état qui allait en s'améliorant de jour en jour. Le connaissant il était plus ou moins logique que l'échéance tombe ainsi. Cela ne veut pas dire, toutefois, que je suis particulièrement à l'aise ; et je crois, vu comment ma position s'est gelée, que c'est relativement évident. Je n'ai plus d'intérêt particulier à dissimuler cet état de fait, alors je n'empêche pas mon expression de s'assombrir comme je l'ai pu le faire par de multiples reprises ces derniers jours.
Je n'aime pas trop quand il utilise des tournures de phrases aussi dramatiques ; j'en viendrais presque à craindre le pire. Et au vu de ses réactions physiques actuelles, comme la manière dont il déglutit et le façon dont son ton se fait plus hésitant, je crois avoir raison en pensant au fait que c'est important. Je ne le presse pas, mais j'avoue que mon impatience me fait tapoter des doigts sur ma propre cuisse, le regard plus vif alors que je détaille son visage pour comprendre ce qui peut le tracasser à ce point. Toutefois, au vu de ce qu'il dit, il a visiblement besoin de temps. Je ne peux que plisser les yeux quand il me dit ne pas avoir été honnête avec moi, me retenant de commenter que je le savais déjà, car ce serait probablement un peu sec.

Mais j'écoute. Je ne saurais dire ce qui m'est passé par la poitrine quand j'ai commencé à comprendre ce qu'il disait. Un peu de surprise, oui, peut-être. Du choc... Non, pas vraiment. Bizarrement apathique, j'écoute sans savoir comment réagir, ni comment ressentir les informations qui parviennent à mon cerveau. Je ne dirais pas que je suis complètement choqué, ce serait un mensonge. J'avais déjà remarqué que son comportement était un peu étrange, lorsque venait le sujet de Tristan, mais je n'imaginais pas quelque chose d'aussi radical, car, car... Car je supposais qu'il m'en aurait parlé. J'avais une telle impression que je ne voyais même pas l'intérêt d'avoir un doute, puisque l'existence même de ce doute n'aurait pas fait sens, dans ma tête.
De ce que j'entends, toutefois, cela fait des années que j'ai tort. Et je ne sais pas si c'est de l'égoïsme de ma part de prendre ça comme un coup dans ma poitrine, mais la sensation de chaleur froide dans ma poitrine m'indique que je prends visiblement ça comme une... De la déception, je crois. De quoi exactement, je ne sais pas trop. Je n'ai pas à être déçu qu'il ne me dise pas tout (je ne veux pas savoir si son débile de co-chef sent la morve quand il transpire par exemple), mais très clairement, la nouvelle me coince une boule d'amertume dans la gorge, que je ne vois pas l'intérêt d'exprimer, pas maintenant, du moins. Je le laisse continuer son histoire, une lueur plus maussade dans les yeux.

Je n'aime pas vraiment me rappeller de l'épidémie. Et en même temps, je ne me rappelle de pas grand chose, puisque j'avais petit à petit perdu la tête ; je ne me souviens que du début, que de la lente bataille que j'ai mené contre les premiers symptômes et leur intensité croissante. Que de ces journées passées à soigner d'autres personnes en silence, alors que je me doutais que je ne tarderais pas à les rejoindre, sans savoir si oui ou non cela signifierait que j'irais mordre les pissenlits. Mais dans ces journées, je voyais bien ce qui allait m'attendre ; la douleur, d'abord, les vertiges, les nausées, puis les hallucinations, et, enfin, une démence quasi totale induite par les conditions préexistentes. Vu mes antécédents psychologiques et ma santé, il était prévisible que je sois fortement touché, et, dans cette logique, il n'est pas étonnant qu'elle ait également violenté Tristan. Je ne savais pas, à cette période, pour la mort de ses parents, mais si il est tombé malade au même moment que moi, rien d'étonnant à ce qu'il ait, disons, fait lâcher un fusible. J'aurais presque de la peine pour lui, si la suite n'avait pas coupé court à tout sentiment de compassion que j'aurais pu ressentir à son égard.

Je ne suis pas obligé de détester quelqu'un qui déteste mon petit-ami. Je veux dire, des tas de gens détestent vicéralement son identité d'Elite pour des raisons politiques, mais cela ne veut pas dire que j'ai une quelconque rancune à leur égard ; je n'aime juste pas les entendre parler devant moi. Nul doute que si leur relation n'avait été abimée que par des désaccords, je n'en aurais rien eu à carrer. Mais ce que j'entends, toutefois, est loin, loin de la réalité. Je sens une bouffée de colère me monter à la poitrine, tandis que mon imagination se figure ce qui à bien pu se passer en fonction de ce que j'entends. Sans idéaliser Samaël, j'ai de grands doutes quant à la violence de ses propos, et... Et oui, automatiquement, j'en viens à placer une grande partie du blame sur Tristan. Je ne sais pas si je saurais être amical si je le croise. Plus sincèrement, je crois que ce sera au minimum glacial. J'aimerais bien éclaircir la situation, mais... Je doute de pouvoir rester très calme.
De toute manière, je crois que mon copain n'aimerait pas vraiment que je provoque des soucis. Sans être parfaitement heureux du fait qu'il n'ait rien dit pendant des années, ce qui est quand même une pillule foutrement dure à avaler (un mensonge, quel qu'il soit, ça fait mal), j'imagine très bien le fait qu'il a dû tenter par tous les moyens de provoquer leur réconciliation. Et, le connaissant... C'est-à-dire, vu sa tendance à vouloir prendre le poids du monde sur ses épaules, il a dû tout faire pour mettre de l'eau dans son vin, quitte à prendre le contrecoup à chaque fois. Cela atténue au moins en partie l'amertume que je ressentais tout à l'heure, bien que...
Bien que je ne sais pas trop. Je suis un peu incapable de réagir immédiatement pour le coup. Il a l'air lui-même relativement dépassé par ce qu'il m'avoue et je ne doute pas du fait qu'il doit macérer dans son anxiété et son incertitude, actuellement. La bonne réaction serait peut-être de le prendre dans mes bras et de lui dire que tout va bien, que je ne lui en veux pas et que je l'aime, mais, mais... Mais je ne sais pas trop. Je suis un petit peu mal à l'aise.

Un silence passe, durant quelques secondes. Et oui, je suis toujours là, assis en tailleur comme un idiot, à attendre de savoir quoi dire, parce que je ne sais jamais quoi dire. Je me remets en tête tout ce qui s'est passé ces derniers temps, cherchant les mots adaptés, la bonne expression, la bonne réaction... Je sais toutefois que c'est plus ou moins inutile, d'essayer de faire ça, mais je ne peux pas m'en empêcher à chaque fois. Ce petit temps de latence, si il me gêne au début, je réalise assez vite qu'il n'est pas dramatique non plus. Mais je suppose que je dois au moins clarifier certaines choses, et je me dis que commencer par le plus simple et le plus évident serait peut-être de meilleur goût.  Énoncer des évidences, toutefois, me donne l'air un peu plus bête que je ne l'aimerais.

« Je vois ce qui te... Dérangeait. Je comprends mieux certaines choses. Je suis désolé par rapport à tout ce que tu as dû vivre ces derniers temps. Tristan n'a jamais été ta responsabilité, tu n'as pas à te faire du mal quand il ne peut pas faire d'efforts lui-même. »

Je voulais juste au moins lui confirmer ça, quitte à ce que la suite soit plus bancale et bien moins adroite. C'est que moi-même, je ne sais pas vraiment ce que va être la suite, en fait, j'improvise plus ou moins. Le flot de mes pensées ne me permet pas de me fixer sur une idée unique, et j'en viens à détourner un peu le regard. Si je suis plus tendu que tout à l'heure, je n'ai encore rien laissé s'afficher sur mon visage, hormis une lueur hésitante dans mon regard. Je ne sais pas si je suis triste, amer, un peu perdu, ou si l'apathie ne va pas venir me saluer face à cette abondance d'informations, tout à coup. Mes épaules, quant à elles, se sont haussées, signe que je suis en claire situation de malaise. En même temps, c'est aussi le cas pour lui, de ce que je crois comprendre. Je ne lui ai même pas demandé, d'ailleurs, ce qui est quelque peu... Incorrect, j'sais pas ? De ma part. Je devrais le faire, mais quelque chose me reste encore en travers de la gorge.

« Dis-moi... »

Ma voix est relativement calme et stable, mais en même temps, c'est parce que je la force à rester ainsi. Je ne sais pas quelle va être sa réaction à ce que je vais dire, car, en un sens, je ne sais même pas ce que je pense de ce qui me passe par la tête depuis un temps, déjà. Si c'est clair, logique, normal, ou juste si cela fait un minimum sens. Mais je sais, néanmoins, qu'il faut que ça sorte, ou je garderais pendant longtemps une rancune malsaine et mauvaise.

« Je sais que c'est peut-être juste mon imagination, mais... »

Une imagination qui s'active, depuis quelques temps. Une impression, disons, persistante, depuis plusieurs semaines, et qui vient de me revenir en plein visage après son aveu. Elle me perce la poitrine, me lacère le cœur si discrètement depuis que je l'ai vu se mettre à se cacher dans cette fichue tour miteuse pour s'y faire dépérir, que je n'arrivais pas à la percevoir pleinement, ou même à l'accepter. Ce qu'il vient de me dire, toutefois, a été la goutte d'eau en trop dans le vase qui menace de déborder dangereusement si je ne suis pas honnête maintenant ; et honnêtement, il suffit de me rappeler de mes erreurs d'adolescent pour savoir que je ne désire aucunement cela.

« Tu ne m'as rien dit pour Tristan pendant cinq ans, et tu t'es enfermé dans ton travail depuis deux ans, avec une, enfin... Escalade progressive, depuis un an. »

Je ne peux pas vraiment tourner autour du pot là dessus ; on ne rigole pas avc ces choses. Je n'appelle pas ma dépression par des jolis mots et des expressions lyriques à deux balles pour la rendre plus tolérable à l'écoute. En revanche, j'ai juste peur d'ête blessant, à être aussi direct que je ne le suis. Pour l'instant, je veux juste résumer les faits, et mes impressions, plutôt que parler de ce que je ressens et de ce qui me passe dans ma tête. Le regard toujours fixé sur le drap (car oui on a la clim mais tout de même, pas de couette en été), je souffle un tout petit peu.

« J'ai juste l'impression que tu t'isoles. Des autres, de moi, et... »

Je ravale un tout petit peu ma salive, n'aimant pas vraiment énoncer que je pensais déjà mais que j'avais la crainte d'exprimer. Je n'ai pas peur de lui, ou du moins, ce n'est plus le cas depuis notre première année de relation (mais là, le problème venait de moi et du refoulement que je faisais de mon passé d'enfance abusive et par là, du fait que j'avais peur de tout le monde). Mais en revanche, j'ai toujours peur d'exprimer les choses plus personnelles, et même si je progresse, c'est toujours un travail de titan d'oser le faire. C'est plus ou moins ce qui se passe quand on vous habitue à croire que bon, vous exagérez toujours un peu, vous êtes trop sensibles, et puis, vraiment, vous pourriez faire un effort, hein ? Ce genre de conneries, oui. Je sais qu'il m'écoutera, mais je ne peux pas totalement refouler la honte qui me parcoure dans ce genre de situation. J'ai appris à parler malgré mon visage qui se met à rougir d'un embarras honteux, froid, et qui doit me donner l'air bien ridicule. Mon regard d'ailleurs, s'est fixé sur l'un des murs verts de notre chambre.

« Je ne sais pas vraiment ce que je suis supposé faire. Ou dire. Je... Je ne sais pas ce que tu attends, question partage, après ça, enfin, si tu veux toujours qu'on discute de tout, ou... J'ai l'impression que, pendant quelques mois, en fait... Tu étais un peu distant. Ou c'est juste moi qui en fait des caisses. »

Je pose ma main sur mon menton, réflexe nerveux devant mon manque d'aisance. En même temps, je me demande si c'est qu'il ressentait, quand je suis tombé malade sous l'épidemie, quand j'ai perdu la mémoire, quand je... Quand il m'est arrivé beaucoup de choses, en somme. Même mes épisodes dépressifs, qui ne sont pas si loin de ce qu'il a vécu sur certains points (ou du moins, des épisodes très, très aigus), ont dû être difficiles à supporter de son côté. Je serais bien égoïste d'avoir dit ce que j'ai dit, si c'était le cas, mais de toute façon, même sans le savoir, c'est déjà ce que je pense. Je sens en outre que je patauge de plus en plus, et je me mets de plus en plus à être agité de tics nerveux, trahissant l'air inexpressif de mon visage.

« Je t'aime, mais je... J'ai besoin que tu sois honnête, avec moi. Tu n'es pas obligé de tout me dire, mais... Si tu veux que l'on passe notre vie ensemble, je ne peux pas rester sur les côtés quand tu vis quelque chose de difficile. On en a déjà discuté. »

Je ne suis pas là pour l'accuser ou quoi que ce soit, juste que j'ai déjà fait valoir mon point de vue à de maintes reprises sur ce sujet, et que je suis quelque peu désemparé. Blessé, ça... Je n'ai pas envie d'y penser énormément. Je ne sais même pas ce que je veux, de toute manière, actuellement. J'ai juste envie d'en finir avec cette foutue bulle, et, et...

« Tu me fais peur, quand tu agis comme ça. J'ai vraiment... Peur de ce qui t'arrive, et peur de ce qui peut nous arriver, si tu me gardes à l'écart. Enfin, j-je suis désolé, je me comporte comme un idiot égoïste. »

J'esquisse un rictus nerveux et désabusé. Bon sang, mais qu'est-ce que je raconte, moi, comme conneries sentimentali-... Non, non, c'est ce comportement là, qui pue. Ce cynisme edgy à deux balles dont je me servais, et dont il m'arrive de me servir pour faire comme si j'étais au dessus de mes propres émotions et des émotions en général alors que c'est bien loin d'être le cas (quand on dit/pense ça, c'est que c'est faux), et que j'essaie juste de me protéger puérilement. Il fallait que je parle. Je n'ai pas nécessairement raison, et je ne suis pas forcément légitime non plus. Mais maintenant que c'est fait, je crois que la peur revient dans un coin dans ma tête, me remontant la gorge dans une houle froide et désagréable. Honnêtement, c'est un passage obligé, mais si je pouvais passer au delà de ma nature anxieuse, ce serait vraiment un soulagement pour la vie de tous les jours, comme dans ce genre de situations.
J'expire un coup. Puis, pour la première fois depuis le début de cette conversation, je tourne mon regard vers le sien, osant le faire alors que je sais très bien ce qui y transparait, puisque le masque craquelle petit à petit. De la lassitude, de l'amertume, et peut-être un peu de tristesse désabusée.

« Qu'est-ce que tu comptes faire, maintenant ? »

Je n'ai pas à lui dicter son comportement. Je veux juste savoir si je dois m'attendre à ce que tout ça recommence, ou... Ou je ne sais pas. Ces temps-ci, je me sens bien moins capable de le comprendre, et c'est bien ce qui me dérange. Nous ne sommes pas totalement déconnectés l'un de l'autre, sinon nous n'aurions pas cette conversation, mais la situation prouve, pour moi, qu'il y a eu un dérapage. Je veux bien faire tout ce qu'il voudra pour le corriger, mais j'ai besoin de savoir, de mon côté, ce qu'il pense, et ce qu'il veut voir arriver.


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16H
ft. Samàlamaison

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DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Livie A. Vulpino & Alice C. Donovan
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Mar 7 Aoû - 22:17


&&&



L'hôpital
La charité
"et des vacances forcées"

Je ne devrais pas me rappeler de la pièce en désordre à l'ambiance froide dans laquelle je l'ai retrouvé. Je ne devrais pas me rappeler de ses traits tirés par la la fatigue, la maladie et tout ce que cette dernière a engendré. Je ne devrais pas me rappeler de son ton sec que je ne lui connaissais pas jusqu'alors, de ses accusations, de son regard glacial que j'ai dû affronter pour la première fois. Pourtant ils me reviennent comme une réminiscence que je n'attendais pas particulièrement. Chaque fois que j'ai des nouvelles de lui d'une façon ou d'une autre, mes souvenirs refont surface comme si je me prenais une balle dans la tête. Et bien sûr, ce n'est pas agréable. Que puis-je faire cependant, maintenant, si Tristan ne me laisse pas l'aider ? Rien de ce que je pourrais dire ou faire ne changera rien, c'est l'impression que j'ai de plus en plus au fil du temps. Je ne suis peut-être pas celui dont il a besoin, après tout, mais j'aurais aimé qu'il sache la vérité plutôt qu'il écoute ce que l'épidémie a dû lui dicter. Au fond, puisque j'y pense, ça n'aurait jamais été utile de cacher tout ça à mon copain. Il l'aurait sans doute découvert tôt ou tard s'il revoyait le Weber entretemps, après tout, puisque parler de moi doit faire hérisser le poil du Ranger à un haut niveau. J'ai juste... Encore du mal à croire que le jeune homme lumineux et gentil que j'ai connu est devenu quelqu'un d'aussi renfermé et taciturne. Et je m'en veux d'avoir dû garder ce secret à mon petit-ami. J'ai même cru que celui-ci allait vraiment se mettre en colère contre moi pour l'avoir préserver de ce problème-là. Mais s'il est agacé ou vexé, il n'en dit rien. Je peux sentir qu'il est blessé, mais il décide de se montrer compréhensif à la place. Je ne suis pas responsable de ce qui est arrivé à Tristan, mais je m'en veux quand même. Je me dis toujours que j'aurais pu faire quelque chose pour changer la donne et que si j'avais agis d'une autre manière, alors peut-être...

Mon regard, d'ordinaire brillant et teinté parfois d'une expression idiote quand je suis joyeux, a commencé à s'assombrir progressivement quand j'ai abordé le sujet et que j'ai repensé à toutes ces années de silence entre le Ranger et moi. J'écoute évidemment Natsume s'il a des choses à me dire, mais reste plutôt inexpressif, les jambes ramenés contre ma poitrine en même temps que mes bras autour de ces dernières, et mon menton reposant sur les genoux. Il est silencieux. Pas que ça ne soit pas dans ses habitudes, mais... Avec moi, il a tendance à agir différemment de quand il est avec les autres. Je peux me targuer de le connaître plus intimement, mais ça va uniquement de soit avec le statut que je possède auprès de lui. Alors c'est plutôt normal. Mais là, il reste lui-même immobile et n'ose pas exprimer grand chose. Peut-être si ce n'est un peu d'inquiétude, ou de l'interrogation, quand je l'entends reprendre la parole et qu'il semble vouloir confirmer quelque chose. Je n'ose pas encore me tourner vers lui pour le fixer, ayant peur de ce que je pourrais trouver dans ses yeux noisette que je n'aime pas voir empli d'une expression négative. Et vu comment il débute, j'en viens à craindre le pire tout à coup. Lentement, sûrement, je me crispe quand il se met à énoncer l'évidence : ma régression, ou plutôt, sans dire une descente aux enfers, quelque chose de similaire. Parce que arriver par faire un malaise vagal, ça n'arrive pas dans n'importe quelle circonstance. À croire que je l'avais voulu, au fond. À croire que je le provoquais presque pour que ça se passe et qu'on m'impose enfin une limite pour que je m'arrête définitivement. À croire que j'en avais besoin. Et c'est terrible d'en arriver à là. C'est terrible, et je ne souhaite à personne ce que j'ai traversé, très honnêtement. Mais oui, Natsume, tu as raison. C'est ce qui s'est produit. Je n'ai écouté personne, une fois de plus, et j'ai fini par m'effondrer. Par faire s'écrouler sur moi le poids que je portais en même temps depuis des années.

Un courant froid me comprime la poitrine à une vitesse hallucinante. Attaqué par un nouveau coup, vivement, brusquement, je me tourne vers lui. Isolé... Non, je n'ai jamais voulu être isolé. Je n'ai jamais voulu m'isoler de qui que ce soit, et surtout pas de lui. Son ressenti me laisse sous le choc, mais je ne peux pas vraiment lui en vouloir. Je ne peux pas vraiment non plus me mentir à moi-même. Mais ai-je vraiment voulu m'isoler, inconsciemment ? J'aimerais dire non. J'aimerais m'assurer que ça n'a jamais été mon désir. Et en un sens, jamais je n'ai aimé quand j'étais séparé de lui. Il hantait mes pensées et me permettait même de tenir le coup quand j'étais épuisé mais qu'il fallait que le travail soit fait. Parce qu'il fallait que je rentre un jour, après tout. Parce qu'il m'attendait. Je ne sais plus même aujourd'hui si je peux affirmer que je ne m'isolais pas un peu quelque part, toutefois. Je ne sais plus en j'en suis, à vrai dire, mais si je me suis isolé, alors ce n'était pas mon but. Clairement, même avec toute cette maudite paperasse à faire, je n'ai jamais souhaité mettre de la distance entre nous, ou avec d'autres.

Je ne mentirais si je disais que je ne comprends pas tout ce qu'il raconte, ou que les mots qu'il sort se bousculent dans ma tête en provoquant une boule dans ma gorge. Rien de tout ça ne fait sens dans la mesure où je n'ai jamais pensé à m'éloigner d'une quelconque façon. Et j'aimerais lui dire. J'aimerais lui dire que je faisais également tout ça pour lui d'une certaine manière. Il n'apprécie pas les méthodes de la milice et la milice en elle-même, mais je ne cherche pas qu'à protéger l'île seule. Je veux que lui comme tous les autres puissent grandir et évoluer dans un milieu sain et sans danger. Je veux qu'il puisse garder le même sourire qu'il arbore encore rarement mais qui illumine son visage et me motive chaque jour à faire ce que je fais. Ce serait une mauvaise idée de lui dire tout ça, néanmoins, puisqu'il pourrait se mettre à culpabiliser, probablement, ou à croire qu'il est responsable de mon état de santé. Mais je ne peux pas lui dire non plus que c'est juste une impression de sa part. S'il m'a senti distant, alors je l'ai sûrement été. Sans forcément m'en rendre compte, probablement... Il n'est pas faux que je voulais lui cacher ma fatigue qui me dégradait progressivement, mais à quoi bon, en fait, puisqu'il me connaît par cœur et qu'il a vu que ça n'allait pas fort depuis un moment. J'ai dû beaucoup l'inquiéter, en fait. Je sais, c'est évident, mais ce n'était pas une pensée, étrangement, qui me traversait automatiquement l'esprit sur le coup. Je savais bien que ce que je faisais ne devait pas le rassurer par rapport à mes horaires tardives et que ça devait le gêner autant que moi de ne pas avoir une minute à nous comme autrefois mais... Mais...

Mais rien. Je n'ai pas d'excuse à lui donner car je suis le seul fautif dans cette histoire, et que je n'ai pas été intelligent, sur ce coup-là. J'aurais voir plus tôt qu'il y avait un truc qui n'allait pas. Rien de tout ceci ne serait probablement pas arriver si, comme il le dit, je lui en avais parlé. Si je ne l'avais pas laissé sur le côté alors qu'il fait partie intégrante de ma vie, désormais, et que je veux que nous partagions au maximum, dans la limite du raisonnable. Bien sûr qu'il y a des choses que nous préférons préserver pour nous-mêmes, mais il y a des cas comme celui-ci où il est inutile de garder des secrets. Aujourd'hui, je ne sais plus désormais si nous parlons du fait que j'aurais dû me ménager dans mon travail ou si j'aurais dû tout lui dire, à propos de Tristan. Ce n'était juste pas quelque chose que je pensais devoir partager. Ce n'était pas une année qui nous rappelait de bons souvenirs, alors je voulais aussi lui en préserver pour ça. Je ne savais pas quand serait le moment de lui dire ce qui s'était passé ce jour-là, car je repoussais l'échéance à chaque fois. C'était pénible déjà de s'en rappeler mais je ne voulais pas faire endurer à mon copain la réminiscence d'une période dans laquelle il a beaucoup souffert. Mais je ne peux pas faire comme si nous n'avions jamais eu ce genre de discussions. Plusieurs fois déjà nous en avons parlé, que ce soit parce que lui m'avait caché des trucs ou l'inverse, comme maintenant. Nous avons déjà discuté des conséquences que ça pouvait engendrer, et il était évident que nous n'aimions pas en arriver à là, mais que mentir était pire encore pour maintenir notre complicité. Il faut que nous soyons francs, que nous puissions nous confier. Pas sur tout, mais éviter les faux-semblants et les tromperies de ce style. Cela n'amène jamais à rien de positif, de toute façon. J'ai bien vu à chaque fois comme ça m'alourdissait de devoir mentir à Natsu. C'est l'une des personnes qui comptent le plus pour moi, et avec qui indéniablement je veux rester honnête jusqu'au bout. Feindre que c'est Axel qui a mangé le dernier cornet de glace et prétendre être dépourvu d'une blessure qui ne cesse de s'agrandir sont deux choses bien différentes.

Arrive un moment pourtant où, évidemment, je lui fais du mal. Je devrais pas être surpris, mais vivement, brusquement, je tourne la tête en sa direction pour le regarder avec une expression déroutée et craintif tout à coup. Je crois mal comprendre, au début. À m'énoncer une vérité qui fait vraiment peur mais qui n'est pas tant illusoire que ça, je resserre le pan du drap au niveau de mes genoux, attristé et confus. J'ai cru qu'il voulait dire que je l'effrayais dans le sens où je lui inspirais un sentiment de terreur, mais il est juste terriblement inquiet. Pour moi, pour nous, pour notre relation, et ce que mes caprices amènent comme répercussions au sein de cette dernière. Il n'était pas dans mon but de provoquer tout ça, mais je l'ai cherché, au fond. Voilà ce qu'il m'en coûte de dissimuler des faits non négligeables, et voilà ce qu'il nous en coûterait si je continuais à le faire. J'aurais dû prévoir que c'était un écart qui pourrait se former entre nous, même si c'est bien la dernière chose que je voudrais, et encore... Je préférerais plutôt faire taire ce courant froid qui me pince la poitrine actuellement et qui fait monter dans ma gorge une boule qui menace d'éclater tandis que je sens mes yeux commencer à prendre en humidité.
Pourquoi s'excuse-t-il, en plus... Ce n'était pas comme si c'était lui, qui s'était entêté comme un débile. Qui s'était enfermé dans une... Je voudrais dire 'tour', mais c'est presque une prison, que c'est devenu, par la force des choses (les désagréments en moins, forcément). Au moins, c'était radical, je ne veux pas y retourner de sitôt. Mais à quel prix, si c'est pour qu'il m'avoue tout ça... Si c'est pour que je me rende compte que j'ai merdé une fois de plus et que je commence, là, à avoir très peur intérieurement qu'il m'annonce un jour que ça ne peut plus marcher entre nous à cause de ce qui s'est produit, même si ce n'est pas non plus son genre.

Ma tête se baisse lentement entre mes jambes repliées, entre lesquelles je viens déposer mon menton. Mes yeux observent avec un vide certain le mur en face de moi. Sa couleur vert pomme est toujours plus agréable à regarder que le gris métallique qui entoure mon bureau, mais ça ne change pas pour autant mon expression qui s'éteint peu à peu. Je me mords discrètement l'intérieur de la lèvre inférieure pour tenter de me calmer, mais je sens venir monter un flot d'émotions que je dois encore retenir. Ce n'est pas le moment de me laisser aller. Il n'a pas à subir mon manque de contrôle sur moi-même. Je ne suis pas venu pour... pour pleurer et me reposer sur lui. Je ne veux pas qu'il me console en me voyant me relâcher. Et je m'en veux de trouver ça pourtant très tentant. Après tout ce qu'il m'a dit, je ne sais pas à quelle réponse, il s'attend. Mais au moment où je sens que ma tête recommence à me faire mal et que mon nez picote très légèrement, je me cache, cette fois-ci en laissant glisser mon visage entre mes bras de telle sorte à ce qu'il ne le voie plus. Je tente des exercices silencieux de respiration pour ne pas craquer. Je dois m'expliquer auprès de lui, m'excuser encore pour lui avoir dissimulé ce qui s'est passé avec le Weber, lui assurer qu'il n'a pas à s'inquiéter pour notre lien, car je le pense toujours aussi fort, et surtout que j'ai compris la leçon. Ou du moins... Du moins, je...

« Je... »

Et maintenant ?.. Et maintenant quoi ? Qu'est-ce qu'il veut que je réponde, exactement ? Je suis perdu. Autant que lui, sûrement. Malgré la couverture censée me tenir chaud, j'ai l'impression d'être gelé. D'être humide, aussi. Ou serait-ce les larmes qui ont fini par recouvrir mes yeux afin de s'en échapper. Elles devenaient si faciles à sortir... Au bout d'un moment, je le savais, que ça ne servait à rien de les empêcher de se montrer. Ces vilaines... Elles veulent toujours qu'on les remarque, et bien sûr toujours au plus mauvais moment. Je sais les tâches qu'elles forment sur le tissu disparaîtrons assez rapidement, mais seulement parce que ça faisait déjà trop longtemps que je les retenais auprès de moi.

« Je... Je n'sais pas. Je... Je... »

J'ai peur. Peur qu'il m'annonce quelque chose de terrible alors qu'il est ouvert au dialogue et que je le sais. Mais ses mots sonnent comme une fatalité. Je n'ose plus le regarder. Mes doigts, eux, sont allés serrer le linge. Fort. Très fort. Il faut me raccrocher. À n'importe quoi. D'habitude, c'est le japonais qui me sert de bouée de sauvetage. Il est toujours là pour me sortir de ces flots déchaînés que sont mes émotions quand elles s'emparent de moi et prennent le contrôle ; car elles sont puissantes et traîtresses, et encore une fois c'est à cause d'elles si ma vue est obstruée et que je ne vois plus droit devant moi. C'est à cause d'elle que je n'arrive pas à regarder mon petit-ami en face quand bien même je devrais être capable de le faire en temps normal, si seulement je savais me gérer tout seul émotionnellement et pas me laisser submerger par la première vague qui passe. C'est comme si je ne savais plus nager. Je me noie dans un océan sombre et inconnu où les réponses me manquent. J'ai besoin d'une main tendue pour remonter à la surface, pour m'apprendre à ne pas avoir peur de cette tempête qui manque de m'emporter. Mais c'est à moi qu'il a posé une question. Je ne l'ai simplement... pas comprise. Et les interprétations qui peuvent en découler me terrifient, même s'il ne se séparerait pas de moi pour ça... J'imagine...
Je relève ma tête vers lui, même si elle doit être pitoyable à voir. Mes yeux et mon visage rougis par les pleurs, mes traits encore tirés par la fatigue... Aah... Je n'aime pas quand il me voit dans cette état, même s'il doit être habitué. Je n'hésite pas à pleurer, avec lui. Sauf que la panique compte aussi dans le lot. Je renifle, m'effondrant sous les gouttes qui perlent mes joues et ma respiration qui s'est faite étrangement irrégulière. Je mets même plusieurs secondes à pouvoir parler, ne voulant pas être entrecoupé par des sanglots.

« Je veux... Je veux rester avec toi... Et-Et passer du temps avec toi. J'ai envie que... qu'on se contruise des souvenirs et... Je... J'veux pas... J'veux pas que... que tu partes ou... »

Ou pire, peut-être. Je crains bien trop de l'avoir déçu, je crois. Je sais que je l'ai blessé, mais ce n'était pas mon intention de... Il faudrait vraiment que j'ai perdu la tête pour faire du mal à Natsume intentionnellement. Remarque, vu le marteau-piqueur que c'est depuis tout à l'heure, j'aurais presque envie de l'ouvrir pour en extraire mon cerveau atrophié, à ce stade ce serait plus rapide. Inutile de dire que je m'en veux terriblement déjà assez comme ça. Je crois que je l'ai déjà trop dit, en plus. Je n'ai pas de réponse claire à lui donner, si c'est ce qu'il attendait. Je ne sais même pas si c'était ce qu'il voulait entendre. Je laisse l'affolement parler un peu pour moi, même si je ne devrais pas. J'ai peur de déblatérer n'importe quoi, qu'il me croit malade ou... ou j'en sais rien. Mais je veux rester avec lui. S'il y a une chose dont je suis toujours sûr, peu importe les circonstances, c'est que je souhaite rester à ses côtés. C'est moi qui deviens asthmatique quand je sens qu'il n'est plus là. C'est devenu mon second souffle. Je me suis mis à avoir besoin de lui, à avoir besoin de le savoir vivant, quelque part, pour vivre moi-même.

« Même si... même si j'avais peur que Axel te dissuade d'avoir des enfants, ou... même si on a pas forcément les mêmes p-projets je... Je sais que... Que je veux que tu restes avec moi !.. »

Je devais me demander, un jour ou l'autre ce qui arriverait s'il refusait de fonder une famille avec moi. J'en ai parlé avec ma mère un peu, mais ça m'attristait tellement à ce moment-là de me dire que Natsume ne pourrait pas avoir envie que j'ai préféré couper court à la discussion. Mais je ne peux pas repousser cette pensée éternellement. Oui, j'avais peur que Axel le dégoûte d'être parent. C'est aussi en partie pour ça que j'avais aussi tant de mal avec lui, sans vouloir admettre que le problème était ailleurs et que le petit n'avait rien à voir avec ça. Mais là non plus, je n'ai jamais rien dit de tout ça au spécialiste des Plantes. Le fils de Clive est déjà un sujet qui était délicat sans qu'on aborde le sujet, car j'essayais de faire taire la petite voix en moi qui en avait peur pour certaines raisons. Je me disais que ce n'était pas si terrible et qu'il fallait faire avec, de toute façon, alors quitte à avoir l'enfant sous notre toit, je pouvais au moins faire quelques gestes. Et j'ai eu tort d'avoir eu de telles idées sans le connaître. Car lui aussi, il a l'air perdu. Bien plus que je ne pourrais le supposer. Sur une mer que nous ne connaissons pas, après tout, je ne suis pas le seul à qui Natsu doit apprendre à nager.

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Dim 12 Aoû - 15:40


L'hôpital, la charité et des vacances forcées

"Quand tu joues à l'infirmier éco-plus"
Qu'est-ce que je pourrais dire de plus, en réalité ? Il n'y a pas vraiment de grand blabla ou de discours à faire. Je ne sais moi-même pas si tout ce que je dis fait sens, et il y a des chances pour que la moitié ne veuille rien dire. En lui demandant ce qu'il veut faire, peut-être que je cherche également une réponse pour moi-même, pour pouvoir m'adapter et faire quelque chose. Et ce n'est... Ce n'est probablement pas comme ça que je devrais agir, oui, je le sais, au fond de moi. Je sais très bien que je ne devrais pas, comme d'ordinaire, vouloir tout faire bien pour ne gêner personne et mettre tout le monde à l'aise (mais que voulez-vous, l'abus laisse de sales traces, hahahaha). Mais sincèrement, je ne crois pas être le seul à être perdu, là, non ?
Je savais bien que mes propos risquaient de le déstabiliser. Il était évident, de toute façon, que cette conversation ne serait pas agréable, en aucun cas. C'est impossible, surtout avec nos deux personnalités, de faire comme si de rien n'était, ou de ne pas exprimer d'émotions après tout cela. Je ne m'attendais toutefois pas à ce que ce soit aussi rapide, et me retrouve pris par surprise quand je le vois se mettre à balbutier, et ses traits se décomposer. La vision me fait du mal, évidemment, mais ce n'est pas ça qui compte. Mon propre visage perd un peu de son expression neutre lorsque mes sourcils se froncent et qu'une lueur inquiète passe dans mon regard. Je sais ce qui va se passer, mais pendant quelques secondes, je reste immobile et inactif. Voir les larmes couler noue mon estomac si brutalement et sèchement que j'ai la sensation d'avoir pris un coup de pied en plein abdomen. Chacun des mots qu'il arrive à prononcer, je me doute qu'ils lui coûtent beaucoup. J'en viens à m'en vouloir de lui avoir posé cette question alors qu'au fond, il doit sûrement être complètement largué. Tout cela transparaît clairement, maintenant, et je me demande depuis quand exactement est-ce qu'il se retient.

Je ne suis pas doué pour décoder les gens, mais je le connais assez pour comprendre bien rapidement qu'il a eu peur. Peur de mon départ, je suppose, alors que je ne l'ai jamais envisagé, mais cette idée le terrifie à un point où je me demande si, en vrai, cela ne fait pas un temps que cette pensée trotte dans sa tête. Ce que j'entends par la suite me confirme en outre cette impression, et je suis pris de court. Je ne pensais pas à cette histoire d'enfants, tout de suite, car je l'avais mis de côté, mais... Mais cela devait lui ronger le cerveau aussi, de son côté. Tout un tas de soucis, de préoccupations et d'inquiétudes devaient lui tourner en tête, et polluer son esprit déjà bien fatigué par son rythme de travail harassant. Mes traits s'étirent un peu sous la surprise ; mes yeux s'écarquillent si j'ouvre la bouche pour dire quelque chose, je la ferme quand je me rends compte qu'il n'est peut-être pas prêt à entendre de longues discussions complexes maintenant. Je ne crois pas qu'il en ait besoin, à l'instant. Et je pense savoir, sans arrogance, ce qui serait un bon mouvement de ma part, pour une fois.

Avec douceur, je me rapproche et vient l'envelopper de mes bras, passant mes mains dans ses cheveux pour pousser sa tête sous mon cou, alors que mes jambes l'entourent au maximum. Je prends bien soin de voir si ma présence est de trop, et le serre le plus affectueusement contre moi. Mes doigts glissent sur sa nuque pour la masser alors que mon autre main, collée à sa taille, s'en va masser ses côtes pour tenter de le détendre, de lui faire ressentir ma présence et toute l'affection que dont je déborde encore pour lui. Je n'aime pas l'entendre pleurer (duh, obvious, je sais), mais il en a sûrement besoin, et je ne suis pas le genre à empêcher les autres de le faire comme le dernier des égoïstes. Je colle ensuite ma joue contre la sienne, de telle sorte à parler presque dans son oreille, pour m'assurer qu'il entende bien ce que je vais lui dire. Je laisse mes mains remonter et embrasse brièvement son front auparavant.

« Hé, Sam... Samaël. Je suis là, je ne vais pas partir, jamais. »

Je ne sais pas trop si  c'est exactement ce que je dois dire, en réalité. Mais je pense que ça ne fera pas de mal. Je n'ose imaginer la quantité de pensées noires et étouffantes qui ont dû s'accumuler dans sa tête au cours des dernières semaines. Y pensait-il, durant les nuits où je ne le voyais revenir que lorsque j'étais déjà couché depuis longtemps ? Est-ce que le travail l'aidait à oublier ça, comme je le fais de temps à autre moi-même... ? Il est pourtant clair, maintenant, que le problème est plus grand que je ne l'aurais cru. Ou du moins, plus que ce que je savais : j'en voyais l'ombre, mais pas l'apparence. Et, désemparé, j'en viens à sortir des bêtises ordinaires, des phrases de réconfort que je pense, mais qui, je me le dis, doivent être bien maigres. On ne « guérit » pas (et déjà, le terme de guérison pour parler de troubles, ça me hérisse le poil) de ce genre de choses avec un peu d'amour et de jolies phrases. Mais ça aide, parfois. Et j'espère que je l'aide, juste un peu. Je peux au moins lui assurer ma présence et mon affection, que je n'hésite pas à exprimer.
La main qui se trouvait sur ses côtes s'en va caresser une de ses joues, essuyant distraitement les pleurs que j'y trouve. Je m'éloigne un peu de son oreille pour le regarder dans les yeux, même si je sens que la vision me fend le cœur. Je sens quelque chose me picoter dans ma poitrine, qui se répand jusqu'à mes propres yeux. Je me retiens, moi aussi, de pleurer par faute d'empathie.

« Je suis là. Je vais rester là, et on va s'en faire beaucoup, des souvenirs, d'accord ? »

Malheureusement, être un peu fusionnel, ce n'est pas drôle. Ce n'est absolument pas agréable, souvent, dans ce genre de cas où le malaise de Samaël me heurte de plein fouet, et qu'imaginer qu'il ressent tout ça me fait donc aller mal également, et ainsi de suite. Pour l'instant, je dois lui dire ce qu'il a besoin d'entendre, et ce qui est vrai, même si c'est évident. Ma voix ne peut malheureusement retenir un ou deux trémollos alors que je tente pourtant de la rendre calme et apaisante, maîtrisée et stable. Évidemment, ça se saurait, si j'étais parfaitement en contrôle de moi-même ; je suis assez lucide pour avoir conscience du fait que je passe ma vie à compenser.
Je ne compense rien, pourtant, là. J'essaie juste de l'aider. De lui faire comprendre que ce n'est pas le moindre souci de communication dans notre relation qui va me faire partir, que si son désir d'enfants m'a effayé car le sujet est sensible chez moi, et que j'ai quelques problèmes à régler de mon côté avant d'envisager la question, je ne vais pas claquer la porte pour si peu. Je ne suis pas avec lui pour une raison d'habitude, car je suis bien trop... Disons que je ne supporte pas les gens si je ne les apprécie pas, et je ne reste absolument pas avec des gens si il me casse les pieds. Je veux dire, quand quelqu'un me soule, je me tire, et basta ; aucune raison que ce soit différent dans une relation amoureuse. Ici, j'ai envie que ça marche. J'ai envie qu'il soit heureux, et, même si j'ai toujours un peu honte d'avouer ça, j'ai envie d'être heureux, mais avec lui.

Je le ramène davantage contre moi. J'ignore si ses pensées vont se stopper : très probablement que non. Mais en attendant, je veux lui montrer qu'il peut se permettre de les exprimer. De mettre fin au cercle vicieux dans lequel il était, et qui l'a tant blessé que je me retrouve désemparé par toute la souffrance que je vois maintenant. Je ne peux pas faire les choses à sa place, mais je veux qu'il sache qu'il peut le faire.

« C'est fini. Tu vas pouvoir te reposer, et rester ici tout le temps qu'il faut.»

Je crois, de toute façon, que je mordrais quiconque tenterait de s'oppposer à ça. Et je suis sérieux ; si vous saviez ce que j'ai répondu quand la compétition a appelé... Je n'aurais pas dû être aussi désagréable, d'ailleurs, et je n'ai pas d'excuse, mais je crois que mes nerfs ont lâché et que je me suis un peu trop défoulé par la même occasion.
En outre, quand je parle de rester ici, je ne parle pas que de la maison. Il a le droit, aussi, de rester auprès de moi. Je veux qu'il reste, pour être tout à fait sincère. Je me sens quelque peu coupable de l'avoir fait douter de ma volonté par mes paroles, maladroites et confuses. Je ne peux, pour l'instant, que faire de mon mieux pour éclaircir tout ça. Mes deux mains viennent entourer son visage que j'aime toujours autant toucher, et dont je caresse les joues avec la plus grande douceur possible. Je fais se croiser nos regards, pour qu'il se rende compte de toute ma sincérité.

« On trouvera, pour les projets. On a tout le temps d'en discuter et d'y penser, c'est rien, tout ça. On y réfléchira ensemble, c'est promis. »

Je crois, que ça, je viens seulement de le comprendre moi-même. Au fond, toutes ces incertitudes n'ont aucune valeur si elles nous provoquent, et surtout à lui car je ne m'inquiète pas trop de moi-même, de pareilles angoisses. Je ne les laisserais plus, en tous cas, faire ceci.


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16H
ft. Samàlamaison

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DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Livie A. Vulpino & Alice C. Donovan
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Jeu 16 Aoû - 21:22


&&&



L'hôpital
La charité
"et des vacances forcées"

En silence, je me blottis contre lui, n'ayant pas osé lui demander la permission pour, même si j'en rêvais. Et que j'en avais bien besoin, en ce moment. Ses câlins commençaient à me manquer cruellement et je n'aurais pas hésité longtemps à l'envie de me tenir encore éloigné de lui physiquement, alors que je craignais que nous nous éloignions déjà mentalement. Son corps me donne toutefois un réconfort immense alors que je me sens, finalement, toujours aimé. Pas que je pensais réellement le contraire, mais je devais avoir quand même la confirmation pour me rassurer, me dire que je n'avais pas totalement merdé auprès de lui même si je n'aurais jamais dû me pousser autant à bout et que ça m'énerve de m'être laissé emporter en sachant inconsciemment qu'une chose pareille allait finir par arriver. Je me permeys de laisser échapper un soupir, un peu brisé par mes pleurs, mais qui trahit un début de soulagement. C'est toujours aussi chaud et accueillant, d'être contre lui ; une sensation qui m'apaise bien plus que ce que j'aurais imaginé même si c'était prévisible, au final. Je permets à mes larmes de sortir si elles doivent le faire, espérant que ça finira par calmer ma crise. C'est généralement ce qui arrive, quand il faut craquer un jour ou l'autre et qu'on finit par y parvenir. Je me sens aussi fragile que de la porcelaine, mais je peux sentir sa douceur dans les mouvements qu'il exécute avec ses doigts sur ma peau. C'est agréable et reposant à la fois. Natsume a toujours su me calmer. Son apparente tranquillité naturelle et sa tendresse jouent sûrement beaucoup, mais ça n'empêche pas son affection de me recouvrir comme un voile bienveillant et délicat.

J'accueille ses mots comme un cadeau inespéré, tant je désirais les entendre pour me rassurer. Bien sûr, je ne le retiendrais jamais si un jour il veut partir. Si un jour il se rend compte que ses sentiments ne sont plus aussi forts et qu'il se rend compte que sa place est ailleurs. Toutefois je peux quand même être soulagé de ce qu'il me dit. S'il veut rester, alors je le garderai auprès de moi, avec plaisir. Et je ferai des efforts pour mériter l'amour qu'il me donne depuis des années et qu'il continue de m'offrir aujourd'hui. Que serais-je devenu, sans lui, je me le demande tous les jours. En même temps, je ne veux pas y penser. Je suis tellement heureux qu'il soit tombé amoureux de moi alors que je n'étais pas encore bien mature et que j'ai causé des problèmes pour lesquels je m'en veux encore. Je crois... non, je suis sûr que je n'aurais pas pu rêver mieux, et ça me va très bien comme ça. Cela doit être pour ça que je n'ose pas le regarder en face. Je dois avoir l'air ridicule. Je n'aime pas quand il me voit dans cet état : j'imagine en plus que ça ne doit pas être appréciable de me voir ainsi, et je regrette d'avoir fondu en larmes comme une madeleine. Mais au fond, je devais le faire ; et il le sait certainement. J'ai du mal à soutenir l'expression de ses yeux noisette, mais je dois pourtant relever les miens pour le scruter. La peine que je discerne dans ses iris me donne envie de pleurer davantage, mais je tente de me contenir, le laissant écarter de mon visage les larmes qui s'y trouvent. Je ne hoche pas de la tête pour exprimer mon accord quant à a sa question rhétorique, mais c'est l'évidence même. Il ne s'attendait probablement pas à une réponse, d'ailleurs. Il le sait. Je serais prêt à le suivre jusqu'au bout du monde. Des souvenirs, nous en avons déjà eu ensemble et il est clair que je voudrai en avoir d'autres avec lui. Des heureux comme des tristes, nous en aurons forcément. Cela fait partie de notre vie.

Sa prise se referme, et je me colle davantage en serrant entre mes doigts des pans de sa chemise. J'inspire lentement son odeur qui a un effet apaisant sur moi, me renvoie à toutes ces fois où je me suis serré ainsi contre lui. C'est presque magique comme je me sens doucement mais progressivement me détendre. Me reposer... J'en rêve. Dormir pour des heures entières, et pourquoi pas faire la grasse matinée : une folie que je ne me serais jamais autorisé auparavant. Et je me rends compte à quel point c'est d'autant plus navrant quand j'arrive à cette conclusion alors que les moments de la journée que je préfère sont quand même les matins que je passe à faire des câlins à mon copain, l'empêchant parfois même d'aller faire son footing extrêmement tôt ; mais jamais il ne regrette, même quand je le fais traîner au lit. Un lit que j'aurais encore plus de mal à quitter que d'ordinaire, je crois, durant les prochains jours qui vont suivre. Je ne vais même pas me plaindre de ne pas m'entraîner assez au dressage Pokémon ; mes alliés seront d'ailleurs sans doute exigent sur mon temps de repos, et je ne doute pas que Synkro s'assurera que j'en ai suffisamment avant de me téléporter en dehors de la Pension. Il n'est pas question que je la quitte très souvent, à vrai dire, il y a seulement un risque que je finisse par m'ennuyer. Durant la première semaine, au moins, je suis sûr de vouloir rester peinard à la maison. C'est pratique, au moins, d'avoir un copain qui travaille sur place, puisque je ne serai pas très loin de lui en cas de problème. Ou tout simplement si je manque d'affection. Je fais généralement en sorte de ne pas trop absuer quand il bosse, mais possible que je ne puisse pas m'empêcher d'aller le voir ou de profiter qu'il soit un peu plus faible que d'ordinaire pour lui réclamer des cajoleries.

J'avais... vraiment peur qu'il s'en aille. Je suis prêt à faire tous les efforts nécessaires pour qu'il reste auprès de moi, parce que je ne demande rien d'autre. Pendant une seconde, j'ai regretté d'avoir parlé des enfants quand je me suis rappelé que ce sujet ne le mettait pas du tout à l'aise, mais il n'a pas l'air d'en tenir rigueur pour l'instant. Il essaye surtout de me rassurer, plus que de se rassurer lui-même, j'ai l'impression. D'ordinaire, c'est moi qui dois tenter de lui insuffler mon optimisme en lui disant que ça ira, qu'on surmontera les épreuves ensemble. C'est inhabituel qu'il soit celui qui rassérène l'autre, mais avec les troubles et les questions qui m'ont submergé la tête durant les derniers mois, je ne suis pas étonné, en fin de compte. Le mariage, les gamins... C'est ma faute si ces histoires ont été abordées. Je ne lui ai jamais demandé de me fournir de réponse immédiate, surtout en ce qui concerne une éventuelle parentalité, mais je crois que ça le préoccupe également plus que ce que j'aurais cru. C'est pour ça qu'avec égoïsme je prends volontiers ses paroles qui se veulent sécurisantes. Je m'entendrai presque... S'il était dans ma situation, c'est également probablement ce que je lui aurai sorti. Je ne comptais jamais me projeter sans lui, de toute manière. Son opinion est extrêmement importante ; jamais je n'oserais déclarer d'office telle chose ou une autre. Comme je l'avais déjà dit à ma mère, si j'ai des enfants un jour, ce sera avec lui ou personne. J'ignorais ce que j'aurais fait si nos avis avaient été trop différents, mais je suis trop dépendant de lui, à présent. Je ne peux pas m'imaginer une vie sans lui, sans cet éleveur à qui je dédie tout ce que j'ai. Il est le seul à pouvoir calmer mes pleurs, à pouvoir me donner envie de parler, de dire ce que je ressens aussi directement alors que les émotions se bousculent dans ma poitrine et dans mes pensées.

« P-Peu... importe... »

Mon regard ne se porte plus sur lui, cherchant dans le vide des réponses que je ne trouverai jamais. Mes yeux dorés contemplent ma main qui vient glisser contre le torse de Natsume pour atteindre sa clavicule. D'une faiblesse qui me surprend, j'essaye de prendre la parole, même si je balbutie et que ma voix a du mal à articuler à cause de mes sanglots encore présents. Je puise du courage dans la volonté de vouloir le soulager lui, à son tour, alors que j'ai dû lui imposer sans le savoir des dilemmes qui n'ont jamais eu pour but d'en être.

« Peu importe... pour le mariage ou... ou d'autres projets. Tu sais... même si tu refuses, je... Je resterai avec toi. Je serais... patient. »

Ces mots me coûtent encore un peu trop à prononcer, mais je ne peux pas me mentir à moi-même. Si avec Natsume nous devons vivre juste à deux durant toute notre vie, alors je sais que je pourrai m'y faire une fois que j'aurais dépassé mon envie de fonder une famille avec lui. Je me rends bien compte toutefois que le penser comme ça n'est pas aussi simple que de le vivre, mais quand je sais qu'il faudrait aller vers quelqu'un d'autre pour avoir des enfants si Natsume n'en veut pas, alors je n'ai pas de doute là-dessus. Ce n'est pas une solution qui me conviendrait. Je m'en voudrais de le quitter juste pour des envies que je trouve aussi personnelles, ce serait idiot, et ça surprendrait mon entourage entier, je crois, moi le premier. Mais la vérité est indéniable : je l'aime bien trop pour m'en aller, alors je ne veux pas l'angoisser non plus avec tout ce qui concerne le mariage et le reste. Je ne l'obligerai jamais et nous n'en avons pas besoin.
Lentement, je laisse reposer ma tête contre une de ses épaules, et expire légèrement. Mon cœur se calme, mes pleurs aussi. Mes tremblements ont cessé. Même si j'ai toujours mal à la tête, c'est devenu bien moins lourd tout à coup, à présent que j'en ai parlé. Mes mains se permettent de descendre jusqu'à sa taille pour l'entourer et ainsi faire en sorte que je me colle davantage contre mon copain.

« Je compte sur toi... pour me reposer. Si tu me laisses... un peu de temps... j'te promets... j'vais m'améliorer... Je n'ai pas envie que... ça recommence... »

Je ne crois pas pouvoir refaire un malaise sans que cette fois-ci les conséquences soient plus graves encore, et pour tout dire l'expérience n'est pas plus attirante que ça. Comment je vais m'y prendre pour éviter la récidive, ça... Déjà je crois qu'il y a deux ou trois mots que je vais devoir toucher à mon cher collègue, même si ça ne m'enchante pas plus que ça. Et surtout, il va falloir que je m'impose des limites, sévères mais justes. Je ne peux pas faire en sorte que ça se reproduise. Je n'en ai pas envie. Mais j'ai la volonté de faire mieux. De faire quelque chose, au moins. Plus de nuit blanche, plus de cernes sous les yeux, plus de face de zombie, plus rien. Il est temps que je me bouge et que je me reprenne lentement mais sûrement en main.

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Natsume Miyano
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Dim 19 Aoû - 10:40


L'hôpital, la charité et des vacances forcées

"Quand tu joues à l'infirmier éco-plus"
Ce n'est pas comme si je voulais être pessimiste, la plupart du temps. Vraiment. Et oui, j'ai parfois eu tendance à être edgy pour compenser, et je le suis parfois encore un peu, je ne vais pas mentir. Mais c'est comme ça, j'ai beaucoup de mal à tomber dans les grands discours optimistes, et ce n'est pas comme si je n'essayais pas de mon côté. Je n'ai pourtant pas senti de grande résistance en provenance de moi-même pour aujourd'hui, pourtant. J'avais juste envie qu'il entende ça, je crois, car je pense en être convaincu.
Je n'attendais pas de réponse de sa part, à vrai dire, mais voilà qu'il essaie de se mettre à parler, et je me tend. L'expression de mon visage s'assombrit sous l'effet de l'inquiétude et je grimace, l'intérieur de ma poitrine malmenée par le fait de l'entendre sangloter, même plus faiblement. Tout de suite, je me mets à marmonner.

« Non, t'es pas obligé de... »

Je le connais assez pour avoir une idée de ce qu'il va dire ; je les vois venir, les paroles pour me rassurer ou me mettre à l'aise, pour s'excuser, alors que ce n'est pas moi qui suis à bout de nerfs, actuellement. Je n'ai pas envie qu'il se force à faire ça, mais... Mais en même temps, le laisser parler est peut-être mieux. Peut-être qu'il y pense depuis un moment, et c'est fort probable, d'après ce que je vois. Lorsqu'une de ses mains vient se poser sur ma clavicule, ma main droite vient la trouver pour s'apposer au dessus, dans une tentative de soutien, bien maigre je m'en rends compte. Je ravale la salive en remarquant sa voix résonner avec autant de difficulté, et laisse mon autre main caresser son ds, le visage peiné.
Il n'a pas besoin de me rassurer maintenant. Mais je sais, ainsi, qu'il a dû y penser pendant un temps. Je savais que tout ça le tracassait tout le temps, en réalité, mais j'étais moi-même un peu trop égoïste pour reprendre la parole. Le sujet lui tient bien plus à cœur que moi, il faut dire, alors j'ai une petite idée du fait que tout cela a dû lui repasser en tête un bon moment. Mon regard s'obscurcit un peu et je soupire, particulièrement désolé. J'aurais pû faire mieux. Et je... J'aurais pu être là, pour ça. Enfin, je ne sais pas. Je crois que je chercherais toujours à me mettre la responsabilité sur le dos, dans cette affaire. Pour l'instant, je n'ai pas grande capacité autre que celle de lui faire des câlins, malheureusement. J'ai l'impression, pourtant, que ses tremblements se calment petit à petit, notamment lorsqu'il vient entourer ma taille par le biais de ses bras, ce que je le laisse faire, rassuré par l'once de stabilité que je crois remarquer. Je ne sais pas si il se sent mieux, mais je suppose que la situation est un peu moins mauvaise.

Je soupire un peu face à ces derniers propos. Bien sûr, que je vais l'aider dans la mesure du possible, mais... Mais il n'a pas besoin de me rassurer moi, par Arceus ! Je n'attends pas à ce qu'il « s'améliore », ça ne fonctionne pas comme ça. Je sais, pourtant, que c'est son état qui parle. Je ne faisais pas vraiment mieux, quand il s'agissait de parler de ma dépression, il y a quelques années. Il est normal qu'il veuille être sûr de ne pas revivre la même chose. Je hoche de la tête, ne me sentant pas de faire de grandes phrases qui ne feraient pas forcément sens.

« Tu n'as rien à me promettre. Prends juste tout ton temps. »

Pour être honnête, je crois que l'on va à être deux, à se reposer. Et ce sera très bien.


Je n'ai pas mis à longtemps à m'endormir, personnellement. Après une soirée calme où je me suis surpris à manger au lit, pour une fois (sur une plaque faut pas déconner tout de même, les miettes c'est dégoûtant), j'ai donc fait une nuit complète, pour une fois. Enfin, du moins, quand je me suis permis de le prendre contre moi pendant la nuit, mon sommeil en a été grandement amélioré et j'ai fermé les yeux tellement vite que je crois en avoir même oublié de me laver les dents avant. Mon malaise s'était un peu amenuisé après cette conversation, et, inconsciemment, mes muscles s'étaient détendus de telle sorte à ce que je ne ressente plus de douleur d'articulations au réveil.
Comme souvent, c'est moi qui me réveille en premier. D'ordinaire, soit je l'attends, soit je descends pour vaquer à mes occupations, quitte à ce qu'il râle en réalisant que je ne suis pas là au petit-matin. Toutefois, je sens bien que mon corps n'a aucune envie de retourner au pays de Morphée, donc il va bien falloir que je me lève. Je me relève un petit peu, assez peu embêté par l'ensommeillement ou le mal du matin ; j'ai toujours été assez rapide au réveil, de toute manière. Et oui, le casse-pieds qui fait déjà 50 choses deux secondes après avoir ouvert un œil, c'est moi, ça vous fera une raison de plus de penser que je suis pénible.

En jetant un coup d’œil auprès de moi, je remarque le corps endormi auprès de moi, et esquisse un début de sourire attendri et tellement sucré qu'il en serait vomitif pour à peu près n'importe quelle personne saine. Il y a quelque chose de rassurant à le voir là, je l'avoue, plutôt que de me réveiller au petit-matin et constater son absence, car il aurait passé la soirée dehors ou même car il serait déjà parti travailler. Je n'ai par conséquent pas vraiment le cœur à le réveiller tout de suite, alors je débarrasse quelques mèches de cheveux hors de son visage, et me relève avec lenteur. En plus, j'ai promis de faire quelque chose, aujourd'hui.
Après quelques préparations que je ne raconterais pas sous peine d'être particulièrement ennuyeux, j'attends devant la porte de la chambre avec patience, tandis que je regarde un enfant maladroit monter les escaliers en colimaçon avec... Disons que je me retiens de tout mon cœur de ne pas me rapprocher pour m'assurer qu'il ne va pas le dévaler par les fesses, vu sa maladresse. En vrai, je grimace pas mal quand je vois ce qu'il tient, et la force avec laquelle il l'empêche de s'enfuir. Pauvre bête, Arceus.

J'ouvre la porte avec douceur quand il arrive à côté de moi, et le laisse s'approcher. Dans ses petites mains, Axel tient très fermement un jeune Brindibou qu'il a capturé à l'occasion d'une sortie avec sa grand-mère et Lyra, spécialement emmené pour l'individu encore endormi. Le petit oiseau n'a pas l'air très satisfait d'être tenu comme un vase, mais sa torture se finit bien vite lorsqu'il est posé avec une certaine rudesse (j'en grimace, j'espère qu'il ne lui écrase pas le ventre) en plein devant Samaël. Embêté par ce qui s'annonce être un réveil rude, je fais un pas en avant, ne serait-ce que pour le contenir un peu.

« Axel, douce-
- Tiens, c'est pour toi. Papa il a dit que c'était ton nanniversaire. »

De sa voix un peu autoritaire de môme qui ne sait pas comment faire les choses et qui énonce des faits pour se sentir plus à l'aise, il marmonne son explication. Et je crois qu'il est gêné, en fait, car voilà qu'il se met à baisser le regard après ses paroles, et au vu de ses traits froncés dans une expression embarrassée. Il confirme d'ailleurs mon hypothèse lorsqu'il sort de la chambre avec des pas peu naturels, et j'entends la porte de sa chambre se fermer très  peu de temps après. Je suppose qu'il va se recoucher en attendant que sa grand-mère vienne le chercher, comme chaque matin depuis le malaise de Samaël. Il n'a pas l'air très perturbé par ces petites vacances chez elle, d'ailleurs. Je sais juste que ce matin, il tenait tout particulièrement à faire ce geste, de telle sorte qu'il avait bien insisté auprès de Kagami pour qu'elle le ramène hier soir avant de dormir pour qu'il puisse faire son « cadeau » le plus tôt possible. Je n'ai pas trop compris, mais... J'sais pas. C'est un môme, comme si j'allais comprendre, hein. Me rendant compte que ça doit être un peu confusant, je me gratte un peu la nuque, m'asseyant sur le bord du matelas avec une certaine maladresse.

« Hm, euhm... Je sais que c'est un peu brusque comme réveil, désolé. Mais il était vraiment, vraiment impatient de te l'emmener, alors j'espère que ça compensera un peu. »

Le pauvre piaf doit être un peu confus, aussi, d'ailleurs. Je pose la ball sur la table de nuit, pour qu'il puisse s'en saisir quand il le veut, car j'imagine qu'il n'a peut-être pas envie de supporter ça tout de suite. Après hier soir, je me sens mieux, mais une certaine malaisance me parcoure encore, qui disparaîtra bien vite toutefois. Je suppose que je suis juste un peu nerveux à l'idée qu'il soit lui-même encore mal à l'aise, donc si ce n'est pas le cas, cela me passera. J'ose espérer que, même si il n'a jamais été fan de son anniversaire, cela lui mettre un peu de baume au cœur. Et oui, c'est moi qui parle.

« Ah, et tu choisis où on va et ce qu'on fait, aujourd'hui. On peut rester à la maison ou sortir, comme tu le préfères. »

Je hausse les épaules, l'air désintéressé. Tant qu'il ne me dit pas qu'il a envie d'aller remplir des papiers, je crois que j'accepterais à peu près tout. Et oui, même aller manger du fast-food au petit-déjeuner.


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ft. Samàlamaison

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DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Livie A. Vulpino & Alice C. Donovan
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Samaël Enodril
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MessageSujet: Re: L'hôpital, la charité et des vacances forcées {PV Samiche   Hier à 13:46


&&&



L'hôpital
La charité
"et des vacances forcées"

Je n'ai pas d'obligation. Je ne devrais pas dire de telles choses alors que je suis fatigué et encore un peu à l'ouest, mais je le pense sincèrement. J'avais juste oublié de lui dire. Lui dire qu'il pouvait refuser ma demande, s'il le voulait, je ne lui en voudrais pas. Cela ne changerait rien. Ma décision est prise depuis longtemps, et c'est lui que j'ai choisi. Mais le pauvre, je crois qu'il ne comprend pas pourquoi je dis ça. J'aimerais le rassurer, lui dire que personne ne m'a forcé. Je suis toutefois trop exténué pour ça. Et je suppose qu'il y a peu de chance que les mots marchent, de toute manière. Il verra bien que je suis honnête et que ce n'est pas ça qui va influencer quoi que ce soit. J'aimerais insister parce que je crains qu'il prenne peur comme le jour où j'ai demandé sa main. Je suppose que lui aussi a besoin de temps. Durant mon temps de repos, de toute façon, je n'aurais que ça à faire, d'être patient. Ce n'est pas dans mes habitudes, en général, mais quand ça le concerne, je peux faire des exceptions. C'est terrible, j'ai juste envie de m'endormir, là. Quand j'entends mon ventre qui commence à grogner famine, toutefois, je sais que ça ne serait pas raisonnable non plus de me coucher avec l'estomac vide. Alors une fois que j'en ai fait part à mon copain et qu'il va très gentiment nous ramener quelque chose sur un plateau (malgré mes protestations pour l'aider mais je crois que si je fais un pas en dehors de cette chambre je suis mort), nous finissons par nous endormir, non plus dans mon bureau comme je l'ai fait trop de fois, mais dans ses bras, qui sont quand même bien plus chauds et accueillants.

Et comme les quelques heures précédentes où je pouvais dormir sans devoir me réveiller en stressant que des tâches administratives barbantes devaient être faites, je fais une nuit complète comme je n'en faisais plus depuis des mois. Je m'endors tellement vite que j'ai même un trou pendant un court instant de ce qui s'est passé la veille. Mes paupières sont encore lourdes, lorsque je me réveille, mais je n'ai plus envie de dormir. Auparavant, j'avais toujours l'impression qu'il me manquait quelque chose. Là, je me sens comme complet. J'ai retrouvé les heures de repos que j'ai fui trop longtemps. Et ça fait du bien. Je me sens encore ensomeillé, mais prêt malgré tout à démarrer la journée. Remarque, comme mon copain est à mes côtés, j'aurais sans doute envie de rester près de lui malgré tout. Je dois constater, toutefois, une présence absente quand je prends la peine de m'étirer légèrement et que je vois, en clignant plusieurs fois des paupières devant ma vision qui devient progressivement plus nette, que Natsume n'est plus là. J'étends ma main pour être sûr que je ne rêve pas, et me dis qu'il doit probablement déjà faire le petit-déjeuner en bas. Oups, j'ai peut-être dormi beaucoup plus longtemps que je ne le pensais, finalem-...

« WAAAH ! »

Brusquement, en sentant un poids écraser une partie de mon corps, je sursaute d'un bond en poussant un cri paniqué et surpris, cette fois-ci complètement sorti de mon état de semi-conscience dans lequel j'étais encore y'a à peine une seconde. Les yeux grands ouverts et le cœur battant à tout rompre, j'examine la pièce pour y trouver... des plumes qui volent un peu partout sur le lit ?.. Mais également différents protagonistes qui viennent d'arriver et qui ont plus ou moins quelque chose à faire là. Il n'est pas très étonnant que Natsume soit présent, puisqu'il est revenu, et on peut dire que, comme Axel vit également sous notre toit, il n'est pas rare qu'il vienne dans la chambre de temps à autre. En revanche, le Pokémon qui m'a sauté dessus n'est pas connu au bataillon, et si je devine son espèce aisément, ce n'est pas sans une énorme curiosité que je le dévisage.
... Un Brindibou ?
Ce serait un mensonge de dire que je n'ai jamais désiré capturer ce Pokémon. Je suis totalement fan de lui et de ses évolutions depuis qu'ils ont été découverts ici sur Enola, et je rêvais d'au moins en croiser un, surtout à l'état sauvage. Puisqu'il est de type vol durant son stade de base, en plus, je me suis dit qu'il pourrait être sympa à avoir dans mon équipe, aussi. Mais comme il est assez rare, je n'ai jamais pu mettre la main dessus. Alors en voir un, là, juste sous mon nez... Je gagate intérieurement, hein, mais je suis plus interloqué qu'autre chose, à l'heure actuelle. Ma stupéfaction a dû se voir, d'ailleurs, car avant même que je ne puisse poser la moindre question, Axel m'explique en marmonant presque la raison de cette étrange apparition.
... Oh merde. Mon anniversaire. Je l'avais complètement oublié.
Abasourdi et muet sur le coup, je ne sais pas trop quoi répondre face à ça, réalisant à peine qu'on est pourtant bien le onze juillet et que j'ai gagné un an de plus. Mais en dehors de ça, je ne m'attendais pas à ce que l'enfant vienne jusqu'ici pour... m'offrir ce Brindibou, de ce que j'ai compris ?..

« Euh... Euuuh... B-Bah, m-merci, Axel. C'est g-gentil. »

Les éléments s'enchaînent encore un peu vite, pour moi. Il faut que je réalie, là, si j'ai bien compris, que je viens d'acquérir un nouvel allié, du coup. Celui qui vient de m'en faire don disparaît toutefois aussi vite qu'il est apparu. Il était si impatient que ça de me l'amener ?.. Les dessins, maintenant ça... De plus en plus, je me demande vraiment ce qui se passe dans la tête de ce petit garçon, et à quoi pense-t-il en me voyant. Qu'est-ce que je lui inspire. Mais à ce genre de question, je sais que la réponse risquerait de m'ébahir bien plus que je ne crois.
En attendant, je dévisage l'oiseau qui remet ses ailes en place, apparemment peu friand qu'on le prenne aussi brutalement et qu'on lui fasse perdre quelques plumes. Le Brindibou me fixe un court instant. Il est... vraiment adorable. D'aussi près, c'est encore plus flagrant. Je tente un sourire amical, et le laisse venir vers moi s'il le souhaite. Il préfère rester en place pour le moment et regarde autour de lui l'environnement qui l'entoure. Je ne comprends qu'après la question que mon copain m'a posé, alors qu'il attire d'ordinaire toute mon attention.

« Ah euh... »

J'ai encore zappé que c'était ma fête d'anniversaire. J'ai un peu de mal à le croire, en fait, vu que j'appréhende toujours un peu ce jour. Pas que je le déteste, mais je ne sais jamais vraiment comment l'accueillir quand il arrive. Au moins, ça me fait oublier temporairement le malaise que j'ai eu. On dirait une journée normale, et que rien de particulier ne s'est passé il y a quelques jours. Déjà, bizarrement, je me sens mieux. Ou plutôt, je me sens bien. Mes jambes sont beaucoup plus légères qu'avant, alors j'imagine que nous pourrions aller dehors, si ça ne le dérange pas.

« Ce serait pas mal, de sortir... »

J'aime bien la maison et la forêt autour, mais je trouverais ça dommage d'y rester alors qu'il y a sûrement des choses que nous pourrions faire à l'extérieur, comme... Bah c'est un jour spécial. Et puisqu'il est d'accord, je pensais également en profiter. Je ne sais néanmoins pas trop où aller... Là, tout de suite, j'aurais dit le parc d'attraction, comme c'est un endroit que j'affectionne particulièrement. On s'y amuse bien, en général, y'a plein de stands de nourritures grasses partout, et y'a des loopings à sensations fortes. Et j'adore les sensations fortes. Mais je ne crois pas que ça sera possible aujourd'hui. Avec ma perte de conscience encore récente, ce n'est peut-être pas une si bonne idée que de sauter dans le premier roller coaster que je trouve. Et Natsume risque de pas être très très chaud non plus, légitimement. En revanche... Avec la chaleur estivale, il y a peut-être un endroit...

« La plage... J'aimerais bien... aller à la plage. Je pense que... que ça pourrait être chouette. »

Un endroit où il serait sympa qu'on passe un peu de temps ensemble, loin de la forêt. Cela nous changerait d'horizon, aussi. Je sais que l'éleveur s'accomode parfaitement au paysage dans lequel nous vivons, et moi aussi, mais je me suis juste dit... Que pour voir autre chose, c'était la journée idéale. En plus, lui qui n'est pas si friand que ça de la mer, j'ai une occasion où il ne peut pas me la refuser. Je vais d'ailleurs un peu abuser, car il n'y a pas que sa compagnie, qui me ferait plaisir.

« Et... Hm... Tu crois que tu pourrais nous faire des bentos ?.. Du tama... Euh... Ta-Tamagoyaki... ou du karaage, ou... Ou des udons ! »

Aaaah ça y est. J'ai faim. Je sens une drôle de sensation dans mon ventre qui sera bientôt suivi de gargouillis si je parle encore de bouffe. La présence du Brindibou se fait toutefois rappeler puisqu'il secoue ses petites ailes afin que je ne l'oublie pas. Je ne l'ai pas remarqué puisque j'étais concentré sur mon petit-ami, mais le Pokémon s'est finalement approché de moi. Doucement, je lui présente ma main, avant de l'avancer vers lui sans brutalité aucune. Il me laisse la poser sur son plumage, avec méfiance. Une fois qu'il sent toutefois des caresses lui parcourir le dos et la tête, je le sens qui se détend un peu sous ma paume. Attendri, j'esqusse un sourire. Il va me falloir un peu de temps avant que je ne me fasse à ce nouveau compagnon, mais je crois que je vais pouvoir rapidement m'y habituer. Hé... C'est un double types, en plus, non ?.. Vol... Et Plante. Est-ce que Axel s'est rendu compte que ce Pokémon est un représentant de nos types de prédilections respectifs, à moi et Natsu ?..

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