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J'vous ai rapporté du frometon !
Chez Alice - Fin mai 2024

« Papa, papa ! J’veux t’faire une tresse ! »

Iris sautillait d’enthousiasme dans le living-room quand je suis descendu de ma chambre avec mon sac sur le dos. Soltan céda sans pouvoir résister aux suppliques de sa cadette qui s’agenouilla à côté de lui sur le canapé en commençant à le coiffer. C’est sa nouvelle passion, de faire des tresses à tout le monde, d’ailleurs, Shizune, Zlatan (Marilyn n’a pas voulu car « c’est un truc cucul de gamine weche » et Mikoto a fait des « gniiiiiih ! » en fuyant quand sa grande sœur a voulu lui toucher les cheveux) et moi y avons eu le droit aussi. D’ailleurs, je vais fièrement porter cette tresse que la petite brunette m’a faite sur le côté de mon visage en allant chez Alice ! En me voyant bien me couvrir pour partir en avance sur le dos de Lizbeth vers Nuva-Eja (j’ai regardé la météo, ça devrait être tranquille), je vois bien que même si on en a parlé et qu’il me fait confiance, Soltan est tout de même un peu préoccupé.

« T’es sûr que tu veux pas utiliser un Teleport ? »
« Non, non, ça va ! »


Avec un sourire confiant, je secoue négativement la tête. L’enthousiasme est un peu trop fort pour que j’aille jusqu’à Cayagane pour qu’on paye le téléport en plus. Et puis j’ai totalement confiance en la Bruiverne que je connais très bien et ça fait vraiment longtemps qu’on n’a pas volé tous les deux. Mon tuteur eut l’air à peu près rassuré et n’était probablement pas d’humeur à gâcher ma joie mais il me rappelle quand même que je peux appeler en cas de soucis où si je ne veux simplement pas rester et rentrer plus tôt. Pour le coup, c’est Alice et je suis confiant qu’il n’y aura pas de problème, même si, c’est vrai qu’on ne s’est pas vus en « en vrai » depuis longtemps pour pas mal de raisons.

C’est donc le cœur léger et après avoir dit au revoir à tout le monde, puis vérifié si j’avais bien toutes mes affaires (ma console, mon pyjama, ma brosse à dents, mon téléphone, mes écouteurs, ma bouteille d’eau, Loulou et Wyatt dans leurs Pokeball, le fromage cadeau pour mes hôtes car c’est mieux qu’offrir des fleurs) que je suis parti en direction de Nuva Eja sur le dos de Lizbeth. J’ai bien fait attention à survoler le centre-ville en approchant de ma destination… Oui, bah, quoi, je suis toujours pas d’humeur à ce que Ellias me croise. Donc j'ai évité de passer dans le coin de son appartement, même s'il doit être au travail en ce moment. Je dis pas qu’il manque pas ou que je le déteste c’est juste… bah, c’est un peu compliqué. Je sais qu’il est responsable du fait que les Pokémon d’Alex sont encore repartis on ne sait où de force et en même temps, je suis un peu coincé entre deux chaises, car, après tout je sais qu’ils peuvent être dangereux (peut-être pas pour moi, mais pour d’autres gens oui). Ce qui veut pas dire que je prends bien tout ça même s’il a voulu faire ça « pour me protéger » ! Enfin, je m’étais dit que je penserais pas à tout ça pour le moment !

Lizbeth se pose finalement devant la grande barraque des Donovan, dont j’avais commencé à oublier un peu l’apparence. Tandis qu’on progresse vers l’entrée, je retire mon bonnet, mes gants, mes grosses lunettes, et ouvre ma veste car il fait quand même vachement chaud à Nuva-Eja (plus qu’à Cayagane, c’est sûr). Tout guilleret, j’approche de la porte et appuie sur la sonnette, le cœur battant comme si j’avais un peu le trac. J’entends des pas pressés légers approcher depuis l’intérieur et suis un peu surpris en voyant la petite soeur aux cheveux bleus d’Alice m’ouvrir. Morgane, c’est ça, son prénom ! Euh, c’est pas que je l’avais zappé, bien sûr… mais je dois dire que je ne l’ai pas vraiment vu en face à face souvent et, ce n’est pas parce que je l’aime pas ou rien, mais faut bien avouer que des fois, je l’oublie un peu, Morgane… Oui, déso.

« Ah ! Salut Morgane ! »

La saluais-je avec un sourire sincère.

« Tu vas bien ? »
Demandais-je en fouillant dans mon sac en sortant le paquet de fromage destiné à mes hôtes. « Euh, j’ai rapporté du fromage pour, beh, vous remercier de votre accueil… t’es toute seule, d’ailleurs ? »

Je ne voyais pas encore Alice ou le paternel Donovan, alors, j’étais peut-être arrivé un peu en avance. J’espère que ça ne dérangera personne...


   

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Ludwig Nagel-Jung
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Sam 1 Juin - 19:25
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J'vous ai rapporté du frometon !
Catch-up/20
Morgane aime bien lorsqu'Alice reste à la maison, d'habitude. C'est pratique puisque comme ça, elle peut l'observer jouer dans un coin de la pièce ou lire avec les bruitages de sa console en fond. Lorsque leur père n'est pas là, elle prend même le soin d'aller cuisiner quelque chose dans la cuisine pour qu'elles puissent dîner ensemble, vaguement éclairées par la lampe de chevet de la rouquine et la lumière fausse des écrans de sa télévision ou de son ordinateur. Souvent, ce n'est pas bien recherché : des gratins de pâte au gruyère, des pommes de terre sur lesquelles elle a appris une bonne quantité de fromage, ou un peu de poulet au citron. Elle prend toutefois la peine, petit à petit, d'essayer des choses, à son rythme. Quand on a plus le moins l'occasion de commander quand on veut tout ce qu'on veut et qu'on a également un paternel qui prend la peine de laisser toujours des repas entiers dans le congélateur, le fait de cuisiner relève plus de l'envie personnelle et du loisir (ce qui était en soi sacrément bourge de pouvoir « cuisiner pour le plaisir », mais bon).  
Tout ça pour dire que Morgane s'était préparée dès le début de l'après-midi à passer une soirée relativement tranquille avec sa sœur. Elle avait remarqué, sans oser lui poser de questions car elle savait qu'elle aurait droit à un ensemble de mensonges ou à un bon plat de déni, qu'il n'était pas exactement normal qu'Alice passe autant de temps à la maison, depuis quelques mois. Elle avait beau dire qu'elle n'avait pas mal pris ce qui s'était passé à Dimaras et qu'elle était juste « un peu crevée », reste que ses séchages de cours réguliers et son insistance à rester dans sa chambre commençaient à devenir un peu suspects. Oh, et Morgane n'était pas sûre que cacher son cahier de liaison plein d'absences pour en montrer un faux tout vierge à la place devant leur père était une excellente idée ; mais bon, elle n'était pas une cafteuse. Elle se disait qu'au moins, avec un gâteau et un gratin de patates, Alice penserait peut-être à autre chose.

… Et, au moment où la porte sonna, ses plans partirent un peu en fumée. Perplexe et agacée, la Donovan aux cheveux bleus retrousse son nez et cesse de badigeonner ses pommes de terre de fond de volaille, d'huile et d'herbes diverses avant de quitter la cuisine pour se diriger vers la porte d'entrée. Elle fronce les sourcils, perplexe. Normalement, personne ne devait venir aujourd'hui. Lorsque l'un de ses très, très nombreux tontons (c'est-à-dire qu'elle en avait 6, à force) venait visiter, il lui arrivait de temps à autre de passer brièvement, préférant ensuite retourner dans sa chambre, mais elle n'était que rarement mis mal à l'aise par leur venue, sauf lorsqu'ils ne prévenaient pas. Il aurait été étrange qu'ils ne le fassent pas, du coup, surtout quand son père n'était pas là, si bien qu'elle afficha sur son visage une expression des plus confuses.
Se haussant sur la pointe des pieds pour regarder par la lunette de la porte d'entrée, elle esquissa une moue un peu déçue en voyant qu'il s'agissait d'un des amis d'Alice. Clairement, pas le plus pénible, de son point de vue ; certains étaient tellement bruyants et malpolis que Morgane prenait un malin plaisir à leur lâcher quelques unes de ses fourmis dans les chaussures ou dans le cou (pas trop, quand même, puisque son terrarium et son contenu lui étaient précieux). Morgane ne pense pas grand chose de Ludwig, puisqu'il n'est pas son ami, mais celui d'Alice, et qu'elle lui a très peu parlé (parce qu'elle en avait un peu peur, en vrai, pour des raisons qu'elle-même ne saisissait pas). Pour autant, à l'heure actuelle, Morgane n'irait pas dire qu'elle est contente de le voir. Car, dans sa tête, si Ludwig est là, alors sa soirée avec Alice ne sera plus la même, et ça l'enquiquine. Oh, non, elle n'a pas demandé à sa sœur si elle était d'accord avec ça, mais elle était bien satisfaite de partir sur cette idée de base qui ne lui demandait pas s'occuper de tout ce qui pouvait être préparations, notamment.

« Bonjour, Ludwig. »

Ceci expliquait donc sa mine neutre et désintéressée face à la politesse joyeuse du plus âgé. Le ton morne, elle haussa les épaules.

« Non, Alice est dans sa chambre. Papa est au travail. »

En même temps, en plein milieu d'après-midi, il aurait étonnant qu'il soit présent, même si il était parvenu à négocier quelques journées de congé pour profiter du beau temps. Aujourd'hui, toutefois, il avait été bipé pour une « urgence », ou un truc du genre, ce qu'il marmonnait toujours d'un air mécontent en jetant un coup d’œil à son appareil de travail et quand il se mettait à se préparer. Toujours était-il qu'Alice était bien là, elle, et Morgane donna un petit coup de tête vers l'escalier menant à l'étage secondaire pour indiquer sa présence. Elle irait probablement dans sa propre chambre par la suite, ne voulant pas « s'imposer » dans l'espace de ses aînés, même si y penser la rendait un peu amère. Elle n'eut pas le besoin d'appeler sa sœur, néanmoins, car bien vite, des bruits de pas se firent entendre et une mine aux tâches de rousseurs pu être entrevue en haut des escaliers.

« Hé, Momo, j'ai entendu un truc ou-.... »

Elle devait être curieuse, mais elle ne s'attendait certainement pas à ce qu'elle allait voir. Lorsqu'elle reconnut enfin les traits de Ludwig, elle ouvrit de grands yeux étonnés, la bouche formée en un « oh » quelque peu ridicule.

« … Lulu ! »

Les traits de son visage formèrent bientôt un gigantesque sourire, relevant ses pommettes et la faisant gesticuler sur place alors que, d'une traite, il descendit les escaliers avec une telle vitesse qu'elle se ramassa les fesses par terre, sous le regard parfaitement neutre de Morgane. Bien qu'elle piailla quelques « aie » « ouille » et autres « aouch » vifs, elle ne se dépoussiéra même pas une fois arrivée en bas et se releva à toute vitesse pour venir sauter au cou de son ami, la mine lumineuse et joyeuse.

« Ça faisait super longtemps ! Tu vas bien ? Oh, attends, viens poser tes affaires, on va pas te laisser là, et, et euh, oh mais il est cool ce haut ! T'as quoi à dire de neuf ? Tiens, ça sent le fromage, c'est toi qui l'a fait ? Oh, c'est trop cool que tu sois venu !  »

Surexcitée, elle blablate à une rapidité folle, le regard brillant et l'air un peu bêta. Si Morgane appuie davantage son casque contre ses oreilles, agressée par le son vivace des paroles de sa sœur, elle ne peut pas s'empêcher de remarquer, quelque part, que c'est bien la première fois qu'elle la voit aussi active depuis quelques mois.
FIN MAI 2024 (APREM)ft. Ludwig Nagel-Jung


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Alice C. Donovan
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Ven 7 Juin - 17:31
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J'vous ai rapporté du frometon !
Chez Alice - Fin mai 2024

Je ne connais pas trop Morgane, à vrai dire. Enfin, je sais plus ou moins que le Papa d’Alice l’a adoptée aussi il y a quelques années. C’est une jeune ado réservée, elle me rappelle un peu Mikoto, des fois, dans le genre qui peut très bien s’occuper dans son coin toute la journée. Mais, du coup, je ne la connais pas plus que ça comme je n’ai pas eu de grande discussion très deep où on se raconte tous les traumas de notre vie en dix minutes top chrono. Mais elle a l’air gentille comme tout derrière sa réserve… enfin, la sœur d’Alice ne peut pas être méchante, de toute manière, hein ! Je ne peux néanmoins pas m’empêcher de me dire que la bleue n’est pas euphorique de me voir et je serais un gros menteur si je disais que ça ne me préoccupe pas un peu. Je me demande si j’ai fait un truc de travers… peut-être que j’en ai trop fait… ? Ne sachant pas trop comment réagir à tout ça, je décide de me calmer et de contenir mon excitation en devenant un peu plus sobre.

« Oh, d’accord, je vois ! »

Sobre, Lulu, sobre, on a dit. Mais du coup… euh… j’attends sur le pallier ? Je ne sais pas trop ce que je suis censé faire comme je ne suis pas chez moi. Alice ou son père ne se formaliseraient probablement pas si je faisais comme chez moi, m’enfin, quand même, j’ai pas l’habitude d’entrer et de prendre mes aises sans qu’on m’y ait invité. Je commence par retirer mes chaussures, puis me redresse et un ange passe dans l’entrée. Erhm… Morgane attend peut-être que je dise quelque chose ?

« Alors toi, quoi de neuf ? »


Dis-je pour meubler, un peu bloqué comme deux ronds de flancs. Je suis con-con, aussi je lui ai déjà demandé comment elle allait ! Je suis interrompu (peut-être pas plus mal) par les pas d’un troupeau de Donphan qui dévalent l’escalier… ah, non, c’est Alice ! J’ai à peine le temps de la saluer qu’elle dégringole les marches ses les fesses et j’ai un peu mal pour elle car ça n’a pas du bien passer sur le popotin. Mais, évidemment, fidèle à elle-même, la rouquine se relève et se précipite vers moi avant que je n’aie le temps de lui demander si elle s’est fait mal. Je suis content qu’elle ait l’air heureuse de me revoir mais, euh, pas au prix de la voir se péter le coccyx !

« Euh, tu t’es pas fait— »


Pas le temps de poser ma question, la Donovan m’a déjà sauté au cou. Je souris bêtement et lui rend son embrassade. Je suis content de la voir aussi, depuis le temps ! J’avais un peu peur qu’elle soit un peu « meh » en me retrouvant, depuis le temps, mais en fait, on est les mêmes qu’avant… Enfin, quelque chose est différent, moi, je me sens un peu différent et pas seulement car j’ai dépassé le mètre 50 et que je continue de muer. Et pour Alice, je ne sais pas trop… elle a grandi aussi, évidemment mais c’est aussi que je l’ai sentie un peu contrariée, dans plusieurs de nos conversations de ces derniers temps. Et en la voyant, là, je trouve qu’elle a l’air un peu fatiguée malgré ses paroles enjouées. Je dois vraiment arrêter de regarder les gens comme ça en essayant de les déchiffrer, ça va devenir creepy…

« Ouais, c’est cool ! Ça fait bizarre, un peu, comment ça fait longtemps ! »

Dis-je avec un naturel qui m’étonne moi-même. Je me trouve… bien calme ? Et pourtant, ça me semble naturel. Il y a six mois, j’aurais probablement commencé à sautiller partout en criant comme une pile électrique. Mais c’est vrai, c’est particulier, de retrouver quelqu’un qui nous a manqué comme ça !

« Ah, ouais, j’ai acheté des nouveaux T-shirts sur internet, Soltan voulait que je me rachète des vêtements parce que les autres, bah, y étaient vieux et y m’allaient pu trop… ! »

Racontais-je à mon amie en regardant mon T-shirt « I AM TEMMIE », c’est vrai qu’il est rigolo. Faudrait que j’offre la version « I AM BOB » à Alice, tiens, à l’occase, histoire de faire la paire ! Pour mes vieux vêtements, j’espère qu’ils iront à Iris ou Mikoto quand ils grandiront… même si j’y crois pas trop vu que dans leur famille, y me dépassent très très vite… c’est vrai, c’est tous des géants, dans la famille de mon tuteur ! Alice remarque, ou plutôt sent le fromage que j’ai amené.

« Tu veux que je le mette au frigo ? C’est euh, ça vient de la ferme, il est bon, tu verras ! »


Je m’exécute avant de suivre Alice dans sa chambre. Je jette un œil à Morgane avec son casque sur les oreilles et j’ai l’impression qu’elle ne veut pas trop nous suivre. Je pose mon sac et observe un peu la chambre d’Alice… ça n’a pas vraiment changé, en fait, c’est toujours les mêmes meubles… peut-être qu’il y a quelques nouveaux posters, car je vois des personnages de jeux vidéos que je ne connais pas. Je m’assois spontanément sur le bord du lit et lui désigne un peu les nouveaux posters pour lui demander de quelles franchises il s’agit, puis vois que Morgane ne nous a pas rejoints et ne compte peut-être pas nous rejoindre par la suite.

« Euh… Morgane elle vient pas… ? Enfin, c’est moi où elle n’était pas super contente de me voir… ? »

Je ne veux pas avoir fait quelque chose de travers alors je préfère demander. Enfin, j’espère que je ne suis pas trop indiscret. Et puis j’ai tellement cette scène en tête que j’en oublie un peu d’être poli.

« M’enfin, toi, ça va ? Désolé si on ne s’est pas trop parlé ces temps-ci, hein, c’est un peu le bazar à la maison ! »

Au moins je ne m’ennuie pas mais des fois c’est vraiment le bazar complet et ça crie dans tous les sens pour que chacun se fasse entendre ! Enfin, il n’y a pas que ça, mais je ne vais pas parler des trucs tristes, je ne veux pas casser l’ambiance !


   

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Sam 15 Juin - 16:36
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J'vous ai rapporté du frometon !
Catch-up/20
Au bout d'un moment, après avoir écumé une bonne partie de sa librairie de jeux sans nécessairement avoir envie de s'y mettre, Alice ne mentirait pas si elle disait qu'elle espérait autre chose. Le souci étant qu'étrangement, définir autre chose était devenu une impossibilité. Elle avait bien fait le tri de ses envies, pourtant, de ses hobbies habituels, de tout ce qui la distrayait et l'amusait ordinairement, mais tout ce à quoi elle avait pu penser n'avait suscité chez qu'elle qu'un ennui profond, voir même parfois un dégoût complet. Elle n'avait pas vraiment compris : d'habitude, tout ce qu'elle imaginait était ce qui lui donnait envie de se lever et de se coucher, ce qui pouvait la motiver à finir ses céréales sans lait car « non mais ça va prendre du temps sinon », à bâcler ses exercices et à se précipiter jusqu'au prochain bus pour ne surtout pas devoir en rater un et attendre cinq minutes de plus.
Maintenant, pourtant, elle n'y pense plus, guillerette et surexcitée, gigotant sur place sous le coup de son propre enthousiasme et de la joie qu'elle sent réchauffer sa poitrine dans des éclats d'énergie. Son sourire doit probablement avoir l'air très idiot à l'heure actuelle, puisqu'il fait remonter ses pommettes et qu'elle sent même un léger étirement qui lui indique qu'elle doit quelque peu maltraiter sa peau en agissant ainsi. Toutefois, elle s'en fiche complètement, se contentant de répondre d'une voix vive, spontanée.

« Ouais ! Trop longtemps, sérieux ! »

Elle glousse sans vraiment chercher à le faire, étourdie par cet afflux de bonne humeur soudaine. Attentive, elle écoute les nouvelles que lui donne son ami, observant avec curiosité les habits qu'il lui décrit, se permettant même un commentaire rieur.

« Il sont trop cools ! Faudra que tu me les montre, hein ! »

Elle s'étonne de sa propre façon de parler, comme si de rien n'était, sans cette mornitude qui accompagnait bon nombre de ses expressions depuis quelques jours. Morgane, qui n'avait bougé, semble le remarquer, puisque son expression s'est faite de marbre. Une sensation désagréable s'étire dans son ventre, mais, au lieu d'y réfléchir, elle préfère se détourner discrètement pour se diriger vers le salon, comme si de rien n'était, et sans qu'Alice ne la remarque.
Cette dernière, d'ailleurs, sourit légèrement en comprenant l'intention du blond quant à son apport d'aujourd'hui. L'odeur ne la dérange pas, mais clairement, il faut stocker.

« Ouais, on va faire ça, sinon on va encore se retrouver avec plein de mouches et papa va pleurnicher. C'est adorable, d'ailleurs, on en manquait !  »

Pas que le fait de s’approvisionner soit un problème économique, en soi, mais étant donné l'emploi du temps de son père, ce dernier avait rarement le temps de faire les courses en dehors du week-end ; ou du moins, la nuit arrivée, il n'y pensait pas nécessairement. Bien sûr, Alice pouvait encore y aller en semaine, mais... Mais elle n'y arrivait pas, ces derniers temps. La motivation ne venait jamais, et elle ne pensait qu'au temps qu'elle allait gâcher, à l'exaspération de mettre autre chose qu'un gros t shirt, à celle de sortir, de faire le chemin, seule, puis de revenir, et... Et tout cela faisait qu'au final, elle n'y allait jamais. Alors au final, elle est plutôt satisfaite, quoique plus impatiente de monter qu'autre chose.

Le chemin se fait vite, probablement car Alice grimpe presque comme un chiot surexcité (en manquant évidemment de trébucher une ou deux fois mais jusque là rien d'inhabituel. S'installant dans sa chambre, elle vire avec une certaine brutalité les divers sacs, tasses et autres affaires non-rangées qui traînaient par là depuis une bonne semaine au moins, comme si elle avait d'un seul coup trouvé toute l'énergie de s'en débarrasser. Entre temps, elle parle avec précipitation face aux questions du plus jeune, toujours aussi survoltée.

« Alors, celui-là c'est Persona 2, là c'est du Touhou, mais j'ai aussi mon poster de Yakuza 0 ! J'ai enfin platiné le jeu ! »

Elle se garde bien de dire que c'était la seule chose qu'elle faisait des journées, sans grande passion d'ailleurs, pour ne pas penser à autre chose. Même la collection, ces temps-ci, ne suscitait pas des masses son intérêt ; l'un des gunplas que lui avait laissé Natsume traînait d'ailleurs toujours, intouché, sur une étagère (et elle n'était pas vraiment de l'école des 'laissons tout dans la boîte').
La question de Ludwig quant à Morgane, toutefois, la fait temporairement s'arrêter. En clignant des yeux, elle passe quelques secondes à rembobiner ses souvenirs pour tenter de penser au comportement de sa cadette. Effectivement, maintenant qu'il le dit, il est vrai que la bleue avait été plutôt... Plutôt rigide, voir un peu sèche. Ce n'était pas un trait de caractère inhabituel chez elle, mais Alice devait avouer qu'il n'était pas usuelle qu'elle se montre aussi distante, comme si quelque chose la tracassait. Fronçant brièvement les sourcils, elle se dit toutefois qu'il ne valait mieux pas alerter Ludwig tant qu'elle n'aura pas une idée précise de ce que cela pouvait être ; si ça se trouve, elle avait juste perdu sa gomme et s'en agaçait. De ce fait, elle hocha négativement de la tête, plutôt tranquille.

« Nan mais, t'inquiètes, elle ose sûrement pas. Elle était peut-être surprise, c'était pas trop prévu, elle se calmera si on l'embête pas. »

Et qu'on lui laisse de l'espace, enfin, normalement, de son expérience. L'inquiétude de Ludwig la touche assez, toutefois, et elle manquerait presque de le lui signaler si l'autre ne changeait pas de sujet en s'excusant quant à sa longue absence. Surprise qu'il l'aborde, Alice ouvre d'abord la bouche, avant de sentir quelque chose se nouer péniblement au creux de sa poitrine. L'envie de répondre « oui » se fait pressante, mais en même temps, elle peine à se motiver, comme si elle devait trouver une justification quelconque. Elle met donc plusieurs secondes à répondre, l'expression figée en un sourire malaisé.

« Bah, euh, ouais, enfin, ouais ! C'est pas grave, hein, je m'inquiétais juste un peu. Parait que t'as pas pu aller à l'école pendant un temps ?

Oui, changer le sujet, c'était bien, ça. Ça évitait de trop penser au fait que quelque chose dans sa manière d'en parler avait remué son ventre. En outre, son interrogation n'était pas factice : elle avait été vraiment préoccupée par le fait que l'autre soit aussi absent des cours. En soi, elle n'irait pas blâmer quiconque pour avoir séché deux ou trois fois, n'étant certainement pas une figure de vertu à ce propos, mais... Mais bon. C'était peut-être juste un « coup de mou », ou quelque chose de genre, mais une partie d'elle-même voulait s'en assurer.
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Mar 2 Juil - 21:03
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Chez Alice - Fin mai 2024

C’est toujours un peu awkward d’arriver chez la personne qui nous invite. Je mets toujours un peu de temps à savoir comment réagir. Je dois dire que ne m’attendais pas à ce qu’Alice soit si contente de me voir et reste un peu comme deux ronds de flancs à répondre des « ooooh » des « aaaah » et des « oh oui ! ». Petit à petit, je me mets à l’aise et n’essaie pas spécialement de sautiller partout pour faire plaisir. Au contraire, je me sens plutôt calme (et de bonne humeur, bien sûr) et Alice a vraiment l’air de vouloir me mettre à l’aise. Cette histoire de Morgane ne m’embête pas longtemps, comme l’ainée m’assure que sa petite sœur préfère être dans son coin. Elle n’avait peut-être pas été prévenue de mon arrivée, j’imagine que ça peu en effet être ennuyant de se retrouver avec des invités qu’on avait pas spécialement envie de voir. Je suis un peu embêté mais autant faire confiance à ce que me confie mon amie. Si Morgane veut nous voir, alors, elle viendra surement d’elle-même, non ? J’ai l’habitude des frères et sœurs de Marilyn qui vont et viennent dans les chambres des autres sans se poser la question, tant que la porte est ouverte. Et au niveau invités surprises, c’est un peu open bar aussi. Bref, je décide de faire comme me dit mon amie et ne pas m’apesantir, préférant me laisser guider au travers de la chambre et me faire faire la présentation des posters. Je ne suis pas très familier avec Persona ou Yakuza, mais Touhou ça me parle un peu plus même si j’ai juste dû jouer à un seul jeu… celui avec les OVNI, y me semble.

Regarder les jeux et les murs me font aussi passer la gêne potentielle provoquée par le fait d’évoquer mon absence. Une fois de plus, l’idée d’avoir rendu inquièt.e quelqu’un provoque chez moi un certain malaise. Par ailleurs, je penche la tête sur le côté, un instant confus par le fait que la rouquine eut soudain l’air de s’emballer en me répondant. C’est à mon tour de bafouiller un peu, ne sachant pas trop comment « justifier » le fait que je ne voulais… non, ce n’est même pas que je ne voulais pas, c’est que je ne pouvais pas aller à l’école. Quand je repense à cette période, c’est assez bizarre… j’étais tellement comme tout le temps trop fatigué pour faire quoique ce soit que j’ai presque l’impression que ça n’a pas eu lieu. Que ça a été une sorte de « trou » sombre dans lequel j’étais tombé. Et c’est très flou, je ne saurais pas vraiment mettre des mots sur ce que j’éprouvais alors, en dehors du fait que… je me sentais submergé par tout. Je n’arrivais pas à sortir du lit, je n’avais envie de rien, même pas les choses que j’aime, j’étais persuadé que tout le monde me méprisait, que j’étais un abruti, je me sentais malade en permanence, toujours au bord des larmes pour la moindre petite chose… j’avais l’impression que ça ne finirait jamais et même pas la motivation d’essayer de faire en sorte que ça finisse. Je crois que ça a commencé à aller un peu mieux quand j’ai essayé de faire quelques recherches sur internet. Mais rien que ça, ça m’avait demandé des jours d’effort, juste pour envisager de le faire. En tapant « déprime » j’ai fini par trouver « dépression ». Je me suis retrouvé sur Wikipédia en premier lieu, évidemment, c’était pas une bonne idée et ça m’a jute me fait me sentir mal sur le coup, puis j’ai essayé de mieux chercher, de trouver des gens qui en parlaient sur Twitter... il y a même des Youtubeur.se.s qui parlent de ça ! C’est à partir de là que je me suis senti moins bizarre et… petit à petit, j’ai remis le nez dehors. Ca n’a pas été magique, hein, il n’a pas suffi que je me relève courageusement et aille regarder les papillons pour que ça aille mieux. Mais, j’arrivais au moins à me remettre dans un rythme de vie « normal ». C’est comme ça que j’en qui même venu à en parler à Zlatan qui ne m’a pas spécialement éclairé car il n’allait pas non plus me tirer les vers du nez, mais il a au moins eu la décence de ne pas me prendre de haut. Ça n’a pas été facile de me retrouver tout de suite, mais, maintenant, je vais mieux, même si je sens que quelque chose à un peu changé en moi (et je ne dis pas ça parce que je commence enfin à arriver à la fin de ma mue).

« Euhm… oui, c’est vrai. »


Je n’ai pas vraiment souvenir d’être entré dans les détails, mais, c’est vrai que je n’étais plus en ligne (ou en invisible) sur nos convos habituelles, fut un temps. Je ne sais plus si je lui avais clairement dit que je n’étais pas allé au bahut, ou si elle avait réussi à le déduire. Dans tous les cas, je ne veux pas tout déballer mais c’est inutile de nier.

« J’étais malade, en fait, je pouvais pas sortir du lit… »


Je suis un peu embarrassé : j’ai l’impression de faire du drama. Pour compenser, je prefère rassurer Alice :

« Mais maintenant, ça va mieux ! »

Ce qui n’est pas un mensonge, techniquement. Enfin, de ce que j’ai compris des choses que j’ai un peu regardé sur internet, j’étais effectivement malade et je vais mieux. Je ne me sens juste pas de dire que ma maladie était « juste » que je ne pouvais pas sortir de ma chambre car j’étais trop déprimé pour ça. Car ça me semble un peu ridicule, même si c’est Alice et que je l’adore, j’ai peur qu’elle pense que je fais mon pauvre gamin. Je ne sais pas si me contenter de dire « malade » sera évocateur pour elle. Dans le cas contraire, j’espère qu’elle ne prendra pas mal le fait que je reste un peu vague volontairement.

« Et désolé si tu étais inquiète… La vérité c’est que c’était un peu compliqué à l’école et à la maison, du coup je me suis dit que partir c’était une bonne idée mais, euh, en fait, non… »

« Understatement of the year », comme dirait l’autre. Finalement, j’ai préféré un peu éclairer Alice sur la situation et ça fait décidément un sacré paquet de merde, qui m’est tombé dessus et qui a éclaboussé mon entourage. Je suis tombé des nues quand j’ai compris que mes proches s’inquiétaient à ce point pour moi et il m’a fallu un bout de temps pour l’admettre.  

« Hm… tu t’attendais peut-être à des meilleures nouvelles, héhé ! »

Je me sens un peu bête de m’étaler comme un camembert avec mes problèmes, quand je sais que ce n’est pas toujours simple pour elle non plus.

« Enfin pour parler d’autre trucs, y’a les jumeaux qui m’ont dit de te dire « bonjour », surtout Mikoto, je crois que la dernière fois qu’on a joué aux jeux vidéos avec lui ça l’a marqué ! Puis entre temps, y’a eu l’tonton des enfants de Soltan qu’est venu squatter, leur mère est revenue alors Marilyn est toute contente… C'est un peu le bazar mais j'aime bien. »
Et encore plus agitée que d’habitude, mais je préfère largement ça à la voir triste. « Ah, et j’ai beaucoup de Pokémons qui ont évolué ! »

Je lui ait déjà envoyé pleins de photos de Wyatt, depuis qu’il est devenu un Raichu, comme en plus elle aime les type électriques.

« Genre, j’ai une Phyllali, maintenant ! Et aussi une Némélios, mais ça, tu avais dû voir des photos, déjà ! »

J’avoue que des fois, je spamme un peu mes comptes de photos de mes amis Pokémon. Ça fait de la variété entre les photos de paysage et de bouffe. Cela me fait penser que je ne vois pas Alice poster grand-chose ces temps-ci. Ce sont des choses qui arrivent et j’ai cru comprendre qu’elle avait besoin d’une pause.

« Hm, d’ailleurs, désolé si c’est indiscrêt et si j’ai loupé un truc, mais, tu as arrêté les streams… ? »

J’étais sur le sujet des réseaux alors je pense au fait que je n’ai pas vu la chaine de mon amie alimentée depuis quelques temps. J’espère que c’est simplement qu’elle n’est plus trop motivée et que ce n’est rien de plus grave. Je n’aurais peut-être pas dû commencer par-là pour prendre des nouvelles, c’est peut-être un peu compliqué comme sujet, quel andouille.


   

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Sam 27 Juil - 19:08
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Catch-up/20
En soi, Alice aurait dû se douter qu'elle n'allait pas obtenir une réponse simple. Elle était néanmoins trop impatiente d'entendre parler son camarade qu'elle n'avait pas forcément réalisé qu'elle le mettait devant une impasse assez gênante, dont elle ne réalise l'existence que lorsque le blond se mit à parler d'un air embarrassé. L'empathie jouant, et n'étant pas totalement inconsciente des signes involontaires que laissaient échapper le cadet, Alice esquissa une grimace d'embarras. Craintive d'avoir posé son pied dans un domaine trop personnel, elle manqua presque de lui dire qu'il n'avait pas à s'expliquer si il ne le souhaitait pas, mais elle n'en eut pas le temps, puisqu'il fit vite de son mieux pour le rassurer. Incertaine quant à la réalité des choses, elle hoche toutefois de la tête, bien consciente qu'il valait mieux laisser tomber.

Elle manque de faire la moue face à ses excuses, n'appréciant pas vraiment qu'il se confonde en paroles rassurantes à son égard, car mine de rien, cela commençait à se voir. La confusion quant à ce qu'il racontait, en plus de ça, lui fit un peu plisser des sourcils. De ce que Ludwig racontait, elle avait la sensation qu'un certain nombre de choses importantes s'étaient produits, et qu'il s'était même retrouvé face à une situation quelque peu lourde ; on ne parlait pas vraiment de « partir » sans une bonne raison. Ou du moins, pas comme ça, pas dans ces termes, pas de cette manière. Ouvrant malgré elle de grands yeux, elle force sa bouche à rester fermée, prenant ainsi la forme d'un trait pincé.

« Ah, euh, je vois. »

Pas que l'idée ne lui était pas plusieurs fois passé par la tête, en soi, mais elle, elle avait la toujours la possibilité d'aller se réfugier dans la forêt d'érode quand son humeur devenait vraiment désastreuse et qu'elle avait besoin d'air. Ludwig disposait-il d'une semblable possibilité... ? Le doute la mit mal à l'aise pendant plusieurs très longues secondes. En y réfléchissant, il n'était pas illogique que le malaise se soit fait insupportable.
En parlant de malaise, voilà que le blond paraissait être en plein dedans, vu sa gêne grandissante. Embêté qu'il se sente ainsi alors qu'il ne faisait que dire la vérité, la rousse se dépêcha de hocher négativement de la tête, plus vive.

« N-non ! Je voulais juste savoir comment tu allais, vraiment, j'suis contente que tu sois sincère ! »

On lui avait déjà dit que c'était bien mieux que de mentir, même si tout le monde avait le droit à son jardin secret. Pour autant, elle eut la sensation d'être invasive, et le malaise au creux de son ventre la poussa à fermer sa bouche, craignant de mettre les pieds dans le plat de manière trop brusque.
Le sujet passe de toute façon bien vite à autre chose, c'est-à-dire les nouvelles de la ferme. Alice ne pense pas grand chose des gamins qu'elle y a déjà croisé, en soi : oh, elle les trouve mignons, mais comme n'importe quel gamin, en un sens. Au delà de ce que raconte Ludwig, elle ne les connaît pas des masses. Ils sont plutôt gentils, alors elle ne voit pas de raison de ne pas les apprécier, étant encore dans cette période où elle n'osait ni être trop familière, ni trop distante. Pour cette raison, elle sentit une agréable chaleur réchauffer sa poitrine quand l'autre lui parla de ça.

« Oh, euh, c'est gentil. »

Son léger sourire timide disparut quand elle essaya toutefois de comprendre tout ce que le cadet était encore en train de raconter. Ce n'était pas spécialement aisé de suivre son rythme, des fois, et ce alors même qu'Alice n'était pas une reine de la lenteur. Un peu confuse, elle comprend toutefois grossièrement que tout ce joyeux monde a l'air d'aller un peu mieux, même si c'était encore chaotique ; ce qui, jusque là, n'entrait pas compétition avec qu'elle avait entendu juste avant. Les évolutions, quant à elle, lui tirèrent une moue amusée, ayant passé déjà un beau bout de temps à observer tout ça sur les photos qu'elle avait reçu. Une petite part d'elle devait avouer être un peu jalouse, mais en même temps, elle n'avait qu'elle-même à culpabiliser pour le retard qu'elle avait pris durant son entraînement.

« Ouais, j'ai vu, ça pue la classe. »

Ainsi, elle ne ressentait aucune amertume à le dire, un sourire confiant aux lèvres. Cela lui faisait plaisir, de toute façon, de voir son ami progresser de son côté. Parce que, franchement, quand elle faisait la comparaison...
Et justement, voilà que le sujet tombait. En se crispant, elle voulut garder au début un air désinvolte, autant pour ne pas l'inquiéter que parce qu'elle n'était pas sûre elle-même de ce qu'elle voulait ou devait exprimer. Si elle était parfaitement honnête, elle avouerait peut-être qu'elle ne savait elle-même pas vraiment ce qui avait causé cette situation. Elle n'avait, après tout, posté aucun message d'absence sur ses divers réseaux sociaux ; et de toute façon, Dany faisait bien attention à ce qu'elle ne regarde pas trop ce qui était posté dans les commentaires, avec ses suppressions. C'était plus ou moins arrivé comme ça, à force d'absences, et cela l'arrangeait bien de ne pas y penser la plupart du temps. De toute façon, il n'y avait pas de raison de s'en inquiéter, non ? On lui avait mille fois répété que tout ce ui était virtuel n'était pas « réel », alors elle s'était dit que si elle évitait d'y penser, si elle se déconnectait, alors tout irait mieux. Ou quelque chose du genre. Sauf que voilà, une fois mise devant la question de Ludwig, sa prétention tenait moyennement le coup.

« Bah... Bah en fait, je sais pas, je crois... »

Plus timorée, elle regarde sur le côté, sentant un nœud de malaise se former dans sa gorge. Le sujet l'angoisse plus qu'elle ne l'aimerait, crispant ses muscles et agitant ses tripes de telle sorte à ce qu'elle sente des fourmillements désagréables remonter jusqu'à ses épaules. Elle pourrait encore reculer et demander à changer de sujet, car elle se doute que Ludwig ne pousserait pas, mais... Mais une part d'elle, quelque part, meurt d'envie de laisser échapper ces pensées. Ou du moins, de les énoncer devant quelqu'un qui ne lui prendra pas la tête comme elle imagine que cela arriverait avec son père, sa sœur, et tant d'autres. Elle avait déjà envisagé d'en parler avec ses oncles, mais un blocage s'était fait, comme si c'était humiliant. Et Natsume n'était pas envisageable ; si il y avait bien quelque chose de sympathique à aller chez lui, c'était qu'il ne posait jamais aucune question. Elles tournent dans sa tête depuis trop longtemps pour qu'Alice résiste véritablement à les prononcer, quoique, dans un réflexe malaisé, elle ravale sa salive.


« Ça se passait pas super au lycée, e-et... Et sur la chaîne non plus, en fait, j'ai eu quelques raids sur la tronche. »

Elle grimaça, bien incapable de dire ce qui était la cause, dans le fond. Que ce soit des habits qu'elle ait mis, des paroles qu'elle ait prononcé, des avis « trop politiques », des supports, ce qu'elle mangeait, même parfois... Il semblait que tout soit raison à ça. Au début, elle avait bien tenté de « limiter la casse » en essayant de se conformer au maximum, mais ça n'avait servi à rien, sinon concentrer les attaques, les reproches, les insultes... Les photos, aussi, même si  depuis quelques mauvaises surprises, Dany gérait ça avec toute la virulence d'un roquet aux abois. Dans tous les cas, additionné aux remarques grandissantes de la part de ses camarades, sa patience était clairement arrivée à bout.

« Je me demande si j'ai envie d'y retourner, en vrai. Pas comme si ça se passait mieux pour les autres streameuses, en plus. »

Un rictus un peu désabusé et amer s'étira sur son visage. Non, en vérité, les autres exemples dont elle disposait étaient plus que clairs, même si elle appréciait le fait de regarder ailleurs auparavant. Il faut dire que c'était plus aisé, de se dire que c'était des exemples exceptionnels, des cas particuliers, « pas représentatifs »... Mais elle n'était pas vraiment assez idiote pour persister dans cette fausse position. Posant son menton dans sa main, elle gesticula maladroitement sur elle-même, agacé d'être aussi amère.

« J'ai pas l'impression de pouvoir faire grand chose pour que ça change, en vrai. »

Et c'était ça, qui la faisait tourner en rond depuis des semaines. Le fait de ne rien faire.
FIN MAI 2024 (APREM)ft. Ludwig Nagel-Jung
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Ven 30 Aoû - 2:45
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Chez Alice - Fin mai 2024

Que voulez-vous, je suis quelqu’un de facile qui aime qu’on complimente ses amis Pokémon. Alors les commentaires d’Alice, bien que concis, me vont droit au cœur et me font sourire, fier comme un paon. Peut-être que si l’occase se présente, je pourrais lui montrer d’autres photos. Mais je préfère enchainer sur autre chose pour ne pas prendre toute la place de manière potentiellement indécente. Néanmoins, je ne suis pas certain que ça ait été la meilleure idée car je n’ai pas l’impression que ça ait mis Alice à l’aise. Mais en même temps, je ne m’attendais pas vraiment à une réponse joyeuse en lui demandant pourquoi elle avait arrêté les streams. Evidemment, si elle m’a déjà parlé plusieurs fois de ce qui était arrivé à d’autre streameuses, du fait que cette communauté est toxique, mais j’espérais qu’elle n’aurait pas à subir de harcèlement pour sa part. Pas que je le souhaite à d’autres, hein, évidemment ! Cela me révolte que des gens se permettent d’agresser ainsi en bandes sur les réseaux sociaux, qui que soit la victime, c’est juste que quand c’est une personne dont on est proche c’est… bien plus violent, comme constat. Je sens ma gorge se serrer quand elle me parle de raids et de problèmes au lycée… je compatis pour cette dernière chose, j’ai appris à mes dépens comme ça peut faire se sentir absolument insignifiant.e et juste bon.ne à disparaître. Pour les streams, je sais pas. Je la crois sur parole, évidemment, mais je ne peux imaginer quelle pression elle a pu avoir. Alice dit finalement qu’elle ne sait pas quoi faire. Je crois qu’un de ses amis l‘aide a gérer tout le côté communauté de sa chaine, mais peut-être que même lui est impuissant face aux raids où à ce genre de trucs. Je ne sais pas quoi dire et baisse les yeux en écoutant, triste qu’elle ait l’air de voulu laisser tomber mais… peut-être que c’est mieux. Je veux dire, quand j’ai commencé à me sentir vraiment mal, ça m’a fait du bien de tout lâcher, un peu (même si je ne l’ai pas forcément fait de la bonne manière).

« C’est… c’est horrible, je suis vraiment désolé que ça se soit mal passé… »

Finis-je par dire, en me sentant impuissant. Je ne peux que compatir à ce qui lui est arrivé au bahut et sur internet. Je ne peux m’empêcher de me sentir lourd en imaginant comme elle a dû se sentir seule et… je me rappelle comme j’avais l’impression de n’avoir aucun échappatoire, il y a quelques mois, comme parler à des gens sur les réseaux sociaux était devenus une porte de sortie à plusieurs moments où ça n’allait vraiment pas. Si comme Alice, même ça m’aurait fait me sentir menacé… j’en ai un peu le vertige rien que d’y penser. Car, vraiment, je ne saurais le décrire ni bien en parler, mais, je compatis, viscéralement, à ce qu’elle traverse. Même si ce qui s’est passé pour moi n’est probablement pas comparable.

« Peut-être que… que c’est bien aussi, que t’y retournes pas, pour le moment. J’veux dire… faut faire attention à toi. »

Je veux pas faire le monsieur je-sais-tout, ni dire que « ohlala les ordinateur c’est dangereux ouuuuuh », hein. J’imagine que juste bloquer et ignorer ne suffisait pas dans le cas d’Alice, sinon ça ne se serait pas emballé comme ça.

« Je sais que c’est pas comparable, hein mais, quand j’disais que ça s’est mal passé à l’école, bah… c’est que je me faisais harceler par des gens de ma classe. J’osais rien dire à personne parce que j’me sentais en danger et… j’avais l’impression de pas pouvoir m’enfuir à part en fuguant. J’ai inquiété tout le monde avec mes bêtises mais, à la fin… j’ai parlé avec M'sieur Miyano et Soltan et… »

Je m’interrompt, constatant que parler de tout ça est encore difficile, que les souvenirs remontent et me font mal

« C’était long mais ça a fini par aller mieux et, bref. Je… je veux juste dire que je sais un peu ce que tu ressens et… bah, j’suis là, quoi. »


J’ai un peu envie de pleurer, c’est malin. C’est encore dur, tout ça, pour moi. Mais plus j’accepte ce qui s’est passé en en parlant comme ça, mieux ça va. Des fois, je commence à me dire que ça n’était pas ma faute, que je ne l’ai pas « bien cherché ». Je ne sais pas si ce que je raconte va vraiment aider ou je sais pas quoi, m’enfin, j’espère que ça ne braquera pas trop mon amie. Je ne veux pas empirer les choses.


   

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Mer 25 Sep - 13:46
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Catch-up/20
Je vais avoir l'air pathétique, mais... Mais ça me fait du bien, d'entendre ça. Je me demande si c'est égocentrique, d'apprécier d'entendre qu'effectivement, ce qui se passait était... Horrible à vivre, oui. Le mot me fait un peu mal aux oreilles, comme si je n'avais pas l'autorisation de le penser. Je me sens pourtant plus à l'aise, et même si la tension n'a pas quittée mon corps, j'ai moins de mal à me détendre. Lentement, ma respiration se calme, mes muscles se défont de leur crispation. Je ne l'avais pas remarqué, mais un nœud désagréable s'était formé dans ma poitrine, du moins, jusqu'à ce que Ludwig finisse par parler. Esr-ce que c'est ridicule, d'avoir ce à point envie d'entendre ça... ? Je ne savais même pas que je le voulais. Est-ce que ça fait de moi une gamine en manque d'attention... ?

Je n'avais pas vraiment entendu jusque là que je devrais éviter d'y retourner. Oh, Dany m'avait dit de prendre mes distances, mais... Je ne crois pas qu'il avait réfléchi à ça, ou qu'il aurait osé me le dire. Ou peut-être que je ne l'aurais pas écouté, en vérité, car j'ai tendance à être un peu... Rêche, avec lui. Je ne sais pas pourquoi, mais des fois, il m'agace, et je lui fais entendre très clairement. Lulu, c'est différent. Peut-être parce que je le connais depuis plus longtemps, ou parce que je suis moins sur la défensive, avec lui. Je l'écoute davantage.
Et c'est ce que je fais à l'heure actuelle, alors qu'il déballe son sac face à mes oreilles attentives. Au début, si je suis surprise, cette surprise laisse vite place à une sorte de compréhension assez amère. Je sentais... Enfin, je sentais bien que quelque chose clochait, mais j'étais trop coincée dans mes propres soucis pour me rapprocher de lui. Je me sens égoïste, tout à coup. Entendre ce que dit Ludwig me serre la poitrine et me fait le fixer avec une expression inquiète sur le visage, des lueurs de peine dans le regard. Arceus... Je savais qu'il avait des soucis, mais... Mais est-ce que j'ai été une si mauvaise amie de ça, pour ne pas avoir remarqué son état ? Je me le demande...

Mes pensées, toutefois, s'interrompent temporairement lorsque je l'entends prononcer un nom familier. Immédiatement, je tique.
Attends... Il le connaît ?! Mais de où... ?!
Je ne lui réponds pas tout de suite, un peu surprise. Ses paroles suivantes font toutefois naître une chaleur très agréable dans ma poitrine, que j'ignorais jusque là, alors que je relève timidement la tête. Les épaules crispées par l'embarras que provoque en moi le fait d'être mise face à ce qui est une admission sincère d'affection et d'attention, je n'arrive pas tout de suite à répondre, la gorge nouée. Le regard baissé, je sens mes doigts s'agiter nerveusement sur mon haut, tandis qu'un rictus embarrassé passe sur mon visage.

« Je... Je suis pas une très bonne amie, hein... ? »

Ma voix tremblote un peu. Je sens un courant d'air froid passer dans ma poitrine alors que j'y pense plus longtemps. J'ai du mal à accepter son approche ; pas car je ne la désire pas mais plutôt car j'ai l'impression de ne pas mériter tant d'attention, surtout après ça. Je m'en veux, stupidement, d'avoir été absente. Ravalant nerveusement ma salive, mon regard se baisse temporairement vers la couverture, comme pour éviter d'y penser trop longtemps.

« Toi tu vas pas bien, et quand je te vois, je te parle juste de mes problèmes... »

Je glousse, mais c'est jaune. Jaune et las, parce que j'en ai ras le bol, de moi. J'en ai ras la casquette, d'être négative tout le temps, de geindre en permanence, de m'agacer tout le temps, d'être exaspérée et fatiguée par un rien. Je me fais presque peur, des fois. Ma voix se brise un peu, encore plus quand je regarde les yeux humides de mon camarade. Je déteste le voir comme ça. Ça me lacère le cœur, de lui rappeler des choses douloureuses ainsi. Je sais qu'il veut me faire comprendre que je ne suis pas toute seule dans cette barque. C'est juste que... Je ne sais pas, je crois que j'avais besoin d'exprimer ces regrets somme toute encore très égocentrés à mes yeux. Piteusement, je finis par me rapprocher juste un peu, gardant un coup d’œil sur lui pour voir si je le dérangeais, avant de lui proposer, somme toute très pathétiquement, un câlin si il le souhaite.

« La honte, même mon p'tit frère il est plus stable que moi... J'espère au moins qu'il t'a pas enquiquiné, le porc-épic. »

Je plaisante, je plaisante, hein. Je sais que me moquer de Natsu à cet instant précis est un peu ridicule, mais, eh... J'ai l'impression que ça ne le dérangerait pas du tout si ça me permet d'aller un peu mieux, alors j'en profite très pathétiquement. Ce n'est qu'une façon, en vrai très lâche, de ne pas aborder l'éléphant dans la pièce. Je finis toutefois par le faire après avoir ravalé ma salive et baissé le regard, les yeux humides.

« M-mais je... Je suis contente de te voir, et, e-euh... Ca me touche, ce que tu dis. »

Du fond de mon cœur, oui, même si c'est très niais, ce que je suis en train de dire.
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DC de Xerneas, Faust M. Donovan, Natsume Miyano, Livie A. Vulpino & Roxanne Novak
Alice C. Donovan
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Sam 26 Oct - 2:08
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Chez Alice - Fin mai 2024

Je ne dis pas que je connais toute la situation d’Alice et que mes mots sont les bons. Après tout, je ne saurais pas non plus trouver les bons mots pour parler de mes propres problèmes. Mes soucis sont loin d’être réglés juste parce que je sors de ma chambre à nouveau et ose parler de ce qui s’est passé. Mais j’ai toujours la honte. J’ai l’impression quand Alice parle qu’elle aussi, a honte de ce qui lui est arrivé. Sauf que ce n’est pas sa faute. « Pas ta faute », « Je suis là », « tu n’es plus tout seul », sont quelques phrases qui m’ont fait comprendre que ce que j’ai traversé n’était pas qu’un long moment à bouder par pur caprice. Que ce n’était pas moi le problème. Enfin, je pense toujours être le problème, hein, mais, maintenant je peux repenser à des moments où des gens dont l’avis m’importe pour me dire que je suis peut-être plus qu’un enfant capricieux, peureux et trop curieux dont personne ne veut. Je ne fais que rappeler et répéter ce qui m’a fait plaisir d’entendre de la part de Soltan, de Lise, de Zlatan en me disant que peut-être, ces mots aideront Alice comme ils m’ont aidé. Et Alice aussi m’avait dit des trucs qui m’avaient marqué donc, j’essaie de la renvoyer à tout ça.

Je ne sais pas si tout ce que j’ai dit résonne vraiment en elle comme mon amie à lunettes reste muette un petit moment. J’espère la voir finir par se détendre un peu, mais elle reste visiblement pas très à l’aise… est-ce que j’ai gaffé, encore ? Je ne sais pas trop… Et ce qu’elle me demande en reprenant la parole n’aide pas à me convaincre que j’ai pu l’aider à se sentir mieux. Pourquoi serait-elle une mauvaise amie… ? Mon regard s’assombrit et je penche la tête sur le côté en l’observant d’un air inquiet. Je ne comprends pas ce qui pourrait faire d’elle une…

« …Oh… »

Emis-je lorsqu’elle reprend la parole, maintenant que je pige mieux où elle veut en venir. Sauf que là, je ne suis pas d’accord avec Alice. Qu’est-ce qu’elle raconte, là ? Parce que je ne suis pas en forme, elle aurait pas le droit d’être triste aussi ? La voir aussi piteuse et mal en point me soulève un peu le cœur.

« Mais… mais non… C’est moi qui t’ai demandé. »


Parvins-je à articuler au travers de ma gorge serrée. Ça aurait été horrible d’attendre qu’elle me dise « ouais ça va super bien ! » juste parce que je ne suis pas très en forme, comme si j’avais besoin de plus de place pour m’étaler comme un camembert ! Alice finit par se rapprocher de moi pour trouver un peu de réconfort et son contact me fait aussi du bien. Mais, après ça, elle me parle de petit frère et de porc épic et… je. Quoi ? Sous le coup de la confusion que me provoque sa phrase sans contexte (enfin, j’ai un peu perdu le fil de ce que je racontais, la Donovan me pardonnera) je glousse et étouffe un sanglot en essuyant mes yeux humides.

« Pourquoi tu me parles de porc-épic ? Et depuis quand tu as un petit frère ? »

Sans surprise, je ne pense pas vraiment à Monsieur Miyano en ce moment du coup je ne saurais me douter qu’Alice parle de lui. Tandis que je tente de piger, Alice me prend de court en me faisant une déclaration d’amitié qui me va droit au cœur et grand sensible que j’ai toujours été, je ne peux plus retenir les larmes de se mettre à couler. J’ai du mal à résister à me jeter dans les bras de la lunetteuse (je sais que c’était moi qui était censé la consoler mais à force je crois qu’on est au même niveau de pleurnicherie je crois).

« Voui… m-moi aussi ! »

Répliquais-je après un gros « snuuuurfl » me permettant de ne pas parler avec le nez bouché. Rahlala… je me demande si un jour, on pourra se voir sans finir comme ça dans les bras l’un de l’autre à pleurer comme deux idiots parce qu’on a peur d’être des mauvais amis. En vrai, je crois que c’est aussi très bien comme ça. On est des chialeurs tous les deux et puis c’est tout. Je préfère ça que finir comme Soltan et son cousin qui se grognent dessus pendant des heures avant que l’un d’eux ne craque pour finalement dire « oui euh euh non mais c’est que tu t’es pas essuyé les pieds sur le paillasson tu saoules merde bordel chiotte sois pas vulgaire le prends pas mal là oh ». Les adultes, j’vous jure… je me demande pourquoi j’essaie de les comprendre des fois. Heureusement, nous on est pas des adultes, on se complique vachement moins la vie (spoiler : non).

« Ahlala… on a pas l’air malins ! »

Lâchais-je finalement en espérant désamorcer l’ambiance, quitte à être le seul à rire comme un imbécile. Je tiens toujours Alice contre moi (enfin c’est plutôt elle qui me tient contre elle) et laisse mon regard dériver sur le reste de la pièce et les consoles de jeu.

« On joue à un jeu ? Tu en as des nouveaux ? Ça fait trop longtemps que j’ai pas fait de la console ! Tu sais comment Soltan est avec les jeux vidéos alors que c’est pas le dernier à jouer à Animal Crossing et à Resident Evil en cachette ! »

Je chigne un peu, j’aime mon tuteur mais avec la technologie il peut un peu être un « vieux con » (pour reprendre les propos de Shizune et Zlatan). Alex faisait ça aussi, d’ailleurs, quelques fois… mais je vois de moins en moins Alex. Donc je parle de plus en plus de Soltan. Faut dire que je me sens plus proche de lui depuis toute cette histoire. Plus ça va, plus je réalise comme mon grand frère n’aurait pas eu la même réaction. Il aurait probablement juste dit quelque chose comme « oui oui pleures pas pour ça je vais parler à leurs parents ».

« Mais le tonton de Marilyn nous a mis pleins de jeux sur l’ordi donc ça compense ! »


De toute façon, Soltan sait pas les désinstaller. Héhé. Enfin, je devrais pas me moquer mais c’est quand même un peu rigolo qu’il pense qu’on se débrouille pas beaucoup mieux que lui alors qu’il faut lui expliquer comment on nettoie l’ordinateur (et c’est un peu irritant aussi, car il fait genre il sait quand il comprend rien, mais bon).

« T’avais raison, on a joué à Portal 2 et c’était trop bien ! »

Enfin, j’en doutais pas, quand Alice me conseille un jeu vidéo, c’est rarement nul. Y’en a que j’aime moins que d’autre mais c’est elle qui m’avait montré Undertale en premier lieu et c’est devenu mon jeu favori !


   

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Mar 5 Nov - 11:15
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Beh. Je dois avoir l'air bien ridicule, là... Mais je suppose que c'était inévitable, quelque part. Bien sûr que c'est lui qui m'a demandé, mais j'ai toujours la peur de prendre tout l'espace avec mes soucis quand il a déjà les épaules bien lourdes et la tête plein de pensées. Pour autant, j'aime bien entendre que je ne le dérange pas, aussi égocentrique que ce soit. Malgré mon état somme toute pathétique, j'arrive à me tranquilliser et à passer lentement à un état plus calme. Sa présence aide certainement, ainsi que son rire qui, même si je saisis qu'il ne voit pas de quoi je parle, fait naître l'écho d'un gloussement hors de ma gorge. Bon, d'accord, c'est un peu ma faute aussi, de dire que Natsu est mon « petit » frangin, mais... Je sais pas pourquoi, j'ai toujours trouvé ça très drôle et c'est devenu une habitude, surtout qu'il a l'air de s'en ficher magistralement. Quand bien même, il va falloir qu'il m'explique un peu, car c'est vachement bizarre... !
Toujours est-il que l'amusement de Ludwig face à notre situation arrive lentement à me redonner le sourire. Oui, clairement, on a l'air quelque peu ridicules, mais... Mais ça faisait longtemps que je m'étais pas sentie légitime à être ridicule, à vrai dire. Puis, ça me fait du bien aussi, les câlins. Avec un ami, c'est différent des membres de ma famille qui, aussi gentils qu'ils puissent être, ne me procurent pas le même type de réconfort. Là, j'ai la sensation que j'ai le droit d'être une idiote un peu stupide et que je peux faire mon caca émotionnel en paix car notre rapport est différent. Je sais qu'il ne me jugera pas, de toute façon, alors je sens mes muscles se détendre et mes membres se défaire de leur crispation.

Je suis toutefois étonnée qu'il me parle de mes jeux vidéos, d'un seul coup. J'ignore si c'est pour changer un peu l'ambiance ou si c'est par sincère envie, mais dans tous les cas, je ne suis pas nécessairement contre. Même si je passe des heures excessives sur les jeux en ce moment (du genre, vraiment trop, du genre « je compense quelque chose »), c'est toutefois très différent de faire une partie avec lui. Intéressé par ce qu'il raconte, j'esquisse toutefois une moue amusée en imaginant son tuteur devant une console de jeux, pour une raison que j'ignore. J'sais pas, m'a toujours paru très « vieux coincé » (bon d'accord ç'peut être un peu classiste de penser ça), même si il est très gentil, alors j'ai souvent du mal à l'imaginer devant quoi que ce soit de plus « moderne » qu'un radiocassette, genre. Faut croire que j'ai tort ! Tant mieux, en un sens, si il a accès à d'autres jeux ; je pourrais lui passer un de mes comptes à l'occasion, en vrai, vu que je j'ai tellement de titres auxquels je touche jamais... Contrairement à certains sur lesquels je fais une fixette et que je conseille alors ardemment à mes amis, comme Portal 2, oui. Satisfaite, j'esquisse une moue amusée.

« Héhé, je te l'avais dit ! C'est addictif, en plus, surtout à deux ! »

Pour dire vrai, cela fait un moment que je n'y ai pas touché. Faut dire que c'est Natsu qui m'avait mis le nez dedans quand j'étais petite, puisqu'il avait remarqué que j'aimais bien les jeux de réflexion (et que je me taisais quand j'étais devant la console faut être honnête), et j'ai jamais vraiment lâché ensuite. Mais j'aime beaucoup faire partager les plus amusants et les plus ergonomiques aux autres, ne serait-ce que parce que cela me permet d'avoir la sensation de procurer une bonne journée ou soirée à quelqu'un. Puis, souvent, c'est l'occasion de partager une expérience ou un, euh, « mood », je dirais... ? Je sais pas trop, c'est un peu confus. Toujours est-il que l'enthousiasme de Ludwig me fait du bien à chaque fois. Je sais que j'en fais des tonnes, des fois, alors...

« Hm, euhm... J'ai peut-être Goose Game qu'est pas trop prise de tête, si tu veux juste jouer à un jeu un peu simple et drôle ! »

Oui, ça commence à être vieux, mais... Bah, l'est jamais trop tôt pour se mettre à des titres, même quand ils commencent à prendre la poussière. Faut dire que j'ai pas trop envie de me prendre la tête avec un truc compliqué maintenant, ceci expliquant doute cela. Même si... Même si, alors que je sors ma switch de mon placard et me prépare à l'installer pour que nous puissions nous installer confortablement sur le lit et regarder la télé, quelque chose me trotte toujours en tête. Un peu gênée, je me retrouve même à balbutier, car c'est toujours la honte d'expliquer une blague.

« Mais, e-euh... En vrai, Miyano, hm... Si c'est l'éleveur qui est dans la forêt d'érode, c'est mon cousin, enfin, euh... Je dis « petit frère » mais c'est une vieille blague. 'Fin, voilà, c'est rigolo, quoi. »

Ou juste vachement le hasard. Ce qui, en soi, arrive.
FIN MAI 2024 (APREM)ft. Ludwig Nagel-Jung


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Jeu 14 Nov - 0:39
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Chez Alice - Fin mai 2024

Je ne jouais pas tant que ça aux jeux vidéo quand j’habitais avec Alex. Faut dire qu’il n’aimait pas trop ça, les jeux vidéos (Riku disait que c’est parce qu’il était nul et je n’irais pas la contredire… il perdait toujours à Mario Kart, le pauvre). Enfin, bref, si je repense à Alex maintenant je vais encore être dans le bad. Tout ça pour dire que c’est surtout Alice (en plus de ma cousine, un peu), qui m’a vraiment fait aimer les jeux vidéos. Puis, quand on joue, ça brise un peu la glace et ça fait qu’on parle plus naturellement de tout et rien. Enfin, je me sens toujours plus serein et à l’aise pour penser clairement et formuler mes pensées quand je suis occupé à jouer à un jeu ou à faire quelque chose tout en parlant, j’espère que ça ne dérange pas trop Alice que j’ai ce besoin de m’occuper tout le temps alors que je suis chez elle. En entendant son hésitation à ma proposition j’ai momentanément peur de m’être un peu trop cru tout permis alors que je suis invité. Elle me propose tout de même de jouer à Goose Game. Je crois que j’en ai déjà entendu parler.

« Oh ! C’est le jeu avec la grosse oie qui fait chier tout le monde ? Ça avait l’air trop marrant, ça ! »


Autrement dit, je veux essayer d’y jouer, évidemment ! Qui n’a pas rêvé d’être une oie qui gueule sur tout le monde. Pas moi, en vrai, car les oies me terrifient (du moins, celles d’un de nos voisins, à chaque fois que je rentre en vélo du bahut je vais à toute vitesse en passant devant chez lui pour les éviter) mais je ne peux qu’adhérer au concept ! Alice s’occupe donc de démarrer le jeu et me passe une manette. En commençant une nouvelle partie, je commence déjà par faire « honk honk » dans tous les sens en spammant le bouton, ce qui me fait ricaner bêtement. Je trouve aussi super mimi la manière dont notre protagoniste aux pieds palmés prend les objets dans son bec. Je commence tout juste à emmerder le jardinier quand Alice se met à me parler d’autre chose. Tout en jouant, je l’écoute sans comprendre pourquoi elle hésite comme ça… Ah ! Elle parle de Monsieur MIyano !

« …Euh… quoi ? J’aurais jamais pu deviner que vous étiez de la même famille, moi ! C’est ouf ! »


Je suis un peu bouche-bée avec ce qu’elle m’explique. J’aurais pas pu deviner comme ça qu’ils étaient liés comme ça… quoique, quand je pense aux cheveux du papa d’Alice et à ceux du Miyano je me dis qu’il y a peut-être quelque chose au niveau génétique, effectivement. Je rigole quand même un peu parce que c’est cocasse et le monde est tout petit.

« ‘Fin, y’a une petite ressemblance avec ton père… enfin, je crois ? Héhé. »


Les cheveux, c’est les cheveux. Parlant de Monsieur Miyano, ça me refait penser à Axel. Monsieur Miyano s’était présenté comme son parrain mais Axel l’appellait « papa ». Je n’ai pas vraiment osé en demander plus sur le coup, car j’avais la tête ailleurs mais du coup, j’avoue m’être un peu demandé ce qu’il en retournait. Et ce n’est pas comme si je n’avais pas un peu une obsession au sujet des rapports familiaux et des… enfin, disons, par rapport au niveau des figures paternelles, je fais souvent des fixations.

« Euh, j’ai pas osé lui demander mais du coup… Axel, c’est son fils ou c’est son filleul, à M’sieur Miyano ? Je t’avoue que j’ai pas tout compris… c’est son fils adoptif, peut-être ? »

Est-ce que par hasard, cette question ne porterait pas tant que Axel lui-même que sur la question de l’adoption, des parents adoptifs et de la famille choisir en général… ? Non, parce qu’on peut pas dire que depuis des années que je vis chez Soltan et sa famille, ce genre de question ne me soit pas passé par la tête. Quand je pense à Marilyn, Iris et Mikoto, je me dis que je les considère comme des cousins ou des cousins mais il y a plus que ça. Ma vie est avec elleux maintenant. Je pensais que je passerais ma vie avec mon grand frère mais plus ça va, plus je comprends (même si je nie encore) que je serais probablement adulte avant qu’il ne sorte de prison. Ça m’attriste, évidemment, mais… les choses évoluent et je me rapproche de la famille de mon tuteur. J’ai beaucoup plus l’impression de faire partie de leur famille que de ma famille biologique, en fait. Sans aller jusqu’à dire que les jumeaux et Marilyn sont mes frères et sœurs, il y a quand même un peu de ça, surtout avec les deux plus jeunes qui aiment bien copier tout ce que je fais, comme il font aussi avec Marilyn qui est leur grande sœur.

« En fait, c’est bizarre comme question, laisses ! »

A quoi je pense, moi, en plus, Alice et Morgane aussi ont été adoptées, je vais finir par la gêner avec mes questions !

« Mais, euh, j’t’avoue que des fois j’me demande si, euh… » Je n’ose pas vraiment le dire tout haut, j’ai peur qu’on m’entende ou plutôt, que le principal intéressé ou Alex m’entendent (alors que c’est pas possible, je le sais bien). « Si… si je sais pas, si je vais… enfin, si Soltan va m’adopter un jour ou un truc comme ça… ? C’est pas que je veux ou, enfin, je sais pas trop. D’un côté j’ai l’impression que ça revient un peu au même et d’un autre côté ça me ferait bizarre, je crois. »

Et je ne sais pas trop comment Alex le prendrait, accessoirement… Bizarrement, je n’ai pas très envie d’y penser.


   

Lulu fait son kéké, compense et te colle en #0099cc.
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Mer 4 Déc - 11:31
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Catch-up/20
Un ricanement stupide et quelque peu idiot sort de ma gorge quand l'autre définit le jeu que je lui propose par la meilleure définition possible. Bah, hé, c'est simple, mais ça fait le travail, alors pourquoi se plaindre ! J'avoue que d'ordinaire, si j'ai un peu de mal à jouer les saletés dans un JV, c'est aussi parce que ces derniers ont rarement une variété de choix complexes et se délimitent bien souvent entre choisir le comportement d'un.e saint.e, ou du pire incel du coin qui se croit deep parce qu'il a dit des trucs horribles et oublie qu'il est juste un gros facho. Au moins, avec ce genre de trucs inoffensif, tu peux être enquiquinant au possible sans être non plus être un véritable sac à purrin, ce qui me plait pas mal. Franchement, pour se détendre, qu'est-ce qui est mieux ; piquer le journal d'un type et le mettre dans une fontaine, ou jouer à « wah j'ai aucune limite » en faisant vaguement exploser des têtes dans un amas de gore pixellisé ? Oh, je ne dis pas, ça peut être fun, mais... Bon. Ça m'a toujours lassé très vite. Et probablement que je suis cette nana un peu hipster sur les bords qui tause tout le monde avec ses jeux indés, oui. Mais si comme moi vous aviez partiellement grandi en piquant les jeux AAA d'un même pas nerd qui est capable d'être nul à Assassin's Creed et qui ne connaît que quelques gosses licences, bah, vous développeriez une vague réaction de rejet aussi.
Bien contente de le laisser découvrir, je ne peux pas m'empêcher de ricaner à plusieurs surprises lorsque je le vois faire tourner en bourrique ce pauvre jardinier qui n'en mène décidément pas large. J'aurais presque totalement oublié de quoi nous parlions précédemment si il n'avait pas ramené le sujet sur le table, me faisant discrètement glousser sous ma barbe. J'en ai un peu l'habitude, faut dire, qu'on soit surpris que je suis liée à ma famille ; je veux dire, personne ne me ressemble. Je ne suis pas vexée par ce qu'il dit, trouvant juste la situation vaguement drôle. En outre, ce n'est pas la première fois qu'on souligne la ressemblance entre Papa et Natsu, même si ils le nient eux-mêmes.

La question qu'il pose, toutefois, me surprend un peu, ne m'étant pas vraiment attendue à ce que ces détails l'intéressent. Surpris qu'il veuille en apprendre davantage sur la filiation d'Axel (à laquelle je ne pense pas, pour être honnête), je ne réponds pas sur le moment, curieuse de ce qui le trouble. En plus de ça, Ludwig a l'air gêné de m'avoir interrogé sur le sujet, et si je plisse les yeux, c'est parce que je réalise qu'il y a probablement quelque chose derrière cette question naïve.
Il me prouve que j'ai raison lorsqu'il s'explique par la suite. Je ne me serais pas attendue à l'entendre dire ça, à vrai dire, alors je reste surprise quelques secondes, l'observant avec autant de curiosité que d'étonnement. Vrai que, des fois, je me demandais si sa relation avec un tuteur ne se rapprocherait pas un peu de celle d'un père ; je ne m'étais pas plus posée de questions que ça, parce que, bah, je suis un peu entourée de gens 'adoptés' dans ma famille au fur et à mesure. Que ce soit moi-même, Morgane, Natsu, tonton Isaac et tonton Sam... J'ai l'impression que ça s'est fait comme ça. J'imagine que pour Lulu, enfin... C'est peut-être moins évident.

« Oh. »

Je n'ose pas parler sur le moment, pesant mes pensées pour savoir ce que je pourrais lui dire sans être un peu bêtement réductrice ou insensible à sa situation. En soi... Ce n'est pas foncièrement compliqué, c'est juste que j'ai la sensation que lui a du mal à envisager, ou a besoin d'entendre des choses pour se sentir peut-être mieux. Ne voulant pas toutefois déformer la vérité, je finis par répondre après quelques secondes, d'un ton hésitant mais sans timidité.

« B-bah... En soi, Axel est le fils biologique du jumeau de mon père, mais... Il pouvait pas s'en occuper, alors c'est papa qui s'en est chargé, mais ça marchait pas non plus, e-et... Je sais pas,  Axel accrochait plus avec Natsu... ? »

J'écourte considérablement l'histoire, à la fois parce que ça n'est pas le sujet du jour et aussi parce que je n'aime pas trop parler de tonton Clive, voir même du fait que papa ne s'est pas très bien occupé d'Axel quand il vivait encore chez nous. Je garde encore en tête le souvenir des disputes de lui et Natsu et elles ne me sont pas du tout agréables : voilà pourquoi je raccourcis les détails. Moi-même, quand je dis les choses, je me rends compte que ce n'est pas si compliqué que ça, même si la situation a été tendue pendant un temps pour Axel jusqu'à ce que quelqu'un ne... Bah, s'occupe vraiment de lui. Pas étonnant, quand j'y pense, qu'il se soit autant accroché à son « parrain ».

« J'veux dire, au début, il s'en occupait comme un parrain et il l'a adopté pour ça, mais, euh... Je sais pas si ça a l'air idiot ou quoi que ce soit, mais il l'a un peu « choisi » comme papa... ? C'est un peu ce qui s'est passé avec moi aussi, quand j'y pense. »

Je veux dire, c'est moi qui lui ai demandé si il allait m'adopter, même si j'étais bien plus naïve et un peu cringy à cet âge, mais... J'ai du mal à envisager une manière différente d'avoir des parents, en vrai. Mon géniteur, peu importe qui il est, n'est pas mon père, car j'ai choisi le mien depuis un bon moment ; celui qui s'occupe de moi et me guide, malgré ses... Malgré ses défauts, si je puis dire. J'ai déjà constaté, toutefois, à quel point ce n'était pas évident pour beaucoup. Le délire au sujet de la biologie m'a toujours mise très mal à l'aise, surtout venant de ceux qui passaient trop de temps à insister que « mais euh c'est comme une vraie famille » comme pour me rassurer alors qu'ils ne faisaient que calmer leurs doutes et me gêner avec leurs complexes. Lulu, toutefois, c'est totalement autre chose. Je ne connais pas trop Soltan, mais il a l'air bien plus... Euh... Disons que je ne suis pas mal à l'aise en sa présence, contrairement à son grand frère dont les sourires faux me tendaient toujours un peu (et ce que j'ai pu entendre de la part de Ludwig, des fois, me gênait).

« Mais, euh... Tu ne lui en as pas parlé, je suppose... ? »

J'ose reprendre la parole avec une certaine hésitation, ayant temporairement oublié le jeu. Je sais qu'il y a de fortes chances qu'il me réponde « non », mais j'aimerais juste au moins lui mettre l'idée dans la tête, qu'il y réfléchisse un peu. D'expérience, souvent, les adultes sont aussi si ce n'est plus bouchés que nous.
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Ven 20 Déc - 21:48
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Chez Alice - Fin mai 2024

J’ai grandi avec l’idée que la famille était forcément quelque chose de compliqué et susceptible de faire souffrir la plupart du temps. Difficile de m’enlever cette idée de la tête, surtout quand mon vécu est surtout allé en ce sens. J’ai toujours pensé que quoiqu’il arrive, ma famille biologique resterait comme ma seule famille, comme une sorte d’obligation, je crois… ? Enfin, j’aime encore Riku, Ellias et Alex, hein ! Mais, mes parents… bon, bah, à choisir entre eux et pas de parents du tout, j’aurais préféré « pas de parents du tout » et barré l’autre mention inutile. En plus Soltan m’a déjà dit que je n’avais pas à les revoir, c’est un peu la seule chose sur laquelle lui et Alex sont d’accord, d’ailleurs. Mais enfin, j’ai l’impression qu’à vouloir garder mon frère et mes cousin.e.s comme proches sans vouloir avoir à voir quoi que ce soit de mes parents, bah, c’est comme vouloir le beurre et l’argent du beurre… ? Argh, je ne sais pas, je n’arrive pas à me dire que ce soit si simple que comme le dit Alice, une question de « on accroche mieux avec telle ou telle personne » ! Mais je n’ai pas vraiment de contre-argument non plus. Alors je ne dis rien.

Peut-on vraiment « choisir » sa famille comme ça ? Je n’en sais rien… mais c’est un peu ce que semble dire Alice. Pourtant, elle n’a pas vraiment choisi d’être adoptée non plus, il me semble (pas que ce soit un mal, hein, elle a l’air heureuse comme ça)… ? Je me demande surtout… au fond, qu’est-ce que ça change ? Du coup, qu’est-ce que c’est la différence entre une famille qu’on choisit et juste de vivre avec des gens dont on est proches, mais dont on dit pas pour autant que c’est notre famille ? Huhhh… je m’embrouille tout seul.

« Hm… je comprends ce que tu essaie de dire mais… peut-être j’me complique la vie et tout, m’enfin… c’est vraiment aussi simple que ça… ? »


Je dois sûrement moins me rendre compte car que je le veuille ou non, j’ai toujours eu des gens de ma famille biologique dans mon entourage. Après, Riku, c’est ma cousine mais elle est un peu « détachée » du reste des Nagel aussi, comme elle a été adoptée et qu’elle vivait avec son père et sa sœur dans un autre pays.

« En même temps… c’est vrai que c’est bête de dire que c’est forcément compliqué, la famille ! »


« Compliqué »… personne n’aime vraiment ça, je crois, quand c’est compliqué et que ça fait souffrir. Donc pourquoi on s’imposerait ça, d’une manière ou d’une autre ? M’enfin, si Soltan m’adopte et devient mon père, ses enfants mes frères et sœurs… qu’est-ce qui me dit que ça ne va pas redevenir comme avant ? Je crois que c’est ça, mon soucis… pour moi, en fait, vivre en famille ou vivre chez mon père, c’est forcément synonyme de quelque chose de désagréable. Ce n’est pas que je fais pas confiance aux Green ni que je ne les aime pas, c’est juste que j’ai peur d’être délaissé de nouveau comme avant. Alors que ça devrait plutôt être l’inverse, non ?

« Bah… non. Je sais pas, enfin, il en a déjà gros sur la patate en ce moment, avec les petits et ses histoires avec Shizune et sa famille… enfin, je connais pas tous les détails mais bon ! » Et on va éviter de raconter toute la vie de mon tuteur, surtout. « M’sieur Miyano m’a dit qu’y fallait pas me dire que j’étais « un problème » pour eux m’enfin… je sais que c’est quand même pas rien, de parler de ça. »

Bah, oui, je suis pas bien malin mais je sais qu’une adoption ne consiste pas uniquement en « tu veux être mon enfant ? » « oh oui, chouette ! » « youpi. »… mais ce serait bien, en fait. Mais ce serait un sacré bordel, en fait. J’imagine que cette histoire d’être « un problème » est finalement assez peu signifiante à côté de la peur de me retrouver dans une situation semblable à celle où j’étais chez Helmut et Martha. Et puis… je sais pas trop ce que Alex en penserait. Il dit toujours que quand il ne sera plus en prison, on pourra vivre ensemble à nouveau mais… ce sera dans longtemps et je ne peux pas juste attendre. Ce n’est pas le but de mon existence, enfin… j’imagine ? Je suis pas sûr que c’était vraiment une bonne idée de parler de tout ça en fait, je me sens à côté de mes pompes maintenant et je ne veux pas parler de mes parents maintenant.

« Mais en fait, euh… je sais pas si ça changerait vraiment quelque chose, qu’il m’adopte ou non ? Enfin, ça serait un peu pareil à la maison, je pense. »


A part attirer plus d’ennuis, j’imagine.

« Mais… j’aime bien l’idée de choisir sa propre famille, en vrai. »


Et ça me fait un peu trop ruminer. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux réactions de mes parents et d’Alex... pour différentes raisons. Ce n’est probablement pas une très bonne chose.


   

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Ven 3 Jan - 0:01
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Je ne sais pas si j'aide Lulu, ou si je l'embourbe encore plus, avec ce que je dis. Pour moi, effectivement, il n'y a pas de raison que ça soit plus compliqué ça. Je vois les choses d'une façon assez directe car j'ai vécu les choses de manière directe, mais il y a de grandes chances que mon cas ne soit pas comparable à ce que pense mon ami. Je sens, de toute façon, qu'il a un blocage là-dessus. Que ce soit sa façon de parler du fait d'en parler comme un potentiel souci, ou sa difficulté à comprendre que sa simple existence n'est pas une aberration envers la nature, je crois qu'il y a du travail, sans vouloir être condescendante. J'ai un peu le même problème, des fois, mais... Mais Lulu, c'est autre chose.

« Bah... Tu sais, c'est pas à toi de le ménager, hein. C'est son rôle, de gérer ça, pas le tien. »

Je sais qu'il a cette espèce de besoin d'arranger tout le monde et de ne surtout pas se poser de questions sur son propre état parce que ça pourrait risquer d'indisposer les autres, mais... Mais bah, c'est pas à lui de faire ça tout le temps. En réalité, ça me fait plus de peine qu'autre chose. J'ai l'impression qu'il y a autre chose derrière tout ça, et je garde le silence sur le moment. Il a l'air de calculer de son côté, cherchant probablement des réponses, mais je crois qu'il est de plus en plus à l'aise avec l'idée. Sur le moment, je ne dis rien. Je l'observe en silence. J'hésite. J'ai peur d'aller trop loin, de franchir une ligne et de le mettre mal à l'aise en disant les choses très clairement, mais... C'est pas un bébé.

« … Ils vont pas te jeter parce que tu parles avec eux de ce que tu ressens, tu sais, si ils sont à peu près des bonnes personnes. »

C'est la sensation que j'en ai, en tous cas. Qu'il a peur de faire un geste par crainte de susciter un rejet. Et de toute façon, si ils le jettent car il a simplement évoquer le fait que le flou le trouble... Bah, bon débarras. Je n'y crois pas, mais si ils sont ainsi, ce ne sera pas une perte pour Lulu. Mon instinct me dit que c'est loin d'être le cas, mais je ne crois pas que le blond ait besoin de m'entendre parler de ça maintenant. Au lieu de ça, je prends mon temps, la voix plus calme et tranquille.

« Mais... Vous êtes pas obligé « d'officialiser » ou quoi que ce soit du genre si vous voulez pas, mais... Ça serait déjà pas mal de clarifier les choses, non... ? Pour Morgane, c'est ce qu'on a fait, même si elle a mis beaucoup de temps à s'habituer et à oser l'appeler 'Papa,' mon père. »

Mes souvenirs de cette époque sont très flous, mais je sais que là-dessus, papa ne l'avait jamais forcé à quoi que ce soit, au contraire. Comme avec moi, il avait pris son temps et lui avait donné son espace, sans jamais la pousser à choisir. Je me souviens même, un peu vaguement, de son hésitation par moment, de sa timidité avec moi, lorsqu'il balbutiait en me surnommant, de peur que je me sente mal à l'aise. Alors peut-être que...

« … Ça se trouve, il ose même pas t'en parler non plus, tu sais. »

Peut-être que je raconte n'importe quoi, mais plus j'y réfléchis, et plus j'ai l'impression que ça fait sens.
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Dim 26 Avr - 20:13
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