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Des piafs et des anar - Page 2 Zzz5


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Des piafs et des anar
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Des piafs et des Anar.
avec Bruce Livie
Début Aout 2023 – Anula, début de soirée.
A trainer tout seul dehors avec son verre, Mell allait le finir plus vite que prévu et se retrouver pompette un peu trop tôt. Si ça continue il finira par retourner à la table du JDR et à gueuler sur tout le monde comme un pochetron. Ça lui est déjà arrivé, même si après coup c’est drôle, il ne voudrait pas embarrasser Livie ce soir… Même si c’est déjà fait, en réalité. Ne s’étant toujours pas décidé à ce qu’il devrait faire pour prévenir Livie ou non, il se retrouva à attendre nerveusement en tripottant son téléphone. Le binoclard ne se sentait pas très bien de ne pas lever le petit doigt pour rassembler le courage d’au moins être honnête en envoyant un message à Livie, de peur de passer pour un gros con. Mais encore une fois, ce n’est pas en restant silencieux que les choses s’arrangeront et bref, voilà, il est bloqué ce gros malin, maintenant.

C’est pour ça qu’à force de ruminer dans son coin en pensant qu’il avait fait une des erreurs les plus incurables de toute sa vie (drama superflu, quand tu nous tiens) eh bien, Livie a fini par réapparaitre comme par magie, enfin, sortit juste du bar quand Mell ne s’y attendait pas, pour venir voir le binoclard anxieux.

« Ah ! »

Surpris par son irruption imprévue, le binoclard observa de haut en bas son amie, comme pour s’assurer qu’il ne se trompait pas sur la personne.

« Ah, c’est toi ! »

Dit-il pour meubler le silence et camoufler son malaise. Pas à cause de Livie, hein, mais à cause de la constatation que son comportement avait effectivement inquiété sa camarade de la soirée comme il le craignait. Crispant ses épaules en entendant l’autre s’excuser, Mell ne savait pas comment répondre ou réagir. Est-ce que Livie le pense vraiment, que c’est en partie sa faute s’il a ragequitté comme le sale gros mauvais perdant qu’il est ? Le chercheur se massa l’arrête du nez, toujours aussi coincé, puis osa croiser le regard de l’avocate, la coupant presque quand elle eut à peine fini sa dernière phrase.

« M-mais… A-arrêtes de t’excuser, t-t-t’as rien f-fait ! »

Je sais que je suis pas très facile à vivre… ! Mais j’aime pas quand mes potes se minent le moral à cause de mes… humeurs. Je crois que je préfère encore qu’on se fiche de moi qu’on prenne mes colères trop au sérieux comme ça !


Pour le coup, c’est la première fis que Livie assistait à ça, c’est un peu normal de ne pas savoir comment réagir dans ces conditions. Leanne l’aurait juste laissé bouder dans sa chambre en lui envoyant son regard le plus blasé, tout comme Natsume, d’ailleurs. Le binoclard aimerait assurer en toute bonne foi qu’il n’est pas mauvais perdant à cause d’un certain manque de reconnaissance et probablement en partie à cause de son côté perfectionniste mais… Bon, ce serait un peu hypocrite. Sur le moment, le razibus a rouflaquettes se disait que c’était mieux d’aller rager dans son coin plutôt que d’en faire profiter tout le monde, au risque de passer pour un drama-queen.

Car je ne suis pas duuu tout un drama-queen…. Hein… ?

Enfin, du coup, il avait dit à Livie de ne pas s’excuser, mais fallait pas la laisser en plan avec ça non plus. Ne sachant comment formuler ses prochaines paroles, Mell soupira et passa une main sur sa nuque.

J’te jure, c’est bien la peine de faire la morale à Tristan et de me fiche de Sam quand il pètent des câbles pour des trucs qu’y me semblent pas si terribles que ça, quand on voit dans quel état je me mets pour si peu.


« B-bah… J’veux bien aller marcher un p-p-peu, ouais. M’fin, t’sais… J’suis j-juste un très g-gros, euh… enf-fin… juste un peu… »


Quand même, faut croire que ça lui coûte un peu de l’admettre, vu comme il essaie quand même de faire croire qu’il n’est pas atrocement chiant à vouloir gagner aux jeux de société et qu’il est « juste un tout petit peu mauvais joueur ».

« … B-bah, ma s-sœur dit souvent que j’suis un s-sale mauvais perdant. C’pas f-faux, hein… »


C’est un peu facile et assez lâche de se justifier en plaçant des mots un peu approximatifs (quoique pas vraiment) dans la bouche de Leanne qui est absente. Enfin, ça joue au type bsympa mais ça lui arrache quand même un peu la gueule de s’excuser, au Straum, des fois. Même si là, ce n’est pas qu’il n’en a pas envie, hein, c’est juste par rapport au fait de se montrer « vulnérable », en quelque sorte. Il sait bien que ce n’est pas en s’excusant qu’on a l’air vulnérable, c’est plutôt l’inverse, ça montre au moins qu’on évolue un peu de ses erreurs, mais, Mell a la sensation qu’il s’excuse parfois de manière compulsive et ne veut pas que ses amis trouvent ça relou chez lui.

Et, oui, ok, je sais ce que vous pensez, j’avoue, je suis orgueilleux et je suis très susceptible, voila, vous êtes contents ?!

« J’voulais p-pas gâcher t-ton amus’ment, hein, j’suis d-désolé, Livie… S’tu veux t’peux r’tourner j-jouer avec eux, p-ptet que j’viendrais r’garder quand j’serais moins c-con. »

Termina-t-il par dire en se relevant, tout penaud et ne voulant pas croiser le regard de son amie.

L’auto-flagellation ça va peut-être aller deux minutes aussi, hein, Mell.

« M’enfin tu t’débrouillais b-bien en v-voleur, héhé ! Le soucis c’est qu’t’avais autant la p-p-poisse qu’moi aux d-dés ! »


Dit-il pour essayer de rire de ce qui s’est passé au bar, tout en marchant doucement vers la rue, abandonnant son verre sur la terrasse histoire de ne pas le voler au bar par inadvertance. Il se dit qu’à cause de ce JDR, il doit déjà être « persona non grata » dans ce bar, du coup, autant ne pas empirer son cas.

Et en plus je ne marche pas très droit là, tout de suite, super la réputation de rageux pochetron !

Il souffla un peu et inspira profondément en voyant que son équilibre n’était pas au top, histoire de se concentrer sur les pavés Anuliens.

«D-Donc… T’penses que ça va s’passer c-comment ? J’p-peux p-pu passer au ba-bar parc’que j’suis un apo-poticaire v-véreux ? »

Il eut un rire bref mais regarda ses pieds tout en marchant. Il soupira de nouveau. Il a l’impression d’avoir rétrogradé dans ses convictions politiques, vu comme il s’était fait rabrouer pour son RP un peu foireux, comme s’il aurait vraiment été capable de faire ça. Mais le fait qu’il soit encore obsédé par ça prouve bien qu’il n’a pas l’esprit vraiment tranquille.

« M’fin, héhé. Collabo un jour, hein… »


Mell réalisa que si ça avait été à un autre endroit et avec des personnes aux idées moins affirmées (du moins, en apparence), il n’aurait probablement pas pris ses gaffes autant à cœur. Enfin, il a la sensation qu’il n’avait pas sa place ce soir dans ce bar de toute manière avec son lien avec le Régime passé et la morale qu’il faisait à Leanne un peu trop souvent sur le fait qu’il valait mieux e préserver sous la coupe des plus forts, mais que ça voulait pas dire les supporter pour autant.

Ouais, tu parles, j’essayais de me convaincre moi-même et de la blâmer alors qu’y se gênaient pas pour continuer de couper les vivres…

« T’sais, j’sais pas trop s-si j’ai ma place d-dans ces lieux, en f-fait. ‘Fin, y’a pas 7 ans j’me disais enc-encore que les Régimeux ét-taient m-moins d-dangereux que les g-gens qu’ess-ssayaient de f-faire valoir leur d’droits et leur d-désir d’ind-dépendance. »

Pourquoi je lui raconte tout ça ? Livie a autre chose à faire qu’écouter ma complainte d’intello en désir de repentir !

Il se crispa, rendu honteux par ses propos. En plus, il ne sait pas trop pourquoi une simple partie de jeux de rôle dans un bar et quelques réactions désapprobatrices vis-à-vis de sa stratégie douteuse le met dans cet état. Sur le coup il s’était rassuré en se disant que c’était quelque chose qui ne lui ressemblait pas du tout, que c’était juste pour le jeu, mais… Jouer à l’autruche et choisir la solution passive sans penser aux conséquences, en fait, c’est bien son genre, hein.

« ‘Fin… Ma sœur ess-ssayait d’m’ouvrir les z’yeux à l’époque où j’bossais ch-chez eux et m-moi j’tais juste un p’tit con qui pensait t’jours avoir r-raison p-parce qu’y m’payaient t-trois francs s-six sous… B-bref ! »


Il sentit qu’il s’emportait un peu et souffla pour se calmer, tout en se massant l’arête du nez. Le ponch tapait un peu fort, ou alors c’était juste des mauvais souvenirs anxiogènes qui remontaient au mauvais moment.

Qu’est-ce que je lui bafouille… J’espère presque qu’elle pigera pas, pour une fois, parce que je suis tellement ridicule et pathétique, là !

« Hem… Enfin… J’sais p-pas trop pourquoi j’te raconte ç-ça, d-désolé, c’lourd. C’est p-ptet le punch qui me monte à la t-tête, haha ! »

En passant une main sur sa nuque, le medecin chercheur se tut quelques instants, redoutant un peu que Livie réagisse mal à ses propos ou au ton qu’il avait employé. Il se rappela qu’il en avait un peu zappé les politesses et qu’il avait un peu l’air d’avoir passé ses nerfs sur l’autre.

« Mais… ç-ça va, toi, qu-quand même, après… ? Enfin, la p-partie, quoi… »







Mell pique ses crises et se la pète en #663300.
RPs : Easton, Tristan.

DCs : Cobaltium, Tobito, Alexander, Angarade, Ludwig et Lionel.
Mell Straum
Scientifique
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Lun 28 Jan - 1:38
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>>>Des piafs et des anar
>>> FT. Mell Straum
Livie ne lui en aurait pas vraiment voulu si il avait été énervé, après tout. Ce ne serait pas la première fois qu'iel aurait agacé quelqu'un malgré toutes ses précautions, dans les faits. L'avocat.e, en effet, ne comprend pas tout le temps pourquoi ses paroles et ses faits parfois franchements incorrects peuvent susciter de la peine. Ce n'est pas pour autant qu'iel n'en est pas pleinement pas responsable, toutefois, c'est plutôt qu'iel ne réalise pas tout le temps ce qu'iel fait, et qu'après, rares sont ceux qui lui expliquent ; mais même dans ce cas, ce n'est pas pour autant la panacée. Livie essaie malgré tout à chaque fois de « réparer » les soucis causés, quitte à tomber dans l'auto-caricature et dans l'excès d'excuses et de paroles se voulant auto-dénigrantes. Une vieille habitude qui ne l'a pas quitté depuis les premiers reproches de sa mère, et qui s'exprime assez maladroitement maintenant, alors qu'iel examine attentivement le visage de Mell à la recherche de la moindre trace d'un souci.
Au moins, ce dernier était d'accord pour aller faire un tour. Pas que rester sur place à attendre le déluge aurait été une très bonne idée, de toute façon, alors Livie hocha vivement de la tête, esquissant le début d'un sourire jovial pour mettre à l'aise son camarade. Son regard, toutefois, a du mal à quitter le visage de ce dernier qu'iel dévisage sans grande honte, attentif à ce qu'il tente de dire. Au début, l'avocat.e a du mal à saisir, et iel fronce les sourcils sous le coup du mélange de curiosité et de perplexité qu'iel ressent tout à coup. Mell paraît hésitant, un peu à la manière qu'ont certains de ses client.e.s de lui avouer les choses peu glorieuses qu'iels ont pu commettre ; pour cette raison, Livie ne le presse pas.

Probablement qu'iel aurait dû se rendre compte que Mell était mauvais joueur depuis un moment déjà, mais tous les neurones de Livie ne sont pas fonctionnels, et c'est probablement pour ça qu'iel hausse pareillement les sourcils, d'une manière si poussée que l'on pourrait presque croire que c'était une farce. Bah non, Livie est un mou du genou quand il s'agit de repérer ces choses, alors iel affiche un air surpris pendant quelques secondes, continuant d'écouter les propos de son interlocuteur. Ce dernier se confond dans les excuses, penaud, et bien que l'empathie de Livie soit probablement assez ressemblante de celle d'une moule à gaufres, l'avocat.e comprend bien que quelque chose cloche dans les émotions de ce dernier. Ses tentatives de blague lui tirent d'ailleurs tout au plus un regard circonspect, peu sûr.e de la réaction qui devrait être la sienne face à ça. Car oui, encore maintenant, Livie essaie de voir ce qui est attendu d'iel avant de penser à réagir, avec tous les soucis que cela implique.

La suite lui fait petit à petit saisir l'ambiance maussade dans laquelle se trouvait déjà le scientifique auparavant, mais qu'iel ne remarque que maintenant. Mal à l'aise en comprenant la complexité de la situation dans laquelle ils se trouvent, Livie peine à rire des « plaisanteries » de Mell.
D'autant plus que le propos de ce dernier se fait plus sérieux. Le sujet n'est plus simplement le jeu, et probablement qu'il ne l'a jamais été dans les faits, malgré toutes les tentatives de Livie pour prétendre le contraire. Embêté, lae juriste se mord les lèvres, particulièrement hésitante quant à la suite des choses. Un détail, pourtant, lui permet de retomber sur ses pattes, avec toutefois une certaine hésitation et une lenteur dans la voix.

« J'ai pas envie d'jouer si t'es pas là. C'est pas avec eux que je voulais être, héhé. J'suis pas mouru, en plus, j'suis plus fort que ça ! »

Iel esquisse l'essai d'un sourire qui a pourtant bien du mal à tenir sur place. Ce n'est pourtant pas comme si iel n'essayait pas, dans les faits. Et l'honnêteté est présente ; bancale et incertaine, mais tout de même. D'un autre côté, la difficulté que ressent Livie à être honnête avec ses émotions pose problème ici, ralentissant son débit de paroles pourtant anormalement élevé. Cela ne facilite pas non plus ses tentatives de rattraper la conversation, un peu laissée en retard des propos trop rapides du Straum. Iel force un haussement de ses épaules.

« Puis euh, les patrons s'en fichent, et eux ç'que des clients qui t'oublieront vite, de toute façon. Une fois, j'ai saccagé un canapé, bah j'ai rien eu ! »

Le très léger gloussement qui lui échappa aurait probablement dû être un peu plus honteux, car ce n'était pas une histoire particulièrement digne, maintenant qu'iel y songeait. Mais bon, chez Livie, la honte semblait être l'add-on inutile d'un jeu disposant de bien trop de DLC.
Leur marche est lente. Suffisamment pour passer entre les briques colorées et les lumières des établissements encore ouverts, juste en dessous des quelques illuminations d'été qui parsèment les toits d'Anula. Livie connait plutôt bien le quartier, il faut le dire, alors iel n'a pas de grandes difficultés à établir un chemin qui ne les éloigne pas trop non plus de la zone tout en les faisant passer dans des coins tranquilles. Lorsque ses pensées deviennent confuses, erratiques, emmêlées, sortir et passer une bonne heure à fouler les dalles de la ville devient une véritable bulle d'air, comme maintenant. Le jour, c'est parfois trop pour ses nerfs sensibles, avec toutes les stimulations auditives et visuelles : la nuit, c'est un bain de paix. Quelques rires, de temps à autre, s'entendent des cafés, des restaurants et des établissements de jeux qu'ils dépassent, mais au delà, il y a le silence.

Un silence plutôt rassurant à ses yeux, qui lui permet, petit à petit, de songer à ce qui lae tracasse depuis tout à l'heure. Iel sait depuis ce moment-là ce qui bourdonne dans sa gorge, mais les mots ont du mal à sortir. Ils ont du toujours du mal, à vrai dire, et ce ne sont pas les années qui rendent ça plus simple, d'autant plus quand on fait tout pour éviter d'y penser. Ce n'est sans doute ainsi pas une grande surprise que le fait que lorsqu'iel ose reprendre la parole, c'est d'une voix plus faible, plus timorée.

« … Ma mère collaborait. »

Activement. Oh, certes, il y avait ceux qui disaient ne le faire « que superficiellement », et se cachaient derrière des excuses toutes plus lâches et minables les unes que les autres pour justifier leurs actes. Livie avait cessé de chercher à mettre des mots sur ces cas-là, sans doute car cela réveillait trop de choses dans sa poitrine, comme maintenant, pour qu'iel veuille s'approcher de ces potentielles colères. Le sujet d'Olympe est chaud, brûlant, mais glacé au fond de sa poitrine, comme un pic qui transperçait son thorax à chaque fois qu'elle était évoquée. Et ce n'est pas, contrairement à ce que Livie penserait être « le plus humain », une forme de tristesse pour sa mère, qui en est responsable ; mais la peur, la honte, et, bien plus effrayante encore, la rancune.

« Elle est en prison, m-maintenant. Je crois que c'est mieux, e-enfin, j'en sais rien, mais... »

Iel hoche de la tête négativement, probablement bien plus pour se convaincre soi-même que tenter d'argumenter pour son interlocuteur. De toute façon, Livie ne veut pas y penser, tant c'est épineux, et viscéralement évident en même temps ; comme si ignorer un coup de poignard pouvait cautériser les plaies.
Ce n'est pas le sujet, de toute façon.
Oh, qu'elles sont douces à ses propres oreilles, ces excuses. Elles ont bon goût ; le parfum sucré d'un mensonge agréable, qui tente sans grand succès de dissimuler la saveur amère de la réalité. Son regard s'abaisse, comme si la honte de son propre comportement, ou la honte du passé  - allez savoir quelle est la différence –, l'obligeait à fixer les pavés colorés qu'iel foule sans grande impatience ou énergie, tout à coup.

« Des fois, je me dis qu'en ayant grandi à l'abri du besoin grâce au Régime, je suis bien la dernière personne qui peut se permettre de parler politique. Déjà que j'suis pas une flèche... »

Un rire caustique lui échappe. On lui avait bien appris, après tout. C'était « aussi un peu de sa faute », parce que, décidément, « on ne pouvait pas compter sur toi pour subvenir aux besoins de tout le monde ». Ou quelque chose du genre, iel n'était pas sûr, mais déjà, vu le prix des soins tenus à son père, iel avait du mal à se convaincre que tout cela n'était pas un mensonge. Dans les faits, pourtant, le souvenir de la honte est toujours aussi vivace. C'était une honte de privilégiée, le genre qui n'a pas d'autre grand mérite qu'un brossage d'ego si elle ne s'accompagne pas d'actions (et elles ne s'étaient jamais accompagnées d'actions), qui l'avait habité durant toute son adolescence. Après tout, bien protégée, dans un joli quartier, loin de la pauvreté qui rongeait bon nombre de ses camarades d'école, et enveloppée dans la sécurité la plus totale, il était dur pour elle de ne pas comprendre que tout ceci était uniquement du à la participation active de sa mère dans les recherches du Régime quant au Titak. Cette honte s'était mue en indignation, puis, du cocon en était sortie une sorte de chimère, hybride entre colère et profond regret, qui de temps à autre se divise pour aller saccager sa poitrine. Bien souvent, la première réaction de Livie est de les enfermer à nouveau, priant intérieurement pour être laissé.e tranquille.
Mais elle revient. Elle revient à chaque fois que, de temps à autre, vient le sujet du précédent conflit. Et, parfois, Livie dirait qu'il ne s'est jamais vraiment arrêté, dans les faits, et qu'il ne s'arrêtera probablement jamais dans les consciences. Alors à chaque fois, Livie tend à baisser un peu le ton, hésiter, tempérer des propos qu'iel pense pourtant sincèrement, parce qu'iel sait. La honte lui grignote le ventre. Ce n'est pas la même honte que celle de Mell, iel en a bien conscience, et en même temps, ce n'est pas ce qu'iel tente de partager. Non, c'est autre chose. Cette espèce d'impression d'illégitimité, Livie la connait très bien. Probablement que c'est pour ça, au fond, qu'iel compense parfois dans ses interventions politiques, se permettant des saillies bêtement incisives pour alléger très légèrement sa conscience ; un acte aussi égocentrique qu'inutile, dont iel a conscience, au fond. Pourtant, quelque chose continue de lae faire continuer.

« Mais je... Je le sais, ça. Je voudrais juste... Sincèrement que les choses s'arrangent. »

Ce n'est pas de l'héroïsme. Livie aimerait sans doute que ce le soit, car ce serait une belle histoire, un beau récit, où iel aurait une jolie place, mais non, ce n'est pas ça. C'est un peu comme briser un vase, et tenter d'aider à le recoller, sans forcément savoir quoi faire. Une ignorance qui s'illustre tout le temps ; dépaysante, effrayante par son gigantisme et son omniprésente. Pourtant, l'avocat.e se réconforte comme iel peut, comme maintenant, alors qu'un sourire désabusé s'étire sur son visage et qu'iel hausse les épaules, pétri.e d'incertitude.

« Je suppose qu'en vrai, c'est tout le monde, alors c'est un peu bête, héhé. »

Bah oui, c'est bête. C'est toujours bête, ce qu'iel dit. C'est pratique, il faut le dire : au moins, on n'a pas à s'affirmer, ou à se mettre en avant. Puis, généralement, on n'est pas attaqué lorsque l'on fait preuve de ces formes exagérées de modestie – qui n'en sont pas.
Tout n'a pas été dit, pourtant. Les doigts de Livie tapotent nerveusement sur les bords de son trench-coat, et iel détourne le regard, faisant comme si sa fixation soudaine des immeubles anulians étaient parfaitement prévus au programme à la base.

« Moi, je... Je pense que t'as ta place. Tu veux que les choses aillent mieux, alors c'est peut-être juste tout ce qui compte, si c'est sincère. »

C'est sûrement trop naïf, ou idéaliste. Livie a l'habitude que l'on lui dise. Pourtant, même si c'est utopiste, iel est persuadé que si cela l'aide à se motiver un peu plus chaque jour, alors ce ne peut pas être si mauvais, non... ?

Début Août 2023, soirée


DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Natsume Miyano, Alice C. Donovan & Roxanne Novak.
Livie A. Vulpino
Sr de la Confrérie
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Jeu 7 Fév - 1:10
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Des piafs et des Anar.
avec Bruce Livie
Début Aout 2023 – Anula, début de soirée.
Parler de tout ça rappelait amèrement à Mell les mauvais choix qu’il avait fait par le passé. Il pense aussi à la manière dont ces choix ont pu affecter son entourage proche, notamment sa sœur. Certes, il n’en avait pas forcément le choix, mais dans les faits, il se comportait surtout comme s’il avait plus de recul que tout le monde sur la situation. Il comprenait un peu mieux, maintenant, quand Leanne lui disait sur le ton de la plaisanterie et de la nostalgie : « ah ouais tu m’en as fait baver à l’époque, quand même ! »… ça et il devait aussi lui causer du soucis. Tout comme l’ainée lui en causait à lui. C’est parce qu’il n’était pas à l’écoute et qu’il se cachait derrière des excuses de collaborateur pas assumé qu’ils avaient fini par ne plu pouvoir communiquer normalement… enfin, il y avait aussi l’ex de Leanne, le Résistant qui empêchait sa sœur d’en placer une quand il était présent. Bref, c’était un tout mais Mell savait qu’il avait une part de responsabilité qu’il ne voulait plus excuser par son immaturité.

Autant dire qu’il ne pensait plus vraiment au jeu de rôle, maintenant. Même s’il était encore véxé, cette histoire de jeu lui était un peu sorti de la tête même si c’était à l’origine de son comportement actuel. Lui-même ne sait pas trop comment il en est arrivé à déborder à ce point, probablement un peu parce qu’il a bu et parce qu’il a gardé certains remords enfouis trop longtemps. Les reproches inoffensives qui lui ont été faites pendant qu’ils jouaient et le lieu où ça s’est passé a dû également nourrir sa mauvaise conscience. Comme il se disait que ce n’était qu’un jeu, il avait essayé d’en rire, comme il le fait d’habitude, en se moquant de lui-même. Ce soir il n’avait pas le cœur à ça, apparemment. Dès le début, Mell s’était senti plus réactif et susceptible qu’il ne l’est habituellement, à commencer par cette histoire de gâteau. Est-ce parce qu’il ne connait pas bien Livie et que les imprévus se sont succédés et l’ont dont destabilisé et rendu fébrile de gérer tout ça sans pouvoir prévoir quoi que ce soit… ? A chercher des explications et à analyser il allait en avoir pour la nuit. Les vannes de l’autre ne le sortaient pas vraiment de sa torpeur, car à son sens, c’est quand même plus grave de ruiner une soirée qu’un canapé… quoiqu’avec du recul les deux paraissent quelque peu ridicules passé une certaine gêne. Mais le binoclard avait quand même cligné des yeux en arquant un sourcil intrigué…

Mais c’est quoi le bail avec ce canapé… ?

Parce qu’il a du mal à imaginer Livie saccager quoique ce soit sciemment… quoique ça ne lui avait pas posé de soucis de jouer un voleur kéké et téméraire. Mell n’eut pas le cœur a s’apensantir trop longtemps sur ce sujet censé le divertir avant de vider son sac. Ça ne lui arrivait pas souvent et il ne s’attendait pas à faire ça ce soir-même.  

Mais, pourquoi est-ce que Livie doit tout prendre dans la tronche d’un coup, quand même…


Tout ce qu’il avait dit lui trottait derrière la tête depuis un moment. Avant leur installation à Nuva Eja, Mell avait trop de choses à faire pour penser à prendre du recul sur tout ce qui s’était passé et les évènements des 5 dernières années n’avaient pas donné de répit à beaucoup d’Enolians. Ce sont donc des choses enfouies qui remontent à la surface, dont le binoclard aimerait se débarrasser, mais qui font aussi partie de son histoire en tant que personne. Sur le coup, après s’être confié, Mell eut vraiment l’impression d’être le pire nul et le pire pote qui soit et s’excusa, puis Livie reprit la parole pour se confier à son tour, ce qui fit écarquiller les yeux au chercheur sous le coup de la surprise.

Il a tendance à croire que tout le monde est gentil et propre, parmi les gens qu’il apprécie. Son défaut consistant à idéaliser ses proches se retrouve décuplé quand une personne qu’il estime fait une erreur ou commet un acte problématique à ses yeux. Et… il faut dire qu’il applique la même exigence à son propre comportement, démultipliant sa culpabilité et sa frustration au moindre faux pas.  Enfin, pour le coup, Livie n’avait rien fait de mal, mais on ne pouvait apparemment pas en dire autant de sa famille. Du moins, Mell considère que l’avocate n’est absolument pas coupable de ce que ses parents ont pu faire pendant que le Régime régnait. Mais il se sentit honteux quand même, d’avoir travaillé à la Grande Maison. Oh, il n’avait pas sauté le pas pour être soldat, finalement (mais il l’avait envisagé et ça n’avait pas bien tourné), il n’avait toujours été qu’on civil qui passait le balais et surveillait les caméras de l’accueil, rien de secret défense ou de folichon qui l’aurait rendu réellement complice, mais… Il avait quand même joué le jeu et fermé les yeux. Pour les rouvrir une fois que son comportement avait achevé de les mettre vraiment dans la mouise, Leanne et lui-même.

Par contre… Livie, pas une flèche ? Faut quand même turbiner dans son cerveau pour piger tout ce que je baragouine !

« Hein… ? M-mais non… T-t-t’y étais pour r-rien. »


Elle va pas s’excuser d’avoir été bien nantie, quand même ! Tout comme j’irais pas m’excuser d’avoir vécu plusieurs années avec les fins de mois qui arrivaient le avant le 10…

Dans l’absolu, Livie n’aurait pas pu choisir dans quel milieu elle allait naître, même si ça ne met pas tout le monde à égalité au niveau des chances, personne ne choisit ça, alors, dans le cas présent… Bon, certes, ce qui embêtait la blanche, c’est que le Régime l’avait nourrie, en quelque sorte. Et Mell voyait bien quel genre de poids sur la conscience ça pouvait faire peser.

« Enf-fin… C’tait p-pas vraiment la m-même p-pour moi m-mais... m’enfin, j’vois ce qu-que tu veux dire, j’c-crois… »

Peu certain que son intervention serve à grand-chose, le razibus nerd laissa l’autre anarchiste à ses propres pensées, jugeant qu’il n’y avait pas grand-chose de plus à dire. Le silence dura quelques secondes jusqu’à ce que Livie redevienne plus optimiste. Mell ne put s’empêcher de se remettre à sourire doucement, content d’entendre des paroles dans lesquelles il se retrouvait. Oh, certes, il est aussi convaincu que tout de le monde veut que les choses aillent mieux… à quelques exceptions près, sans doute, mais il ne veut pas vraiment savoir ce qu’il y a dans la tête de ces gens-là. Mais de là à trouver ça bête ou même naïf… non, ce n’est pas du tout l’opinion du chercheur, bien au contraire.

« B-Bah… t’sais, c’cool qu’tu d-dises ça, en f-fait… parc’que j’p-pensais aussi être un p-peu stupi-p-pide  de… bah, d’avoir c-comme motivat-tion que d-d’vouloir p-progresser et d’espérer, b-bah… comme t-tu disais, quoi. »

A nouveau, un ange passa tandis que les deux évadés du bar parcouraient toujours les rues au hasard. En observant les immeubles propres et pittoresques et les rues pavées, Mell devina qu’ils étaient aux environs du centre-ville. On a pas vraiment l’habitude de voir des photos d’Anula la nuit dans les informations ou sur les photos type carte postale, mais le scientifique trouvait que l’endroit avait un certain charme, seulement éclairé par des lampadaires  dont la lumière se réfléchissait sur des pavés mouillés par la fontaine de la place par laquelle il passaient à présent.  En inspirant l’air un peu rafraichi et en digérant leur conversation qui lui semblait s’être mieux terminée qu’il ne le pensait Mell s’étira les bras vers l’avant, craquant ses doigts au passage et s’excusa du bruit qui avait brisé le silence paisible du centre-ville. Il ricana un peu en constatant qu’il n’y avait pas foule. Probablement parce qu’ils étaient en semaine.

« Eh bah. C’calme chez t-toi, la nuit ! C’toujours c-comme ça, qu-quand c’pas l’week-end ? »


Plaisanta-t-il pour reprendre la parole, faisant aussi allusion au silence qu’ils avaient laissé passer suite à leur échange.

Bah, quoi vaut mieux en rire aussi, non ?

« M’fin, j’reviendrais, d-du coup. Tu pourras m’m’ont-trer l’fameux ca-canapé, la p-prochaine fois ! Enfin, si tu l’as p-pas total’ment c-cramé, héhé ! »


Il n’en sais rien de si ce canapé a cramé ou survécu mais il essaie simplement d’en savoir un peu plus sur ce sujet qui a l’air fort intéressant. Ce sera surement une bonne manière de terminer la soirée, comme il se fait tard et que le Nuva-Ejien n’habitude pas tout près, même s’il compte rentrer grâce à la téléportation. Cela lui fait une belle jambe, comme l’alcool commence à le faire un peu piquer du nez et rendu là il n’irait pas abuser plus qu’il n’en avait déjà fait. Oh, il lui était arrivé de faire pire, mais le chercheur n’aime pas tant faire d’excès de ce genre.

« H-hé, j’suis d-désolé si j’ai rendu ça b-bi-bizarre m’fin, j’ai p-passé une b-bonne soirée ! C’cool d’m’av-voir un peu sorti ! »


Mell observa un peu les panneaux du centre ville pour repérer les flèches indiquant la direction du centre de teleportation le plus proche. Apparemment, il n’était pas très loin.

« Tu v-vas faire qu-quoi, là ? J-p-pense que j’vais pas t-tarder et p-prendre un téléport, m’fin… pour rentrer, ç-ça ira ? »


Il ne voulait pas laisser Livie dans le nuit seule si c’était risqué. Pas qu’il se disait que son amie ne pouvait pas se défendre seule mais il ne voulait pas avoir de raisons de s’inquiéter un peu bêtement ni avoir l’air d’un gros lâcheur.






Mell pique ses crises et se la pète en #663300.
RPs : Easton, Tristan.

DCs : Cobaltium, Tobito, Alexander, Angarade, Ludwig et Lionel.
Mell Straum
Scientifique
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Jeu 28 Fév - 0:22
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>>>Des piafs et des anar
>>> FT. Mell Straum
« De toute façon, tu n'as jamais su être empathique. Tu as toujours été égocentrique. »

Livie se rappelle vaguement de cette phrase, de temps à autre. Elle revient dans ses pensées à des moments parfois hasardeux, parfois non. Iel ne saurait dire à quel moment exactement elle a été prononcée ; peut-être était-ce au cours de son enfance, ou de son adolescence... Livie se souvient bien de l'expression de sa mère, à ce moment-là. Froide, lassée, un peu énervée, aussi, si l'on s'en tenait à la légère inflexion crispée de ses lèvres. En revanche, iel serait bien incapable de se la figurer précisément. Iel en garde la sensation, logée au creux de son ventre, de sa tête, de ses tripes et de tout son corps. La phrase revient, souvent, comme une houle, abattre son flot de sentiments dans ses poumons inondés ; comme à chaque fois, Livie l'ignore. Elle vient de retourner son ventre.
Les faits sont là : probablement qu'iel ne peut pas comprend. Qu'iel calque son vécu, car il lui est impossible  - ou du moins c'est ce qu'on lui a dit – de se figurer la souffrance d'autrui sans passer par ses propres lunettes. Qu'iel est un empoté, en plus d'être un égoïste. Livie a bien compris tout ça. C'est enregistré dans son esprit comme le code d'une machine programmée pour ne jamais se détourner de cette pensée ; voilà pourquoi iel ravale sa salive devant les propos de son interlocuteur, refusant même de penser au malaise qui s'est creusé dans sa gorge. La nausée remonte, en petites vagues ; Livie regarde à côté

Alors oui, bien évidemment, Mell relativise pour ne pas lui montrer directement son incapacité totale à se montrer utile face à ces situations. Du moins, c'est ainsi que Livie comprend son comportement, et c'est pour cette raison que le sourire qu'iel esquisse face à ses remerciements se retrouve empli de fadeur, sans sincérité véritable. Pourtant, Livie est doué pour ça ; fausser son expression et jouer les actrices, c'est son job, quelque part. Toutefois, iel n'en a pas du tout l'envie actuellement. Pourquoi donc s'embêter à faire comme si de rien n'était, hein ? Puis, de toute manière, personne ne fait attention à ça. Ils avaient un chemin à faire ; voilà quelque chose que Livie pourrait ne pas entièrement foirer, pour une fois.

« Anula, hein. »

Fut sa seule réponse face à la question de l'autre sur le calme de la nuitée, assorti d'un rictus désabusé et quelque peu lassé. Oui, Livie est un peu amèr.e. Il faut dire que la pillule de cette vie ennuyeuse a plus de mal à passer quand iel se reprend à tomber dans ces pensées-là, qu'iel évite avec toute la discrétion d'un chameau épouvanté. Les épaules haussées, mal à l'aise, Livie garde le regard sur les ruelles. Iel ne les aime pas. Plus iel les regarde et moins elle les aime, ces rues de briques colorées, faussement fantaisistes. Livie ne les aime pas vraiment non plus, les habitants d'Anula.
Au moins, Mell semblait avoir changé d'idée. Pour cette raison, et parce qu'iel pressentait que c'était ce qui devait être fait, Livie ricana d'un air qui devait probablement sonner un peu faux. Au fond, cette histoire de canapé, ce n'était pas grand chose. Juste une histoire de son propre ridicule sortie pour faire rire et détendre ; encore une fois, iel avait été incapable de parler autrement que par son propre vécu. Les commentaires de l'autre quant à sa soirée lui firent plisser un peu les yeux, avant d'esquisser un maigre bout de sourire, incertain.

« Non, non, c'est bon, c'est moi. »
Qui emmène les gens dans des endroits qui me plaisent, qui raconte mes histoires et qui croit toujours que tout est lié à ma pomme. Toujours..
Livie ne dira rien, toutefois. Ce serait risquer de mettre le scientifique mal à l'aise, et ce n'est pas quelque chose qu'iel désire. Le nœud dans sa gorge, Livie s'en occupera seul, comme d'habitude. Les autres n'ont pas à le voir. Lorsque Mell s'interroge sur sa manière de rentrer chez soi, l'avocat.e esquisse le début d'un rictus mi-attendi, mi-désabusé.

« Je sais encore rentrer, tu sais. De toute façon, il ne se passe jamais rien à Anula. »

Et c'est bien le problème, d'ailleurs. Mais bon. Encore une fois, Livie préfère penser à autre chose, gardant cette expression faussement assurée et ce rictus qui prend la forme d'un sourire au coin.

« Puis, t'as du chemin, non ? Ta sœur risque de s'inquiéter. »

Si Livie était un peu plus honnête avec soi-même, iel saurait s'avouer que ce n'est pas juste par préoccupation envers l'autre, qu'iel lui parle de ça. Non, au fond, actuellement, avec le nœud dans son ventre, Livie a envie de s'isoler. La chose qui bourdonne désagréablement en iel ne veut pas se taire, et iel n'est pas sûr d'avoir envie que qui que ce soit d'autre la voit. Ce n'est pas très bien, de partir comme un voleur, Livie en a conscience ; mais iel n'est pas sûr que l'autre solution soit franchement la meilleure. Sans doute est-ce pour cela qu'iel reprend la parole, tentant d'exprimer ses pensées sans s'embrouiller. Un peu gêné.e, iel esquissa le début d'un sourire et détourna le regard, une main venant gratter son cou.

« C'était... C'était gentil de venir me montrer la petite. Et, euh, ton article. J'étais contente que tu viennes. Désolé, si c'était, enfin... »

Si j'ai tout fait foirer.
Nouveau sourire. Plus grand, cette fois, peut-être même un peu trop pour que ce ne soit pas suspicieux. Livie sent l'urgence tonner dans sa poitrine, suffisamment pour se mettre à surjouer de manière plus évidente, notamment avec ce ton malicieux et jovial qui n'a de jovial que son intonation.

« Bref ! Bon courage pour le réveil, héhé ! »

En tournant le dos, Livie ravale sa salive. Ses pas sont légèrement plus rapides que d'habitude ; assurer pour s'assurer une sortie, et pas assez pour que ce soit trop suspicieux.
Le chemin du retour reste silencieux.

Début Août 2023, soirée


DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Natsume Miyano, Alice C. Donovan & Roxanne Novak.
Livie A. Vulpino
Sr de la Confrérie
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Jeu 7 Mar - 21:26
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