Quoi de neuf sur l'île d'Enola ?

Période en cours
Printemps 2025

~22 - 28° / Températures en hausse et grand soleil !

Intrigues et Events
Intrigue n°3 : « Ferveur »
L'Elu auto-proclamé des Monarchistes fait son entrée ! La Compétition, Elixir et le Gouvernement sont en crise et les Anarchistes demandent la démission du Chef du Conseil.
Mini event n°1 : Panique à Vanawi !
Un blocus Anarchiste est en cours à Vanawi, sous surveillance des forces de l'ordre.

Missions et Défis
Un guide dans les ruines (mission)
Faites découvrir les ruines du Titak !
La comète (défi)
Découvrez un mystérieux astéroïde.

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False Memory [OS]


False Memory
Eclosion de Aang

« Tris', est-ce que tout va bien ?.. »

Il ne lui répond pas. Comment le pourrait-il ? Il ne sait pas lui-même. Le haut-le-cœur s'est calmé, mais il a quand même l'impression que tout le contenu de son estomac va remonter pour se vider. Les maux de tête, eux, sont toujours là. Le visage penché au-dessus des toilettes, il attendait quelque chose. N'importe quoi. Mais si une envie de vomir l'a envahi subitement en plein milieu de leur pause, rien ne se produit. Peu à peu, il patiente néanmoins pour voir si ça se calme tout seul. Quelques minutes passent durant lesquelles Adam, derrière la porte, s'inquiètent de son état et l'interroge, visiblement préoccupé pour lui. Enfin, quand il se sent légèrement mieux, Tristan se redresse complètement et finit par sortir de la cabine, le regard fatigué. Au moins, son déjeuner restera à sa place pour ce coup-ci. Son ami Ranger lui propose aussitôt un verre d'eau pour faire passer les relents, mais il décline poliment son offre en tentant de lui offrir un vain sourire pour le rassurer. Bien sûr, Adam, loin d'être bête, sent bien que son camarade n'est pas au mieux de sa forme, et ce depuis plusieurs mois. Nausées, cauchemars, hallucinations en pleine journée... Il ne veut cependant pas se montrer trop intrusif avec le Weber, alors il se contente de se trouver auprès de lui du mieux qu'il peut pour le soutenir. Le voir dans un tel état de plus en plus fréquemment, toutefois, lacère peu à peu sa poitrine d'une entaille douloureuse.

22 février 2022

« Weber ! »

Le concerné sursaute à l'appel de son nom. Sa journée de travail finie, il vient tout juste de déposer des Pokémon au centre de Elixir pour qu'ils s'y fassent examiner, mais il était plutôt partant pour rentrer chez lui. Resté plutôt tardivement pour surveiller que les Rozbouton qu'il a ramené sont bien pris en charge, la nuit est déjà tombée et la moitié des employés qui travaillent dans le pôle principal ont déjà évacué le bâtiment. Ne restent que quelques scientifiques plongés dans leurs recherches et leurs tests semblant veiller sur le quartier général jour et nuit. Tristan ne les envie pas vraiment, même s'ils doivent assurément être passionnés par leur travail, pour qu'ils y demeurent autant.
La Doctoresse Edogawa est l'une des responsables des recherches sur l'Emergya. Leur secteur est extrêmement privé et demeure encore très secrets même pour les Rangers qui font des allers-retours réguliers dans les laboratoires quand on a besoin de mains supplémentaires pour faire le lien avec l'extérieur et les environnements naturels avec lesquels les Rangers sont directement en contact. Au garde-à-vous, Tristan se tient droit comme un piquet quand la quarantenaire s'approche de lui avec un chariot sur lequel trône des dossiers qui forment des tours quasi parfaites.

« Amenez ça au labo 6-D, au cinquième étage. Dites-leur que vous venez de ma part, ils vous ouvriront. »

Curieux, il porte un œil sur les documents en question, tout à coup incertain mais le cœur battant follement dans sa poitrine. Les laboratoires au cinquième étage sont parmi les plus importants et regroupent leurs recherches essentiellement sur l'Emergya. D'ordinaire, les employés de son grade ne sont pas autorisés à y accéder, mais quand Madame Edogawa lui demande d'y aller, c'est qu'il a une permission toute spéciale. Fébrile, il relève ses yeux verts vers sa supérieure pour lui demander s'il est bien sûr qu'il puisse entrer dans une zone aussi réservée, mais cette dernière a déjà disparu. Il se retrouve désormais tout seul dans le couloir avec son petit chariot qu'il doit désormais déposer aux derniers scientifiques et chercheurs qui se trouvent dans le siège social. Déglutissant malgré lui, il sent sa tension légèrement monter en imaginant pénétrer ne serait-ce qu'un tout petit peu dans ces fameuses salles où pourrait potentiellement se trouver l'Emergya, cette source d'énergie qui les fascine tous chez Elixir mais qui a éveillé l'intérêt de Tristan depuis le premier jour, malgré tout ce que cela lui a fait endurer.

Montant dans l'un des ascenseurs de verre, il actionne le bouton pour se laisser porter par l'appareil moderne pour quitter les locaux dont il a l'habitude et apercevoir par la fenêtre du monte-charge les étages secrets du bâtiment. Il a l'impression d'être un enfant en train de faire une bêtise, mais il se sent également fier qu'on lui ait donné cette responsabilité. Il a le droit d'être ici, c'est sa supérieure qui lui a dit ! Guilleret, le Weber sort de l'élévateur et parcoure le long couloir lumineux mais très silencieux pour chercher la fameuse salle où il doit se rendre. Au travers des grandes baies vitrées devant lesquelles il passe, il peut apercevoir les étoiles se dessiner dans le ciel et la lune éclairer les arbres du jardin central. Il est accoutumé à ce que l'endroit grouille de monde, alors il a l'impression que ses pas sont anormalement bruyants quand il les pose sur le sol, quand bien même il les pose sans brusquerie sur ce dernier. Après un court instant à marcher, il distingue finalement le laboratoire 6-D dont l'aînée lui a parlé. Un code à l'entrée en surveille l'accès, mais comme il ne le détient pas, il doit appuyer sur une sonnette pour que les personnes à l'intérieur veuillent lui ouvrir. Appuyant sur l'interrupteur, il attend donc patiemment qu'on lui autorise l'entrer. Il attend bien cinq petites minutes cependant avant que les portes ne s'ouvrent pour laisser place à un scientifique de la soixantaine au dos courbé, cheveux blancs et grosses lunettes sur le nez. Il ne regarde pas vraiment le Weber avec un très bon et agite ses yeux de corbeau vers lui d'un air très méfiant. Intimidé, si Tristan le dépasse largement en taille, il reste impressionné par ce chercheur qui doit disposer d'un savoir immense comparé au sien.

« B-Bonsoir, je-...
- Votre badge. »

Se sentant tout petit et bien bête à côté, il sort nerveusement mais rapidement son badge de Ranger pour éviter de faire attendre son interlocuteur qui ne semble vraiment pas commode. C'est pourtant avec fierté qu'il brandit cet insigne avec son nom et sa profession dessus, l'ayant acquis avec un travail acharné dont il se vante allègrement dès qu'il le peut. Mais il n'oublie pas pourquoi il est là avant tout et se permet d'expliquer la raison de sa présence avant qu'on ne se mette à le bombarder de questions. Au même moment justement, le professeur en face de lui fixe avec soin les dossiers qu'il a sur son chariot et, enfin, il croit voir le début d'un sourire étrange sur son visage ridé.

« C'est Edogawa qui m'envoie, elle voulait que-...
- Oh, oui... Oui, oui, parfait. Amenez-moi ça ici, je vous prie. »

Le plus âgé ouvre cette fois-ci les portes du laboratoire en grand et laisse passer le Ranger ainsi que son conteneur dans la salle. En y pénétrant, le cadet ouvre de grands yeux impressionnés. La pièce est assez grande en longueur mais est plongée dans une semi-pénombre éclairée par seulement des néons bleus au sol et sur les murs. Quelques scientifiques sont déjà attelés sur des plans de travail, blouses, gants et lunettes de protection sur eux tandis qu'ils ont les regards rivés sur des microscope et autre bacs pour leurs expériences. L'homme qui l'a fait entrer prend le chariot des mains du brun pour aller le placer près du tableau où sont écrit des formules scientifiques assez complexes ainsi que des schémas. Si Tristan pourrait s'en aller, il n'en est rien. Intrigué, il observe le laboratoire avec de grands yeux admiratifs. Distraitement, son attention se porte sur la voix du chercheur qui l'a accueilli puisqu'il a une intonation légèrement plus haute que celles des autres qui préfèrent s'exprimer par des murmures ou presque.

« Du nouveau ?.. »

Le scientifique aux cheveux gris s'est penché sur un des chercheurs et regarde ce qu'il manipule avec des yeux brillants : vraisemblablement un morceau d'Emergya qu'ils ont trouvé sur les lieux de fouilles du Titak. Le fragment en question est retenu derrière une vitre, au milieu d'une petite pièce blanche isolée, que les scientifiques manipules à l'aide de pinces qui les relient à la fraction. Fouineur, Tristan s'approche lui-même, ses iris posés avec insistance sur la même chose puisqu'il s'agit de l'objet qui retient l'essentiel de sa curiosité depuis quelques années. C'est un homme blond d'à peu près près son âge qui répond à l'aîné, ses lunettes noires aux verres teintés reflétant le scientifique.

« Je pense que le prendre à mains nues ne posera pas de problème.
- Bien, bien... Faites un test avec la solution bêta. »

Aussitôt, à la demande du responsable du laboratoire, les savants s'activent et l'une d'eux apporte un flacon avec un étrange liquide orange à l'intérieur. Le Ranger tente de se pencher pour y voir plus clair, mais tout de suite il se sent poussé comme d'autres vers l'arrière pour qu'ils reculent, comme si la manipulation allait être dangereuse. Bloqué en arrière, il n'arrive plus à y voir clair et tente de se frayer un chemin malgré le risque. Puis, d'un seul coup, une petite explosion retentit. Rien de trop important, cependant, si ce n'est un bruit sourd qui résonne ainsi qu'un hoquet de stupeur. La détonation n'a pas fait de blessés mais a laissé échappé une épaisse fumée verdâtre. Lorsque la vapeur se dissipe, le plan de travail est pourtant vidé de ce qui y reposait il y a tout juste un instant. Aussitôt, le directeur du groupe se montre enthousiaste l'espace d'un court instant.

« Alors ?.. Est-ce que cela l'a fait fondre ?
- Négatif, Professeur, je l'ai vu voler dans la pièce. La solution n'a pas marché.
- Oh !.. Dans ce cas, retrouvez-le vite ! »

En effet, s'ils ignorent où il est parti, le morceau d'Emergya a vraisemblablement traversé la vitrine comme le laisse présager un trou dans cette dernière. L'action fut toutefois si rapide que personne n'a vu ce qui s'est produit. Alors que tout le monde s'affaire déjà à retrouver le bout perdu avec détermination, une des scientifiques reporte son attention sur le Ranger qui se débat avec la fumée opaque.

« Qui est-ce ? »

L'ancien éleveur se redresse brutalement et sursaute en comprenant qu'on parle de lui. Face à la question soulevée oralement le concernant, d'autres regards se sont tournés vers sa direction pour le contempler avec perplexité. Le responsable qui l'a fait entrer, comme s'il se rappelait tout à coup de lui, chasse quelques volutes grises avec sa main avant d'expliquer brièvement la situation comme s'il était assez insignifiant. Mais pour une fois, son ton n'est pas hautain et il pense même à être poli, comme s'il était calmé.

« C'est Kazune qui l'a envoyé, il est juste venu pour apporter les derniers rapports. D'ailleurs merci, vous pouvez disposer. »

Voyant qu'il n'est plus d'aucune utilité, Tristan s'incline respectueusement et prend congé avant de sortir de la salle. Il serait bien resté, s'il avait pu, mais il ne possédera jamais le grade nécessaire pour s'approcher autant de la si précieuse source verte lumineuse. Si l'Emergya l'intéresse, il ne sera jamais aussi passionné que ces gens qui passent leur vie entière à étudier une émeraude incandescente dont ils ne savent pas tant de choses que ça, finalement. Passer ses nuits et ses jours dans un labo, très peu pour lui.


« Tu devrais rentrer chez toi te reposer. Je dirais aux autres que tu ne sens pas bien. »

Passant son bras par-dessus son épaule pour l'aider à marcher au cas où il aurait une nouvelle rechute comme c'est déjà arrivé, Tristan semble pourtant hésiter. Il ne voudrait pas bâcler son travail simplement pour un petit coup de fatigue, mais Adam n'est pas convaincu que ça soit si bénin.

« Je ne sais pas... Pas la peine d'être si alarmiste, c'est peut-être rien, tu sais, je vais juste prendre du paracétamol et-...
- Tu devrais surtout aller voir un médecin. »

Les yeux verts du Weber se posent sur son ami. Sans le vouloir vraiment, il s'est mis sur la défensive et s'est crispé. Il met un très court instant à répondre.

« Je suis allé en voir un. Il n'a pas su déterminer la cause, mais il a dit que c'était peut-être à cause du travail qu'on a plus ces derniers temps. »

Mensonge. Le Ranger sait en vérité très bien quelle est la cause de ces troubles depuis quelques temps. La fièvre et les songes cauchemardesques ne sont pas apparus par hasard et le brun n'est pas bête au point de ne pas avoir sa petite idée. Pourtant, il refuse de l'avouer à quiconque et préfère éviter qu'on lui pose davantage de questions dessus quand bien même son état s'aggrave peu à peu.

« Depuis que les Monarchistes traquent les Pokémon des anciens soldats du Régime pour les ramener à leurs bottes, tu veux dire ? »

Le Weber hoche la tête. Cela ne lui plaît pas de dissimuler la vérité à son camarade, mais il ne peut rien lui dire. Essayant de se montrer le plus convaincant possible, ce qui se passe en ce moment l'aide assez bien pour lui constituer des excuses toutes faites, et il est plus que satisfait de constater que le lunetteux est tombé dans la direction qu'il souhaite. Ce n'est pas faux non plus, quelque, que les Monarchistes font de plus en plus parler d'eux et qu'ils en profitent pour récupérer des Pokémon sauvages en les forçant à se mettre sous leurs ordres par le biais de la force.

« Entre autre... J'ai l'impression que nos horaires ont doublé.
- C'est pas faux... Mais tu es le plus crevé d'entre nous. »

Le concerné hausse les épaules l'air de rien, presque comme s'il ne voyait pas de quoi l'autre parlait. Il n'a pas envie de se dire foncièrement plus fatigué que les autres. Après tout, ils travaillent tous dur, alors il ne comprend pas pourquoi son ami s'occupe tant de son cas quand il n'est clairement pas le premier.

« Hé... Tu fais pas d'heures supplémentaire, hein ?..
- Non, rassure-toi. Depuis quelques temps, je fais juste beaucoup de cauchemars. C'est... C'est bientôt l'anniversaire de la mort de mon père.
- Oh... Je vois. »

Là encore, il lui ment. Un peu moins, cependant, puisque son père est vraiment décédé à cette période il y a quelques années. Ce n'est pourtant qu'un prétexte pour que l'autre n'insiste pas davantage. Et cela fait son effet. Parler de la mort de ses parents lui fait toujours un sale coup au cœur, mais au moins, quand il aborde le sujet ou qu'il y est forcé, cela a le mérite de calmer toutes interrogations supplémentaires. Ne voulant pas raviver de douloureux souvenirs à son ami, Adam reste donc silencieux. Toutefois, le deuil de Jackson n'est pas le plus grand responsable de sa perte de sommeil de ces derniers temps. Mais ce sont des secrets qu'il doit garder pour lui, et lui seul.
Sortant du bâtiment ensemble, l'aîné laisse un peu de leste à son partenaire de travail, voulant pas le gêner. La nuit tombe déjà progressivement. La voiture du binoclard se trouve déjà dans le parking du siège social dont ils s'approchent tous les deux. Sur le point de prendre un téléporteur, Tristan est toutefois arrêté dans sa démarche lorsque les au revoir de la journée arrivent. Adam l'interpelle, avant d'hésiter un peu. Puis, il désigne sa quatre roues d'un mouvement du menton.

« Je peux te déposer chez toi ?
- C'est gentil, mais t'embête pas. C'est à deux heures, tu sais.
- J'y tiens, Tris'. »

Sa persévérance soudaine surprend le plus jeune. Plutôt détendu et calme en général, le Gibson se montre peu souvent autoritaire ou têtu. Avec une expression chaleureuse mais ferme, il invite sans l'obliger son ami à le laisser l'accompagner.

« Je devais aller dans la zone du sud, de toute manière.
- Hé... On va dire que je crois à ce mensonge. D'accord, je te suis. »

En levant les yeux au ciel, Tristan réprime tout de même un sourire amusé et concède face à sa proposition. Il sait qu'il ne le force à rien, de toute façon. Si vraiment le Weber ne se sentait pas de faire un tel trajet avec de la compagnie, il lui aurait dit et alors son interlocuteur n'aurait pas insisté. Mais il se fait réellement du souci pour lui et la peur qu'il lui arrive quelque chose fut plus grande que le reste. Il n'est pas si rare, en plus, que les deux amis viennent ou repartent ensemble du quartier général.
Sur l'autoroute qui constitue la voie la plus rapide, Tristan finit toutefois par s'assoupir sur son siège avant. Il y a eu de nombreuses fois où, bébé, ses parents avaient dû lui faire faire de nombreux tours en voiture pour qu'il se laisse bercer par le son du moteur ronronnant. Une habitude qui ne l'a pas quitté, sauf que plus personne ne conduit pour lui, désormais. Plus personne sauf Adam qui ne rate jamais une occasion pour lui proposer de le ramener. Des fois ils discutent de tout et de rien, mettent la musique à fond, enchaînent les défis et les blagues stupides... Et puis d'autres fois, le plus âgé le laisse dormir. Il en a besoin, ces temps-ci.
Le Ranger ne s'en rend même pas compte, quand il somnole à moitié. Il ne voit pas le temps passer. Ils arrivent chez lui sans qu'il ne l'ait remarqué. Doucement, son conducteur le réveille pour le prévenir. Si l'ex-Hôte sursaute tout d'abord, il remercie pourtant l'autre d'un signe de tête et un sourire léger mais sincère.

« Merci Adam.
- Y'a pas de quoi. »

Lorsqu'il sort de la voiture en claquant la porte pour être sûr qu'il l'a bien fermé, il se met à entendre ses Pokémon à l'intérieur qui s'agitent. L'heure du dîner, après tout, est arrivé. En lui faisant un signe de la main, Tristan s'éloigne vers chez lui pour commencer à déverrouiller la porte de la Pension. Adam en profite pour passer la tête à travers sa fenêtre.

« Tu-Tu sais... Tu peux m'appeler, si y'a le moindre souci... Ou même si y'en a pas, hein. Je suis toujours dispo pour toi.
- T'inquiète. Je le sais. Bonne nuit, Adam. »

Le Weber se tourne une dernière fois vers le Gibson avec une expression douce, avant d'entrer chez lui et de laisser l'autre s'en aller après qu'il lui ait renvoyé ses paroles. Il n'aime pas l'inquiéter ainsi mais il ne peut pas faire autrement. De toute façon, cela ne concerne que lui-même.
En entrant chez lui, il salue ses compagnons qui l'accueille avec toujours le même enthousiasme et ils ne tardent pas à dîner tous ensemble. Un passage à la salle de bains plus tard pour se doucher, le voilà prêt à rejoindre son lit, épuisé. Chaque mois, il a l'impression qu'un peu plus de son énergie se vide. Poussant un soupir, il s'allonge sur son lit en s'étirant, avant d'entendre son portable vibrer. Posé sur sa table de nuit à côté de l'Oeuf de Pokémon qu'il avait reçu pour son anniversaire, il s'empare de l'appareil assez vivement, espérant que ça ne soit pas une pub ou un message de son opérateur pour lui rappeler des factures à payer. Il esquisse un sourire lumineux toutefois en voyant apparaître un message de Mell contenant une photo de sa Ptiravi avec un SMS donnant de ses nouvelles. Lentement, il a le sentiment que son énergie revient. En un rien de temps, il pianote sur le clavier de son portable pour répondre au médecin-chercheur.

Trop adorable ! Jte l'avais dit que tu serais super pour t'en occuper ! ( Ո‿Ո)

Il n'est pas peu fier de lui avoir confier cet Oeuf. La Ptiravi avait choisi Mell d'office comme père d'adoption, mais Tristan n'avait nullement contesté ce choix, encourageant même le nerd aux cheveux noirs à garder la femelle rose s'il le voulait. Et depuis, ils s'échangent régulièrement des textos et le Straum n'hésite pas à lui dire comment le Pokémon se comporte quotidiennement. Les messages de ce genre qu'il reçoit sont un petit bonus pour bien démarrer la journée le matin alors il est plutôt content d'en avoir quand il se couche et quand il se réveille.
Fermant les yeux, il était prêt à s'endormir pour laisser la fatigue réagir à sa place quand il est brusquement surpris par un craquement. En se redressant brusquement, il tourne la tête pour apercevoir l'Oeuf sur sa table de nuit en train de bouger de plus en plus vigoureusement. Aussitôt, le Weber laisse ses réflexes parler et s'empare aussitôt de l'Oeuf avant que ce dernier ne tombe de la table à force de gigoter. Plaçant la coquille entre ses jambes, les yeux rivés sur la forme ovale, il aperçoit en quelques secondes des craquelures qui commencent à apparaître à la surface. Encourageant doucement le bébé Pokémon à sortir, il enlève les morceaux de coquille qui pourraient être gênantes afin de lui libérer de l'espace et laisse le nouveau-né se défaire de sa 'prison' tout seul. Un adorable Rocabot apparaît devant lui en poussant des petits couinements joyeux. Attendri par la boule de poils qui agite sa queue touffue et fait pendouiller sa langue, le regard de son dresseur brille d'admiration et avance déjà sa main pour que le nouveau venu la renifle et puisse s'habituer à son odeur. Celui-là a mis du temps avant de montrer le bout de sa truffe, mais il est sorti quand il a jugé que c'était le bon moment et semble déjà prêt à conquérir le monde avec sa mignonne petite bouille. L'effet est déjà immédiat sur Tristan qui chouchoute déjà le chiot de roc en lui faisant des gratouilles sur son pelage brun. Il sait déjà à qui il va annoncer la naissance. Son smartphone dans une main et le chien dans l'autre, il prend une photo de ce dernier avant de l'envoyer au Straum avec un petit message.

Un de mes Oeufs de Pokémon a éclos ! On peut dire que celui-là à du chien ₍ᐢ•ﻌ•ᐢ₎

Une qualité qu'il apprécie pas mal chez son ami, c'est qu'il est très bon public. Du moins, assez pour supporter les blagues plus que mauvaises de Tristan qui n'a jamais eu d'humour et n'est pas prêt d'en avoir. Une fois que cela est fait, il repose donc son appareil avant de débarrasser les morceaux de l'Oeuf éparpillés sur sa couette et, enfin, part se coucher avec son nouveau compagnon dans les bras. Heureusement, les pointes autour de son cou ne sont pas encore assez dures pour que ce soit vraiment douloureux, alors il le laisse se lover contre lui. Il aura tout le temps de lui trouver un nom pour plus tard.
Le Pokémon s'endort assez rapidement et ne règne plus que dans la chambre la discrète respiration du bébé. L'éleveur laisse ses yeux divaguer dans la pièce, puis sur les photos de sa famille situées près de lui. En poussant un léger soupir, il s'allonge finalement à son tour. Puis, il laisse sa main se glisser sous son oreiller et cherche à tâtons jusqu'à tomber sur un petit objet chaud qui tient dans le creux de sa paume. Lentement, il ramène à lui sa trouvaille et contemple la pierre verte et lumineuse qu'il garde chez lui depuis des mois. Un petit rappel de son séjour en laboratoire dans lequel il n'est plus retourné depuis mais dont il a tenu à garder un petit souvenir. Prenant une grande inspiration, il rapproche la source de lumière incandescente et ferme ses paupières pour se laisser bercer par le sommeil.

« Montre-les moi... Encore une fois... »

Resserrant sa prise autour de la pierre, se blottir dans les bras de Morphée ne lui prend pas longtemps. Il retrouve bientôt des images de sa famille, ses parents, qui l'accueillent avec des visages bienveillants et n'attendent plus que lui. Un jour comme les autres qui appartient à sa mémoire. Et entre rêve et hallucination, Tristan ne voit plus du tout la différence.
Tristan T. Weber
Ranger
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Dim 8 Sep - 14:47
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