Quoi de neuf sur l'île d'Enola ?

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Mothers (OS) Zzz5


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Mothers (OS)

• Mothers  •feat. Benjamin Elric


Un silence lourd s’est installé dans la maison, interrompu ici et là par une voiture passant dans la rue pourtant très peu passante. Et malgré mon insistance pour que mon fils me laisse rentrer dans sa chambre, le petit blond reste silencieux, enfermé derrière la porte, refusant de venir m’ouvrir. Il s’agit là d’un comportement assez inhabituel de la part du petit blond, qui, bien qu’ayant ses moments, n’a jamais été de nature renfermée. Mais aujourd’hui, ce comportement est loin de me surprendre, ou même de m’inquiéter. Ainsi, je reste assis, dos à la porte, simplement attentif au moindre bruit qui pourrait m’indiquer que Benjamin serait prêt à venir me laisser entrer.

Quelques heures se sont déjà écoulées depuis le début de ce jeu du silence entre nous, et l’inconfort a commencé à s’installer dans mon corps. Pourtant, comme à chaque année en cette journée, je me refuse de bouger. Je me contente d’attendre, endurant la faim, la soif et la douleur qui s’est installée dans mon dos et mes hanches, de par ces heures passées sans bouger. Un fourmillement s’est installé dans mes jambes, et je sais très bien que me redresser sera douloureux. Sauf que je ne peux qu’attendre, jusqu’à ce qu’enfin, des bruits de pas contre le plancher ne puisse se faire entendre.

Dans un grincement venant percer le lourd silence nous entourant, l’enfant finit par m’ouvrir, sans toutefois oser croiser mon regard. Et sans réellement m’attendre, le petit garçon retourne aussitôt reprendre place sur son lit, où l’attend son Lixy, ayant lui aussi adopté un regard sombre. Toujours dans le silence, je me redresse, combattant la douleur de mes membres que j’avais anticipé, pour venir prendre place aux côtés de Benjie sur son lit. Je remarque aussitôt le cadre dans les mains de mon fils, où se trouve la seule photo de sa mère qu’il nous est resté, suite à l’incendie ayant ravagé la maison que nous partagions avec sa deuxième mère. L’image, bien qu’elle ait été partiellement mangée par les flammes, reproduit toujours ce sourire radieux dont se rappelle toujours le petit garçon, malgré ces sept ans le séparant d’elle. Avec une douceur infinie, le petit garçon vient caresser l’image de cette femme aux yeux d’azur.

-Papa…?

Je redresse les yeux vers le petit, qui s’est enfin décidé à parler, sans pour autant défaire son regard de la photo de sa mère, qu’il a perdu il y a exactement sept ans, jour pour jour. L’enfant semble hésiter un instant, mais finit tout de même par relever les yeux vers moi.

-Dis papa, est-ce que tu t’ennui de ta mère des fois?

Je reste surpris par cette question, qui me semble un peu sortie de nulle part. Je ne me souviens pas avoir déjà parlé à Ben de sa grand-mère paternelle, qu’il n’a de toute manière jamais rencontré. J’hésite un instant, ne sachant trop quoi répondre à mon fils, qui semble pourtant attendre ma réponse. Il y a maintenant dix-sept ans que je ma mère n’est plus dans ma vie. Et encore plus, même, maintenant que j’y pense, puisqu’aux yeux de mes parents, j’ai cessé d’être leur fils bien avant mon départ de la maison. Dans ce silence qui a de nouveau envahi la pièce, je me souviens de cette journée, où j’ai décidé de quitter cette famille qui n’était plus la mienne. Comme Benjie, j’avais été abandonné. Et je savais que je devais partir, si je ne voulais pas que cette dix-septième année soit ma dernière.

-Euh, si je m’ennui de ma mère…

Je repense à cette femme, au regard doux, et aux paroles paisibles, toujours prête à tout pour calmer le jeu lorsque des chicanes éclataient dans notre maison d’Amanil. Ma mère était le contraire de mon père. Lorsque lui était prêt à éclater, elle, était plutôt paisible. Lorsqu’il criait, elle chuchotait. Et lorsqu'il pleurait, elle souriait, de ce sourire doux se voulant apaisant. Elle était aimante. Elle était tout ce qu’une mère peut chercher à atteindre. Mais elle n’a pas su le rester, alors que moi j’en avais tant besoin.

-Parfois, oui, je m’ennui de ma mère.


Elle n’a pas su être assez mère pour moi, alors que les choses ont commencés à dégringoler dans ma vie. Alors que j’ai commencé à débouler dans cet escalier sans fin, accumulant les erreurs. Elle n’a pas su être ce guide dont j’avais tant besoin. Et pourtant, oui, il m’arrive de m’ennuyer d’elle. Il m’arrive de ressentir cette solitude douloureuse. Il m’arrive parfois de mal vivre avec cette isolation forcée du reste de ma famille, dont je n’ai plus de nouvelles depuis avant même que je ne sois légalement considéré comme un adulte. Parfois je m’ennui de ses sourires, de ses paroles, de ses câlins. Et parfois, alors que je regarde mes enfants, il m’arrive de regretter de ne pas avoir cette famille normale, où ils pourraient avoir des contacts avec leurs grands-parents.

-Moi aussi, je m’ennui de ma mère des fois.

Le petit a de nouveau baissé son regard, mais cette fois, ce n’est pas pour le poser sur la photo de sa mère biologique, et ainsi, l’espace d’un instant, je me surprends à me demander de quelle mère il parle à cet instant précis. Car au final, Ben n’aura pas simplement perdu une mère au courant de sa vie, mais bien deux. Une lui ayant donné naissance, et une autre lui ayant redonné vie.

Laissant de nouveau le silence retomber sur nous, je glisse mon bras autour des épaules du petit, pour l’attirer contre moi, afin qu’il se couche la tête contre moi, ce qu’il fait en fermant les yeux, et en laissant quelques larmes glisser contre son petit visage.

-Cet après-midi on ira porter des fleurs à ta mère, okay?

Le petit garçon hoche la tête, tout en séchant ses larmes, comme il a dû avoir à le faire bien trop souvent au cour de sa bien courte vie.

(c)Golden
Weston Elric
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Sam 28 Juil - 18:21
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